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NPA 27 -  Eure

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Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !

13 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !

Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la -fragile et de plus en plus contestée- domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…

En effet, de jour en jour se multiplient les indices, sinon les preuves, d’un plan en cours de réalisation qui vise à rendre le nouveau gouvernement grec inopérant. Comment ? En le condamnant d’avance à l’échec. D’un cote, les « partenaires européens » font tout pour étrangler financièrement le gouvernement Tsipras mais aussi la Grèce toute entière. Comme le répète à satiété Mr. Schäuble (qui fait penser de plus en plus à un Dr. Folamour de nos jours), « pas un euro ne sera débloqué à la Grèce » tant que son gouvernement persiste à ne pas appliquer scrupuleusement les mesures imposées par le Mémorandum précédent ! Détail éloquent : Les électeurs grecs ont porté –triomphalement- Syriza au pouvoir parce que Tsipras et son parti ont promis de faire exactement le contraire de ce que leur demandent maintenant le ministre allemand et les autres « partenaires européens » : « Déchirer les Mémoranda » et ne plus suivre les politiques d’austérité…

De l’autre cote, et non moins grave, depuis des semaines est en cours une véritable campagne de déstabilisation systématique et méthodique visant à faire taire, voir a détruire, toute voix radicale de gauche au sein du gouvernement Tsipras. Evidemment, ce n’est pas un hasard si cette campagne d’une rare violence est menée conjointement en Grèce et au niveau européen, par des grands medias (quotidiens, chaines TV,…) secondés par l’ensemble des partis bourgeois grecs et les deux grands partis néolibéraux européens, le Parti Populaire et le parti Social-démocrate et la plupart de leurs composantes nationales.

Sans vouloir sous-estimer l’acharnement dont ont été ou continuent à être victimes la ministre suppléante aux Finances Nadia Valavani et surtout le ministre suppléant de la Reforme Administrative Georges Katrougalos, la principale bête noire de cette campagne est « évidemment » Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement grec qui émerge déjà comme une figure de proue de la gauche radicale grecque. Nous avons dit « évidemment » car il faut avouer que cette jeune femme non seulement ne mâche jamais ses mots quand il s’agit p.ex. de nommer les responsables des grands scandales de corruption, mais elle a aussi l’habitude de taper très fort en passant aux actes : En l’espace de 4-5 dernières semaines, elle vient de constituer : Une première commission d’enquête pour identifier qui et comment ont conduit les Grecs à la catastrophe de la Troika et des Memoranda. Une deuxième commission de revendication des réparations de guerre allemandes, de la restitution des antiquités volées par l’occupant nazi ainsi que le remboursement de l’emprunt obligatoire grec au Troisième Reich (grâce auquel a été financée, entre autres, la campagne du général Rommel en Afrique du Nord). Et surtout, une troisième commission d’audit de la dette publique grecque, coordonnée par le porte-parole du CADTM Eric Toussaint !

Une telle activité non seulement débordante mais aussi iconoclaste car inédite vue qu’elle vise le cœur du système, ne pouvait que soulever la colère des serviteurs de ce système (medias, partis bourgeois, alliés étrangers, institutions d’état,…) d’autant plus que la Présidente du Parlement complétait son profil de Robespierre radical et intraitable en faisant réunir pendant quelques heures à l’assemblée nationale les associations des immigrés sans papiers et des homosexuels ou en déclarant (à Nicosie et en présence des autorités chypriotes !) qu’elle allait prendre des initiatives pour résoudre la très épineuse question chypriote en prenant appui sur les actions des citoyens chypriotes grecs et…turcs ! Rien d’étonnant alors que la campagne de dénigrement contre Zoé Konstantopoulou bat son plein, allant même à la présenter comme « folle » et demandant expressément sa tète, c.à.d. sa destitution.

Par contre, ce qui est étonnant c’est qu’à cette campagne des grands medias et de la « caste » grecque (l’ensemble des chaines de TV et des partis d’opposition, y inclus le Parti Communiste) prennent aussi part des medias très proches au gouvernement et à Syriza ! L’explication n’est pas difficile et nous conduit directement au cœur de l’actuel puzzle grec : Des initiatives radicales et de classe comme celles prises par la Présidente du Parlement grec sont mal vues car elles empêchent de tourner en rond au moment où la majorité de Syriza et le gouvernement Tsipras persistent dans leur angélisme et continuent à prêcher (pourtant dans le désert) en faveur des accords et des solutions « mutuellement bénéfiques » même quand les « partenaires européens » ne cachent plus leur intention de faire taire la « cacophonie grecque » !

Heureusement, il y a d’abord la société grecque qui, malgré toutes les difficultés et même les « hésitations » du gouvernement, lui apporte toujours un appui qu’on pourrait qualifier de phénoménal : Selon tous les sondages, plus de 65%-70% des Grecs soutiennent la gestion du nouveau gouvernement et plus de 75% appuient le premier ministre Alexis Tsipras ! Et fait encore plus éloquent, au moins 41% (selon d’autres sondages, 45% ou même 48%) des Grecs voteraient demain en faveur de Syriza quand ils ne seraient que 18%-21% qui préféreraient la droite de Nouvelle Démocratie, et moins de 3% la social-démocratie du PASOK ! Cependant, attention : la société grecque est depuis 4-5 ans un vrai clone de celle de Weimar (1)​ et la situation est telle que même les dirigeants de Syriza et du gouvernement, en commençant pa​r​ Alexis Tsipras lui-même, ne cachent pas que cet état de grâce pourrait fondre en un temps record. Et très probablement en faveur non pas des partis (N.D-Pasok) que l’immense majorité de la population vient d’abandonner, mais en faveur de la toujours présente et bien enracinée Aube Dorée néo-nazie.

Si on peut être optimistes pour la suite des événements, ou plutôt moins pessimistes vue la toujours grandissante menace d’extrême droite et fasciste qui plane au-dessus de l’Europe, on le doit à des initiatives tels que la création de la commission d’audit de la dette grecque prise par des dirigeants de la gauche radicale tels que Zoe Konstantopoulou. Cette initiative qui jouit de l’appui de la grande majorité de la population, pourrait et devrait servir de point de ralliement de tous ceux et celles en Europe qui rejettent l’austérité, veulent se libérer du fardeau de la dette et sont prêts à résister à la véritable guerre menée par les nantis contre l’immense majorité des citoyens européens. C’est d’ailleurs parce que la dette se trouve à la racine de tous nos problèmes et parce que son audit citoyen possède une dynamique pouvant aller très loin dans la contestation de ce système économique barbare, que la création de la commission d’audit de la dette grecque voit déjà se coaliser contre elle, tant en Grèce qu’en Europe, tout le gotha de cette Sainte-Alliance de plus en plus autoritaire et antidémocratique qui nous gouverne.

Encore une fois, ceux d’en haut voient juste et se préparent à défendre leurs intérêts de classe par tous les moyens. C’est donc à nous, aux millions de ceux d’en bas de par l’Europe de faire de même, en nous coalisant à notre tour pour défendre cette Grèce qui saigne mais qui résiste contre vents et marées. En somme, tout faire pour ne pas répéter les tragiques expériences du passé : la Grèce de 2015 ne doit pas être laissée seule face à ses bourreaux, comme l’a été la République Espagnole ​en​ 1936 face au fascisme triomphant…

Yorgos Mitralias, Athènes, 25-03-2015

(1) La société grecque de ces 4-5 derniers ans, comme d’ailleurs la République de Weimar allemande de l’entre deux-guerres, se caractérise par l’effondrement des classes moyennes et surtout par un mouvement de pendule d’un extrême politique à l’autre des pans entiers de la population à la recherche des solutions radicales à ses très graves problèmes.

MITRALIAS Yorgos sur le site "Europe solidaire sans frontière"

25 mars 2015

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Grèce: ne pas la laisser seule comme l’a été la République Espagnole en 1936! (ESF)

12 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Comme on pouvait le prévoir, « ceux d’en haut » qui dirigent l’UE mènent déjà une guerre sans merci contre le gouvernement Tsipras dont ils souhaitent la « neutralisation », sinon le renversement pur et simple ! La raison est évidente : un tel gouvernement anti-austérité doit disparaitre car il risque à tout moment de faire des émules de par l’Europe, ce qui mettrait en danger de mort la -fragile et de plus en plus contestée- domination des politiques néolibérales et de leurs inspirateurs presque partout sur notre vieux continent…

En effet, de jour en jour se multiplient les indices, sinon les preuves, d’un plan en cours de réalisation qui vise à rendre le nouveau gouvernement grec inopérant. Comment ? En le condamnant d’avance à l’échec. D’un cote, les « partenaires européens » font tout pour étrangler financièrement le gouvernement Tsipras mais aussi la Grèce toute entière. Comme le répète à satiété Mr. Schäuble (qui fait penser de plus en plus à un Dr. Folamour de nos jours), « pas un euro ne sera débloqué à la Grèce » tant que son gouvernement persiste à ne pas appliquer scrupuleusement les mesures imposées par le Mémorandum précédent ! Détail éloquent : Les électeurs grecs ont porté –triomphalement- Syriza au pouvoir parce que Tsipras et son parti ont promis de faire exactement le contraire de ce que leur demandent maintenant le ministre allemand et les autres « partenaires européens » : « Déchirer les Mémoranda » et ne plus suivre les politiques d’austérité…

De l’autre cote, et non moins grave, depuis des semaines est en cours une véritable campagne de déstabilisation systématique et méthodique visant à faire taire, voir a détruire, toute voix radicale de gauche au sein du gouvernement Tsipras. Evidemment, ce n’est pas un hasard si cette campagne d’une rare violence est menée conjointement en Grèce et au niveau européen, par des grands medias (quotidiens, chaines TV,…) secondés par l’ensemble des partis bourgeois grecs et les deux grands partis néolibéraux européens, le Parti Populaire et le parti Social-démocrate et la plupart de leurs composantes nationales.

Sans vouloir sous-estimer l’acharnement dont ont été ou continuent à être victimes la ministre suppléante aux Finances Nadia Valavani et surtout le ministre suppléant de la Reforme Administrative Georges Katrougalos, la principale bête noire de cette campagne est « évidemment » Zoé Konstantopoulou, la Présidente du Parlement grec qui émerge déjà comme une figure de proue de la gauche radicale grecque. Nous avons dit « évidemment » car il faut avouer que cette jeune femme non seulement ne mâche jamais ses mots quand il s’agit p.ex. de nommer les responsables des grands scandales de corruption, mais elle a aussi l’habitude de taper très fort en passant aux actes : En l’espace de 4-5 dernières semaines, elle vient de constituer : Une première commission d’enquête pour identifier qui et comment ont conduit les Grecs à la catastrophe de la Troika et des Memoranda. Une deuxième commission de revendication des réparations de guerre allemandes, de la restitution des antiquités volées par l’occupant nazi ainsi que le remboursement de l’emprunt obligatoire grec au Troisième Reich (grâce auquel a été financée, entre autres, la campagne du général Rommel en Afrique du Nord). Et surtout, une troisième commission d’audit de la dette publique grecque, coordonnée par le porte-parole du CADTM Eric Toussaint !

Une telle activité non seulement débordante mais aussi iconoclaste car inédite vue qu’elle vise le cœur du système, ne pouvait que soulever la colère des serviteurs de ce système (medias, partis bourgeois, alliés étrangers, institutions d’état,…) d’autant plus que la Présidente du Parlement complétait son profil de Robespierre radical et intraitable en faisant réunir pendant quelques heures à l’assemblée nationale les associations des immigrés sans papiers et des homosexuels ou en déclarant (à Nicosie et en présence des autorités chypriotes !) qu’elle allait prendre des initiatives pour résoudre la très épineuse question chypriote en prenant appui sur les actions des citoyens chypriotes grecs et…turcs ! Rien d’étonnant alors que la campagne de dénigrement contre Zoé Konstantopoulou bat son plein, allant même à la présenter comme « folle » et demandant expressément sa tète, c.à.d. sa destitution.

Par contre, ce qui est étonnant c’est qu’à cette campagne des grands medias et de la « caste » grecque (l’ensemble des chaines de TV et des partis d’opposition, y inclus le Parti Communiste) prennent aussi part des medias très proches au gouvernement et à Syriza ! L’explication n’est pas difficile et nous conduit directement au cœur de l’actuel puzzle grec : Des initiatives radicales et de classe comme celles prises par la Présidente du Parlement grec sont mal vues car elles empêchent de tourner en rond au moment où la majorité de Syriza et le gouvernement Tsipras persistent dans leur angélisme et continuent à prêcher (pourtant dans le désert) en faveur des accords et des solutions « mutuellement bénéfiques » même quand les « partenaires européens » ne cachent plus leur intention de faire taire la « cacophonie grecque » !

Heureusement, il y a d’abord la société grecque qui, malgré toutes les difficultés et même les « hésitations » du gouvernement, lui apporte toujours un appui qu’on pourrait qualifier de phénoménal : Selon tous les sondages, plus de 65%-70% des Grecs soutiennent la gestion du nouveau gouvernement et plus de 75% appuient le premier ministre Alexis Tsipras ! Et fait encore plus éloquent, au moins 41% (selon d’autres sondages, 45% ou même 48%) des Grecs voteraient demain en faveur de Syriza quand ils ne seraient que 18%-21% qui préféreraient la droite de Nouvelle Démocratie, et moins de 3% la social-démocratie du PASOK ! Cependant, attention : la société grecque est depuis 4-5 ans un vrai clone de celle de Weimar (1)​ et la situation est telle que même les dirigeants de Syriza et du gouvernement, en commençant pa​r​ Alexis Tsipras lui-même, ne cachent pas que cet état de grâce pourrait fondre en un temps record. Et très probablement en faveur non pas des partis (N.D-Pasok) que l’immense majorité de la population vient d’abandonner, mais en faveur de la toujours présente et bien enracinée Aube Dorée néo-nazie.

Si on peut être optimistes pour la suite des événements, ou plutôt moins pessimistes vue la toujours grandissante menace d’extrême droite et fasciste qui plane au-dessus de l’Europe, on le doit à des initiatives tels que la création de la commission d’audit de la dette grecque prise par des dirigeants de la gauche radicale tels que Zoe Konstantopoulou. Cette initiative qui jouit de l’appui de la grande majorité de la population, pourrait et devrait servir de point de ralliement de tous ceux et celles en Europe qui rejettent l’austérité, veulent se libérer du fardeau de la dette et sont prêts à résister à la véritable guerre menée par les nantis contre l’immense majorité des citoyens européens. C’est d’ailleurs parce que la dette se trouve à la racine de tous nos problèmes et parce que son audit citoyen possède une dynamique pouvant aller très loin dans la contestation de ce système économique barbare, que la création de la commission d’audit de la dette grecque voit déjà se coaliser contre elle, tant en Grèce qu’en Europe, tout le gotha de cette Sainte-Alliance de plus en plus autoritaire et antidémocratique qui nous gouverne.

Encore une fois, ceux d’en haut voient juste et se préparent à défendre leurs intérêts de classe par tous les moyens. C’est donc à nous, aux millions de ceux d’en bas de par l’Europe de faire de même, en nous coalisant à notre tour pour défendre cette Grèce qui saigne mais qui résiste contre vents et marées. En somme, tout faire pour ne pas répéter les tragiques expériences du passé : la Grèce de 2015 ne doit pas être laissée seule face à ses bourreaux, comme l’a été la République Espagnole ​en​ 1936 face au fascisme triomphant…

Yorgos Mitralias, Athènes, 25-03-2015

 
Tout faire pour que la Grèce de 2015 ne soit pas laissée seule comme l’a été la République Espagnole en 1936 !
MITRALIAS Yorgos sur le site "Europe solidaire sans frontière"
25 mars 2015
 

(1) La société grecque de ces 4-5 derniers ans, comme d’ailleurs la République de Weimar allemande de l’entre deux-guerres, se caractérise par l’effondrement des classes moyennes et surtout par un mouvement de pendule d’un extrême politique à l’autre des pans entiers de la population à la recherche des solutions radicales à ses très graves problèmes. Voir aussi : http://cadtm.org/Soixante-sept-ans-apres-la-fin-de

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Communiqué du NPA : Ménard multi récidiviste raciste, délinquant, dangereux

11 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES, #Antiracisme

Lors de son passage à l’émission « Mots croisés » sur F2, Robert Ménard, maire de Béziers, a déclaré qu’il y avait 64,6 % d’enfants de confession musulmane avant d’avouer « Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit, mais on le fait. » Robert Ménard persiste : « Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence. »

Cet homme est dangereux. C’est un délinquant. Par ses propos il révèle sa pratique raciste et discriminatoire en tant que maire. Il avoue ouvertement organiser le fichage illégal des enfants scolarisés dans sa ville, et en tire des conclusions du même ordre que celles qui ont prévalues sous Pétain contre les juifs. Il a simplement changé de bouc émissaire.

Aujourd’hui le Gouvernement condamne et annonce une enquête. Ce n’est malheureusement pas suffisant. Robert Ménard n’en est pas à sa première provocation raciste et il met en évidence ce que serait la politique menée par un gouvernement d’extrême droite. Il faut engager des poursuites contre lui, le condamner, le révoquer en tant que maire.

Le NPA appelle à combattre cette politique xénophobe, raciste qui se répand comme la gangrène au-delà des rangs du FN.

Voir en ligne : http://www.npa2009.org/communique/m…

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Allemagne. La grève du GDL et son contexte (A l'Encontre)

11 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Luttes Ouvrières

Par Manuel Kellner

A l’origine, le GDL (Gewerkschaft der Lokführer, affilié au Deutscher Beamtenbund; syndicat des conducteurs de train, affilié à la centrale syndicale des fonctionnaires d’Etat) était une association de métier, représentant une couche plus ou moins privilégiée du salariat. Cela pouvait évoquer une sorte de corporatisme. Donc, il était possible de donner la priorité à l’EVG (Eisenbahn- und Verkersgewerkschaft) – fédération affiliée au DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) – avec ses 240’000 membres, contre à peu près 35’000 organisés dans la GDL.Toutefois, la situation a bien changé..

Le GDL a ouvert ses portes au personnel roulant dans son ensemble. Il a acquis un prestige en organisant des grèves combatives sur des revendications qui répondent aux besoins de l’ensemble des salarié·e·s de la Deutsche Bahn AG. Par contre, l’EVG se comporte en syndicat docile, acceptant largement la détérioration massive des conditions de travail des salarié·e·s dans le cadre du processus de privatisation de la société des chemins de fer entamé depuis de longues années.

Aujourd’hui, le 8 mai, se termine la quatrième journée de grève. Comme par le passé, cela a déclenché une vague de dénonciations et de calomnies contre les grévistes et le porte-parole de la GDL, Claus Weselsky. Il serait un chef autoritaire (un «Boss») qui risque de mettre sérieusement en danger l’économie allemande et lèse les usagers (les clients, plus exactement) de Deutsche Bahn AG (DB AG). Autre angle d’attaque: la direction du GDL n’agirait que pour accroître sa force face à l’EVG. «Le GDL ne mène pas une grève, mais une offensive pour trouver de nouveaux adhérents», explique Klaus-Dieter Hommel, directeur adjoint de la Deutsche Bahn AG. On pourrait alors poser une question élémentaire: pourquoi le GDL gagne-t-il des membres?

La grève est bien suivie. Le public est loin d’être aussi fâché contre les grévistes que les médias veulent le faire croire. Dès que l’on explique les raisons des revendications du GDL et de leur mobilisation, beaucoup d’usagers comprennent qu’il s’agit d’une action pour défendre des intérêts légitimes et que les leurs – en tant qu’usagers – sont également pris en compte par les grévistes.

Pour ce qui est de la revendication d’augmentation des salaires de 5%, la Deutsche Bahn AG était prête à l’accepter, plus ou moins. Bien plus importantes sont les revendications portant sur les conditions de travail et, en particulier, sur la réduction du temps de travail sans perte de salaire. Car depuis le début des «réformes» néolibérales – entre autres, suite à la transformation de la Deutsche Bahn en une firme ayant le statut de société privée – la réduction du nombre de salarié·e·s, au travers de diverses modalités, atteint les 50%. L’intensification du travail s’est accrue de manière foudroyante. Plus de huit millions (!) d’heures supplémentaires doivent être accomplies selon les plans de la direction. Le GDL exige un maximum de 50 heures supplémentaires par an. Le GDL demande aussi le droit de signer des accords pour le personnel roulant dans son ensemble. Là-dessus, la direction de la DB AG – qui avait fait initialement des concessions – a brutalement réaffirmé sa ferme opposition . Dans l’actuelle situation, le GDL pourrait déclarer une grève illimitée («unbegrenzter Streik»).

Cette grève se déroule sur l’arrière-fond politique suivant: le gouvernement fédéral met en place une loi intitulée «Tarifeinheit» (un seul accord par firme) qui attribue le monopole à un syndicat – ici l’EVG – et vise à réduire radicalement la capacité conventionnelle des petits syndicats combatifs (ici le GDL). La direction de la DB AG est, de fait, contrôlée par le gouvernement fédéral allemand. D’où la mise en œuvre d’une option d’affrontement dur. Simultanément, cette loi («Tarifeinheit») pourrait être adoptée très prochainement par un vote de la deuxième chambre, le Bundesrat, représentant les Länder, alors qu’elle a déjà été adoptée au Bundestag. Vu sous cet angle, il est possible de considérer cette grève comme la dernière de ce type conduite par le GDL.

Dans certains médias, on laisse entendre que les syndicats devraient d’abord se mettre d’accord entre eux. Certes, un front commun du GDL et de l’EVG pourrait être utile. Mais n’est-ce pas une «unité» en faveur d’une politique de passivité, du «moindre mal»? A l’opposé d’une unité dans l’action sur des objectifs clairs et partagés par la majorité des salarié·e·s. L’unité syndicale n’est pas une valeur en tant que telle. Elle fait sens dans la mesure où sont consolidés et renforcés les moyens d’action des organisations syndicales et l’engagement direct des membres, comme leurs capacités de décider des modalités du mouvement.

La situation des salariés du personnel roulant est dramatique. Corinna Schön (56 ans), qui travaille dans le restaurant de bord, explique aux usagers qu’elle a plus de 1000 heures supplémentaires à accomplir, sans pouvoir jamais en venir à bout. Elle ne voit sa famille que toutes les quatre semaines. Elle s’est d’ailleurs séparée, le couple ne pouvant vivre ensemble. Nadine Kellerwald, 27 ans, travaille comme contrôleuse depuis un an, 14 heures par jour. Elle n’a plus de vie en dehors de son travail.

L’allongement du temps de travail du personnel roulant et évidemment surtout des conducteurs de locomotive met en danger la sécurité des usagers. A cela s’ajoute le manque d’investissements dans tous les secteurs. Les usagers payent aussi le prix de cette politique de la DB AG, ne serait-ce que par le cumul des retards.

La grève du GDL n’est pas la seule grève importante actuellement en Allemagne. Les distributeurs de colis de la poste – d’autres «victimes» des politiques dites de restructuration – sont de même en grève. Les éducatrices de la petite enfance (95% de femmes toujours et encore) – après une vague de grèves d’avertissement dans toute une série de Länder – ont déclaré une grève illimitée («unbegrenzter Streik») à partir du lundi 11 mai. Les deux catégories professionnelles sont organisées dans le grand syndicat des services, Ver.di. Dans ces deux cas, il s’agit de conflits qui vont bien au-delà des grèves «habituelles», au même titre que celle conduite par le GDL.

Les éducatrices de la petite enfance (Kindergärtnerinnen) demandent une tout autre valorisation de leur travail. Elles veulent être payées comme d’autres employé·e·s de la fonction publique ayant une qualification semblable. Cela reviendrait, en moyenne, à une augmentation salariale de 10%. Elles aussi, comme le personnel du chemin de fer et les distributeurs de colis, souffrent d’une intensification extrême du travail (moins de personnels, volume de travail qui augmente, nouvelles prescriptions, etc.), avec des effets sévères sur la santé.

Les médias développent une campagne sur le thème: les enfants des garderies et leurs parents sont les victimes de l’action syndicale, de la grève. Mais il est assez facile de comprendre que les conditions de travail du personnel dans les garderies doivent être acceptables et décentes, justement dans l’intérêt des enfants et donc de leurs parents. Et il est évident que les salaires des éducatrices sont l’expression d’une discrimination patriarcale, puisque leur travail est estimé «féminin » et donc moins valorisé que les travaux considérés comme «mâles».

Ce qui est déconcertant  – et cela existe depuis longtemps – réside dans la fragmentation, la non-convergence des luttes, qui restent séparées les unes des autres. Certes, il y a de la solidarité, même des manifestations de solidarité. Mais la dimension sociale et politique des trois luttes ne se traduit pas par la construction d’un front commun de lutte. Donc, même si elles sont importantes et donnent de l’espoir, elles restent fort sectorielles. Or,  à l’horizon, ce qui s’annonce, sous la conduite du gouvernement de coalition (CDU-CSU/SPD), est une remise en cause du droit de grève. Un enjeu qui ne peut être sous-estimé. (8 mai 2015)

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Manuel Kellner écrit dans le périodique la SOZ.

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Besancenot: le PS pratique la lutte des classes côté patronal

9 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Besancenot: le PS pratique la lutte des classes côté patronal

L’ancien candidat à la présidentielle Olivier Besancenot (NPA) a affirmé jeudi que le PS pratiquait la lutte des classes mais «dans le camp adverse», côté patronal.

«Je dois faire un aveu: j’ai eu tort d’interpeller les socialistes pendant des années sur le thème +Vous ne croyez plus à la lutte des classes+. C’est vrai, à l’époque ils n’en parlaient plus... Mais j’ai eu tort, parce que quand ils ont redécouvert ce qu’était la lutte des classes, ils l’ont pratiquée, mais simplement dans le camp adverse, avec la classe de très, très riches qui se gave et qui insulte notre intelligence et notre dignité», a affirmé M. Besancenot sur France Inter.

Celui qui était candidat à la présidentielle de 2002 et 2007 venait de dénoncer la suppression de 3.500 postes chez Areva annoncée par Le Figaro: «C’est un plan qui s’inscrit dans tous les plans qui ont lieu, en cours actuellement, ça touche des entreprises du public, privé. Ma sympathie va aux salariés d’Areva qui ont résisté.»

«On se rend compte que les licenciements, ça redevient d’actualité. La question qui est posée c’est: est-ce qu’on reparle d’une loi d’interdiction des licenciements?», s’est-il demandé, soulignant que pour Areva, entraient aussi en jeu «les gabegies nucléaires et la gestion du groupe».

«La crise sociale est telle, la crise énergétique est telle, qu’il faut un service public de l’énergie, avec EDF, Areva, Total, un seul service public de l’énergie, et qu’on arrête de supprimer des emplois», a-t-il souhaité.

Pour celui qui avait été surnommé «le postier de Neuilly», il faut aussi s’intéresser au «bilan des grands dirigeants, puisque M. Varin», ancien président du directoire de PSA qui a quitté son poste début 2014 et qui va toucher une retraite chapeau de 299.000 euros par an, «est au conseil d’administration d’Areva».

«Est-ce qu’on met fin aux retraites chapeau? Aux +golden parachutes+ ? Aux +golden hello+ ?», a-t-il demandé, dénonçant des primes d’arrivée comme «le nouveau PDG de Sanofi (qui) a touché 4M d’euros» alors que «les salariés de Sanofi faisaient grève pour une prime».

AFP

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« On est vivants » de Carmen Castillo

4 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

« On est vivants » de Carmen Castillo

C’était il y cinq ans, quelques jours après la mort de notre camarade Daniel Bensaïd, dans une Mutualité pleine à craquer. Devant un public hétéroclite venu célébrer la mémoire de Daniel, les interventions se succèdent. Parmi elles, celle de Carmen Castillo, écrivaine et cinéaste (voir interview dans l’Anticapitaliste n°286).

Carmen est célèbre pour son implication dans les événements tragiques au Chili, en 1974, et pour ses documentaires : La Flaca Alexandra (1994) ou encore Rue Santa Fe (2007), consacrés au drame et à l’espoir tenace que sécrète la plaie encore ouverte de cette expérience révolutionnaire. Il se peut que l’idée de réaliser un documentaire sur Daniel ait germé dans l’esprit de Carmen à cet instant, pendant son intervention.

Quoi qu’il en soit, le film est désormais disponible pour nos yeux, pour nos oreilles et, surtout, pour nos méninges. On est vivants est un beau plaidoyer, vivant et communicatif, en faveur de l’engagement, un dialogue personnel que Carmen Castillo tisse adroitement à la pensée de Daniel. Plus qu’une biographie, le film est un appel à agir. Agir pour cette planète meurtrie sous l’emprise du capital, mais qui résiste par tous les moyens possibles à sa domination – fussent-ils ténus. Cette vision aurait sûrement plu à Daniel qui préférait l’engagement militant discret et durable aux hommages en tout genre.

Résister à l’air du temps, encore et toujours...

À l’entendre à nouveau, on voit bien que les propos de Daniel demeurent d’une urgente actualité, lui qui nous invitait inlassablement à résister à l’air du temps. Carmen emmène aussi son public dans les quartiers populaires de Marseille, sur les chantiers de Saint-Nazaire, dans les locaux des familles sans logis de Paris… Elle nous fait (re)découvrir le combat des paysans sans terre au Brésil, des révolutionnaires du Chiapas mexicains ou des insurgés de l’eau en Bolivie.

Là, un syndicaliste plein de bon sens lance cette maxime universelle, dilemme de l’émancipation humaine aux quatre coins du monde : « Notre pire adversaire n’est pas le gouvernement ou l’impérialisme, c’est nous-mêmes. » En effet, nous ne croyons pas, ou pas assez, en nous-mêmes. De la confiance, le film en déborde généreusement. Par les temps qui courent, il est d’utilité publique.

Surtout, le temps de ce dialogue, nous retrouvons un camarade et ami, dont l’amitié, la compagnie et la pensée nous manquent cruellement. Daniel réapparaît par petites touches, successives, presque subliminales, tout le long des étapes de sa vie militante, et de sa vie tout court, avec Sophie, sa compagne. Des textes, des images, des interviews, des grands moments de bonheur comme sur le plateau de Bernard Pivot, lorsque Daniel revendique toute l’actualité de la révolution face à des invités à l’expression scandalisée…

Quelques moments qu’il est bon de (re)voir, d’entendre et qui sonnent comme une invitation à lutter, encore et toujours.

Olivier Besancenot et Alain Krivine

Projection suivie d'un débat avec l'auteure le 9 juinà l'Omnia à Rouen

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[docu] A (re)voir: une histoire populaire américaine (2012)

3 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #CULTURE

http://www.lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50

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Expo 2015, nourrir la planète ou nourrir les transnationales?

3 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

Expo 2015, nourrir la planète ou nourrir les transnationales?

Par Fabrizio Burattini

Le 1er mai 2015 n’est pas seulement la journée des travailleurs et travailleuses. En effet, nous avons aussi la possibilité de contester le début officiel d’EXPO 2015 de Milan. A l’heure actuelle, l’EXPO a attiré l’attention des médias surtout à cause des nombreux et graves cas de corruption concernant les constructions. Mais à quelques semaines du début de l’événement, l’attention portera de plus en plus sur l’infâme nom officiel choisi pour cette occasion: «Nourrir la Planète, Energie pour la Vie».

Il est vrai que les besoins alimentaires sont bien connus par les 805 millions de personnes qui souffrent de la faim, selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fin 2014. 709 millions de ces personnes vivent dans les pays dits en voie de développement, dont 13,5% de la population est mal nourrie. 525 millions vivent (ou survivent) en Asie. Il faut y ajouter les millions de nouveaux affamé par les guerres dans le Moyen-Orient. C’est le non-accès (ou l’insuffisance) à alimentation qui provoque 45% des décès chez les enfants de moins de 5 ans. On compte 19 millions d’enfants en état de malnutrition aiguë – avec les conséquences qui en découlent – et 1,3 million en meurent chaque année (Bruno Parmentier, Faim zéro, La Découverte, 2014). Alors que dans les pays occidentaux «on» meurt de boulimie, dans les pays de la «périphérie» 17% des enfants sont considérés en sous-poids, tandis que 30% d’entre eux souffrent d’un déficit de croissance à cause de la sous-alimentation.

Dans ces pays, tout particulièrement en Afrique, 66 millions d’enfants en âge scolaire se rendent à l’école sans avoir rien mangé. Mais selon les calculs du Programme alimentaire mondial (PAM), il suffirait de 3,2 milliards de dollars pou donner à manger à ces 66 millions d’enfants victimes de la faim.

Toutefois, la question de la faim ne se réduit ni aux statistiques ni aux problèmes de sous-alimentation. Au contraire, il s’agit de la conséquence la plus tragique d’un système de redistribution et donc de production des ressources et des richesses produites que l’EXPO de Milan entend exalter.

L’édition 2015 de l’EXPO constitue une foire aux vanités et aux mensonges en commençant par son titre. Son organisation sera sous contrôle des transnationales de la «mauvaise» et «injuste» bouffe. Celles-ci seront hébergées, aux dépens des contribuables, dans les pavillons de luxe milanais. La «Charte de Milan» [Carta Milano], à savoir le protocole censé garantir le volet «humanitaire» d’EXPO, a été écrite par la Fondation Barilla – «structure culturelle» de la grande multinationale de l’alimentation – qui est aussi en charge de sa gestion durant toute l’exposition [1]. La rédaction de cette Charte, devant préciser le contenu d’un thème si «délicat» que celui de l’alimentation mondiale, n’a pas été confiée aux nombreuses ONG qui s’occupent, avec sérieux et compétences de cette question et ont un engagement remarquable dans la lutte contre la faim et la malnutrition. Au contraire, elle a été confiée à une industrie privée qui fait des profits en partant des besoins alimentaires des gens. Ce n’est pas un hasard si cette Charte ne dit rien sur les principales causes de la faim, de «l’appropriation du vivant», structure de la chaîne de production alimentaire et de la distribution, de la souveraineté alimentaire, de l’invasion et de la destruction par des transnationales des marchés nationaux et régionaux de l’agriculture, etc. Les ONG, y compris les plus modérées, ont été écartées de cette opération. Elles ont alors créé un front unitaire s’appelant «l’EXPO des peuples» qui vise à faire entendre une autre voix [sur les questions de l’alimentation] que celle des transnationales au cours de l’Expo [2].

En revanche, dans les salons de l’EXPO, nous assisterons à un spectacle paradoxal: les transnationales de l’industrie agroalimentaire discuteront des problèmes de la faim dans le monde…

En réalité, l’EXPO 2015 constitue la plus grande foire de l’alimentation de l’histoire. Les transnationales du secteur de la restauration, comme McDonald’s, ont déjà annoncé l’ouverture des nombreux grands restaurants dans le but d’accroître leurs profits sur la «faim» des 10 millions de ses potentiels visiteurs.

Mais cela ne suffit certainement pas. Un accord passé en juillet 2013 entre l’EXPO SA et les trois principales confédérations syndicales italiennes [CISL, UIL et CGIL] permettra de recruter des centaines de jeunes (de 16-35 ans) stagiaires et bénévoles qui, sans aucune rémunération, s’occuperont de gérer les stands et d’assumer des fonctions d’hôtesse et de steward… Ainsi, avec le consensus des syndicats, et en passant par-dessus des lois et contrats (y compris à l’article 36 de la Constitution), on spécule sur la situation dramatique du chômage des jeunes en créant l’illusion d’un «emploi utile» pour leur curriculum afin que les transnationales de l’EXPO continuent à faire des profits grâce au travail de ces «jeunes bénévoles» [3].

Enfin, il faut rappeler l’affaire qu’implique un parti des délégués syndicaux des travailleurs et travailleurs du théâtre «la Scala» de Milan qui refusent catégoriquement de travailler le 1er mai en mettant en scène Turandot de G.Puccini, lors de la célébration de la journée d’ouverture d’EXPO. Les chantages et les menaces de Matteo Renzi vis-à-vis de ces salarié·e·s qui se sont mis en grève [voir leur appel ci-dessous] constituent le symbole de la considération du gouvernement par rapport aux droits et à la dignité des salarié·e·s.

La solidarité avec les salariés du théâtre «la Scala» constitue un engagement pour tous ceux et toutes celles qui veulent se mobiliser contre cette ignoble manifestation s’appelant EXPO 2015.

* Fabrizio Burattini est membre du Comité directeur national de la CGIL et membre de l’organisation Sinistra Anticapitalista. Cet article a été publié sur le site anticapitalista.org

Notes

[1] Barilla Group est une transnationale italienne créée en 1877 à Parme, dans la province d’Emilie-Romagne. Cette entreprise est leader sur le marché de la fabrication des pâtes dans le monde ainsi que dans les produits de type «sauces prêtes à consommer» en Europe et dans des produits de boulangerie en Italie. Elle emploie plus de 8000 salarié·e· dans 30 sites de production dans le monde entier dont 14 se trouvent en Italie. Son chiffre d’affaires atteint 3,2 milliards d’euros en 2013. Ses produits sont exportés dans plus de 100 pays. Depuis 2003, Guido Barilla est président du groupe. Cet homme a été, de 2000 à 2002, «Délégué à l’activité d’éducation et de connaissance» pour l’association patronale Confindustria (l’équivalent du Medef en France). Depuis 2009, il dirige la Fondation Barilla (Barilla Center for Food & Nutrition) qui entend promouvoir des débats sur la nourriture et l’alimentation. (Réd A L’Encontre)

[2] Voir le site internet : http://expodeipopoli.it.

[3] L’article 36 de la Constitution de la République italienne de 1946 affirme:

«Le travailleur a droit à une rétribution en relation avec la quantité et la qualité de son travail et en tout cas suffisante pour lui assurer, ainsi qu’à sa famille, une existence libre et digne. La durée maximale de la journée de travail est fixée par la loi. Le travailleur a droit au repos hebdomadaire et à des congés annuels rétribués, et il ne peut y renoncer.»

L’association Forum Diritti Lavoro – appuyée par l’Union syndicale de base, l’Adl, l’opposition interne à la CGIL «Le syndicat est autre chose» et des militants No Tav – a déposé plainte auprès de l’inspectorat du travail de la ville de Milan. Dans un article de Roberto Ciccarelli paru sur le Manifesto, les raisons de la plainte sont expliquées ainsi: «Le travail gratuit est illégal pendant l’EXPO pour la simple raison qu’il ne fait pas partie de la catégorie du travail bénévole réglé par la loi numéro 266, datée de 1991. Cette thèse est confirmée par des importantes décisions de justice. EXPO ne peut pas être considérée une organisation «non-profit». Par conséquent, les bénévoles n’exercent pas leur activité en vue des buts liés la solidarité sociale. Ils devraient être des travailleurs rémunérés, y compris par les assurances sociales. Il ne suffit pas d’un accord avec les syndicats pour aller à l’encontre de la loi.»

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PREMIER MAI PLUVIEUX A EVREUX

2 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27

PREMIER MAI PLUVIEUX A EVREUX
PREMIER MAI PLUVIEUX A EVREUX

Mais malgré la dissuasion exercée par la pluie incessante du début de matinée, un cru 2015 moins mauvais qu'on aurait pu le craindre, si l'on y ajoute le long week-end et les vacances scolaires.... Les militant-e-s insubmersibles étaient bien là: un petit 200 pour la CGT, 30 pour FO, la FSU avec deux drapeaux, Solidaires aux abonnés absents malgré sa signature au bas du communiqué commun. Du côté politique, les quelques PCF non siglés se contentaient de vendre leur muguet dans le cortège. LO était là à une dizaine avec ses drapeaux, journaux et auto-collants, le NPA avait journaux, tract, drapeaux et mégaphone. Il est regrettable que les sonos FO et CGT se soient contentées de diffuser de la musique. Nos slogans:

-Solidarité, avec le peuple grec ! L’Europe du capital, c’est l’austérité généralisée !

-Assez de sacrifices, pour la finance ! Il faut, il faut, exproprier les banques !

-Le FN s’en prend aux immigrés, mais ferme sa gueule, devant les patrons !

-Français immigrés, même patron, même combat !

-De la Grèce, à la Tunisie, de la Chine, aux Etats-Unis, vivent les luttes des travailleurs du monde !

-Pour les patrons, dans l’Macron tout est bon ! Faisons Vallser, ce gouvernement !

Une bizarrerie: le premier secrétaire fédéral du PS Marc-Antoine Jamet, maire de Val de Reuil, conseiller régional et accessoirement directeur général de LVMH était présent, comme une âme en peine, et surtout pas siglé pour ne pas trop se faire remarquer (sauf par la presse bien sûr). Pris à partie par un de nos militants qui a dénoncé l'indécence de la présence d'un soutien de la loi Macron, il a préféré s'éclipser rapidement.

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AGENDA: Où en est la Grèce? Quelles perspectives? Quel soutien?

2 Mai 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGENDA

REUNION PUBLIQUE
JEUDI 21 MAI, A 20H
à Louviers, salle du conseil
(rue Pierre Mendès France)
Entrée libre et gratuite, venez nombreux.
Soirée organisée par le collectif
Maintenant ça suffit !


La Grèce paye au prix fort la crise financière de 2008. La dette enfonce le peuple grec dans la misère un peu plus chaque jour.

Mais, de quelle dette parle-­‐t-­‐on ? D’où vient-­‐elle ? Qu’est-­‐ce qui a changé depuis la victoire électorale de Syriza ? Comment les Grecs peuvent-­‐ils s’en sortir ?
Pourquoi leur opposition à la Troïka est un exemple à suivre partout en Europe ?
Jean-­‐Pierre Lavignasse, professeur d’économie à l’université de Rouen, expliquera la situation économique et sociale de la Grèce aujourd’hui. Puis une discussion permettra d’échanger les points de vue.

 

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