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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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REACTIONS A L'ANNONCE DE LA DISPARITION DE JACK HOUDET

1 Mars 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Les nôtres

De Gilles Lemée, longtemps militant à Gisors, ancien secrétaire départemental du syndicat CGT de l'enseignement technique
C'est avec une profonde tristesse que j'apprends le décès de notre camarade Jack. Exclu du PCFen 1971 ( maturation du mai 68 et d'août 68 à Prague…), j'avais rejoin la Ligue Communiste dans la même cellule que Jack. C'est à lui que je dois la patience, l'obstination, la conviction inébranlable. Nous avons été candidats aux législatives dans la circonscription de Vernon ; son exemple et ses conseils nous ont " formé" dans notre militantisme " oppositionnel" dans la CGT d'alors; nous avons partagé l'antimilitarisme dans là soutien aux comités de soldats ... Sans lui, je ne serais sûrement pas ce que je suis aujourd'hui. Adieu camarade. Tu resteras vivant à jamais dans nos mémoires et nos cœurs

De Pierre Vandevoorde
Jack, c'est quelqu'un qui m'a beaucoup marqué. C'est de lui que j'ai appris la ténacité je crois. Et puis cette phrase, lors d'une réu de Direction départementale: "Pierre, au boulot, tu dois être le meilleur si tu veux être indiscutable comme militant". Ca marque, même si après on fait comme on peut :)
Et puis cette manif du premier mai à Evreux, il devait avoir près de 70 ans, où un stal a voulu m'empêcher de distribuer un tract dans leurs rangs. Jack distribuait avec moi, il l'a attrapé par le kolbak, soulevé sur un mètre ou deux et collé au mur en sifflant de rage:"ne recommence jamais ça!". Ca a calmé tout le monde...
J'ai eu justement Louis Fontaine la veille de la mort de Jack au téléphone (j'étais en train de rédiger sa fiche pour le dictionnaire Maitron, il me manquait des précisions sur son action clandestine au Maroc pour construire l'usine d'armement du FLN). Il m'a redit toute son admiration pour Jack, l'aîné, l'homme droit et juste, le seul de l'usine à voir les pièces en trois dimensions et en mouvement, celui qui l'a gagné en 15 jours alors qu'il revenait d'Algérie convaincu que l'indépendance était légitime...

De Marie-France Ordonez, qui l'a connu déjà toute jeune militante au Collège technique après 68
Un sacré bonhomme

De Roland Vacher, 84 ans , celui qui a convaincu Jack alors qu'il était déjà militant du PCI au LRBA depuis 53
Je suis très triste... ..nous avons été tellement proches dans les années de la "traversée du désert" (50 et 60)...nous avons pioché ensemble en s'attaquant à des textes marxistes qui n'étaient pas écrits pour notre compréhension...nous avons vécu les nombreux affrontements avec le PCF et son instrument Desprès dans la Cgt, le secrétaire de l'UD...mais aussi la chaude présence des travailleurs autour de nous dans nos combats jusqu'en 58...puis de nouveau le ressac...la répression...et notre amitié a toujours survécu. Il était très exigeant avec ses relations et ne supportait pas les écarts dans leurs comportements. C'est un "passeur" entre les générations de militants qui laisse une trace indélébile qui ne peut que nous aider a continuer son combat. Je garde de Jack le meilleur souvenir. Mes amitiés à ses enfants.

De Philippe Morice, camarade de Mantes, animateur de la CGT de la centrale EDF de Porcheville
Hommage à notre camarade ! Passionnant de lire ce texte qui rappelle l'apport des révolutionnaires dans des périodes troubles, et qui en plus fait référence au camarade Lucien Fauchereau de Mantes que j' ai eu le plaisir de connaitre à mes début à la LCR.

De Sophie Ozanne
Je ne le connaissais pas beaucoup, je l'ai vu quelques fois, assez pour me rendre compte qu'un pan de notre histoire commune s'en va avec lui. D'où l'importance du travail fait avec le Maitron.

De Jean-Pierre Pallois
J'ai connu Jack pendant la grève générale de mai 68 à Vernon. C'était un collègue de travail et de syndicat de mon père. Après avoir pris contact avec les militants JCR locaux, j'avais adhéré en 69 à la LC. J'ai ensuite milité avec Jack sur la ville de Vernon jusqu'en 75 date à laquelle je suis parti sur Evreux. C'est lui qui m'a tout appris. C'était un pragmatique qui n'aimait pas les discussions trop théoriques. Je me souviens que la première chose qu'il m'a apprise c'était qu'un militant révolutionnaire devait être irréprochable dans son activité professionnelle et participer à la construction et l'animation du syndicat sur son lieu de travail. J'ai participé avec lui à de nombreuses réunions de cellule pendant lesquelles il trouvait toujours les mots justes pour nous éviter de tomber dans le gauchisme, penchant très fréquent à l'époque. Bien que travaillant dans une usine dépendant du ministère de la défense, il n'avait pas hésité à s'engager pour la défense des soldats réprimés pour avoir revendiqué des droits démocratiques. Cela lui avait valu un procès et une menace de perdre son emploi. Un soir, alors que nous devions, après la réunion de cellule, tirer un tract sur la ronéo qui était dans mon appartement afin de le distribuer le lendemain matin, celle ci était tombée en panne. Jack avait alors décidé de la démonter pour ensuite réparer la panne. Nous avions terminé à 3 h du matin... Et il était à l'heure le lendemain matin au travail ! Ensuite j'ai quitté Vernon mais j'avais toujours plaisir à le retrouver pendant des campagnes militantes. C'était un vrai militant, pas un « m'as tu vu » comme on peut en rencontrer. Adieu camarade.

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MORT DU VETERAN TROTSKYSTE JACK HOUDET

28 Février 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Les nôtres

Jack est mort le 27 février à l’âge de 93 ans. Ouvrier ajusteur au LRBA de Vernon, secrétaire-adjoint du syndicat CGT, il adhère au petit Parti Communiste Internationaliste (section française de la IVème internationale) en 1956, avec 5 de ses camarades d’atelier. 1956, c’est l’année de la tentative d’expédition anglo-franco-israélienne contre l’Egypte de Nasser, de l’insurrection de Budapest où les conseils ouvriers tentent de s’opposer aux chars staliniens, et celle du basculement de la social-démocratie dans la guerre à outrance en Algérie. La cellule du PCI déploie une activité intense sur tous les terrains, étendant un temps son rayon d’action de Mantes à Rouen. En 68 il est l’une des figures marquantes du mouvement sur la localité, crée 12 syndicats et devient secrétaire de l’UL CGT, avant d’être très vite débarqué lors d’un simulacre de congrès. Il est le seul parmi les anciens à faire la jonction avec la jeune génération de militant-e-s. Discret, timide, droit, ferme, agréable, ce manuel hautement qualifié, qui avait tellement peiné pour apprendre à écrire correctement, pour accéder à la compréhension des grands textes, impressionne les jeunes, lycéens ou étudiants, sans chercher à imposer ses vues. En 70, il risque la révocation pour avoir collé des affiches anti-militaristes. C’est l’affaire « des 3 de Vernon », qui prit une ampleur nationale. Jack fut jusqu’à la retraite en 84 un pilier de la direction fédérale de la LCR de l’Eure, où il a faire partager son expérience et son sens de la méthode. Il se mit ensuite en retrait mais resta toujours disponible pour un coup de main, fidèle lecteur du journal et souscripteur assidu. Il avait tenu à prendre sa carte de membre fondateur du NPA.
 

Voici sa fiche dans le « Maitron, le « dictionnaire biographique du mouvement ouvrier »

HOUDET Jack

Né le 25 juillet 1924 à Saint Aquilin de Pacy (Eure) ; ouvrier ajusteur, puis dessinateur ; syndicaliste CGT ; militant trotskyste de Vernon (Eure); membre du PCI, membre du PSU puis de la LCR et du NPA.

Son père est peintre en bâtiment, sa mère est au foyer. Il fait son apprentissage à Mantes (Seine-et-Oise) pendant la guerre. Il entre par concours au Laboratoire de Recherche et de Balistique Appliquée (LRBA) de Vernon comme ouvrier de l'Etat en octobre 1951« parce qu’il y avait la possibilité de se loger sur le site ». Il a 28 ans, travaillait auparavant aux Mureaux (78), logeait chez sa sœur et ne rentrait auprès de sa femme et de ses quatre enfants à Pacy-sur-Eure qu’une fois par semaine. Il se syndique à la CGT, est élu en 1954 secrétaire-adjoint du syndicat. En 56, suite à un détournement d’argent commis par le secrétaire, le militant trotskyste Camille Januel* est porté à la direction. 1956, c’est l’année de la tentative d’expédition anglo-franco-israélienne contre l’Egypte de Nasser, de l’insurrection de Budapest où les conseils ouvriers tentent de s’opposer aux chars staliniens, et celle du basculement de la social-démocratie dans la guerre à outrance en Algérie. Ils sont 6 à adhérer collectivement au PCI : Jack Houdet, « l’ancien », respecté pour ses compétences et sa droiture, Claude Rialland, André Morin, Marcel Girard, Jean Boquet*, Louis Fontaine*. La cellule de Vernon du PCI compte donc huit membres avec Roland Vacher*(« gagné » en 53). Roland Vacher raconte : « Jack était différent des autres, qui étaient avant tout des révolutionnaires de coeur prêts à héberger le militant algérien ou le déserteur poursuivi par la police, mais ne ressentant pas le besoin impérieux de se cultiver. Lui avait besoin de s'instruire, d'écrire aussi, mais il avait alors du mal à prendre la parole, si ce n’est pour de brèves répliques. Il était d'une grande timidité et n'osait pas demander. Polyvalent en mécanique, il était très apprécié par ses supérieurs hiérarchiques en dépit de ses opinions affichées. Capable de se représenter les assemblages des pièces mécaniques les plus compliqués dans l'espace et en mouvement, c’était pour lui une torture de rédiger le cahier de revendications qui remontait de tous les ateliers pour le présenter à la direction (…) Mais plus tard, quand nous avons sorti notre feuille régulière sur toutes les boîtes de Vernon, c’est lui qui proposait les articles que nous re-rédigions ensemble et souvent c’est lui qui trouvait les titres ».

Ils développent leurs activités sans être inquiétés, ni par le PCF, peu influent, ni par la police qui ne comprenait pas ce qui se passait. A 8 sur une ville de 20 000 habitants, tous les terrains sont couverts : luttes offensives au LRBA, Union Locale CGT, défense juridique, « cercle vernonnais d’étude du problème algérien », cours d’alphabétisation, ciné-club, collages du journal… Bien conscients des risques que leur faisaient courir les activités de soutien à la révolution algérienne, ses camarades mettaient un point d’honneur à en tenir Houdet strictement à l’écart, eu égard à ses responsabilités familiales.

L’activité de la cellule ne se maintint pas longtemps à ce niveau. Le coup d’Etat à froid de De Gaulle et la défaite sans combat en 58 provoquent un reflux. Januel*, Vacher* et Bocquet* subissent des mesures d’isolement dans l’indifférence générale. Januel se retire peu à peu de l’activité, deux militants changent d’entreprise en même temps qu’ils arrêtent de militer, tandis que Fontaine* quitte l’usine pour devenir permanent du PCI mis au service du FLN pour imprimer tracts et faux papiers.

 

La solidarité avec la Révolution algérienne occupe une grande part du temps de Vacher pendant que Houdet consacre l'essentiel du sien à l'activité syndicale.

 

Mais dans le même temps, le rayon d’action de la cellule s’étend à la vallée de la Seine. A Mantes, c’est Lucien Fauchereau, un ouvrier de la cimenterie, ancien de la Fédération Communiste libertaire, qui a été gagné. Dans la région rouennaise, le contact a été renoué avec un cheminot de Sotteville qui avait pris contact avec le PCI après la guerre, Charles Marie.

Des réunions ont lieu en gros tous les mois. Au retour, il y a parfois collage de « la Vérité des travailleurs » de nuit sur les quais, avec mille précautions, pour s’adresser au bastion syndical et ouvrier des dockers…

En 62, la cellule de Vernon demande son adhésion collective au PCF qui refuse. Avec leurs sympathisants, ils entrent ensemble au PSU, où ils rejoignent la tendance « socialiste révolutionnaire » (SR), animée par des membres du PCI comme Michel Lequenne* et aussi par nombre d’anciens trotskystes comme Marcel Pennetier*, qui suivait particulièrement la section de Vernon. Sa quinzaine de membres est sur la position SR, et le secrétaire, Denis Fimbel*, rejoint aussi le PCI.

De septembre 62 à mai 64, la vie de la section est rythmée par le travail autour de la feuille mensuelle à destination des entreprises : « La Commune », réalisée en liaison avec le réseau des feuilles du courant SR qu’organise nationalement André Calvès*. A leur sortie du PSU fin 64, la section décide de se dissoudre.

Pour le PCI, la fin de la guerre d’Algérie amène des désaccords. Les « pablistes » considèrent que le centre de la révolution est à Alger. Bocquet est gagné à leurs positions. Vacher tombe en dépression, il démissionne en 64 du PCI et quitte le LRBA et Vernon.

Il n’y a plus de cellule du PCI. Jack Houdet et Jean Bocquet gardent des relations correctes, animent le syndicat ensemble, dirigent les grèves de mai 68 à Vernon. Houdet est élu secrétaire de l’Union Locale CGT, ce qui provoque la rage de l’Union départementale. L’UL sera « reprise en main » dès mars à grand renfort de manœuvres qui écoeurent nombre de nouveaux venus. Signe des temps, l’hebdomadaire du PCF27 étale en première page la résolution adoptée, titrée « la volonté d’unité d’action ne peut s’accommoder de la moindre complaisance avec les groupes gauchistes ». L’UL retombe dans la stagnation.

  1. partir de 67 Houdet rencontre des jeunes qui étudient à Rouen et se sont rapprochés de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire. Un Comité Vietnam est créé. Il vit cette période avec enthousiasme et marque les jeunes qui l’ont fréquenté : il parlait peu, mais impressionnait par l’étendue de ses connaissances, la pertinence de ses interventions et son courage physique : à Vernon, on risque toujours d’avoir affaire aux gros bras d’un des chefs du Service d’Action Civique gaulliste, le député UDR Tomasini.

En 70, Jack et un jeune de l’entreprise de 19 ans, sympathisant de la LC et syndiqué CGT, Dominique Rousseau, sont frappés d’une mise à pied : ces « travailleurs de l’Etat dépendant du ministère de la défense » avaient été contrôlés par la gendarmerie en train de coller en ville une affiche de soutien à trois appelés du contingent emprisonnés pour activité anti-militariste. L’UD CGT refuse tout soutien, seul le syndicat du LRBA est à leurs côtés, en particulier lors d’un meeting en ville. Houdet vivra mal le fait que Jean Bocquet ne soit pas présent à la manifestation qui se rend du centre-ville à la caserne, ni au procès à Evreux qui voit 1000 personnes manifester devant le tribunal, avec en tête Krivine et le député PSU Rocard bras dessus-bras dessous. Houdet et Rousseau sont réintégrés (avec perte d’un échelon. Rousseau continuera au syndicat). Jean Bocquet, jusqu’à ce qu’il obtienne sa mutation pour le midi en 75, fait partie de l’équipe d’animation du syndicat sur une base incontestablement « lutte de classe », mais plus conciliante à l’égard du PCF (qui connaît une renaissance au LRBA avec le Programme Commun d’Union de la Gauche) que Jack Houdet, qui lui n’est plus membre du Conseil syndical à partir de 72. Jack restera profondément marqué par ce qu’il considère comme un manque de courage de nombre de ses camarades du syndicat lors de cet épisode. Il vit aussi particulièrement mal vécu les illusions propagées par une partie des dirigeants de la Ligue Communiste lors de l’adhésion d’un vétéran du PCF, Gilbert Hernot*. Jack a eu le sentiment amer de ne pas être écouté, alors que son expérience et quelques tests pratiques lui ont tout de suite montré que Hernot était déjà un homme brisé par l’appareil et déformé par son fonctionnement. Il reste néanmoins très actif, la LC compte 6 sympathisant-e-s dans l‘entreprise lorsque débute, en 71, la lutte contre le transfert au privé d’une partie des activités. Leurs propositions d’organisation emportent l’adhésion du personnel : assemblées générales élisant un comité de 70 délégué-e-révocables (un pour 20), qui désigne un bureau…. L’entreprise sera finalement scindée en deux, ce qui ne sera pas sans effets sur le moral des plus combatifs.

C’est en 71-72 que la section de la LC, avec son cercle ouvrier « La lutte continue » et son «Cercle rouge lycéen», connaît son plus fort développement (16 membres et 2 cellules, tract mensuel sur 5 entreprises). Vernon est une petite ville : peu à peu, le jeu des mutations professionnelles, le départ des jeunes pour d’autres horizons, l’usure vont faire leur œuvre.

A 47 ans, « Henri » est l’un des plus âgés parmi les délégué-e-s au 2ème congrès de la LC qui se tient à Rouen en mai 71. Il est candidat à l’élection législative à Vernon en 73. En 78 il est encore candidat, puis une dernière fois à l’élection partielle de 80. S’il est membre de la direction départementale, il est de nouveau quasiment le seul militant à Vernon, la campagne se fait grâce aux renforts venus de Gisors, Evreux et Louviers. Il développe encore une grosse activité dans le mouvement « Union dans les luttes », regroupement de militants de toutes origines pour battre Giscard en 81, frontalement contre le PCF qui tire un trait d’égalité entre le PS et la droite, avant de se précipiter au gouvernement. En 82, il organise une occupation du siège du député avec son syndicat pour exiger que les engagements minimaux pris par ce gouvernement soient tenus. Il part à la retraite en août 84 et se met en retrait de l’activité. Il aura tenu à prendre sa carte de « membre fondateur du NPA.

 

SOURCES « La Vérité des travailleurs », bimensuel du PCI, voir sur le site de l’association « Radar » http://www.association-radar.org/ (rechercher « Vernon », en particulier dans les n°52, 57, 59, 66) - Brochure « le syndicat est l’arme de tous les travailleurs » http://www.association-radar.org/IMG/pdf/10-008-00020.pdf -Sylvain Pattieu, Les camarades des frères. Trotskistes et libertaires dans la guerre d’Algérie. Syllepse, Paris, 2002 – Pierre Vandevoorde «1950 et après : Trois décennies d’activités trotskystes à Vernon (Eure) et au Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (LRBA) » 2015 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39874 -

Pierre Vandevoorde

MORT DU  VETERAN  TROTSKYSTE  JACK HOUDET
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SALUT, BENOÎT!

29 Mars 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Les nôtres

Benoît en 2008 lors du processus de création du NPA, au milieu sur la photo avec le drapeau

Benoît en 2008 lors du processus de création du NPA, au milieu sur la photo avec le drapeau

Notre camarade Benoît Auzou nous a quittés brusquement. C’était un homme aussi discret qu’il était fidèle. Dès l’enfance, sa vie n’avait pas été facile. Il avait été ouvrier chez Renault à Cléon. Après avoir dû quitter l’usine, il n’avait jamais pu retravailler. A la fin des années 80, le comité de chômeurs CGT de Louviers bougeait beaucoup. Etait-ce lors d'une occupation de l'agence de Veolia, d'une action "prime de Noël" chez Intermarché ou de l'envahissement des Assedic à l'occasion de l'inauguration des nouveaux locaux que nos routes se sont croisées ? Membre du PCF, il se posait de plus en plus de questions sur les compromissions et les alliances de son parti, en particulier à la mairie de Louviers. Il rejoint alors le regroupement local « A gauche vraiment ! », participant à tous nos combats, ce qui l’amènera ensuite naturellement à adhérer au NPA. Diminué depuis plusieurs années, il répondait malgré tout présent à chaque fois qu’il le pouvait. Il avait ainsi apprécié d’écouter Olivier Besancenot à notre fête départementale de janvier. Lors de la dernière réunion de comité à laquelle il avait participé, il nous avait annoncé fièrement son élection avec le plus de voix au conseil d’administration de sa résidence de personnes âgées.
Le NPA sera présent à l'église Saint Germain demain mercredi à 14h30

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EURARMA-LOUVIERS: UNE LECON DE RESISTANCE !

31 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières, #Les nôtres

EURARMA-LOUVIERS: UNE LECON DE RESISTANCE !

Les boîtes où chaque petite revendication doit être arrachée de haute lutte ne sont pas rares. Mais il en est qui méritent la palme : Eurarma Louviers est du nombre. C’est une filiale de Fimurex (14 sites), la branche armatures métalliques pour le bâtiment du groupe Experton Revollier (2250 salarié-e-s, 42 sites). On se doute qu’un tel éclatement permet de rendre les comptes particulièrement difficiles à dominer. Du coup la direction joue tellement souvent la carte de la « situation difficile » que ça en devient ridicule. Alors qu’elle investit dans du matériel nouveau, l’état de délabrement d’une partie de l’usine est devenu un scandale sanitaire : ainsi, deux cas de cancer dû à l’amiante ont été reconnus en maladie professionnel, dont celui de notre camarade Patrice Lepesqueur, décédé cet été. Tout est bon pour grappiller sur le dos du prolo : la remise en cause des 10mn d’habillage-déshabillage en entrée et en sortie de poste a fait l’objet d’un bras de fer quotidien de trois années et demi. L’un de ses épisodes en dit long : l’arrêt de la fourniture de trois bleus par an et de leur nettoyage hebdomadaire. La protestation la plus éclatante fut celle du secrétaire du CE CGT, qui a gardé le même bleu infâme pendant 9 mois ! Cette des nerfs vient de trouver une conclusion dans la victoire totale des 15 premiers plaignants devant la cour de cassation (15 autres suivent). Cela suffira-t-il à calmer la direction locale ? Pas sûr, mais avec un syndicat de combat en face, elle a affaire à forte partie !

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Patrice, salut, ta mémoire restera vivante parmi nous !

25 Août 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières, #Les nôtres

Patrice, salut, ta mémoire restera vivante parmi nous !

Hier 24 Août avait lieu l'inhumation de notre camarade Patrice Lepesqueur au cimetière de Pinterville. La présence en nombre de ses proches, collègues de travail, camarades du syndicat CGT et du NPA montre comme il était apprecié et qu'il manquera. Ci- après la prise de parole au nom du NPA de Pierre Vandevoorde rendant hommage à ce héros du quotidien.

 

C’est à moi que revient la charge de saluer la mémoire de Patrice au nom des camarades du NPA.  Et c’est bien normal, puisqu’il y a déjà un moment que nos chemins ont commencé à se croiser. C’était  au début des années 80, quand nous avions acheté à peu près au même moment une maison aux Chalandons. Je me souviens d’une fête organisée par l’association de quartier où nous avons passé une bonne soirée à la même table. Puis il y a eu une grève pour les salaires dans sa boîte, et depuis on a toujours été en contact…  Quand on distribuait tous les mois notre bulletin d’entreprises chez Polygram, devenu ensuite Cinram,  le midi,  il passait à pied en allant au boulot ou en revenant de son équipe, et on discutait toujours le bout de gras…

Plus tard, on s’est aussi retrouvés à l’Union locale CGT. Et quand je lui ai proposé de se présenter avec nous aux élections municipales sur la liste menée par Gérard Prévost, c’est tout naturellement qu’il avait accepté, d’abord en 95, puis en 2001. En 2008, la campagne correspondait aux débuts du NPA, et il avait alors rejoint le parti d’Olivier Besancenot.

Patrice, c’était un gars sur qui on pouvait compter : il mettait un point d’honneur à être en règle, et même souvent en avance, pour sa cotisation. Si il s’engageait à faire une distribution, on savait qu’il n’y avait pas besoin de le lui rappeler, c’était fait et bien fait.

Dans nos réunions, il ne disait pas toujours grand chose, mais il trouvait son compte dans nos échanges et ses réflexions pleines de bon sens nous manquent déjà, de même que son sourire plein de malice et son humour pince-sans-rire… Il nous faisait partager les combats menés avec ses copains de la CGT d’Eurarma, aux côtés de notre camarade Fredo, comme  la grève systématique le lundi de Pentecôte, jour de congé volé par le patronat, ou le bras de fer à rebondissement sur le temps d’habillage-déshabillage et le lavage des bleus….

Patrice s’est éteint mardi dernier, avec Martine à ses côtés, au bout de son ultime combat contre le cancer de l’amiante qui le rongeait.  La vie ne lui avait pas épargné les épreuves, et il compensait comme il pouvait, mais  là, c’est directement la recherche du profit maximum sur le dos des ouvriers qui a semé des ravages dans son corps. Nul doute que ça se paiera, et  le plus cher possible, nul doute que les copains du syndicat ne lâcheront pas l’affaire.

Mais il n’empêche, tu n’es plus avec nous Patrice, et ta disparition nous fait mal. Pour autant, tu ne pars pas sans laisser de trace. Toi qui, un jour qu’on faisait quelques pas dans la cour de l’hosto ensemble avec Fredo, nous disais dans un sourire vouloir faire grève avec le personnel pour le maintien des 35h, tu auras pris ta place dans la grande chaîne du combat ouvrier. Toi qui aimais la vie, ta belle collection de pièces de monnaies, les virées en camping-car, toi qui nous montrais les photos de ta toute petite-fille, tu es tombé, fauché par la rapacité du capital, et ce vide est horrible. Pourtant, il reste quelque chose de toi, car tu as contribué à la permanence de la lutte contre ce système aliénant et oppressif. Tu as contribué à ce que prenne forme, par touches successives, avec parfois de grandes avancées et en ce moment beaucoup de reculs,  l'esquisse d'un monde plus humain et plus solidaire. Patrice, salut, ta mémoire restera vivante parmi nous !

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