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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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Le mouvement ouvrier à la traîne dans la lutte pour le climat.

14 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Le mouvement ouvrier à la traîne dans la lutte pour le climat.

S’inscrire dans la transition énergétique capitaliste ?

TANURO Daniel, ingénieur agronome, auteur de 'impossible capitalisme vert"

11 mai 2015

A sept mois du sommet de Paris sur le climat, où en est-on dans la prise en compte du défi et de la transition à réaliser pour éviter une catastrophe ? Dire que rien ne bouge serait erroné, mais 1°) ce qui bouge reste très insuffisant pour ne pas dépasser 2°C de réchauffement, 2°) il est fort probable que les gouvernements ne parviendront pas à se mettre d’accord pour passer à une vitesse supérieure, et 3°) la politique mise en œuvre accentue les inégalités sociales.

La percée des renouvelables…

Les médias regorgent d’informations optimistes sur le progrès des renouvelables. Ce progrès est en effet impressionnant : en 2013, les renouvelables (grande hydroélectricité non inclue) ont représenté 41,3% de la nouvelle capacité de production installée au niveau mondial. La part de l’électricité produite à partir de sources vertes est ainsi passée de 7,8% en 2012 à 8,5% en 2013. Ces investissements ont permis de réduire de 12% l’écart projeté en 2020 entre les émissions réelles et les émissions correspondant à un réchauffement inférieur à 2°C.

Ces progrès sont dus aux baisses des prix et à la hausse de l’efficience résultant d’avancées technologiques constantes. Le prix des cellules PV a baissé de 80% depuis 2008. Dans les conditions actuelles, sans subsides, s’il n’y a pas de charbon ou de gaz bon marché à proximité, et si le vent et l’ensoleillement sont abondants, l’éolien onshore et le solaire photovoltaïque sont compétitifs vis-à-vis des énergies fossiles. Pas étonnant que les investissements concernent surtout ces deux secteurs. Dans les pays dits « émergents », ils ont progressé de 36% en 2014, pour un montant total de 131,3 milliards de dollars (Chine 83,3, Brésil 7,6, Inde 7,4 et Afrique du Sud 5,5).

… n’est pas synonyme de baisse des émissions

Cependant, percée des renouvelables n’est pas synonyme de baisse des émissions de CO2. Il est vrai que certains pays diminuent celles-ci spectaculairement, ou envisagent sérieusement de le faire. L’Allemagne est en pointe avec son Energiewende (tournant énergétique) qui vise à baisser les émissions de 70% en 2040 et de 80 à 95% en 2050 (par rapport à 1990). Il est vrai aussi que les émissions mondiales de CO2 du secteur électrique ont plafonné en 2014, ce qui constitue un premier succès dans la tentative de découpler les émissions de la croissance économique.

Mais ce n’est pas « plafonner » que les émissions doivent faire : d’ici 2050, elles doivent diminuer de 50 à 80% au niveau mondial, de 80 à 95% dans les pays développés, elles doivent diminuer dans tous les secteurs (pas seulement dans la production électrique), et cette diminution doit commencer au plus tard en 2015, selon le GIEC. On est loin du compte. En 2013, les émissions dues à la combustion des combustibles fossiles et aux processus industriels (acier et ciment) ont augmenté de 2% par rapport à l’année précédente. C’est moins que la croissance économique (il y a donc ici aussi un début de « découplage”) et moins qu’au cours de la décennie ’90 (3% de hausse annuelle), mais deux fois plus qu’au cours de la décennie ’80…

La contradiction apparente entre la percée des renouvelables et la hausse des émissions s’explique principalement par le fait que les investissements renouvelables ne remplacent pas les fossiles mais s’y ajoutent (totalement ou en partie), les deux types de sources concourant à fournir les quantités d’énergie accrues qu’exige la croissance capitaliste néolibérale et mondialisée. Monter en épingle le fait que 270 milliards de dollars ont été investis dans de nouvelles capacités d’électricité verte en 2013 donne une image biaisée de la réalité car, au cours de la même année, une somme plus importante a encore été investie en nouvelles capacités de production d’électricité sale. Notamment des centrales à charbon qui devraient fonctionner pendant quarante ans…

Le cas allemand et le « mix énergétique »

L’Allemagne est citée comme modèle parce qu’elle sort du nucléaire tout en favorisant les renouvelables. La performance est en effet remarquable… N’empêche que, pour le moment, les émissions allemandes sont reparties à la hausse. D’abord pour la raison qui vient d’être dite : les renouvelables ne remplacent pas complètement les fossiles. Ensuite parce que, les renouvelables étant compétitifs (grâce aux subsides), les capitaux se retirent des centrales à gaz pour s’investir dans les centrales à charbon ou à lignite qui produisent un courant moins cher… mais en dégageant deux fois plus de CO2.

Beaucoup de commentateurs voient la percée exponentielle des renouvelables comme une tendance qui se prolongera et éliminera les fossiles à court ou moyen terme. Les choses sont plus compliquées. Le fait que des renouvelables deviennent compétitifs grâce aux subsides pousse en effet les patrons du secteur fossile à demander la fin des mécanismes de soutien des prix de l’éolien ou du photovoltaïque. Dans l’UE, ces patrons ont obtenu en partie satisfaction. A politique inchangée, on s’attend, d’ici 2020, au maintien des investissements verts à un niveau élevé (environ 230 milliards de dollars par an), pas à un raz-de-marée éliminant les fossiles.

« A politique inchangée », disons-nous. Justement, il est peu probable que la politique change. Les ministres de l’énergie – la Belge Marghem notamment- ont fait des déclarations optimistes sur le texte préparatoire au sommet de Paris. Or, ce document ne fait que juxtaposer les positions en présence, qui sont toutes, en fin de compte, dictées par des intérêts capitalistes productivistes et rivaux plutôt que par les contraintes climatiques.

Au final, entre l’Allemagne qui mise sur les renouvelables, la France qui mise sur le nucléaire, l’Australie sur le charbon, l’Arabie saoudite sur le pétrole, le Canada sur les sables bitumineux, la Russie sur le gaz, les USA sur le gaz de schiste, et la Chine sur tout à la fois… il y aura un compromis insuffisant pour rester sous les 2°C – pour ne pas parler des 1,5°C qui seraient un objectif infiniment plus prudent.

Le « mix » dont on parle tant est pour ainsi dire la traduction technique de ce compromis en préparation. En son sein, le secteur des renouvelables a des besoins spécifiques. En particulier, vu sa haute intensité en capital, la presse patronale souligne qu’il exige un contexte de marché assurant un retour sur investissement « raisonnable et prévisible ». En clair : une politique néolibérale sans faille basée notamment sur la diminution du coût salarial.

Des mécanismes inégalitaires

Les grands de ce monde préparent un accord totalement insuffisant pour arrêter la catastrophe climatique. Un accord dont les exploité-e-s et les opprimé-e-s subiront les très lourdes conséquences. D’ores et déjà, la politique climatique capitaliste aggrave les inégalités sociales. Sous couvert de sauvetage de la capacité des forêts d’absorber le CO2 de l’air, les communautés indigènes sont attaquées et leurs forêts transformées en plantations industrielles. Sous couvert de produire des aliments en suffisance dans le cadre du réchauffement, les ressources en eau sont appropriées, les réserves halieutiques pillées, les OGM disséminés, les paysans chassés de leurs terres, et les petits pêcheurs ruinés.

Les pays développés n’échappent pas à cette dynamique inégalitaire. Une fois de plus, l’exemple allemand est révélateur. L’Energiewende coûte cher. Qui paie la note ? Les consommateurs, par le biais d’un supplément (Umlage) sur les factures d’électricité. Un ménage moyen paie 260 Euros par an. Il est vrai que de nombreux ménages ont investi dans des parcs éoliens coopératifs. En 2010, 51% de la capacité renouvelable appartenait à des privés. Pour ceux-là, les rentrées des coopératives compensent la Umlage. Mais ce sont surtout les gens aisés qui investissent dans les coopératives. Les autres, notamment les huit millions de précarisé-e-s qui gagnent 5 Euros de l’heure, paient donc pour les riches… Et pour les quelque 3000 entreprises grosses consommatrices de courant qui sont exemptées de la Umlage pour rester compétitives…

Les mécanismes inégalitaires de la politique climatique capitaliste font déjà des ravages dans le Sud. Chez nous, le pire est à venir. A cet égard, il faut savoir que quatre cinquièmes des réserves fossiles doivent rester sous terre si on veut sauver le climat. Or, ces réserves appartiennent à des entreprises. Il y a donc une « bulle du carbone », analogue à la « bulle immobilière » des subprimes qui a éclaté en 2008 – mais beaucoup plus grosse. Quand elle éclatera, on peut parier que les gouvernements accourront pour sauver le secteur de l’énergie comme ils ont sauvé celui de la finance : aux frais de la collectivité.

Les syndicats devant le choix

La lutte pour le climat est un enjeu social majeur. Pour le moment, à l’échelle internationale, les forces à l’avant-garde de cette lutte sont le mouvement paysan et les peuples indigènes. La raison est évidente : l’agriculture paysanne et le mode de vie des communautés indigènes contribuent à sauver le climat. Le monde du travail est dans une position plus difficile parce que la majorité des salariés travaille dans le complexe industrialo-fossile, qui doit être démantelé.

Les syndicats doivent donc faire un choix : s’ils continuent à s’inscrire dans la logique et la temporalité de la transition capitaliste (en se contentant de la vague demande d’une « transition juste »), ils se rendront complices de conséquences écologiques et sociales dont leurs affiliés paieront la facture. La seule stratégie possible est d’opter pour une transition anticapitaliste : un plan de reconversion des secteurs sales et de développement des secteurs propres, financé par la socialisation de la finance et de l’énergie, avec extension radicale du secteur public, création massive d’emplois utiles, réduction radicale du temps de travail sans perte de salaire et démantèlement de l’agrobusiness.

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Non à la réforme du collège, Non à la destruction du service public de l’Education

13 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Non à la réforme du collège,  Non à la destruction du service public de l’Education

En décembre, fraîchement nommée, Najat Vallaud-Belkacem annonçait la couleur : la refondation de l’éducation prioritaire, c’est arrêter de donner plus aux établissements des quartiers populaires.
En mai, elle remet le couvert mais cette fois-ci, c’est spécifiquement le collège qui est visé

Une attaque majeure contre le service public d’éducation
A droite comme à gauche, des parlementaires se sont insurgés contre la réforme. Mais leurs critiques portent sur quelques aspects (disparition du grec et du latin en tant que disciplines, des classes bilangues et européennes) qui masquent l’enjeu véritable de la réforme : l’autonomie et la mise en concurrence des établissements, le vol en éclats du cadre national des horaires, des programmes et des diplômes.

La ministre nous ment !
Najat Vallaud Belkacem a qualifié celles et ceux qui dénonçaient la réforme de «coalition des approximations, postures et conservatismes réunis ». Elle prétend que « L’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes seront renforcés ». Mais comment les 4000 postes promis à cet effet pourraient-ils y suffire alors qu’il y a plus de 7000 collèges en France ?
Même bluff sur la mise en place de la 2ème langue vivante en 5ème alors que les heures sont diminuées en 4è et 3è et que les classes bilangues ou européennes sont supprimées.
En réalité, le contenu de 20% des heures de cours sera défini au sein même des établissements. Ce temps auparavant dédié à l’enseignement des disciplines sera consacré à un « accompagnement personnalisé » (AP) ou aux « enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI). Ce sont donc près de 500 heures en moins sur l’ensemble de la scolarité d’un collégien.

À chaque collège son programme ?
En 6ème des enseignements scientifiques seront globalisés et les disciplines artistiques pourraient être enseignées sur un seul semestre.
De plus les horaires de cours de 5ème-4ème-3ème seront modulables localement sur le cycle, l’organisation des enseignements étant « fixée par le conseil d’administration » et remettant directement en cause la liberté pédagogique des enseignants
Autant de dispositifs qui permettront de supprimer des postes à droite et à gauche, de faire des économies budgétaires.

Stopper la politique du gouvernement, lui infliger une défaite !
On assiste donc à la mise en concurrence des établissements avec à la clef une explosion des inégalités entre les établissements et les élèves.Dans la continuité de la réforme des rythmes scolaires dans le premier degré et de la réforme Chatel dans les lycées..
Cette politique menace toute l’éducation nationale. Il faut la stopper !
Cela commence par en finir avec le piège des « concertations » avec le gouvernement dans lequel sont englués les syndicats.
Oui, les enseignants qui exigent le retrait de cette réforme ont raison.
La réussite de la grève intersyndicale du 19 mai est décisive. C’est seulement par leur propre mobilisation que les enseignants, mais aussi les parents d'élèves, pourront faire entendre leur voix, contre la propagande gouvernementale et les discours réactionnaires de l'UMP et du FN.

Non à la destruction du service public de l’Education !

Soutien à la grève du 19 mai.

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[NPA Seine-Eure] Chômage, austérité, guerres... Hollande, trois ans au service du patronat ! (Tract de Mai 2015)

13 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Comité NPA Seine-Eure, #International

Pour souffler les bougies de ses trois ans à l'Elysée, Hollande a été invité par ses amis de la monarchie saoudienne adepte des châtiments corporels, ennemis des femmes et des travailleurs. Mais avant, il est passé récupérer son cadeau au Qatar tout autant réactionnaire: 6 milliards d’euros pour la vente de 24 avions Rafale !


Des guerres contre les peuples

Pour justifier les interventions militaires française, Hollande invoque la lutte contre le terrorisme mais, dans le même temps, il affiche son amitié et vend des armes  à des monarchies qui ne cachent pas leurs sympathies pour les djihadistes et les ont indirectement financés.  En réalité, l'armée française récemment accusée de viols sur enfants en Centrafrique, n’intervient nullement pour protéger les populations mais bien pour servir les multinationales en réaffirmant la domination de la France sur des régions d'Afrique qu'elle a largement contribué à mettre à sac. Ces interventions sont l’occasion de  trouver de nouvelles parts de marché et de protéger des intérêts économiques : l’uranium du Niger ou bien les réserves de pétrole et de diamants encore non exploitées en Afrique Centrale.

Et c'est bien pour défendre les intérêts des capitalistes et des marchands d'armes que le gouvernement a décidé d'augmenter de 4 milliards le budget des armées.

 

Le gouvernement = le Medef

Le président du Medef n’aura même pas eu besoin de le demander: Hollande distribue des milliards d’euros au patronat sans aucune contrepartie,  banalise le travail le dimanche, mesure-phare de la loi Macron, use de la répression syndicale et sociale en guise de dialogue social.

Ainsi Carlos Ghosn, PDG de Renault s'est augmenté de 163%, soit un gain de 7,2 millions; Bernard Arnault, le boss du géant du luxe LVMH*, a récolté de son côté un peu plus de 8 millions et s'est augmenté de 16,1%;

Viehbacher de Sanofi s'est augmenté de seulement 15,6%, mais il touche 8,6 millions d'euros, l'équivalent de… 500 années de Smic. La CGT a perturbé à juste raison l’assemblée des actionnaires, rappelant que ce monsieur touche 4,5 millions de « prime de licenciement », et son successeur une prime d’accueil de 4 millions, alors que les augmentations générales sont de 0% pour la deuxième année !

Parallèlement, plus de 8 millions de personnes vivent avec 964 euros par mois, un enfant sur 5 est pauvre, 3,6 millions de personnes sont mal-logées ou sans-abri, une personne sur cinq renonce aux soins de santé, entre 5 et 6 millions de personnes sont en exclusion bancaire et 765 000 ménages sont surendettés.

 

En finir avec l'austérité et le chômage !

Sourd et aveugle face au mécontentement populaire, le gouvernement prépare de nouvelles attaques. La seule chose qui pourra le faire reculer, c'est nos mobilisations et nos luttes pour la défense de nos droits sociaux et démocratiques et en finir avec une politique au service du patronat et des riches contre les travailleurs et les peuples. La journée de grève du 9 avril a été l'occasion pour exprimer un ras-le-bol global, un début pour rassembler nos forces. N’en restons pas là, ne laissons pas le terrain à Sarkozy et Le Pen, la seule manière d’en finir avec Hollande, sa clique et le système qu’ils défendent, c’est un nouveau mai 68 qui aille jusqu’au bout !

 

* dont Jamet, maire de Val de Reuil et premier secrétaire du PS de l’Eure, est le directeur général !

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Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !

13 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !

Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la -fragile et de plus en plus contestée- domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…

En effet, de jour en jour se multiplient les indices, sinon les preuves, d’un plan en cours de réalisation qui vise à rendre le nouveau gouvernement grec inopérant. Comment ? En le condamnant d’avance à l’échec. D’un cote, les « partenaires européens » font tout pour étrangler financièrement le gouvernement Tsipras mais aussi la Grèce toute entière. Comme le répète à satiété Mr. Schäuble (qui fait penser de plus en plus à un Dr. Folamour de nos jours), « pas un euro ne sera débloqué à la Grèce » tant que son gouvernement persiste à ne pas appliquer scrupuleusement les mesures imposées par le Mémorandum précédent ! Détail éloquent : Les électeurs grecs ont porté –triomphalement- Syriza au pouvoir parce que Tsipras et son parti ont promis de faire exactement le contraire de ce que leur demandent maintenant le ministre allemand et les autres « partenaires européens » : « Déchirer les Mémoranda » et ne plus suivre les politiques d’austérité…

De l’autre cote, et non moins grave, depuis des semaines est en cours une véritable campagne de déstabilisation systématique et méthodique visant à faire taire, voir a détruire, toute voix radicale de gauche au sein du gouvernement Tsipras. Evidemment, ce n’est pas un hasard si cette campagne d’une rare violence est menée conjointement en Grèce et au niveau européen, par des grands medias (quotidiens, chaines TV,…) secondés par l’ensemble des partis bourgeois grecs et les deux grands partis néolibéraux européens, le Parti Populaire et le parti Social-démocrate et la plupart de leurs composantes nationales.

Sans vouloir sous-estimer l’acharnement dont ont été ou continuent à être victimes la ministre suppléante aux Finances Nadia Valavani et surtout le ministre suppléant de la Reforme Administrative Georges Katrougalos, la principale bête noire de cette campagne est « évidemment » Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement grec qui émerge déjà comme une figure de proue de la gauche radicale grecque. Nous avons dit « évidemment » car il faut avouer que cette jeune femme non seulement ne mâche jamais ses mots quand il s’agit p.ex. de nommer les responsables des grands scandales de corruption, mais elle a aussi l’habitude de taper très fort en passant aux actes : En l’espace de 4-5 dernières semaines, elle vient de constituer : Une première commission d’enquête pour identifier qui et comment ont conduit les Grecs à la catastrophe de la Troika et des Memoranda. Une deuxième commission de revendication des réparations de guerre allemandes, de la restitution des antiquités volées par l’occupant nazi ainsi que le remboursement de l’emprunt obligatoire grec au Troisième Reich (grâce auquel a été financée, entre autres, la campagne du général Rommel en Afrique du Nord). Et surtout, une troisième commission d’audit de la dette publique grecque, coordonnée par le porte-parole du CADTM Eric Toussaint !

Une telle activité non seulement débordante mais aussi iconoclaste car inédite vue qu’elle vise le cœur du système, ne pouvait que soulever la colère des serviteurs de ce système (medias, partis bourgeois, alliés étrangers, institutions d’état,…) d’autant plus que la Présidente du Parlement complétait son profil de Robespierre radical et intraitable en faisant réunir pendant quelques heures à l’assemblée nationale les associations des immigrés sans papiers et des homosexuels ou en déclarant (à Nicosie et en présence des autorités chypriotes !) qu’elle allait prendre des initiatives pour résoudre la très épineuse question chypriote en prenant appui sur les actions des citoyens chypriotes grecs et…turcs ! Rien d’étonnant alors que la campagne de dénigrement contre Zoé Konstantopoulou bat son plein, allant même à la présenter comme « folle » et demandant expressément sa tète, c.à.d. sa destitution.

Par contre, ce qui est étonnant c’est qu’à cette campagne des grands medias et de la « caste » grecque (l’ensemble des chaines de TV et des partis d’opposition, y inclus le Parti Communiste) prennent aussi part des medias très proches au gouvernement et à Syriza ! L’explication n’est pas difficile et nous conduit directement au cœur de l’actuel puzzle grec : Des initiatives radicales et de classe comme celles prises par la Présidente du Parlement grec sont mal vues car elles empêchent de tourner en rond au moment où la majorité de Syriza et le gouvernement Tsipras persistent dans leur angélisme et continuent à prêcher (pourtant dans le désert) en faveur des accords et des solutions « mutuellement bénéfiques » même quand les « partenaires européens » ne cachent plus leur intention de faire taire la « cacophonie grecque » !

Heureusement, il y a d’abord la société grecque qui, malgré toutes les difficultés et même les « hésitations » du gouvernement, lui apporte toujours un appui qu’on pourrait qualifier de phénoménal : Selon tous les sondages, plus de 65%-70% des Grecs soutiennent la gestion du nouveau gouvernement et plus de 75% appuient le premier ministre Alexis Tsipras ! Et fait encore plus éloquent, au moins 41% (selon d’autres sondages, 45% ou même 48%) des Grecs voteraient demain en faveur de Syriza quand ils ne seraient que 18%-21% qui préféreraient la droite de Nouvelle Démocratie, et moins de 3% la social-démocratie du PASOK ! Cependant, attention : la société grecque est depuis 4-5 ans un vrai clone de celle de Weimar (1)​ et la situation est telle que même les dirigeants de Syriza et du gouvernement, en commençant pa​r​ Alexis Tsipras lui-même, ne cachent pas que cet état de grâce pourrait fondre en un temps record. Et très probablement en faveur non pas des partis (N.D-Pasok) que l’immense majorité de la population vient d’abandonner, mais en faveur de la toujours présente et bien enracinée Aube Dorée néo-nazie.

Si on peut être optimistes pour la suite des événements, ou plutôt moins pessimistes vue la toujours grandissante menace d’extrême droite et fasciste qui plane au-dessus de l’Europe, on le doit à des initiatives tels que la création de la commission d’audit de la dette grecque prise par des dirigeants de la gauche radicale tels que Zoe Konstantopoulou. Cette initiative qui jouit de l’appui de la grande majorité de la population, pourrait et devrait servir de point de ralliement de tous ceux et celles en Europe qui rejettent l’austérité, veulent se libérer du fardeau de la dette et sont prêts à résister à la véritable guerre menée par les nantis contre l’immense majorité des citoyens européens. C’est d’ailleurs parce que la dette se trouve à la racine de tous nos problèmes et parce que son audit citoyen possède une dynamique pouvant aller très loin dans la contestation de ce système économique barbare, que la création de la commission d’audit de la dette grecque voit déjà se coaliser contre elle, tant en Grèce qu’en Europe, tout le gotha de cette Sainte-Alliance de plus en plus autoritaire et antidémocratique qui nous gouverne.

Encore une fois, ceux d’en haut voient juste et se préparent à défendre leurs intérêts de classe par tous les moyens. C’est donc à nous, aux millions de ceux d’en bas de par l’Europe de faire de même, en nous coalisant à notre tour pour défendre cette Grèce qui saigne mais qui résiste contre vents et marées. En somme, tout faire pour ne pas répéter les tragiques expériences du passé : la Grèce de 2015 ne doit pas être laissée seule face à ses bourreaux, comme l’a été la République Espagnole ​en​ 1936 face au fascisme triomphant…

Yorgos Mitralias, Athènes, 25-03-2015

(1) La société grecque de ces 4-5 derniers ans, comme d’ailleurs la République de Weimar allemande de l’entre deux-guerres, se caractérise par l’effondrement des classes moyennes et surtout par un mouvement de pendule d’un extrême politique à l’autre des pans entiers de la population à la recherche des solutions radicales à ses très graves problèmes.

MITRALIAS Yorgos sur le site "Europe solidaire sans frontière"

25 mars 2015

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Grèce: ne pas la laisser seule comme l’a été la République Espagnole en 1936! (ESF)

12 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la -fragile et de plus en plus contestée- domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…

En effet, de jour en jour se multiplient les indices, sinon les preuves, d’un plan en cours de réalisation qui vise à rendre le nouveau gouvernement grec inopérant. Comment ? En le condamnant d’avance à l’échec. D’un cote, les « partenaires européens » font tout pour étrangler financièrement le gouvernement Tsipras mais aussi la Grèce toute entière. Comme le répète à satiété Mr. Schäuble (qui fait penser de plus en plus à un Dr. Folamour de nos jours), « pas un euro ne sera débloqué à la Grèce » tant que son gouvernement persiste à ne pas appliquer scrupuleusement les mesures imposées par le Mémorandum précédent ! Détail éloquent : Les électeurs grecs ont porté –triomphalement- Syriza au pouvoir parce que Tsipras et son parti ont promis de faire exactement le contraire de ce que leur demandent maintenant le ministre allemand et les autres « partenaires européens » : « Déchirer les Mémoranda » et ne plus suivre les politiques d’austérité…

De l’autre cote, et non moins grave, depuis des semaines est en cours une véritable campagne de déstabilisation systématique et méthodique visant à faire taire, voir a détruire, toute voix radicale de gauche au sein du gouvernement Tsipras. Evidemment, ce n’est pas un hasard si cette campagne d’une rare violence est menée conjointement en Grèce et au niveau européen, par des grands medias (quotidiens, chaines TV,…) secondés par l’ensemble des partis bourgeois grecs et les deux grands partis néolibéraux européens, le Parti Populaire et le parti Social-démocrate et la plupart de leurs composantes nationales.

Sans vouloir sous-estimer l’acharnement dont ont été ou continuent à être victimes la ministre suppléante aux Finances Nadia Valavani et surtout le ministre suppléant de la Reforme Administrative Georges Katrougalos, la principale bête noire de cette campagne est « évidemment » Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement grec qui émerge déjà comme une figure de proue de la gauche radicale grecque. Nous avons dit « évidemment » car il faut avouer que cette jeune femme non seulement ne mâche jamais ses mots quand il s’agit p.ex. de nommer les responsables des grands scandales de corruption, mais elle a aussi l’habitude de taper très fort en passant aux actes : En l’espace de 4-5 dernières semaines, elle vient de constituer : Une première commission d’enquête pour identifier qui et comment ont conduit les Grecs à la catastrophe de la Troika et des Memoranda. Une deuxième commission de revendication des réparations de guerre allemandes, de la restitution des antiquités volées par l’occupant nazi ainsi que le remboursement de l’emprunt obligatoire grec au Troisième Reich (grâce auquel a été financée, entre autres, la campagne du général Rommel en Afrique du Nord). Et surtout, une troisième commission d’audit de la dette publique grecque, coordonnée par le porte-parole du CADTM Eric Toussaint !

Une telle activité non seulement débordante mais aussi iconoclaste car inédite vue qu’elle vise le cœur du système, ne pouvait que soulever la colère des serviteurs de ce système (medias, partis bourgeois, alliés étrangers, institutions d’état,…) d’autant plus que la Présidente du Parlement complétait son profil de Robespierre radical et intraitable en faisant réunir pendant quelques heures à l’assemblée nationale les associations des immigrés sans papiers et des homosexuels ou en déclarant (à Nicosie et en présence des autorités chypriotes !) qu’elle allait prendre des initiatives pour résoudre la très épineuse question chypriote en prenant appui sur les actions des citoyens chypriotes grecs et…turcs ! Rien d’étonnant alors que la campagne de dénigrement contre Zoé Konstantopoulou bat son plein, allant même à la présenter comme « folle » et demandant expressément sa tète, c.à.d. sa destitution.

Par contre, ce qui est étonnant c’est qu’à cette campagne des grands medias et de la « caste » grecque (l’ensemble des chaines de TV et des partis d’opposition, y inclus le Parti Communiste) prennent aussi part des medias très proches au gouvernement et à Syriza ! L’explication n’est pas difficile et nous conduit directement au cœur de l’actuel puzzle grec : Des initiatives radicales et de classe comme celles prises par la Présidente du Parlement grec sont mal vues car elles empêchent de tourner en rond au moment où la majorité de Syriza et le gouvernement Tsipras persistent dans leur angélisme et continuent à prêcher (pourtant dans le désert) en faveur des accords et des solutions « mutuellement bénéfiques » même quand les « partenaires européens » ne cachent plus leur intention de faire taire la « cacophonie grecque » !

Heureusement, il y a d’abord la société grecque qui, malgré toutes les difficultés et même les « hésitations » du gouvernement, lui apporte toujours un appui qu’on pourrait qualifier de phénoménal : Selon tous les sondages, plus de 65%-70% des Grecs soutiennent la gestion du nouveau gouvernement et plus de 75% appuient le premier ministre Alexis Tsipras ! Et fait encore plus éloquent, au moins 41% (selon d’autres sondages, 45% ou même 48%) des Grecs voteraient demain en faveur de Syriza quand ils ne seraient que 18%-21% qui préféreraient la droite de Nouvelle Démocratie, et moins de 3% la social-démocratie du PASOK ! Cependant, attention : la société grecque est depuis 4-5 ans un vrai clone de celle de Weimar (1)​ et la situation est telle que même les dirigeants de Syriza et du gouvernement, en commençant pa​r​ Alexis Tsipras lui-même, ne cachent pas que cet état de grâce pourrait fondre en un temps record. Et très probablement en faveur non pas des partis (N.D-Pasok) que l’immense majorité de la population vient d’abandonner, mais en faveur de la toujours présente et bien enracinée Aube Dorée néo-nazie.

Si on peut être optimistes pour la suite des événements, ou plutôt moins pessimistes vue la toujours grandissante menace d’extrême droite et fasciste qui plane au-dessus de l’Europe, on le doit à des initiatives tels que la création de la commission d’audit de la dette grecque prise par des dirigeants de la gauche radicale tels que Zoe Konstantopoulou. Cette initiative qui jouit de l’appui de la grande majorité de la population, pourrait et devrait servir de point de ralliement de tous ceux et celles en Europe qui rejettent l’austérité, veulent se libérer du fardeau de la dette et sont prêts à résister à la véritable guerre menée par les nantis contre l’immense majorité des citoyens européens. C’est d’ailleurs parce que la dette se trouve à la racine de tous nos problèmes et parce que son audit citoyen possède une dynamique pouvant aller très loin dans la contestation de ce système économique barbare, que la création de la commission d’audit de la dette grecque voit déjà se coaliser contre elle, tant en Grèce qu’en Europe, tout le gotha de cette Sainte-Alliance de plus en plus autoritaire et antidémocratique qui nous gouverne.

Encore une fois, ceux d’en haut voient juste et se préparent à défendre leurs intérêts de classe par tous les moyens. C’est donc à nous, aux millions de ceux d’en bas de par l’Europe de faire de même, en nous coalisant à notre tour pour défendre cette Grèce qui saigne mais qui résiste contre vents et marées. En somme, tout faire pour ne pas répéter les tragiques expériences du passé : la Grèce de 2015 ne doit pas être laissée seule face à ses bourreaux, comme l’a été la République Espagnole ​en​ 1936 face au fascisme triomphant…

Yorgos Mitralias, Athènes, 25-03-2015

 
Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !
MITRALIAS Yorgos sur le site "Europe solidaire sans frontière"
25 mars 2015
 

(1) La société grecque de ces 4-5 derniers ans, comme d’ailleurs la République de Weimar allemande de l’entre deux-guerres, se caractérise par l’effondrement des classes moyennes et surtout par un mouvement de pendule d’un extrême politique à l’autre des pans entiers de la population à la recherche des solutions radicales à ses très graves problèmes. Voir aussi : http://cadtm.org/Soixante-sept-ans-apres-la-fin-de

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Communiqué du NPA : Ménard multi récidiviste raciste, délinquant, dangereux

11 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES, #Antiracisme

Lors de son passage à l’émission « Mots croisés » sur F2, Robert Ménard, maire de Béziers, a déclaré qu’il y avait 64,6 % d’enfants de confession musulmane avant d’avouer « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit, mais on le fait. » Robert Ménard persiste : « Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence. »

Cet homme est dangereux. C’est un délinquant. Par ses propos il révèle sa pratique raciste et discriminatoire en tant que maire. Il avoue ouvertement organiser le fichage illégal des enfants scolarisés dans sa ville, et en tire des conclusions du même ordre que celles qui ont prévalues sous Pétain contre les juifs. Il a simplement changé de bouc émissaire.

Aujourd’hui le Gouvernement condamne et annonce une enquête. Ce n’est malheureusement pas suffisant. Robert Ménard n’en est pas à sa première provocation raciste et il met en évidence ce que serait la politique menée par un gouvernement d’extrême droite. Il faut engager des poursuites contre lui, le condamner, le révoquer en tant que maire.

Le NPA appelle à combattre cette politique xénophobe, raciste qui se répand comme la gangrène au-delà des rangs du FN.

Voir en ligne : http://www.npa2009.org/communique/m…

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Allemagne. La grève du GDL et son contexte (A l'Encontre)

11 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Luttes Ouvrières

Par Manuel Kellner

A l’origine, le GDL (Gewerkschaft der Lokführer, affilié au Deutscher Beamtenbund; syndicat des conducteurs de train, affilié à la centrale syndicale des fonctionnaires d’Etat) était une association de métier, représentant une couche plus ou moins privilégiée du salariat. Cela pouvait évoquer une sorte de corporatisme. Donc, il était possible de donner la priorité à l’EVG (Eisenbahn- und Verkersgewerkschaft) – fédération affiliée au DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) – avec ses 240’000 membres, contre à peu près 35’000 organisés dans la GDL.Toutefois, la situation a bien changé..

Le GDL a ouvert ses portes au personnel roulant dans son ensemble. Il a acquis un prestige en organisant des grèves combatives sur des revendications qui répondent aux besoins de l’ensemble des salarié·e·s de la Deutsche Bahn AG. Par contre, l’EVG se comporte en syndicat docile, acceptant largement la détérioration massive des conditions de travail des salarié·e·s dans le cadre du processus de privatisation de la société des chemins de fer entamé depuis de longues années.

Aujourd’hui, le 8 mai, se termine la quatrième journée de grève. Comme par le passé, cela a déclenché une vague de dénonciations et de calomnies contre les grévistes et le porte-parole de la GDL, Claus Weselsky. Il serait un chef autoritaire (un «Boss») qui risque de mettre sérieusement en danger l’économie allemande et lèse les usagers (les clients, plus exactement) de Deutsche Bahn AG (DB AG). Autre angle d’attaque: la direction du GDL n’agirait que pour accroître sa force face à l’EVG. «Le GDL ne mène pas une grève, mais une offensive pour trouver de nouveaux adhérents», explique Klaus-Dieter Hommel, directeur adjoint de la Deutsche Bahn AG. On pourrait alors poser une question élémentaire: pourquoi le GDL gagne-t-il des membres?

La grève est bien suivie. Le public est loin d’être aussi fâché contre les grévistes que les médias veulent le faire croire. Dès que l’on explique les raisons des revendications du GDL et de leur mobilisation, beaucoup d’usagers comprennent qu’il s’agit d’une action pour défendre des intérêts légitimes et que les leurs – en tant qu’usagers – sont également pris en compte par les grévistes.

Pour ce qui est de la revendication d’augmentation des salaires de 5%, la Deutsche Bahn AG était prête à l’accepter, plus ou moins. Bien plus importantes sont les revendications portant sur les conditions de travail et, en particulier, sur la réduction du temps de travail sans perte de salaire. Car depuis le début des «réformes» néolibérales – entre autres, suite à la transformation de la Deutsche Bahn en une firme ayant le statut de société privée – la réduction du nombre de salarié·e·s, au travers de diverses modalités, atteint les 50%. L’intensification du travail s’est accrue de manière foudroyante. Plus de huit millions (!) d’heures supplémentaires doivent être accomplies selon les plans de la direction. Le GDL exige un maximum de 50 heures supplémentaires par an. Le GDL demande aussi le droit de signer des accords pour le personnel roulant dans son ensemble. Là-dessus, la direction de la DB AG – qui avait fait initialement des concessions – a brutalement réaffirmé sa ferme opposition . Dans l’actuelle situation, le GDL pourrait déclarer une grève illimitée («unbegrenzter Streik»).

Cette grève se déroule sur l’arrière-fond politique suivant: le gouvernement fédéral met en place une loi intitulée «Tarifeinheit» (un seul accord par firme) qui attribue le monopole à un syndicat – ici l’EVG – et vise à réduire radicalement la capacité conventionnelle des petits syndicats combatifs (ici le GDL). La direction de la DB AG est, de fait, contrôlée par le gouvernement fédéral allemand. D’où la mise en œuvre d’une option d’affrontement dur. Simultanément, cette loi («Tarifeinheit») pourrait être adoptée très prochainement par un vote de la deuxième chambre, le Bundesrat, représentant les Länder, alors qu’elle a déjà été adoptée au Bundestag. Vu sous cet angle, il est possible de considérer cette grève comme la dernière de ce type conduite par le GDL.

Dans certains médias, on laisse entendre que les syndicats devraient d’abord se mettre d’accord entre eux. Certes, un front commun du GDL et de l’EVG pourrait être utile. Mais n’est-ce pas une «unité» en faveur d’une politique de passivité, du «moindre mal»? A l’opposé d’une unité dans l’action sur des objectifs clairs et partagés par la majorité des salarié·e·s. L’unité syndicale n’est pas une valeur en tant que telle. Elle fait sens dans la mesure où sont consolidés et renforcés les moyens d’action des organisations syndicales et l’engagement direct des membres, comme leurs capacités de décider des modalités du mouvement.

La situation des salariés du personnel roulant est dramatique. Corinna Schön (56 ans), qui travaille dans le restaurant de bord, explique aux usagers qu’elle a plus de 1000 heures supplémentaires à accomplir, sans pouvoir jamais en venir à bout. Elle ne voit sa famille que toutes les quatre semaines. Elle s’est d’ailleurs séparée, le couple ne pouvant vivre ensemble. Nadine Kellerwald, 27 ans, travaille comme contrôleuse depuis un an, 14 heures par jour. Elle n’a plus de vie en dehors de son travail.

L’allongement du temps de travail du personnel roulant et évidemment surtout des conducteurs de locomotive met en danger la sécurité des usagers. A cela s’ajoute le manque d’investissements dans tous les secteurs. Les usagers payent aussi le prix de cette politique de la DB AG, ne serait-ce que par le cumul des retards.

La grève du GDL n’est pas la seule grève importante actuellement en Allemagne. Les distributeurs de colis de la poste – d’autres «victimes» des politiques dites de restructuration – sont de même en grève. Les éducatrices de la petite enfance (95% de femmes toujours et encore) – après une vague de grèves d’avertissement dans toute une série de Länder – ont déclaré une grève illimitée («unbegrenzter Streik») à partir du lundi 11 mai. Les deux catégories professionnelles sont organisées dans le grand syndicat des services, Ver.di. Dans ces deux cas, il s’agit de conflits qui vont bien au-delà des grèves «habituelles», au même titre que celle conduite par le GDL.

Les éducatrices de la petite enfance (Kindergärtnerinnen) demandent une tout autre valorisation de leur travail. Elles veulent être payées comme d’autres employé·e·s de la fonction publique ayant une qualification semblable. Cela reviendrait, en moyenne, à une augmentation salariale de 10%. Elles aussi, comme le personnel du chemin de fer et les distributeurs de colis, souffrent d’une intensification extrême du travail (moins de personnels, volume de travail qui augmente, nouvelles prescriptions, etc.), avec des effets sévères sur la santé.

Les médias développent une campagne sur le thème: les enfants des garderies et leurs parents sont les victimes de l’action syndicale, de la grève. Mais il est assez facile de comprendre que les conditions de travail du personnel dans les garderies doivent être acceptables et décentes, justement dans l’intérêt des enfants et donc de leurs parents. Et il est évident que les salaires des éducatrices sont l’expression d’une discrimination patriarcale, puisque leur travail est estimé «féminin » et donc moins valorisé que les travaux considérés comme «mâles».

Ce qui est déconcertant  – et cela existe depuis longtemps – réside dans la fragmentation, la non-convergence des luttes, qui restent séparées les unes des autres. Certes, il y a de la solidarité, même des manifestations de solidarité. Mais la dimension sociale et politique des trois luttes ne se traduit pas par la construction d’un front commun de lutte. Donc, même si elles sont importantes et donnent de l’espoir, elles restent fort sectorielles. Or,  à l’horizon, ce qui s’annonce, sous la conduite du gouvernement de coalition (CDU-CSU/SPD), est une remise en cause du droit de grève. Un enjeu qui ne peut être sous-estimé. (8 mai 2015)

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Manuel Kellner écrit dans le périodique la SOZ.

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Besancenot: le PS pratique la lutte des classes côté patronal

9 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Besancenot: le PS pratique la lutte des classes côté patronal

L’ancien candidat à la présidentielle Olivier Besancenot (NPA) a affirmé jeudi que le PS pratiquait la lutte des classes mais «dans le camp adverse», côté patronal.

«Je dois faire un aveu: j’ai eu tort d’interpeller les socialistes pendant des années sur le thème +Vous ne croyez plus à la lutte des classes+. C’est vrai, à l’époque ils n’en parlaient plus... Mais j’ai eu tort, parce que quand ils ont redécouvert ce qu’était la lutte des classes, ils l’ont pratiquée, mais simplement dans le camp adverse, avec la classe de très, très riches qui se gave et qui insulte notre intelligence et notre dignité», a affirmé M. Besancenot sur France Inter.

Celui qui était candidat à la présidentielle de 2002 et 2007 venait de dénoncer la suppression de 3.500 postes chez Areva annoncée par Le Figaro: «C’est un plan qui s’inscrit dans tous les plans qui ont lieu, en cours actuellement, ça touche des entreprises du public, privé. Ma sympathie va aux salariés d’Areva qui ont résisté.»

«On se rend compte que les licenciements, ça redevient d’actualité. La question qui est posée c’est: est-ce qu’on reparle d’une loi d’interdiction des licenciements?», s’est-il demandé, soulignant que pour Areva, entraient aussi en jeu «les gabegies nucléaires et la gestion du groupe».

«La crise sociale est telle, la crise énergétique est telle, qu’il faut un service public de l’énergie, avec EDF, Areva, Total, un seul service public de l’énergie, et qu’on arrête de supprimer des emplois», a-t-il souhaité.

Pour celui qui avait été surnommé «le postier de Neuilly», il faut aussi s’intéresser au «bilan des grands dirigeants, puisque M. Varin», ancien président du directoire de PSA qui a quitté son poste début 2014 et qui va toucher une retraite chapeau de 299.000 euros par an, «est au conseil d’administration d’Areva».

«Est-ce qu’on met fin aux retraites chapeau? Aux +golden parachutes+ ? Aux +golden hello+ ?», a-t-il demandé, dénonçant des primes d’arrivée comme «le nouveau PDG de Sanofi (qui) a touché 4M d’euros» alors que «les salariés de Sanofi faisaient grève pour une prime».

AFP

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« On est vivants » de Carmen Castillo

4 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

« On est vivants » de Carmen Castillo

C’était il y cinq ans, quelques jours après la mort de notre camarade Daniel Bensaïd, dans une Mutualité pleine à craquer. Devant un public hétéroclite venu célébrer la mémoire de Daniel, les interventions se succèdent. Parmi elles, celle de Carmen Castillo, écrivaine et cinéaste (voir interview dans l’Anticapitaliste n°286).

Carmen est célèbre pour son implication dans les événements tragiques au Chili, en 1974, et pour ses documentaires : La Flaca Alexandra (1994) ou encore Rue Santa Fe (2007), consacrés au drame et à l’espoir tenace que sécrète la plaie encore ouverte de cette expérience révolutionnaire. Il se peut que l’idée de réaliser un documentaire sur Daniel ait germé dans l’esprit de Carmen à cet instant, pendant son intervention.

Quoi qu’il en soit, le film est désormais disponible pour nos yeux, pour nos oreilles et, surtout, pour nos méninges. On est vivants est un beau plaidoyer, vivant et communicatif, en faveur de l’engagement, un dialogue personnel que Carmen Castillo tisse adroitement à la pensée de Daniel. Plus qu’une biographie, le film est un appel à agir. Agir pour cette planète meurtrie sous l’emprise du capital, mais qui résiste par tous les moyens possibles à sa domination – fussent-ils ténus. Cette vision aurait sûrement plu à Daniel qui préférait l’engagement militant discret et durable aux hommages en tout genre.

Résister à l’air du temps, encore et toujours...

À l’entendre à nouveau, on voit bien que les propos de Daniel demeurent d’une urgente actualité, lui qui nous invitait inlassablement à résister à l’air du temps. Carmen emmène aussi son public dans les quartiers populaires de Marseille, sur les chantiers de Saint-Nazaire, dans les locaux des familles sans logis de Paris… Elle nous fait (re)découvrir le combat des paysans sans terre au Brésil, des révolutionnaires du Chiapas mexicains ou des insurgés de l’eau en Bolivie.

Là, un syndicaliste plein de bon sens lance cette maxime universelle, dilemme de l’émancipation humaine aux quatre coins du monde : « Notre pire adversaire n’est pas le gouvernement ou l’impérialisme, c’est nous-mêmes. » En effet, nous ne croyons pas, ou pas assez, en nous-mêmes. De la confiance, le film en déborde généreusement. Par les temps qui courent, il est d’utilité publique.

Surtout, le temps de ce dialogue, nous retrouvons un camarade et ami, dont l’amitié, la compagnie et la pensée nous manquent cruellement. Daniel réapparaît par petites touches, successives, presque subliminales, tout le long des étapes de sa vie militante, et de sa vie tout court, avec Sophie, sa compagne. Des textes, des images, des interviews, des grands moments de bonheur comme sur le plateau de Bernard Pivot, lorsque Daniel revendique toute l’actualité de la révolution face à des invités à l’expression scandalisée…

Quelques moments qu’il est bon de (re)voir, d’entendre et qui sonnent comme une invitation à lutter, encore et toujours.

Olivier Besancenot et Alain Krivine

Projection suivie d'un débat avec l'auteure le 9 juinà l'Omnia à Rouen

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[docu] A (re)voir: une histoire populaire américaine (2012)

3 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #CULTURE

http://www.lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50

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