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NPA 27 -  Eure

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Vie chère, retraites et salaires en baisse : cela ne peut plus durer ! EDITO des tracts de la semaine.

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #EDITOS

Vie chère, retraites et salaires en baisse : cela ne peut plus durer !

 


La révolte des marins-pêcheurs contre le prix du gaz-oil et la destruction de leur métier trouve un écho sympathique dans la population. Elle pourrait se propager à d’autres secteurs (agriculteurs) ou à d’autres pays. Elle est bien comprise par tous ceux qui subissent tous les jours des prix en hausse, alors que les salaires stagnent en dessous de l’inflation. Le lien est tout tracé avec les mobilisations du 22 mai dernier contre la dégradation des retraites ou les grèves pour les salaires. De même, lycéens et professeurs dénoncent dans la rue des atteintes à l’emploi et à la qualité du service public. Le malaise social est donc général. Face à cela, le gouvernement Sarkozy-Fillon n’est pas si sourd qu’on pourrait le croire. Il entend parfaitement les exigences populaires mais, ayant perdu toute crédibilité pour faire illusion, il choisit l’affrontement, des provocations supplémentaires (droit de grève menacé) ou des surenchères anti-sociales permanentes. Après le fiasco des heures supplémentaires et du « travailler plus », l’hyper-président invente maintenant une nouvelle supercherie : des primes d’intéressement aux bénéfices. Mais des salaires, il n’en parle jamais !

La vie chère, c’est insupportable pour tous

Les marins-pêcheurs ont distribué gratuitement du poisson aux populations et dénoncé les écarts de prix scandaleux entre le produit de leur pêche et les prix de vente, 5 à 6 fois plus élevés dans les supermarchés. Mais c’est la même situation pour toutes les denrées alimentaires. Le monde de la finance, qui perd des sommes astronomiques dans les scandales immobiliers (crise des « subprime »), se rabat comme un vautour sur la spéculation dans les matières premières, les céréales, le lait, les besoins vitaux des peuples. La hausse des prix est donc mondiale. Mais les salaires sont loin de suivre une inflation qui court vers les 4 ou 5% en Europe.

La sécurité sociale est attaquée, les retraites en chute libre

Pour les retraites, le gouvernement Sarkozy-Fillon fait semblant de consulter les syndicats, mais tout est décidé d’avance. Avant 1993, il fallait cotiser 37,5 années pour avoir droit à une retraite à taux plein. Aujourd’hui, c’est 40 ans et demain 41 ans. Le patronat veut un départ à 63 ans. Le gouvernement exige que les salariés âgés (seniors) travaillent le plus longtemps possible, alors que le travail est devenu dégradant pour la santé. Les réformes de Balladur (1993), Fillon (2003 et 2008), font chuter les pensions de moins 30% par les mesures successives. Ils veulent nous obliger à contracter des plans d’épargne privés. Les retraités vont redevenir des pauvres. Ceux qui ont du fric rejoindront les rentiers. Pour toute la population, et d’abord pour les malades, le paiement des nombreuses franchises médicales (médicaments, hospitalisation, consultations), sont une punition inacceptable. C’est la sécurité sociale et la solidarité qu’ils veulent détruire !

Un grand mouvement de grève interprofessionnelle est nécessaire !

Beaucoup de grèves sont décidées, mais pas le même jour. Il y a eu le 15 mai dans la fonction publique. Il y a eu le 22 mai pour les retraites. Des centaines de milliers de salariés ont répondu. Mais cela ne suffit pas. Il faut préparer une grève généralisée par un appel syndical unitaire. En 1968, tout le pays s’est arrêté et des acquis sociaux ont été gagnés. Aujourd’hui, face à Sarkozy, qui veut tout liquider, il y a besoin de riposter tous ensemble en mettant toutes les revendications en avant : hausse générale des salaires (300 euros), le SMIC à 1500 euros, blocage des prix, reconquête de la sécurité sociale, annulation de tous les reculs subis sur les retraites et la santé, défense des services publics.

Paris le 26 mai 2008.

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Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale... (Médiapart)

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale...

 

Un article de Stéphane Alliès dans Médiapart (http://www.mediapart.fr).

Le contenu (citations, interprétations, conclusions du journaliste) de cet article n'engage pas du tout la LCR.

On ne recommence pas tout à zéro. Mais on recommence. » Loin des caméras de Michel Drucker, François Sabado, 40 ans de Ligue communiste révolutionnaire (LCR) derrière lui, conclut une réunion du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à Pantin, jeudi 15 mai. Ancien dirigeant de la LCR encore très actif dans le mouvement, il a écouté une vingtaine de personnes s’exprimer sur leurs définitions du capitalisme.

Parmi elles, une bonne moitié de membres de la Ligue, renforcée par des salariés de l’ANPE, des jeunes professeurs, une postière et des ouvriers à la retraite... Deux heures durant, on aura parlé « intéressement aux bénéfices de l’entreprise » et « libre circulation », mais aussi « engagement dans les luttes » ou « construction de tract ». L’extrême gauche tendance Besancenot s’organise au niveau local, bien loin des habitudes de la Ligue.

« Ce nouveau parti est une vieille idée que nous nourrissions depuis la chute du mur de Berlin, quand l’effet propulsif de la révolution russe a définitivement cessé de jouer », explique Sabado sans se départir tout à fait de la rhétorique trotskyste. « Pendant plus de quinze ans, on a approché toutes les opérations possibles, finalement assez droitières, des rénovateurs communistes aux Verts », ajoute celui qui demeure l’une des autorités morales de la Ligue.

Après l’élection présidentielle, où Besancenot a terminé en cinquième position avec 4,2% des voix (loin devant les autres partis de la gauche non-socialiste), le candidat a achevé de convaincre les "anciens de la Ligue" de construire un nouveau parti « par en bas ». Il a obtenu une large majorité de soutien dans le parti (83%) lors de son université d’été en août 2007.

La Ligue va se dissoudre, car « elle est trop chargée historiquement pour assumer l’ouverture », dit Sabado. Derrière l’ascension médiatique de son porte-parole, Mediapart fait l’état des lieux de ce nouveau parti, entre aggiornamento idéologique et recrutement inédit. Ou comment s’opère la « révolution culturelle » de l’avant-garde intello trotskyste, qui se tourne vers le néo-prolétariat...

La dynamique des municipales

Les derniers scrutins locaux ont été un succès pour la LCR, venant à l’appui de la dynamique de recrutement. Pierre-François Grond, membre du bureau politique, s’assure encore surpris : « On pensait que c’était trop tôt et que nous n’avions pas assez de militants formés pour cette échéance. Et finalement, on a 114 listes sur 200 qui font plus de 5%... Ce qui est très intéressant, malgré notre peu d’ancrage et d’habitude municipale, c’est que ces scores ont souvent augmenté au deuxième tour. »

Le chercheur Jérôme Fourquier, directeur d’études à l’Ifop, analyse dans une note (PDF) ces résultats et constate des percées dans « des communes à forte tradition ouvrière (Clermont-Ferrand, Louviers) où Olivier Besancenot est parfois venu soutenir des luttes sociales (comme à Sotteville, à Saint-Brieuc) ». Il remarque également que « la LCR obtient aussi de bons résultats dans des villes populaires situées à la périphérie des grandes agglomérations bordelaise et nantaise ».

Enfin, il relève « des scores significatifs dans certains bastions communistes de l’ancienne ceinture rouge : en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans le Val-de-Marne ou les Hauts-de-Seine ». Grond cite aussi en exemple la Bretagne, « où on semble récupérer un mix de l’électorat PC/LO/PSU ».

À Marseille, la LCR a su mettre en œuvre un laboratoire électoral du nouveau parti dont elle rêve, recueillant des scores entre 4 et 10% dans tous les arrondissements. Sa porte-parole dans les Bouches-du-Rhône, Camille Roux-Noumane, raconte comment la construction des listes fut un élément fédérateur : « On a anticipé la campagne en lançant un comité d’initiative en décembre, constitué autour de RESF, des comités Palestine et de nombreux syndicalistes de Sud et de la CGT. »

Également membre de la direction nationale, elle estime que « le ralliement du PC aux listes Guérini nous a bien aidés et nous a indirectement permis de constituer des listes avec d’autres collectifs (AlterEkolos, Rouges vifs, Les Alternatifs) ». « Évidemment, nos bons résultats ont créé de la confiance et permis une exposition », sourit-elle en affirmant que, aujourd’hui, les effectifs ont été multipliés par trois sur le département...

Ces succès municipaux ont permis à la Ligue d’obtenir une petite centaine d’élus, dont la moitié sont membres de la LCR. Conséquence immédiate, le parti est en train de créer un institut de formation de ses conseillers municipaux, en cours d’agrément auprès du ministère de l’intérieur. « Pour travailler sur des questions comme les services publics de l’eau, les régies municipales, les écoles, les voiries et la démocratie participative... », explique Pierre-François Grond. Avant de préciser : « Quand je dis démocratie participative, je parle de celle de Porto Alegre et de son slogan : penser global, agir local. »

La stratégie d’implantation aux municipales a enfin permis de faire émerger de nouveaux ancrages, de Quimperlé à Limoges, en passant par Colomiers ou le Nord-Pas-de-Calais. Souvent, l’expansion des effectifs a commencé par le démarchage de parrainages lors de la présidentielle et s’est consolidée avec la constitution de listes locales.

Pierre-François Grond cite ainsi en exemple Mulhouse, « où on a réussi à regrouper des exclus de LO, des syndiqués de chez Peugeot et une association de soutien à des immigrés kurdes, pour multiplier par 10 la section de la LCR d’avant ».

Sans se fixer d’objectif précis, la Ligue se verrait bien « autour de 10.000 adhérents, au lieu des 4.000 actuels », selon François Sabado. « L’idéal dans un premier temps, ce serait de devenir un petit parti de masse. Pour l’instant, on n’est que petit. À nous de devenir un parti et d’apprendre à gérer la masse. » Entre la première convention nationale fin juin et le congrès fondateur prévu en janvier 2008, la difficulté est de gérer la transition.

La délicate gestion de la transition

Pierre-François Grond ne fait pas mystère des « priorités de recrutement » : « S’implanter dans les entreprises, grâce à des délégués syndicaux qui ne se retrouvent plus dans le PC, investir les cités par un travail de terrain au long terme, continuer à faire venir des jeunes, plus précaires qu’étudiants, et mettre en place une conférence écologiste. »

Ces nouveaux horizons impliquent « un changement de mentalité », selon les termes de François Sabado. Selon lui, « il faut intégrer que le militantisme est beaucoup moins sacrificiel et élitiste que dans les années 1970 : Besancenot attire chez nous un nouveau public, à nous de les garder ».

Pour gérer le nombre, la direction de la LCR réfléchit à de nouveaux systèmes d’adhésions. « Traditionnellement, le montant de la cotisation était proportionnel aux revenus. Là, on est obligés d’être plus ouverts. On se dirige vers un tarif minimum et différents niveaux de militantisme. Abonnés au journal, membres, souscripteurs... Il faut trouver une place à chacun », réfléchit Sabado.

Pour Daniel Bensaïd, philosophe et figure historique de la Ligue, « payer pour militer peut devenir compliqué, vu les gens qu’on veut toucher. Il est clair qu’on s’oriente vers plus de dépenses et moins de recettes ».

La Ligue apprend aussi à « recruter par étape », comme à Marseille où Camille Roux-Noumane explique : « On a commencé par des réunions fermées, avec des gens qu’on a démarchés dans les associations ou les syndicats. Puis on élargit à des réunions publiques. » Comme le déclare Grond, « il faut que ceux qui militent beaucoup s’emploient à former au lieu de se contenter du seul activisme ».

Ce schéma de formation, François Sabado l’a déjà en tête : « On va organiser une réunion de bureau hebdomadaire à cinq ou six, mais ouverte à tous les adhérents, à côté de réunions publiques mensuelles. Enfin, on va essayer de mettre en place des sessions de formation thématiques, type université populaire, elles aussi mensuelles. En résumé, il faut conserver le meilleur du trotskysme et laisser de côté ses zones d’ombres. Il faut qu’on apprenne par exemple à ne plus "casser la tête" de ceux qui monopolisent la parole ou qui perturbent les réunions. »

« Il va quand même falloir "casser la tête" au début », nuance toutefois Daniel Bensaïd. « Il faut être lucide, notre démarche suscite un effet d’aubaine pour beaucoup de groupuscules sectaires, qu’il faudra contenir d’emblée si l’on veut réellement réussir l’ouverture à de nouveaux militants. »

Car, en gage de sincérité, la Ligue a instauré la parité dans les directions de ses comités locaux, à moitié composées de membres de la LCR et de militants dits "inorganisés". « Même quand on se rend dans des villes où on nous a démarchés pour construire un collectif, on y va en binôme », dit Camille Roux-Noumane en prenant l’exemple de Châteaurenard. « Il ne faut pas avoir peur, cette façon de fonctionner doit être la preuve de notre sincérité. »

« Cet entre-deux est délicat à gérer, car la LCR ne se réunit plus, on manifeste avec des banderoles NPA tout en distribuant Rouge [l’hebdomadaire de la Ligue], et il faut quand même faire gaffe au profil des "inorganisés" », soupire Bensaïd. Il précise : « L’enjeu pour nous est de rapprocher des engagements hétérogènes : les militants de la LCR, ceux qui sont en dissidence radicale avec la gauche organisée et ceux qui nous demandent d’être un parti de service. »

Le but est donc aussi de ne pas faire trop de cartes. « Franchement, il suffit de lancer Olivier dans une manif et on en fait 1000 », sourit François Sabado. « Mais il faut quand même être raisonnable dans notre pari fou »... Un pari qui ne va pas sans écueils.

Les écueils d’une « révolution culturelle »

Face à ceux qui dénoncent un parti construit pour servir la seule ascension de Besancenot, les dirigeants de la Ligue ne nient pas le risque de personnalisation. « C’est vrai qu’on peut voir là une ruse de l’Histoire, qui voit des trotskystes profiter à plein de la présidentialisation engendrée par la Ve République », reconnaît ainsi François Sabado. Daniel Bensaïd estime toutefois que « face au culte du chef, il existe un contre-culte militant, qui rejette les dérives de la médiatisation ».

Pour Pierre-François Grond, « c’est justement pour échapper à cela qu’on essaie de mettre en œuvre un processus collectif. Notre but est de former de nouveaux porte-parole, comme les deux militantes que Besancenot a fait venir chez Drucker. C’est aussi pour sortir de ce piège qu’on veut mettre en place des systèmes de rotation, tant chez les permanents qu’à la direction. Notre génération à Olivier et moi, elle est là pour dix ans maximum ». Et Sabado de faire dans le cynisme électoral : « On n’en est bien sûr pas là, mais l’idéal pour 2012, ce serait de présenter une jeune femme soutenue par Olivier. »

La rupture qui se prépare avec les vieilles habitudes trotskystes devrait aussi passer par quelques remises en cause aussi fondamentales qu’inconcevables il y a encore quelques années. En premier lieu, le choix du nom officiel du NPA. « On est capable de s’étriper là-dessus après avoir fait le plus dur. "Parti" ou pas "Parti", abandon des termes "révolutionnaire" et/ou "communiste"... Il y a aussi la définition de nouveaux statuts. On y réfléchit pas encore, mais ça va être coton », reconnaît Bensaïd.

L’hebdomadaire "Rouge", organe historique de la Ligue, devrait aussi être sacrifié sur l’autel de l’ouverture, au profit d’un nouveau système de presse, peut-être même gratuit.

Plus fondamental encore, la sortie de la IVe Internationale. « C’est vrai que le NPA n’a pas vocation à y figurer, lâche Bensaïd. Même si l’idée d’une organisation internationale est très populaire, on ne peut pas imposer aux nouveaux d’endosser notre histoire et, réciproquement, ils ne peuvent nous demander d’abandonner la nôtre. Il y aura sans doute le maintien d’un lien organique avec ceux qui en sont actuellement membres. »

En revanche, la réflexion avance autour de nouvelles alliances continentales, en vue des élections européennes de juin 2009, ce « premier baptême qu’il ne faut pas rater », selon les termes de Pierre-François Grond. Longtemps en charge des relations internationales à la Ligue, et toujours actif dans le domaine, Daniel Bensaïd évoque « une tâche difficile, car toute la gauche anticapitaliste européenne est tiraillée ».

Il estime toutefois qu’« il y a des possibilités avec les extrêmes gauches portugaise, anglaise, grecque et espagnole, au moins pour des “échanges de meeting” », tout en assurant que « grâce à Olivier, notre cote a considérablement grandi en Europe et certains veulent utiliser son aura... Aujourd’hui, Rifondazione Communista ne nous regarde plus de haut ».

Dans cet horizon, la référence aux Allemands de Die Linke n’est pas des plus "NPA-compatible", car elle recoupe l’ambition de l’autre "gauche de gauche", qui tente elle aussi de se restructurer...

Les rapports épineux avec l’autre “gauche de gauche”

Un possible compagnonnage avec Lutte ouvrière , comme ce fut le cas entre 1998 et 2002, est aujourd’hui vite évacué. « Ils auraient dû être avec nous, mais de peur de voir le mouvement leur échapper, ils ont favorisé des accords boutiquiers avec le PS aux municipales », résume Pierre-François Grond. Tout juste François Sabado explique-t-il avoir « beaucoup appris de LO, du temps où on travaillait ensemble, notamment sur la communication, externe et interne ». En revanche, la relation avec le reste de la gauche non socialiste fait encore débat.

La tentative avortée d’une candidature antilibérale unitaire à la dernière présidentielle, dans la continuité des collectifs pour le non au référendum européen, a laissé des traces. Et la LCR assume pleinement sa part de responsabilité, ainsi que le résume Sabado : « On a beaucoup regardé la terrible crise brésilienne, où nos copains se sont déchirés pour que certains finissent plus lulistes que Lula. On a aussi vu la recomposition italienne. Et on voyait ce projet de cooptation de l’extrême gauche par la social-démocratie se mettre en branle en France. Alors, c’est vrai qu’on a choisi de se blinder et de ne pas bouger, car la position d’indépendance avec le PS nous semblait essentielle pour notre crédibilité. »

Les rescapés des collectifs unitaires anti-traité européen, qui ont pour partie soutenu la candidature de José Bové, viennent de se regrouper à nouveau, sous l’égide d’un appel lancé par l’hebdomadaire Politis. Ce texte fait référence à une reproduction du modèle allemand Die Linke (parti réunissant l’ancien socialiste Oskar Lafontaine et l’ancien parti communiste de l’Est).

Et c’est là que le bât blesse. Grond dénonce ainsi une « logique lobbyiste, pour faire pression sur le PS et le ramener à gauche. Comme Die Linke, qui négocie localement avec le SPD. C’est une orientation "possibiliste" que nous comprenons mais que nous jugeons vouée à l’échec. Notre stratégie vis-à-vis du PS est celle de l’indépendance sans hostilité. A Toulouse, on a pris une porte dans la gueule quand on a proposé une fusion technique dans l’entre-deux tours des municipales, mais on a quand même appelé à voter pour Pierre Cohen ».

Daniel Bensaïd, qui a récemment entretenu une correspondance sur le sujet avec la figure altermondialiste Raoul-Marc Jennar, fait part de sa perplexité : « Cet appel nous simplifie les choses et on aimerait que l’initiative trouve un débouché, car on aurait enfin un interlocuteur et non plus une nébuleuse changeante. Cela dit, ça sent quand même la tentative de réhabillage du PC en vue des prochaines européennes... »

« Mais on continuera à discuter avec eux, et puis on ne sait pas ce que fera la base de ce mouvement-là », ajoute Grond. La base, toujours la base, leitmotiv de cette nouvelle Ligue en construction...


"Boite noire"

Cela faisait un moment que je m’étais promis d’aller voir de plus près la construction du NPA. Pris par l’actualité du PS et désireux d’échapper à l’agenda médiatique d’Olivier Besancenot, je souhaitais davantage m’entretenir avec ceux qui “font tourner la machine”, aussi bien stratégique qu’intellectuelle, dans l’ombre du porte-parole trotskyste.

Le déclic a eu lieu quand Marlène Benquet, l’une de nos jeunes blogueuses (doctorante en sociologie et ancienne militante de la minorité de Lutte ouvrière), nous a alertés pour nous signaler qu’elle avait réalisé une interview de Besancenot, mardi 13 mai. Jusqu’ici, sauf erreur de ma part, celui-ci n’a pas parlé dans la presse depuis son très commenté passage chez Michel Drucker. J’ai donc saisi l’occasion pour réaliser aussi vite que possible cette enquête.

La réunion à Pantin a eu lieu le jeudi 15 mai. Toutes les interviews ont été réalisées entre vendredi et mardi, en face-à-face, et ont duré deux heures chacune, à l’exception de celle de Camille Roux-Noumane, jointe par téléphone.

Stéphane Alliès.

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Solidarité avec les grévistes des impôts. Communiqué de la LCR du 26-05-2008

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #COMMUNIQUES

Solidarité avec les grévistes des impôts.

 

Communiqué de la LCR

 Depuis le 15 mai, les agents des impôts sont en grève reconductible sur un certain nombre de centres contre la décision gouvernementale de fusionner les services Impôts avec ceux du Trésor ce qui, inévitablement, entraînerait des suppressions d’emplois et la fermeture de sites. 13 000 postes sont menacés selon plusieurs organisations syndicales. La fusion de ces deux services préfigure ce qu’entraînerait la mise en place de la politique de Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) : suppression d’emplois, polyvalence et mobilité forcée des personnels, ce qui a motivé la grève du 15 mai dans la Fonction publique. Aujourd’hui, lundi 26 mai, la police est intervenue à Paris et dans plusieurs villes en régions pour empêcher les grévistes de pénétrer dans les centres. La LCR condamne cette intervention policière qui remet en cause le droit légitime à faire grève, réaffirme son soutien avec les grévistes des impôts, à leur refus d’une fusion entre les Impôts et le Trésor.
 Le 26 mai 2008.

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Les marins-pêcheurs mécontents des réponses gouvernementales

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

Les marins-pêcheurs mécontents des réponses gouvernementales

 Les marins-pêcheurs divisés sur la reprise du travail dans les ports (AFP)

BOULOGNE-SUR-MER (France) - La situation restait confuse lundi dans les ports français, où les marins-pêcheurs étaient partagés entre la reprise du travail et la poursuite de la grève contre la hausse des prix du gazole, selon des journalistes de l'AFP.

Une cinquantaine de pêcheurs de la Manche et de la Méditerranée se sont réunis lundi à Boulogne-sur-Mer (nord), le premier port du pêche du pays, dans une atmosphère houleuse, avec l'objectif d'organiser une journée de mobilisation européenne.

A Boulogne, certains pêcheurs ont tendu des filins pour empêcher les chalutiers de sortir du port alors que le comité local des pêches avait décidé dimanche la reprise du travail.

A Lorient (ouest), deuxième port de pêche français en tonnage, les pêcheurs ont décidé de poursuivre la grève jusqu'à une nouvelle réunion mardi matin.

Toujours dans l'ouest, les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ont voté lundi matin la poursuite de la grève, alors que ceux du Gulvinec, premier port de pêche artisanale en France, devaient se prononcer en fin d'après-midi.

En Normandie (nord-ouest), les marins de Granville et de Ouistreham ont voté la poursuite du mouvement, tandis que les accès à une raffinerie du groupe pétrolier Total restaient bloqués.

Dans l'Aude (sud), les marins-pêcheurs, en grève depuis une semaine, continuaient de bloquer lundi les accès aux dépôts de carburants de Port-la-Nouvelle, sans perturber l'activité du port.

A La Rochelle (sud-ouest), où des dépôts de carburants étaient toujours bloqués, la grève a été reconduite.

A l'inverse, les pêcheurs de l'ensemble des Pays-de-la-Loire (ouest) avaient repris le travail.

Samedi déjà, les pêcheurs des Sables d'Olonne, à l'origine du mouvement en France, avaient voté la "suspension pour un mois", le temps pour le ministre de la Pêche Michel Barnier de mettre en oeuvre sa promesse de garantir un gazole à 40 centimes au lieu de 75.

Le gouvernement français a annoncé le versement de 110 millions d'euros d'ici la fin de l'année pour venir en aide aux marins-pêcheurs, une enveloppe qui fait partie du plan d'action de 310 millions d'euros annoncé en janvier.

Toutefois, la Commission européenne a fait part de son intention d'être vigilante à propos de ces mesures, laissant planer un doute sur leur mise en application.

(©AFP / 26 mai 2008 13h49)

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Mise au point de Raoul Marc Jennar....sur l'appel publié dans Politis.

25 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Mise au point de Raoul Marc Jennar...
sur l'appel publié dans Politis.

Raoul Marc Jennar est un animateur du mouvement altermondialiste. Sa signature figurait au bas de l’appel lancé par le journal Politis, "pour une alternative à gauche" . Dans la lettre ci-dessous, il demande à ce que soit retirée sa signature et s’en explique.


A Denis Sieffert et Thierry Brun (rédaction de Politis).

Phnom Penh, 22 mai 2008

Cher Denis, Cher Thierry,

Je suis plongé dans le plus grand embarras. Thierry m’a adressé un message me demandant de répondre très rapidement si j’acceptais de signer l’appel dont /Politis/ allait se faire le promoteur.

De bonne foi, j’ai cru qu’il s’agissait d’un appel réunissant toutes les composantes du « non » de gauche au TCE.

De bonne foi, je n’ai pas interprété cet appel comme un coup politique contre le projet de la LCR de se dissoudre pour créer un nouveau sujet politique. Vous savez que j’ai adopté une position d’ouverture et de dialogue à propos du projet NPA qui s’est traduite notamment par un échange avec Daniel Bensaïd dont énormément de gens s’accordent à reconnaître l’intérêt.

Or, force m’est de constater que parmi les signataires qui invitent à signer se trouvent au moins un partisan du TCE et d’autres (Gayssot, Vieu, ) qui ont, pour dire le moins, fait des choix qu’en aucun cas je partage. Ce qui crée une confusion inacceptable à mes yeux.

Le message d’un signataire doit être clair et ne peut brouiller les cartes. Pour moi, le choix européen et la clarté sur les engagements vraiment à gauche sont déterminants.

L’attitude à l’égard du TCE comme du traité de Lisbonne représente à mes yeux une ligne de partage irréfragable. Il n’y a pas de synthèse possible entre les partisans et les adversaires de la libre circulation des capitaux, entre ceux qui défendent les services publics et ceux qui les démantèlent, entre ceux qui détruisent le droit du travail et ceux qui veulent le protéger et l’amplifier, entre les partisans d’une Europe européenne et ceux qui construisent une zone euro-américaine. De même, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui s’allient avec la droite et ceux qui refusent une telle alliance, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui ont tiré les leçons de la gauche plurielle et ceux qui sont prêts à la recommencer.

Je ne peux donc me retrouver aux côtés de personnes dont l’action envoie un message différent.

Un débat s’est engagé autour de l’appel qui m’éclaire et m’incite à penser qu’effectivement, il s’agissait bien de marginaliser le projet de la LCR qui constitue à mes yeux la seule initiative qui sorte vraiment des tranchées dans lesquelles toutes les autres composantes du « non » de gauche se terrent tout en lançant des appels unitaires sans lendemain.

Je ne veux pas faire d’éclat. /Politis/ est un journal auquel je suis très attaché et je me flatte de votre amitié. Je ne dirai pas que ma confiance a été abusée. Je dirai que je n’ai pas posé les questions qui s’imposaient avant de donner ma signature.

Mais maintenant, en pleine connaissance de cause, je vous demande de la retirer.

Bien amicalement,

Raoul Marc Jennar

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Olivier Besancenot à l'émission Vivement dimanche de France 2 (1ère partie)

23 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Olivier Besancenot à l'émission "Vivement dimanche" de France 2
Première partie de l’émission du 11 mai sur France 2...




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Tract des comités d'initiative pour le NPA distribué à la manifestation du 22 mai à Evreux.

23 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Nouveau parti anticapitaliste : c’est parti !

Militants anticapitalistes, syndicaux, associatifs, jeunes, travailleurs avec ou sans emploi, nous avons décidé de regrouper nos forces et de répondre à l’appel lancé par Olivier Besancenot pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste. Nous venons de la LCR, de Lutte Ouvrière, du PS ou d’ailleurs. Beaucoup n’ont jamais encore milité dans un parti.

Face à Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires, et à la guerre sociale qu’il mène contre les travailleurs et les jeunes, face à la faillite et la capitulation des partis de la gauche traditionnelle, il manque cruellement un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui, un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société.

Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant que commence la discussion pour décider ensemble, pour construire ensemble !

Rejoignez-nous !

 

l VERNON : réunion publique, mardi 27 mai, 18h30, Villa Castelli.

l EVREUX :  réunion, mardi 3 juin, 20h30, salle de la Maison de quartier de Nétreville.

l PONT AUDEMER :- réunion, vendredi 30 mai, 18h (lieu : nous contacter)

l LOUVIERS :- réunion, vendredi 30 mai, 17h30, manoir de Bigards, rue du Quai   - réunion publique « Actualité de mai 68 »,vendredi 23 mai, à 20H 30 salle du conseil municipal.

l BERNAY : - réunion, mercredi 28 mai, 19h (lieu : nous contacter)

l   ANDELLE : - nous contacter

l    SUD DE L’EURE :- nous contacter

Pour nous contacter, être tenu au courant des  nos réunions et nos activités :

NPA-27@hotmail.fr    MEETING avec Olivier BESANCENOT

en octobre à EVREUX

 

Mai 68 : plus qu’un anniversaire !

40 ans après, le spectre de mai 68 hante toujours les tenants de l’ordre établi. Dès la  présidentielle, Sarkozy déclarait : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68
doit être doit être liquidé une bonne fois pour toutes ».


Mai 68 a fait entrevoir, l’espace de quelques semaines, la possibilité d’un changement radical de société. Et c’est de cela que Sarkozy et le patronat ont peur. A l'époque, des millions de jeunes lycéens et étudiants, d'ouvriers, ont démontré qu'il était possible de s'en prendre au pouvoir des représentants politiques de la bourgeoisie, incarné depuis dix ans par De Gaulle. Dix millions de travailleurs en grève, occupant les usines, parfois pendant plusieurs semaines, avaient alors arrêté la vie économique du pays, imposé des augmentations importantes de salaires et flanqué une sacrée trouille dans les rangs des soit disant « décideurs ».

En cet anniversaire de mai 68, la gauche politique et les directions syndicales ne prennent pas le chemin de la rue, elles restent cantonnées à une politique d’adaptation aux réformes libérales. Le temps n’est pas à « limiter les dégâts », car, avec une telle politique, on ne limite rien et on recule sans arrêt.

 Alors oui, pour stopper les attaques de Sarkozy, il faut  lui infliger une défaite sur le terrain des luttes. Au PS, les personnalités qui ne sont pas passées chez Sarko se chamaillent pour les places et nous disent  d’attendre 20012. Mais comme le dit Olivier Besancenot, seule une grève générale comme en 68, seule une épreuve de force de longue durée, peut faire plier la droite et le patronat.

 

 Le scandale des coupures EDF

Selon la CGT (EDF refusant de donner le moindre chiffre), plus de 200 000 procédures de coupures d’électricité pour impayés seraient engagées chaque année en France. Certaines durent des semaines, voire des mois entiers.

Par ailleurs, l’étude démontre que plus d’un tiers des coupures intervient en période dite de trêve hivernale, du 1er novembre au 15 mars. « Concrètement, cela veut dire que des familles avec enfants se retrouvent sans lumière, sans chauffage durant des semaines, parfois des mois, en plein hiver. C’est inacceptable de la part d’une entreprise qui a mission de service public », dénonce un responsable associatif. Pour mettre fin à ce scandale, une seule solution : imposer un service public de l’énergie, gratuit pour tous.

FACE AUX ATTAQUES DU GOUVERNEMENT ET DU PATRONAT : GREVE GENERALE !

Les journées des 15 et 18 mai ont été un succès

Le 15 mai 300 000 manifestants ont  affirmé le refus des « réformes » du gouverne-ment.  Le 18 mai 45 000 enseignants et parents défilaient à Paris. Il s'agit en réalité pour le gouvernement de casser des services publiques avec 23000 suppressions de poste (dont 11200 pour l’Éducation) Nationale, des « restructurations » se traduisant par la fermeture de classes, de tribunaux et d'hôpitaux, ...

               C'est une attaque contre les salariés de la fonction publique mais aussi contre les usagers des services publics, notamment la partie la plus pauvre de la population qui ne peut accéder au secteur privé!  

            Le gouvernement répond par le mépris.

 

            Le 15 au soir, Sarkozy déclarait sa volonté d'imposer le « droit à l'accueil des enfants » les jours de grève. C'est insulter les enseignants fortement mobilisés ce jour là! Car c'est bien son gouvernement qui ferme les classes et dégradent les conditions d'accueil et d'encadrement des enfants à l'école! Ce sont les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, qui n'ont pas voulu développer un véritable service public de la petite enfance, susceptible de prendre en charge les enfants quand les parents travaillent, et pas seulement les jours de grève!

 

            Il veulent nous faire travailler toujours plus!

 

                Pour ce qui est des retraites, les précédents gouvernements ont réussi à allonger le temps de cotisation, conformément aux voeux du MEDEF.

Pour cela, ils ont divisé les travailleurs, parfois avec la complicité de directions syndicales : les salariés du privé sont passé de 37,5 à 40 ans de cotisation en 1993, les fonctionnaires en 2003 puis enfin les « régimes spéciaux » l'an dernier.

            Il s'agirait maintenant de nous faire tous passer à 41 années de cotisations!

Rien ne justifie ce sacrifice car la productivité et les profits des actionnaires ont augmenté bien plus vite que l'espérance de vie et que le niveau des retraites!

 

Une attaque générale...

 

            En fait, les attaques contre les retraites et la fonction publique font partie d'une seule et même politique qui vise à faire payer uniquement aux salariés la crise économique que traverse l'économie capitaliste depuis trente ans! A ces attaques s’ajoutent la casse de la sécurité sociale ( multiplication des forfaits et franchises contre l'accès aux soins), la remise en  cause du CDI et bien sur les bas salaires versés par l'Etat et le patronat ainsi que minima sociaux scandaleusement minimes ! Et cela alors que les prix des produits alimentaires, du logement et des énergies ont augmenté de façon indécente.

 

...qui appelle une réponse générale et unitaire du monde du travail!

                       

Aucun de nous n'est dupe : ce ne peut être le succès d'une ou deux journées d'action sans lendemain, avec des objectifs sectoriels et minimums, qui fera reculer le gouvernement. Il faut participer nombreux à la journée du 22 mai appelée par les syndicats et surtout montrer que nous avons la volonté de lutter bien au delà du cadre proposé par les directions syndicales.

 

            Un nouveau parti anticapitaliste, ça urge !

Les personnes qui se retrouvent dans les comités de l'Eure pour un Nouveau Parti Anticapitaliste veulent mettre en avant des revendications répondant au besoins de la classe ouvrière, en indépendance des directions syndicales et des partis de la gauche gouvernementale:

à retraite avec 37,5 ans pour tous, pour un service publique de qualité, accessible à tous, revalorisation de tous les salaires de 300 euros, pas un salaire en dessous de 1500 euros net, pas de revenus sociaux inférieur à 1000 euros!

 

            Ces objectifs, nous pouvons les atteindre par la convergence et la généralisation des luttes et le dépassement des simples revendications sectorielles, par  une grève générale et un nouveau mai 68 ! Inutile d'attendre 2012 en espérant une alternance et en plaçant des illusions dans les partis traditionnels de la gauche.

Il est plus que jamais nécessaire de nous unir, de nous organiser pour inverser le cour actuel des contre-réformes, pour prendre au grand patronat ce qu'il nous doit! Voilà les perspectives que défendent les comités pour un NPA dans les luttes actuelles.

 

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Impôts: le SNUI dans la grève générale reconductible depuis mardi.

22 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

Impôts: le SNUI menace d'une grève générale reconductible à partir de jeudi.

AP - Mardi 20 mai, 17h43

PARIS - En pleine collecte des déclarations de revenus, le Syndicat national unifié des impôts (SNUI, principal syndicat des agents des impôts) menace d'une grève générale illimitée dans toute la France à partir de jeudi, jour de la mobilisation interprofessionnelle pour la défense des retraites.

Ce mouvement, visant à dénoncer les suppressions de postes, les restructurations en cours à Bercy et plus généralement dans la Fonction publique, a déjà commencé depuis mardi dans plusieurs centres des impôts, selon l'organisation syndicale

Ainsi selon le SNUI, tous les sites de Paris-Est étaient en grève mardi et les "agents de Paris Centre, des IIIe, IVe, IXe et Xe arrondissements ont voté la grève et le blocage des centres". Les agents des impôts ont également voté mardi pour la grève reconductible dans les départements du Calvados, de l'Eure, de l'Ain, de l'Isère et de l'Ardèche selon le SNUI.

Dès mercredi, selon le syndicat, "les assemblées générales réuniront les personnels dans tous les départements pour décider de la grève reconductible sur tous les sites", un mouvement qui pourrait prendre effet dès le lendemain, jeudi, à la faveur de la mobilisation unitaire et interprofessionnelle contre les nouvelles modalités de réforme des retraites.

Le SNUI proteste contre "la casse du service public" et les "cortèges de suppressions d'emplois qui génèrent des conditions de travail insupportables et qui nuisent gravement à l'usager", selon l'organisation syndicale. AP

 

SOLIDARITE!
Depuis mardi le centre des Impôts d'Evreux est en grève reconductible;
Les employés grévistes distribuent des tracts et font signer des pétitions. Allons les renconter pour les soutenir!
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Un entretien avec Olivier Besancenot sur Médiapart....

22 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Un entretien avec Olivier Besancenot sur Médiapart....

 

21 mai 2008 par Marlène Benquet. http://www.mediapart.fr


.Doctorante en sociologie à l’ENS-EHESS (sous la direction de Stéphane Beaud), j’ai contacté Olivier Besancenot par le bais de connaissances communes. Ancienne militante de la minorité de Lutte ouvrière, je l’ai sollicité à plusieurs reprise avant qu’il accepte de répondre à mes questions. Je l’ai rencontré mardi 13 mai au local de la LCR, une heure et demi durant.

Marlène Benquet : L’annonce de votre participation à Vivement Dimanche avait déclenché une polémique au sein de votre organisation, après la diffusion de l’émission, quelles ont finalement été les réactions ?

Olivier Besancenot : On a eu beaucoup de retours, et des retours extrêmement positifs. Des salariés d’entreprise, notamment, qui ont entendu à la télé des gens qu’on n’entend pas d’habitude, des gens qui viennent des luttes ouvrières. On avait demandé à faire venir deux femmes salariées pour qu’elles puissent raconter leurs luttes et leurs conditions de travail. Ça a permis à plein de gens de s’identifier et de se reconnaître dans les expériences qu’elles ont racontées. On a reçu beaucoup de témoignages de sympathie.

MB : Justement, au cours de l’émission, vous avez beaucoup parlé des luttes sociales de ces dernières années. Est-ce qu’il vous semble que nous vivons une période de renouveau des luttes ?

OB : Oui. Ça fait plusieurs années que nous vivons un certain renouveau. On ne peut pas le dater avec précision car il s’agit d’un processus. Mais l’hiver 1995 apparaît quand même comme un point de basculement et d’inauguration d’une situation nouvelle, avec de nouvelles mobilisations menées par des salariés très touchés par la précarité. Dans la foulée, il y a eu les mouvements altermondialistes qui ne se réduisent pas aux forums altermondialistes. C’est un mouvement en profondeur de gens qui mènent des campagnes concrètes sur l’eau comme patrimoine commun de l’humanité ou l’annulation de la dette. Et puis, depuis une dizaine d’années, on a aussi le plaisir de voir que des contacts internationaux se reconstituent un petit peu. Tout ça se traduit par des mobilisations de plus en plus en plus denses ces dernières années. Il y a eu la grève des retraites de 2003 et le CPE qui a réhabilité l’idée que la lutte pouvait être victorieuse. Donc oui, il y a une résistance qui est là et qui s’exprime même dans les moments difficiles. Beaucoup de gens pensaient que l’élection de Sarkozy allait porter un coup d’arrêt aux mobilisations, mais ça n’a pas été le cas, les résistances continuent. Je ne veux pas non plus dresser un tableau trop optimiste de la situation mais il faut bien constater que ces résistances-là existent, et qu’au travers d’elles, il y a un nouveau salariat qui s’exprime et s’organise. Il y a une nouvelle génération qui milite, qui prend part aux mouvements, qui entre dans la lutte pour la première fois.

MB : Dans les mobilisations récentes, il y a effectivement une nouvelle génération qui s’exprime, mais aussi de nouveaux secteurs du salariat, des femmes, des précaires qui se mettent en mouvement. Je pense par exemple aux grèves récentes chez Carrefour, à La Fnac, chez Monoprix. Est-ce que la LCR parvient à toucher ces nouveaux militants qui sont traditionnellement relativement étrangers aux organisations syndicales et politiques ?

OB : L’enjeu est double. Il y a des conflits en cascade dans des secteurs où on n’était pas habitué à voir les gens entrer dans la lutte. Dans le commerce, Pizza Hut, Mac Do, la FNAC. Donc la première chose pour nous, c’est de donner un répondant politique à ces gens qui ont fait ont découvert l’engagement dans ces nouvelles luttes. Pour nous il s’agit d’être en phase avec leurs aspirations, de répondre à leur envie d’aller plus loin. Le deuxième enjeu, c’est de recréer un sentiment de classe majoritaire qui soit à l’image du prolétariat tel qu’il existe aujourd’hui. D’un point de vue marxiste, il n’y a jamais eu autant d’exploités, de gens qui vendent leur force de travail intellectuelle ou manuelle. D’un côté, on n’a jamais été aussi nombreux que dans cette phase-là de l’histoire du capitalisme à devoir vendre notre force de travail pour vivre mais, d’un autre côté, il n’y a jamais eu un sentiment de classe si faible. Il y a une espèce de paradoxe. Quantitativement, il y a de plus en plus d’exploités et, qualitativement, on est de moins en moins nombreux à avoir conscience de l’exploitation. Donc le problème concret, c’est de partir des luttes pour reconstruire un sentiment de classe pour ce nouveau prolétariat. Mais sur ce point, le venin capitaliste est encore très efficace. Il suffit de voir les divisions qui existent entre le public et le privé, les secteurs les plus précaires et les secteurs plus stables.

MB : La LCR vous semble aujourd’hui capable d’organiser des mères de familles, des précaires, des nouvelles générations qui n’ont pas le profil habituel du militant trotskyste ?

OB : Oui. Et on l’a déjà fait en partie. La ligue a beaucoup changé socialement. Depuis 2002, on a appris à intégrer des tas de secteurs qu’on n’avait pas réussi à intégrer jusqu’ici. Mais ce n’est pas vraiment la question. Le problème, pour nous, ce n’est pas seulement d’intégrer des nouveaux secteurs. C’est de réussir à reconstruire une force politique nouvelle pour tous ces gens là. Il faut avoir une vision d’ensemble des luttes et comprendre que cette multitude de nouveaux exploités n’a pas pour l’instant de représentant. Pendant très longtemps, les organisations d’extrême gauche ont cru que pour s’adresser aux salariés, il fallait passer par la médiation des partis ouvriers traditionnels, notamment le Parti Communiste. Il y avait l’idée que c’était le PC qui tenait les organisations syndicales, qui formait les cadres ouvriers, qui organisait la classe ouvrière et que, sans passer par le PC, on ne pouvait pas toucher les salariés. Or il se trouve que ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, il y a des tas de personnes qui entrent dans la bagarre par le syndicalisme, sans pour autant passer par la CGT et le PC dont les liens se sont de toutes façons distendus. Ça ne veut pas dire que le PC a disparu. Il y encore des tas de militants ouvriers au PC, mais on n’est plus dans cette phase où l’on ne pouvait pas exister seuls. Aujourd’hui, l’enjeu, c’est de réussir à agir nous-même, et d’arrêter de se contenter de dire aux autres de faire ci ou de faire ça. Il faut vraiment construire une nouvelle représentation politique à l’image de ce nouveau salariat issu des luttes.

MB : C’est votre analyse du renouveau des luttes sociales qui vous a conduit à décider la création d’un nouveau parti, le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) ?

OB : Tout à fait. A la ligue, c’était un vieux projet. Depuis la chute du mur de Berlin, on dit qu’il faut un nouveau parti et un nouveau programme. Car on pense qu’il y a un cycle historique, qui avait commencé en 1917 avec la révolution russe, qui s’est terminé en 1989. Dire que ce cycle historique est clos, cela ne veut pas dire qu’il faut rejeter en bloc cette période, mais qu’il faut regarder ce siècle-là pour en tirer les enseignements sur ce qu’il faut faire et ne pas faire, et comprendre en même temps qu’on est dans une nouvelle période. La révolution russe ne peut pas rester le point de référence qu’elle a été pour toutes les organisations révolutionnaires pendant un siècle. Donc c’est un projet qui ne date pas d’hier. Mais la question c’était, comment réussir à le mettre en œuvre. Pendant longtemps, la ligue a pensé qu’on y arriverait en fédérant tous les groupes à la gauche de la gauche, c’est-à-dire en fédérant tout ce qui existait déjà. Moi, je ne partageais pas cette orientation et je ne la partage toujours pas. C’est une incompréhension du mouvement profond qui anime la société d’aujourd’hui. Je pense au contraire qu’il faut s’appuyer sur les luttes elle-même. Je crois que les luttes sociales ont en elles-mêmes une vertu émancipatrice. Quand il y a des vagues successives de secteurs du salariat et de la jeunesse qui vont au carton, qui vont à la bagarre, qui font leurs armes dans les luttes, qui se politisent, qui se conscientisent, il faut comprendre que l’enjeu c’est la recherche d’une nouvelle représentation politique. Or tous ces gens qui luttent depuis une dizaine d’année ne se reconnaissent pas dans la gauche institutionnelle. Ils peuvent voter pour elle pour faire barrage à la droite, mais ils ne se reconnaissent pas dedans. Donc l’espace, on sentait qu’il existait, mais on se trompait sur la façon de l’occuper. Il faut sortir du discours où on dit « venez, venez, c’est nous qui avons raison », pour dire au contraire, « venez agir par vous-même ». Je crois qu’il faut faire passer l’idée que les gens doivent être acteurs de leur lutte.

MB : Donc il y a des luttes sociales d’ampleurs et la LCR occupe une place médiatique de plus en plus importante. Est-ce que la rencontre entre ces luttes et votre organisation se produit ? Tout simplement, est-ce que, au-delà du succès médiatique, la ligue connaît un grossissement organisationnel ?

OB : Oui, il y a un grossissement. Avant, la LCR ne s’adressait qu’à des militants très au courant, très politiques, et elle ne pensait pas qu’elle pouvait tout simplement s’adresser aux gens directement. On a appris à le faire, dans les échéances sociales, dans les échéances politiques, dans les échéances électorales. On assume d’avoir une politique.

MB : Mais est-ce que très concrètement vous parvenez à attirer de nouveaux militants ?

OB : Oui. Depuis 2002, on a doublé nos effectifs. On est quatre ou cinq mille avec l’organisation de jeunesse. Et surtout, on a réussi à stabiliser nos effectifs. Il y a pourtant eu un mouvement de départ assez étrange de la part de gens qui ont fait vivre la ligue pendant longtemps et qui ont décidé de partir quand une nouvelle génération est arrivée. Une manière de se dire : « on a fait notre boulot, on peut se reposer maintenant ». Ils ne sont pas partis sur la base de désaccords politiques, mais ils ont préféré redevenir des sympathisants plus lointains. En même temps, il y a eu de nouvelles arrivées qui nous ont permis de redémarrer des activités qu’on ne faisait plus depuis des années, que moi-même je n’avais pas connu à la ligue, comme des activités régulières en direction des entreprises et des quartiers populaires.

MB : Ces nouvelles arrivées et ces nouvelles activités donnent l’impression qu’il y a un changement de profil des militants de la LCR…

OB : Socialement, oui. La ligue ressemble beaucoup plus qu’avant à la société. Il y a des salariés, des femmes, on s’est ouvert et notre organisation est plus à l’image des classes populaires. Dans nos meetings, on a commencé à voir arriver des salariés, des prolos, des jeunes des quartiers, donc il a fallu qu’on trouve des moyens d’intégrer tous ces gens là. Ce n’est pas toujours facile. Il y a quand même une crise de l’engagement. Dans notre société, les gens ont tendance à se dire : on va déléguer notre représentation à quelqu’un pour qu’il fasse le boulot à notre place. C’est un sentiment qui est cultivé par ceux qui dominent et qui nous exploitent. Donc trouver du temps pour s’engager soi-même, pour militer soi-même, ce n’est pas évident. Et nous, sur ce point, on a fait des gros progrès. L’idée du NPA, ce n’est surtout pas de faire un parti d’adhérents passifs. Je n’arrête pas de le répéter. Ce qu’on ne veut surtout pas faire, c’est un site où les gens cliquent avec une souris pour donner de l’argent et devenir adhérents sans s’investir. C’est une solution de facilité dangereuse. Cela revient à déléguer sa représentation politique à des spécialistes qui ont le temps et qui, eux, vont faire de la politique. Cela engendre des partis où la direction n’a plus de rapports avec sa base. Des partis bureaucratiques. On a connu une extrême-gauche qui n’arrêtait pas de dire qu’elle voulait représenter les exploités et quand on regardait qui était dedans, on ne trouvait que des profs, hommes et blancs. Je suis un peu caricatural, mais la tendance, c’était ça. De la même manière, on ne peut pas dire « on veut être une organisation qui défend les salariés », et faire des réunions toutes les semaines qui se terminent à trois heures du matin. Parce que, quand on est étudiant, c’est sympa, mais quand on embauche à cinq heures, ce n’est pas possible. Un autre exemple, faire des réunions à trente, c’est très bien pour ceux qui on l’habitude de parler en public, mais quand on démarre en politique, ce n’est pas forcément une bonne idée. C’est à nous d’inventer des moyens pour que chacun puisse être vraiment acteur dans l’organisation, prendre la parole, s’exprimer, militer. Il faut trouver un fonctionnement qui permette aux gens d’avoir confiance en eux. On n’a pas de solution parfaite, mais ça fait partie des discussions qu’on doit avoir.

MB : Donc la ligue s’ouvre, grossit et modifie son fonctionnement. Est-ce que ces changements ne s’accompagnent pas d’un certain glissement ? Vous dites vous-même que tout l’échiquier politique se déplace vers la droite, que Nicolas Sarkozy copie l’extrême droite, pendant qu’une partie des socialistes cherche à s’allier avec le Modem. Est-ce que vous-même ne cherchez pas à prendre la place du parti socialiste ? Au cours de l’émission Vivement Dimanche, Christiane Taubira notait par exemple que vous ne « jetiez plus le parlementarisme par la fenêtre ».

OB : Ça, c’est elle qui le dit. On a toujours eu un regard de défiance et de méfiance sur les institutions. J’ai dit à plusieurs reprises ce que nous pensions d’un système sans proportionnelle et d’une cinquième république qui n’est absolument pas sociale. Par contre, nous assumons la représentation parlementaire si c’est sur la base de notre indépendance. Une des marques de fabrique de la LCR ces deux dernières années, c’est de résister à la pression qui entraîne tout le monde de plus en plus à droite. Parce que, non seulement la droite court après l’extrême droite et la gauche après le Modem, mais une grande partie de la gauche radicale n’assume pas son indépendance et court elle aussi après le PS. Pendant les municipales, par exemple, notre critère essentiel pour constituer des listes avec d’autres, c’était l’indépendance vis-à-vis de la direction du PS. Il est impensable par exemple de se présenter avec le PS au premier tour. Il faut résister à cette pression. Et c’est difficile. Parce que les gens ont des illusions. Ils se disent, « Besancenot, il va se faire élire et avec sa grande gueule, il va changer les choses pour nous ». Il faut écouter ces gens et essayer de montrer que ce n’est pas la solution, que personne ne pourra faire à leur place. Nous devons tous réfléchir à un autre fonctionnement démocratique qui aille du bas vers le haut et non du haut vers le bas, qui soit au plus près de la réalité des quartiers et des entreprises, qui soit autogestionnaire, qui soit une combinaison du suffrage universel et de la démocratie directe. Donc non, on ne dérive pas vers la droite. Après, dans l’extrême gauche, certains nous disent « vous trahissez, vous ne voulez pas faire un parti marxiste-léniniste trotskyste ». Oui, c’est vrai, mais ça n’a rien à voir avec une dérive à droite. Il faut comprendre la période dans laquelle on vit, assumer le passé, prendre ce qu’il y a de meilleur dans chaque tradition et ne pas avoir un rapport fétichiste aux étiquettes.

MB : Mais quelle différence y’a t-il entre le parti que vous voulez construire et un parti marxiste-léniniste trotskyste ?

OB : Cette formule n’a pas de sens. Quand on dit marxiste-léniniste trotskyste, on dit que le trotskisme est la synthèse de tout le marxisme et de tout le léninisme. Et moi, je ne crois pas. Il ne faut pas raisonner par étiquette, mais réfléchir à ce qui nous tient à cœur dans chaque tradition comme l’internationalisme et l’idée de la révolution permanente. Je suis porte-parole d’une organisation trotskyste, j’assume cet héritage. Mais il y en a d’autres et, surtout, cela ne doit pas être prétexte à des querelles de chapelles. Nous ne sommes pas des professeurs rouges. Il y en a trop à l’extrême gauche. On ne peut pas se contenter de résister au temps. Ce n’est pas un programme de tenir le drapeau en étant minoritaire. La révolution, on veut la faire avec la majorité de la population. Il ne fait pas avoir peur du nombre.

MB : On oppose souvent l’extrême gauche révolutionnaire et la gauche institutionnelle, la gauche de gouvernement. Vous vous sentez de gauche ou d’extrême gauche ?

OB : On ne peut pas poser la question comme ça. Tout le monde revendique d’être la véritable gauche. C’est fatiguant. Moi, je me sens révolutionnaire, c’est ça mon identité. Je parle à titre personnel. Quand on me demande qui je suis, je dis que je pense qu’il faut renverser ce système et en mettre un autre à sa place. C’est la nature de mon engagement. Après, chacun a sa méthode pour le faire, mais c’est secondaire. On ne va pas passer notre temps à discuter de notre rapport à Trotsky et à la révolution russe. Il faut avant tout agir pour la révolution. Le clivage réforme-révolution a évolué. Aujourd’hui, il n’y a plus des révolutionnaires face à des réformistes, mais des révolutionnaires face à des gestionnaires du système. Plus personne ne propose même de réformer l’économie de marché. Il n’y a plus de place pour le réformisme. La mondialisation, les crises du système économique ne permettent plus aux dirigeants de lâcher des miettes comme ils ont pu le faire pendant les trente glorieuses par exemple.

MB : Vous dites que le NPA sera un parti révolutionnaire et vous avez aussi beaucoup dit que vous ne vouliez surtout pas construire une LCR bis. Pourquoi ne pas avoir cherché de partenaires, notamment du côté de Lutte ouvrière ?

OB : On a rencontré la direction de LO dès le début. On leur a proposé d’appartenir à ce nouveau parti et ils ont refusé parce que ce n’était pas un parti marxiste-léniniste trotskyste. Le lendemain, on a appris qu’ils se présentaient avec le PS au premier tour des municipales. Cherchez la cohérence. Mais ça ne me fait pas rire. L’extrême gauche ne devrait pas être une réserve d’indiens où on se tire dans les pattes à tout bout de champ.

MB : Dans le passé, la LCR et LO se sont présentés en commun aux élections, et pendant un moment, les médiats vous appelaient « la relève d’Arlette ». Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’évolution de Lutte ouvrière ?

OB : Ce que je veux leur dire, c’est qu’ils n’ont rien à perdre à essayer de faire ce parti avec nous. Il ne s’agit pas de faire un tête-à-tête LO-LCR, mais de participer à créer un grand rassemblement de gens qui ont envie de lutter. On l’a dit depuis le début, on ne cherche pas à rassembler par en haut, en passant des accords avec les autres organisations, ça n’a jamais marché. On veut rassembler par en bas, en regroupant des gens, des militants d’ailleurs, des groupes. Ça pourrait être une opportunité pour Lutte ouvrière de participer à ce mouvement. Ils sont convaincus que nous sommes des réformistes depuis toujours et qu’ils sont les seuls à rester purs, je les invite à venir voir par eux-mêmes. Cela dit, quoi qu’il se passe, ça n’enlèvera rien au respect que j’ai pour Arlette et pour tous les combats qu’elle a menés et qu’elle mène encore.

MB : Vous dites vouloir rassembler, mais beaucoup vous accusent d’être responsable de l’échec des collectifs antilibéraux qui avaient vocation à faire fusionner tout la gauche antilibérale en regroupant le PC, une partie des Verts, la LCR et un certain nombre de personnalités isolées ?

OB : Nous nous sommes investis dans les collectifs, nous discutons encore avec ce qu’il en reste, mais on ne veut pas attendre que toutes les organisations soient d’accord entre elles pour commencer à agir. On veut créer un nouvel outil pour les luttes. Et comme on n’a pas de rapport fétichiste à l’outil politique, on continuera de discuter avec tous ceux qui en ont envie. Le but du jeu, c’est de fédérer les forces anticapitalistes.

MB : Mais n’est-ce pas contradictoire de vouloir fédérer et de se couper des autres courants de la gauche de la gauche ?

OB : Ça fait partie des contradictions qu’on assume. Pendant trente ans, on a essayé de fédérer par le haut en s’asseyant autour d’une table avec des responsables de tel ou tel groupe pour élaborer un programme commun. Ça n’a jamais marché. On discutait entre nous en oubliant de s’adresser aux gens. Moi, j’ai passé toutes mes premières années à la ligue à coller des affiches pour d’autres organisations. On ne peut pas nous reprocher de ne pas avoir essayé, on l’a fait mille fois. A un moment, il faut savoir se dire que ça ne marche pas et tenter autre chose. C’est ce qu’on fait en essayant de fédérer par le bas.

MB : Votre éloignement de la gauche de la gauche ne s’expliquerait que par une difficulté historique à se mettre d’accord. Il n’y a pas de divergences politiques entre votre projet et le leur ?

OB : Si. Le rapport au parti socialiste. Nous voulons la garantie de notre indépendance vis-à-vis de la gauche gouvernementale et eux, ce n’est pas clair. La question, c’est quel est l’objectif de cette gauche radicale ? Est-ce qu’il s’agit d’essayer, de l’intérieur, d’arracher tout ce qu’on pourra arracher à la sociale-démocratie ou, au contraire, d’assumer son indépendance pour contester l’hégémonie politique à gauche du social-libéralisme ? Il y a un choix à faire, et nous, on a tranché. Si on veut créer une majorité d’idée, il faut accepter de contester l’hégémonie du parti socialiste, et pour ça, il faut commencer par être indépendant de sa direction.

MB : Quel regard portez-vous sur l’état actuel de cette gauche gouvernementale ?

OB : Ce n’est pas mon problème. Je ne m’occupe pas de leur problème de leadership, je n’ai pas de bons et de mauvais points à distribuer sur la direction du PS puisqu’elle défendra de toutes façons un programme que je ne partage pas. Ce qu’on veut faire, c’est justement regrouper tout ceux qui pensent qu’autre chose que l’économie de marché est possible.

MB : Pour vous, le PS n’est pas aujourd’hui une alternative au sarkosysme ?

OB : Ha non. Ça se saurait. Si je le pensais, je serais au parti socialiste. Par contre, on peut se retrouver avec eux dans les luttes. S’ils ne sont pas d’accord avec la réforme des retraites, qu’ils le disent et on luttera ensemble. Plus on est nombreux, plus la gauche s’unit largement dans les mobilisations, plus on a de chances de gagner. Lors de la lutte contre le CPE, l’engagement du PS dans la mobilisation a été un appui important.

MB : Votre projet de nouveau parti n’a pas fédéré tous vos militants. Il y a une minorité dans votre organisation dont l’animateur principal -Christian Picquet- vient d’être, à peu de choses près, exclu.

OB : On a eu un congrès, 83% des militants ont approuvé le projet. Il y a une minorité qui n’est pas d’accord, je ne veux pas m’exprimer à leur place, ils le font très bien eux-mêmes dans les médias et dans notre presse à nous, puisqu’on est pour la liberté d’expression. Mais il faut comprendre que la ligue est dans un processus irréversible. On a lancé un appel, on sent que ça mord, on ira au bout. On laissera la place aux nouveaux qui arrivent et qui ne sont pas de vieux briscards de la politique. Et on renforcera les liens avec les autres forces européennes pour construire à terme une force anticapitaliste européenne.

MB : Pour finir et prendre de vos nouvelles à vous, où en est votre plainte pour avoir été espionné ?

OB : Rien de neuf. On a porté plainte et on attend.

MB : Ça vous a ébranlé ?

OB : Un peu, mais je ne veux devenir ni parano ni pleurnichard. La tentative de déstabilisation des militants anticapitalistes et révolutionnaires, ça ne date pas d’hier. Ce que je ne digère pas, c’est la vie privée. Suivre mon gamin jusqu’à l’école pour repérer, je cite, ses « habitudes », ça, ça ne passe pas.

MB : Vous dites que vous n’avez pas pris goût à l’agitation médiatique que vous suscitez. Je veux bien le croire. Mais malgré tout, après avoir milité des années dans une organisation très minoritaire, avec peu d’audience et quasi aucun relais médiatique, cela doit quand même être assez enthousiasmant de susciter un si grand intérêt ?

OB : Bien sûr, on s’éclate. c’est exaltant, c’est même grisant de voir que notre discours passe dans plein de secteurs du salariat et de la jeunesse. On voit les gens arriver en manifestation, dans les meetings, dans les entreprises où on m’appelle pour que je vienne. C’est très gratifiant, c’est formidable. Mais surtout parce que c’est militant, et parce qu’on sait qu’on a un groupe derrière.

MB : Mais vous, vous ne ressentez pas vous-même une certaine exaltation ?

OB : Mais si, bien sûr. Je ne suis pas un batracien. Par contre, répondre aux médias, c’est vrai que je n’y prends pas goût. Et je ne pense pas que ça va changer. Mais quand il y a des gars qui appellent parce qu’ils nous ont entendu parler dans les médias pour dire : « on occupe notre boite depuis trois jours, on aimerait qu’Olivier vienne nous voir », ça, c’est bien.

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A propos d’un appel publié dans Politis....Réponse de la LCR.

22 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

A propos d’un appel publié dans Politis....

 

Réponse de la LCR aux initiateurs d’un appel publié dans Politis...

Chers ami-e-s,

Nous voudrions vous expliquer par cette lettre pourquoi nous ne signons pas l’appel « l’alternative à gauche, organisons-là » que vous avez publié. Nous partageons avec vous beaucoup de combats et une volonté d’engager à gauche une discussion large permettant à chacun et chacune de se forger une opinion. Beaucoup de militants politiques, syndicalistes ou associatifs, d’ex-militants, de lecteurs, sont à la recherche d’une alternative globale face à une droite arrogante, qui tente de passer en force. Le PS n’incarne en aucun cas une opposition claire et déterminée à la politique du pouvoir. Nous vivons un moment charnière très important. Sarkozy et sa politique sont impopulaires et ils ont été sanctionnés dans les urnes aux municipales. Des résistances sociales s’expriment (des cheminots aux lycéens sans oublier les travailleurs sans-papiers) Ces mobilisations posent des questions décisives.

Tout d’abord, comment infliger une défaite cinglante dès maintenant au pouvoir UMP ? Car si nous attendons sagement 2012, alors Sarkozy aura réussi à remodeler la société française ce qui ne sera pas sans conséquence sur les rapports de force politique. Nous avons donc besoin d’une gauche de lutte, d’une force collective capable de relever le défi de l’épreuve sociale imposée par la droite et le patronat. Et cela va de pair avec la volonté de construire une alternative anticapitaliste, un nouveau parti qui se fixe comme objectif d’offrir un nouveau cadre de représentation politique à celles et ceux qui ne sont plus représentés par la gauche gestionnaire dite social-libérale. Un parti qui tire les leçons des expériences de la gauche au pouvoir qui ont été particulièrement dévastatrices pour les classes populaires. Nous n’oublions pas qu’entre 1997 et 2002 le gouvernement de gauche plurielle a mené une politique libérale, a privatisé, s’est opposé aux mobilisations sociales, a développé un discours de résignation et d’acceptation de la mondialisation capitaliste. Nous sommes, pour notre part, engagés dans un processus réel de construction d’un nouveau parti anticapitaliste, un parti pour le socialisme du XXI° siècle porteur de toutes les aspirations émancipatrices (féministes, écologistes, antiracistes, internationalistes...).

Nous sommes donc particulièrement intéressés par toutes les initiatives visant à construire une alternative. Mais une chose est le débat, tout autre chose est le lancement d’une initiative politique visant « à organiser l’alternative à gauche » dont les objectifs ne sont pas clairement définis. S’agit-il d’un front électoral ou d’une force en constitution ?

Cette question très sérieuse pose des problèmes en termes de contenu politique et de cadre stratégique. Les formules programmatiques sont très vagues, très imprécises (« ne pas oublier de redistribuer les richesses » !). Aucune revendication concrète concernant le pouvoir d’achat : ni l’augmentation des salaires, des pensions et des revenus de 300 euros que nous défendons ; ni le SMIC à 1500 euros nets. Rien non plus sur la retraite au moment où la droite veut imposer les 41 annuités : nous réclamons pour notre part le retour aux 37,5 anuités pour tous, privé comme public. Absente également la question de la régularisation de tous les sans-papiers alors même que des travailleurs osent revendiquer au grand jour l’égalité des droits ; rien non plus sur les licenciements, l’autonomie des universités ; toutes questions très concrètes qui ont suscité des mobilisations et qui établissent des lignes de partage très claires entre les deux gauches. Le texte n’exprime aucune indépendance vis-à-vis du parti socialiste puisque vous écrivez : « Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique. »

Très franchement, voilà un document qui peut être signé par beaucoup de socialistes pourtant acquis au social-libéralisme, et par la direction du PCF très soucieuse de maintenir des relations institutionnelles vitales du point de vue de la survie de ses élus et son appareil. D’ailleurs, les premières signatures, dont l’ancien ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, montre la faiblesse du texte vis-à-vis du bilan de la gauche au pouvoir et de son attitude actuelle face à Sarkozy. Nous ne voulons pas construire une force soi-disant radicale mais dont l’objectif serait de réaliser des accords de gestion avec la social-démocratie comme le fait la direction de « Die Linke » en Allemagne. Une stratégie qui a coûté très cher à Refondation Communiste en Italie. Nous défendons le même programme dans la rue et sur le terrain électoral. Nous voulons changer de gauche, pas changer la gauche, et nous avons bien peur que votre initiative, au-delà des intentions de beaucoup de ses signataires dont nous partageons les aspirations, se situe sur un terrain mille fois exploré : au nom de l’unité, évacuer les questions qui fâchent, mais qui pourtant fatalement se réinvitent : soutien aux revendications et aux mobilisations du mouvement social, avec qui gouverner et sur quel programme !

Voici en quelques mots, les raisons qui expliquent notre refus de signer cet appel. Un appel qui, par ailleurs, nous est parvenu très tardivement quarante-huit heures avant sa publication en plein week-end de la Pentecôte.

Nous restons toutefois disponibles, à tout espace de discussions et d’échanges politiques pour débattre de la nécessaire riposte face à la politique de Sarkozy, comme de l’alternative à construire, sans confondre libre discussion et regroupement de forces sur un contenu et des objectifs que nous ne partageons pas.

Bien à vous.

Pour la LCR,

Anne Leclerc et Pierre-François Grond

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