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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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LA MANIF DES MEDECINS LIBERAUX N’ÉTAIT PAS LA NÔTRE

21 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

LA MANIF DES MEDECINS LIBERAUX  N’ÉTAIT PAS LA NÔTRE

le dimanche 15 mars, une manifestation nationale a rassemblé des milliers de médecins
libéraux, d’étudiants en médecine, de chirurgiens-dentistes et de patrons de cliniques privées. Ils
exigeaient le retrait du projet de loi de santé présenté par Marisol Touraine. Ils refusent l’extension du « tiers-payant », qui permettrait pourtant aux malades de ne plus avancer l’argent de leur
consultation, comme c'est déjà le cas par exemple pour les soins infirmiers, sans que ça pose de réels problèmes. En fait, derrière ce prétexte, ils défendent surtout la médecine « privée » libérale ou commerciale. On comprend
mieux le soutien de Sarkozy à cette manifestation, lui qui reste plus que jamais l’ami des riches.
Cette pseudo opposition à la loi Touraine ne peut qu’aider le gouvernement, en dissimulant les
véritables enjeux de cette loi. Oui, le projet de « loi Touraine » doit être combattu et son retrait exigé,
mais pas pour cette mauvaise raison: le vrai problème, c'est qu'il organise la privatisation de
la Sécurité Sociale et accélère la destruction de l’hôpital public.
L’exigence du retrait de la « loi Touraine », c’est dans les cortèges du 9 avril, avec celles et ceux qui
combattent la loi Macron et toute la politique d’austérité du gouvernement, qui défendent la
"Sécu" et l’hôpital public qu’il faudra la porter pour la faire gagner.

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Justice pour Zyed et Bouna

18 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

Justice pour Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, coursés par cinq « gardiens de la paix » pour un vol imaginaire, Zyed Benna et Bouna Traoré meurent dans le transformateur où ils pensaient trouver refuge.

Du 16 au 20 mars 2015 se tiendra à Rennes le procès de deux policiers (sur deux équipages) impliqués dans la poursuite des deux jeunes, inculpés pour « non-assistance à personne en danger » – un flic qui, selon ses propres mots, « ne donne pas cher de leur peau s’ils sont rentrés sur le site EDF » et la standardiste qui a reçu ce message radio.

Dès le soir de la mort de Zyed et Bouna, c’est Clichy-sous-Bois qui s’embrase. Puis la France entière, de proche en proche, de ville en ville. La réaction dépassera comme jamais les frontières d’un quartier. Ce sont des milliers de jeunes qui saisiront l’occasion de prendre leur revanche sur les coups de pression quotidiens des policiers, cette même pression que fuyaient Bouna et Zyed ce soir d’octobre 2005.

S’il n’y a pas grand chose à attendre de la justice en général et de ce procès en particulier, il y a par contre à saisir l’occasion d’invoquer à nouveau le souvenir d’octobre et novembre 2005.

Depuis 2005 les lois sécuritaires se sont renforcées, les mesures anti-terroristes deviennent la norme et la répression des mouvements sociaux est quasi constante que ce soit sous la droite ou sous des gouvernements dit « de gauche ». Que ce soit lors du mouvement des banlieues de 2005, lors des manifestations étudiantes de 2006, le mouvement contre les retraites en 2010, les luttes des postiers ou des cheminots en 2014, contre les opposants à l'aéroport de Notre Dame des Landes (manifestation du 22/02 à Nantes) ou du barrage de Sivens (mort de Rémi Fraisse en oct. 2014) ou lors des manifestations contre la répression policière qui ont suivi, la réponse de l'appareil d'État est toujours la même : une répression policière brutale et judiciaire de classe.

Du 16 au 20 mars auront lieu divers rassemblements, temps d'échanges et de discussions avec comme point d'orgue une manifestation le mercredi 18 mars à 15h au départ de la cité judiciaire.

Le NPA Rennes appelle à participer à cette manifestation et à profiter de cette semaine pour débattre de la nécessaire riposte du monde du travail et de la jeunesse contre la répression d'État.

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Le gouvernement n'aime pas le bio !

17 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

Le gouvernement n'aime pas le bio !

Les primes aux agriculteurs bio ou en conversion bio auraient dû être versées à l’automne 2014, pour la campagne 2014, elles n’ont toujours pas été versées. Et maintenant le ministre de l'agriculture, Le Foll, annonce que les aides sont réduites de 25 %.

La raison invoquée est simple : le montant réservé pour l'agriculture bio était plafonné, il manquerait donc 14 millions pour les maintenir au niveau prévu pour tous les agriculteurs/trices concernéEs. Il y a trop d’agriculteurs en conversion bio, donc il faut partager le maigre gâteau !

Contrairement à son affichage écolo, surtout à l'approche du sommet climat, le gouvernement n'encourage absolument pas le bio. Il met quelques millions pour faire semblant, beaucoup moins que pour l'agriculture productiviste. Mais s’il y a trop de volontaires, le masque tombe. Dans le même temps il se tient du côté des tenants de l'agro-industrie comme la culture intensive du maïs et ses barrages comme celui de Sivens ou les élevages industriels...

Le NPA apporte son soutien à celles et ceux, agriculteurs/trices bio ou en conversion qui se battent comme nous contre les multinationales comme Monsanto, contre les OGM, les pesticides, les engrais chimiques.

Montreuil, le 16 mars 2015

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21 mars : une contre-offensive devient possible !

16 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

21 mars : une contre-offensive devient possible !

Cela pouvait sembler un vœu pieux. Mais la journée de manifestations du 21 mars peut devenir le signal d’une contre-offensive au climat raciste et sécuritaire.

L’appel à manifester « contre tous les racismes et le fascisme » lancé par l’UNSP (Union nationale des sans-papiers) regroupe 110 signataires : associations de quartier, de luttes de l’immigration, comités antifascistes, collectifs de sans-papiers, collectifs contre les violences policières, associations de solidarité avec la Palestine, ainsi que des associations nationales, des syndicats et des partis politiques (voir l’Anticapitaliste n°276).

À la manifestation prévue à Paris s’ajoutent désormais déjà des manifestations ou rassemblements à Toulouse, Poitiers, Avignon, Perpignan, Strasbourg, Tours, Calais, Chambéry et Alençon. D’autres villes pourraient suivre.

Des manifestations auront aussi lieu dans toute l’Europe : Athènes, Thessalonique, Berlin, Londres, Cardiff, Barcelone, Copenhague, Amsterdam, Vienne... donnant à cette riposte une portée de solidarité internationale.

« L’égalité ou rien ! »

L’appel ne se contente pas de condamnations morales, et appelle à la lutte pour la fin des contrôles au faciès, le retrait des lois dirigées contre les musulmanEs, l’abrogation des lois liberticides et sécuritaires, l’arrêt des démantèlements des camps de Roms, la régularisation de touTEs les sans-papiers, la fermeture des centres de rétention et de Frontex et le droit de vote pour les étrangers.

Au meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire qui a fait salle comble à Saint-Denis vendredi 6 mars, 10 000 tracts et 1 000 affiches appelant au 21 mars ont été prises par des personnes ou des groupes, montrant la dynamique possible de mobilisation dans tous nos lieux de vie et de travail.

C’est désormais l’enjeu : multiplier ces prochains jours les initiatives, l’implication active, le nombre de quartiers, de lycées, de lieux de travail où cela est annoncé et discuté. Pour que la mobilisation soit populaire. Pour que, en lien avec les autres initiatives en cours, tout cela ne soit pas un feu de paille mais devienne une contre-offensive dans la durée.

Denis Godard

Sur Facebook : antiracisme21mars

Rendez-vous pour l’ensemble des manifestations : http://www.npa2009.org/evenement/95-organisations-appellent-manifester-contre-tous-les-racismes-le-21-mars

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Retrait du projet de la loi Touraine, pour la défense de la sécurité sociale et du service public de la santé

15 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

Retrait du projet de la loi Touraine, pour la défense de la sécurité sociale et du service public de la santé

Dimanche 15 mars, une manifestation nationale va rassembler médecins libéraux, étudiants en médecine, chirurgiens-dentistes et patrons de cliniques privées. Ils exigent le retrait du projet de loi de santé présenté par Marisol Touraine. Derrière le refus de l’extension du « Tiers Payant » qui permettrait au malade de ne pas avancer l’argent de sa consultation, ils défendront tous lors de cette manifestation, l’exercice privé libéral ou commercial. Cette pseudo opposition à la loi Touraine ne peut qu’aider le gouvernement à en dissimuler les véritables enjeux. On comprend mieux le soutien à cette manifestation de Sarkozy qui reste plus que jamais l’ami des riches.

Le projet de loi Touraine doit être combattu et son retrait exigé car ce projet organise la privatisation de la sécurité sociale et accélère la démolition de l’hôpital public.

L’exigence du retrait de la loi Touraine, c’est dans les cortèges du 9 avril, avec celles et ceux qui combattent la loi Macron, la politique d’austérité du gouvernement, qui défendent la "Secu" et l’hôpital public qu’ il faudra la porter pour la faire gagner.

Montreuil, le 14 mars 2015

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Selma : la longue marche des Noirs américains pour l’émancipation

15 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

Selma : la longue marche des Noirs américains pour l’émancipation

Etats-Unis [1]

Notre presse:

Hebdo L'Anticapitaliste - 280 (11/03/2015) [2]

[3]

Le 7 mars dernier, Barack Obama s’est rendu à Selma (dans l’État de l’Alabama) pour rendre hommage à « ceux qui ont changé le cours de l’histoire », 50 ans après la marche dirigée par Martin Luther King. Cette marche devait contraindre Lyndon B. Johnson, le président des États-Unis de l’époque, à en finir avec les discriminations qui empêchaient l’application des droits civiques conquis par les Noirs américains.

Une manifestation réprimée
En 1965, Martin Luther King a déjà eu le prix Nobel, les droits civiques des Noirs sont reconnus depuis 1964 par le Civil Rights Act, mais les États du Sud refusent de se plier à la loi et d’inscrire les Noirs sur les listes électorales. Symbole de cette discrimination, c’est ce moment que raconte le film Selma sorti dans nos salles ce mercredi 11 mars. Récit de l’affrontement dont Selma fut le théâtre en mars 1965, ce film a rencontré aux USA et en Angleterre une large sympathie, en particulier dans les milieux militants. Sans aucun doute un film à voir et à faire voir.
La première des trois manifestations a rassemblé 600 manifestants qui entament une marche de Selma vers Montgomery, la capitale de l’Alabama, à 80 kilomètres de là. « Quand nous sommes arrivés en haut du pont à la sortie de la ville, nous avons vu tous les policiers de l’autre côté », raconte une manifestante qui avait alors 15 ans. « Nous avons compris que la marche n’irait pas plus loin. » La répression sera extrêmement brutale : gaz lacrymogènes, charges à cheval, matraques. Le Bloody Sunday, « dimanche sanglant », dont les chaînes de télévision rendent largement compte, suscite une profonde indignation alors que les droits civiques sont censés être reconnus...
Johnson est contraint de réagir. Deux semaines plus tard, protégés par la Garde nationale, avec la présence de Martin Luther King, des centaines de manifestantEs marchent vers Montgomery, une marche de victoire : Glory est le titre de la chanson du film... Et en août, le Congrès adopte le Voting Rights Act qui supprime les restrictions mises en place par les États du Sud pour empêcher les citoyens noirs de voter.

La ségrégation continue
Depuis la proclamation de l’Émancipation des Esclaves signée en 1863 par Abraham Lincoln et le 13e amendement de la Constitution adopté à la fin de la guerre de Sécession en 1865 qui proclame l’abolition de l’esclavage, il aura fallu un siècle de luttes féroces pour que les droits des Noirs soient reconnus.
Mais la ségrégation raciale gangrène encore et toujours les USA. Selma compte aujourd’hui 79 % de Noirs et seulement 18 % de Blancs. Le taux de chômage y atteint 12 % : plus du double de la moyenne nationale. Et plus d’un tiers des habitants – 60 % des enfants – y vivent sous le seuil de pauvreté.
Si l’énergie, le courage, la dignité des Noirs américains ont eu raison de la ségrégation, la logique capitaliste des rapports d’exploitation l’a reproduite à une échelle plus large encore. Selma fut l’aboutissement de décennies de combat. La révolte de Ferguson et bien d’autres poursuivent cette lutte pour en finir radicalement avec la ségrégation raciale, ce qui implique d’en finir avec toutes les formes d’exploitation, la révolution en permanence...

Yvan Lemaitre


Retour sur le Mouvement des droits civiques
Dans l’histoire officielle, les droits civiques obtenus, le plus emblématique étant le Equal Rights Act (mettant fin aux limitations du droit de vote des Noirs dans le Sud des États-Unis) signé en 1964 par Lyndon Johnson, le furent par la coopération institutionnelle entre Blancs progressistes (représentés par le Parti Démocrate du Nord) et leaders Noirs courageux mais réalistes...

Ces droits devaient garantir l’égalité entre Blancs et Noirs. Rien ne pourrait être plus loin de la réalité : chacun des gains fut remporté de haute lutte, quand dans le Sud des centaines de milliers de Noirs se révoltèrent, prirent les rues et menèrent des boycotts. Et le caractère essentiellement formel des gains législatifs fut la principale motivation qui poussa toute une partie de la jeunesse noire à se radicaliser plus avant et à considérer la non-violence comme une idée périmée.

D’une guerre à l’autre
Suite à la victoire du Nord lors de la guerre civile (1865), le Sud des États-Unis vécut une courte période progressiste (la Reconstruction) où une alliance de blancs pauvres et d’anciens esclaves, sous la protection des troupes fédérales, tenta de démocratiser non seulement la politique mais aussi l’économie, s’opposant à la « slavocratie », la domination des anciens grands propriétaires d’esclaves.
Après le départ des troupes fédérales en 1877, une série de mesures législatives furent adoptées dans les États du Sud, connus sous le nom de lois Jim Crow : tests d’alphabétisation pour avoir le droit de voter (alors que la majorité des anciens esclaves ne savaient évidemment pas lire), ségrégation raciale, etc., cela afin de conserver le pouvoir blanc intact. Dans les années 50, ce système était toujours en vigueur. Il y avait bien eu des luttes noires dans les années 30 dirigées par le Parti communiste, mais celui-ci avait perdu son influence à cause de la politique stalinienne de ménager Roosevelt et les démocrates, puis de la chasse aux sorcières anticommuniste.
Cependant, quelque chose changea dans la conscience des Noirs après la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’avant la Première Guerre mondiale, la population noire était principalement rurale et concentrée dans le Sud, les besoins de l’industrie, notamment de l’industrie de guerre, nécessitèrent une nouvelle main-d’œuvre : les Noirs migrèrent alors vers les villes du Nord, et davantage encore pendant la Seconde Guerre mondiale. Leurs aspirations évoluèrent. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de Noirs se retrouvèrent sous les drapeaux, et de retour au foyer, ils furent d’autant moins enclins à supporter davantage de vexations, comme beaucoup de vétérans. Enfin, les révoltes anticoloniales, de l’Afrique à l’Asie, montrèrent qu’il était possible de se libérer du joug des Blancs.

Une jeunesse noire radicalisée
En 1954, une décision de la Cour suprême des États-Unis, Brown vs. Board of Education, déclara illégale la ségrégation scolaire, produit d’une bataille judiciaire de la NAACP, une organisation réformiste représentant alors les classes moyennes noires (avec un passé bien plus radical). Cela stimula la légitime soif d’égalité des Noirs. Surtout que dès le début, le décalage entre les lois conférant des droits civiques et la réalité était manifeste : les écoles ne furent jamais réellement « dé-ségrégées ».
La première lutte emblématique commença en décembre 1955 à Montgomery (la capitale de l’Alabama) : le refus de Rosa Parks de laisser son siège à un passager blanc dans la zone du bus qui leur était réservée, provoqua son arrestation, et entraîna un boycott des bus par la communauté noire, boycott qui dura plus d’un an et acquis une audience nationale. Cela fit de Martin Luther King une figure du mouvement.
En 1956-1957, on assista à un retour de bâton, avec des contre-attaques physiques violentes de la part des racistes blancs. Les actions militantes, boycotts et marches, continuèrent. Cependant, l’absence de gains réels concrets qui auraient matérialisé les avancées législatives poussèrent la jeunesse noire à la radicalisation.
En avril 1960 fut créé le SNCC (Student Non-Violent Coordinating Comittee), au départ émanation de la SCLC (Southern Christian Leadership Conference), organisation dont s’était doté Martin Luther King en 1957 autour des principes de l’action non-violente et de la désobéissance civile. Cependant, le SNCC se radicalisa, notamment face à la répression : les « Freedom Rides », voyages entrepris ensemble par des jeunes noirs et quelques blancs dans les bus inter-états, visant à remettre en cause leur caractère ségrégatifs, furent fortement réprimés par les racistes blancs et les autorités locales, cela alors que les « alliés » fédéraux de Martin Luther King se contentèrent d’observer.

Le(s) chemin(s) de la lutte
En 1963, la marche sur Washington – que le SNCC et le CORE (Congress of Racial Equality) auraient voulue radicale – devint sous l’impulsion de King et des leaders réformistes une marche de soutien au gouvernement. Le fossé entre les organisations jeunes et radicales et les vieux leaders allait encore s’approfondir.
Durant l’été 1964, le SNCC organisa le « Mississipi Freedom Project », ayant comme objectif d’inscrire les Noirs sur les listes électorales et aux primaires démocrates, afin de renverser la machine raciste du Parti démocrate dans le Sud. Le 21 juin 1964, trois jeunes « freedom riders », deux Blancs et un Noir, furent arrêtés, torturés et assassinés par des racistes blancs avec la complicité de la police. Le bilan de cet été fut très lourd : six Noirs assassinés, un millier arrêtés, trente bâtiments plastiqués, trois douzaines d’églises noires incendiées. Pour James Forman, leader du SNCC, « Le Mississipi Summer Project confirma l’absolue nécessité de l’autodéfense armée ».
La première vague du Mouvement des droits civiques a principalement obtenu des victoires législatives... qui se révélèrent des promesses non tenues. Mais il a fait prendre le chemin de la lutte à des centaines de milliers de Noirs, principalement dans le Sud, éveillant la volonté de la jeunesse au Nord comme au Sud de ne plus se laisser faire face au racisme et au harcèlement policier. Le Mouvement des droits civiques fut ainsi le précurseur du « Black Power ».

Stan Miller


Martin Luther King : « Rest in power »
L’idéologie dominante a tendance à résumer le Mouvement des droits civiques à Martin Luther King, celui-ci à la non-violence, et la non-violence à une simple volonté de tendre l’autre joue aux oppresseurs...

Fils de pasteur et pasteur lui-même, Martin Luther King est né à la fin des années 20 dans le Sud des États-Unis. Il est difficile d’imaginer aujourd’hui le niveau de violence qui y régnait : lynchages et meurtres racistes étaient monnaie courante, avec la totale complicité de la police et des tribunaux.
La non-violence de Martin était en partie l’idée que, vu les rapports de forces dans le Sud, une rébellion violente de la part des Noirs ne pourrait qu’engendrer une répression meurtrière et destructrice. Cette non-violence ne signifie cependant pas la passivité. Quand Martin Luther King émerge comme leader du Mouvement des droits civiques en 1955 lors du boycott des bus à Montgomery (Alabama) au côté de Rosa Parks, il appelle à la mobilisation massive non-­violente. La non-violence signifie alors exposer son corps aux violences de la police et des racistes, cela afin de conquérir une supériorité morale qui à long terme ne peut que gagner la majorité de la population à la cause des Noirs, y compris les Blancs.
En 1963, de nombreux leaders noirs, dont Martin Luther King, proposent d’organiser une marche sur Washington afin que la population noire se fasse entendre. Mais cette marche est rapidement cooptée par l’administration Kennedy et le Parti démocrate, et bien que 250 000 personnes, majoritairement noires, marchent, la marche apparaît davantage comme un soutien aux efforts législatifs du Parti démocrate pour les droits civiques qu’un moment revendicatif et combatif.

Martin et Malcom, un même mouvement
C’est à ce moment là que Malcolm X critiquera le plus Martin Luther King, l’assimilant à un « Oncle Tom », un béni oui-oui au service des Blancs... La frustration d’une fraction de la jeunesse noire la poussera dans la radicalisation et la rupture avec le « vieux mouvement » représenté entre autres par Martin Luther King, et donnera naissance au « Black Power ».
Vers la fin de sa vie, Martin Luther King se radicalise : il dénonce la guerre du Vietnam de manière véhémente, et met en avant l’idée que le rôle des Noirs dans l’appareil productif leur donne un certain pouvoir de blocage. Et c’est alors qu’il soutient une grève d’éboueurs à Memphis dans le Tennessee qu’il est assassiné le 4 avril 1968.
Malcolm X, lui, avait été assassiné avant, le 21 février 1965. Même si c’est davantage des mains de Malcolm X que les jeunes activistes du « Black Power » reprendront le flambeau de la lutte, Martin Luther King et Malcolm étaient les deux parties inséparables d’un même mouvement : l’un venant du Sud, l’autre du Nord, l’un non-violent, l’autre croyant à l’autodéfense... Mais tous deux convaincus que seule la lutte permettra aux Noirs de s’émanciper.

Stan Miller

Où en est le mouvement noir aujourd’hui ?
Le début des années 70 fut l’apogée du mouvement noir américain, avec des organisations comme le Black Panther Party (BPP) et le Dodge Revolutionary Union Movement (DRUM). Et aujourd’hui ?

Alors que le Black Panther Party organisait politiquement la communauté noire d’Oakland autour d’actions allant de distribution de petits déjeuners aux enfants à l’autodéfense armée, Dodge Revolutionary Union Movement regroupait des travailleurs noirs de l’automobile de Detroit, initialement pour dénoncer les conditions de travail et la mainmise de la bureaucratie blanche sur le syndicat United Auto Workers.
Ces organisations n’existèrent qu’un laps de temps assez court, mais ce ne fut pas à cause de leur manque de popularité : du New Jersey à la Californie, on retrouva des tracts de DRUM dans des usines employant des Noirs, et les résultats d’un sondage donnèrent une vision positive du BPP chez 23 % des sondés Noirs, et chez 43 % des Noirs âgés de moins de 25 ans... Et au contraire, ce fut la menace qu’elles faisaient peser sur l’ordre bourgeois qui causa leur perte.

Les militants poursuivis et éliminés
En effet, pour J. Edgar Hoover, patron du FBI de 1924 jusqu’à sa mort en 1972, dans les années 60 et 70, le nationalisme noir était la principale « menace intérieure ». Hoover mit en place plusieurs programmes, notamment le fameux COINTELPRO (officiellement de 1956 à 1971) pour détruire toute organisation dissidente.
Le FBI ne reculait devant rien pour arriver à ses fins : écoutes, achats d’indicateurs, dénonciations anonymes, introduction de drogue dans les ghettos noirs ou même assassinats, comme celui du leader du BPP de Chicago, Fred Hampton, assassiné à 21 ans le 4 décembre 1969.
De nombreuses poursuites judiciaires permirent d’obtenir à posteriori des informations sur ces programmes, même si bien évidemment personne de l’administration ne fut jamais inquiété... En attendant, fin des années 70, les organisations nationalistes noires qui faisaient trembler les fondations de la domination raciste n’étaient plus qu’un lointain souvenir.

L’incarcération de masse
La crise des années 80 et l’offensive de la réaction, le chômage de masse, le renforcement de la ségrégation urbaine et la disparition des restes d’état providence frappa de plein fouet les Noirs. Et une nouvelle forme d’oppression se développa : l’incarcération de masse. Ainsi, la « guerre contre la drogue » lancée par Ronald Reagan frappa principalement les Noirs. Un certain nombre d’infractions mineures, telle la simple consommation de cannabis, entraînaient des peines de prison fermes de plusieurs années. Les peines planchers pour la cocaïne sous forme de crack, consommée principalement dans les ghettos, étaient 33 fois plus élevées que pour la cocaïne sous forme de poudre, consommée par les Blancs riches... Toute la stratégie de la « guerre contre la drogue », adoptée par les Républicains puis par les Démocrates, fut mise en place afin de s’attacher le soutien des blancs pauvres. Ceux-ci auraient été lésés par les acquis du Mouvement des droits civiques, et seraient donc en compétition avec les Noirs pour les mêmes emplois ; l’état social coûterait cher et profiterait principalement aux Noirs, des fainéants et des drogués...
Les stratégies des organisations noires réformistes qui avaient survécu passèrent sous silence la question de l’incarcération de masse. Elles se concentrèrent sur la poursuite d’« objectifs réalistes », des batailles juridiques autour de la discrimination positive qui ne profitaient qu’aux classes moyennes noires. L’élection d’Obama signifia l’apothéose de ce mouvement. Puis vint Ferguson...

Division et radicalisation
L’assassinat d’un adolescent noir, Michael Brown, abattu par un officier de police blanc à Ferguson (Missouri) le 9 août 2014, a provoqué la plus grande mobilisation sociale prolongée dans le pays depuis la guerre en Irak en 2003, en particulier au sein de la communauté noire. Des dizaines de milliers de jeunes noirs, principalement dans le Sud des États-Unis mais également dans le Nord, ont manifesté avec les mains levées : « Hands up, don’t shoot » (« mains en l’air, ne tirez pas ! »). Des milliers ont subi la répression, le gouvernement de l’État du Missouri ayant même mobilisé la Garde nationale. Mais cela n’a fait que renforcer la détermination.
Les mêmes dynamiques ayant conduit à la séparation entre le « Black Power » et le Mouvement des droits civiques opèrent à nouveau. Alors que les vieux leaders du mouvement, comme les pasteurs Al Sharpton et Jesse Jackson liés aux démocrates, demandent plus de chefs de la police noirs, les jeunes manifestants demandent la justice pour Michael Brown, mais également la remise en cause de l’incarcération de masse, du racisme institutionnel et de la violence policière. Ils refusent de se laisser diviser entre bons et mauvais Noirs, comme l’a suggéré Barack Obama dans un discours dans une église à Chicago : « mais où sont les pères noirs qui sont censés être des modèles pour nos enfants ? ». Ils sont en prison... ou en Afghanistan, en train de se battre contre ceux que les sergents recruteurs appellent – en leur présence – les « nègres des sables ». Mais ils sont également dans la rue, la rage au ventre.

Stan Miller

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ACTION AU PÉAGE D'INCARVILLE LE JEUDI 26 MARS

12 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

ACTION  AU PÉAGE D'INCARVILLE LE JEUDI 26 MARS

Aux bouchons à Criquebeuf s/ Seine, qui polluent le quotidien de centaines d'automobilistes et créent un risque d'accident majeur à la hauteur de la sortie n°23, la SAPN et certains élus, dont le président de la CASE Leroy répondent par la création d'un nouveau péage à Criquebeuf, qualifiant la gratuité "d'anomalie" et en suivant cette logique: les gens refusent de payer à Incarville en quittant l'autoroute à Criquebeuf, et bien, on va les y contraindre. Au moins, ils resteront sur l'A13 et il y aura moins de voitures en amont... Une provocation à laquelle réagit le collectif maintenant ça suffit qui milite entre autres POUR la suppression du péage d'Incarville. Après le succès de la pétition de l'Automne pour la suppression du péage, avec plus de 2000 signatures remises au président de la CASE, il s'agit de maintenir la pression, y compris dans le contexte de la campagne départementale et se rappeler au bon souvenir du président/candidat Destans qui avait promis il y a neuf ans un essai de la gratuité pendant trois mois.

Une dizaine de militants a distribué hier soir un appel à participer à une action au péage d'Incarville le Jeudi 26 Mars, encouragés par des usagers à bout et interloqués par ce projet de nouveau péage. Alors qu'on subit les effets de la crise et de la vie chère, c'en est trop!

RDV: JE. 26 MARS AU ROND POINT DES CLOUETS, 17H15

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Un péage à Criquebeuf? Une provocation.

12 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Maintenant ça suffit

Un péage à Criquebeuf? Une provocation.

Aux bouchons à Criquebeuf s/ Seine, qui polluent le quotidien de centaines d'automobilistes et créent un risque d'accident majeur à la hauteur de la sortie n°20, la SAPN et certains élus, dont le président de la CASE Leroy répondent par la création d'un nouveau péage à Criquebeuf, qualifiant la gratuité "d'anomalie" et en suivant cette logique: les gens refusent de payer à Incarville en quittant l'autoroute à Criquebeuf, et bien, on va les y contraindre. Au moins, ils resteront sur l'A13 et il y aura moins de voitures en amont... Une provocation à laquelle réagit le collectif maintenant ça suffit qui milite entre autres POUR la suppression du péage d'Incarville. Après le succès de la pétition de l'Automne pour la suppression du péage, avec plus de 2000 signatures remises au président de la CASE, il s'agit de maintenir la pression, y compris dans le contexte de la campagne départementale et se rappeler au bon souvenir du président/candidat Destans qui avait promis il y a dix ans un essai de la gratuité pendant trois mois pour répondre à ces mêmes problèmes.

Une dizaine de militants a distribué hier soir un appel à participer à une action au péage d'Incarville le Jeudi 26 Mars, encouragés par des usagers à bout et interloqués par ce projet de nouveau péage. Alors qu'on subit les effets de la crise et de la vie chère, c'en est trop!

 

Rendez-vous : JEUDI  26 MARS AU ROND POINT DES CLOUETS, à Val de Reuil à 17H15
(bien chaussés et munis d'un gilet jaune)

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Féministes tant qu'il le faudra!

11 Mars 2015 , Rédigé par NPA 27

Féministes tant qu'il le faudra!

Le 8 mars : « lutte pour le droit des femmes »

Le gouvernement, repris par les médias, parle de « la journée de la femme » comme il y a celle du « chien »,... Nous, nous parlons de « la journée de la lutte des femmes... »
Le 8 mars célèbre une lutte d'ouvrières, aux USA ! Au début du XXe siècle, elles luttent -déjà- pour l' Egalité des salaires avec les hommes ! Le combat est toujours d'actualité puisqu' en France aujourd'hui les femmes gagnent 27% de moins que les hommes ! (tous salaires confondus).

 La crise actuelle touche plus les femmes que les hommes
-En Allemagne, la pression sociale, le manque d'accueil des tout-petits, renvoient les mères à la maison !
-Ici, c'est le « temps partiel non choisi »: dans les supermarchés 8 salariées sur 10 !
- Les emplois précaires : ménages, garde d'enfants ou personnes âgées, sont occupés à 80% par des femmes...
-A la retraite, une femme perçoit 42% de moins qu'un homme !

Ainsi : les 3/4 des salariés pauvres sont des femmes !

 Le travail INVISIBLE et GRATUIT des femmes est énorme !
- Maison, linge, enfants, dépendance... Les femmes s'en occupent à 72%! - Comme en plus il y a la destruction massive des services publics (crèches, éducateurs, accueil des handicapés, ..., ce doit être fait quand même, et bien sûr ce sont les femmes qui s'y collent !!
N' ont-elles pas été « élevées » pour ça ? Depuis qu'elles sont toutes petites : on leur apprend à laver, soigner, consoler... C'est donc devenu « Naturel » !!

 Une répartition des rôles et des tâches est possible !
- Pas dans le système libéral actuel qui ne peut fonctionner que grâce à la précarisation, le chômage des femmes, et leur travail gratuit (loi Macron : remise en cause des 35 % de réglementation des lois protectrices du travail).
- Un autre monde est possible où on envisagerait:

la répartition du temps de travail entre tous et toutes, à l'extérieur comme à la maison,
 des services gratuits = de la petite enfance à la vieillesse dépendante...

Pour le NPA, le Féminisme doit être une préoccupation de chaque jour et au coeur de la construction d'une autre société, plus juste, plus égalitaire!

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