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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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hiroshima-nagasaki: les véritables raisons

31 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

hiroshima-nagasaki: les véritables raisons

Les 6 et 9 août 1945, en quelques secondes, les vies d’au moins 150 000 JaponaisEs furent anéanties.

Dans les semaines et mois qui suivirent, des dizaines de milliers encore sont morts, sou- vent dans d’atroces souffrances… Aujourd’hui, comme à l’époque dans le camp des alliés, on trouve encore des hommes politiques et des «experts», qui affirment que, malgré l’hor- reur, les bombardements étaient nécessaires pour éviter la mort de centaines de milliers de soldats et de civils dans une guerre très longue. Cet argument est faux, et cache les véritables motivations du gouvernement américain.

«Montrer sa force» En août 1945, replié sur les principales îles et la Mandchourie, le Japon n’était plus en mesure d’offrir une résistance conséquente. Huit millions et de demi de Japo- nais avaient fui les villes. La production de guerre était réduite à peu de choses. Dans les raffineries de pétrole, la production avait été réduite de 83 %, la production des moteurs d’avion de 75 %, celle des cellules d’avion de 60 %. 600 usines importantes avaient été détruites, 90 % des navires avaient été coulés.

Une étude menée par l’armée américaine après la guerre concluait que même sans les bombes, le Japon aurait certainement capitulé avant le 31 décembre, peut-être même avant le 1er novembre. Dans ses mémoires, le général Eisenhower parlera de sa «conviction que le Japon était déjà battu, que le bombardement était complètement inutile» et que «l’utilisa- tion d’une bombe (n’était) pas nécessaire pour sauver la vie des Américains.» Plus loin, il ajoute que le général MacArthur (l’officier le plus haut gradé dans le théâtre des opérations en Pacifique) «pensait que le bombardement était complètement inutile d’un point de vue militaire.» Enfin, les États-Unis avaient percé les codes des communications japonaises et savaient que le Japon cherchait à négocier et envisageait même de se rendre.

Certains analystes évoquent l’argument qu’après avoir dépensé des sommes colos- sales pour développer la bombe, il fallait quand même s’en servir, ou que le largage des bombes permettait d’observer l’impact en situation réelle de cette nouvelle arme. D’ailleurs, les deux villes avaient été épargnées des bombardements «classiques» infligées aux autres villes japonaises… afin de mieux mesurer les effets de la bombe atomique?

Il est tout à fait possible que de tels arguments cyniques aient pesé dans la décision. Dans une conversation avec le président Truman le 6 juin 1945, le ministre des Affaires étrangères, Henry Stimson dit: «Je craignais qu’avant d’être prêt, l’Armée de l’Air ait tellement détruit le Japon que la nouvelle arme ne bénéficie pas d’une situation suffisamment crédible pour montrer sa force.» Face à cette remarque, le président «a ri en disant qu’il comprenait.» Enfin, en matière de cynisme et de brutalité, les alliés avaient déjà montré leur capacité à terroriser les populations civiles avec des armes classiques, à Dresde ou à Tokyo (entre 80 000 et 100 000 mortEs à chaque fois).

Le partage du butin Mais la raison de fond se trouve dans la rivalité entre les différentes puissances, en particulier entre les USA et l’URSS, la puissance émergente. Pendant la guerre, les USA et l’URSS, mais aussi la GB et la France, avaient besoin de l’aide des uns et des autres pour venir à bout de l’impérialisme allemand et japonais. Mais la rivalité n’était jamais très loin, comme l’a montré le refus des alliés, dans un premier temps, d’ouvrir un deuxième front à l’ouest, contents qu’ils étaient de voir l’Allemagne et l’URSS s’affaiblir dans un duel sanglant.

Par contre à mesure que l’Allemagne et le Japon reculaient, il devenait de plus en plus urgent de se mettre dans la meilleure position pour partager le butin qui reviendrait aux vain- queurs à la fin de la guerre: pour le partage de l’Europe et du Moyen Orient, mais aussi de l’Asie. Ainsi, lors de la conférence des alliés à Potsdam en février 1945, l’URSS s’est enga- gée à ce que trois mois après la défaite de l’Allemagne, elle envahisse la Mandchourie occupée depuis 1931 par le Japon.

En échange de l’intervention de ses troupes, Staline revendiquait l’occupation des îles Kuriles, l’occupation de la Mandchourie et le partage du Japon. Mais la mise au point de la bombe atomique et son essai réussi le 16 juillet changea la donne. Capables maintenant de précipiter la reddition du Japon par la terreur, les USA pouvaient se passer de l’aide de l’URSS et éviter ainsi d’être obligés de trop lui céder. Staline, fonctionnant selon la même logique, s’est précipité pour envahir la Mandchourie deux jours après Hiroshima, et se livrer à un pillage en règle de ce pays à la fin des hostilités, même s’il ne pouvait plus prétendre à un partage du Japon. C’était aux Américains que les Japonais se rendaient, pas aux Russes !

La guerre froide n’allait pas tarder à se mettre en place….

Ross Harrold Mardi 28 Juillet 2015

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Avec la loi Macron Des Instances représentatives du personnel (IRP) ambivalentes et en mutation

31 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

Avec la loi Macron  Des Instances représentatives du personnel (IRP) ambivalentes et en mutation

Paris, le 9 avril 2014 manifestation intersyndicale contre l’austérité. Photothèque Rouge/JMB

À l’échelle du mouvement ouvrier, les institutions représentatives du personnel (IRP) sont relativement récentes...

Il faut attendre le reflux des grèves de 1936 pour les délégués du personnel (DP), la fin de la Libération pour le comité d’entreprise (CE), et pour le délégué syndical, les accords de Grenelle en 1968. Quant au CHSCT, à la section syndicale d’entreprise et aux représentants syndicaux de la fonction publique, ils seront les derniers nés des réformes socialistes (avec les lois Auroux de 1982), avant leur tournant liquidateur. Ainsi le mouvement ouvrier en France a-t-il passé la plus grande partie de son histoire sans aucune IRP, plus encore sans représentation syndicale, dans les entreprises.

Des institutions ouvrières ratées...

Issues de compromis passés après le reflux de luttes dont elles n’étaient pas l’objectif, ce sont des institutions ouvrières ratées, détournées du contrôle ouvrier : défenseurs des salariéEs dans l’entreprise sans droit de regard sur la production, puis conseils ouvriers sans pouvoirs de décision, enfin section syndicales sous la coupe de délégués désignés par les bureaucraties syndicales.

Elles ont au mieux un rôle ambivalent : les DP, dévoués mais démunis et portant trop souvent, notamment dans les TPE-PME, les discours patronaux sur la crise et les sacrifices nécessaires ; les DS, souvent suspendus entre bureaucratie syndicale et pression patronale mais quelquefois formés et soutenus par une fédération ou une union départementale combative et donnant du fil à retordre. Pour le CE, il se réduit le plus souvent à un distributeur d’œuvres sociales, et à une arène parlementaire aux pouvoirs fictifs. De loin en loin, il peut devenir un foyer de résistance aux restructurations, mais joue tout aussi souvent un rôle de neutralisation des luttes, même contre son gré. Seul le CHSCT fait la surprise : les questions de santé ne sont pas dissimulables par un jeu d’écriture, et l’instance possède un droit de regard sur l’exposition aux risques, un pouvoir d’expertise et des capacités d’intervention juridique propres, générant des jurisprudences souvent contraignantes, véritable épine dans le pied des capitalistes.

Reconfiguration sous pression capitaliste

Sans surprise, les capitalistes ont toujours visé à contenir et refouler ces faibles acquis, restreignant le contrôle du CE sur le licenciement économique, ou contestant comme exorbitants les pouvoirs du CHSCT. La reconfiguration s’accélère en 2008 : pour prétendument favoriser leur implantation dans l’entreprise, et en échange d’un pseudo-mandat de représentant de la section syndicale (RSS), les centrales syndicales acceptent que leur représentativité soit centrée sur l’élection des IRP. Le DS en devient de facto le chef, mais pour mieux négocier des accords d’entreprise dérogatoires sous le contrôle bureaucratique des centrales.

En 2015, rebelote : si dans les grands groupes, les états-majors syndicaux et leurs mandats en carton (CCE, CE de Groupe, DS Central...) sont épargnés, dans tous leurs établissements d’exécution, la sous-traitance et les PME, toutes les IRP vont être redessinées. Dans ces entreprises de moins de 300 salariéEs, le CHSCT disparaîtra comme instance autonome, et une seule instance de représentation cumulant toutes les fonctions des IRP deviendra la norme. Plus aucune représentation n’est prévue dans les TPE de 10 à 20 salariéEs. La différence en représentants et en droits syndicaux (moins de représentantEs, moins de crédits d’heures) sera énorme.

Ni nostalgie ni illusions

Le mouvement ouvrier ayant une fois de plus renoncé à défendre ses acquis, il nous faudra, en tant que militantEs, nous adapter au nouvel état du droit, sans nostalgie ni illusions sur ses fonctions réelles, et exploiter chaque faille en comptant sur une ruse de l’histoire, laquelle reste toujours possible malgré le contexte défavorable.

Ainsi, il n’est pas exclu que le représentantE à la délégation unique du personnel, élu au scrutin universel des salariéEs, compétent et outillé sur tous les sujets, puisse devenir un « super DP », cumulant également des fonctions de DS, et tire bénéfice du décloisonnement des instances. Dans le même ordre d’idée, des juges, viscéralement incapables de mettre des chefs d’entreprise en prison, peuvent changer d’attitude face aux sanctions pécuniaires du nouveau délit d’entrave1, ce qui pourrait paradoxalement donner à la menace d’action judiciaire des IRP plus de crédibilité.

Mais, pour être à la hauteur, il faudra que les organisations syndicales entament un important travail de réflexion et de formation auquel nous aurons à prendre toute notre part.

  • 1. Que la loi Macron n’a finalement pas dépénalisé. La peine de prison est supprimée, mais celle d’amende est renforcée.
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SUR LA GRECE ET LA SITUATION INTERNATIONALE, UNE CONTRIBUTION AU DEBAT

27 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

SUR LA GRECE ET LA SITUATION INTERNATIONALE, UNE CONTRIBUTION AU DEBAT
La situation des Grecs pourrait se dire en une chanson qui
serait une libre adaptation de celle de Pete Seeger chantée
en français par Graeme Allwright : « Ils en avaient déjà
jusqu’à la ceinture mais la Troïka disait toujours au
sergent Tsipras d’avancer. »

L’ironie est nécessaire pour détruire tout ce qu’il peut y
avoir de factice, de gênant, d’illusoire, d’encombrant et de
vain dans la vie politique. Les épisodes qui viennent
dernièrement de marquer l’actualité européenne l’illustrent
bien. Il faut donc commencer par apprécier à sa juste valeur
démonstrative les agissements du gang des sinistres
créatures de l’Eurogroupe et de la Banque centrale
européenne. Ils incarnent à merveille le talon de fer du
capital posé lourdement sur la nuque du peuple grec. Ils ont
révélé avec une clarté aveuglante bien des enjeux et à
quelles extrémités ils étaient prêts. Ils obligent les
différentes composantes politiques de la gauche en Grèce et
dans les autres pays européens à clarifier leurs positions,
à choisir vraiment leur camp et à faire preuve
d’imagination. Ils nous contraignent à une réflexion
beaucoup plus poussée si nous ne voulons pas sombrer dans un
état de morne résignation ou nous perdre en colères et
lamentations impuissantes sur la méchanceté de ces gens-là
après leur lâche agression perpétrée contre la Grèce dans la
nuit du 13 au 14 juillet.

Ils ont dynamité avec une détermination sans faille toute
velléité de leur résister à un niveau uniquement
gouvernemental national. Ils ont fait litière des illusions
dans la possibilité de mener une politique sociale,
keynésienne, sans toucher aux intérêts fondamentaux des
capitalistes ; illusions qu’avait le gouvernement de Syriza
et que gardent peut-être encore, malgré cette expérience
cinglante, quelques esprits attardés au sein des partis et
mouvements de gauche en Europe. L’avenir le dira car les
lignes vont bouger. Les jusqu’au-boutistes du style Schäuble
ont toujours été dans l’histoire les meilleurs pourvoyeurs
des prises de conscience conduisant à des révoltes et des
révolutions. Y avait-il une fissure exploitable dans le
couple franco-allemand permettant de mener une telle
politique sociale ? En six mois de confrontations épuisantes
avec les mandataires des créanciers, Alexis Tsipras et ses
collaborateurs ont eu largement le temps de vérifier qu’il
n’en était rien. Son négociateur, Varoufakis, en a témoigné
sans ambages.

L’UE (ça doit vouloir dire Union des usuriers européens),
cette union politico-financière a finalement très bien
fonctionné, avec une habile répartition des rôles, pour
écraser et humilier le peuple grec. Ce n’est pas qu’il n’y
ait aucune divergence de vue entre Paris et Berlin, loin de
là. Mais rien de consistant n’était exploitable par les
représentants d’un petit pays aux marges de l’Europe qui a
eu l’outrecuidance de vouloir remettre en cause les plans
d’austérité en votant massivement pour Syriza il y a six
mois. Sur le fond, les intérêts fondamentaux des deux plus
grandes puissances impérialistes de la zone euro sont
convergents, et bien sûr congruents avec ceux du FMI. La
Grèce se retrouve dans une position semi-coloniale, sous
mandat franco-allemand. Son Premier ministre souriant qui
portait avec un certain panache bien des espoirs a été
transformé en un petit soldat, la tête à l’envers, devant
marcher droit sous la férule de la Troïka. L’ironie de
l’histoire est amère, mais elle agit comme un révélateur des
forces en présence et de leur nature. Elle amène déjà l’aile
gauche de Syriza à s’émanciper et à envisager une
orientation plus conforme à ses idéaux et aux aspirations de
ses électeurs, en alliance avec les autres organisations de
gauche et d’extrême gauche.

Le pôle dynamique dans l’accomplissement du coup de force de
Bruxelles a été la droite allemande accouplée à la droite
extrême, aussi bien en Allemagne qu’aux Pays-Bas, en Pologne
ou en Finlande, avec aussi comme supplétifs la fine fleur de
la social-démocratie allemande représentée par le
vice-chancelier et ministre de l’économie Sigmar Gabriel.
Dans les « négociations » délirantes du 13 au 14 juillet,
François Hollande et ses collaborateurs ont joué le rôle de
soigneurs pour maintenir Alexis Tsipras sur le ring et qu’il
s’en prenne plein la figure par Angela Merkel et Wolfgang
Schäuble jusqu’à sa reddition. Il était à point pour signer
n’importe quoi après quinze heures de menaces et de
chantages. Les experts français et Hollande (que l’échec de
Syriza ne peut pas attrister, on s’en doute) ont joué un
rôle de faux jetons. Cela fait un peu penser aux
psychologues américains qui ont assisté aux séances de
tortures de prisonniers menées par la CIA à Guantanamo et
Abou Graïb. Sans eux, ça aurait été pire disent toujours ces
gens ayant bonne conscience.

Le choix donné à la Grèce par les canailles
politico-financières était le suivant : « Préférez-vous
mourir à la suite d’une longue asphyxie en restant dans la
zone euro, ou préférez-vous qu’on vous coupe la tête tout de
suite en vous éjectant de la zone euro (et bien sûr en
fermant immédiatement tous les robinets de liquidités
monétaires et en organisant un embargo implacable contre
votre économie déjà mal en point) ? Cette deuxième option
avait et a toujours la préférence de Schäuble qui menace
Merkel de démissionner si on ne se débarrasse pas un jour
définitivement de la Grèce par un Grexit. C’est le choix
entre la peste et le choléra qui est donné à la Grèce depuis
des mois par la Troïka. Comment sortir de ce piège, telle
est la question vitale qui mérite qu’on s’y attarde. Elle a
d’ailleurs des conséquences allant bien au-delà de la Grèce.

LA GRÈCE ENTRE ESPOIR ET DÉSILLUSION
Il n’y a pas de solution à l’échelle de la Grèce seule, car
la machine qui peut broyer ce pays fonctionne sur une large
échelle, européenne et même mondiale. Toutefois, il faut
examiner en premier lieu quels étaient et quels sont encore
les atouts du peuple grec. Alexis Tsipras et celles et ceux
des élus et militants qui le suivent encore, bon gré mal
gré, se sont fourrés dans une impasse et deviennent des
courroies de transmission des volontés de la Troïka. C’est
leur problème. Le peuple grec, s’il garde assez d’énergie et
de lucidité, n’est pas dans une impasse. Il l’a montré
majoritairement lors du référendum où le « non » aux mesures
d’austérité des institutions européennes l’a largement
emporté. C’était un vote courageux car les pressions contre
les partisans du « non » ont été considérables. C’était un
vote de défi et un refus de la fatalité, du « il n’y a pas
d’alternative », du fameux TINA, « There is no Alternative »
de Margaret Thatcher, qui est l’alpha et l’oméga de
l’idéologie capitaliste. Plus de 80 % des jeunes de 18 à 25
ans ont voté non. L’enthousiasme a été au rendez-vous le
soir même de la victoire du « non », du « OXI ». Les gens
avaient redressé la tête, ils en étaient fiers et ne sont
pas près de l’oublier. Cela pouvait être un premier acte
ouvrant une brèche libératrice, cela peut encore le rester
si la population persiste, lutte et s’organise.

Les milieux financiers européens et les riches en Grèce ont
eu peur de la victoire du OXI. Mais Tsipras a été également
effrayé et s’est immédiatement déballonné. Il a réagi comme
un responsable syndical qui, après avoir convoqué une
assemblée générale et appelé avec succès ses camarades à
faire grève, ne trouve rien de mieux que d’aller aussitôt
trouver les syndicats jaunes, hostiles à la grève (dans son
cas, les partis de droite et le PASOK « socialiste ») pour
faire face à cette embarrassante situation (en jargon
politicien, on appelle cela « l’unité nationale »). Ce chef
syndical veut leur soutien pour aller ensuite négocier à
froid avec leurs patrons de combat. Pour amadouer ces
patrons, il écarte un délégué perçu comme trop combatif
(Varoufakis) et avant même de rencontrer les gens de la
direction, il fait avaler quelques grosses couleuvres à
l’assemblée des délégués élus (le Parlement) consistant à
renoncer par avance à toute une série de revendications
fondamentales. Les gens de la direction (Merkel, Hollande,
Draghi et cie) ne sont pas forcément de grands stratèges,
des maîtres au jeu des échecs, mais quand on a un adversaire
qui effectue une série de reculades après avoir réussi un
coup d’éclat décisif (le « non » au référendum), il n’y a
plus qu’à foncer en avant et à l’écraser. Échec et mat,
Game over. En bafouant le résultat d’une consultation
démocratique qu’il avait lui-même organisée, Tsipras a
retourné sa veste avec une série de conséquences dont on ne
vient de voir que le début : la répression policière des
manifestants devant le Parlement, l’expulsion des ministres
hostiles au diktat du 14 juillet, l’augmentation des prix
des denrées et services de première nécessité, l’expulsion
des familles endettées de leur logement, etc.

On doit s’attendre à un fort tangage aussi bien au sein de
Syriza, de la gauche et de l’extrême gauche et de la société
grecque, avec des chocs en retour contre la Troïka. Avec
aussi de forts remous y compris sur la scène politique et
intellectuelle allemande où le putsch du clan des durs mené
par Schäuble a indigné les syndicalistes et toutes les
composantes de la gauche dignes de ce nom. Tout le monde,
(y compris les économistes libéraux) s’accorde pour dire que
ce nouveau mémorandum extorqué à la Grèce ne donnera rien et
n’est pas applicable. À mots couverts, le FMI le laisse
entendre. Toutes les contractions de l’économie mondiale
restent béantes, surtout au moment où la croissance chinoise
marque sérieusement le pas et où les Bourses chinoises ont
connu un krach inquiétant, colmaté momentanément par des
sommes énormes injectées par l’État chinois. On relèvera au
passage que la dette grecque correspond seulement à 10 % des
sommes qui sont parties en fumée au cours du krach récent
des Bourses de Shanghai et Shenzhen. Cela illustre bien que
la dette grecque est une question de principe pour les
créanciers, et assez peu un risque financier. Retenons que
si un risque systémique existe, il se situe plutôt à Pékin
et fort peu à Athènes.

COMMENT SORTIR DU PIÈGE ?
Revenons à la situation en Grèce qui se présente à la fois
tumultueuse, douloureuse pour les classes populaires, mais
aussi riche de possibilités. Cette situation nécessite
d’ouvrir plus avant la réflexion sur les mesures salutaires
qu’il faudrait prendre et préciser qui pourrait les prendre.
Les débats se sont trop focalisés et englués sur la seule
question de savoir s’il fallait rester dans la zone euro ou
la quitter. On peut reprocher à Tsipras et à la majorité de
Syriza bien des choses, mais pas d’avoir tenté d’explorer la
possibilité de rejeter les mesures d’austérité tout en
restant dans la zone euro. Après tout, c’est exactement cela
que les 61 % de votants pour le non ont exprimé. Vouloir
d’emblée sortir de la zone euro et présenter cela comme une
solution comportait le risque d’entraîner une banqueroute
brutale, d’aller au devant des souhaits de la droite dure
allemande et de conforter les positions souverainistes de
toutes les composantes de l’extrême droite européenne.
A l’époque du capitalisme mondialisé, le repli sur
l’État-nation conduit à dérouler un tapis rouge vers le
pouvoir aux formations d’extrême droite. Car elles
pousseront la logique de l’État-nation jusqu’au bout, en
pratiquant un protectionnisme dévastateur, en mettant des
murs et des barbelés tout autour, en expulsant les
« étrangers », en muselant et réprimant brutalement les
« traîtres à la patrie ». Le souverainisme ne peut pas être
de gauche. Mais il va comme un gant (de fer) à Poutine et à
Marine Le Pen.

On peut certes déplorer que le gouvernement de Tsipras n’ait
pas du tout préparé l’éventualité d’un Grexit, soit imposé
par l’Union européenne (et qu’on ne peut toujours pas
exclure), soit une sortie volontaire pour échapper au
chantage permanent de la Troïka. Éric Toussaint du Comité
pour l’annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM) avait
par exemple suggéré dans ce cas d’introduire une monnaie
électronique parallèle à l’euro, de préparer une réforme
monétaire redistributive favorisant les moins riches, de
concevoir un contrôle strict des mouvements de capitaux et
de procéder à un audit de la dette grecque amenant le pays à
ne pas payer les dettes illégitimes et même illégales. Ces
idées n’ont pas été reprises par Syriza. Il n’y a pas eu de
plan B soigneusement préparé, accompagné de mesures
radicales permettant d’éviter une déroute dont seules les
classes populaires feraient les frais. D’autres ont brandi
l’arme du retour à la drachme qui est apparue à juste titre
comme un sabre en carton pouvant en plus se retourner contre
le pays, avec une inflation galopante à la clef ainsi que le
blocage des importations et des exportations pour cause de
monnaie dévaluée comme le Mark en 1923, avec en plus un
marché noir des euros. Bien des citoyens grecs n’ont pas
considéré sans danger le retour à la drachme. Tous les
sondages et déclarations des citoyens jeunes ou moins jeunes
ont systématiquement exprimé qu’ils préféraient rester dans
la zone euro. C’est ce qui explique que la position actuelle
de Tsipras n’apparaisse pas, pour l’instant, totalement
déraisonnable aux yeux de nombreux Grecs, par crainte du
pire et en l’absence de propositions plus crédibles. D’un
ton suave, Jean-Claude Juncker, qui dirige la Commission
européenne, avait fait comprendre que le peuple grec ne
devait pas se suicider (en sortant de la zone euro) sous
prétexte que les institutions européennes étaient en train
de le faire crever à petits feux. Quand on a été ministre
des finances pendant des années d’un paradis fiscal (le
Luxembourg) et qu’on est soi-même richissime, on sait
trouver les mots qui apaisent les millions de Grecs
personnellement endettés, victimes du chômage, atteints dans
leur santé et touchés de plus en plus par la malnutrition…

Au point de dégradation actuelle de la situation sociale
quotidienne qui va s’aggraver, il est urgent que les
associations, syndicats et composantes de la gauche et de
l’extrême gauche élaborent et présentent un plan de mesures
concrètes de sauvetage qui apparaissent crédibles aux
travailleurs, chômeurs de tous âges, agriculteurs et
travailleurs indépendants en faillite ou au bord de la
faillite. Le réalisme résigné ou désabusé, qui est
probablement le sentiment majoritaire et dont bénéficie
momentanément le gouvernement remanié de Tsipras, ne va pas
se maintenir sur une longue période devant la brutalité des
coups qui vont être portés. Il ne suffira pas de protester,
de multiplier les grèves, les blocages, les manifestations
et les lancements de cocktails molotov sur les forces de
police. Il faudra formuler des exigences et les faire
appliquer efficacement.

La nationalisation des banques et de toutes les institutions
financières s’impose dans l’avenir, et le plus tôt serait le
mieux. Mais nationaliser des caisses vides n’offrirait pas
beaucoup d’opportunités. Encore faut-il empêcher la fuite
des capitaux et consacrer l’argent disponible à des
investissements répondant strictement aux besoins de la
population dans le domaine de la santé, de l’éducation, de
l’énergie et des transports notamment. Encore faudrait-il
multiplier les coopératives et renforcer tous les réseaux de
l’économie solidaire et écologique. Nous ne parlons pas
d’une nationalisation de façade mais de transformer les
banques en un service authentiquement public. Il serait
vital de mettre en œuvre un impôt progressif sur le revenu
frappant donc prioritairement les grosses fortunes sans
exception. Encore faut-il mettre en place un réseau
d’application et de contrôle de cette levée des impôts par
des fonctionnaires et des citoyens honnêtes et motivés face
à des individus accoutumés à dissimuler leurs richesses.

Le propos ici n’est pas de définir un programme précis et
complet mais d’insister sur le fait que toute mesure utile à
la population doit obligatoirement et avant tout être
appliquée par des personnes faisant partie de cette
population ou étant réellement au service de cette
population. Bref, ces mesures de sauvetage ne sont pas du
ressort d’un appareil d’État corrompu, bureaucratique, au
mieux inefficace et au pire totalement nuisible.

L’embellie qu’a représenté le succès de la campagne pour le
« non » au référendum n’indique pas pour autant que la
situation est révolutionnaire ou même prérévolutionnaire en
Grèce. Cependant elle montre que des possibilités existent
pour qu’un nouveau mouvement démocratique du type de celui
de la place Syntagma et de toutes les places en Grèce, comme
en mai et juin 2011, refasse surface et permette aux
diverses personnes et organisations politiques, syndicales
et associatives d’intervenir, de débattre et de soumettre
leurs argumentations et leurs propositions afin de trouver
collectivement une issue au piège dans lequel se trouve le
pays. Au demeurant, il n’est peut-être pas inutile de
rappeler que des mouvements comme Syriza ou Podemos
n’auraient jamais émergé sans les mouvements qui ont surgi
un jour sur les places Syntagma et Puerta del Sol. Un retour
des militants à la source de leur existence permettrait de
trancher bien des nœuds gordiens. Auto-organisation ?
Auto-émancipation ? Ce sont des mots qui ont eu tendance à
disparaître dans les commentaires sur la Grèce. Nous les
réintroduisons, non pas comme des formules magiques, mais
comme des notions recouvrant des démarches et des pratiques
tout simplement cruciales.

POUR UNE EUROPE DU COMMUN ET DE LA SOLIDARITÉ
Il faut redire avec force ce qui manque singulièrement dans
la plupart des analyses concernant la Grèce : la solution
des problèmes en Grèce ne se situe que partiellement en
Grèce. La solution est au minimum européenne et de toute
façon internationaliste. Nous avons pu observer qu’en dépit
des tiraillements entre les différents mercenaires
politiques à la tête de la Troïka, ils savaient s’unir au
moment décisif pour écraser un pays. Contre ce bloc
transnational qui mène la danse pour le compte des banques
et des grands groupes capitalistes, la partie est perdue si
un vaste front unique internationaliste ne voit pas le jour.
La radicalité initiale et tout à fait fragile
d’organisations telles que Syriza ou Podemos ne peut
absolument pas faire le poids à elle seule, même si ces
formations ont permis une politisation très utile et de
faire une expérience où chacun a pu prendre une plus juste
mesure des obstacles et des possibilités. Pour l’heure en
Espagne, le leader de Podemos, Pablo Iglesias va peut-être
faire perdre les prochaines élections à son mouvement en
justifiant à fond le retournement de Tsipras et en se
crispant de façon sectaire contre les autres composantes
espagnoles de la gauche radicale ou révolutionnaire. Comme
quoi, toute avancée et tout recul à un endroit de l’Europe
ont nécessairement des répercussions dans d’autres pays
européens, à un niveau ou à un autre. Le destin au pouvoir
de « forces alternatives » de type Syriza et Podemos, dont
les leaders s’en voudraient de se dire anticapitalistes de
peur d’être ringards et du coup de perdre des élections, est
de venir s’échouer au pied du « mur de l’argent », ou de se
déconsidérer en s’y accrochant et en le défendant à leur
manière plaintive et désolée, en répétant la formule de
l’ennemi, « il n’y a pas d’alternative ». Le monde actuel
est impitoyable avec les illusions néo-réformistes, mais il
n’est pas tendre non plus avec ceux qui répètent en boucle
quelques fades et, à la longue, ennuyeuses formules
révolutionnaires toutes faites, sans jamais gagner la
confiance des travailleurs dont ils parlent surabondamment.
Car pour que les idées radicales, anticapitalistes,
révolutionnaires gardent leur fraîcheur et tout leur sens,
il faut qu’elles soient partagées, constamment nourries et
reformulées dans un processus d’échange avec celles et ceux
qui luttent et résistent, en rangeant au placard des
accessoires handicapants, les postures avant-gardistes. Il
s’agit d’en venir à une politique de l’écoute plutôt que de
persister dans une politique du repli sur soi et de la
déclamation bruyante et sectaire.

Il faut donc remettre bien des choses à plat. Nous ne serons
pas sauvés par des tribuns de gauche ou des tribuns
révolutionnaires, plus ou moins talentueux ou plus ou moins
médiocres. Nous devons nous passer des tribuns et, vis-à-vis
des porte-paroles ou personnes en charge d’une
responsabilité, nous avons intérêt à nous inspirer du
principe zapatiste, « gouverner en obéissant ».

Mais tout ce qui précède et qui a jusqu’à un certain point
un caractère polémique assumé, vise à animer un débat
nécessaire où absolument personne ne détient a priori toute
la vérité (et si c’est le cas de quelqu’un ou d’un groupe,
qu’il ne la garde pas jalousement pour lui et qu’il la
partage généreusement et au plus vite avec tout le monde).

En conclusion j’aimerais esquisser ce que pourraient être
quelques éléments allant vers un front unique
internationaliste européen. On peut appeler cela autrement,
c’est le contenu qui importe. En Europe, les partis de la
gauche radicale, les organisations d’extrême gauche et les
divers collectifs et syndicats combatifs sont relativement
faibles. Mais cela représente probablement quelques dizaines
de milliers de personnes qui ont été révoltées par le coup
de force politico-financier perpétré contre un petit pays
déjà terriblement affaibli par la crise. Il y a là
potentiellement le socle pour mener ensemble une vaste
campagne contre nos gouvernants qui participent activement à
une régression sociale tous azimuts qui frappe déjà durement
la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, les pays baltes
et les pays de l’est européen. Il y a là le socle pour mener
une protestation forte à laquelle pourraient s’associer
nombre d’artistes, de chercheurs, d’intellectuels de gauche,
pour donner une voix plus forte à ce refus de l’Europe des
nantis qui ruinent les peuples et ravagent notre
environnement.

Cela devrait s’accompagner d’actions de solidarité concrètes
avec les travailleurs et chômeurs grecs, actions déjà en
œuvre d’ailleurs, mais qu’il s’agit de multiplier et de
densifier en passant par les réseaux militants et activistes
actuels et en en créant de nouveaux.

Nous devons clamer notre refus de cette Europe du fric,
brutale et antidémocratique. Nous devons clamer que nous
méprisons les frontières et les répressions engendrées par
le système capitaliste. Nous devons déjà la construire
partout où cela est possible à notre propre niveau comme les
expériences zadistes en sont déjà des exemples. Nous
représentons fièrement une autre Europe, une Europe
cosmopolite et multicolore, une Europe des travailleurs, des
pauvres, de la solidarité, de la mise en commun de toutes
les ressources humaines pour le bien de toute la société et
de notre environnement.

José Chatroussat (Samuel Holder)
le 23 juillet 2015

site "Culture et révolution")

Lettre n° 166
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Université d'été du NPA à Port-Leucate

24 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Université d'été du NPA à Port-Leucate
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A propos de la crise des éleveurs (communiqués de la FNAB et de la confédération paysanne)

23 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #COMMUNIQUES

Communiqué de la FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique)

"Crise agricole, les producteurs bio organisés appellent un changement de système agro-alimentaire "

Depuis plusieurs jours maintenant, les éleveurs manifestent pour la survie de leurs exploitations pris en tenaille entre des charges importantes de production et des prix en dessous des coûts de production. Les producteurs de la FNAB se sentent solidaires des éleveurs en difficulté mais appellent un changement profond de système agro-alimentaire pour un nouveau projet de société.
- - -
Pour une rénovation profonde du projet agricole national
Il faut choisir entre une vocation exportatrice et productiviste de matières premières, toujours en retard d’une « compétitivité » avec des pays moins disant économiquement, socialement et environnementalement et un projet alimentaire pour les territoires, basé sur des produits accessibles et de qualité.
Les aides publiques doivent soutenir la réorientation des exploitations et des filières vers cet objectif de souveraineté alimentaire nationale. L’enjeu de l’évolution des systèmes de production est ici décisif pour que les éleveurs trouvent une nouvelle autonomie en diminuant leur dépendance aux intrants (achat soja, engrais) et à des systèmes économiques intégrés.
Pour des filières agro-alimentaires équitables et solidaires
L’émergence des filières bio en France s’est faite directement par les acteurs, producteurs, transformateurs et consommateurs qui ont inventé ou systématisé de nouveaux systèmes de commercialisation et de distribution. Cette structuration originale doit se poursuivre pour la pérennité de toutes les filières bio.
Il est urgent d’innover et d’expérimenter, dans des projets alimentaires territoriaux, entre les producteurs, les autres acteurs économiques, les élus, les consom’acteurs pour un partage équitable de la valeur ajoutée. Cette « nouvelle économie » agro-alimentaire suppose ainsi de nouveaux rapports sociaux entre les acteurs, y compris la grande distribution qui peut, parfois, contractualiser sur ces bases en soutenant les filières d’élevage (viande, lait…). Elle permet déjà à des fermes moyennes de bien vivre de leurs productions.
Les solutions existent. Elles méritent d’être examinées dans un débat national qui aille au-delà des seuls acteurs agricoles. Que voulons-nous pour l’alimentation et les territoires ruraux dans notre pays ? Un débat qui devra être au cœur des futures élections régionales.

 

Communiqué de la Confédération paysanne:

Plan d'urgence pour l'élevage :

De l'essence dans le moteur mais un plan en panne de solutions durables

 

Ce plan de soutien aux éleveurs surendettés, notamment les jeunes, est certes nécessaire à court terme, cependant il ne doit pas servir à maintenir un système à bout de souffle et passer sous silence que tous les éleveurs sont aujourd'hui en crise, concernés par la baisse généralisée des prix.

Pour résoudre durablement cette crise, il faut stopper net cette politique de libéralisation délibérée qui a poussé au surendettement et met aujourd'hui en péril des dizaines de milliers d’éleveurs. On continue à favoriser la saturation des outils de production des entreprises agroalimentaires au détriment des éleveurs et des territoires.

Par ailleurs, il est illusoire de réactiver le mirage de l’export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Le bon sens économique et paysan appelle à s’attaquer aux causes profondes de ces crises récurrentes, notamment par la maîtrise des volumes au niveau européen et la réorientation des politiques agricoles vers un autre modèle.

Ces aides seront donc à fonds perdus, comme la Cour des comptes en fait état dans son rapport, et ne serviront qu’à financer la restructuration et le plan de licenciement de l'agriculture à taille humaine mis en place par les industries agro-alimentaires.

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Tour Alternatiba pour le climat : Incident surréaliste à Fessenheim

23 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #REPRESSION

Tour Alternatiba pour le climat : Incident surréaliste à Fessenheim

Scandaleux : la France demande à la police allemande de bloquer le Tour Alternatiba, en représaille à une prise de parole anti-nucléaire devant la centrale de Fessenheim ! Ironie de l’histoire, la ministre de l’écologie venait d’attribuer le label COP21 à cette “initiative ambitieuse et innovante”.

Le Tour Alternatiba est arrivé à Fessenheim ce lundi 20 juillet, après être parti le matin de Mulhouse où 600 personnes avaient accueilli son arrivée la veille dans une ambiance de fête populaire et dans le cadre d’un Alternatiba qui a rassemblé plus de 3000 personnes tout au long d’un beau dimanche ensoleillé.

 

Nucléaire ou climat, il faut choisir !

Le Tour Alternatiba a marqué une pause devant la centrale nucléaire de Fessenheim pour rappeler l’opposition d’Alternatiba à la filière nucléaire. Devant plusieurs médias et caméras, un porte-parole du Tour a ainsi déploré que les milliards engloutis dans la filière nucléaire ne soient pas plutôt investis dans les politiques de sobriété énergétique (isolation des logements, développement des transports collectifs de proximité etc.) et dans le développement des énergies renouvelables. Le Tour Alternatiba a rappelé que lors de son étape d’Aix-en-Provence, les ouvriers de Nexcis fabriquant des vitres à la fois isolantes et productrices d’énergie solaire protestaient contre la fermeture de cette filiale d’EDF.

Cet exemple montre bien que les investissements actuels tournent le dos aux économies d’énergies et aux énergies renouvelables, grâce auxquelles beaucoup plus d’emplois pourraient être créés, répartis sur tout le territoire français, qu’avec les énergies fossiles ou nucléaire. Le Tour Alternatiba terminait en dénonçant le jeu trouble et anti-démocratique du lobby nucléaire en France qui tente de saboter le développement de l’éolien, et qui va jusqu’à bloquer un engagement présidentiel comme celui de la fermeture de la centrale de Fesseinhem.

 

 

Opération de gendarmerie contre le Tour Alternatiba :

Alors que tout s’était jusque là déroulé sans incident et sans aucune remarque de la part des autorités, et que le Tour Alternatiba avait repris son chemin pour rejoindre l’Allemagne toute proche, la gendarmerie l’a bloqué environ un kilomètre plus loin, sur un bord de route. Les gendarmes ont alors entrepris de contrôler l’identité des cyclistes. Quelques uns d’entre eux se sont étonnés de ce contrôle, le premier depuis que le Tour Alternatiba est parti de Bayonne le 5 juin dernier, et alors même que le Tour a pris la parole devant d’inombrables sites, édifices et places et qu’il a croisé à de multiples reprises la gendarmerie sans que jamais elle ne veuille contrôler l’identité de ses participants. Il s’agissait donc clairement d’une opération de fichage des 24 cyclistes ayant participé à la prise de parole devant la centrale de Fessenheim. Bref, la liberté d’expression connaitrait elle des limites particulières en France dés lors qu’on évoque la question du nucléaire ?

La France fait intervenir la police allemande !

Le commandant de gendarmerie et ses hommes ont néanmoins fini par laisser repartir le Tour Alternatiba, qui a repris sa route normale et a fait une pause repas dans une ferme coopérative et alternative à Tunsel, en Allemagne. C’est là que les cyclistes ont vécu un moment à la fois surréaliste et particulièrement choquant. 7 véhicules de police sont arrivés sur les lieux et la police allemande est entrée dans la ferme, pourtant propriété privée. Ils ont annoncé aux cyclistes que la France avait demandé au procureur de Freibourg de contrôler l’identité de tous les cyclistes présents, et qu’en cas de refus de leur part, il convenait de bloquer le Tour. Aprés un long moment de protestation contre cet abus de pouvoir manifeste, les policiers allemands bloquant physiquement le départ du Tour, et celui ci commençant à être sérieusement en retard (un rendez-vous avec une centaine d’autres cyclistes était fixé à 18h00 à Freiburg), ces derniers ont tous décliné leur identité.

 

Une histoire surréaliste en pleine année de la COP21 :

Cette histoire est tout simplement surréaliste. En plein année de la COP21, la France demande à un pays étranger de bloquer le passage d’une mobilisation climatique à la fois 100 % citoyenne, entièrement pacifique et particulièrement constructive (un tour cycliste de 5 600 km et la traversée de 187 territoires différents pour y promouvoir les différentes alternatives au dérèglement climatique). Ironie de l’histoire, dans une lettre officielle du 10 juillet, la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie Mme Ségolène Royal venait de lui attribuer le label COP21 (reconnaissance gouvernementale des projets de mobilisation climatique d’intérêt général), et ce dans des termes particulièrement élogieux pour le Tour Alternatiba (voir extrait ci-dessous) :

 

lettre label COP21

 

Les cyclistes du Tour Alternatiba ont rendez-vous ce mardi 21 juillet avec une avocate allemande pour étudier les possibilités de déposer une plainte contre l’intervention de la police allemande. Il s’agira également pour eux de savoir précisément qui a fait cette demande surréaliste auprès du procureur de Freibourg, et avec quelle motivation. Tout cela n’empêchera pas le programme prévu sur Freiburg à l’occasion du passage du Tour Alternatiba de continuer à se dérouler normalement aujourd’hui, avec le maintien des formations, conférences et concerts prévus à partir de 16H00 au parc central de la ville Stadtgarten.

 

Malgré toutes les embûches, arrivée à Freiburg

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Après la canicule financière, l'inévitable orage

22 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Austerité, #EDITOS

Assez de la dictature de la finance !

La mise en scène par les politiciens et les médias de la tragédie grecque tend à en faire un événement complexe et mystérieux dont le peuple grec serait responsable et coupable. Sauf que les travailleurs et les classes populaires ne sont en rien responsables et coupables mais victimes de la politique de la bourgeoisie grecque et de son État, les alliés et complices de la troïka, de la bourgeoisie financière qui entraîne le monde dans une folle danse macabre.

La dette, une arme contre les peuples

La crise grecque est un concentré de la folie qui habite l'économie mondiale. La dette est un instrument de domination économique et politique entre les mains de l’oligarchie financière pour s'approprier une part croissante des richesses en se soumettant les États comme les particuliers. Elle lui sert à alimenter et accroître ses profits alors que le capitalisme stagne dans une crise sans fin. La course au profit se nourrit d'une explosion du crédit et d'un endettement généralisé tant des États que des particuliers qui permettent aux financiers de s'assurer le contrôle de la société pour s'approprier toujours plus de richesses.

D’Athènes à Shanghaï

Alors que se discutait le diktat des créanciers à la Grèce, en Chine, se déroulait un krach boursier gigantesque. En à peine trois semaines, 3 000 milliards de dollars se sont évaporés.

Le gouvernement s'est endetté à hauteur de plus de 240 % de son PIB. Tous les gouvernements locaux et les entreprises publiques ont suivi le même chemin. L'emballement boursier encouragé par l’État devait permettre de financer cette fuite en avant... Jusqu'à la chute.

La purge nécessaire

C'est la même politique qui est à l’œuvre partout sur la planète. Pas un seul territoire n'échappe aux rapaces, pas une seule goutte de profit, fruit du travail humain. Le crédit et la dette sont de gigantesques moyens de transférer les richesses produites entre les mains de ceux qui contrôlent la finance. 

Aujourd'hui, les organisateurs de ce pillage mondialisé, ici le gouvernement Hollande-Valls, ne peuvent cacher leurs inquiétudes. Qu'un petit pays de 10 millions d'habitants comme la Grèce soit mis en faillite par ses propres créanciers, et c'est tout le château de cartes des crédits, des dettes qui n'ont d'autre garantie que des crédits et des dettes qui menace de s'effondrer. 

Oui, tous savent que d'un moment à l'autre l'édifice peut s'effondrer mais comment réduire la dette sans provoquer la crise de confiance, la panique, dans cet univers de spéculations financières qui ne connaît d'autre mode de régulation que le krach. Leur réponse est de donner confiance aux créanciers et aux marchés en faisant payer les classes exploitées.

La seule réponse répondant aux besoins de la société est démocratique : l'intervention des travailleurs et des classes populaires pour annuler la dette, prendre le contrôle du crédit, de la finance en socialisant les banques en un monopole public bancaire pour mettre l'économie au service de l'ensemble de la population. Cela, personne ne le fera à la place des classes exploitées, du peuple, pas plus en Grèce qu'ici.

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Agro-industrie partout, paysans nulle part!

22 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #AGRICULTURE

75 millions pour les éleveurs, réunion agriculteurs-distributeurs à Bercy, producteurs de lait et de porc bloquent les plateformes de la grande distribution, les petits producteurs accusent la grande distribution de les asphyxier, nouveau cadre établi entre distribution et fournisseurs...

Ces titres de Une de journaux, datées de 2007, 2008, 2009 et 2013, pourraient être de ceux de cette semaine !

Dans l’agro-industrie, il y a les très gros, la grande distribution, qui fixe ses prix avec un seul objectif : augmenter les marges et les parts de marché. Les gros, les industriels, se plient à ce diktat pour préserver leur ventes et leurs marges... et passent l’ardoise aux petits, les éleveurs.

Après avoir décimé l’artisanat et le petit commerce alimentaires, la grande distribution est en position de quasi-monopole. Dans ce marché de dupes où règne l’opacité la plus totale sur les marges, distributeurs et transformateurs se renvoient la balle, et les petits éleveurs trinquent. Tables rondes, plans d’aides, et prétendus accords se suivent. Mais rien ne peut changer car les éleveurs sont dans un marché mondialisé où le prix de l’aliment est fixé à Chicago, où celui du porc doit concurrencer l’Allemagne, et celui du lait la Nouvelle-Zélande. Quand les prix de l’aliment montent, les éleveurs sont pris à la gorge car le prix de vente, lui, ne bouge pas ! Résultat, une baisse continue du nombre d’exploitations et d’actifs agricoles, alors que dans le même temps, les fermes-usines se multiplient.

Les rodomontades de Hollande, « nous veillerons à ce que l’accord soit respecté », ne cachent pas son impuissance, réduit à lancer un appel à la grande distribution et à appeler les consommateurs à acheter de la « viande de France »... Après des années d’austérité, les consommateurs achètent de la viande quand ils le peuvent au prix qu’ils peuvent. Et dire que la viande française, produite de la même manière que les autres, serait de meilleure qualité ne repose sur aucun critère objectif.

Les accords de libre échange doivent être dénoncés. Toute l’agro-industrie doit être mise au pas – production, transformation et distribution doivent être de proximité – pour revenir à des fermes autosuffisantes, où les animaux sont nourris avec la production de la ferme. L’agro-industrie n’est pas compatible avec l’agriculture paysanne qui seule peut préserver notre santé, l’environnement et la vie dans les campagnes.

François Favre

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DAESH assassine la solidarité révolutionnaire, condamnons la barbarie djihadiste et la politique guerrière de l’AKP !

21 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #COMMUNIQUES

Communiqué de Yeniyol –Section Turque de la Quatrième Internationale- à propos du massacre de Suruç

Plus de trente jeunes révolutionnaires ont perdu la vie suite à un attentat terroriste perpétré par l’organisation djihadiste DAESH dans la ville de Suruç, à la frontière de la Syrie. Nous manifestons toutes nos condoléances aux familles, amis et camarades des victimes.

Ce lundi 20 juillet 2015 un groupe de trois cents jeunes s’apprêtaient à passer la frontière pour participer à la reconstruction de la ville kurde de Kobané, détruite lors de l’héroïque résistance de la population locale, du PYD et des milices des YPG-YPJ, ainsi que des combattants volontaires venus de toute part.

Dans le cadre de la campagne de soutien organisé par la Fédération des Associations de Jeunesses Socialistes, dotés de colis de jouets, de produits sanitaires, de pots de peinture, de livres et films, ces jeunes, pour la plupart étudiants projetaient de contribuer à la reconstruction des bâtiments, d’édifier parcs et crèches pour les enfants, de former une bibliothèque.

C’est ce sentiment inébranlable de solidarité internationaliste avec les kurdes de Kobané qui a constitué la cible de DAESH et non pas “La Turquie”, comme le prétend le Premier Ministre Davutoglu. C’est bien sa guerre contre le PYD, face auquel il perd du terrain en Syrie, que l’organisation djihadiste tente d’exporter sur le territoire turque avec cette attentat ignoble, tout comme les explosions lors du meeting du Parti Démocratique des Peuples (HDP) à Diyarbakır.

Mais comment ne pas voir ici les conséquences de la politique étrangère de l’AKP, résolu à faire tomber à tout prix le régime de Damas, en soutenant conjoncturellement tel ou tel groupe djihadiste afin d’étendre son hégémonie au Moyen-Orient? Rappelons-nous des camions bourrés d’armes et de missiles s’apprêtant à passer en Syrie sous le contrôle des services de renseignements, des hôpitaux à la disposition des militants blessés de DAESH. Rappelons-nous de la réjouissance à peine cachée d’Erdogan lorsqu’il déclarait que “Kobané est sur le point de tomber”. N’était-ce pas Davutoglu qui proclamait, alors qu’il était encore Ministre des affaires étrangère que DAESH pourrait être vu comme une structure radicale mais que ce sont “les mécontentements et indignations antérieurs” qui ont provoqué cette “réaction” ? Il y a encore un mois la presse de l’AKP annonçait à sa une, en se référant à des sources militaires que “le PYD est plus dangereux que DAESH”. Et finalement comment oublier la photographie exposant le sourire confiant de ce terroriste djihadiste lors de son interpellation par la police turque?

Face à la barbarie djihadiste et à ses collaborateurs, nous opposerons le sourire plein d’audace et porteur d’espérance que ces jeunes révolutionnaires, morts sur la route vers Kobané, nous ont légué. C’est en continuant leur combat que nous ferons vivre l’esprit de solidarité qui les animait.

Pour le droit à l’autodétermination de peuple kurde !

Vive la solidarité internationaliste !

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A la Une: L'Anticapitailste n°299

20 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #A la Une!

A la Une: L'Anticapitailste n°299
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