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NPA 27 -  Eure

REACTIONS A L'ANNONCE DE LA DISPARITION DE JACK HOUDET

1 Mars 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Les nôtres

De Gilles Lemée, longtemps militant à Gisors, ancien secrétaire départemental du syndicat CGT de l'enseignement technique
C'est avec une profonde tristesse que j'apprends le décès de notre camarade Jack. Exclu du PCFen 1971 ( maturation du mai 68 et d'août 68 à Prague…), j'avais rejoin la Ligue Communiste dans la même cellule que Jack. C'est à lui que je dois la patience, l'obstination, la conviction inébranlable. Nous avons été candidats aux législatives dans la circonscription de Vernon ; son exemple et ses conseils nous ont " formé" dans notre militantisme " oppositionnel" dans la CGT d'alors; nous avons partagé l'antimilitarisme dans là soutien aux comités de soldats ... Sans lui, je ne serais sûrement pas ce que je suis aujourd'hui. Adieu camarade. Tu resteras vivant à jamais dans nos mémoires et nos cœurs

De Pierre Vandevoorde
Jack, c'est quelqu'un qui m'a beaucoup marqué. C'est de lui que j'ai appris la ténacité je crois. Et puis cette phrase, lors d'une réu de Direction départementale: "Pierre, au boulot, tu dois être le meilleur si tu veux être indiscutable comme militant". Ca marque, même si après on fait comme on peut :)
Et puis cette manif du premier mai à Evreux, il devait avoir près de 70 ans, où un stal a voulu m'empêcher de distribuer un tract dans leurs rangs. Jack distribuait avec moi, il l'a attrapé par le kolbak, soulevé sur un mètre ou deux et collé au mur en sifflant de rage:"ne recommence jamais ça!". Ca a calmé tout le monde...
J'ai eu justement Louis Fontaine la veille de la mort de Jack au téléphone (j'étais en train de rédiger sa fiche pour le dictionnaire Maitron, il me manquait des précisions sur son action clandestine au Maroc pour construire l'usine d'armement du FLN). Il m'a redit toute son admiration pour Jack, l'aîné, l'homme droit et juste, le seul de l'usine à voir les pièces en trois dimensions et en mouvement, celui qui l'a gagné en 15 jours alors qu'il revenait d'Algérie convaincu que l'indépendance était légitime...

De Marie-France Ordonez, qui l'a connu déjà toute jeune militante au Collège technique après 68
Un sacré bonhomme

De Roland Vacher, 84 ans , celui qui a convaincu Jack alors qu'il était déjà militant du PCI au LRBA depuis 53
Je suis très triste... ..nous avons été tellement proches dans les années de la "traversée du désert" (50 et 60)...nous avons pioché ensemble en s'attaquant à des textes marxistes qui n'étaient pas écrits pour notre compréhension...nous avons vécu les nombreux affrontements avec le PCF et son instrument Desprès dans la Cgt, le secrétaire de l'UD...mais aussi la chaude présence des travailleurs autour de nous dans nos combats jusqu'en 58...puis de nouveau le ressac...la répression...et notre amitié a toujours survécu. Il était très exigeant avec ses relations et ne supportait pas les écarts dans leurs comportements. C'est un "passeur" entre les générations de militants qui laisse une trace indélébile qui ne peut que nous aider a continuer son combat. Je garde de Jack le meilleur souvenir. Mes amitiés à ses enfants.

De Philippe Morice, camarade de Mantes, animateur de la CGT de la centrale EDF de Porcheville
Hommage à notre camarade ! Passionnant de lire ce texte qui rappelle l'apport des révolutionnaires dans des périodes troubles, et qui en plus fait référence au camarade Lucien Fauchereau de Mantes que j' ai eu le plaisir de connaitre à mes début à la LCR.

De Sophie Ozanne
Je ne le connaissais pas beaucoup, je l'ai vu quelques fois, assez pour me rendre compte qu'un pan de notre histoire commune s'en va avec lui. D'où l'importance du travail fait avec le Maitron.

De Jean-Pierre Pallois
J'ai connu Jack pendant la grève générale de mai 68 à Vernon. C'était un collègue de travail et de syndicat de mon père. Après avoir pris contact avec les militants JCR locaux, j'avais adhéré en 69 à la LC. J'ai ensuite milité avec Jack sur la ville de Vernon jusqu'en 75 date à laquelle je suis parti sur Evreux. C'est lui qui m'a tout appris. C'était un pragmatique qui n'aimait pas les discussions trop théoriques. Je me souviens que la première chose qu'il m'a apprise c'était qu'un militant révolutionnaire devait être irréprochable dans son activité professionnelle et participer à la construction et l'animation du syndicat sur son lieu de travail. J'ai participé avec lui à de nombreuses réunions de cellule pendant lesquelles il trouvait toujours les mots justes pour nous éviter de tomber dans le gauchisme, penchant très fréquent à l'époque. Bien que travaillant dans une usine dépendant du ministère de la défense, il n'avait pas hésité à s'engager pour la défense des soldats réprimés pour avoir revendiqué des droits démocratiques. Cela lui avait valu un procès et une menace de perdre son emploi. Un soir, alors que nous devions, après la réunion de cellule, tirer un tract sur la ronéo qui était dans mon appartement afin de le distribuer le lendemain matin, celle ci était tombée en panne. Jack avait alors décidé de la démonter pour ensuite réparer la panne. Nous avions terminé à 3 h du matin... Et il était à l'heure le lendemain matin au travail ! Ensuite j'ai quitté Vernon mais j'avais toujours plaisir à le retrouver pendant des campagnes militantes. C'était un vrai militant, pas un « m'as tu vu » comme on peut en rencontrer. Adieu camarade.

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