Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
NPA 27   Comités NPA de l'Eure

Articles récents

Les Comités d'initiative de l'Eure pour le NPA dans la presse locale (Eure-Infos)

14 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Les Comités d'initiative de l'Eure pour le NPA dans la presse locale  (Eure-Infos)
Lire la suite

Action anti-OGM samedi matin 10 mai à Evreux

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

Action anti-OGM samedi matin 10 mai à Evreux

 Alors que le Grenelle de l’environnement avait soulevé des espoirs quant à l’interdiction des OGM, la
future loi marque la victoire des pro-OGM, des entreprises semencières et de la FNSEA, laquelle s’est félicitée du vote des parlementaires. Par 21 voix d’écart, l’Assemblée nationale a fait le choix d’autoriser la coexistence des OGM et des autres filières, ces dernières risquant rapidement d’être contaminées.
L’hypocrisie de Borloo, qui parle d’un texte ni pour ni contre les OGM, et qui d’après lui ménagerait la recherche et la précaution, ne peut cacher un ensemble de dispositifs qui ouvrent la voie à un développement massif des OGM. Si on ajoute le maintien du délit de fauchage, risquant de conduire à la prison ferme nombre de militants anti-OGM, on voit que la logique gouvernementale est de s’asseoir sur le principe de précaution pour donner libre cours à la poursuite d’une agriculture productiviste, insouciante des conséquences sur l’environnement et sur le monde agricole.

Comme la loi revient à l'assemblée nationale en deuxième lecture mardi prochain, il était urgent de se faire entendre.  Avant la manifestation aux alentours de l’Assemblée nationale mardi au moment du vote, quelques personnes ont eu le mérite  de prendre rapidement l’initiative d’une action ce samedi. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à une vingtaine à distribuer  des tracts et à coller des affiches « OGM j’en veux pas, ni dans mon assiette, ni dans les champs », depuis le parking du cinéma  jusqu’à la permanence des députés en passant par le marché. L’accueil très positif tant des automobilistes que des passants  et de la plupart des commerçants démontre s’il en était besoin que la population est préoccupée par ce problème. Il est à noter  que les militants de l’UMP qui distribuaient un tract pour une « grande réunion départementale avec Xavier Bertrand »... à Saint Marcel  (c’est dire s’ils ne se font pas d’illusions sur la popularité du gouvernement !) étaient dans leurs petits souliers, incapables de répondre  à nos interpellations au point qu’ils ont préféré battre en retraite. Pas trop mal pour une première sur ce sujet dans notre département.
On peut s'interroger, une fois encore, comme il y a 15 jours pour l’anniversaire de Tchernobyl organisé par le réseau « Sortir du nucléaire »,  sur l’absence de militant-e-s des Verts.

Lire la suite

Par milliers avec les sans-papiers à Paris le samedi 10 mai 2008

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #SANS-PAPIERS

A Paris, entre 4.000 et 5.000 personnes selon les organisateurs,  ont participé samedi à une manifestation de soutien aux travailleurs sans-papiers.

Entre 4.000 et 5.000 personnes selon les organisateurs, 800 selon la police, ont participé samedi à Paris à une manifestation de soutien aux travailleurs sans-papiers. Les différentes organisations présentes ont demandé la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers, «qui paient des impôts et font partie de l'économie française», a expliqué à l'AFP Djibril Diaby, délégué de la coordination 75 des sans-papiers.

Le cortège, auquel participaient notamment le Réseau éducation sans frontières (RESF), la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), la Ligue des droits de l'homme (LDH) et Unis contre une immigration jetable (UCIJ), est parti de la place de Clichy, pour atteindre le boulevard des Italiens, où une pizzeria est occupée jour et nuit par des travailleurs sans-papiers depuis 23 jours.



La manifestation constituait aussi la dernière étape de la marche des sans-papiers partis de Lille le 19 avril dernier. «Il faut marcher plus de 200 kilomètres pour avoir des papiers, a souligné Mady Gassama, membre d'un collectif de sans-papiers. Les sans-papiers sont sortis de l'ombre, et veulent vivre comme tout le monde, dans la légalité. Nous voulons attirer l'attention de l'opinion sur ce problème. Avec l'immigration choisie, le gouvernement va faire venir d'autres immigrés, en oubliant ceux qui sont là depuis longtemps, et exercent des métiers pénibles«, a-t-il expliqué.

Selon Jean-Claude Amara, président de l'association Droits Devant !, à l'origine avec la CGT de la grève des travailleurs sans-papiers en Ile-de-France commencée le 15 avril dernier, ce mouvement a créé une "telle dynamique qu'une grande fenêtre d'espoir est ouverte. Il n'y a plus de limite. 400 travailleurs sans-papiers sont prêts à partir en grève s'il n'y a pas de signe du gouvernement". "Cette grève est historique, car les travailleurs sans-papiers ont, pour la première fois, utilisé l'arme des travailleurs, la grève. Le gouvernement doit donc les entendre", a aussi souligné Raymond Chauveau, de la CGT.

Lire la suite

Le facteur Besancenot....Article de Libération du 12 mai.

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Le facteur Besancenot....

 

Article Libération du 12 mai.

En participant à « Vivement dimanche », le porte-parole de la LCR confirme son poids politique à la gauche de la gauche.

C’était son grand oral. Passé devant un auditoire estimé entre deux millions et deux millions et demi de téléspectateurs. Soit beaucoup plus que les 1,5 million d’électeurs qui s’étaient portés sur son nom le 6 mai 2002. Une aubaine qu’Olivier Besancenot n’a pas laissé filer. La LCR, dont il est l’un des porte-parole, incarne l’une des facettes du trotskisme français un courant de pensée avec un véritable poids électoral que d’aucuns jugent comme une exception française. Ouverte aux mouvements de société (la défense des « sans », papiers, logements, droits, etc., des immigrés…), elle se démarque de Lutte ouvrière, l’autre grande branche du trotskisme français, plus ouvriériste (lire page 3).

Plus de trois heures durant, hier, sur France 2, dans l’émission de divertissement Vivement dimanche, animée par Michel Drucker, le porte-parole de la LCR a pu développer la vision de son monde. Celui du travail avec « les masses, les exploités, les opprimés » dont il rêve qu’ils « fassent irruption sur la scène politique ». Le monde de la politique, justement, lui qui « milite pour la révolution ». Mais pas une révolution violente : « Pour moi, affirme-t-il devant Michel Drucker, la révolution, ce n’est pas une flaque de sang à chaque coin de rue. » Il a pu aussi stigmatiser « la grande distribution qui se fait des couilles en or ». Son monde à lui, enfin, avec des images le montrant jouer au football ou boxant. Et une confession quand il « revendique pour [sa] génération, un gros doute ». Mais pas une image de sa compagne, ni de leur fils. Ses goûts pour la chanson tournent autour de Bernard Lavilliers et Jean Ferrat, Zebda et Charles Aznavour.

Décontracté, souriant charismatique (« s’il te plaît, continue à parler ! » l’a exhorté la députée PRG Christiane Taubira), le jeune postier - il a eu 34 ans le 18 avril - a su habilement laisser parler deux femmes syndicalistes, l’une de l’ex-fabricant de stylos Reynolds à Valence, aujourd’hui disparu, l’autre d’une entreprise métallurgique de la région lilloise. Des témoignages bruts sur la condition de salariés précaires.

Personnalisation. Au final, l’ancien candidat aux présidentielles de 2002 et de 2007, aura peut-être réussi à éviter l’écueil de la pipolisation. Cette crainte avait été soulevée par le courant minoritaire de la Ligue communiste révolutionnaire et son porte-parole, Christian Picquet. Un Christian Picquet à qui la direction de la formation trotskiste vient de supprimer le poste de permanent qu’il occupait. Le leader de la minorité tirait la sonnette d’alarme il y a une semaine, quelques jours avant l’enregistrement de Vivement dimanche, sur les risques de personnalisation du débat politique : « Même si Besancenot invite une infirmière et un prolo, cela va concourir à la dépolitisation de la vie publique puisqu’ils ne seront là que pour contribuer à son édification. » Au contraire, le leader historique de la Ligue, Alain Krivine plaidait pour la participation d’Olivier Besancenot à l’émission dominicale : « Boycotter la télévision bourgeoise ? Si on fait ça, notre message ne passe nulle part. » D’emblée hier, le porte-parole de la LCR a précisé : « Je n’ai pas hésité une seconde à venir. C’est l’occasion de présenter un certain nombre d’engagements, de causes et de donner la parole à d’autres, de s’adresser à des millions de personnes, donc de s’adresser au peuple, quand on est une organisation populaire. » Même s’il a pris soin d’ajouter : « La représentation médiatique, je n’y ai toujours pas pris goût. »

Nouveau parti. Mais derrière la polémique (« Un peu une tempête dans un verre d’eau », dixit Besancenot) se cache un débat plus politique : quel visage donner au « nouveau parti anticapitaliste » qui devrait voir le jour à la fin de l’année ou début 2009. Globalement, pour la direction de la LCR, ce NPA doit se construire « à la base », avec des militants déçus, qu’ils viennent du PCF, des Verts ou du PS. Le « parti d’Olivier », comme l’appellent certains détracteurs, aurait vocation à concurrencer le PS sur sa gauche. « Je ne serai pas le seul leader de ce parti », a répété l’ex-candidat tout au long du dernier congrès de la Ligue, en janvier. Une stratégie que ne partagent pas les minoritaires, comme Christian Picquet qui dénoncent un « parti d’extrême gauche relooké », plaidant au contraire pour une formation large, construit avec des composantes venues de l’aile gauche du PS, du PCF, des Verts et des antilibéraux.

Par Pascal Virot.

Lire la suite

Le mystère Besancenot....Article du Nouvel Observateur du jeudi 8 mai.

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Le mystère Besancenot....

 

Article du Nouvel Observateur du jeudi 8 mai.

Un révolutionnaire ce dimanche chez Michel Drucker, on n’avait pas vu ça depuis Arlette Laguiller. Mais Olivier Besancenot, placé dans le trio de tête des personnalités de gauche, est aujourd’hui sur une autre planète. Questions sur une star politique, incarnation de la colère...

S’en souvient-on, on l’appelait « Amélie Poulain » ! C’était Alain Krivine qui en faisait des tonnes avec ce surnom... Olivier Besancenot, Amélie Poulain de la politique, un produit frais !

C’était en 2002, quand la LCR groupusculaire envoyait un facteur de 27 ans gratter les parts de marchés d’Arlette Laguiller. Pas grand monde y croyait. « Je n’étais pas fait pour ça. » Besancenot montait dans les médias comme les poilus au front. Pour ses premières télés, il gardait sa feuille de paie dans sa poche. « Si je m’étais fait coincer par les journalistes, je leur aurais dit : je n’ai peut-être pas toute les réponses, mais voilà d’où je viens, voilà ce que je représente ! » Il n’a jamais eu à balancer ses 1 000 euros de salaire mensuel aux journalistes, alors moins hostiles que condescendants. Et aujourd’hui Olivier Besancenot n’a plus besoin de talisman. A 35 ans, il possède un statut à part : l’opposant absolu et absolument populaire, ne passant rien à Sarkozy ni à ses opposants, les « clowns » de la gauche institutionnelle, et pourfendant le « capitalisme » pris en bloc. A la télévision, son talent fait merveille. Dans les entreprises en lutte, il est de plain-pied avec les salariés. Les médias le traitent en majesté. Son invitation chez Michel Drucker, dimanche sur France 2, a la valeur d’un couronnement. Besancenot est protégé : son statut de tribun du peuple interdit les questionnements politiques ou personnels. « On a tort de s’intéresser à Besancenot, répond-il. Au lieu de pointer les caméras sur moi, on ferait mieux de les tourner vers la société française. Je ne suis pas intéressant. Mais la révolte sociale et politique, elle, devrait alerter les médias. » Sur la colère sociale, le facteur a raison. Mais sur lui-même, il a tort. Olivier Besancenot est assez intéressant pour qu on essaie de le comprendre. Voici quelques questions qui fâchent, sur cet encore jeune homme en qui se reconnaissent tant de mécontents. Ce n’est pas si souvent qu’un révolutionnaire est une star, dans ce pays tempéré !

1. Peut-on être révolutionnaire et aller chez Drucker ?

Ca le fait marrer, cet éboueur qui arrête sa grosse benne à ordures dans la rue Ramey, sur les contreforts de la butte Montmarte : « Vous allez vraiment chez Drucker ? » Acquiescement de Besancenot. « Alors parlez de nous ! » CQFD. « Ceux-là, Drucker ne les dérange pas », conclut Besancenot, las du procès en pipolisation que lui intentent les puritains de l’extrêmegauche. « Lémission, on y parlera politique, on parlera des salariés et des sans-papiers... » Il n’a pas varié. Le révolutionnaire a la culture de son époque. Un enfant de la télé, de Coluche et du rap. Et il a déjà fait plus baroque que Drucker. En 2002, il avait accepté une interview croisée avec le jet-setter Massimo Garcia dans « VSD » ! Tout était bon pour exister. Et aujourd’hui rien n’est à négliger pour toucher la France populaire. Besancenot est une telle bête de télévision qu’il pense éviter les pièges. « Evidemment que je joue un rôle dans le système médiatique. Mais l’important est ce que j’en fais ! »

2. Au service du peuple ou de sa propre gloire ?

Olivier Besancenot est trop doué pour la politique pour ne pas aimer qu’on l’aime. En même temps, le postier se veut un être moral : il fait ça pour la cause. En 2004, après les régionales et les européennes, quand la Ligue s’était brisée sur le vote rose utile, il confiait sa peur d’un destin tracé : devenir un nouvel Arlette, l’incarnation élec torale d’une révolution impossible. Le référendum européen de 2005, puis la présidentielle, l’ont requinqué : la self-esteem est politique ! En fait, Besancenot est plus perso que narcissique. Quand il est devenu le candidat de la Ligue en 2001, il a négocié avec les « potes » ses espaces de liberté. C’était du temps pour lui, sa boxe française ou le foot ?il est supporter du PSG. De ce point de vue, Besancenot n’a pas bougé. La star des trotskistes est de sa génération, qui a compris l’importance de l’individualisme. Ses plongées dans le monde du rap n’ont rien de factice. Besancenot s’est branché Monsieur R, adorable jeune homme et sulfureux rappeur, contempteur de la « FranSSe » raciste, en reprenant avec lui un vieux tube du groupe Trust, « Antisocial ». R est devenu compagnon de route de la Ligue d’Olivier. Ils déjeunent parfois ensemble, porte de Clignancourt à Paris. Mais Besancenot n’est pas que roots, il est aussi paillettes : il a récemment tourné pour « Groland » un sketch anti-Sarko ! Est-ce Besancenot qui est devenu un produit Canal, un révolutionnaire aseptisé, ou Canal qui fait de la politique ? « Moi ça m’a fait marrer... » C’est aussi la clé.

3. Son nouveau parti est-il un bluff ?

Besancenot est sur le podium de la popularité à gauche. Mais de là à imaginer les Français prêts à adhérer à un « parti anticapitaliste », il y a de la marge. « La popularité d’Olivier est durable tant il incarne un renouveau politique et générationnel il est le seul trentenaire visible à gauche, affirme Denis Pingaud, vice-président délégué du sondeur OpinionWay. Mais son parti aura du mal à décoller : c’est dans les gênes de la LCR. » Pingaud, ex de la Ligue, a la sensation du déjà-vu : « Ils attirent des ouvriers et des jeunes radicalisés. Mais ensuite ils n’arrivent pas à s’ouvrir. Ils n’ont pas voulu construire avec les altermondialistes. Olivier aurait pu être un leader unitaire idéal s’ils avaient osé prendre des risques. » Evidemment, Besancenot n’est pas d’accord. Il croit régénérer la politique. Il imagine un parti de nouvelles têtes : « Ce que la Ligue a fait avec moi, on le fera avec d’autres ! » Il croit surtout que la France enragée peut se retrouver avec lui. Il y voit même une urgence. « Il y a une colère qu’on n’imagine pas. Je n’ai jamais oublié cet ouvrier de ThoméGénot, une boîte dans les Ardennes qui fabriquait des alternateurs pour automobiles. Il regardait une cuve d’acide, il me disait : « Il y a plein de CRS en ville, ils nous prennent pour des terroristes. S’ils y tiennent, on va le devenir... » Un jour, quelque chose va sauter... » Et la Révolution devra conjurer la violence ?

4. Le héros des prolos est-il un petit-bourgeois ?

« Le mythe du col bleu qui serait le seul salarié vraiment révolutionnaire, ça fait longtemps que je n’y crois plus ! » Cela fait des années qu’il le dit au sein de la Ligue, contre les vieux mythes des vieux copains. « Ils expliquaient que les profs n’étaient pas vraiment des exploités... Ca a changé en 2003, quand les enseignants ont pris tous les risques contre la réforme des retraites. » Lui n’a jamais eu de doute. On peut être col blanc, employé, postier ou instit et être du peuple en lutte. Besancenot est fils d’enseignants. « Une famille de la classe ouvrière qui entre dans l’Education nationale. » Besancenot a réinscrit l’extrême-gauche dans l’aventure brisée des milieux populaires français, qui croyaient en l’ascension républicaine et ont été trahis par la crise... Cet homme est un caméléon, audible dans tous les mondes de la gauche. Il vit dans le 18e arrondissement de Paris, avec sa compagne éditrice et leur fils, comme plein de foyers des classes moyennes intellectuelles. Mais il accompagne régulièrement des luttes entre Metaleurop ou Nestlé : il sait, comme aucun autre politique, être le copain des prolos qui combattent... Son absence d’inhibition ouvriériste lui a permis de comprendre aussi les nouveaux combats : il a accompagné la grève du McDonald’s du boulevard Sébastopol à Paris. Comme il a défendu, très tôt, les salariés sans-papiers. On le sait depuis Mai-68 : certains « petitsbourgeois radicalisés » ne sentent pas trop mal la société...

5. Est-ce un vrai facteur ?

La Poste fut le must des premiers reportages sur Besancenot : ah, les ballades matinales dans les rues de Neuilly avec le jeune homme en tournée ! Ensuite est venue la rumeur : Besancenot serait un déclassé par choix politique, abrité dans la fonction publique pour pouvoir militer ! La construction l’enrage. « Entrer à La Poste, c’était un choix professionnel. La trouille du chômage, toute ma génération l’a connue. J’aurais pu devenir prof, mais je n’avais pas le courage de me taper encore un an d’études, tout en travaillant, pour préparer le Capes. Quand j’ai été pris à La Poste, mon père m’a offert le champagne tellement il était soulagé ! » La colère de Besancenot n’est pas feinte. L’idée qu’il se fait de lui-même est son moteur : « Si on oublie la politique, je suis comme plein de mes collègues. Des diplômés de la fac devenus postiers, il y en a énormément ! » Il ignore s’il restera facteur toute sa vie. « Mais pour l’instant c’est ce que je suis. C’est moi. C’est mon univers, mes collègues, une partie de ma vie, comme la boxe. Et ça me protège. » De lui-même, des tentations du starsystème ? « De vous, des médias. Du personnage qu’on me fait jouer... »

6. Son programme économique est-il bidon ?

L’économie, selon Besancenot, est une belle utopie... sauf si l’on fait revivre les années 1970. « Il prolonge ce qu’on disait au moment du Programme commun », dit Liem Hoang Ngoc, un des économistes de la gauche du PS, qui veut revenir sur la rupture de 1983 et donne quitus aux liguards : « A force de fréquenter Attac, la Fondation Copernic, les comités du Non européen, ils se sont frottés à la réalité. Et l’homme qui les inspirait, Michel Husson, est un des meilleurs macroéconomistes français. » En 2007, Besancenot défendait un « plan d’urgence » très « première gauche redistributrice et étatiste » : une augmentation du smic à 1 500 euros net ; une loi interdisant les licenciements et permettant la nationalisation des entreprises défaillantes ; une renationalisation des services publics ; l’objectif de gratuité en matière de transports et d’éducation ; le retour aux 37,5 annuités de cotisations pour une retraite à taux plein. Et une augmentation des cotisations patronales... « C’est viable, à condition d’avoir un rapport de force politique, dit Husson, qui s’est éloigné de la Ligue mais ne renie rien. On combinerait une relance par les revenus avec un nouveau partage des richesses, et on relancerait l’emploi en abaissant la durée du travail. Mais il faudrait assumer le conflit avec le patronat ce que ne savent plus faire les sociaux-démocrates. » Besancenot en social-démocrate de substitution ? « On peut tenir nos mesures sans perdre pied dans la compétition internationale, jure le facteur. Louvrier français est le plus productif du monde. » Mais la suite de son programme « une remise en cause de l’idée même de propriété » - est un peu moins soc-dem...

7. Est-ce un démagogue ?

« Il a saisi la colère des nouveaux déclassés, dit le socialiste Manuel Valls. Mais ce qu’il propose ne sert qu’à entretenir la colère et la frustration. Il a besoin que les blocages perdurent pour nourrir son populisme compassionnel. » Quand il vient soutenir des salariés, Besancenot vend pourtant peu de rêves et ne prône que le combat. Sa démagogie est ailleurs, dans le discours qu’il porte sur « la classe politique », une verve anti-politicards déconcertante : « Eux en bouffent, pas moi ; ils vivent de la politique, pas moi. » Depuis 2002, la LCR veut cristalliser à l’extrême-gauche comme le FN avait cristallisé à l’extrêmedroite, dans un discours antisystème. Besancenot le porte, avec presque trop de sincérité et de talent. Il enfourche le cheval populiste privé de cavalier depuis la chute de Le Pen... au point d’avoir une bonne cote d’amour auprès des sympathisants du FN !

8. Nouvelle gauche ou vieux trotskisme ?

Besancenot a repris des trotskistes vétérans le culte de la longue patience qu’importent les défaites, les luttes reprendront... A l’étranger ses repères, ses correspondants sont les militants de la IVe Internationale. Il est amoureux de l’Amérique latine, séduit par Cuba, où il était en vacances en avril « les réformateurs du castrisme en ont assez que la gauche française les tape systématiquement ! ». Mais il n’est jamais allé en Chine, où tout change et tout se joue pourtant. « Il faut construire des liens avec le mouvement social chinois, toute la crise du capitalisme est concentrée là-bas », reconnaît-il, déclinant un classique. En même temps Besancenot est plus baroque que les vrais sectaires du vieux Léon ou les enfants de Mai-68. Son guevarisme est une idéologie de l’inachevé : « Le Che me passionne parce que sa pensée n’était pas figée, pas aboutie », dit-il. Il pioche, aime les banlieues. Et il lit, en ce moment, les grands auteurs anarchistes. Il cherche les explications à la violence qu’il sent poindre, qui le taraude, l’attire et l’inquiète à la fois.

9. Est-ce un vrai sectaire ?

En 2002, au forum social de Porto Alegre, ll grimaçait en croisant Chevènement « ce ype qui expulse les sans-papiers » - quand Krivine claquait la bise à « Jean-Pierre », un pote depuis les années 1970 ! C’est une affaire de génération : Besancenot est né à la politique quand le pouvoir s’appelait Mitterrand. Si les socialistes le trouvent sectaire, c’est qu’il ne les connaît pas, ni ne les aime, sauf exception. Il ne supporte pas Julien Dray, qui le regarde avec l’air de supériorité des anciens LCR passés au PS, sur le mode « toi aussi tu y viendras ». Mais il estime Harlem Désir, connu dans le mouvement altermondialiste. Besancenot cultive de bons rapports avec les figures antilibérales. Il respecte Arlette Laguiller et discute beaucoup avec José Bové, ce qui ne l’a pas empêché de les humilier l’an dernier. C’était pour le parti ! Christian Picquet, l’opposant interne de la Ligue privé de son poste de permanent, peut en témoigner : à la guerre, Olivier ne plaisante pas. Mais la dureté du combattant n’empêche pas l’homme Besancenot d’être séduisant. Il a conquis Nicolas Hulot un méfiant, comme lui en lui expliquant pourquoi il ne signerait pas son pacte écologique au nom de l’impératif social. Depuis, les deux hommes dialoguent sur la conjonction du social et de l’écologie. « Je suis écolo », affirme Besancenot, antinucléaire et ex-faucheur d’OGM, tandis que Hulot, sur la mondialisation, tient un discours de plus en plus à gauche ! Hulot et Besancenot ont dîné ensemble à Paris, en petit comité, au début de l’année. Un ami de Hulot, l’homme-consensus, peut-il vraiment être sectaire ?

Claude Askolovitch. Le Nouvel Observateur

Lire la suite

Les ports autonomes en grève contre la réforme.

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

Les ports autonomes en grève contre la réforme.

 

Info NOUVELOBS.COM | 09.05.2008 | 09:29.

Les ports du Havre et de Rouen sont à nouveau touchés vendredi 9 mai par une grève appelée par les syndicats CGT contre le projet de réforme des ports, notamment son volet concernant le transfert au privé des grutiers, a-t-on appris de sources syndicales.

Grèves en chaine

La CGT a également appelé à un nouvel arrêt de travail dans le Port autonome de Marseille (Pam), qui connait des perturbations depuis le début de la semaine. Une nouvelle grève de 24 heures était également prévue dans les ports de Nantes et de Saint-Nazaire. Le projet de loi de réforme portuaire, déposé au Sénat, suscite des grèves depuis mi-avril à l’appel de la CGT notamment contre le transfert au privé des activités de manutention. Depuis début avril, les ports français sont du coup perturbés par des grèves contre ce plan de relance qui prévoit une reprise des investissements de l’Etat et le transfert vers le privé des terminaux et de leurs personnels encore sous statut public.

Manutention touchée

Au Havre, cette grève de 24H00 des agents du port commencée à 06H00 doit être suivie par une autre s’étendant de samedi 15H00 à dimanche 15H00, comme au cours des trois semaines précédentes. Elle a entraîné l’arrêt de la manutention sur tous les terminaux à conteneurs qui constitue la principale activité du second port français après Marseille. En revanche, l’accueil des paquebots de croisière, les liaisons par car-ferries avec la Grande-Bretagne et la manutention des produits pétroliers n’étaient pas affectés par le mouvement. A Rouen, la grève prévue pour durer 24H00 jusqu’à samedi 07H00 devait entraîner des perturbations essentiellement sur les terminaux publics à conteneurs et marchandises diverses. En revanche, les silos à céréales et les terminaux pétroliers privés devaient fonctionner normalement. A Marseille, le directeur général du Pam, Guy Janin, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il envisageait la filialisation d’activités, notamment le pétrole, et pas seulement leur transfert au privé pour mettre en oeuvre la réforme des ports lancée par le gouvernement.

Filialisation

Outre un arrêt de travail prévu ce vendredi dans un cadre national, la CGT a déposé des préavis de grève locaux de 24 heures reconductibles du 14 au 21 mai. Le projet de loi autorise la filialisation dans plusieurs cas, notamment s’il s’agit d’un enjeu national comme le pétrole à Fos, près de la moitié des approvisionnements du pays, a souligné Guy Janin. Cela permettrait d’assurer "une fiabilité sociale (...) on peut imaginer un actionnariat salarié". A Marseille, outre le pétrole avec environ 200 agents, la filialisation concernerait la maintenance (140), des outillages mutualisés (20), une partie de la réparation navale (15) et la gestion des gares passagers (45). Les transferts au privé, eux, concerneraient notamment les activités conteneurs, avec neuf sites retenus à Fos et Marseille. Les outillages seraient vendus après estimation par un expert indépendant. Des négociations nationales sur le statut des agents se déroulent sous la houlette du médiateur Yves Cousquer pour conclure d’ici au 31 octobre un accord-cadre. "Nous ne laisserons personne sur le bord de la route", a insisté Guy Janin. "L’objectif est de faire que transferts et filiales soient viables économiquement", a-t-il dit. "Ce qui est important, c’est de donner un sentiment d’appartenance à une entreprise".

Lire la suite

Unité pour la régularisation de tous les sans-papiers. Communiqué de la LCR du 9-05-2008

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #COMMUNIQUES

Unité pour la régularisation de tous les sans-papiers.

 

Communiqué de la LCR.

Face à la xénophobie d’Etat, à la traque des sans-papiers, au contrôle au faciès, les mobilisations s’amplifient. Les sans-papiers de Lille, partis de Lille le 19 avril doivent arriver à Paris le 10 mai. A l’initiative de la CGT et de Droits Devants, plusieurs centaines de sans-papiers salariés sont en grève pour leur régularisation. Ce mouvement suscite un formidable espoir parmi tous les sans-papiers. Le gouvernement Sarkozy maintient son refus de régularisation massive et se défausse sur les Préfectures pour l’examen au cas par cas des dossiers. Il tente de jouer la carte de la division et de la concurrence en tentant d’opposer les sans-papiers entre eux. Pour la LCR, l’urgence c’est l’unité et l’élargissement du mouvement contre le gouvernement, pour le soutien concret aux grévistes des sites occupés, à tous les sans-papiers et à leurs revendications. Le gouvernement doit étudier globalement et positivement tous les dossiers présentés par les collectifs de sans-papiers. C’est pourquoi, la LCR appelle à la manifestation unitaire du samedi 10 mai, à 14h, Place de Clichy, pour manifester sa solidarité avec toutes les luttes des sans-papiers et exiger la fin des rafles, des expulsions, la régularisation de tous les sans-papiers.
Le 9 mai 2008.

 

 

 

Lire la suite

15 Mai 2008 : une première journée de grève et de mobilisations qui doit être prolongée ! Edito des tracts de la semaine.

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #EDITOS

 

15 Mai 2008 : une première journée de grève et de mobilisations qui doit être prolongée !

 

Le 15 mai, les fédérations syndicales de la fonction publique appellent à la grève contre les restructurations, les suppressions massives d’emplois et pour l’augmentation des salaires. Les lycéens et lycéennes seront, également, massivement, dans la rue contre les suppressions de postes de profs.

 

Faire échec au gouvernement : les raisons sont nombreuses !

 

Le gouvernement dans son projet de suppression massive d’emplois dans la fonction publique, pour, rappelons-le, soi-disant renflouer les caisses de l’Etat, multiplie les attaques. Avec, en particulier, des restructurations à la hache : changement de métier, mobilités géographiques imposées et, également, des attaques frontales sur la garantie de l’emploi.

Dans l’Éducation nationale, le gouvernement prévoit 17 000 suppressions de poste en 2009 après les 12 000 en 2008.

A travers ces « réformes », c’est l’ensemble des services publics qui sont attaqués : nous sommes toutes et tous concernés en tant que salariés et en tant qu’usagers !

Dans le privé, les salariés combattent toujours les suppressions d’emplois et les fermetures de sites dans des entreprises, qui, souvent, font des profits. Et, également, depuis de nombreuses semaines, ils luttent pour l’augmentation de leurs salaires et leur pouvoir d’achat.

Le gouvernement veut imposer l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans, alors que les retraités subissent déjà une baisse importante du niveau des pensions et que cela sera pire encore dans les années qui viennent…

Un mouvement lycéen qui continue !

La mobilisation lycéenne a réussi à franchir le cap des vacances. Mardi 6 mai, des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes, et, même si elles n’ont pas rassemblé autant de monde qu’avant les vacances, elles ont touché de nouvelles villes.

Les lycéens et lycéennes semblent déterminés à faire reculer ce gouvernement qui veut détruire leur avenir en dégradant encore plus leurs conditions d’étude et leur qualité. Classes surchargées, fermetures d’options et de filières, qualification au rabais pour former des salariés plus précaires et moins coûteux, voilà concrètement le projet de Sarkozy.


Tous et toutes dans la rue le 15 mai et continuer après !

 

Il y a de réelles possibilités de faire céder le gouvernement qui est déjà affaibli par les grèves de travailleurs sans-papiers, la grogne généralisée sur la question du pouvoir d’achat et des salaires. Après un an au pouvoir, Sarkozy et sa politique sont de plus en plus rejetés.

La journée de grève interprofessionnelle du 15 mai est une bonne chose, mais sera loin d’être suffisante pour faire reculer le gouvernement. D’ores et déjà, une nouvelle journée de grève, sur les retraites, est prévue, le 22 mai prochain.

Mais ce n’est pas avec le « saucissonnage » des ripostes et des mobilisations qu’on fera plier Sarkozy. Il faut se donner les moyens de combattre et de gagner contre l’ensemble de la politique réactionnaire qu’il mène. Et pour cela, préparer un mouvement d’ensemble prolongé le plus large possible regroupant l’ensemble de la gauche sociale et politique.Si nous nous y mettons tous ensemble, c’est possible de faire reculer Sarkozy et son gouvernement !

Le 09/05/08

Lire la suite

Bavure policière à Grasse: un jeune tué lors de l'interpellation

12 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #REPRESSION

Marche silencieuse à Grasse après la mort d'un jeune homme lors d'une interpellation

GRASSE    

(AFP) — Plusieurs centaines de personnes ont défilé dimanche à Grasse (Alpes-Maritimes) en hommage à un jeune homme de 22 ans mort vendredi peu après son interpellation par la police.

Derrière une banderole proclamant "bavure policière, assassins", les manifestants -entre 500 et 600 selon la police, un millier selon les organisateurs- ont défilé dans le centre de Grasse dans un silence brièvement interrompu par quelques cris "police, assassins" poussés devant le commissariat de la ville.

Témoignage
Une jeune femme, témoin de l'interpellation, a indiqué à la presse, en marge de la manifestation, que Abdelakim Ajimi avait été maintenu à terre lors de son interpellation par plusieurs policiers, dont l'un lui serrait fortement le cou.
"Pendant les vingt minutes où j'étais là, il ne lui a pas lâché le cou. Il le serrait très fort. Cette image ne me sort pas de la tête", a raconté Layla Picout, 17 ans, étudiante en BEP vente."Hakim (son diminutif, ndlr) ne se défendait pas, il était sur le sol, complètement à l'envers, comme s'il était déjà parti, comme s'il acceptait son sort. Quand ils l'ont mis dans le coffre de la voiture, menotté, on aurait dit une guimauve", a ajouté la jeune femme.

Selon sa famille, le jeune était grand mais fluet, il pesait 60 kilos. "Il suffisait de le prendre avec une main pour le mettre dans la voiture", a déclaré son oncle à l'AFP.

La police a démenti que Abdelakim Ajimi, interpellé après une altercation avec les employés d'une banque où il était venu retirer de l'argent, ait été placé dans le coffre de la voiture de police. Dans un communiqué, le préfet des Alpes-Maritimes Dominique Vian a souligné que le jeune homme s'était violemment opposé à son interpellation durant laquelle deux fonctionnaires de police ont été blessés. L'un a été hospitalisé avec une fracture de la clavicule. "Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l'action des fonctionnaires", a ajouté le préfet. Le jeune homme avait été à trois reprises interné dans des hôpitaux psychiatriques. Fumeur de cannabis, il faisait l'objet de poursuites judiciaires pour conduite sous l'emprise de stupéfiants.

Un autre témoin, cité par le quotidien Nice-Matin, a mis en cause les conditions de son interpellation.

 

"Il avait la face contre terre, trois policiers sur lui, j'ai entendu le jeune homme dire qu'il ne pouvait plus respirer, il était violet. Un des trois policiers lui a donné des coups de poing", a affirmé Ludovic Gérard, maître chien à Cannes.

"Il ne pouvait plus parler ni crier. Alors il a tapé contre le sol avec la paume de sa main, à la manière d'un catcheur qui veut cesser le combat", a indiqué un autre témoin, cité par l'avocat de la famille, Me Sylvain Pont.

 

Mort à Grasse: "Il a dit aux policiers "J'étouffe! J'étouffe!"


Ludovic Gérard, maître-chien, témoin, au Parisien:
"Je sortais d'un immeuble avec des amis. Le jeune était déjà menotté, la face contre le sol. Un des policiers, en civil, lui avait déjà empoigné un bras et lui tournait le coude pour l'immobiliser. Il était déjà violet. Il commençait manifestement à s'étouffer parce qu'on lui tournait la tête de l'autre côté. J'ai entendu le jeune qui gémissait "J'étouffe! J'étouffe!" J'ai crié "Arrêtez-vous, vous voyez bien qu'il n'a plus d'oxygène!" Un policier m'a répondu "Mêlez-vous de ce qui vous regarde." Un autre policier m'a dit "Vous ne savez pas ce qu'il a fait" et m'a menacé de m'emmener au commissariat si je ne me taisais pas (...) J'ai voulu filmer avec mon portable. Mais, le temps que je libère un peu d'espace pour la vidéo, ils ont voulu me le faire confisquer par les municipaux. Je l'ai alors jeté à mes amis, mais je me suis retrouvé avec des menottes et conduit au commissariat. Là, j'ai attendu une demi-heure avant qu'on me les retire et qu'on prenne enfin ma déposition en tant que témoin."
Ludovic a assisté, selon ses propres termes, à un "tabassage en règle".

Un autre témoin, à l'AFP:
"Il ne pouvait plus parler ni crier. Alors il a tapé contre le sol avec la paume de sa main, à la manière d'un catcheur qui veut cesser le combat."

Une autopsie est prévue demain mardi à Nice.

Lire la suite

Birmanie: 40 000 disparus et 50 000 morts ? La junte militaire freine l'aide internationale

8 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #DES CHIFFRES

 40 000 disparus et 50 000 morts ?
Tandis que bilan du cyclone s'alourdit en  Birmanie,  la junte militaire freine l'aide internationale
Agences AFP, Reuters et AP


 lors que le dernier bilan officiel du passage du cyclone Nargis s'établissait, mardi 6 mai, à près de 25 000 morts et 41 000 disparus et que la situation sur place est "équivalente aux zones dévastées par le tsunami" de 2004 selon l'ONU, l'aide internationale peine à arriver aux victimes. En cause : le contrôle bureaucratique très strict exercé par la junte militaire. 

Si le matériel de première nécessité commence à arriver dans les villes, les visas demandés par les fonctionnaires de l'ONU et des différentes ONG mobilisées ne sont accordés qu'au compte-gouttes, la junte ayant affirmé que les équipes "devront négocier [leur présence] avec le ministère des affaires étrangères".
 
LES SECOURS ENTRAVÉS PAR LA DÉSOLATION

L'organisation des secours est également ralentie par les dégâts matériels, qui empêchent l'accès aux zones les plus touchées. La région du delta d'Irrawaddy et de Rangoun, où de nombreuses municipalités sont en état de catastrophe naturelle, ont été frappées de plein fouet. Des images satellitaires de la NASA et de l'ONU montrent de vastes étendues entourées par les eaux, des maisons détruites et d'énormes arbres déracinés.

"Trois maisons sur quatre ont été détruites dans la région d'Irrawaddy. Beaucoup de villages sont sous les eaux. Beaucoup de routes et de ponts ont été détruits", rapporte le journal d'opposition Burma Digest. "Les efforts d'évaluation approfondie continuent d'être entravés par l'absence de communications et par le blocage des routes. Les régions les plus affectées ne sont accessibles que par hélicoptère", a souligné pour sa part Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.

 

"JE NE SERAIS PAS SURPRIS SI CELA MONTAIT JUSQU'À 50 000" MORTS

Les autorités militaires, qui assurent faire "de leur mieux" pour secourir les victimes, acceptent les dons financiers de plusieurs pays tout en refusant de donner carte blanche aux équipes de secours. L'attitude de la junte vis à vis des Etats-Unis est révélatrice : si l'aide de 3 millions de dollars a été appréciée, l'envoi d'équipes sur place a été refusé, la junte accusant régulièrement les Américains de vouloir renverser leur régime. Bernard Kouchner, qui s'était proposé pour aller sur place, a regretté que les autorités "n'acceptent pas l'aide directe et le personnel que nous avons proposé".

Le dernier bilan diffusé par les médias d'Etat laisse penser que le coût humain de la catastrophe, qui est passé de 100 à 25 000 en trois jours, pourrait se révéler bien plus lourd. "Si, à ce stade, le gouvernement nous dit que les chiffres atteignent déjà plus de 20 000 morts et 40 000 disparus, je pense que cela pourrait bien augmenter. Je ne serais pas surpris si cela montait jusqu'à 50 000", estime l'ONG Save The Children, une des rares à être sur place. Les Nations unies, qui peinent à transporter des vivres jusqu'aux régions rurales les plus touchées, affirment que des zones entières de culture de riz ont été anéanties et qu'un million de personnes pourraient être sans abri.

Lire la suite