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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

Articles récents

Agro-industrie partout, paysans nulle part!

22 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #AGRICULTURE

75 millions pour les éleveurs, réunion agriculteurs-distributeurs à Bercy, producteurs de lait et de porc bloquent les plateformes de la grande distribution, les petits producteurs accusent la grande distribution de les asphyxier, nouveau cadre établi entre distribution et fournisseurs...

Ces titres de Une de journaux, datées de 2007, 2008, 2009 et 2013, pourraient être de ceux de cette semaine !

Dans l’agro-industrie, il y a les très gros, la grande distribution, qui fixe ses prix avec un seul objectif : augmenter les marges et les parts de marché. Les gros, les industriels, se plient à ce diktat pour préserver leur ventes et leurs marges... et passent l’ardoise aux petits, les éleveurs.

Après avoir décimé l’artisanat et le petit commerce alimentaires, la grande distribution est en position de quasi-monopole. Dans ce marché de dupes où règne l’opacité la plus totale sur les marges, distributeurs et transformateurs se renvoient la balle, et les petits éleveurs trinquent. Tables rondes, plans d’aides, et prétendus accords se suivent. Mais rien ne peut changer car les éleveurs sont dans un marché mondialisé où le prix de l’aliment est fixé à Chicago, où celui du porc doit concurrencer l’Allemagne, et celui du lait la Nouvelle-Zélande. Quand les prix de l’aliment montent, les éleveurs sont pris à la gorge car le prix de vente, lui, ne bouge pas ! Résultat, une baisse continue du nombre d’exploitations et d’actifs agricoles, alors que dans le même temps, les fermes-usines se multiplient.

Les rodomontades de Hollande, « nous veillerons à ce que l’accord soit respecté », ne cachent pas son impuissance, réduit à lancer un appel à la grande distribution et à appeler les consommateurs à acheter de la « viande de France »... Après des années d’austérité, les consommateurs achètent de la viande quand ils le peuvent au prix qu’ils peuvent. Et dire que la viande française, produite de la même manière que les autres, serait de meilleure qualité ne repose sur aucun critère objectif.

Les accords de libre échange doivent être dénoncés. Toute l’agro-industrie doit être mise au pas – production, transformation et distribution doivent être de proximité – pour revenir à des fermes autosuffisantes, où les animaux sont nourris avec la production de la ferme. L’agro-industrie n’est pas compatible avec l’agriculture paysanne qui seule peut préserver notre santé, l’environnement et la vie dans les campagnes.

François Favre

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DAESH assassine la solidarité révolutionnaire, condamnons la barbarie djihadiste et la politique guerrière de l’AKP !

21 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #COMMUNIQUES

Communiqué de Yeniyol –Section Turque de la Quatrième Internationale- à propos du massacre de Suruç

Plus de trente jeunes révolutionnaires ont perdu la vie suite à un attentat terroriste perpétré par l’organisation djihadiste DAESH dans la ville de Suruç, à la frontière de la Syrie. Nous manifestons toutes nos condoléances aux familles, amis et camarades des victimes.

Ce lundi 20 juillet 2015 un groupe de trois cents jeunes s’apprêtaient à passer la frontière pour participer à la reconstruction de la ville kurde de Kobané, détruite lors de l’héroïque résistance de la population locale, du PYD et des milices des YPG-YPJ, ainsi que des combattants volontaires venus de toute part.

Dans le cadre de la campagne de soutien organisé par la Fédération des Associations de Jeunesses Socialistes, dotés de colis de jouets, de produits sanitaires, de pots de peinture, de livres et films, ces jeunes, pour la plupart étudiants projetaient de contribuer à la reconstruction des bâtiments, d’édifier parcs et crèches pour les enfants, de former une bibliothèque.

C’est ce sentiment inébranlable de solidarité internationaliste avec les kurdes de Kobané qui a constitué la cible de DAESH et non pas “La Turquie”, comme le prétend le Premier Ministre Davutoglu. C’est bien sa guerre contre le PYD, face auquel il perd du terrain en Syrie, que l’organisation djihadiste tente d’exporter sur le territoire turque avec cette attentat ignoble, tout comme les explosions lors du meeting du Parti Démocratique des Peuples (HDP) à Diyarbakır.

Mais comment ne pas voir ici les conséquences de la politique étrangère de l’AKP, résolu à faire tomber à tout prix le régime de Damas, en soutenant conjoncturellement tel ou tel groupe djihadiste afin d’étendre son hégémonie au Moyen-Orient? Rappelons-nous des camions bourrés d’armes et de missiles s’apprêtant à passer en Syrie sous le contrôle des services de renseignements, des hôpitaux à la disposition des militants blessés de DAESH. Rappelons-nous de la réjouissance à peine cachée d’Erdogan lorsqu’il déclarait que “Kobané est sur le point de tomber”. N’était-ce pas Davutoglu qui proclamait, alors qu’il était encore Ministre des affaires étrangère que DAESH pourrait être vu comme une structure radicale mais que ce sont “les mécontentements et indignations antérieurs” qui ont provoqué cette “réaction” ? Il y a encore un mois la presse de l’AKP annonçait à sa une, en se référant à des sources militaires que “le PYD est plus dangereux que DAESH”. Et finalement comment oublier la photographie exposant le sourire confiant de ce terroriste djihadiste lors de son interpellation par la police turque?

Face à la barbarie djihadiste et à ses collaborateurs, nous opposerons le sourire plein d’audace et porteur d’espérance que ces jeunes révolutionnaires, morts sur la route vers Kobané, nous ont légué. C’est en continuant leur combat que nous ferons vivre l’esprit de solidarité qui les animait.

Pour le droit à l’autodétermination de peuple kurde !

Vive la solidarité internationaliste !

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A la Une: L'Anticapitailste n°299

20 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #A la Une!

A la Une: L'Anticapitailste n°299
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Pétition: Solidarité avec les prisonniers du 15/07! Contre la violence policière! (change.org)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #REPRESSION, #International, #Europe, #PETITIONS

Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu'il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d'austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression.

La nuit du 15 juillet, jour de grève générale dans le secteur public, les municipalités et les hôpitaux contre le nouveau mémorandum, lors de la manifestation organisée par des syndicats et des organisations politiques et sociales, la police du "gouvernement de gauche" a déchaîné sa rage. La partie de la manifestation où se tenaient les membres de l'OKDE-Spartakos, clairement visibles avec chants et drapeaux, a été, sans aucune provocation, violemment attaquée par la police anti-émeute qui a cruellement frappé et blessé des manifestantEs puis les a arrêtés sans raison. Deux camarades de l'OKDE-Spartakos et d'ANTARSYA, après avoir été tabassés pendant la charge de police, mais aussi après leur arrestation, ont dû passer devant le procureur le 16 juillet, ainsi que d'autres manifestants arrêtés, sur la base de nombreuses fausses accusations ridicules. Leur procès est prévu le mercredi 22 juillet. Ces deux camarades sont Manthos Tavoularis, employé de librairie et secrétaire du Syndicat des Travailleurs des Librairies et Michalis Goudoumas, travailleur social, membre du Syndicat des Travailleurs de la Fondation pour l'Enfance "Pammakaristos".

15 autres militantEs ont été arrêtés avec nos camarades et traités par la police avec la même brutalité, et passeront aussi en procès mercredi.

Le gouvernement ne laisse place à aucune illusion s'agissant de savoir qui sont ses alliés et qui sont ses ennemis. Il choisit de voter pour le nouveau mémorandum en collaboration étroite avec les partis politiques de la bourgeoisie, les médias dominants, le capital grec et européen, l'UE et le FMI. 

Le gouvernement a choisi d'attaquer avec une violence impensable, utilisant la fameuse "Garde Prétorienne" (la police anti-émeute grecque "MAT" et l'unité de police "DIAS") contre des organisations politiques de la gauche anticapitaliste, des syndicalistes et des militantEs politiques qui se sont battus ces dernières années contre les mémorandums, l'austérité et les lois autoritaires, qui se sont aussi battus et ont mobilisé pour le NON lors du référendum, qui se battent pour l'émancipation de la majorité laborieuse et sa libération de l'enfer capitaliste.

Cette répression de la part du gouvernement qui a autoritairement transformé le NON écrasant des travailleurs et des travailleuses en un mémorandum "de gauche" d'une extrême sauvagerie de classe, n'effraie pas les militantEs politiques qui se battent aux côtés de celles et ceux qui disent NON JUSQU'AU BOUT.

C'est pourquoi nous sommes solidaires de touTEs nos camarades militantEs politiques qui étaient le "groupe-cible" de la répression policière lors de la manifestation ouvrière du 15 juillet et nous exigeons le retrait immédiat de toutes les accusations contre les militantES politiques interpellés et traînés de force au tribunal.

 

Pour signer la pétition en ligne, cliquez ici!

 

Nous participerons au rassemblement de solidarité au tribunal d'Evelpidon, le 22 juillet à 9h.

Appel déjà signé par plus de 300 syndicalistes et activistes en Grèce :

Merci de faire apparaître en signant en ligne le prénom, le nom et , si possible, le syndicat ou l'organisation et éventuellement le niveau de responsabilité.

soutien.grecs.reprimes@gmail.com

Premiers signataires:
Despina Koutsoumpa, member of council of region of Attiki
Panagiotis Tselepis, secretary of workers in municipality of Nikaia/Renti (region of Attiki)
Santiago Menconi, worker and activist from the Argentina Transport Union
Koutsoumpa is also member of general assembly of ADEDY
Zetta Melampianaki, secretary of teachers' union in Nea Smpyrni (region of Athens)
Ilias Loizos, secretary of workers union in municipality of Neo Irakleio (region of Attiki) 
Xristos Argiris member of general council of ADEDY, doctor
Adamopoulos Nikos, secretary of workers in municipality in Nea Ionia (region of Attiki), member of general council of POE-OTA (fenderation of workers in municipalities) and member of executive committe of ADEDY
Takis diamantidis, secretary of union of Teachers in Samo...

Eric  Toussaint maître de conférence à l’université de Liège, président du CADTM Belgique et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France

Catherine Samary économiste, spécialiste des Balkans et de l’Europe de l’Est, maître de conférence,  membre du Conseil scientifique d’ATTAC France, membre fondateur d’Espace Marx. 

Daniel Tanuro ingénieur agronome et environnementaliste, collaborateur au Monde diplomatique et fondateur de l'ONG belge Climat et justice

Olivier Besancenot postier, ancien candidat de la LCR à l'élection présidentielle en France puis du NPA aux européennes

Jeff Mackler, National Secretary, Socialist Action/USA; Administrative Committee, United National Antiwar Coalition (UNAC); Director, Mobilization to Free Mumia Abu-Jamal

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Un coup d’État mené par les institutions de l’UE : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers » (Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui, l’Humanité)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #Austerité

Rosa Moussaoui – Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger  ?

Éric Toussaint : Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable  ?

Éric Toussaint : À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent «  pas avant 2022  » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire  : «   Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan  !  », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix  ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro  ?

Éric Toussaint : Non, je ne le crois pas. Le choix n’était pas obligatoirement entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette  ; réquisitionner la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

Il fallait également 1. mettre en faillite les banques et les transférer au secteur public tout en protégeant les dépôts jusque 100 000 euros, en indemnisant les petits actionnaires et en récupérant le coût de l’assainissement du secteur bancaire sur le patrimoine global des gros actionnaires. 2. Baisser la TVA sur les produits et les services de première nécessité, baisser les impôts directs sur les bas revenus et patrimoines. Augmenter très fortement les impôts sur les revenus et le patrimoine des 10% les plus riches (en ciblant particulièrement le 1% le plus riche). 3. Arrêter les privatisations et renforcer les services publics.

Vu l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet par le parlement grec, la perspective de la sortie volontaire de l’euro est une option à mettre clairement en avant. De plus en plus de Grecs et de citoyens d’autres pays d’Europe comprennent qu’il n’y a pas de solution favorable aux peuples à l’intérieur de la zone euro. En cas de sortie volontaire de la zone euro, les mesures proposées plus haut restent parfaitement valables et doivent être complétées par une réforme monétaire redistributive (voir pour plus de détails : http://cadtm.org/Grece-des-propositions ).

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain  ?

Éric Toussaint : Bien sûr  ! Mario Draghi n’est pas «  indépendant  ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.


Athènes, envoyée spéciale.


* Paru initialement dans l’Humanité (http://www.humanite.fr/eric-toussai). Cette version a été revue et complétée pour le site www.cadtm.org par Eric Toussaint suite à l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet 2015 par le parlement grec.

* Eric Toussaint est membre de la direction de la IVè Internationale, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

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Fête Nationale, spectacle contre-révolutionnaire

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

“Ils font la fête au mois d’juillet
En souv’nir d’une révolution
Qui n’a jamais éliminé
La misère et l’exploitation.
Ils s’abreuvent de bals populaires,
D’feux d’artifices et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu’ils sont gouvernés par de
s cons”

Hexagone, Renaud Séchan

 

 

Ces paroles sont toujours d’actualité sauf peut-être pour les bals populaire qui se perdent pour laisser place au traditionnel défilé militaire sur les champs Élysées. Défilé qui coûte à lui-seul plus de 4 millions d’euros ! Sans compter les 500 000€ pour 30 minutes de feu d’artifice qui rassemble l’espace d’un instant tous les français dans la continuité de l’union nationale…

Cette année l’invité est le président du Mexique Peña Nieto, rien de surprenant car la France vient de passer 41 accords avec ce dernier dont un pour équiper et entraîner la gendarmerie, alors qu’en décembre dernier 43 étudiants mexicains ont été assassinés par la police… Ce crime d’État est le témoignage de la complicité entre les autorités mexicaines et les capitalistes de la drogue. Par la suite a eu lieu une révolte de centaines de milliers d’étudiants et travailleurs exigeant la démission du gouvernement. Preuve supplémentaire que François Hollande n’est pas de gauche, et qu’il a plus d’intérêts pour l’argent des mexicains que pour les droits de ce peuple, au nom de « la France ». Quel internationalisme !

A l’honneur également, le raid, le GIGN et les milliers de militaires appelés en renfort pour le plan vigipirate débuté au lendemain des attentas de Charlie Hebdo qui devrait durer jusqu’à 2017. Pour ce renfort de « sécurité » l’Etat dépense 1 million d’euros par jour !

Aujourd’hui avec ce genre de défilé on vente les mérites des forces armées qui rappelons-le, sont au service de la politique impérialiste du gouvernement français. La marche militaire du 14 juillet est une vitrine pour montrer la puissance militaire française et est une belle démonstration de nationalisme.

C’est cette même armée qui a massacré des milliers d’individus lors d’interventions colonialistes et impérialistes comme ce fût le cas en Indochine, au Maghreb, au Rwanda en Centre-Afrique ou encore au Moyen-orient. C’est cette même armée qui défend les intérêts de la France au Mali et en Centrafrique, avec des crimes ignobles comme le viols de jeunes filles par des soldats (et toutes les affaires inconnues).

La fête nationale du 14 juillet n’a rien de populaire, et les révolutionnaires de 1789 sont déjà bien loin dans les mémoires de nos dirigeants.

Aujourd’hui, le meilleur moyen de rendre hommage aux révolutionnaires de 1789, mais aussi aux Communards de 1871, serait de refaire une révolution qui serait une révolution anticapitaliste, internationaliste, écologiste et féministe, où tous les opprimés seront libérés de leurs chaînes.

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L’alternative à l’austérité (Contretemps)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #RESISTANCE, #Austerité

La capitulation en Grèce n’est pas une fatalité. Contrairement à ce que laissent entendre nombre d’observateurs, ainsi que la direction de Syriza, une alternative existe, mais suppose de remettre en cause le cadre imposé par les créanciers et l’Union européenne. C’est ce que met en avant la Plateforme de gauche de Syriza, dont nous reproduisons ici une partie du programme.

Soumis par la Plateforme de Gauche à la réunion plénière du 10 juillet 2015 du groupe parlementaire de Syriza, ce texte est une version réduite d’un programme plus développé qui sera rendu public dans les prochains jours.

Dans un moment crucial comme celui que nous vivons, le gouvernement Syriza n’a pas d’autre choix que de rejeter le chantage des « Institutions » (UE, BCE, FMI) qui veulent imposer un plan d’austérité, des dérégulations ainsi que des privatisations.

Le gouvernement doit déclarer à ces « Institutions » et proclamer au peuple grec que, même au dernier moment, sans un compromis positif qui s’incarnerait dans un programme mettant fin à l’austérité, injectant suffisamment de liquidés dans l’économie, menant à la reprise économique et incluant un effacement substantiel de la dette, il est prêt à suivre une voie progressiste alternative, qui remet en question la présence de notre pays dans la zone euro et implique une cessation du remboursement de la dette.

Afin de faire face aux pressions et aux exigences inacceptables des créanciers, le processus qui pourrait mener la Grèce hors de la zone euro est une entreprise sérieuse et complexe que le gouvernement et Syriza auraient dû préparer de façon systématique. Or, en raison du blocage tragique qui prévaut sur cette question à la fois au sein du gouvernement et du parti, cette tâche n’a pas été menée à bien.

Cependant, le gouvernement peut et doit, même maintenant, répondre au chantage des « Institutions » en les plaçant devant cette alternative : soit un programme sans nouvelles mesures d’austérité, fournissant des liquidités et menant à l’annulation de la dette, soit la sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut de paiement de cette dette injuste et insoutenable.

Si les circonstances l’exigent, le gouvernement a la possibilité, même à ce jour – et il dispose d’ailleurs du minimum de liquidités nécessaires – de mettre en place un programme transitoire vers une monnaie nationale, qui lui permettrait d’honorer ses engagements vis-à-vis du peuple grec, en adoptant notamment les mesures suivantes :

Une réorganisation radicale du système bancaire, sa nationalisation sous contrôle social, et sa réorientation vers des objectifs de croissance.

Un refus absolu de toute austérité budgétaire (que ce soit sous la forme d’excédents primaires ou de budgets équilibrés) afin de répondre de façon efficace à la crise humanitaire, de satisfaire les besoins sociaux, de rebâtir l’État social et de sortir l’économie du cercle vicieux de la récession.
La mise en œuvre des premières mesures menant à la sortie de l’euro, ainsi qu’à l’annulation de la plus grande partie de la dette. Il existe des marges de manœuvre pouvant conduire à un nouveau modèle économique orienté vers la production, la croissance ainsi qu’à un changement dans le rapport de forces social qui profiterait aux travailleurs et aux classes populaires.
Dans les conditions présentes, la sortie de la zone euro est un processus ardu mais réalisable, qui permettra au pays d’avancer sur une voie différente, loin des mesures inacceptables que renferme le plan Juncker.

Nous devons mettre l’accent sur le fait qu’une sortie de l’euro n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’un processus de transformation sociale, de rétablissement de la souveraineté nationale et de progrès économique qui allierait croissance et justice sociale. Cela fait partie d’une stratégie d’ensemble qui s’appuie sur le redressement productif, la stimulation des investissements, ainsi que la reconstitution de l’Etat social et de l’Etat de droit.

Face à l’attitude intransigeante des créanciers, dont l’objectif est de contraindre le gouvernement Syriza à la capitulation totale, la sortie de l’euro est un choix juste d’un point de vue à la fois politique et éthique.

Enfin, cette sortie est une voie qui implique une confrontation avec des intérêts puissants aux niveaux national et international. C’est pourquoi le facteur le plus important dans la gestion des difficultés qui se font jour est la détermination de Syriza à mettre en œuvre son programme, puisant sa force dans le soutien populaire.

Afin de préciser cette perspective, voici quelques-uns des aspects positifs d’une sortie de l’euro :

Le rétablissement de la souveraineté monétaire, qui signifie automatiquement une capacité retrouvée à injecter des liquidités dans l’économie. Il n’y aucun autre moyen de briser l’étau de la BCE sur la Grèce.
L’élaboration d’un plan s’appuyant sur l’investissement public, ce qui n’empêchera pas pour autant le développement parallèle de l’investissement privé. La Grèce a besoin d’une relation nouvelle et productive entre les secteurs public et privé pour prendre le chemin du développement durable. La réalisation d’un tel projet passe nécessairement par un rétablissement des liquidités couplé à l’épargne nationale.
La reconquête du marché intérieur et le recul des importations redynamisera et renforcera le rôle des PME, qui ont toujours constitué la cheville ouvrière de l’économie grecque. Dans le même temps, les exportations seront stimulées par l’introduction d’une monnaie nationale.
L’Etat se trouvera libéré du carcan de l’Union Economique et Monétaire (UEM) en matière de politiques fiscale et monétaire. Il sera en mesure d’alléger sensiblement le poids de l’austérité, sans pour autant restreindre l’approvisionnement en liquidités. Cela permettra également à l’Etat d’adopter des mesures de justice fiscale et de redistribution des richesses et des revenus.
La reprise d’une croissance accélérée après les premiers mois difficiles. Les ressources inactives du fait de sept années de récession pourront rapidement être mobilisées afin de renverser la désastreuse politique des mémorandums, à condition de disposer des liquidités suffisantes, ainsi que d’une stimulation de la demande. Ce qui rendra possible un recul systématique du taux de chômage et une augmentation des revenus.
Enfin, en quittant l’UEM, la Grèce n’en sera pas moins européenne, elle suivra toutefois une voie différente de celle que suivent les pays du noyau de l’UE, une option qui est déjà suivie depuis un certain temps par des pays tels que la Suède ou le Danemark. Non seulement la sortie de l’UEM n’isolera pas notre pays, mais elle nous permettra, au contraire, de jouer un nouveau rôle sur la scène internationale ; un rôle basé sur l’indépendance et la dignité, bien loin de la position de paria insignifiant, imposée par les politiques néolibérales des mémorandums.

Le processus de sortie de l’UEM exige évidemment une légitimité politique et un soutien populaire. Le référendum a démontré la volonté du peuple de refuser une fois pour toutes l’austérité, faisant fi des obstacles dressés par les élites nationales et internationales.

Il est clair à présent que notre gouvernement a été poussé hors de l’euro en raison du refus définitif, de la part de l’Union européenne, d’accepter des propositions raisonnables concernant l’allègement de la dette, la fin de l’austérité et le sauvetage de l’économie et de la société grecques, comme l’a démontré le nouvel ultimatum envoyé dans la foulée du référendum.

Traduit par Soraya Guénifi

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Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

Plus de 15 000 personnes ont manifesté hier soir dans les rues d’Athènes contre le vote au parlement d’un troisième mémorandum qui impose de nouvelles mesures austéritaires au peuple et aux travailleurs grecs. C’était la première journée de grève générale depuis que Tsipras est au gouvernement. ADEDY (principal syndicat de la fonction publique) exige : « l’abolition du mémorandum » et « l’annulation de la dette ».

On pouvait lire sur une banderole déployée devant le parlement : « Non aux privatisations, sauvons les ports, la (compagnie d’électricité nationale) DEI, les hôpitaux ».

La manifestation a été dispersée violemment par la police « anti-émeute » au niveau de la place Syntagma et 50 manifestants ont été interpellés. Parmi les interpellés placés en garde à vue et qui doivent comparaître entre 11h et 12h (heure grecque) deux syndicalistes ont été mis en garde à vue et l’un d’entre eux a été durement blessé par la police.

Il s’agit de deux de nos camarades de l’OKDE-Spartakos (composante d’Antarsya – coalition de la gauche anticapitaliste), l’un éducateur et syndicaliste, l’autre secrétaire du syndicat des employés de librairie d’Athènes.

Nous tenons à réaffirmer notre complète solidarité avec les manifestantes et manifestants qui se sont mobilisés hier à Athènes dans la suite du NON au référendum du 5 juillet en Grèce.

Nous exigeons au plus vite auprès des autorités grecques la libération et la relaxe immédiate de nos camarades de l’OKDE-Spartakos et de tous les interpellés.

Nous condamnons fermement l’usage de la violence de la part du gouvernement grec contre la jeunesse et les travailleurs qui s’opposent dans la rue à l’austérité.

Plus que jamais nous sommes du côté du peuple grec et nous exigeons avec lui : l’annulation de la dette et des mémorandums !a

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Grèce. «Le plus important: dès le premier jour la résistance s’est exprimée dans Syriza» (alencontre.org)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Entretien avec Antonis Ntavanellos

Le vote de l’accord-diktat a eu lieu à l’aube de ce 16 juillet au Parlement grec: 229 oui, 64 non. Autrement dit, l’accord a été voté grâce aux votes des députés du Pasok, de To Potami et de la Nouvelle Démocratie, qui n’ont pas hésité à attaquer avec virulence le gouvernement Tsipras.

Le vote du groupe parlementaire de Syriza se décompose ainsi: sur 149 députés 110 ont voté oui, 32 ont voté non, y compris trois ministres dont Panagiotis Lafazanis et Dimitris Stratoulis. Pour rappel, le 11 juillet seules Ioanna Gaïtani et Elena Psarrou du Red Network (DEA et APO) avaient voté non. Il faut y ajouter 6 présents (abstention) et 1 absent (Kevala Alexandra Tsanaka). Parmi les non, on peut relever: Stathis Leoutsakos, Thanasis Petrakos, Yanis Varoufakis (ex-ministre des Finances), Zoe Konstantopoulou (présidente du Parlement), Aglaia Kyritsi, Costas Quiet, Nadia Valavani (vice-ministre des Finances, démissionnaire de son poste le 15 juillet), Costas Lapavitsas, Ioanna Gaïtani, Elena Psarrou, Eugenia Ouzounidou, Kodela Dimitris, Zisis Zannas, Eleni Sotiriou, etc. Le porte-parole du gouvernement vers 5 heures du matin (16 juillet) a fait la déclaration suivante: «La Vouli a accompli le premier pas en faveur de cet accord en votant des mesures difficiles. Cependant, le vote marque une sérieuse division dans l’unité du groupe parlementaire de Syriza. Trente-deux députés ont décidé de ne pas soutenir le gouvernement de la gauche contre son choix d’éviter le risque d’une faillite. Une priorité décisive pour le premier ministre et pour le gouvernement consiste à appliquer l’accord dans la période à venir.» (Rédaction A l’Encontre; l’entretien que nous publions ci-dessous a été conduit avant le vote au Parlement)

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Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir sur l’accord entre la direction de Syriza, sous la conduite d’Alexis Tsipras, et les créanciers. Je crois que Tsipras a été mis dans un piège qui s’est refermé sur lui à Bruxelles lors des dernières négociations. C’est le résultat de tous les compromis qu’il a faits durant les cinq mois de son gouvernement. J’entends par là tout ce qu’il a fait – et pas fait – en matière de système bancaire, de contrôle des capitaux et de privatisations. Ces compromis ont joué un rôle important comme obstacles à la possibilité de construire une alternative réelle. Les propositions de la gauche de Syriza (Plateforme de gauche, composée du Courant de gauche, du Red Network) n’ont jamais été prises en considération par le gouvernement, malgré leur impact dans les instances de Syriza. Ce que révèle la déclaration des 109 membres du Comité central [voir sur ce site le texte publié en date du 15 juillet 2015].

Dès l’accord du 20 février, le gouvernement a entrepris des mesures qui se sont révélées un vrai suicide politique. Il a œuvré au remboursement ponctuel de la dette jusqu’au point où il n’était plus possible de payer ni les fonctionnaires ni les retraites. Les créanciers comprirent la faiblesse du gouvernement pour lancer leur contre-attaque – allant au-delà des pressions initiales – en organisant un chantage ayant pour objectif le renversement du gouvernement, à court ou moyen terme. L’accord imposé par les créanciers est très dur et représente un nouveau mémorandum, un troisième, qui inclut des mécanismes immédiats de contrôle et de supervision de la part les créanciers. Il n’est évidemment pas acceptable. Tsipras a décidé de le souscrire [le 13 juillet] parce qu’il n’a jamais engagé la moindre politique de confrontation effective avec les créanciers, avec ce que cela impliquerait en termes de préparation socio-politique et pas seulement économique.

Nous nous trouvons à la jonction d’une nouvelle période politique. Ne pouvant plus compter sur l’appui de Syriza [qui disposait de 149 députés, pour assurer une majorité de 15; la majorité de 162 reposait sur l’alliance avec ANEL – les Grecs indépendants], Tsipras doit s’appuyer sur les partis bourgeois. Dans l’immédiat – une fois passé le vote à la Vouli, le jeudi 16 juillet à l’aube – il y aura un remaniement du gouvernement, comme premier pas. Cela ouvre la possibilité qu’un gouvernement «technique» soit nommé avec la seule tâche d’appliquer avec force le mémorandum, dont des lois d’application, nombreuses, doivent encore être soumises au parlement. Un gouvernement d’unité nationale pourrait suivre avec la participation des partis bourgeois (To Potami, Pasok, ND, etc.). La démission de Samaras survenue après le référendum du 5 juillet rendra plus facile ce processus. Le regroupement du camp bourgeois pourrait se faire autour de Theodóra (Dora) Bakoyánni [1]. Tout en étant très néolibérale et réactionnaire, elle a l’intelligence de laisser ouverte la discussion avec «la gauche».

Le plus important c’est que de la résistance se soit exprimée au sein de Syriza dès le premier jour. Nous avons toujours soutenu que Syriza est un parti anti-austerité et qu’il n’aurait pas été possible de le transformer facilement, et sans aucun affrontement, en un parti de l’austérité. La situation interne à Syriza est devenue très tendue dès l’annonce du dernier mémorandum. Les premières oppositions ont été affichées par les parlementaires de la plateforme de gauche qui ont voté soit «non», soit «présent» ou qui se sont abstenus lors du vote le 11 juillet 2015 [voir l’article publié sur ce site en date du 12 juillet]. Ce n’est que le début. A cette heure, avant le vote au parlement, tout indique que plus de 30 députés de Syriza vont voter Non.

Or, cela ne représente que la pointe de l’iceberg. Des grandes discussions sont en cours dans toutes les sections régionales et locales de Syriza. Les sections d’Athènes ou de Thessalonique – les deux plus grandes – se sont déjà exprimées contre l’accord, au même titre que le courant syndical animé par Syriza. Il est significatif que ce dernier soit à l’origine de la journée de grèves qui s’est déroulée dans le secteur public avant le vote au Parlement.

Les événements actuels se déroulent à un rythme très rapide et dans la société règne la confusion. La majorité des travailleurs et des forces populaires se sont engagées dans la bataille référendaire en soutenant Tsipras et Syriza. Il faut reconnaître que Tsipras est actuellement très populaire [un sondage, mardi 14 juillet, lui attribue un soutien à hauteur de 68%]. Ce n’est pas facile de changer cela en quelques semaines seulement. Les ouvriers et les forces populaires en Grèce disposent d’une expérience concrète des politiques néolibérales. Ils sont donc à même de reconnaître une politique néolibérale, même dans un texte très sophistiqué.

Je crois que dans la société il y a un choc. Les travailleurs et travailleuses comprennent le danger du dernier mémorandum. C’est pourquoi il a été très important que le syndicat du secteur public (ADEDY) réagisse très rapidement, en organisant la première grève avant même le vote au parlement dans la nuit entre le 15 et le 16 juillet. Le succès de cette grève ne représente pas le point essentiel. Le plus important c’est qu’elle a pu avoir lieu. C’est ainsi que le facteur de la résistance ouvrière et populaire peut intervenir dans le débat au sein de la gauche. Personne ne peut échapper au fait que l’entrée en vigueur de ce mémorandum implique un affrontement avec les travailleurs et travailleuses, avec le prolétariat. Plusieurs composantes de Syriza choisiront d’être du côté des ouvriers et des classes populaires.

Hier, 109 membres sur 201 du Comité central de Syriza ont souscrit à un texte qui s’oppose à l’accord en demandant la convocation d’un Comité central (CC) pouvant se prononcer sur cette question. Il ne s’agit pas seulement de camarades des courants révolutionnaires. Parmi les signataires figurent: la plateforme de gauche, la composante – dite des 53 – de la majorité qui soutient Tsipras et plusieurs intellectuels indépendants. Le texte affirme également que l’unité de Syriza ne peut être garantie que sur la base des décisions politiques, programmatiques et stratégiques du Congrès.

Cette déclaration rend caduc le débat, entamé par des membres de la majorité présidentielle sur les télévisions privées, sur la pertinence de sanctionner les députés qui s’opposent à ce troisième mémorandum. Nous sommes donc confrontés à une crise ouverte dont personne ne connaît les prochains développements. S’il fallait prendre des mesures disciplinaires, il n’est pas très clair qui devrait être concerné: les députés qui s’opposent au mémorandum ou Tsipras qui le signe? Il est important de relever que Red Network tiendra lundi prochain un important meeting dans un stade de basket, à Athènes pour discuter de la situation. Nous attendons un public très nombreux.

Il est difficile pour nos camarades internationaux de comprendre le développement de la situation en Grèce et d’accepter qu’un gouvernement de Syriza signe un nouveau mémorandum. Il n’en reste pas moins que dans Syriza il y a des forces de gauche qui luttent et continueront à lutter sans jamais accepter un nouveau mémorandum. Il est significatif que le jour du vote au parlement la presse bourgeoise se soit manifestée, pour la première fois, de manière amicale envers Tsipras, en le soutenant clairement contre la gauche de Syriza. La bourgeoisie comprend que ses véritables ennemis se trouvent dans la plateforme de gauche.

Dès le début, nous appelons les autres organisations de la gauche radicale, celles qui ne sont pas dans Syriza, de constituer un front commun avec nous contre la bourgeoisie. La plateforme de gauche a toujours affirmé que pour Syriza la seule alliance politique envisageable c’est avec les partis et les organisations de la gauche dans la tradition du front unique ouvrier. Jamais nous n’avons accepté les alliances organisées par Tsipras avec des partis bourgeois, tels que les Grecs indépendants (ANEL).

Dans nos appels à la résistance contre le nouveau mémorandum nous nous adressons aux camarades les moins sectaires comme ceux d’Antarsya ainsi qu’aux militants du parti communiste (KKE) en désaccord avec leur direction. Les choses ont considérablement changé ces derniers jours. Plusieurs camarades d’autres tendances se disent prêts à travailler avec nous dans cette nouvelle période. Nous sommes au tout au début d’un nouveau processus de réorganisation de la gauche radicale dont les termes sont loin d’être élaborés.

Des derniers échanges que nous avons eus avec les autres composantes émerge la nécessité d’approfondir la collaboration sur une base plus sérieuse dans les mois à venir. De nombreux militants ont compris qu’une gauche radicale sérieuse existe dans Syriza. Il faut comprendre que nous n’étions pas sans réflexions et préparation par rapport à ce qu’implique pour des formations révolutionnaires une collaboration avec des grands partis de gauche ayant accédé à des positions gouvernementales. Les expériences historiques dans d’autres pays, du Brésil à l’Italie, nous ont aidés en cela, pour chercher à éviter les écueils auxquels ils se sont heurtés. Nous avons donc réagi très rapidement en engageant une politique de résistance

Le texte signé par les 109 membres du Comité central représente une base pour permettre une recomposition de la gauche radicale. C’est le début d’un courant de résistance qui sera contraint très rapidement de donner des réponses politiques. Il n’est pas impossible que suite au vote du 15 au 16 juillet, les composantes de la gauche de Syriza opposées à l’accord représentent, de fait et à leur façon, la troisième force politique à la Vouli. C’est un indice de ce qui peut se passer, au-delà de la situation d’affrontements très difficiles entre classes et fractions de classe. (Entretien conduit par N.C, mercredi 15 juillet, début de l’après-midi, à Athènes)

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[1] Dóra Bakoyánni est la fille de l’ancien premier ministre Constantinos Mitsotakis. De 1990 à 1993 elle a été ministre de la Culture dans le gouvernement de son père. Elle sera élue députée au Parlement, tout d’abord dans une circonscription contrôlée de la Grèce centrale, puis en 1996 à Athènes, dont elle occupera la mairie de janvier 2003 à février 2006 (élue avec quelque 60% des suffrages), soit durant la période des Jeux olympiques de 2004. Elle sera par la suite ministre des Affaires étrangères, pour la Nouvelle Démocratie, jusqu’à 2009, date à laquelle la ND perd les élections face au Pasok dont le leader était Georgios Papandreou qui capta 43,92 des voix. Le score de Syriza alors: 4,60%. En 2009, suite à la démission de Kostas Karamanlis, elle de présente pour la direction de la ND, mais est battue par Antonis Samaras. Elle sera, par la suite, de la ND car elle s’est prononcée pour les mesures de Papandreou. Elle va mettre sur pied une sorte de think tank, un laboratoire d’idées du nom de Forum pour la Grèce, puis elle lancera sa propre formation, l’Alliance démocrate, avant de rejoindre à nouveau la ND. (Rédaction A l’Encontre)

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Grèce. Déclaration de Panagiotis Lafazanis et prise de position de 109 membres du Comité central de Syriza (http://alencontre.org)

15 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Alors que le débat au Parlement grec se déroule ce mercredi après-midi 15 juillet, il est important de prendre connaissance de la déclaration du ministre de la Reconstruction productive, Panagiotis Lafazanis, et celle d’une majorité absolue du Comité central de Syriza, ce d’autant plus que la tendance à marginaliser le parti de coalition qu’est Syriza à l’avantage des instances exécutives est affirmée depuis quelques mois.

Le seul argument mis en avant par Alexis Tsipras dans son intervention télévisée du 14 juillet avait trait à une possible ouverture pour une restructuration dite importante de la dette. Une restructuration qui n’entrerait en vigueur qu’une fois le coup de massue – ou les obus de la Grosse Bertha (Dicke Bertha) – des contre-réformes aurait écrasé la société. Ce genre de promesse avait déjà été fait en 2012 lors du second mémorandum. Angélique Kourounis, correspondante de Radio France à Athènes, utilisait une métaphore illustrant le dilemme quotidien auquel font face les Grecs: manger du yaourt blanc, qui est exonéré de la TVA à 13%, ou manger du yaourt sucré, au prix salé par une TVA à 13%.

Au sein même des instances européennes, les prévisions sur l’économie grecque sont claires: une nouvelle récession entre 2 et 4%. Donc, une impossibilité de dégager un excédent primaire (solde budgétaire en pour cent du PIB avant le service de la dette) de 3,5% en 2018. Cet objectif a une tonalité politique, comme l’ensemble du diktat. Et les analyses macroéconomiques prévisionnelles de cet accord sont aussi fantaisistes que les prédictions sur les taux de change à 10 ans. Aujourd’hui, la société grecque est enfoncée dans une crise analogue à celle des années 1930 où se mélangent la colère, la résistance, le mécontentement, la déprime. A quoi s’ajoute une crise de leadership du côté des partis de la droite (Nouvelle Démocratie, Pasok, To Potami) et de Syriza. Simultanément, l’Etat est désargenté et les banques sont plongées dans une situation d’illiquidité, largement pilotée par la politique de la BCE. Une façon de mettre l’économie grecque sur la voie du Grexit, ce à quoi plus des acteurs économico-politiques de l’Union européenne ont déjà réfléchi.

La capacité d’initiative, dans cette situation difficile et complexe, avant tout de la gauche de Syriza, mais aussi de composantes d’Antarsya – à laquelle il faut ajouter la fraction organisée combative du mouvement syndical (META) – va jouer un rôle tout à fait important pour tracer les prochains pas, ceux nécessaires à toute perspective effective. Sauf à penser que des plans alternatifs parachutés tomberaient à l’endroit et au moment voulu, ce que les expériences militaires démentent. Enfin, les néonazis «anti-austérité» d’Aube dorée, qui reste le troisième parti dans les sondages, peuvent apparaître – si les dynamiques centrifuges dans la société grecque aboutissent à masquer sur une certaine durée les affrontements de classes – comme un recours pour des secteurs sociaux. Les partis ayant constitué les précédents gouvernements, tout en votant ce troisième mémorandum, pourraient affirmer: «Si l’acceptation de cet accord est dictée par la volonté de rester dans le cercle de l’euro, nous aurions pu le faire à moindre prix.» La crédibilité de cette affirmation n’est pas grande aujourd’hui, mais elle peut s’accroître.

La responsabilité reposant sur les épaules de la «gauche de Syriza» et des forces qui peuvent agir de manière unitaire rend encore plus nécessaire une solidarité multiforme de la part des «éléments» de la gauche radicale européenne. Dans le secteur public, des débrayages ont eu lieu dans la santé, les transports, l’administration, même si la manifestation entre midi et 15 heures était limitée. Par contre, sur la place Syntagma, et face au Parlement, la manifestation de ce soir, dès 20h30, est importante. Dans le haut de la place se concentrent la gauche de Syriza, les forces syndicales; dans le bas, le PAME, le front du KKE. Au moins ils sont réunis, sur le même lieu. A cette occasion, la réapparition des forces de police, à sa façon, est une indication de la nouvelle phase. (Réd. A l’Encontre)

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Grèce. «Retirez l’accord!»

Déclaration de Panagiotis Lafazanis

«L’accord qui a été signé avec les «institutions» est inacceptable et ne mérite pas d’être pris en charge par un parti radical, comme Syriza, et un gouvernement de combat qui a promis l’abolition des mémorandums [de 2010 et 2012] et de l’austérité.

Les prétendus partenaires – et avant tout l’establishment allemand – se sont comportés envers notre pays comme s’il était leur colonie et avec la froideur brutale d’extorqueurs et d’«assassins de la finance».

Avec cet accord, le mandat populaire et le fier «Non» du peuple grec lors du référendum [du 5 juillet] vont être annulés dans la pratique.

Cet accord pourrait passer par le Parlement, avec l’aide des voix de la Nouvelle Démocratie, le Pasok [Mouvement socialiste panhellénique] et To Potámi [La Rivière, dont le leader, construit par le système oligarchique, est Stavros Theodorakis]. Cependant, cet accord ne passera pas auprès du peuple qui va l’annuler dans la pratique au moyen de son unité et de ses luttes.

Le gouvernement et le premier ministre lui-même, encore aujourd’hui, ont le droit et la possibilité de changer de position et de retirer l’accord avant que des décisions finales et définitives soient prises au Parlement [mercredi 15 juillet et à l’aube du 16, selon les normes de fonctionnement de la Vouli].

La Grèce avait et a une solution alternative à cet accord.

Le dilemme présenté par les créanciers – capitulation ou la destruction de l’économie – est erroné et terroriste. Il s’est effondré dans la conscience populaire.» (14 juillet 2015)

 

Déclaration par 109 membres du Comité central de Syriza

Dans une déclaration publiée aujourd’hui 15 juillet, 109 membres sur 201 du Comité central du Syriza ont pris position contre l’accord qui a été signé par le gouvernement et les créanciers, l’appelant «un protocole [mémorandum] à caractère d’assujettissement onéreux et d’humiliation».

L’appel des 109 demande que le gouvernement «ne se soumette pas à l’ultimatum extorqueur des créanciers», tout en avertissant que l’accord n’est «pas compatible avec les idées et les principes de la gauche».

Les 109 exigent une convocation immédiate du Comité central. Il convient de noter que, malgré la décision quasi unanime du Secrétariat politique de Syriza, le Comité central n’a pas été appelé à se réunir jusqu’à présent [or, selon les signataires et les statuts, il est le seul à pouvoir mandater effectivement les membres de Syriza participant au législatif, raison pour laquelle, entre autres, des mesures disciplinaires ne peuvent être envisagées face aux opposants à l’occasion du vote; les composantes de la Plateforme de gauche organiseront une réunion publique le lundi 20 juillet pour présenter les éléments centraux de sa proposition alternative].

Cette position de la majorité des membres du Comité central est, entre autres choses, est un atout pour répondre à ceux qui se sont précipités afin d’exiger des mesures disciplinaires contre les députés et les cadres de Syriza s’opposant à l’accord. (Rproject)

Texte de la déclaration

«Le 12 juillet, un coup a été mis en œuvre à Bruxelles. Un coup qui a prouvé que l’objectif des dirigeants européens consistait à infliger une punition exemplaire à un peuple qui avait une vision d’une orientation différente, s’éloignant et allant au-delà du modèle néolibéral de l’extrême austérité. Un coup d’Etat qui vise directement toute notion de démocratie et de souveraineté populaire.

L’accord avec les «institutions» est le résultat de chantages à une strangulation économique immédiate C’est un nouveau mémorandum à caractère d’assujettissement onéreux et d’humiliation pour le pays et pour notre peuple.

Nous nous rendons compte de la pression suffocante qui a été exercée sur la partie grecque [sur les négociateurs, parmi lesquels Euclide Tsakalotos et Alexis Tsipras], mais néanmoins nous croyons que le fier «non» du peuple lors du référendum ne permet pas au gouvernement de se soumettre à l’ultimatum extorqueur des créanciers.

Cet accord n’est pas compatible avec les idées et les principes de la gauche. Mais plus important, il n’est pas compatible avec les besoins des classes populaires. Cette proposition ne peut pas être acceptée par les membres et les cadres de Syriza.

Nous demandons que le Comité central soit réuni immédiatement et nous appelons les membres, les cadres et les députés de Syriza de maintenir l’unité du parti, sur la base des décisions de notre Congrès et sur nos engagements programmatiques.» (15 juillet 2015)

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