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NPA 27 -  Eure

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Pétition: Solidarité avec les prisonniers du 15/07! Contre la violence policière! (change.org)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #REPRESSION, #International, #Europe, #PETITIONS

Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu'il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d'austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression.

La nuit du 15 juillet, jour de grève générale dans le secteur public, les municipalités et les hôpitaux contre le nouveau mémorandum, lors de la manifestation organisée par des syndicats et des organisations politiques et sociales, la police du "gouvernement de gauche" a déchaîné sa rage. La partie de la manifestation où se tenaient les membres de l'OKDE-Spartakos, clairement visibles avec chants et drapeaux, a été, sans aucune provocation, violemment attaquée par la police anti-émeute qui a cruellement frappé et blessé des manifestantEs puis les a arrêtés sans raison. Deux camarades de l'OKDE-Spartakos et d'ANTARSYA, après avoir été tabassés pendant la charge de police, mais aussi après leur arrestation, ont dû passer devant le procureur le 16 juillet, ainsi que d'autres manifestants arrêtés, sur la base de nombreuses fausses accusations ridicules. Leur procès est prévu le mercredi 22 juillet. Ces deux camarades sont Manthos Tavoularis, employé de librairie et secrétaire du Syndicat des Travailleurs des Librairies et Michalis Goudoumas, travailleur social, membre du Syndicat des Travailleurs de la Fondation pour l'Enfance "Pammakaristos".

15 autres militantEs ont été arrêtés avec nos camarades et traités par la police avec la même brutalité, et passeront aussi en procès mercredi.

Le gouvernement ne laisse place à aucune illusion s'agissant de savoir qui sont ses alliés et qui sont ses ennemis. Il choisit de voter pour le nouveau mémorandum en collaboration étroite avec les partis politiques de la bourgeoisie, les médias dominants, le capital grec et européen, l'UE et le FMI. 

Le gouvernement a choisi d'attaquer avec une violence impensable, utilisant la fameuse "Garde Prétorienne" (la police anti-émeute grecque "MAT" et l'unité de police "DIAS") contre des organisations politiques de la gauche anticapitaliste, des syndicalistes et des militantEs politiques qui se sont battus ces dernières années contre les mémorandums, l'austérité et les lois autoritaires, qui se sont aussi battus et ont mobilisé pour le NON lors du référendum, qui se battent pour l'émancipation de la majorité laborieuse et sa libération de l'enfer capitaliste.

Cette répression de la part du gouvernement qui a autoritairement transformé le NON écrasant des travailleurs et des travailleuses en un mémorandum "de gauche" d'une extrême sauvagerie de classe, n'effraie pas les militantEs politiques qui se battent aux côtés de celles et ceux qui disent NON JUSQU'AU BOUT.

C'est pourquoi nous sommes solidaires de touTEs nos camarades militantEs politiques qui étaient le "groupe-cible" de la répression policière lors de la manifestation ouvrière du 15 juillet et nous exigeons le retrait immédiat de toutes les accusations contre les militantES politiques interpellés et traînés de force au tribunal.

 

Pour signer la pétition en ligne, cliquez ici!

 

Nous participerons au rassemblement de solidarité au tribunal d'Evelpidon, le 22 juillet à 9h.

Appel déjà signé par plus de 300 syndicalistes et activistes en Grèce :

Merci de faire apparaître en signant en ligne le prénom, le nom et , si possible, le syndicat ou l'organisation et éventuellement le niveau de responsabilité.

soutien.grecs.reprimes@gmail.com

Premiers signataires:
Despina Koutsoumpa, member of council of region of Attiki
Panagiotis Tselepis, secretary of workers in municipality of Nikaia/Renti (region of Attiki)
Santiago Menconi, worker and activist from the Argentina Transport Union
Koutsoumpa is also member of general assembly of ADEDY
Zetta Melampianaki, secretary of teachers' union in Nea Smpyrni (region of Athens)
Ilias Loizos, secretary of workers union in municipality of Neo Irakleio (region of Attiki) 
Xristos Argiris member of general council of ADEDY, doctor
Adamopoulos Nikos, secretary of workers in municipality in Nea Ionia (region of Attiki), member of general council of POE-OTA (fenderation of workers in municipalities) and member of executive committe of ADEDY
Takis diamantidis, secretary of union of Teachers in Samo...

Eric  Toussaint maître de conférence à l’université de Liège, président du CADTM Belgique et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France

Catherine Samary économiste, spécialiste des Balkans et de l’Europe de l’Est, maître de conférence,  membre du Conseil scientifique d’ATTAC France, membre fondateur d’Espace Marx. 

Daniel Tanuro ingénieur agronome et environnementaliste, collaborateur au Monde diplomatique et fondateur de l'ONG belge Climat et justice

Olivier Besancenot postier, ancien candidat de la LCR à l'élection présidentielle en France puis du NPA aux européennes

Jeff Mackler, National Secretary, Socialist Action/USA; Administrative Committee, United National Antiwar Coalition (UNAC); Director, Mobilization to Free Mumia Abu-Jamal

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Un coup d’État mené par les institutions de l’UE : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers » (Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui, l’Humanité)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #Austerité

Rosa Moussaoui – Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger  ?

Éric Toussaint : Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable  ?

Éric Toussaint : À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent «  pas avant 2022  » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire  : «   Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan  !  », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix  ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro  ?

Éric Toussaint : Non, je ne le crois pas. Le choix n’était pas obligatoirement entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette  ; réquisitionner la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

Il fallait également 1. mettre en faillite les banques et les transférer au secteur public tout en protégeant les dépôts jusque 100 000 euros, en indemnisant les petits actionnaires et en récupérant le coût de l’assainissement du secteur bancaire sur le patrimoine global des gros actionnaires. 2. Baisser la TVA sur les produits et les services de première nécessité, baisser les impôts directs sur les bas revenus et patrimoines. Augmenter très fortement les impôts sur les revenus et le patrimoine des 10% les plus riches (en ciblant particulièrement le 1% le plus riche). 3. Arrêter les privatisations et renforcer les services publics.

Vu l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet par le parlement grec, la perspective de la sortie volontaire de l’euro est une option à mettre clairement en avant. De plus en plus de Grecs et de citoyens d’autres pays d’Europe comprennent qu’il n’y a pas de solution favorable aux peuples à l’intérieur de la zone euro. En cas de sortie volontaire de la zone euro, les mesures proposées plus haut restent parfaitement valables et doivent être complétées par une réforme monétaire redistributive (voir pour plus de détails : http://cadtm.org/Grece-des-propositions ).

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain  ?

Éric Toussaint : Bien sûr  ! Mario Draghi n’est pas «  indépendant  ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.


Athènes, envoyée spéciale.


* Paru initialement dans l’Humanité (http://www.humanite.fr/eric-toussai). Cette version a été revue et complétée pour le site www.cadtm.org par Eric Toussaint suite à l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet 2015 par le parlement grec.

* Eric Toussaint est membre de la direction de la IVè Internationale, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

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Fête Nationale, spectacle contre-révolutionnaire

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

“Ils font la fête au mois d’juillet
En souv’nir d’une révolution
Qui n’a jamais éliminé
La misère et l’exploitation.
Ils s’abreuvent de bals populaires,
D’feux d’artifices et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu’ils sont gouvernés par de
s cons”

Hexagone, Renaud Séchan

 

 

Ces paroles sont toujours d’actualité sauf peut-être pour les bals populaire qui se perdent pour laisser place au traditionnel défilé militaire sur les champs Élysées. Défilé qui coûte à lui-seul plus de 4 millions d’euros ! Sans compter les 500 000€ pour 30 minutes de feu d’artifice qui rassemble l’espace d’un instant tous les français dans la continuité de l’union nationale…

Cette année l’invité est le président du Mexique Peña Nieto, rien de surprenant car la France vient de passer 41 accords avec ce dernier dont un pour équiper et entraîner la gendarmerie, alors qu’en décembre dernier 43 étudiants mexicains ont été assassinés par la police… Ce crime d’État est le témoignage de la complicité entre les autorités mexicaines et les capitalistes de la drogue. Par la suite a eu lieu une révolte de centaines de milliers d’étudiants et travailleurs exigeant la démission du gouvernement. Preuve supplémentaire que François Hollande n’est pas de gauche, et qu’il a plus d’intérêts pour l’argent des mexicains que pour les droits de ce peuple, au nom de « la France ». Quel internationalisme !

A l’honneur également, le raid, le GIGN et les milliers de militaires appelés en renfort pour le plan vigipirate débuté au lendemain des attentas de Charlie Hebdo qui devrait durer jusqu’à 2017. Pour ce renfort de « sécurité » l’Etat dépense 1 million d’euros par jour !

Aujourd’hui avec ce genre de défilé on vente les mérites des forces armées qui rappelons-le, sont au service de la politique impérialiste du gouvernement français. La marche militaire du 14 juillet est une vitrine pour montrer la puissance militaire française et est une belle démonstration de nationalisme.

C’est cette même armée qui a massacré des milliers d’individus lors d’interventions colonialistes et impérialistes comme ce fût le cas en Indochine, au Maghreb, au Rwanda en Centre-Afrique ou encore au Moyen-orient. C’est cette même armée qui défend les intérêts de la France au Mali et en Centrafrique, avec des crimes ignobles comme le viols de jeunes filles par des soldats (et toutes les affaires inconnues).

La fête nationale du 14 juillet n’a rien de populaire, et les révolutionnaires de 1789 sont déjà bien loin dans les mémoires de nos dirigeants.

Aujourd’hui, le meilleur moyen de rendre hommage aux révolutionnaires de 1789, mais aussi aux Communards de 1871, serait de refaire une révolution qui serait une révolution anticapitaliste, internationaliste, écologiste et féministe, où tous les opprimés seront libérés de leurs chaînes.

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L’alternative à l’austérité (Contretemps)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #RESISTANCE, #Austerité

La capitulation en Grèce n’est pas une fatalité. Contrairement à ce que laissent entendre nombre d’observateurs, ainsi que la direction de Syriza, une alternative existe, mais suppose de remettre en cause le cadre imposé par les créanciers et l’Union européenne. C’est ce que met en avant la Plateforme de gauche de Syriza, dont nous reproduisons ici une partie du programme.

Soumis par la Plateforme de Gauche à la réunion plénière du 10 juillet 2015 du groupe parlementaire de Syriza, ce texte est une version réduite d’un programme plus développé qui sera rendu public dans les prochains jours.

Dans un moment crucial comme celui que nous vivons, le gouvernement Syriza n’a pas d’autre choix que de rejeter le chantage des « Institutions » (UE, BCE, FMI) qui veulent imposer un plan d’austérité, des dérégulations ainsi que des privatisations.

Le gouvernement doit déclarer à ces « Institutions » et proclamer au peuple grec que, même au dernier moment, sans un compromis positif qui s’incarnerait dans un programme mettant fin à l’austérité, injectant suffisamment de liquidés dans l’économie, menant à la reprise économique et incluant un effacement substantiel de la dette, il est prêt à suivre une voie progressiste alternative, qui remet en question la présence de notre pays dans la zone euro et implique une cessation du remboursement de la dette.

Afin de faire face aux pressions et aux exigences inacceptables des créanciers, le processus qui pourrait mener la Grèce hors de la zone euro est une entreprise sérieuse et complexe que le gouvernement et Syriza auraient dû préparer de façon systématique. Or, en raison du blocage tragique qui prévaut sur cette question à la fois au sein du gouvernement et du parti, cette tâche n’a pas été menée à bien.

Cependant, le gouvernement peut et doit, même maintenant, répondre au chantage des « Institutions » en les plaçant devant cette alternative : soit un programme sans nouvelles mesures d’austérité, fournissant des liquidités et menant à l’annulation de la dette, soit la sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut de paiement de cette dette injuste et insoutenable.

Si les circonstances l’exigent, le gouvernement a la possibilité, même à ce jour – et il dispose d’ailleurs du minimum de liquidités nécessaires – de mettre en place un programme transitoire vers une monnaie nationale, qui lui permettrait d’honorer ses engagements vis-à-vis du peuple grec, en adoptant notamment les mesures suivantes :

Une réorganisation radicale du système bancaire, sa nationalisation sous contrôle social, et sa réorientation vers des objectifs de croissance.

Un refus absolu de toute austérité budgétaire (que ce soit sous la forme d’excédents primaires ou de budgets équilibrés) afin de répondre de façon efficace à la crise humanitaire, de satisfaire les besoins sociaux, de rebâtir l’État social et de sortir l’économie du cercle vicieux de la récession.
La mise en œuvre des premières mesures menant à la sortie de l’euro, ainsi qu’à l’annulation de la plus grande partie de la dette. Il existe des marges de manœuvre pouvant conduire à un nouveau modèle économique orienté vers la production, la croissance ainsi qu’à un changement dans le rapport de forces social qui profiterait aux travailleurs et aux classes populaires.
Dans les conditions présentes, la sortie de la zone euro est un processus ardu mais réalisable, qui permettra au pays d’avancer sur une voie différente, loin des mesures inacceptables que renferme le plan Juncker.

Nous devons mettre l’accent sur le fait qu’une sortie de l’euro n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’un processus de transformation sociale, de rétablissement de la souveraineté nationale et de progrès économique qui allierait croissance et justice sociale. Cela fait partie d’une stratégie d’ensemble qui s’appuie sur le redressement productif, la stimulation des investissements, ainsi que la reconstitution de l’Etat social et de l’Etat de droit.

Face à l’attitude intransigeante des créanciers, dont l’objectif est de contraindre le gouvernement Syriza à la capitulation totale, la sortie de l’euro est un choix juste d’un point de vue à la fois politique et éthique.

Enfin, cette sortie est une voie qui implique une confrontation avec des intérêts puissants aux niveaux national et international. C’est pourquoi le facteur le plus important dans la gestion des difficultés qui se font jour est la détermination de Syriza à mettre en œuvre son programme, puisant sa force dans le soutien populaire.

Afin de préciser cette perspective, voici quelques-uns des aspects positifs d’une sortie de l’euro :

Le rétablissement de la souveraineté monétaire, qui signifie automatiquement une capacité retrouvée à injecter des liquidités dans l’économie. Il n’y aucun autre moyen de briser l’étau de la BCE sur la Grèce.
L’élaboration d’un plan s’appuyant sur l’investissement public, ce qui n’empêchera pas pour autant le développement parallèle de l’investissement privé. La Grèce a besoin d’une relation nouvelle et productive entre les secteurs public et privé pour prendre le chemin du développement durable. La réalisation d’un tel projet passe nécessairement par un rétablissement des liquidités couplé à l’épargne nationale.
La reconquête du marché intérieur et le recul des importations redynamisera et renforcera le rôle des PME, qui ont toujours constitué la cheville ouvrière de l’économie grecque. Dans le même temps, les exportations seront stimulées par l’introduction d’une monnaie nationale.
L’Etat se trouvera libéré du carcan de l’Union Economique et Monétaire (UEM) en matière de politiques fiscale et monétaire. Il sera en mesure d’alléger sensiblement le poids de l’austérité, sans pour autant restreindre l’approvisionnement en liquidités. Cela permettra également à l’Etat d’adopter des mesures de justice fiscale et de redistribution des richesses et des revenus.
La reprise d’une croissance accélérée après les premiers mois difficiles. Les ressources inactives du fait de sept années de récession pourront rapidement être mobilisées afin de renverser la désastreuse politique des mémorandums, à condition de disposer des liquidités suffisantes, ainsi que d’une stimulation de la demande. Ce qui rendra possible un recul systématique du taux de chômage et une augmentation des revenus.
Enfin, en quittant l’UEM, la Grèce n’en sera pas moins européenne, elle suivra toutefois une voie différente de celle que suivent les pays du noyau de l’UE, une option qui est déjà suivie depuis un certain temps par des pays tels que la Suède ou le Danemark. Non seulement la sortie de l’UEM n’isolera pas notre pays, mais elle nous permettra, au contraire, de jouer un nouveau rôle sur la scène internationale ; un rôle basé sur l’indépendance et la dignité, bien loin de la position de paria insignifiant, imposée par les politiques néolibérales des mémorandums.

Le processus de sortie de l’UEM exige évidemment une légitimité politique et un soutien populaire. Le référendum a démontré la volonté du peuple de refuser une fois pour toutes l’austérité, faisant fi des obstacles dressés par les élites nationales et internationales.

Il est clair à présent que notre gouvernement a été poussé hors de l’euro en raison du refus définitif, de la part de l’Union européenne, d’accepter des propositions raisonnables concernant l’allègement de la dette, la fin de l’austérité et le sauvetage de l’économie et de la société grecques, comme l’a démontré le nouvel ultimatum envoyé dans la foulée du référendum.

Traduit par Soraya Guénifi

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Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

Plus de 15 000 personnes ont manifesté hier soir dans les rues d’Athènes contre le vote au parlement d’un troisième mémorandum qui impose de nouvelles mesures austéritaires au peuple et aux travailleurs grecs. C’était la première journée de grève générale depuis que Tsipras est au gouvernement. ADEDY (principal syndicat de la fonction publique) exige : « l’abolition du mémorandum » et « l’annulation de la dette ».

On pouvait lire sur une banderole déployée devant le parlement : « Non aux privatisations, sauvons les ports, la (compagnie d’électricité nationale) DEI, les hôpitaux ».

La manifestation a été dispersée violemment par la police « anti-émeute » au niveau de la place Syntagma et 50 manifestants ont été interpellés. Parmi les interpellés placés en garde à vue et qui doivent comparaître entre 11h et 12h (heure grecque) deux syndicalistes ont été mis en garde à vue et l’un d’entre eux a été durement blessé par la police.

Il s’agit de deux de nos camarades de l’OKDE-Spartakos (composante d’Antarsya – coalition de la gauche anticapitaliste), l’un éducateur et syndicaliste, l’autre secrétaire du syndicat des employés de librairie d’Athènes.

Nous tenons à réaffirmer notre complète solidarité avec les manifestantes et manifestants qui se sont mobilisés hier à Athènes dans la suite du NON au référendum du 5 juillet en Grèce.

Nous exigeons au plus vite auprès des autorités grecques la libération et la relaxe immédiate de nos camarades de l’OKDE-Spartakos et de tous les interpellés.

Nous condamnons fermement l’usage de la violence de la part du gouvernement grec contre la jeunesse et les travailleurs qui s’opposent dans la rue à l’austérité.

Plus que jamais nous sommes du côté du peuple grec et nous exigeons avec lui : l’annulation de la dette et des mémorandums !a

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Grèce. «Le plus important: dès le premier jour la résistance s’est exprimée dans Syriza» (alencontre.org)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Entretien avec Antonis Ntavanellos

Le vote de l’accord-diktat a eu lieu à l’aube de ce 16 juillet au Parlement grec: 229 oui, 64 non. Autrement dit, l’accord a été voté grâce aux votes des députés du Pasok, de To Potami et de la Nouvelle Démocratie, qui n’ont pas hésité à attaquer avec virulence le gouvernement Tsipras.

Le vote du groupe parlementaire de Syriza se décompose ainsi: sur 149 députés 110 ont voté oui, 32 ont voté non, y compris trois ministres dont Panagiotis Lafazanis et Dimitris Stratoulis. Pour rappel, le 11 juillet seules Ioanna Gaïtani et Elena Psarrou du Red Network (DEA et APO) avaient voté non. Il faut y ajouter 6 présents (abstention) et 1 absent (Kevala Alexandra Tsanaka). Parmi les non, on peut relever: Stathis Leoutsakos, Thanasis Petrakos, Yanis Varoufakis (ex-ministre des Finances), Zoe Konstantopoulou (présidente du Parlement), Aglaia Kyritsi, Costas Quiet, Nadia Valavani (vice-ministre des Finances, démissionnaire de son poste le 15 juillet), Costas Lapavitsas, Ioanna Gaïtani, Elena Psarrou, Eugenia Ouzounidou, Kodela Dimitris, Zisis Zannas, Eleni Sotiriou, etc. Le porte-parole du gouvernement vers 5 heures du matin (16 juillet) a fait la déclaration suivante: «La Vouli a accompli le premier pas en faveur de cet accord en votant des mesures difficiles. Cependant, le vote marque une sérieuse division dans l’unité du groupe parlementaire de Syriza. Trente-deux députés ont décidé de ne pas soutenir le gouvernement de la gauche contre son choix d’éviter le risque d’une faillite. Une priorité décisive pour le premier ministre et pour le gouvernement consiste à appliquer l’accord dans la période à venir.» (Rédaction A l’Encontre; l’entretien que nous publions ci-dessous a été conduit avant le vote au Parlement)

*****

Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir sur l’accord entre la direction de Syriza, sous la conduite d’Alexis Tsipras, et les créanciers. Je crois que Tsipras a été mis dans un piège qui s’est refermé sur lui à Bruxelles lors des dernières négociations. C’est le résultat de tous les compromis qu’il a faits durant les cinq mois de son gouvernement. J’entends par là tout ce qu’il a fait – et pas fait – en matière de système bancaire, de contrôle des capitaux et de privatisations. Ces compromis ont joué un rôle important comme obstacles à la possibilité de construire une alternative réelle. Les propositions de la gauche de Syriza (Plateforme de gauche, composée du Courant de gauche, du Red Network) n’ont jamais été prises en considération par le gouvernement, malgré leur impact dans les instances de Syriza. Ce que révèle la déclaration des 109 membres du Comité central [voir sur ce site le texte publié en date du 15 juillet 2015].

Dès l’accord du 20 février, le gouvernement a entrepris des mesures qui se sont révélées un vrai suicide politique. Il a œuvré au remboursement ponctuel de la dette jusqu’au point où il n’était plus possible de payer ni les fonctionnaires ni les retraites. Les créanciers comprirent la faiblesse du gouvernement pour lancer leur contre-attaque – allant au-delà des pressions initiales – en organisant un chantage ayant pour objectif le renversement du gouvernement, à court ou moyen terme. L’accord imposé par les créanciers est très dur et représente un nouveau mémorandum, un troisième, qui inclut des mécanismes immédiats de contrôle et de supervision de la part les créanciers. Il n’est évidemment pas acceptable. Tsipras a décidé de le souscrire [le 13 juillet] parce qu’il n’a jamais engagé la moindre politique de confrontation effective avec les créanciers, avec ce que cela impliquerait en termes de préparation socio-politique et pas seulement économique.

Nous nous trouvons à la jonction d’une nouvelle période politique. Ne pouvant plus compter sur l’appui de Syriza [qui disposait de 149 députés, pour assurer une majorité de 15; la majorité de 162 reposait sur l’alliance avec ANEL – les Grecs indépendants], Tsipras doit s’appuyer sur les partis bourgeois. Dans l’immédiat – une fois passé le vote à la Vouli, le jeudi 16 juillet à l’aube – il y aura un remaniement du gouvernement, comme premier pas. Cela ouvre la possibilité qu’un gouvernement «technique» soit nommé avec la seule tâche d’appliquer avec force le mémorandum, dont des lois d’application, nombreuses, doivent encore être soumises au parlement. Un gouvernement d’unité nationale pourrait suivre avec la participation des partis bourgeois (To Potami, Pasok, ND, etc.). La démission de Samaras survenue après le référendum du 5 juillet rendra plus facile ce processus. Le regroupement du camp bourgeois pourrait se faire autour de Theodóra (Dora) Bakoyánni [1]. Tout en étant très néolibérale et réactionnaire, elle a l’intelligence de laisser ouverte la discussion avec «la gauche».

Le plus important c’est que de la résistance se soit exprimée au sein de Syriza dès le premier jour. Nous avons toujours soutenu que Syriza est un parti anti-austerité et qu’il n’aurait pas été possible de le transformer facilement, et sans aucun affrontement, en un parti de l’austérité. La situation interne à Syriza est devenue très tendue dès l’annonce du dernier mémorandum. Les premières oppositions ont été affichées par les parlementaires de la plateforme de gauche qui ont voté soit «non», soit «présent» ou qui se sont abstenus lors du vote le 11 juillet 2015 [voir l’article publié sur ce site en date du 12 juillet]. Ce n’est que le début. A cette heure, avant le vote au parlement, tout indique que plus de 30 députés de Syriza vont voter Non.

Or, cela ne représente que la pointe de l’iceberg. Des grandes discussions sont en cours dans toutes les sections régionales et locales de Syriza. Les sections d’Athènes ou de Thessalonique – les deux plus grandes – se sont déjà exprimées contre l’accord, au même titre que le courant syndical animé par Syriza. Il est significatif que ce dernier soit à l’origine de la journée de grèves qui s’est déroulée dans le secteur public avant le vote au Parlement.

Les événements actuels se déroulent à un rythme très rapide et dans la société règne la confusion. La majorité des travailleurs et des forces populaires se sont engagées dans la bataille référendaire en soutenant Tsipras et Syriza. Il faut reconnaître que Tsipras est actuellement très populaire [un sondage, mardi 14 juillet, lui attribue un soutien à hauteur de 68%]. Ce n’est pas facile de changer cela en quelques semaines seulement. Les ouvriers et les forces populaires en Grèce disposent d’une expérience concrète des politiques néolibérales. Ils sont donc à même de reconnaître une politique néolibérale, même dans un texte très sophistiqué.

Je crois que dans la société il y a un choc. Les travailleurs et travailleuses comprennent le danger du dernier mémorandum. C’est pourquoi il a été très important que le syndicat du secteur public (ADEDY) réagisse très rapidement, en organisant la première grève avant même le vote au parlement dans la nuit entre le 15 et le 16 juillet. Le succès de cette grève ne représente pas le point essentiel. Le plus important c’est qu’elle a pu avoir lieu. C’est ainsi que le facteur de la résistance ouvrière et populaire peut intervenir dans le débat au sein de la gauche. Personne ne peut échapper au fait que l’entrée en vigueur de ce mémorandum implique un affrontement avec les travailleurs et travailleuses, avec le prolétariat. Plusieurs composantes de Syriza choisiront d’être du côté des ouvriers et des classes populaires.

Hier, 109 membres sur 201 du Comité central de Syriza ont souscrit à un texte qui s’oppose à l’accord en demandant la convocation d’un Comité central (CC) pouvant se prononcer sur cette question. Il ne s’agit pas seulement de camarades des courants révolutionnaires. Parmi les signataires figurent: la plateforme de gauche, la composante – dite des 53 – de la majorité qui soutient Tsipras et plusieurs intellectuels indépendants. Le texte affirme également que l’unité de Syriza ne peut être garantie que sur la base des décisions politiques, programmatiques et stratégiques du Congrès.

Cette déclaration rend caduc le débat, entamé par des membres de la majorité présidentielle sur les télévisions privées, sur la pertinence de sanctionner les députés qui s’opposent à ce troisième mémorandum. Nous sommes donc confrontés à une crise ouverte dont personne ne connaît les prochains développements. S’il fallait prendre des mesures disciplinaires, il n’est pas très clair qui devrait être concerné: les députés qui s’opposent au mémorandum ou Tsipras qui le signe? Il est important de relever que Red Network tiendra lundi prochain un important meeting dans un stade de basket, à Athènes pour discuter de la situation. Nous attendons un public très nombreux.

Il est difficile pour nos camarades internationaux de comprendre le développement de la situation en Grèce et d’accepter qu’un gouvernement de Syriza signe un nouveau mémorandum. Il n’en reste pas moins que dans Syriza il y a des forces de gauche qui luttent et continueront à lutter sans jamais accepter un nouveau mémorandum. Il est significatif que le jour du vote au parlement la presse bourgeoise se soit manifestée, pour la première fois, de manière amicale envers Tsipras, en le soutenant clairement contre la gauche de Syriza. La bourgeoisie comprend que ses véritables ennemis se trouvent dans la plateforme de gauche.

Dès le début, nous appelons les autres organisations de la gauche radicale, celles qui ne sont pas dans Syriza, de constituer un front commun avec nous contre la bourgeoisie. La plateforme de gauche a toujours affirmé que pour Syriza la seule alliance politique envisageable c’est avec les partis et les organisations de la gauche dans la tradition du front unique ouvrier. Jamais nous n’avons accepté les alliances organisées par Tsipras avec des partis bourgeois, tels que les Grecs indépendants (ANEL).

Dans nos appels à la résistance contre le nouveau mémorandum nous nous adressons aux camarades les moins sectaires comme ceux d’Antarsya ainsi qu’aux militants du parti communiste (KKE) en désaccord avec leur direction. Les choses ont considérablement changé ces derniers jours. Plusieurs camarades d’autres tendances se disent prêts à travailler avec nous dans cette nouvelle période. Nous sommes au tout au début d’un nouveau processus de réorganisation de la gauche radicale dont les termes sont loin d’être élaborés.

Des derniers échanges que nous avons eus avec les autres composantes émerge la nécessité d’approfondir la collaboration sur une base plus sérieuse dans les mois à venir. De nombreux militants ont compris qu’une gauche radicale sérieuse existe dans Syriza. Il faut comprendre que nous n’étions pas sans réflexions et préparation par rapport à ce qu’implique pour des formations révolutionnaires une collaboration avec des grands partis de gauche ayant accédé à des positions gouvernementales. Les expériences historiques dans d’autres pays, du Brésil à l’Italie, nous ont aidés en cela, pour chercher à éviter les écueils auxquels ils se sont heurtés. Nous avons donc réagi très rapidement en engageant une politique de résistance

Le texte signé par les 109 membres du Comité central représente une base pour permettre une recomposition de la gauche radicale. C’est le début d’un courant de résistance qui sera contraint très rapidement de donner des réponses politiques. Il n’est pas impossible que suite au vote du 15 au 16 juillet, les composantes de la gauche de Syriza opposées à l’accord représentent, de fait et à leur façon, la troisième force politique à la Vouli. C’est un indice de ce qui peut se passer, au-delà de la situation d’affrontements très difficiles entre classes et fractions de classe. (Entretien conduit par N.C, mercredi 15 juillet, début de l’après-midi, à Athènes)

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[1] Dóra Bakoyánni est la fille de l’ancien premier ministre Constantinos Mitsotakis. De 1990 à 1993 elle a été ministre de la Culture dans le gouvernement de son père. Elle sera élue députée au Parlement, tout d’abord dans une circonscription contrôlée de la Grèce centrale, puis en 1996 à Athènes, dont elle occupera la mairie de janvier 2003 à février 2006 (élue avec quelque 60% des suffrages), soit durant la période des Jeux olympiques de 2004. Elle sera par la suite ministre des Affaires étrangères, pour la Nouvelle Démocratie, jusqu’à 2009, date à laquelle la ND perd les élections face au Pasok dont le leader était Georgios Papandreou qui capta 43,92 des voix. Le score de Syriza alors: 4,60%. En 2009, suite à la démission de Kostas Karamanlis, elle de présente pour la direction de la ND, mais est battue par Antonis Samaras. Elle sera, par la suite, de la ND car elle s’est prononcée pour les mesures de Papandreou. Elle va mettre sur pied une sorte de think tank, un laboratoire d’idées du nom de Forum pour la Grèce, puis elle lancera sa propre formation, l’Alliance démocrate, avant de rejoindre à nouveau la ND. (Rédaction A l’Encontre)

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Grèce. Déclaration de Panagiotis Lafazanis et prise de position de 109 membres du Comité central de Syriza (http://alencontre.org)

15 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Alors que le débat au Parlement grec se déroule ce mercredi après-midi 15 juillet, il est important de prendre connaissance de la déclaration du ministre de la Reconstruction productive, Panagiotis Lafazanis, et celle d’une majorité absolue du Comité central de Syriza, ce d’autant plus que la tendance à marginaliser le parti de coalition qu’est Syriza à l’avantage des instances exécutives est affirmée depuis quelques mois.

Le seul argument mis en avant par Alexis Tsipras dans son intervention télévisée du 14 juillet avait trait à une possible ouverture pour une restructuration dite importante de la dette. Une restructuration qui n’entrerait en vigueur qu’une fois le coup de massue – ou les obus de la Grosse Bertha (Dicke Bertha) – des contre-réformes aurait écrasé la société. Ce genre de promesse avait déjà été fait en 2012 lors du second mémorandum. Angélique Kourounis, correspondante de Radio France à Athènes, utilisait une métaphore illustrant le dilemme quotidien auquel font face les Grecs: manger du yaourt blanc, qui est exonéré de la TVA à 13%, ou manger du yaourt sucré, au prix salé par une TVA à 13%.

Au sein même des instances européennes, les prévisions sur l’économie grecque sont claires: une nouvelle récession entre 2 et 4%. Donc, une impossibilité de dégager un excédent primaire (solde budgétaire en pour cent du PIB avant le service de la dette) de 3,5% en 2018. Cet objectif a une tonalité politique, comme l’ensemble du diktat. Et les analyses macroéconomiques prévisionnelles de cet accord sont aussi fantaisistes que les prédictions sur les taux de change à 10 ans. Aujourd’hui, la société grecque est enfoncée dans une crise analogue à celle des années 1930 où se mélangent la colère, la résistance, le mécontentement, la déprime. A quoi s’ajoute une crise de leadership du côté des partis de la droite (Nouvelle Démocratie, Pasok, To Potami) et de Syriza. Simultanément, l’Etat est désargenté et les banques sont plongées dans une situation d’illiquidité, largement pilotée par la politique de la BCE. Une façon de mettre l’économie grecque sur la voie du Grexit, ce à quoi plus des acteurs économico-politiques de l’Union européenne ont déjà réfléchi.

La capacité d’initiative, dans cette situation difficile et complexe, avant tout de la gauche de Syriza, mais aussi de composantes d’Antarsya – à laquelle il faut ajouter la fraction organisée combative du mouvement syndical (META) – va jouer un rôle tout à fait important pour tracer les prochains pas, ceux nécessaires à toute perspective effective. Sauf à penser que des plans alternatifs parachutés tomberaient à l’endroit et au moment voulu, ce que les expériences militaires démentent. Enfin, les néonazis «anti-austérité» d’Aube dorée, qui reste le troisième parti dans les sondages, peuvent apparaître – si les dynamiques centrifuges dans la société grecque aboutissent à masquer sur une certaine durée les affrontements de classes – comme un recours pour des secteurs sociaux. Les partis ayant constitué les précédents gouvernements, tout en votant ce troisième mémorandum, pourraient affirmer: «Si l’acceptation de cet accord est dictée par la volonté de rester dans le cercle de l’euro, nous aurions pu le faire à moindre prix.» La crédibilité de cette affirmation n’est pas grande aujourd’hui, mais elle peut s’accroître.

La responsabilité reposant sur les épaules de la «gauche de Syriza» et des forces qui peuvent agir de manière unitaire rend encore plus nécessaire une solidarité multiforme de la part des «éléments» de la gauche radicale européenne. Dans le secteur public, des débrayages ont eu lieu dans la santé, les transports, l’administration, même si la manifestation entre midi et 15 heures était limitée. Par contre, sur la place Syntagma, et face au Parlement, la manifestation de ce soir, dès 20h30, est importante. Dans le haut de la place se concentrent la gauche de Syriza, les forces syndicales; dans le bas, le PAME, le front du KKE. Au moins ils sont réunis, sur le même lieu. A cette occasion, la réapparition des forces de police, à sa façon, est une indication de la nouvelle phase. (Réd. A l’Encontre)

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Grèce. «Retirez l’accord!»

Déclaration de Panagiotis Lafazanis

«L’accord qui a été signé avec les «institutions» est inacceptable et ne mérite pas d’être pris en charge par un parti radical, comme Syriza, et un gouvernement de combat qui a promis l’abolition des mémorandums [de 2010 et 2012] et de l’austérité.

Les prétendus partenaires – et avant tout l’establishment allemand – se sont comportés envers notre pays comme s’il était leur colonie et avec la froideur brutale d’extorqueurs et d’«assassins de la finance».

Avec cet accord, le mandat populaire et le fier «Non» du peuple grec lors du référendum [du 5 juillet] vont être annulés dans la pratique.

Cet accord pourrait passer par le Parlement, avec l’aide des voix de la Nouvelle Démocratie, le Pasok [Mouvement socialiste panhellénique] et To Potámi [La Rivière, dont le leader, construit par le système oligarchique, est Stavros Theodorakis]. Cependant, cet accord ne passera pas auprès du peuple qui va l’annuler dans la pratique au moyen de son unité et de ses luttes.

Le gouvernement et le premier ministre lui-même, encore aujourd’hui, ont le droit et la possibilité de changer de position et de retirer l’accord avant que des décisions finales et définitives soient prises au Parlement [mercredi 15 juillet et à l’aube du 16, selon les normes de fonctionnement de la Vouli].

La Grèce avait et a une solution alternative à cet accord.

Le dilemme présenté par les créanciers – capitulation ou la destruction de l’économie – est erroné et terroriste. Il s’est effondré dans la conscience populaire.» (14 juillet 2015)

 

Déclaration par 109 membres du Comité central de Syriza

Dans une déclaration publiée aujourd’hui 15 juillet, 109 membres sur 201 du Comité central du Syriza ont pris position contre l’accord qui a été signé par le gouvernement et les créanciers, l’appelant «un protocole [mémorandum] à caractère d’assujettissement onéreux et d’humiliation».

L’appel des 109 demande que le gouvernement «ne se soumette pas à l’ultimatum extorqueur des créanciers», tout en avertissant que l’accord n’est «pas compatible avec les idées et les principes de la gauche».

Les 109 exigent une convocation immédiate du Comité central. Il convient de noter que, malgré la décision quasi unanime du Secrétariat politique de Syriza, le Comité central n’a pas été appelé à se réunir jusqu’à présent [or, selon les signataires et les statuts, il est le seul à pouvoir mandater effectivement les membres de Syriza participant au législatif, raison pour laquelle, entre autres, des mesures disciplinaires ne peuvent être envisagées face aux opposants à l’occasion du vote; les composantes de la Plateforme de gauche organiseront une réunion publique le lundi 20 juillet pour présenter les éléments centraux de sa proposition alternative].

Cette position de la majorité des membres du Comité central est, entre autres choses, est un atout pour répondre à ceux qui se sont précipités afin d’exiger des mesures disciplinaires contre les députés et les cadres de Syriza s’opposant à l’accord. (Rproject)

Texte de la déclaration

«Le 12 juillet, un coup a été mis en œuvre à Bruxelles. Un coup qui a prouvé que l’objectif des dirigeants européens consistait à infliger une punition exemplaire à un peuple qui avait une vision d’une orientation différente, s’éloignant et allant au-delà du modèle néolibéral de l’extrême austérité. Un coup d’Etat qui vise directement toute notion de démocratie et de souveraineté populaire.

L’accord avec les «institutions» est le résultat de chantages à une strangulation économique immédiate C’est un nouveau mémorandum à caractère d’assujettissement onéreux et d’humiliation pour le pays et pour notre peuple.

Nous nous rendons compte de la pression suffocante qui a été exercée sur la partie grecque [sur les négociateurs, parmi lesquels Euclide Tsakalotos et Alexis Tsipras], mais néanmoins nous croyons que le fier «non» du peuple lors du référendum ne permet pas au gouvernement de se soumettre à l’ultimatum extorqueur des créanciers.

Cet accord n’est pas compatible avec les idées et les principes de la gauche. Mais plus important, il n’est pas compatible avec les besoins des classes populaires. Cette proposition ne peut pas être acceptée par les membres et les cadres de Syriza.

Nous demandons que le Comité central soit réuni immédiatement et nous appelons les membres, les cadres et les députés de Syriza de maintenir l’unité du parti, sur la base des décisions de notre Congrès et sur nos engagements programmatiques.» (15 juillet 2015)

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Le comité central de Syriza rejette l'accord!

15 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Tout va très vite en Grèce. Une majorité du Comité Central de Syriza rejette l'accord (voir ci-dessous le message d'un camarade grec) alors que le Parlement grec devraient enterriner ce soir les mesures exigées en contrepartie du nouveau plan d'aide.  Une manifestation devant le Parlement programmée ce soir semble avoir dégénérer et les fonctionnaires sont en grève. Ci-après, le tract hebdomadaire du NPA sur le sujet.
"Le 12 juillet, un coup d'Etat a eu lieu à Bruxelles. Il a démontré que le but des leaders européens était d'infliger une punition exemplaire à un peuple qui aspire à quelque chose de différent qu'une austérité extrême tirée d'un modèle néolibéral. C'est un coup dirigé contre toute notion de démocratie et de souveraineté populaire. L'accord signé avec les "institutions" a émergé de menaces concernant l'étranglement économique imminent et représente un nouveau Memorandum qui impose des conditions odieuses et humiliantes de tutelle qui sont destructrices pour notre pays et notre peuple.
Nous sommes conscients des pressions asphyxiantes qui ont été exercées sur les négociateurs grecs mais nous considérons cependant que la fierté du "non" des travailleurs lors du référendum n'octroie pas au gouvernement le droit d'abandonner face aux pressions des créanciers."
 
 
Le comité central de Syriza rejette l'accord!
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Alexis, qu'as tu fait de notre victoire ?

14 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

Alexis, qu'as tu fait de notre victoire ?

Lundi 13 Juillet 2015

61,3 % de Non pour renverser le système, 25% de Oui pour la soumission au système... Tel était hier dimanche le titre de Prin, le journal de NAR, composante d'Antarsya et principal groupe de la gauche révolutionnaire grecque...

A lui seul, il résume clairement le paradoxe de la situation, alors qu'en ce lundi matin, les propositions d'un 3ème mémorandum approuvées il y a peu par une immense majorité de députés grecs (251 sur 300) sont déjà fort dépassées par les exigences des vautours de la troïka. Alors que tout est fait du côté des instances européennes mais aussi du côté des partis institutionnels grecs pour faire oublier le Non du 5 juillet, il est nécessaire pour cerner les exigences de cette phase (« tragique » pour reprendre le terme employé par Stathis Kouvelakis, même si le spectacle des débats européens relève plutôt du grand guignol, avec un plumitif comme Leparmentier du Monde et ses chroniques haineuses dans le rôle du gendarme) de revenir sur l'importance décisive de ce vote.

Un référendum pour rien ?

En Grèce mais aussi ailleurs, les débats sur le refus de Tsipras de prendre en compte l'extraordinaire résultat du Non ont tendance à être traduits en deux directions : soit une trahison qui prouverait le caractère contre révolutionnaire de Syriza, soit une adaptation contrainte mais inévitable aux circonstances par trop défavorables aux initiatives même un tant soit peu réformistes. Si de telles discussions sont normales, elles doivent être dépassées pour déboucher sur des propositions constructives, c'est-à-dire crédibles et mobilisatrices, appuyées sur le message populaire et de classe du référendum. Cela nous oblige à reposer la question : le référendum relevait-il d'un grand flair politique de Tsipras, comme l'écrit A. Poinssot surMediapart ? A notre avis, non : il semble davantage s'agir d'un acte de découragement politique de la direction de Syriza, voyant que toutes ses propositions étaient successivement rejetées par une troïka dont Tsipras avait accepté les règles de fonctionnement. Pour rappel : le programme électoral de Thessalonique était un recul par rapport à celui de Syriza. Une fois élu, Syriza a délaissé ce programme minimum pour se fixer de ne pas dépasser les « lignes rouges » (retraites, droit du travail). Or, à chaque fois, la pression de la bourgeoisie européenne - le prix Nobel Stiglitz a clairement montré que ses motivations étaient strictement politiques - a fait reculer les lignes, et à chaque fois le gouvernement a déclaré être prêt à rechercher un accord avec la troïka. Plus qu'un alignement total sur le programme capitaliste comme l'a effectué la social démocratie, il faut plutôt voir ici l'extrême naïveté d'un parti réformiste dans lequel travaille une minorité radicale qui n'arrive pas à peser sur l'orientation. En bonne direction réformiste classique, plutôt que d'appeler à la mobilisation européenne des travailleurs et des jeunes pour faire céder la troïka, la direction de Syriza s'est prononcée pour un référendum improvisé : si le Oui l'avait emporté, on peut penser que Tsipras aurait remis le gouvernement à la droite pour se refaire une santé dans l'opposition, et si le Non l'emportait, ce serait pour mieux négocier les reculs imposés par la troïka (un projet de 3ème mémorandum ayant été communiqué à Bruxelles avant le vote).

Or, ce qui a surpris tout le monde, y compris la gauche révolutionnaire qui a joué en même temps un rôle clé dans la mobilisation pour le Non, c'est le mouvement en profondeur exigeant une rupture nette avec l'austérité : rester dans l'Europe, mais pas celle des vautours et de l'oligarchie, au contraire, l'Europe des travailleurs/euses, des jeunes, de la solidarité. Même si cela n'est pas ressorti avec ces mots d'ordre, c'est sûrement la première fois dans l'histoire européenne que se dessine une telle exigence à un tel niveau de masse, et évidemment, ce mouvement de masse a totalement éclipsé la petite mobilisation des nantis en faveur du Oui, manifestant à grand renfort de soutien médiatique pour le maintien de l'Europe des privilégiés. D'où le caractère honteux de la position du KKE (PC grec) appelant de fait au vote nul (et le soir du référendum, le dirigeant Koutsoumbas a voulu s'adresser aussi bien à ceux qui avaient voté Non qu'à ceux qui avaient voté Oui...). D'où aussi l'attitude des électeurs du groupe nazi Aube dorée qui appelait à voter Non sans aucune présence dans la campagne, les murs témoignant encore que celle-ci était 100 % à gauche : les sondages sortis des urnes montrent que 60 % de ses électeurs ont voté Oui, signe de la polarisation de classe de cette campagne !

Le soir du 5 juillet, il a été assez vite clair que le Non était gagnant, et au bout de deux heures qu'il s'agissait d'un ras de marée populaire, salué par un énorme rassemblement spontané sur la place Syntagma. Or, il a fallu attendre plus de 5 heures pour avoir la déclaration de Tsipras : on imagine non seulement la surprise, la même partagée par tout le pays, mais surtout l'embarras de la direction de Syriza. Or, alors que la droite s'effondrait, avec son chef Samaras démissionnant en direct, que les médias privés étaient blêmes, que les quartiers ouvriers fêtaient cette exigence de rompre avec les « règles » de l'austérité, la déclaration de Tsipras a immédiatement fait l'effet d'une douche froide : plutôt que d'appeler à prolonger la mobilisation, y compris pour porter à la troïka des revendications de justice sociale, Tsipras a véritablement cassé cette immense victoire pour appeler à l'union nationale et à une réunion des chefs de partis dès le lendemain, pour soit disant être en mesure de mieux porter les revendications qui restaient celles d'un nouveau mémorandum.

Conséquences possibles d'un vote trahi

En cela, il est difficile de ne pas parler de trahison, qui en rappelle d'ailleurs une autre : en 2013, alors que les enseignants du second degré en grève reconductible s'étaient prononcés pour la grève du bac grec (panellinies), cette décision avait été refusée par la direction du syndicat Olme, à savoir par les courants du Pasok, de la droite et de Syriza, le KKE ayant refusé la grève dès le début, seul le courant formé notamment par Antarsya votant pour la poursuite de la grève et le respect des votes des enseignants... Déjà, à l'époque, perçait cette crainte de Syriza de se retrouver dans une situation hors institution. C'est la même chose aujourd'hui, avec des conséquences autrement plus graves, si le cours actuel n'est pas inversé par des mobilisations. En effet, il y a déjà, en dehors des vautours de Bruxelles, au moins trois gagnants : le KKE, dont la direction avait été désavouée lors du vote, qui parade sur le thème « on vous l'avait bien dit », alors que le malaise de la consigne de vote pouvait déboucher sur un appel à travailler à l'unité à la base. Déjà, vendredi 10, le cortège du courant syndical du KKE dans la manifestation contre le vote Oui au parlement était très gros et très mobilisé, sur une base très sectaire. Autre gagnant possible : les nazis, qui pourraient profiter d'un repli nationaliste possible sur la base du découragement. Il faut préciser que les procès des chefs ayant été reportés, ceux ci sont en liberté, et des attaques racistes reprennent ça et là... Autres gagnants : les partis de la réaction qui, le 5 juillet au soir, n'en attendaient pas tant. Ainsi, quand on entend le dirigeant d'un groupe de droite Theodorakis (rien à voir avec le compositeur qui lui appelait à voter Non), on se demande si ce n'est pas lui le Premier ministre. D'ailleurs les dirigeants européens invitent cette baudruche pour bien montrer leur conception très particulière de la souveraineté démocratique.

Mais bien sûr, le grand perdant, c'est le peuple grec et en particulier les travailleuses-eurs et les jeunes : le mémorandum Tsipras, ce sont des attaques sur les retraites, la suppression de la petite augmentation du Smic à l'automne, les privatisations avec leur cortège de licenciements, le retour de l'évaluation sanction dans le secteur public… C'est à dire tout le contraire du sens du vote du 5 juillet et du formidable espoir apparu dès les immenses rassemblements du 3 juillet. Avec bien sûr un risque énorme si les mobilisations anti-austérité ne s'étendent pas : un découragement s'accompagnant d'un repli de type nationaliste pourrait à terme faire rebondir les nazis, et risquerait de casser durablement l'espoir d'une gauche radicale en Grèce mais aussi en Europe, sans que les révolutionnaires en profitent en quoi que ce soit. Voilà pourquoi ce qui se joue en Grèce doit donner lieu à des mobilisations énormes dans le pays mais aussi dans toute l'Europe !

Pour un mouvement anti-austérité partout en Europe !

Le vote de vendredi au parlement a permis de voir à quel point ce parlement est en décalage avec la volonté populaire : les partis de l'ancien gouvernement ont voté Oui, ainsi que leur nouveau complice Potami, et l'allié de Syriza Anel. Le KKE a voté non, ainsi que Aube dorée, mais bien sûr, il est intéressant de voir le détail du vote des députés Syriza : l'immense majorité a voté Oui (total des Oui : 251 sur 300 députés), 2 ont voté non (membres de DEA), 8 ont voté abstention (parmi lesquels les ministres dirigeants de la Plateforme de Gauche Lafazanis et Stratoulis, et la présidente du Parlement Konstantopoulou, ainsi que l'ancienne journaliste d'ERT Kyritsis), et 7 étaient absents. Parmi ceux qui ont voté Oui, 15 députés de la Plateforme de Gauche, avec comme explication qu'ils ne voulaient pas faire tomber le gouvernement en votant Non, ce qui était d'ailleurs exclu. Ainsi, bien peu de contestation de la part des députés Syriza face à ce détournement du vote populaire. Et une nouvelle fois, revient l'argument officiel de Syriza pour justifier tous ses reculs : finissons-en avec les négociations, ce sera un accord pourri mais une fois fait, on pourra enfin gouverner, ce qu'on n'a pas pu faire depuis 5 mois... Certes, des sondages continuent à montrer une avance insolente de Syriza sur la droite, mais la vraie question est ailleurs : même si Syriza peut gouverner - rien de moins sûr, l'objectif que l'on peut comprendre dans le rictus haineux de Sarkozy contre « monsieur Tsipras » restant de chasser Syriza du gouvernement - ce serait pour quelle politique ? Ce matin, les nouvelles exigences franco-allemandes portent sur la perte de souveraineté désormais officiellement reconnue !

Les enjeux sont donc énormes, et la gauche européenne a devant elle d'énormes responsabilités, ce qui impliquent évidemment une action résolue et unitaire. En Grèce même, les mobilisations maintenues - vendredi, des milliers devant le parlement à l'appel avant tout d'Antarsya, des anarcho-syndicalistes, de PAME (courant syndical du KKE), de la gauche de Syriza ; dimanche , rassemblement à l'appel d'Antarsya et des syndicats de base - doivent passer à la vitesse supérieure. C'est le Non massif et résolu qui doit servir de boussole, dans une démarche associant à la base tous les courants de la gauche mais surtout tous les inorganisés, mais sans oublier une démarche demandant à tous les partis de la gauche, qu'elle soit ou pas au gouvernement, de travailler ensemble à une politique de rupture avec l'austérité. Le vétéran Manolis Glezos a appelé au respect du Non massif, pendant que le vieux militant communiste Bitsakis exprime le souhait de rassemblements de centaines de milliers de personnes dans les villes de Grèce.

Plus que jamais, il est clair que c'est la rupture avec l'austérité qui doit être au centre des revendications, avec une dimension européenne, ce qui serait d'ailleurs le meilleur moyen de pouvoir continuer à envisager une zone euro, sur la base de politiques économiques solidaires et non pas basée sur la recherche du profit pour les banques françaises et allemandes ou pour les paradis fiscaux au cœur de l'Europe.

D’Athènes le 13 juillet 2015

A.Sartzekis

URL source: http://www.npa2009.org/actualite/alexis-quas-tu-fait-de-notre-victoire

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GRECE: 4 MESURES D'URGENCE QU'IL AURAIT ETE POSSIBLE DE PRENDRE

14 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

 GRECE: 4 MESURES D'URGENCE QU'IL AURAIT ETE POSSIBLE DE PRENDRE

Eric Toussaint, enseignant à l'université de Liège, est coordonnateur de la commission internationale pour la vérité sur la dette mise en place par la présidente de l'assemblée nationale Zoé Konstantopolou.


Voici 4 mesures que je préconise et qui n'impliquent pas de sortir de la zone euro :
- suspension du paiement de la dette pendant la finalisation de l'audit en cours (il devrait être terminé en mai 2016);
- exercice du contrôle public direct sur les banques (socialisation des banques). En fait alors que jusqu'ici l'Etat grec est majoritaire dans les 4 grandes banques qui contrôlent ensemble plus de 85% du marché bancaire, il n'exerce pas son pouvoir car sous la pression de la Troïka et du lobby bancaire, il se contente d'actions qui ne donnent pas droit à un vote;
- création d'une monnaie complémentaire qui ne sera pas imprimée car il s'agit d'une monnaieélectronique exprimée en euros. L'Etat pourrait par exemple octroyer des augmentations aux retraités et aux salariés sous forme de monnaie électronique. Exemple: une augmentation de 80€ qui peuvent etre dépensés pour payer les transports publics, les factures d'eau et d'électricité, les impôts,... Je développerai cela bientôt dans un article sur le plan B en référant notamment à ce que l'Equateur a réalisé en la matière.
- diminution radicale des impôts indirects sur les produits et services de base (alors que la Troïka veut généraliser la TVA à 23% en ne laissant des taux de 13 et de 6% que sur quelques produits. Selon la TVA la TVA à 6% ne s’appliquerait qu'aux médicaments, aux entrées de théâtre et aux livres). Augmentation des taxes sur les produits de luxe y compris avec des taux allant jusque 80 ou 90% (ce qui diminuera les importations et augmentera les rentrées fiscales). Augmentation très forte des impôts directs sur le 1% le plus riche, sur l'église orthodoxe et sur les armateurs (ces deux derniers étant exonérés d'impôt jusqu'ici).

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