Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
NPA 27 -  Eure

Articles récents

A la Une! (l'Anticapitaliste n°297)

11 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #A la Une!

A la Une! (l'Anticapitaliste n°297)
Lire la suite

VAL DE REUIL(27) : 17 JOURS DE GREVE ONT FAIT RECULER LA POSTE

10 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

VAL DE REUIL(27) : 17 JOURS DE GREVE ONT FAIT RECULER LA POSTE VAL DE REUIL(27) : 17 JOURS DE GREVE ONT FAIT RECULER LA POSTE

Entretien avec l’un des animateurs, Gérard Gossent, facteur, militant de la CGT

Le centre de tri de Val de Reuil était connu pour être « tranquille ». Que s’est-il passé ?

Depuis 15 ans, il y a eu 5 restructurations et 50 suppressions d’emplois sans réaction. Cette plate-forme d’une soixantaine de communes a vraisemblablement été choisie pour par la direction de la région Nord-Ouest comme laboratoire pour tester une réorganisation d’ampleur. Mais là ça a craqué, et ils ont été complètement surpris. L’étincelle, ça a été la colère de facteurs qui avaient déjà été impactés et qui ont vu que le plan de la direction leur pourrirait la vie encore plus. Alors à quelques-uns, on a expliqué, motivé, organisé une réunion d’information intersyndicale où la décision a été prise de partir en grève illimitée 15 jours plus tard, le temps de bien se préparer, en s’appuyant sur le rapport d’expertise commandé par le CHSCT, en particulier sur la démonstration des risques pour la santé. Et le 22 juin, nous étions 50, dont beaucoup de femmes, 80% du personnel hors CDI et intérimaires, avec le soutien de SUD et de la CGT (30% des voix chaque aux élections pro) ; CFDT (30% aussi) et FO ont suivi sans appeler.

Que voulait la direction de la Poste ?

Fermer le tri à Louviers et Alizay, tout regrouper chez nous en supprimant 10 postes, soit 8 tournées sur 59. On aurait subi des tournées presque deux fois plus longues, avec des collègues qui préparent les « sacoches » sur place. Aller de plus en plus vite, avoir encore moins de temps pour le contact, c’est à la fois une dégradation pour le service public auquel nous, contrairement à la direction, nous sommes réellement attachés, et une dégradation insupportable des conditions de travail. A coup sûr 8h dehors, sans parler des remplaçants qui ne connaissent pas les tournées.

Comment s’est passé le mouvement ? le soutien ?

Piquet de grève dès 6h30 devant le centre, et nous n’étions jamais moins d’une trentaine toute la journée. Dès le début l’huissier était là et il ne nous a pas lâchés. Nous avons choisi de ne pas bouger de là. Cela a permis de maintenir le moral, de discuter en continu, de remonter ceux qui flanchaient, d’apprendre à se connaître et à s’apprécier.
Installés au bord d’une route, ça klaxonnait pour nous soutenir, et beaucoup de gens s’arrêtaient pour nous apporter un soutien, depuis la pastèque jusqu’au billet. L’inconvénient, c’est qu’à part l’opération commune avec les opposants au péage, nous nous sommes privés de la possibilité d’organiser des collectes en ville ou sur nos tournées, et même de manifester au « Centre de tri paquets » de l’autre bout de la ville. Mais le sentiment général, c’était qu’il fallait qu’on reste ensemble pour se soutenir et faire face aux mauvais coups. Ainsi, alors que les négos semblaient bien avancer, la direction a procédé le 1er juillet à la bascule annoncée sur la nouvelle organisation. Ca voulait dire clairement : on ne lâchera rien de significatif. Et le vendredi, tout en « discutant », elle faisait appel à des taxis à 360€ les 6h « pour assurer la continuité du service public »… alors que nous on gagne entre 50 et 70€ par jour ! Ca a bien fait monter la pression : il y a eu divers blocages des véhicules par des usagers, les directions ne savaient plus sur quel pied danser et on a eu le plaisir d’assister à la valse des négociateurs.

Au bout de 17 jours la Poste a reculé. Pourquoi ?

La désorganisation est telle qu’ils n’ont même pas réussi à assurer chaque tournée au moins une fois. Mais nous avons aussi bénéficié d’un bon relais médiatique, le soutien des municipalités a certainement joué, et sans doute que les licenciements chez Eiffage et la menace de liquidation judiciaire d’Everial tout à côté ça faisait trop pour les « pouvoirs publics ».

 

Qu’avez-vous gagné ?
Le retrait des 8 « tournées sacoches » et donc le maintien des sites (mais on perd quand même 7 « positions de travail »), l’allégement de la charge de travail globale et le redécoupage de toutes les tournées après concertation en groupes de travail. Et l’étalement sur 4 mois du retrait des jours de grève. La réorganisation ne sera pas mise en place avant le 20 octobre.

 

 

Comment se passe la reprise ?
Pour eux, c’est le bazar, et ils refusent de payer des heures supplémentaires pour distribuer le courrier en retard ! Pour nous, c’est d’abord la fierté. Des gens qui n’avaient jamais osé élever le ton sont rentrés en criant « on a gagné ! ». Sur le cahier d’hygiène et sécurité, il y a maintenant plusieurs dizaines signatures sur des signalements de tentatives d’intimidations qui en temps normal n’auraient suscité aucune réaction.  On a vraiment remporté une sacréemanche.

 

 

Et pour la suite ?
Ce qu’ils n’ont pas pu faire passer ici, ils vont le tester ailleurs, on en est tous convaincus. Pour gagner durablement et imposer nos revendications, il faudrait vraiment qu’on s’y mette tous ensemble.

 

Correspondant

 

 

Lire la suite

Grèce : « L’union nationale, ce serait comme si le référendum n’avait pas eu lieu »

10 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Entretien. Dirigeant de DEA (Gauche ouvrière internationaliste, composante de Syriza), Antonis Ntavanellos est membre de la direction de Syriza. Au lendemain de la victoire du Non, il nous livre ses analyses sur la situation ouverte en Grèce.

Quelle est la situation après cette grande victoire du Non ?

Il faut d’abord revenir sur la bataille du référendum : une confrontation entre les classes. Du côté du Oui, d’abord la bourgeoisie, ensuite les classes moyennes supérieures qui ont encore de l’argent dans les banques. Du côté du Non, les travailleurs, les pauvres, ceux qui ont perdu leur emploi. Dans la coalition du Oui, il y avait tous ceux qui ont dirigé la Grèce depuis des décennies : les grands capitalistes, les ex-Premiers ministres, l’ex-roi de Grèce, la droite, le Pasok, ainsi que les sociaux-libéraux de To Potami.

Les résultats du vote ont confirmé cette polarisation : le vote Non a été le plus fort dans les quartiers populaires. Un point important : le Non a été majoritaire, non seulement au niveau national mais dans toutes les régions de Grèce.

Le centre politique du Non a été Syriza. Mais un nouveau cadre politique commence à se dégager. Le sectarisme a été surmonté, et Antarsya a non seulement pris position clairement pour le Non, mais a fait campagne dans la rue, dans les quartiers, dans les régions. De nouvelles relations sont en train de se créer entre la gauche de Syriza et Antarsya. C’est une bonne nouvelle, et pas seulement pour nous, DEA, et avec la Plateforme de gauche nous allons réfléchir aux moyens de consolider cette unité. Quant au KKE, il a fait une campagne abstentionniste sur « Non au Oui et Non au Non », mais la direction n’a pas été suivie par bon nombre de militants et de cadres dans les entreprises et les quartiers : de vraies différenciations commencent à apparaître.

Peux-tu nous expliquer pourquoi la Confédération des syndicats du secteur privé a pris position pour le Oui ?

Cette confédération est dirigée par le Pasok en alliance avec la droite. Ce sont des bureaucrates qui s’accrochent à leurs postes de manière totalement anti-démocratique. Il y a un grand énervement à la base sur ce sujet. Ils vont payer pour ça.

Aube dorée, les néo-nazis, avait pris position pour le Non ?

Officiellement Aube dorée soutenait le Non. Mais en réalité, durant la campagne, ils n’ont pas eu d’activité en ce sens. À la lecture de leur presse, on ne pouvait pas savoir clairement s’ils étaient pour le Oui ou le Non. Ils ont surtout mené une propagande contre les « bolcheviks » du gouvernement, et ont fait des appels du pied un peu déguisés à l’armée qui un jour devra agir pour garantir la continuité de l’État grec et de ses intérêts... Aujourd’hui Aube dorée attend la suite des événements.

Après la victoire du Non, comment expliquer la réunion d’union nationale tenue par Tsipras hier (lundi 6 juillet) avec les dirigeants des principaux partis du Oui pour un appel commun ?

Il faut comprendre les contradictions de Syriza. Ce n’est pas un parti de l’austérité, et il a donc été impossible pour Tsipras d’accepter les propositions des créanciers. En même temps, dans Syriza, il y a des différences politiques et stratégiques très importantes. La ligne politique de la majorité de la majorité est de trouver un compromis « réaliste », mais ils sont maintenant dans une situation très difficile pour deux raisons. D’abord, je crois que l’Union européenne va adopter une position très dure et ne pas leur laisser de marges pour négocier. De plus, la base sociale de Syriza et de la gauche grecque est plus mobilisée qu’avant le référendum.

Il faut aussi comprendre qu’il y a une grande confusion, une désespérance devant la situation économique, d’abord au vu de la situation des banques qui peuvent ne plus fonctionner dans quelques jours. La majorité de Syriza est donc face à des décisions très difficiles.

La recherche de l’union nationale ne donnera sans doute rien. Mais de toute façon, il faut arrêter ça, et on va se battre, c’est le moment. Personne au sein de la Plateforme de gauche de Syriza ne soutient le document sorti de cette réunion de présidents des partis avec le président de la République grecque. Dans la situation actuelle, il ne suffit pas d’expliquer, il faut militer contre cette ligne politique car ce serait comme si le référendum n’avait pas eu lieu.

Tsipras va déposer des propositions à Bruxelles ?

Au moment où nous parlons, on ne les connaît pas exactement. Les dirigeants européens ont de toute façon une position très dure. S’il n’y a pas d’accord complet, certains parlent d’un accord intérimaire : la Grèce recevrait les crédits nécessaires pour payer la BCE, il y aurait de nouvelles mesures d’austérité, et la perspective d’une renégociation de la dette serait évoquée. C’est possible mais si c’était le cas, il y aurait des difficultés importantes pour la direction de Syriza. De nouvelles étapes sont devant nous.

Est-ce qu’il existe un plan B en cas d’échec des négociations ?

Officiellement non. La position officielle de la direction de Syriza est de trouver une solution « en Europe ». Mais après le référendum, la discussion sur les perspectives alternatives est devenue plus ouverte dans la société. Il y a partout des camarades qui discutent de ce qu’il faut faire s’il n’y a pas d’accord avec les créditeurs, d’accord acceptable, et ça, c’est nouveau.

Il commence à y avoir de larges discussions sur la nécessité de changer les dirigeants de la Banque centrale de Grèce et sur la nationalisation des banques. Il faudrait aller très vite vers un contrôle des mouvements de capitaux et des mesures de protection de la population. S’il n’y a pas d’accord à Bruxelles, la question du contrôle des banques va devenir rapidement brûlante.

Un dernier point que tu voudrais souligner ?

Je voudrais revenir sur la question de la solidarité internationale. Elle nous a beaucoup aidés pendant la campagne du référendum. Partout des gens, y compris des travailleurs, discutaient de ce qui se passe en Espagne, en Irlande, au Portugal, etc. Et ça continue d’être essentiel, car la population comprend que si nous restons seuls, nous serons vaincus. Tout le monde ici discute de l’Espagne. Il faut renforcer la solidarité internationale.

Propos recueillis par Henri Wilno le mardi 7 juillet au matin

Liens
[1] http://npa2009.org/tag/grece
[2] http://npa2009.org/notre-presse/hebdo-lanticapitaliste-297-09072015
[3] http://npa2009.org/sites/default/files/libre_expression_milo.jpg

Lire la suite

Fin de la grève des postiers des plateformes courrier de Louviers, Val-de-Reuil et Alizay (Paris-Normandie, 08.07.15)

9 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

Fin de la grève des postiers des plateformes courrier de Louviers, Val-de-Reuil et Alizay (Paris-Normandie, 08.07.15)

Le conflit, débuté le 22 juin, s’enlisait. Finalement un accord a été trouvé hier avec la direction.

La grève des postiers des plateformes courrier de Louviers, Val-de-Reuil et Alizay est terminée. La nouvelle est tombée hier en fin de journée. Alors que le conflit dure depuis le lundi 22 juin - lire nos précédentes éditions -, les négociations avec la direction ont enfin abouti.

Pas de tournées sacoches

Les postiers protestaient contre la réorganisation, qui devait être mise en place au 1er juillet et qui prévoyait notamment la mise en place de tournées sacoches (les facteurs ne préparent plus leurs tournées, qui sont allongées).

Un protocole d’accord portant sur les principes de mise en œuvre d’une nouvelle organisation fin 2015, a donc été trouvé. La réorganisation qui sera mise en place au plus tôt au mois d’octobre tiendra compte de ce qui a été obtenu. C’est-à-dire : « les tournées sacoches sont supprimées. Il n’y aura pas non plus de tournées mixtes deux [le facteur effectue la distribution de colis sur une autre tournée, en plus, Ndlr]. Et l’ancienne organisation reste valable jusqu’à ce que la nouvelle intervienne », annonce Djamel Larbi, syndicat Sud PTT.

Les facteurs reprennent donc le travail aujourd’hui mercredi. « Tout le monde est motivé ! », assure le syndicaliste.

Une fin de grève qui va soulager les nombreux usagers mécontents de ne plus recevoir de courrier depuis plusieurs jours, et qui n’avaient pas hésité à témoigner de leurs difficultés dans nos colonnes. La Poste assure d’ailleurs qu’elle met en place des moyens spéciaux pour résorber au plus vite le retard dans la distribution du courrier et des colis.

Violaine Gargala

Lire la suite

Migrant-e-s : Et maintenant assigné-es à campement !

8 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Antiracisme, #COMMUNIQUES

L’intervention policière violente pour expulser le campement à la Halle Pajol le 8 juin avait choqué. Depuis les migrant•e•s ont été chassé•e•s de plusieurs autres endroits. Ils et elles sont revenu•e•s s’installer à la Halle Pajol depuis dix jours.

Ce jeudi soir, 2 juillet, ils et elles avaient décidé de manifester après un mois d’errance, un mois de mépris et de mensonges de la part des autorités, en passant devant tous les lieux de leur lutte.

Surprise ! Cette fois un dispositif policier délirant avait été installé devant chacun de ces lieux et visait à les empêcher… d’aller ailleurs que leur campement. La manif a été bloquée après 100 mètres et la confrontation avec les CRS et les gendarmes mobiles a duré près de trois heures tandis que tout le camp était cerné.

Hier les migrant•e•s n’avaient pas le droit d’installer un campement. Aujourd’hui ils et elles n’ont pas le droit de le quitter.

En fait, derrière ce revirement étrange, la logique du pouvoir reste la même : les migrant•e•s peuvent crever dans la rue, c’est même ce que veulent les autorités (si ça peut en dissuader d’autres…), mais surtout il faut qu’ils et elles crèvent dans l’invisibilité. C’est l’humanité version PS.

Manque de chance pour le gouvernement PS et tous les racistes : ce soir les migrant•e•s ont montré qu’ils et elles étaient bien là, visibles et encore debout.

Lire la suite

ÇA DEVAIT ARRIVER!

7 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Maintenant ça suffit

ÇA DEVAIT ARRIVER!
La SAPN laisse la situation pourrir, le Préfet ferme les yeux!

Sortie 20, la SAPN joue la sécurité à géométrie variable !!!

Pour notre sécurité et un meilleur trafic, suppression du péage d'Incarville !
Lire la suite
Lire la suite

AVEC LES GRECS, PAS UN SACRIFICE POUR L'EURO !

7 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

AVEC LES GRECS, PAS UN SACRIFICE POUR L'EURO !

Sur l'air de "Zorba le grec", devant le parvis Notre Dame, une trentaine de personnes a répondu lundi soir à l’appel lancé le même jour par le collectif lovérien “Maintenant ça suffit”, Attac, le NPA et le PCF pour affirmer leur soutien au peuple grec et les remercier de leur courage.

Malgré les menaces et les intimidations, une fois encore, les Grecs ont dit NON aux politiques d’austérité imposées par une Europe qui préfère les banques au mieux vivre pour tous.

Belle leçon de courage et de dignité qui ouvre de nouvelles perspectives aux peuples européens épris de justice sociale.

 

Lire la suite

AVEC LES GRECS, PAS UN SACRIFICE POUR L'EURO !

7 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27

AVEC LES GRECS, PAS UN SACRIFICE POUR L'EURO !

Sur l'air de "Zorba le grec", devant le parvis Notre Dame, une trentaine de personnes a répondu lundi soir à l’appel lancé le même jour par le collectif lovérien “Maintenant ça suffit”, Attac, le NPA et le PCF pour affirmer leur soutien au peuple grec et les remercier de leur courage.

Malgré les menaces et les intimidations, une fois encore, les Grecs ont dit NON aux politiques d’austérité imposées par une Europe qui préfère les banques au mieux vivre pour tous.

Belle leçon de courage et de dignité qui ouvre de nouvelles perspectives aux peuples européens épris de justice sociale.

Lire la suite

La grande victoire ouvrière et populaire du NON est le prologue de la bataille décisive qui s’annonce

7 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Publié par alencontre.org . Communiqué de la Gauche ouvrière internationaliste (DEA)

1. Le triomphe du NON, qui a pris des dimensions au-delà de toutes les prévisions, constitue une grande victoire ouvrière et populaire. Les gens ont lu correctement la question posée: approbation ou rejet de la politique d’hyper-austérité, telle qu’elle a été formulée à travers les protocoles (mémorandums) et que les créanciers exigent de nouveau. La réponse indique les véritables intentions de la société «d’en bas», montrant la dynamique du rapport des forces entre classes, tel qu’il s’est développé au cours des dernières années en Grèce. La Grèce de la crise profonde et de la grande résistance sociale.

2. Dans le camp du NON se sont regroupés, évidemment, les travailleurs urbains et ruraux, les chômeurs, les pauvres. Le peuple laborieux s’est exprimé fermement, en prenant de gros risques: il avait déjà ressenti les conséquences de la fermeture des banques, affronté les menaces concernant des licenciements massifs, des avertissements que son attitude conduirait probablement à la rupture avec l’euro. Il affrontait une propagande inouïe parlant de famine, de manque de médicaments, de carburant, etc. La fermeté massive au NON constitue un mandat explicite de rupture avec l’austérité. Dans le camp du OUI se sont retrouvées la classe dirigeante et la classe moyenne supérieure. Autrement dit, tous ceux qui ont un intérêt dans un accord «à tout prix» (concernant surtout les sacrifices des autres…) avec les créanciers.

3. Cette distinction de classe claire est ressortie politiquement. L’âme du NON était la gauche radicale, ce qui aura un impact décisif dans l’avenir. La direction de SYRIZA, qui a trouvé la force de refuser la signature inconditionnelle qu’exige la direction de l’UE (Union européenne) et celle de demander un référendum pour que la volonté du peuple s’exprime, est la grande gagnante.

Les forces d’Antarsya, avec leur propre configuration politique et leurs différenciations, se sont regroupées dans le camp du NON. Elles ont ainsi créé de nouvelles relations avec les rangs du SYRIZA, des relations qui vont être importantes dans les luttes à venir.

Par contre, le PC (KKE) avec sa ligne de repli – le vote nul inacceptable – a refusé de faire le choix avec qui et contre qui il se range. Une orientation qui, même si elle n’a pas été suivie par une grande partie de ses partisans et de sa base, va poursuivre sa direction pendant une longue période.

4. Le résultat paralyse les forces politiques bourgeoises. La démission d’Antonis Samaras de la direction de la Nouvelle Démocratie1 – quelques jours après la démission de Venizelos de la direction du PASOK2 – prouve que la classe dirigeante des mémorandums [2010 et 2012], identifiée avec les créanciers, est restée sans force politique alternative à l’intérieur du pays. Les sociaux-libéraux «post-politiques» du Potami (La Rivière) ne sont pas et ne peuvent pas être une réponse à ce problème. La transcription de cette situation dans les urnes à l’occasion de ce référendum crucial crée une grande possibilité pour SYRIZA, mais exerce également des pressions sans précédent en son sein.

5. La grande victoire populaire et des travailleurs/travailleuses lors du référendum, dans des conditions de strangulation du système bancaire et de chantages du patronat sans antécédent, rend encore plus cruciale la période à venir, avec comme premier moment mesurant les relations de forces: celui de la reprise des négociations avec les créanciers.

Nous comprenons les pressions et les dilemmes auxquels est confronté le gouvernement; et en particulier le chantage à grande échelle des créanciers avec la menace qui pèse sur le système bancaire. Menace à laquelle il ne peut être répondu que par la nationalisation des banques et la mise en place d’un contrôle public, démocratique, des salarié·e·s, dans ce secteur si décisif pour le fonctionnement de l’ensemble de l’économie.

Le NON a montré une exigence non négociable pour le renversement de l’austérité. Il s’agit d’un appel lancé à SYRIZA pour mettre en œuvre le programme de la gauche radicale de manière décisive, en prenant en ce sens toutes les mesures économiques, politiques et monétaires nécessaires.

De cette orientation le gouvernement et SYRIZA ne doit pas s’écarter.

Un accord qui, en substance, serait proche de celui soumis au référendum créerait des conditions d’usure, de liquidation de la victoire du NON. Il créerait des possibilités de réorganisation du personnel politique bourgeois et de contre-attaque, visant à renverser le gouvernement dès que possible. Car, comme l’ont déclaré les représentants des instances dirigeantes européennes, un gouvernement de la gauche aujourd’hui, au «moment» de cette crise profonde, est incompatible avec les politiques en vigueur, tant à l’échelle européenne qu’à l’échelle nationale.

Dans ce constat, il faut de même souligner la solidarité internationaliste avec la classe ouvrière et la gauche en Grèce. Elle s’est manifestée et se manifeste de façon touchante dans de nombreux endroits du monde entier.

Cette perspective nous n’avons pas le droit de la décevoir. Cela crée des obligations capitales pour le gouvernement et des tâches essentielles pour les membres de SYRIZA, mais aussi à tous ceux et toutes celles qui ont lutté pour le NON.

Les jours à venir seront décisifs pour la consolidation et le développement d’une grande victoire électorale. (DEA, 6 juillet 2015)

Lire la suite