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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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FACE A LA HAINE MEURTRIERE, LA LUTTE POUR L'EGALITE

26 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27

L'horreur à Saint Etienne du Rouvray. Par une tuerie perpétrée lors d'un office religieux catholique, la barbarie djihadiste se donne pour but de créer un mur de haine qui ne laisserait d'autre choix aux hommes et aux femmes dont les origines sont liées à la culture musulmane que de se réfugier dans une prétendue communauté. Un calcul immonde, auquel il est vain de chercher à s'opposer par l'état d'urgence et la surenchère sécuritaire. Les réponses efficaces sont autrement ardues à mettre en place: solidarité, fin des discriminations, égalité des droits, un emploi digne pour chacun-e, fin des ventes d'armes aux dictateurs, arrêt des bombardements aériens et soutien matériel aux combattants anti-Daech et anti-Assad. Toute notre compassion et notre solidarité aux victimes et à leurs proches.

NPA Seine-Eure

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Sanofi : Oui, la lutte paie !

26 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27

Sanofi : Oui, la lutte paie !

Et pendant ce temps là chez Sanofi-Pasteur (la division vaccins du groupe), la dénonciation de 46 accords sur le temps de travail donne un avant-goût de ce qui se passera avec la loi travail, si on n’obtient pas son abrogation. Grâce en particulier à la complicité de la CFDT, qui avait déjà le stylo à la main dès les premiers débrayages, se profilent le bradage de jours de congés, le grignotage du temps de pause, l'annualisation du temps de travail (semaine possible sur 6 jours, et donc remise en cause des heures supplémentaires)….
Ajoutons le chantage aux licenciements si l’objectif fixé en entretien annuel n’est pas atteint… Bine des choses risquent de changer, et il sera plus que temps de se tourner vers les syndicats de contestation sociale pour ne pas se faire écraser par le rouleau compresseur !

Entretien. Le 30 mai dernier, le Conseil d’État rendait un arrêt confirmant définitivement l’annulation du plan de sauvegarde (plutôt de suppression !) de l’emploi que Sanofi, leader pharmaceutique mondial, aux profits faramineux, avait déjà appliqué depuis longtemps. Nous avons interrogé à ce sujet les membres du Collectif des salariéEs en lutte Antisanofric.

Ça veut dire quoi, concrètement, cet arrêt du Conseil d’État ?

Le combat mené depuis 2012 a fini par payer. Si on ne se bat pas, on n’obtient rien. Concrètement : annulation totale du plan de 2012 (signé par la CFDT et la CFTC, et validé par la Direccte) et de tous les licenciements. Tous les salariés licenciés ou en passe de l’être peuvent demander leur réintégration. Toutes celles et ceux qui estiment avoir subi un préjudice peuvent demander réparation devant les prud’hommes. Tous les accords ou autres plans qui s’appuient sur celui qui vient d’être annulé peuvent être aussi annulés.

Malgré ça, la direction vient de soumettre aux instances une nouvelle réorganisation qui supprime 300 postes restés délibérément vacants. Ces postes auraient pu servir par exemple à accueillir les salariés qui voudraient réintégrer l’entreprise. Ce sont les syndicats signataires qui, une fois de plus, se sont fait rouler dans la farine. Ils signent des accords, autorisent de fait la direction à supprimer des milliers d’emplois… Et au final, les effectifs promis par la direction ne sont même pas tenus, et les cibles sont sans cesse revues à la baisse à la moindre occasion. Et pendant ce temps, Sanofi continue d’engraisser ses actionnaires, continue de percevoir du CICE (crédit impôts compétitivité emploi) et du CIR (crédit impôts recherche).

Est-ce que l’ambiance a changé dans la boîte ?

Au niveau du site, sur Montpellier, dimensionné pour 1 800 salariés où il n’en reste que 800, rien n’a changé. Certains sont débordés par leur travail, d’autres désœuvrés. La majorité des salariés ne se rendent pas compte de l’impact que pourrait avoir cette victoire, beaucoup ne s’y intéressent même pas. On peut parler de résignation.

Ceux qui ne sont pas dupes râlent dans leur coin, soutiennent les syndicats contestataires (SUD et CGT) mais sans réelle implication. Aux dernières élections professionnelles, toutes les OS ont vu leur score électoral baisser, sauf SUD qui rafle au passage le CE. Nous avons fait une belle AG sur la loi travail avec Richard Abauzit et sur la situation juridique du PSE. Bons retours de salariés qui ont visiblement découvert de nombreux aspects de la loi El Khomri qu’ils ne connaissaient pas... mais hélas peu de conséquences. À la manif anti-loi travail qui a suivi, nous n’étions pas beaucoup plus de participants que d’habitude.

Comment poursuivre la lutte ?

Franck : Comme on peut... Rien n’est fini. Depuis un certains temps, nous sommes sur une lutte sur le fond, sur une autre manière de gérer cette société, les médicaments, la recherche... Nous ne sommes pas nombreux à nous activer, mais beaucoup nous aident tout de même. Il faudrait vraiment que chaque salarié comprenne que c’est notre société, elle nous appartient. C’est nous qui construisons sa richesse. À nous de lui donner de vraies valeurs, pas celles du profit. La lutte se poursuit en collectif, avec des syndiqués ou pas. En tout cas, l’outil syndical est très important, on peut faire sans mais c’est tout de même mieux avec.

Olivier : C’est la grande question. En ce qui me concerne, en luttant sans relâche contre la loi travail. D’abord dans la rue avec toutes les composantes du mouvement social, et ensuite dans l’entreprise pour continuer d’informer les salariés sur les conséquences de cette loi. Depuis mars, nous avons lancé des appels à la grève à chaque fois qu’une manifestation ou qu’une action était planifiée par l’intersyndicale ou par l’AG populaire Nuit debout. Ensuite par un travail plus syndical dans le cadre du CE. Personnellement, je pense que cela ne suffit pas. Nous avons besoin que les salariés expriment leur ras-le-bol de façon plus radicale. Il est grand temps d’entamer une grève générale contre le capital. On espère donc que la rentrée sociale sera chaude.

Propos recueillis par un correspondant

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Etat d’urgence : inefficace et liberticide

26 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27

Etat d’urgence : inefficace et liberticide

Sur 511 députés, 489 ont donc voté la prolongation pour 6 mois de l'état d'urgence. Ce vote répond en grande partie aux exigences de la droite elle même influencée par l'extrême droite! Cependant, la droite essaiera de durcir encore le texte au Sénat en ce qui concerne les personnes fichées S: internement administratif des français n'ayant qu'une seule nationalité et expulsion systématique des bi nationaux. Les députés ont de plus durci le contenu de l'état d'urgence par deux mesures: la fouille des voitures et des bagages même sans autorisation du procureur et même si le propriétaire du véhicule refuse, et la fin de l'automaticité des remises de peines pour les condamnés à des délits liés au terrorisme. Ce vote annonce la poursuite des dérapages racistes et islamophobes et le maintien d'un fort niveau de violences policières et de répressions judiciaires contre les manifestants et les militants écologistes, syndicaux, associatifs.

Tout cela alors que les résultats en terme de protection contre le terrorisme des 10 derniers mois vécus sous l'état d'urgence sont de plus en plus contestés et contestables. De plus, cette loi adoptée le même jour que le passage en 49.3 de la loi travail sera accompagnée par d'autres décisions extrêmement graves. Comme le maintien de l'opération Sentinelles, soit 10 000 soldats sur le territoire, et l'augmentation du nombre de réservistes opérationnels à 50 000, qui ont pour mission d'accomplir toutes les tâches de l'armée et de la police à l'intérieur et à l'extérieur des frontières. Cela vise à nous habituer à vivre dans une société hyper militarisée, avec une armée qui occupera les rues, les fêtes, les manifestations et les quartiers populaires, à vivre dans un État de plus en plus libéral dans ses choix économiques et de plus en plus autoritaire au niveau des droits et des libertés.

Le NPA avec toutes celles et tous ceux qui se mobilisent toujours, ne se résigne pas à cela et continuera la lutte pour une autre société.

Roseline Vachetta

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Turquie : déclaration de la section turque de la 4ème internationale

19 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Turquie : déclaration de la section turque de la 4ème internationale

Une prise de position équilibrée et argumentée. Les camarades de Yeniyol ont pris le temps d'analyser la situation, ce qui leur a permis, contrairement à d'autres, qui ont voulu prendre leurs désirs pour des réalités, de mesurer à quel point ceux qui sortaient dans les rues le faisaient en soutien à Erdogan et sur des bases ultra-réactionnaires.

 

Contre les coups d'Etat militaire et d'Erdogan, organisons le front de la démocratie, construisons la politique de classe.

Soudainement, dans la nuit du 15 juillet, nous avons été témoin, d’un processus de coup d’Etat avec toutes ses incertitudes, ses hésitations, ses initiatives réciproques des camps en présence et sa sauvagerie. On se souviendra de cette nuit sanglante à travers les affrontements entre soldats et policiers, les occupations des sièges des médias, les images des civils massacrés et de soldats lynchés avec, parmi les événements dominants, le bombardement de l’Assemblée. Cela paraît être l’un des derniers actes de la lutte pour le pouvoir entre l’AKP et la confrérie Gülen au sein de l’Etat que les deux anciens complices ont construit ensemble.

Les hypothèses conspirationnistes selon lesquelles cette tentative a été mise en place pour réaliser les ambitions dictatoriales d’Erdogan ont connu un large écho. Cela est dû au fait que depuis les élections du 7 juin 2015 le régime d’Erdogan n’hésite pas à provoquer le chaos et une situation de guerre civile, que le coup d’Etat fut rapidement écrasé, que les membres du gouvernement réapparaissent dans les médias avec une image renouvelée. Dans des conditions où le régime s’est consolidé lors des dernières élections en obtenant près de 50% des votes, une interprétation plus raisonnable est que les pro-Gülen confrontés à la menace d’une opération de purge de grande ampleur ont précipitamment pris l’initiative d’un coup d’Etat anticipé.

Si nous allons devoir attendre un peu plus pour avoir des informations plus complètes sur les motifs, les acteurs et le degré de connaissance des services secrets au sujet de ce projet, il est évident que la conséquence objective de cette séquence va être de renforcer le caractère islamique-autoritaire du régime d’Erdogan.

Un jour après que les soutiens du régime aient sauvés la démocratie aux cris de « Allahu ekber », «Recep Tayyip Erdogan » « Nous voulons des condamnations à mort », le renvoi de leurs postes de milliers de procureurs et de juges, l’arrestation de certains hauts magistrats sont les signaux que l’on se dirige vers une nouvelle et, peut-être définitive, purge au sein de l’appareil d’Etat.

Le fait que les appels depuis les institutions de l’Etat et les mosquées pour descendre dans les rues afin de défendre le régime contre le coup d’Etat conduisent, dès le deuxième soir, à des attaques contre les syriens et des tensions dans les quartiers alévis montrent le niveau dangereux atteint par les multiples oppositions dans la société de Turquie.

Et nous n’avons aucun doute sur le fait que Erdogan - qui assimile toute critique du régime avec du terrorisme et qui proclame que des universitaires, des journalistes, des fonctionnaires, des militants kurdes et des socialistes sont des putschistes pour les faire arrêter - va utiliser la tentative du 15 juillet pour légitimer une attaque bien plus dure contre toute forme d’opposition. A moyen terme, nous pouvons être surs que le 15 juillet deviendra un des mythes fondateurs du régime comme un coup d’Etat qui a été empêché par le peuple montant sur les tanks et non comme une tentative sans base, sans direction, sans soutien externe et vouée à l’échec.

Toutes les organisations de gauche radicale et tous les partis au parlement ont déclaré être opposés au coup d’Etat. Pour nous également, c’est une tâche primordiale que de prendre position avant tout contre le coup d’Etat en étant conscient que les travailleurs et les opprimés ne gagneront rien d’interventions militaires suspendant les droits et libertés démocratiques. Outre cela, nous déclarons notre opposition aux coups d’Etat d'Erdogan qui ne reconnaît pas les résultats des élections pour maintenir son pouvoir, qui transforme le Kurdistan en un champ de ruines pour gagner les votes nationalistes, qui interdit les grèves sous prétexte qu’elles sont « une menace nationale », qui cherche à détruire la représentation du peuple kurde. Aujourd’hui, une opposition au coup d’Etat qui ne s’extrait pas du « Ou Coup d’Etat Ou Erdogan » auquel l’AKP essaie de réduire la politique, ne fera que renforcer le régime qui écrase de manière sanglante non seulement les coups d’Etat mais tout ce qui s’oppose à lui au nom de la « volonté nationale », n’hésitant pas à utiliser les forces chariatistes et fascisantes que nous voyons à l’œuvre depuis le 15 juillet.

Il est urgent de constituer le front uni des forces démocratiques et pro-Paix existantes pour faire barrage aux attaques contre les travailleurs, les minorités éthniques-religieuses, les femmes, les LGBTI d’un régime qui recherche le pouvoir absolu dans tous les domaines politique, juridique, militaire et économique. Quoi qu’il en soit, la voie pour chasser de manière définitive le bloc islamique-capitaliste au pouvoir ou l’option d’une dictature militaire sanglante est celle, négligée jusqu’à présent, de la construction patiente et par en bas d’une opposition sociale accordant une place centrale à la classe ouvrière.

Notre chemin est sombre ; que l’espoir et la résistance soient nos lumières !

Yeniyol 16 juillet 2016

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A peine l'Etat d'urgence une nième fois prolongé, la repression fait rage aux Bois des Mandes

17 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #REPRESSION

La manifestation de réoccupation du Bois des Mandres le 16 Juillet a été réprimée

La manifestation de réoccupation du Bois des Mandres le 16 Juillet a été réprimée

Les Bois des Mandres, concerné par le projet CIGEO d'enfouissement de déchets nucléaires qui doit voir le jour, constitue depuis plusieurs semaines un point d'achoppement entre les militants et la population opposés au projet et l'Andra (l'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) épaulée par les forces de repression. Déjà le 10 Juillet, ces derniers avaient délogé les occupants du bois. Ils avaient promis de revenir et de réoccuper, ce fut chose faite par environ 350 militant-es   le 16, avec cette fois un nouveau degré de violence franchi du côté de la répression.

Cependant, la détermination des opposants à la gigantesque poubelle nucléaire est intacte, même après les échauffourés qui ont engendré un blessé sérieux dans les rangs des manifestatnts et cinq arrestations.

Après Sivens, NDDL, à Bure, la violence d'Etat montre la volonté d'un passage en force pour éviter l'enlisement. Nul doute que sur place, les occupant-es ne vont pas lui faire le plaisir de céder.

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Pendant c'temps là, la France reste championne de la vente d'armes...

17 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

source: la revue dessinée

source: la revue dessinée

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La nuit où la télé française a sombré (www.slate.fr)

17 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27

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Massacre de : communiqué du NPA

17 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES

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Attentat de Nice: les mots de Philippe Poutou

15 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Déclarations de Philippe POUTOU

Attentat de Nice: les mots de Philippe Poutou

Salut à toutes et tous,
Encore un drame effroyable hier soir à Nice. Un camion conduit par un individu "fou" bourré de haine fonce sur la foule. Au moins 84 personnes sont tuées. Même s'il n'est pas (encore) revendiqué, c'est sûrement un acte terroriste. En tout cas, tout le monde pense à Daesh et au terrorisme islamiste.
Le fait est qu'une personne "seule" qui pète complètement les plombs, armée d'une idéologie guerrière et haineuse peut faire des dégâts considérables. C'était le cas à Orlando (Etats-Unis) récemment contre la communauté homosexuelle, c'est le cas cette fois-ci à Nice. Le fait est aussi que des bandes plus ou moins organisées, plus ou moins en lien avec des réseaux terroristes internationaux agissent et assassine des gens par dizaines.
Depuis le début de l'année, il y aurait au moins 2700 personnes tuées dans des attentats de ce genre dans le monde. Essentiellement en Irak, en Turquie, en Somalie, très récemment encore. Des attentats meurtriers qui font moins la "Une" que ceux perpétrés en France, pourtant pas moins dramatiques. Car le terrorisme frappe toutes les populations mais surtout celles des pays qui sont dans les situations les plus catastrophiques, connaissant la misère, l'oppression de leurs dictatures mais aussi l'oppression des pays riches économiquement par les rapports néocoloniaux et politiquement par des interventions militaires à répétitions comme en Afghanistan ou Irak. Les puissances occidentales jouent un rôle fondamental dans les drames actuels.
Depuis cette nuit, nos politiciens de droite et d'extrême droite relancent leurs déclarations patriotiques, parlent de la France en danger, demandent que la guerre contre le terrorisme soit menée. Ils critiquent un gouvernement qui a pourtant le même discours, qui va prolonger l'Etat d'urgence et faire la guerre au terrorisme !
Leurs solutions ? Encore plus de militaires dans les rues du pays ? Plus de contrôles policiers ? Plus de musulmans soupçonnés et stigmatisés placés en garde à vue et en prison ? Plus de propagande anti-immigrée et xénophobe ? Mais jusqu'où ira-t-on ?
C'est vrai que la situation est complexe, que l'émotion est telle que n'importe quel discours sécuritaire peut fonctionner, que n'importe quel délire patriotique peut avoir de l'écho dans la population. Alors ce n'est pas le plus simple, mais la réponse passe par une dénonciation de l'oppression des peuples au moyen-orient et au proche orient, par une dénonciation des régimes oppresseurs et financeurs du terrorisme international comme le Qatar, l'Arabie Saoudite, par une dénonciation des complicités des puissances occidentales avec ces régimes, à commencer par ne plus leur vendre des armes ! La réponse c'est aussi exiger l'arrêt des interventions militaires de la France ou des Etats-Unis par exemple, qui n'ont pas d'objectif humanitaire mais bien de domination impérialiste, des interventions militaires qui renforce les bases du terrorisme plus qu'il ne le combat.
S'il y a une guerre à mener, c'est contre ce capitalisme qui pille les richesses des pays, qui oppriment les peuples pour faire les affaires des possédants. Le terrorisme c'est un des moyen de se faire la guerre entre États, c'est une des conséquences de cette misère effroyable que subissent les peuples.
Philippe

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Mélenchon : le dérapage de trop ?

14 Juillet 2016 , Rédigé par NPA 27

Mélenchon : le dérapage de trop ?

Quand "l'homme qui fait don de sa personne au pays" s'exerce à surfer sur la vague de xénophobie, voilà ce que ça donne...

Le candidat de la « France Insoumise », Jean-Luc Mélenchon, vient encore une fois de créer la polémique. Il faut dire que c'est un habitué du genre.

En effet, ce dernier, au parlement européen, a prononcé une phrase malheureuse : « Je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place. ». Du côté de ses soutiens, ça rétro-pédale, en nous expliquant que l'ancien Tribun du Front de gauche veut simplement dénoncer l'Europe du Dumping social et de la mise en concurrence des travailleurs entre eux. Sauf que les mots ont un sens. Et, non, les travailleurs, détachés ou non, ne volent rien. Ils travaillent, sont exploités, sont volés par leurs patrons. C'est bien à une mise en concurrence des travailleurs que fait référence Mélenchon. Il faudrait donc que chacun ait du travail chez soi, et ainsi les brebis seront bien gardées.

Dans Le Monde, le théâtral candidat à la présidentielle maintient son propos. Selon lui l'expression est populaire et n'a rien de xénophobe. Pourtant, c'est la rhétorique de l'extrême-droite, à n'en pas douter, qu'il utilise. Et cela est somme toute assez logique, puisqu'il s'exprime, à la base, sur le Brexit, avant de formuler son propos nauséabond. En effet, Mélenchon soutient le Brexit sans nuance. Or, nous savons très bien que le vote d'outre-Manche est aussi fondé sur le rejet de l'autre, de l'étranger, sur une appartenance identitaire. Au-delà du fait d'être pour rester ou non dans l'Union européenne, pour construire une Europe de la solidarité entre les peuples de l'intérieur ou de l'extérieur des institutions, il est indispensable, dans le cas britannique, de prendre en compte le fait que l'hégémonie idéologique est placée très à droite… Ce Brexit n'est pas seulement l'expression populaire d'un rejet des institutions anti-démocratiques de l'UE... elle est aussi celle d'un racisme puant, basé en particulier sur la peur que suscite les migrants de Calais. Le fait que la campagne du Brexit ait été menée principalement par la droite et l'extrême-droite a d'ailleurs poussé dans ce sens, ne donnant pas de contenu anticapitaliste et internationaliste au Brexit. Cela aurait pu être le cas en Grèce par exemple, mais au Royaume-Uni le centre de gravité politique n'est pas placé au même endroit. Mélenchon a tord de ne pas prendre en compte ce facteur...

Déjà sur l'Allemagne Jean-Luc Mélenchon a fait preuve d'une germanophobie insupportable. Sous couvert d'une juste dénonciation du capitalisme allemand, ou du proto-Etat capitaliste qu'est l'UE, il en profite pour distiller une position souverainiste et patriotique. Son slogan, La France Insoumise, annonce d'ailleurs la couleur. C'est la France que Mélenchon souhaite représenter, pas celles et ceux d'en-bas, par delà les frontières. L'ancien disciple de Mitterrand, celui qui voit dans la mort de Rocard le départ « d'un guide », a décidément un vrai problème avec la gauche comme valeurs. Il le dit sans hésiter : il ne veut pas être un candidat de gauche, car cela le pousse à être minoritaire. D'où son récent passage au populisme, ni de droite, ni de gauche, mais populaire. Le populisme, c'est la rencontre d'un peuple avec un chef. Que Mélenchon fasse ce choix n'est pas étonnant, même si on peut largement douter du fait que le peuple le rencontrera. Sur les terres identitaires, le Front National a pris beaucoup d'avance.

Nous aimerions sincèrement que les tribunes des élus « de gauche », dans les instances comme celles du parlement européen, mais aussi à l'Assemblée, ou dans les institutions locales, servent à dénoncer le racisme, à demander l'ouverture des frontières sans condition pour stopper le drame méditerranéen. Liberté de circulation, d'installation, régularisation de tous les sans-papiers. Il n'y a pas à tergiverser là-dessus. Que les soutiens de Mélenchon, pour beaucoup présents dans les différents collectifs de solidarité avec les sans-papiers, se manifestent et dénoncent ces propos dans une période suffisamment difficile qui voit tout le spectre politique se déplacer sur la droite.

Alexandre Raguet

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