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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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JAURES ET LES RECUPERATEURS

3 Août 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

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Alors que Hollande- Valls-Cazeneuve assument leur complicité avec le massacre à Gaza, interdisent des manifestations de solidarité comme leur aîné Guy Mollet aux plus beaux jours de la guerre d’Algérie, leur parti tente encore de récupérer la mémoire de Jean Jaurès. Comme si une quelconque partie de l’héritage de ce grand combattant pour de vraies réformes, assassiné à la veille de la boucherie de 1914-1918, pouvait  encore être revendiquée par ceux qui maintiennent l’Afrique sous le contrôle néo-colonial de l’armée française, par ceux qui s’alignent sur les volontés du grand capital (dont le premier secrétaire du PS de l’Eure, dirigeant de LVMH, est un serviteur direct) dans un prétendu « pacte de responsabilité »… 

 

Pour le centenaire de son assassinat, nous reproduisons ci-dessous des extraits d’un hommage  rédigé par le révolutionnaire russe Léon Trotski en 1915. Exilé en France, lié à la poignée de  rédacteurs syndicalistes révolutionnaires internationalistes de l’organe de la CGT « La Vie ouvrière » qui avaient résisté à l’appel de l’ »Union sacrée » avec la bourgeoisie, il l’avait aussi fréquenté lors de réunions de la IIème Internationale.  

(…) Pacifiste et adversaire irréductible de la politique de la diplomatie russe, Jaurès lutta jusqu’à la dernière minute contre l’intervention de la France dans la guerre. Dans certains milieux on considérait que la « guerre de revanche » ne pourrait s’ouvrir la voie que sur le cadavre de Jaurès. Et en juillet 1914, Jaurès fut tué à la table d’un café par un obscur réactionnaire du nom de Villain. (…)

La famille de Jaurès appartenait à la moyenne bourgeoisie et devait mener pour l’existence une lutte de tous les instants. Jaurès lui-même eut besoin de l’aide d’un protecteur pour achever ses études universitaires. En 1881, à sa sortie de l’Ecole Normale Supérieure, il est nommé professeur au lycée de jeunes filles d’Albi et, en 1883, passe à l’Université de Toulouse où il enseigne jusqu’en 1885, année où il est élu député. Il n’avait que 26 ans. Il se donne alors tout entier à la lutte politique et sa vie se confond avec celle de la Troisième République.

Jean Jaurès à l’Assemblée nationale

Jaurès débuta au Parlement sur les questions d’instruction publique. « La Justice », alors organe du radical Clémenceau, qualifia de « magnifique » le premier discours de Jaurès et souhaita à la Chambre d’entendre fréquemment « une parole aussi éloquente et aussi nourrie d’idées ». Dans la suite, Jaurès eut maintes fois à appliquer cette éloquence contre Clémenceau lui-même.

A cette première époque de sa vie, Jaurès ne connaissait le socialisme que théoriquement et très imparfaitement. Mais son activité le rapprochait de plus en plus du parti ouvrier. Le vide idéologique et la dépravation des partis bourgeois le repoussaient invinciblement.

En 1893, Jaurès adhère définitivement au mouvement socialiste et occupe presque aussitôt une des premières places dans le socialisme européen. En même temps, il devient la figure la plus éminente de la vie politique de la France (…).

Dans l’affaire Dreyfus, Jaurès se révéla dans toute sa puissance. Il eut au début, comme d’ailleurs dans tous les cas sociaux critiques, une période de doutes et de faiblesses où il était accessible aux influences de droite et de gauche. Sous l’influence de Jules Guesde (1845-1922) et d’Edouard Vaillant (1840-1915) qui considéraient l’affaire Dreyfus comme une querelle de coteries capitalistes à laquelle le prolétariat devait rester indifférent, Jaurès hésitait à s’occuper de l’affaire. L’exemple courageux de Zola le tira de son indécision, l’enthousiasma, l’entraîna. Une fois en mouvement, Jaurès alla jusqu’au bout, il aimait dire de lui : ago quod ago [je fais ce que je fais, dans le sens je fais ce qu’il faut faire].

Pour Jaurès l’affaire Dreyfus résumait et dramatisait la lutte contre le cléricalisme, la réaction, le népotisme parlementaire, la haine de race, l’aveuglement militariste, les intrigues sourdes de l’état-major, la servilité des juges, toutes les bassesses que peut mettre en action le puissant parti de la réaction pour arriver à ses fins (…).

En 1899, Jaurès réussit à proclamer l’unité du parti socialiste. Mais cette unité fut éphémère. La participation d’Alexandre Millerand au ministère [en 1899], conséquence logique de la politique du Bloc des Gauches, détruisit l’unité et, en 1900-1901, le socialisme français se scinda de nouveau en deux partis [1]. Jaurès prit la tête de celui d’où était sorti Millerand. Au fond, par ses conceptions, Jaurès était et restait un réformiste. Mais il possédait une étonnante faculté d’adaptation et en particulier d’adaptation aux tendances révolutionnaires du moment. C’est ce qu’il montra dans la suite à maintes reprises.

Jaurès était entré dans le parti, homme mûr, avec une philosophie idéaliste entièrement formée… Cela ne l’empêcha pas de courber son cou puissant (Jaurès était d’une complexion athlétique) sous le joug de la discipline organique et il eut maintes fois l’occasion de démontrer qu’il savait non seulement commander mais aussi se soumettre. A son retour du Congrès d’Amsterdam de la IIe Internationale [août 1904] qui avait condamné la politique de dissolution du parti ouvrier dans le Bloc des Gauches et la participation des socialistes au ministère, Jaurès rompit ouvertement avec la politique du Bloc. Le président du Conseil, l’anticlérical Emile Combes [du Parti radical à la tête de cette aile du Bloc des Gauches qui dura de 1899 à janvier 1906], prévint Jaurès que la rupture de la coalition l’obligerait à quitter la scène. Cela n’arrêta pas Jaurès. Combes donna sa démission du Conseil des ministres en 1905. L’unité du parti, où se fondirent jauressistes et guesdistes, était assurée [et se concrétisa en avril 1905]. Depuis lors, la vie de Jaurès se confond avec celle du parti unifié, dont il avait pris la direction.

Le meurtre de Jaurès n’a pas été le fait du hasard. Il a été le dernier chaînon d’une fumeuse campagne de haine, de mensonges et de calomnies que menaient contre lui ses ennemis de toutes nuances. On pourrait composer une bibliothèque entière des attaques et des calomnies dirigées contre Jaurès. Le Temps publiait chaque jour un et parfois deux articles contre le tribun. Mais on devait se borner à attaquer ses idées et ses méthodes d’action : comme personnalité il était presque invulnérable, même en France, où l’insinuation personnelle est une des armes les plus puissantes de la lutte politique. Pourtant on parla à mots couverts de la force de corruption de l’or allemand… Jaurès mourut pauvre. Le 2 août 1914, Le Temps fut obligé de reconnaître « l’honnêteté absolue » de son ennemi terrassé (…).

Famille bourgeoise, université, députation, mariage bourgeois, fille que la mère mène à la communion, rédaction du journal, direction d’un parti parlementaire : c’est dans ce cadre extérieur qui n’a rien d’héroïque que s’est écoulée une vie d’une tension extraordinaire, d’une passion exceptionnelle (…).

Nature ample, Jaurès avait une répulsion physique pour tout sectarisme. Après quelques oscillations il découvrait le point qui lui semblait décisif pour le moment donné. Entre ce point de départ pratique et ses constructions idéalistes, il disposait, sans effort sur soi-même, les points de vue qui complétaient ou restreignaient son point de vue personnel, conciliait les nuances opposées, fondait les arguments contradictoires dans une unité qui était loin d’être irréprochable. C’est pourquoi il dominait non seulement les assemblées populaires et parlementaires, où sa passion extraordinaire maîtrisait l’auditoire, mais encore les congrès du parti où il dissolvait les oppositions de tendances dans des perspectives vagues et des formules souples. Au fond, il était un éclectique, mais un éclectique de génie.(…).

Jaurès entra dans l’arène politique à l’époque la plus sombre de la Troisième République qui n’avait alors qu’une quinzaine d’années d’existence et qui, dépourvue de traditions solides, avait contre elle des ennemis puissants. Lutter pour la République, pour sa conservation, pour son « épuration », ce fut là l’idée fondamentale de Jaurès, celle qui inspira toute son action. Il cherchait pour la République une base sociale plus large, il voulait mener la République au peuple pour organiser par elle ce dernier et faire en fin de compte de l’Etat républicain l’instrument de l’économie socialiste. Le socialisme pour Jaurès démocrate était le seul moyen sûr de consolider la République et le seul moyen possible de la parachever. Il ne concevait pas la contradiction entre la politique bourgeoise et le socialisme, contradiction qui reflète la rupture historique entre le prolétariat et la bourgeoisie démocratique. Dans son aspiration infatigable à la synthèse idéaliste, Jaurès était, à sa première époque, un démocrate prêt à adopter le socialisme ; à sa dernière époque, un socialiste qui se sentait responsable de toute la démocratie.

Si Jaurès a donné au journal qu’il a créé le nom de l’Humanité, ce n’est pas là l’effet du hasard. Le socialisme n’était pas pour lui l’expression théorique de la lutte des classes du prolétariat. Au contraire, le prolétariat restait à ses yeux une force historique au service du droit, de la liberté et de l’humanité. Au-dessus du prolétariat il réservait une grande place à l’idée de « l’humanité » en soi, qui chez les déclamateurs français ordinaires n’est qu’une phrase vide, mais dans laquelle il mettait, lui, un idéalisme sincère et agissant (…).

Avec une passion idéologique sincère, Jaurès combattit le danger de la guerre européenne. Dans cette lutte comme dans toutes celles qu’il mena, il appliqua parfois les méthodes qui étaient en contradiction profonde avec le caractère de classe de son parti et qui semblaient à beaucoup de ses camarades pour le moins risquées. Il espérait beaucoup en lui-même, en sa force personnelle, en son ingéniosité, en sa faculté d’improvisateur ; dans les couloirs du Parlement il apostrophait ministres et diplomates et, avec un optimisme exagéré sur son influence, les accablait du poids de son argumentation. Mais les conversations et les influences de coulisse ne découlaient nullement de la nature de Jaurès qui ne les érigeait pas en système, car il était un idéologue politique et non un doctrinaire de l’opportunisme. Il était prêt à mettre avec une égale passion au service de l’idée qui le possédait, les moyens les plus opportunistes et les plus révolutionnaires, et si cette idée répondait au caractère de l’époque, il était capable comme pas un d’en obtenir des résultats splendides. Mais il allait également au-devant des catastrophes. Comme Napoléon, il pouvait dans sa politique avoir des Austerlitz et des Waterloo.

La guerre mondiale devait mettre Jaurès face à face avec des questions qui divisèrent le socialisme européen en deux camps ennemis. Quelle position eût-il occupé ? Indubitablement, la position patriotique. Mais il ne se serait jamais résigné à l’abaissement qu’a subi le parti socialiste français sous la direction de Guesde, Renaudel, Sembat et Thomas… Et nous avons entièrement le droit de croire qu’au moment de la révolution future, le grand tribun eût déterminé, choisi sans erreur sa place et développé ses forces jusqu’au bout (…).

J’ai entendu Jaurès lors d’assemblées populaires à Paris, de Congrès internationaux, dans des commissions de Congrès. Et toujours je croyais l’entendre pour la première fois. En lui aucune routine : se cherchant, se trouvant lui-même, toujours et inlassablement mobilisant à nouveau les forces multiples de son esprit, il se renouvelait sans cesse et ne se répétait jamais. Sa force puissante, naturelle, s’alliait à une douceur rayonnante qui était comme un reflet de la plus haute culture morale. Il renversait les rochers, tonnait, ébranlait mais ne s’étourdissait jamais lui-même, était toujours sur ses gardes, saisissait admirablement l’écho qu’il provoquait dans l’assemblée, parait les objections, balayant quelquefois impitoyablement tel un ouragan, toute résistance sur son chemin, parfois écartant tous les obstacles avec magnanimité et douceur comme un maître, un frère aîné. Ainsi le marteau-pilon gigantesque réduit en poussière un bloc énorme ou enfonce avec précision un bouchon dans une bouteille sans la briser ( …).

Ce génie, rare présent de la nature à l’humanité, a péri avant d’avoir donné toute sa mesure. Peut-être la fin de Jaurès était-elle nécessaire à l’esthétique de sa physionomie ? Les grands hommes savent disparaître à temps. Sentant la mort, Tolstoï prit un bâton, s’enfuit de la société qu’il reniait et s’en fut mourir en pèlerin dans un village obscur. Lafargue, épicurien doublé d’un stoïcien, vécut dans une atmosphère de paix et de méditation jusqu’à 70 ans, décida que c’en était assez et prit du poison [2]. Jaurès, athlète de l’idée, tomba sur l’arène en combattant le plus terrible fléau de l’humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l’homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte.


 [1] La participation du socialiste Alexandre Millerand au gouvernement de Défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau, aux côtés du massacreur le général Galliffet, qui participa à toutes les opérations coloniales de son époque, suscita une forte critique allant de Jaurès à Rosa Luxemburg. La politique de Millerand inaugure l’orientation de participation au gouvernement bourgeois de la part d’une aile du socialisme. Elle annonce ce qui passera en 1914.

 [8] Paul Lafargue, journaliste, brillant polémiste socialiste révolutionnaire, dirigeant du parti, mari d’une des filles de Marx (Laura), propagateur des ses conceptions en France avec Jules Guesde , se suicida avec sa femme en 1911.


* Publié le 17 juillet 1915 sous le titre « Jean Jaurès » 

* Reproduit ici avec des notes additionnelles du site « A l’Encontre ».

*Texte complet et documentation : http://alencontre.org/laune/histoire-jaures-trotsky-et-leclatement-de-la-premiere-guerre-mondiale.html#more-22069

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Nous ne pouvons laisser le drapeau de l’opposition à Marine Le Pen‏

9 Mai 2012 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Nous ne pouvons laisser le drapeau de l’opposition à Marine Le Pen

Tribune de François Sabado et Christine Poupin dans Médiapart‏

«Face aux diktats de l’Union européenne, une première tâche s’impose: rejeter le nouveau pacte européen(...) Nous sommes prêts à marcher ensemble avec le Front de gauche et tous ceux qui s’opposeront aux politiques d’austérité, à discuter des modalités d’un bloc anti-austérité, anti Front National, d’un bloc qui soit l’opposition de gauche au gouvernement Hollande.» Par François Sabado, ancien dirigeant historique de la LCR, et Christine Poupin, porte-parole du NPA.


 

Sarkozy a été battu. Ce résultat nous soulage et nous réjouit. Nous devons analyser le rapport de force qu'il traduit et la situation qu'il ouvre.

Comme dans le reste de l’Europe, «les sortants ont été sortis». La social-démocratie, grecque, espagnole et portugaise, a été balayée. Ici, la droite autoritaire est chassée. La crise déstabilise toute la représentation politique. La mise en œuvre de politiques d’austérité brutales ruine l’adhésion et la confiance de la population vis-à-vis des partis au pouvoir, qu’ils soient de droite, comme l’UMP en France, ou de gauche, comme les partis sociaux démocrates, en Espagne, Portugal ou en Grèce.

A l'occasion de cette élection, la gauche a connu une légère progression, mais le rapport de force droite-gauche du 1er tour de la présidentielle reste largement favorable à la droite (56 % contre 44 %). La victoire de Hollande est due à l'échec de Sarkozy plus qu'à sa dynamique propre. Plus, le Front national de Marine Le Pen a connu une poussée sans précédent. La vie politique est désormais surdéterminée par le poids de l’extrême droite. L’UMP risque l’implosion, tiraillée  entre un secteur, polarisé par le parti lepeniste, et d’autres secteurs de la droite traditionnelle, qui refusent la dérive populiste ou fasciste.
A  la différence des élections de 1981 ou 1988, ce président de gauche a été élu sans poussée massive des votes de gauche. Il arrive au pouvoir à la faveur de la division des droites. Division confortée par l’appel de François Bayrou à voter Hollande.

Au lendemain de ces élections, c’est la crise mondiale et spécifiquement européenne qui va dominer la situation économique, sociale et politique. Les agences de notation ont annoncé la couleur: il faudra encore réduire les budgets sociaux, démanteler les services publics. L’Union européenne exige la «règle d’or», en intégrant l’interdiction de tout déficit public dans la Constitution. Nous connaissons déjà les résultats de cette politique: l’Europe s’enfonce dans la récession, avec plus de chômage, moins de pouvoir d’achat, toujours moins de services publics.

A l’inverse de toutes ces politiques, nous proposons de mettre au cœur du débat public un plan de mesures d’urgence anticrise. Ce bouclier social pour les classes populaires comportera une augmentation de salaire pour tous de 300 euros net, un salaire minimum de 1 700 euros, la création de centaines de milliers d’emplois publics, l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures pour combattre le chômage.

François Hollande a dénoncé pendant sa campagne un ennemi sans visage: la finance. Comment résistera-t-il à la pression des marchés financiers sans s’attaquer aux banques et aux banquiers? Comment réduire la pression de la dette et de la spéculation en laissant fonctionner le secteur bancaire selon les règles néo-libérales? Sans expropriation des banques et sans leur nationalisation sous contrôle social, aucun gouvernement ne disposera des moyens pour financer une politique répondant aux besoins sociaux. Pour donner la priorité aux services publics il faut s’attaquer à la dette: organiser un audit public pour l’annulation de la dette illégitime et de ses intérêts. Une nouvelle politique fiscale, supprimant les cadeaux aux grandes fortunes et taxant les plus riches et les profits capitalistes, sera au centre de nos propositions. Mais la profondeur de la crise, son caractère global, exige non seulement de résister à l’austérité, mais de réorienter l’économie selon des besoins sociaux et écologiques, de sortir du nucléaire, de réorganiser les secteurs de l’énergie et des transports, de l’habitat, dans de vastes secteurs publics qui échappent à la logique du profit capitaliste.

Loin de prendre des décisions radicales contre la crise, Hollande s’inscrit dans les grandes orientations de l’Union Européenne, en voulant «donner du sens à la rigueur», c'est-à-dire en reprenant une politique d’austérité. «Hollandréou», cette formule illustre bien les risques d’une évolution de la situation à la grecque. Et le soutien à François Hollande de Bayrou, farouche partisan de la «règle d’or», pour déployer une politique d’union nationale n’est pas de bon augure. Face aux diktats de l’Union européenne, une première tâche s’impose: rejeter le nouveau pacte européen et, pour cela, convoquer un référendum où, une nouvelle fois, le peuple souverain dira «non» à cette Europe néo-libérale.

Austérité de droite ou austérité de gauche? Nos dirigeants n'envisagent pas d’autre alternative. Et c’est d’autant plus inquiétant que le Front national guette. Marine Le Pen l’a déjà annoncé: elle veut être l’opposition de droite. L’enjeu pour son parti? Créer les conditions en 2017, ou même avant, pour une confrontation droite-extrême droite face à la gauche, où le parti lepéniste emporterait la mise. En effet, rien ne dit qu’un gouvernement Hollande tiendra face à une accélération de la crise. C’est dans ce cadre que s’engage une course de vitesse qui accentuera la polarisation entre le Front National et la gauche radicale et anticapitaliste. Course de vitesse résumée par la situation ouverte par le résultat des élections en Grèce avec d'un côté les bons résultats de la gauche radicale, dont Syryza particulièrement, et de l'autre, la mauvaise nouvelle, l'entrée des nazis au parlement... Nous ne pouvons laisser le drapeau de l’opposition à Marine Le Pen. Nous proposons d’engager la construction d’un large mouvement unitaire de la gauche sociale et politique contre le Front national.

Nous avons avancé durant la campagne la perspective d’une opposition de gauche unitaire à un gouvernement qui appliquerait une politique d’austérité de gauche. Non par impatience mais par analyse de la politique sociale libérale en France et en Europe, et nécessité de défendre les intérêts de la majorité de la population.

Nous proposons, que se rassemblent dans les entreprises, les quartiers, les travailleurs, les jeunes et leurs organisations pour exiger «le changement, maintenant!», créer les conditions d’une mobilisation pour arracher des augmentations  de salaires, bloquer les licenciements, obtenir la titularisation des précaires dans le secteur public, imposer la retraite à 60 ans. Nul doute que s’engager dans la satisfaction de ces revendications  conduira à la confrontation avec les marchés financiers et les grands groupes bancaires.

Ces premières propositions s’opposent à toute politique d’austérité et à la rigueur «sauce hollandaise». Voilà pourquoi on ne saurait à la fois défendre ces mesures d’urgence et  soutenir de près ou de loin un gouvernement Hollande. Les dirigeants du Front de gauche décideront de leur participation au gouvernement après les élections législatives. A cette étape, il semble qu’ils écartent une participation directe et envisagent un «soutien sans participation», vieille formule du passé déjà utilisée par le PCF. Lors des prochaines élections législatives, il faudra battre une nouvelle fois la droite et l’extrême droite, mais la seule politique claire, c’est de refuser, toute austérité qu’elle soit de droite ou de gauche.  Il faudra une opposition de gauche au gouvernement. Le NPA y est prêt. Et les dirigeants du Front de gauche?
Nous sommes à la croisée des chemins.

La crise du système est globale, économique bien sur mais aussi écologique et politique. Elle marque aussi un basculement du monde. Dans ces conditions, l'outil politique à construire ne peut faire l'impasse ni sur la question du productivisme, ni sur la question de l'internationalisme, ni sur celle de la démocratie réelle et de l'auto-organisation.

Pour affronter la crise, les appels à la «république», les dénonciations de la «finance», les combinaisons institutionnelles  avec le social-libéralisme ne feront pas le poids. Dans une conjoncture électorale marquée par des défaites sociales, le discours du Front de gauche a pu convaincre des millions d’électeurs. Pourtant, nous pensons que ni la direction du PCF ni la rhétorique de Mélenchon ne seront à la hauteur des défis de la crise. Les projets réformistes, même de gauche, peuvent dans un premier temps rassembler les premières résistances à la crise. Il s’agit maintenant de préparer la confrontation avec les capitalistes et de rejeter l’austérité de gauche du gouvernement. L’objectif, nous ne le cachons pas: préparer un nouveau mai 68 ou un nouveau juin 36 qui impose une transformation radicale de la société. Nous sommes prêts à marcher ensemble avec le Front de gauche et tous ceux qui s’opposeront aux politiques d’austérité, à discuter des modalités d’un bloc  anti-austérité, anti Front National, d’un bloc qui soit l’opposition de gauche au gouvernement Hollande. Mais les chocs sociaux et politiques à venir exigent, plus que jamais, l’indépendance des anticapitalistes. Face aux incertitudes de la politique du Front de gauche et à son orientation «un pied de dedans, un pied dehors» vis-à-vis de la nouvelle majorité, nous proposons que se fédèrent sur des bases 100% indépendantes du PS toutes les forces et courants anticapitalistes, les forces qui ont assuré la continuité et le fil historique du courant révolutionnaire, les libertaires, les écologistes radicaux, les militant(e)s du mouvement social et syndical...

Cela suppose de construire un outil vraiment indépendant. C’est l’enjeu d’un double défi pour le NPA: la relance du regroupement des anticapitalistes et une politique unitaire anticrise, en particulier avec le Front de gauche mais, bien au-delà, avec tous ceux qui s’opposent aux politiques d’austérité.


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Qui sommes-nous ?

15 Février 2009 , Rédigé par NPA-27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Qui sommes-nous ?

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Le NPA est un mouvement politique qui vient de tenir son congrès de fondation début févier 2009. Plus que jamais,
au moment où la triple crise économique, sociale et écologique s'approfondit et s'accélère, notre but est de rassembler toutes les forces qui veulent sortir de l'ère du profit, rompre avec le capitalisme, pour ouvrir la voie à une société inédite, démocratique et égalitaire, féministe et écologiste.

Cette société capitaliste est à bout de souffle. Les gouvernements successifs remettent en cause l’ensemble de nos acquis sociaux et démocratiques. Le medef licencie à tour de bras. Les services publics sont sacrifiés. Nos conditions de vie se dégradent. Les riches se gavent de profits pendant que nos salaires, nos pensions de retraites, nos minima sociaux stagnent ou régressent, notre pouvoir d'achat diminue. La crise financière que les grands actionnaires, le patronat et le gouvernement veulent nous faire payer aggrave chaque jour les conditions de vie de la majorité de la population. Le racisme et les discriminations augmentent. La planète est menacée de destruction.

Face à ces attaques,  la gauche institutionelle ne résiste pas. Quand elle se trouve au pouvoir, elle mène des politiques qui tournent le dos aux aspirations populaires. Nous avons besoin d’une gauche de combat, fière de ses couleurs, qui n’a pas peur de s’affronter à une minorité d’actionnaires qui détient la majorité des richesses.

Nous construisons un nouveau parti pour résister à Sarkozy et au Medef, lutter contre ceux qui exploitent, précarisent, détruisent l'environnement.  Un parti qui permette d’en finir avec  le racisme, le sexisme... Un parti qui défende un projet de transformation révolutionnaire de la société, pour une rupture radicale avec ce système dont nous n’avons rien à attendre.

La politique n’est pas réservée à une minorité de spécialistes. Elle est l’affaire de tous. Par milliers, nous avons commencé à nous organiser le plus largement possible, dans des comités de quartiers ou  d’entreprises, dans les villes et les villages.

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Résolution élections européennes 2009 (adoptée au congrès de fondation du NPA)

15 Février 2009 , Rédigé par NPA-27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Résolution élections européennes 2009 (adoptée au congrès de fondation du NPA)

Ce texte a été adopté par 481 pour, 69 contre, 43 abstentions et 10 refus de vote. La première partie (jusqu'à "Le congrès fondateur du NPA...") a été votée séparément par 561 pour, 6 contre, 44 abstentions et 13 refus de vote. Auparavant, un vote a eu lieu entre 2 versions de "fin" de la résolution (à partir donc de "Le congrès fondateur du NPA...."). La version 1 a obtenu 467 pour, 94 contre, 52 abstentions et 3 refus de vote. C'est donc celle qui est intégrée à ce texte. La version 2 a obtenu 101 pour, 484 contre, 36 abstentions et 3 refus de vote.

La crise systémique qui frappe aujourd'hui le cœur même de l'économie capitaliste n'a bien sûr pas épargné l'Union Européenne. Du Traité de Rome de 1957 jusqu'au mini-traité européen de 2007 en passant par le Traité de Maastricht, tous les choix politiques ont favorisé la libre circulation des marchandises, des biens, des services et des capitaux. Ils ont été imposés aux peuples par des institutions pour la plupart non élues, la seule soumise au suffrage universel, le Parlement européen, n’ayant quasiment pas de pouvoir de décision.

Ces choix ont contribué à creuser toujours plus, au sein même de l’UE, le fossé des inégalités entre l'immense majorité des salariés et de privés d'emploi toujours plus pauvres d’un côté et d’une poignée d'actionnaires toujours plus riches de l’autre. Toutes les décisions européennes ont construit une forteresse contre les peuples du Sud et organisé la chasse aux immigrés et aux gens du voyage.

Au moment de la crise, et malgré toute l'agitation frénétique de Sarkozy, l'Union Européenne n'a pu parler d'une seule et même voix, car chaque Etat, chaque gouvernement défend les intérêts et privilèges de ses propres banques, de sa propre bourgeoisie. C’est ce qui explique aussi leur incapacité à se défaire des frontières et des Etats nationaux alors même que, poussés par la concurrence des Etats-Unis et des pays d’Asie, ils se sont résolus à abandonner leur monnaie nationale pour l’euro.

Les réponses de chacun des Etats européens convergent cependant : socialisation des pertes et privatisation des profits ; injection de fonds publics pour sauver la finance ; restrictions des moyens pour les services publics ; pression accrue sur les chômeurs et les salariés ; licenciements massifs pour sauvegarder les profits.

L’Union Européenne développe par ailleurs une politique climatique qui ne répond pas aux enjeux de l’heure. Le plan climat-énergie adopté récemment fixe des objectifs de réduction de gaz à effet de serre inférieurs aux préconisations des scientifiques du GIEC et envisage de délocaliser deux tiers des ses réductions d’émissions dans les pays du Sud.

Nous devons lui opposer une alternative pour la justice sociale… Leur Europe n'est pas la nôtre ! Elle est au service des trusts et de la finance. C’est cette Europe qu’ont rejetée les populations des Pays-Bas et de la France, en 2005, puis de l’Irlande en 2008 en votant majoritairement NON au projet de traité constitutionnel.

1) L'Europe que nous voulons : Une Europe démocratique des travailleurs et des peuples !

Nous proposons « un plan d'urgence pour l'Europe » que nous défendrons dans les luttes et lors des élections de 2009. Nous devons exiger l'abrogation de tous les traités et accords de l'Europe libérale (Lisbonne, Barcelone, accords Schengen).

Une véritable Europe sociale ne pourra voir le jour que par une contre-offensive des travailleurs des deux sexes qui annule toutes les lois et mesures de régression sociale qu’ont imposées, dans tous les pays européens, les patronats et leurs gouvernements.

Il s’agit d’imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, la diminution du temps de travail hebdomadaire, vers les 30 heures, la retraite à 60 ans au plus, une augmentation générale des salaires. Nous voulons un salaire minimum européen qui soit l’équivalent, en terme de pouvoir d’achat des 1500 euros nets que nous revendiquons en France. Il faut une existence de couvertures maladies obligatoires, financées par des crédits publics et non par des assurances privées. Elles permettront à tous l’accès, sans délais à des soins gratuits, de qualité et de proximité. Nous exigeons l’harmonisation vers le haut de droits du travail reconquis, des services publics européens à chaque fois que l'échelle européenne est pertinente : les transports aériens, les chemins de fer, les transports fluviaux, l'énergie, l'eau, les télécommunications, les trusts pharmaceutiques…

Pour réaliser tout cela, il faut prendre sur les profits et que les salariés, la population contrôlent les comptes des entreprises et les mouvements de capitaux, imposent la fermeture des paradis fiscaux et l’instauration de taxes sur le mouvement des capitaux investis dans des opérations financières. L'urgence économique impose que les populations contrôlent également les banques centrales, et en particulier la banque centrale européenne, afin que l'épargne serve à financer des travaux d'utilité sociale (logements, transports collectifs…). Une harmonisation des fiscalités fondées sur des impôts progressifs taxant très fortement les plus riches et sur la suppression des taxes indirectes permettrait à la fois d'arrêter le dumping social et fiscal et d'enclencher une nouvelle logique sociale en rupture avec celle des capitalistes.

Une véritable Europe des peuples signifie pour chaque peuple le droit à sa langue, à sa culture, le droit de choisir ses institutions ; c’est-à-dire, de façon générale, le droit de décider de son destin. Il s’agit aussi de s’opposer au mandat d’arrêt européen, instrument de répression politique aux mains des Etats.

Une véritable Europe écologique, une Europe unie, une Europe des travailleurs permettrait de planifier démocratiquement la production et les échanges avec le souci permanent de préserver la nature et l’environnement. Il faut en finir avec l'agro industrie et la PAC, décider de produire selon les besoins et là où sont ceux des populations afin de réduire les flux de transports de marchandises. Lorsque ceux-ci sont nécessaires, ils doivent privilégier ceux qui sont les moins polluants (les voies ferrées, fluviales et maritimes).

Les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail et pratiquer une agriculture respectueuse de l’environnement sans OGM. Il faut permettre à chacun d'avoir une alimentation saine, tout en protégeant la biodiversité. Il faut exiger de la Commission européenne la publication des « substances à hauts risques » identifiées et demander leur interdiction immédiate. Nous devons encourager la pêche artisanale, moins consommatrice et produisant moins de déchets.

L'eau, bien commun et précieux, doit être gérée publiquement et dans la transparence et accessible à tous.

Il faut sortir du nucléaire et des autres énergies polluantes et pour cela donner des moyens à la recherche d’énergies alternatives à l’échelle de l’Europe.

Une véritable Europe de l'égalité. L'Europe que nous voulons doit affirmer l’égalité absolue entre les hommes et les femmes. Elle doit garantir l'égalité des droits économiques, politiques et civils des femmes et des hommes : en particulier, l'égalité des salaires, le droit à l'avortement et à la contraception. Il faut s'opposer notamment à toute marchandisation du corps des femmes en luttant pour l'abolition de la prostitution.

Cela passe aussi par l'égalité des droits des étrangers et le premier entre tous : le droit du sol ! Nous continuerons à nous battre contre l'Europe forteresse pour la régularisation et le droit d'installation de tous les sans papiers, l'égalité des droits sociaux et politiques. La lutte contre les discriminations, notamment en raison du sexisme, du racisme et de l’homophobie doit devenir une priorité.

Une véritable Europe solidaire. L'Union européenne participe à la domination des pays du Sud de la planète, celles d'une poignée de pays riches contre une majorité de pays pauvres. Nous voulons une politique de désarmement, l'annulation de la dette, une politique de collaboration fraternelle et solidaire avec les peuples des pays du Sud.

Une Europe de la paix exige le retrait de toutes les troupes européennes des guerres menées contre les peuples en Irak ou en Afghanistan, l’arrêt du soutien aux dictatures en Afrique et la rupture avec l’OTAN.

Nous voulons une Europe qui soutienne les droits fondamentaux du peuple palestinien : droit à un état indépendant ayant comme capitale Jérusalem-Est, et le droit au retour des réfugiés. Une Europe qui exige d’Israël le retrait des forces d’occupation des territoires occupés y compris Jérusalem-Est, le démantèlement immédiat de toutes les colonies et du mur et fasse cesser le blocus de Gaza. Une Europe qui applique des sanctions économiques, politiques, culturelles, sportives et suspende l’accord d’association tant qu’Israël se refuse à respecter le droit international. Une Europe qui interdise immédiatement à ses entreprises de travailler pour Israël dans les territoires occupés.

Il faut une Europe qui exige le retrait des troupes au Liban et en Afrique.

Une véritable Europe démocratique. L’intérêt commun ne peut être incarné par des institutions non élues, des exécutifs non mandatés et des experts non contrôlés. Les peuples d’Europe doivent pouvoir décider eux-mêmes, par la mise en place d’une assemblée constituante par laquelle ils établiront leur coopération. Nous y défendrons pour notre part le projet d’une Union socialiste des peuples d’Europe.

2) Pour un regroupement des anticapitalistes à l’échelle européenne

Ces ruptures ne se feront pas sans l'intervention massive des salariés et des peuples. Des luttes coordonnées à l'échelle de l'Europe ont parfois eu lieu, il faut développer des convergences entre nos luttes, tisser ou consolider des liens durables entre les mouvements sociaux, établir des cadres permanents de discussion et d’action avec toutes les forces, dans les autres pays, qui se situent sur le terrain de l’anticapitalisme.

Nous proposerons également à toutes les forces anticapitalistes en Europe, une discussion qui étudie la possibilité d’une apparition commune lors de ces élections.

3) Notre participation aux élections européennes

C’est ce « plan d’urgence pour l’Europe », de rupture avec le capitalisme, que nous voulons défendre, un projet anticapitaliste alternatif aux choix européens réalisés jusqu’à ce jour. Dans ces élections, nous combattrons la politique des patronats et des gouvernements de droite, sociaux-libéraux, ou de coalition gauche-droite qui visent à défendre toujours plus les profits quels qu’en soient les coûts humains et écologiques.

Nous défendrons un programme d’urgence européenne qui vise à construire une Europe sociale c'est-à-dire au service du plus grand nombre.

Nous réaffirmerons notre indépendance par rapport aux partis « sociaux-démocrates » et à leurs alliés parce qu’ils accompagnent ou mettent en œuvre les orientations du patronat : nous n’oublions pas qu’ils ont, aux Sommets de Lisbonne et de Barcelone, décidé d’accentuer les libéralisations des services publics (transports aériens, poste, chemins de fer, installations portuaires…) et d’interdire toute restriction à la libre circulation des capitaux. Nous n’oublions pas que la plupart de leurs directions ont soutenu le projet de traité constitutionnel (TCE) au mépris de l’intérêt des peuples.

Le congrès fondateur du NPA est favorable à un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme, un accord qui pourrait donner un élan supplémentaire aux mobilisations et aux luttes pour faire payer leur crise au patronat, aux banques et aux gouvernements tant à l'échelle nationale qu'européenne. Tout en encourageant la lutte contre la politique de la droite sarkozyste malgré les démissions de la direction du PS, un tel accord porterait avec plus de force le projet d'une Europe des travailleurs et des peuples. Le NPA entend agir comme force d’unité et est prêt, de façon publique, à en explorer immédiatement et sans exclusive les voies, y compris pour les élections européennes, en particulier avec les forces avec lesquelles nous avons mené campagne aux dernières élections municipales.

Cette unité, nous la souhaitons féconde et utile à une montée des luttes tant sociales, écologiques que politiques. C'est dans cette perspective qu'il convient d'en définir le cadre :

1) Une unité sur un contenu réel qui développe les raisons pour lesquelles nous avons combattu le TCE, qui couvre à la fois les questions sociales et écologiques, tout comme les questions démocratiques. La crise est venue souligner la pertinence de notre combat. L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système qui réponde aux besoins de la population.

2) Une unité qui doit se retrouver sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire. La crise du capitalisme exploiteur et productiviste est une crise de civilisation que la démarche électorale seule ne pourra résoudre.

3) Une unité qui ne soit pas un cartel électoral sans lendemain mais un instrument pour les luttes des travailleurs, et qui ne se limite pas aux élections européennes, mais s'étende aux élections régionales qui suivent de quelques mois à peine, toujours dans l’indépendance vis-à-vis du PS, parti qui, par son programme et sa pratique, s’inscrit dans la gestion du capitalisme et a renoncé à toute transformation sociale.

 

Version 2 (à la place de "Le congrès fondateur du NPA est favorable..." :

La politique antisociale du gouvernement a provoqué un réveil social dans le pays. La profondeur et l'ampleur du mouvement de grève unitaire et de manifestations le 29 janvier 2009, les mobilisations dans la santé, l'éducation nationale et les universités, pour la défense des libertés ou contre les licenciements exigent d'autres mobilisations. Elles appellent des interventions communes de la gauche anticapitaliste et antilibérale en leur faveur, et posent la question du débouché politique nécessaire et permettant de les renforcer et de battre Sarkozy. La déclaration « ce n'est pas aux salariés de payer leur crise », signées par 10 organisations, témoigne que les convergences sont possibles sur des bases en rupture avec le système.

A cette situation nous répondons d'abord par la construction du nouveau Parti comme un outil d'intervention dans les luttes et d'encouragement à celles ci. Mais dans le même temps nous voulons aussi oeuvrer à changer les rapports de force politiques dans la gauche en faisant émerger une alternative portée par les forces anticapitalistes et antilibérales face au PS.

Pour agir en ce sens et dessiner une perspective politique, les élections européennes représentent une opportunité à saisir. Pour infliger un camouflet à la droite, nous proposons donc de travailler à la constitution de listes de large rassemblement, pluraliste, indépendantes du Parti socialiste et appuyées sur des collectifs unitaires dans les quartiers et les entreprises. Elles défendront un plan d'urgence et un programme opposé au capitalisme, pour une Europe sociale, démocratique, écologiste, solidaire et de paix. Dans la continuité du rejet du Traité constitutionnel européen, elles dénonceront le traité de Lisbonne, remettront en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne et la soumission à l'OTAN.

Pour constituer de telles listes, qui créeraient un élan favorable aux luttes, et qui tisseraient des liens avec d'autres organisations à l'échelle européenne, nous nous adressons au Parti de Gauche, au Parti Communiste Français, aux Alternatifs, à la Fédération et à ses diverses composantes, à Lutte ouvrière...

Sans en faire un préalable à un accord sur les élections européennes, nous  sommes également disponibles à engager des discussions concernant les élections ultérieures et sur le caractère durable de notre unité.

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Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès

15 Février 2009 , Rédigé par NPA-27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès

Ces principes fondateurs ont été adoptés par 540 pour, 1 contre, 49 abstentions et 5 refus de vote.

Ce document définit les éléments essentiels qui constituent la base sur laquelle nous nous regroupons pour fonder notre parti. Il est le résultat, avec ses forces et ses faiblesses, ses imperfections de forme, d’un large travail d’élaboration collective à partir des centaines d’amendements proposés à l’issue des discussions au sein des comités, ébauche de la démocratie vivante qui nourrit le processus dans lequel, tous ensemble, nous nous engageons.

Ce n'est pas un programme complet, détaillé, un “ manifeste ”, mais il résume les références qui sont les nôtres : la critique radicale de la société actuelle, avec laquelle nous voulons rompre, critique qui pose les principes de la société que nous voulons et la stratégie pour y parvenir. Ces principes constituent notre carte d’identité politique : la seule réponse à la crise globalisée du capitalisme, le combat dont dépend l’avenir de l’humanité, c’est le combat pour un socialisme du 21e siècle, démocratique, écologique et féministe. 
 

1 - Le capitalisme met l'humanité et la planète en danger ajouter : état des lieuxar14-15)

Le système capitaliste génère des crises qui se conjuguent : crises alimentaires, économiques, écologiques, énergétiques, financières, sanitaires, sociales, tensions internationales et guerres, dont les conséquences sont toujours dramatiques.

La mondialisation marquée par une offensive des classes dominantes contre les travailleurs et les peuples pour augmenter les profits aboutit à une crise profonde et structurelle du mode de production capitaliste lui-même.

Depuis les années 1980, elle aggrave l'exploitation, la concurrence entre les travailleurs dans le cadre d'une plus grande division internationale du travail, creuse les inégalités de toutes sortes, perpétue le pillage des peuples dans le cadre des rapports impérialistes, épuise les ressources et détruit la planète.

Les ravages de la domination du capital donne toute son actualité à l'alternative “ socialisme ou barbarie ”.

Au nom du profit, les capitalistes organisent la surproduction de marchandises inutiles et/ou nocives, alors que plus de trois milliards d'habitants de la planète, soit près de la moitié de l'humanité, vivent avec moins d'un euro par jour. Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles et 970 millions souffrent de malnutrition. Selon le directeur de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), il suffirait de 20 milliards d'euros par an pendant 15 ans pour en finir avec l'insécurité alimentaire alors que des milliers de milliards de dollars sont engloutis pour renflouer les spéculateurs.

La concentration de gaz à effet de serre a déjà conduit à un réchauffement climatique dont la tendance est toujours à la hausse, au point que les prévisions s’emballent, que des points de non-retour peuvent être rapidement atteints avec des dérèglements impossibles à contrôler mais dont les conséquences sont déjà là et vont s’aggraver : inondations pour les uns, sécheresses pour les autres, tempêtes dévastatrices, bouleversements et disparition d'un nombre croissant 'espèces vivantes, destruction de la biodiversité, crises agricoles. Le productivisme capitaliste entraîne, par la pollution de l'air, de l'eau, des produits alimentaires, une dégradation de la santé de la population.

Ce sont des millions de personnes dont l’existence même est directement menacée, en premier lieu les populations les plus pauvres qui sont pourtant les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre pouvant entraîner des migrations massives de population.

Le nucléaire civil, imposé comme alternative énergétique, et le nucléaire militaire constituent des menaces d’ampleur pour l’environnement, la santé et la sécurité des travailleurs, des populations et des générations futures. 

Ces constats suffisent à eux seuls à illustrer l'ampleur de la facture sociale et écologique de l'organisation capitaliste du monde, où même la spéculation sur les droits à polluer est légalisée. Ils suffisent aussi pour invalider le discours des partisans du système qui consiste à considérer que le progrès, par petites touches successives, génère une amélioration générale des conditions de vie et une réduction des inégalités. Au contraire, même en période de croissance, les inégalités explosent.

En France, les 10 % les plus riches possèdent 46 % de la fortune nationale alors que, selon l’INSEE, près de 7,9 millions de personnes vivaient en 2006 en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 880 euros par mois. Au cours des 20 dernières années, les inégalités et le nombre de pauvres ont augmenté dans les deux tiers des pays de l’OCDE.

La logique du profit est indissociable d’une marchandisation toujours plus importante de toutes les activités humaines (notamment dans les services publics à travers l’AGCS). Elle s’accompagne d’une mise en concurrence des territoires, des institutions, des individus, concurrence destructrice des liens sociaux et des solidarités, qui exclut, brise la vie des travailleurs. 

Les conditions de vie se dégradent. Les patrons licencient à tour de bras, accroissent la concurrence à l’échelle mondiale entre travailleurs en vue d'obtenir les salaires les plus bas possible, démantèlent le droit du travail. La précarité explose. Les sous-contrats précaires se multiplient, éparpillent les travailleurs dans de nouvelles cases sociales et éclatent le monde du travail : CDD, stagiaires, chômeurs, emplois aidés, temps partiels imposés, intérimaires, RSA, etc. La flexibilité et l'intensification des rythmes génèrent une dégradation des conditions de travail (souffrance, accidents, maladies professionnelles, suicides).

Les services publics sont démantelés ; leurs secteurs les  plus  rentables sont privatisés.La recherche constante de nouveaux marchés a imposé un modèle insidieux et manipulateur basé sur la consommation. L’individu est ainsi soumis à la création d’incessantes nouvelles sollicitations qui génèrent à la fois frustration et dépendance au système.

La protection sociale recule. Le droit à la retraite est remis en cause. L'environnement se dégrade au point que la catastrophe écologique menace.

C'est la recherche effrénée de profits par une infime minorité de la population qui est à la racine de cette crise.

La banqueroute actuelle est la conséquence logique d'un système en faillite. Elle est le produit de la contradiction entre le développement sans limites du crédit, l'économie d'endettement, et le marché d'autant plus limité que les classes dominantes, à la recherche de la rentabilité maximum, entretiennent le chômage de masse, la précarité, bloquent les salaires...

Cette logique est celle de la lutte menée avec cynisme par la bourgeoisie de la finance, des affaires, des multinationales, des banques, les spéculateurs, leurs alliés politiques, les gouvernements, les institutions internationales à leur service (FMI, OMC, UE, BCE, Banque Mondiale) autant d'adversaires qu'il faut combattre à l'échelle nationale, européenne, internationale.

À l’évolution du capitalisme et l’extension de la sphère marchande à l’ensemble de la planète, correspond une crise écologique sans précédent. Si des sociétés humaines ont déjà eu à faire face à des crises environnementales du fait d’une utilisation non rationnelle de leurs ressources, c’est la première fois qu’une crise prend une telle ampleur, qu’elle concerne désormais tous les habitants de la planète et qu’elle amplifie d’autant les inégalités sociales.

Dans ce cadre de la mondialisation capitaliste, loin d'aller vers la paix, on assiste aussi au surarmement, à l'exacerbation des tensions et des conflits internationaux. De l'Irak à la Géorgie en passant par l'Afghanistan, l'Afrique et la Palestine, les puissances impérialistes dont la France imposent leur domination aux peuples, le contrôle des sources d'approvisionnement, des matières premières, du pétrole... au grand bénéfice des multinationales dont celles de l'armement. Cette politique d'agression a pour effet de favoriser une montée du nationalisme, des intégrismes religieux et des logiques communautaires, instrumentalisés pour diviser les peuples.

Ainsi, les anticapitalistes d’un pays impérialiste doivent avant tout lutter contre leurs capitalistes nationaux, leur propre État impérialiste et son armée. C’est dans ce sens que nous soutenons l’expropriation, par les travailleurs et le peuple du pays concerné, des entreprises françaises qui exploitent les travailleurs et les ressources des pays opprimés. Et que partout où l’armée française (ou d’autres pays impérialistes) est présente, nous soutenons les résistances populaires et la défaite militaire des armées impérialistes.

La paix est incompatible avec ce système : “ le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ” (Jean Jaurès).

Cette politique est celle que dictent les classes capitalistes à tous les partis et gouvernements, de gauche comme de droite, qui s’adaptent et se plient à l’économie de marché, ou la prônent, comme aux exigences du maintien du système d’exploitation. Elle s'accompagne d'une volonté d'étouffer la démocratie. La population ne peut exercer aucun contrôle sur les politiques qui sont menées et les élus qui les mettent en œuvre avec la complicité des médias et de la presse détenus par quelques grands groupes au service de l’idéologie dominante. 

Nous utilisons, défendons et faisons vivre les droits démocratiques pour mener le combat politique. Il n’est pas possible de mettre l'État et les institutions actuelles au service d’une transformation politique et sociale. Ces organismes, rodés à la défense des intérêts de la bourgeoisie, doivent être renversés pour fonder de nouvelles institutions au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population. La violence du capitalisme, c’est aussi la justice de classe, la violence policière. De la révolte des banlieues à la répression des manifestations de jeunes ou de travailleurs, en passant par la criminalisation des enfants de sans-papiers et de tous ceux qui luttent contre le système, partout police et justice défendent cette société d’oppression. 

La logique du système invalide les prétentions de le moraliser, de le réguler ou de le réformer, de l'humaniser, qu’elles soient sincères ou hypocrites. La logique du système contribue par là même à créer les conditions de son renversement, d’une transformation révolutionnaire de la société, en démontrant quotidiennement à quel point il est vrai que le bien-être, la démocratie, la paix sont incompatibles avec la propriété privée des grands moyens de production.  

 

2 - Un autre monde est possible : le socialisme du 21e  siècle 

La grande majorité de la population est constituée de travailleurs, manuels ou intellectuels : celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à mettre en œuvre, le plus souvent contre un salaire, qu’ils/elles aient un emploi ou en soient privés, qu’ils/elles soient actifs ou en retraite. L’écrasante majorité des jeunes en formation est destinée à rejoindre cette classe des travailleurs. 

Pour les salariés et l'ensemble de la population exploitée, il n'y a pas d'autre solution que de s'attaquer à la racine même de ce système entré en faillite. Il n'y a pas un “ bon ” capitalisme productif, qui s'opposerait au capitalisme financier qui l'aurait perverti. Capital industriel et capital de placement financier sont depuis très longtemps interpénétrés. La mondialisation capitaliste a été la réponse des bourgeoisies des pays développés à la chute des taux de profit qui s'est produite lorsque le boom d'après-guerre a pris fin.  

Au cours des trois dernières décennies, le monde du travail a subi une diminution croissante de ses revenus au bénéfice des actionnaires (en 1982, les dividendes aux actionnaires représentaient 4,4% de la masse salariale ; aujourd’hui, 12,4%). De ce fait, il est de plus en plus difficile aux capitalistes de trouver pour leurs produits des marchés solvables. Cette situation les a poussés à tourner toujours plus de capitaux vers la spéculation, ce qui a aggravé la tendance naturelle du capitalisme à la financiarisation. 

Se donner pour perspective le retour hypothétique à un capitalisme plus “ humain ” serait donc tout sauf réaliste. La période des “ Trente Glorieuses ” reste dans les mémoires comme celle où les prétentions du patronat avaient été limitées et encadrées, mais cette situation résultait avant tout d'un rapport de forces, construit à travers de grandes luttes de classe et des révolutions. Sans compter que pour en arriver là, il avait fallu en passer par les souffrances de la grande dépression des années 1930 et par les horreurs du fascisme et de la guerre. 

En finir avec les crises implique d'en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication, qui en constitue la base. Le système financier, les services essentiels à la vie, les grandes entreprises devront passer sous le contrôle des salariés et de la population, qui en assumeront la propriété et en assureront la gestion dans le cadre d'une planification démocratique. Libérées de la propriété et de l'appropriation capitalistes, la production et la répartition des richesses pourront bénéficier à la société tout entière. Se nourrir, se chauffer, se loger, se soigner, s'éduquer, se cultiver, se déplacer sont des besoins essentiels qui doivent être garantis pour toutes et tous. 

Le socialisme, l’écosocialisme, c'est le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines et à tous les échelons de la vie politique, économique et sociale. C'est la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins. Une telle réorganisation de l'économie et de la société suppose un premier niveau d'émancipation du travail, indispensable afin que les collectifs de travailleurs/euses et de citoyen-ne-s puissent prendre réellement en charge la marche des entreprises et la gestion des affaires publiques. Une réduction massive du temps de travail, rendue possible par les progrès technologiques, auxquels s'ajouteront la suppression du chômage et la répartition entre toutes et tous du travail nécessaire, pourvoira à ce besoin. 

Sans avoir l’illusion qu’une société libérée de l’exploitation et de l’oppression peut éviter toute maladie, infirmité ou problème de santé, le droit à la santé pour lequel nous combattons consiste d’abord à prévenir les causes d’un mauvais état de santé liées à une société fondée sur la recherche du profit maximum : accidents de travail, stress dû au travail, expositions aux produits toxiques, à une alimentation de mauvaise qualité, à la pollution… 

Comme les autres productions humaines, les productions culturelles et artistiques ne sont pas autonomes. Elles sont traversées de tensions idéologiques et politiques. Une critique radicale du système capitaliste, sérieuse et cohérente, ne peut se faire sans critique radicale de la culture, de l’art et des médias puisqu’ils sont les verrous de l’idéologie dominante et, par conséquent, un obstacle important à l’émancipation de toutes et tous. La société libérée du capitalisme garantira l’accès de tous les individus à ces productions et mettra fin à leur marchandisation. La réappropriation démocratique de la culture, de l’art, des médias est un enjeu de premier ordre. 

Le socialisme n'a évidemment rien à voir avec les politiques capitalistes des formations social-libérales telles que, en France, le parti dit “ socialiste ”. De même, il s'oppose radicalement aux dictatures bureaucratiques qui, de l'ex-URSS à la Chine, en ont usurpé le nom, alors même qu'elles reproduisaient des mécanismes d'exploitation et d'oppression qu'elles prétendaient combattre et favorisaient les pires travers productivistes. Nous voulons avancer vers l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société, et cela implique les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives. Les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées. Le socialisme, c’est bien le règne de la démocratie la plus réelle et la plus étendue.  

Pas plus qu’il n’y a de bon capitalisme productif, il ne peut y avoir de bon “ capitalisme vert ”. Parce qu'elle seule rendra possible des choix économiques démocratiques et rationnels, pris dans l'intérêt du plus grand nombre, la rupture avec le capitalisme est une condition nécessaire afin de stopper la crise écologique dont les effets catastrophiques commencent à se multiplier. Dans le cadre d'une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l'utilité sociale et non plus le profit, les producteurs et les citoyens, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux : c’est un écosocialisme. Seule une société délivrée de la dictature du capital sera en mesure de réconcilier l’être humain et la nature. 

Nous voulons construire un système d'organisation collective qui favorise et encourage l'épanouissement individuel de toutes les personnes, “ une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ” (Le Manifeste communiste de Marx et Engels de 1848), où l’être humain soit considéré comme une fin et non plus un moyen. Le système capitaliste s’appuie sur un ensemble de normes de domination et sur la hiérarchisation des populations ; les minorités sont ainsi confrontées aux pressions morales, à la stigmatisation, au rejet ainsi qu’aux violences verbales, morales et physiques lorsqu’elles refusent d’obéir à ces normes et de se conformer à l’ordre établi. Le socialisme implique la fin de toutes les oppressions, de tout racisme et de toute discrimination ; le respect des cultures, des langues, des orientations sexuelles, des opinions philosophiques, religieuses, de la laïcité des administrations et pouvoirs publics. 

En particulier, il implique la fin de l'oppression spécifique des femmes, antérieure au capitalisme mais que ce dernier a intégrée et instrumentalisée à ses propres fins. On retrouve cette oppression dans toutes les sphères de la société et elle traverse toutes les classes sociales, sous des formes diversifiées. L’oppression des femmes s’imbrique aux autres types de domination : l’exploitation de classe, le racisme, ou la violence contre les individus qui ne correspondent pas aux normes hétérosexistes. Aucun être humain ne sera libre si la moitié de l'humanité reste dans une position subordonnée, victime de la division sexuée du travail, des discriminations dans l'entreprise ou dans la vie politique, de la double journée de travail, de la famille patriarcale, des violences dans le cadre domestique, au travail, dans la rue, etc. La lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste. Il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes. Et la libération des femmes, notamment des milieux populaires, nécessite la fin du règne de la loi du profit et l’existence d’une nouvelle société fondée sur la satisfaction des besoins sociaux.  

Le socialisme est nécessairement internationaliste. Il implique la fin des rapports d'exploitation et de subordination impérialistes, tels que la France néocoloniale les maintient en Afrique, en Outre-mer et ailleurs. Il reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples, comme à la souveraineté alimentaire, à l’accès à l’eau, c’est-à-dire le droit de chaque peuple de décider lui-même de son avenir, et soutient les luttes de libération nationale des peuples opprimés, à commencer par ceux des dernières colonies françaises. Nous savons aussi qu'il ne pourra pas être construit en restant à l'intérieur des frontières hexagonales. Toute victoire anticapitaliste en France ou dans un pays voisin aurait immédiatement vocation à s'étendre en Europe et plus largement dans le monde. 

 

3 - Nos vies, pas leurs profits 

Par les objectifs que nous proposons dans les luttes d’aujourd’hui, nous voulons répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques.

Ce n’est pas un programme minimum au rabais, mais une série d’objectifs de mobilisation, des mesures qui remettent en cause le système et préparent le socialisme que nous voulons. 

Nous défendons un programme d’urgence qui, pour répondre aux besoins immédiats, met en question la propriété capitaliste des moyens de production, attaque le capital et ses profits pour augmenter les salaires, les pensions de retraite, les minima sociaux et pour satisfaire les besoins de la population.

Ce programme insiste sur l’appropriation sociale du produit du travail par l’expropriation sans indemnisation des grands groupes capitalistes à commencer par ceux du CAC 40, des services et branches essentiels sous le contrôle des salarié-e-s et de la population.

Certains domaines doivent être considérés comme des biens publics communs et mondiaux : santé, éducation, eau, énergies, transports, télécommunications, poste, enfance et quatrième âge. Ils doivent être des services publics, gérés et contrôlés par les salarié-e-s et les usager-e-s dans l’unique objectif de satisfaire l’ensemble des besoins sociaux de toutes et de tous, à égalité d’accès et de prestations.  

Le travail n'est pas une marchandise, les salarié-e-s ne sont pas des variables d'ajustement, les licenciements doivent être interdits sous peine de réquisition sans indemnités des entreprises qui licencient. Le salaire doit être maintenu en période de maladie, comme en période de chômage, à la retraite ou en formation, grâce à une protection sociale intégrale.  

Pour nous la démocratie ne s’arrête pas à la porte des entreprises, c’est aux salarié-e-s de décider de leurs conditions et de leur organisation de travail.  

Le travail tel qu’il est organisé aujourd’hui use et porte atteinte à la santé des salariés. Le chômage de masse ne profite qu’aux patrons : réduction et partage du temps de travail jusqu’à abolition du chômage.  

L’écologie, le féminisme, les luttes LGBTI, l’antiracisme, l'antifascisme, l’internationalisme, la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’oppression, d’exclusion des personnes handicapées, des malades, la solidarité entre les générations ne sont pas des postures de seconde importance, mais sont au cœur de notre projet. 

L’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la nature et par conséquent de toute forme de productivisme. Sur les questions climatiques, énergétiques et alimentaires, inverser la logique de destruction de la planète exige une planification démocratique. En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire.

L’eau, l’air, la terre et le vivant sont des biens communs non privatisables.

La maîtrise de leurs usages doit être au cœur de nos préoccupations.

Pour cela, les transports, l'eau, l'énergie, doivent être gérés par des services publics contrôlés par les salarié-e-s et les usagers, pour satisfaire les besoins sociaux, économiser les ressources et préserver l'environnement.

Nous luttons pour une sortie rapide de l’utilisation de l’énergie nucléaire.  

L'agriculture n'a pas échappé aux effets dévastateurs du capitalisme en sacrifiant les paysans partout dans le monde au profit de l'agro-business et des spéculateurs de l'agriculture.

Il est urgent de mettre en place la souveraineté alimentaire, de redonner au territoire agricole sa vocation de production de biens alimentaires sains et de qualité, d’aménagement dans le respect de la terre et de l’espace rural.

Le maintien de paysan-ne-s, nombreux et vivant de leur travail dans une campagne vivante, favorisera la reconstruction du tissu social en milieu rural.

Le NPA s’oppose à toute production d’OGM. 

L’oppression capitaliste est particulièrement présente dans les quartiers populaires où sont concentré-e-s des habitant-e-s défavorisé-e-s souvent en partie d’origine immigrée, discriminé-e-s, stigmatisé-e-s, victimes de violences policières, et pas seulement les jeunes.

La lutte intransigeante contre toutes les formes de sexisme, d’inégalités et de violences faites aux femmes, pour le droit des femmes à disposer de leur corps (avortement et contraception libres et gratuits), pour le développement de services publics de qualité, pour une organisation de la société qui combatte l’oppression des femmes et la division traditionnelle des tâches, sont parties intégrantes de notre programme. Seule l’auto-organisation des femmes pour leurs droits, en convergence plus ou moins conflictuelle avec les différents mouvements sociaux, peut préparer et favoriser l’émergence d’une société débarrassée de la domination masculine. Néanmoins, on peut supposer que la lutte des femmes pour leur émancipation qui a franchi plusieurs siècles a encore de beaux jours devant elle, y compris dans le cadre d’une société socialiste.

Dans toutes les instances du parti, les femmes ont toujours l’option de se réunir de façon non mixte, si elles le jugent utile. Ce type de réunions ponctuelles ou régulières peut être un outil important pour le développement d’une culture anti-sexiste dans le parti.  
 

Nous luttons sans concession contre les oppressions, contre les discriminations et violences et oppressions vécues par les personnes lesbiennes, gays, bis, trans et intersexes. Nous revendiquons la pleine et entière égalité des droits pour les personnes LGBTI.

Ces oppressions expriment la haine des sexualités et des identités qui ne correspondent pas aux normes hétérosexuelles et de genre. 

Nous luttons contre les discriminations qui touchent les handicapés dans la vie sociale. Ils doivent avoir accès au travail, à l'école, à la formation, au logement, aux transports publics, aux soins, à la culture. 

Nous affirmons notre attachement au principe de la laïcité, en particulier la séparation rigoureuse entre les Églises et l'État. 

Nous défendons l'accès au savoir, à la formation, à l'éducation laïque gratuite pour tous les jeunes. Mais nous dénonçons un système scolaire et éducatif inadapté qui vise à formater idéologiquement et à assurer la reproduction des classes sociales.

L'accès de tous à l'éducation comme facteur d'émancipation ne se limite pas à augmenter les moyens, ni ne se décrète par des droits abstraits. Pour être effectif, il doit aussi s'accompagner de la possibilité pour chacun-e, quel que soit son âge, de mener des études, dans tout domaine vers lequel portent ses intérêts, et d’être débarrassé des contraintes financières ou de revenus qui entravent la liberté de chacun à poursuivre ou reprendre des études. 

Nous reconnaissons les langues dites minoritaires et la mise en place d’une politique visant à leur sauvegarde et à leur développement.  

Nous combattons l'oppression de la jeunesse, dans le cadre de la famille, dans le monde du travail. Les jeunes travailleurs subissent de plein fouet la hausse phénoménale de l'emploi précaire (CDD, intérim, stages non payés, temps partiel imposé, chômage). Cette situation est une réelle aubaine pour les entreprises qui trouvent à leur disposition une main-d'œuvre prête à accepter n'importe quelles conditions de travail et de rémunération, conséquence du rapport de forces favorable aux patrons.

Nous dénonçons les stigmatisations et discriminations dont sont victimes les jeunes issus des quartiers populaires et/ou enfants d’immigrés, désignés comme responsables de tous les maux.  

Se débarrasser du racisme suppose que les mobilisations et les mesures radicales contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et les discriminations qui en découlent soient à la hauteur du poison distillé au sein de la société.  Égalité des droits entre français et immigrés, dont le droit de vote, liberté de circulation et d’installation et régularisation de tous les sans-papiers. 

Le mode de vie des populations nomades doit être reconnu et accepté, le titre de circulation supprimé et le droit de vote leur être acquis.  

Le NPA soutient les formes d’auto-organisation d’opprimé-e-s, qui se réunissent au nom d’une oppression qu’elles/ils ont en commun pour la combattre jusqu’à sa disparition. Que cette oppression soit raciste, sexiste, homophobe ou xénophobe.  

L’antiracisme c’est aussi la transmission de l’histoire des peuples colonisés et de leur résistance.

Outre les autres formes d’oppression et d’exploitation, le NPA est radicalement opposé au colonialisme, à commencer par le colonialisme français, qui continue de sévir dans ses dernières colonies directes, que le pouvoir appelle officiellement “ DOM-TOM ”. Le NPA soutient le droit inconditionnel à l’autodétermination des peuples de ces colonies. Il soutiendra sans réserve les luttes de libération nationale des peuples concernés. Il développera des liens étroits de solidarité, dans le respect et l’égalité, notamment avec les camarades partageant l’essentiel de ses valeurs pour l’émancipation de l’humanité de toute exploitation et/ou oppression. 

Notre programme comporte aussi des exigences démocratiques radicales pour s’opposer aux excès et dérives des institutions répressives (police, justice, prisons, armée…), aux politiques sécuritaires et pénitentiaires qui criminalisent la pauvreté et le mouvement social, et pour lutter contre la logique croissante de surveillance, de contrôle et d’encadrement public. 

Nous voulons en finir avec les institutions antidémocratiques de la Ve République (révocabilité des élus, représentation proportionnelle dans les assemblées,...) .

Bien évidemment, les mesures que prendrait un gouvernement portant un programme de rupture s’inscrivent dans les mobilisations pour une autre Europe, une Europe en rupture complète avec les institutions de l’Union européenne, une Europe qui aurait pour objectif de satisfaire les besoins sociaux de la population et pour ambition de changer radicalement les rapports nord/sud.  

Développer des mobilisations et des luttes à l’échelle internationale est d’autant plus nécessaire que les capitalistes, eux, sont organisés à l’échelle internationale dans toute une série d’institutions qui jouent en rôle croissant contre les intérêts des salariés et des peuples : Banque centrale européenne, Organisation de coopération et de développement économique, Fonds monétaire international, Banque Mondiale, Organisation mondiale du commerce, OTAN....

Nous voulons en finir avec ces institutions internationales.  

Pour changer le cours de l’histoire, il faut que la majorité de la population, le prolétariat et les secteurs populaires dans leur diversité prennent conscience de leur force, en s’organisant sur le lieu de travail ou le quartier, dans un syndicat ou une association, comme au niveau politique, pour faire valoir ses droits démocratiques. Dans toutes ces structures, les militants du NPA se battent pour que soient promus l’unité dans la lutte et le combat anticapitaliste. Ceci en respectant scrupuleusement l’indépendance de ces structures.

C’est dans le mouvement social que progresse la prise de conscience, que l’idée d’un nouveau monde s’élabore, que la satisfaction des exigences populaires pose la question de qui dirige la société. La convergence de ces exigences pose la question du contrôle des travailleurs et de la population sur la marche des entreprises et de la société.  

Nous sommes en faveur de mobilisations les plus unitaires possibles, associant tous les courants politiques, syndicaux, associatifs du mouvement social.

Dans celles-ci, nous défendons le principe de l’auto-organisation : il est essentiel que ce soient celles et ceux qui agissent, qui décident de l’orientation, des formes de leurs luttes et de leur direction.  

C’est par le développement et la généralisation des luttes, des grèves généralisées et prolongées que l’on peut bloquer les attaques, imposer des revendications. C’est le rapport de forces issu de la mobilisation qui peut permettre la mise en place d’un gouvernement qui imposera des mesures radicales en rupture avec le système et engage une transformation révolutionnaire de la société.  

En finir avec le système capitaliste, suppose à la fois un bras de fer de longue durée, la force du nombre et une rupture avec l’État et les institutions dont il s’est doté, avec les institutions européennes et mondiales au service des classes dominantes.  

 

4 - S’organiser, agir, faire de la politique, un parti pour l'émancipation 

Le parti est un cadre collectif d'élaboration et d'action qui rassemble celles et ceux qui ont librement décidé de s'associer pour défendre un projet commun de société. Si nous décidons de nous constituer en parti, c'est parce que nous voulons agir de façon utile, structurée et cohérente. Sans nous substituer aux luttes sociales, nous devons les impulser, y participer pleinement, y proposer nos idées et y faire nos propositions d'action car nous savons que c'est par la mobilisation la plus large possible que l'on peut stopper l'offensive capitaliste, imposer des avancées sur le terrain social, démocratique et écologique, ouvrir la voie au socialisme.

Les partis de la gauche institutionnelle (PS, PC) et leurs alliés Verts ont abandonné depuis longtemps cette perspective. Le PS et le PCF n’ont plus de socialiste ou de communiste que le nom. Les Verts ont bradé leurs ambitions écologistes.

Au pouvoir, la gauche institutionnelle, dominée par le PS, tourne le dos aux aspirations populaires.

Dans l'opposition, elle n'organise pas la riposte contre les attaques de la droite et du patronat.

S'enfonçant dans la crise et perdant sans cesse du terrain électoral et militant, le PCF se laisse de plus en plus satelliser par le PS. Cependant il existe encore dans ce parti une force militante que nous retrouvons à nos côtés dans certaines de nos luttes.

Face à la crise exceptionnelle du capitalisme, refusant de rompre avec le système les réponses politiques de cette gauche ne peuvent être à la hauteur de l'enjeu.

Ces courants n’offrent plus ni projet émancipateur ni espoir, c’est pour cela qu’ils reculent.

La crise actuelle met ce phénomène en lumière mais il n'est pas conjoncturel, il renvoie à des raisons bien plus profondes : parce qu'il s'est adapté au néolibéralisme jusqu'à en épouser les thèses, parce que ses dirigeants ne se distinguent plus de la classe dominante, le PS a même renoncé à une politique de réformes progressistes dans le cadre du système.

Les contradictions inhérentes au système capitaliste et la crise actuelle rendent l’alternative évidente : se soumettre à la minorité des privilégiés ou rompre avec elle.

Dans et autour de ces partis de la gauche institutionnelle, nombreux sont celles et ceux qui n'ont pas renoncé à changer radicalement la société.

Avec eux, comme avec l’ensemble des travailleurs/euses, nous voulons construire sur d'autres bases, en rupture avec les capitulations et les reniements de cette gauche pour créer une nouvelle représentation politique des exploité-e-s, un nouveau parti anticapitaliste, un parti qui se bat jusqu'au bout contre le système, un parti pour la transformation révolutionnaire de la société.

Un parti n'est pas un but en soi. C'est un outil pour se rassembler, pour gagner en efficacité dans le combat collectif.

Deux tâches complémentaires se combinent : développer les luttes sociales, par la construction coordonnée d’un syndicalisme de classe et de masse, s’opposant ainsi à la collaboration des directions syndicales actuelles qui engendrent la désertion, par la participation aux formes d’organisation du mouvement social ; construire un parti politique pour défendre un programme global d’émancipation. 

Nous voulons que le NPA soit pleinement démocratique, à l'image de la société que nous voulons. Cela suppose que chacune et chacun y trouve sa place, quel que soit le niveau de son engagement. Cela suppose que nous soyons à égalité pour décider, que les instances dirigeantes soient clairement mandatées, dûment contrôlées et révocables, qu'une formation politique soit organisée, que la pluralité des points de vue soit garantie au même titre que le droit de la majorité à agir pour le compte de toutes et de tous.

Cela suppose aussi que notre parti soit un lieu d’éducation permanente de tous les militant-e-s, un lieu d’éducation populaire qui préfigure la société que nous voulons construire. Cela suppose enfin que notre parti soit un lieu de solidarité.

Tirant les leçons du passé, nous lutterons contre les processus de bureaucratisation qui sont la plaie des mouvements d’émancipation. Et notre vigilance commencera par s’exercer à l’intérieur du NPA. 

Nous voulons que le NPA soit efficace, utile tout de suite, présent sur tout le territoire dans les quartiers populaires, utile pour résister et lutter dans les entreprises, à la pointe du combat auprès de la jeunesse dont le dynamisme des luttes s'avère souvent précieux pour entraîner celle des travailleurs.

Nous participons aux luttes pour des réformes immédiates et nos réponses politiques partent des réalités du terrain, de tout ce que chacun-e vit au quotidien. Elles tracent en même temps les contours de la société que nous voulons, basée sur la satisfaction des besoins sociaux. Elles supposent donc la rupture avec le capitalisme et le “ tout marchandise ”. 

Nous participons aux élections pour défendre nos idées, pour rassembler très largement la population autour de notre programme. Nous défendons la proportionnelle intégrale et réclamons d'avoir un nombre d'élus conforme au poids que nous avons dans la société.

De la municipalité au parlement, nous soutiendrons toutes les mesures qui amélioreraient la situation des travailleurs, les droits démocratiques et le respect de l’environnement. Nous contribuerons à leur mise en œuvre si les électeurs nous en donnent la responsabilité. Mais nous resterons fidèles à ce pourquoi nous luttons et ne participerons à aucune coalition contradictoire avec ce combat.

Nos élu-e-s refusent de cogérer le système. Ils s'opposent avec ténacité aux mesures antisociales et défendent bec et ongles, en toute indépendance des majorités de droite ou social-libérales, les intérêts des travailleurs et de la population.

À l’échelle nationale, l’application d’un tel programme impliquerait la confrontation avec les classes dominantes, et exigerait une formidable mobilisation populaire, susceptible de faire émerger de nouvelles formes de pouvoir qui donneraient à un gouvernement anticapitaliste les moyens de sa politique.

Une domination de classe ne peut pas être éliminé par voie de réformes. Les luttes peuvent permettre de la contenir, de lui arracher des mesures progressistes pour les classes populaires, pas la supprimer.  En 1789, la domination de la classe privilégiée de l'Ancien Régime n'a pas été abolie par des réformes. Il a fallu une révolution pour l'éliminer. Il faudra une révolution sociale pour abattre le capitalisme.

Elle implique donc nécessairement un changement des rapports de propriété, social et institutionnel, qui rejaillit sur tous les aspects de la vie en société.  Notre choix pour y parvenir mise exclusivement sur l’expression et la mobilisation majoritaire. Tout en annonçant clairement à l’avance que nous chercherons à organiser l’auto-défense des travailleurs, pour que le coup d’État militaire et la répression massive qui ont eu lieu au Chili en 1973 ne puissent pas se reproduire. “ L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ” (Marx dans Le Manifeste communiste) reste notre boussole. D’une manière générale, ce sont les forces de la réaction qui imposent la violence. Notre choix est celui du nombre, des formes de lutte qui rendent les revendications légitimes et populaires, sans hésiter à sortir du cadre étriqué de la légalité pour obtenir satisfaction, en tenant fermement les piquets de grève, en réquisitionnant les logements vides, en cachant les sans-papiers pourchassés, en désobéissant face à l'intolérable...

L'objectif de notre parti n'est pas de prendre le pouvoir par et pour lui-même. Nous combattons dès maintenant et partout pour l'auto-organisation des luttes afin de préparer le renversement de la société capitaliste et l'autogestion par les travailleurs et la population.

Nous voulons que le NPA fasse vivre le meilleur de l'héritage de celles et ceux qui ont affronté le système depuis deux siècles, celui de la lutte des classes, des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires.

Un parti qui hérite des luttes démocratiques et antifascistes. Un parti qui garde la mémoire des combats contre les dérives autoritaires et bureaucratiques qui ont terni les espoirs émancipateurs. Un parti qui se nourrit du féminisme, de l’anticolonialisme, de l’antiracisme comme des luttes contres toutes les discriminations. Un parti qui donne une tonalité clairement anticapitaliste à l’écologie politique radicale et une tonalité clairement écologiste à l’anticapitalisme. Un parti soucieux des aspirations individuelles à la reconnaissance et à la créativité face à l’uniformisation marchande de la vie quotidienne.

Ce parti anticapitaliste que nous construisons s’inscrit dans la continuité de celles et ceux qui ont cherché, avec ou sans succès, à renverser l'ordre établi ou à résister à l'oppression.

Ce parti porte l’espoir d’une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions. Quand l'histoire s’accélère, que les gouvernants perdent leur légitimité, que de larges secteurs populaires perdent patience, comme en juin 36 ou en mai 68, nous voulons construire le parti qui renforce les chances de gagner. Pas un parti qui se substitue mais un parti qui porte la volonté de millions d'individus, un parti qui propose des initiatives susceptibles de favoriser la rupture.

L'exploitation, l'oppression, les discriminations, la destruction de l'environnement, sont des phénomènes mondiaux, le résultat de politiques qui s’imbriquent les unes dans les autres. Nos adversaires, les capitalistes, se moquent des frontières. Ils parlent les langues du monde entier. Ils sont très bien organisés et pour les combattre, il faut nous organiser avec autant d'efficacité. Notre parti cherche à se lier à toutes les forces qui, dans le monde entier, luttent avec le même objectif. C'est pourquoi le NPA engagera le dialogue et des collaborations politiques avec les autres forces anticapitalistes et révolutionnaires dans le monde dans la perspective de la constitution d'une nouvelle internationale. 

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"La "Ligue", une école qui a marqué la gauche" (Le Monde)

15 Février 2009 , Rédigé par NPA-27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

"La "Ligue", une école qui a marqué la gauche"
 (Le Monde)

Quarante ans après sa fondation, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) va disparaître, jeudi 5 février, lorsque ses militants voteront sa dissolution avant de se fondre dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). "Une page se tourne, c’était un outil, on passe à autre chose", assure Alain Krivine, son porte-parole. Une page qui a marqué l’histoire de la gauche en France, bien au-delà des rangs de l’extrême gauche. La "Ligue", c’est une tradition politique, un savoir-faire et une mythologie qui a eu ses faits de gloire et ses héros.

C’est en 1966 qu’un petit groupe de militants exclus de l’Union des étudiants communistes puis du PCF crée la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Partis à quelque 150, ils sont emmenés par Alain Krivine, jeune professeur d’histoire, Daniel Bensaïd, étudiant à la fac de Nanterre, et Henri Weber, étudiant en philo. Ces trois-là ont entre 20 et 25 ans et viennent de rejoindre le Parti communiste internationaliste, section de la IVe Internationale, un groupuscule fidèle à Léon Trotski. Cette poignée d’agitateurs va se retrouver aux premières loges en Mai 68. Ils y mettront en pratique leur leitmotiv : pousser à la "grève générale" et à la "jonction avec la classe ouvrière". Daniel Bensaïd disputera alors la popularité dans le "mouvement" à Daniel Cohn-Bendit. Ses activités vaudront à la jeune organisation sa dissolution en juin 1968 et à Alain Krivine d’être emprisonné le temps d’un été. A l’automne, les jeunes révolutionnaires donnent naissance à la LCR et à son hebdomadaire Rouge.

Suivront alors ses années de hauts faits. La "Ligue" était partout où s’exprimait "le mouv’", entre le "candidat-soldat" Krivine à l’élection présidentielle de juin 1969 (1,1 % des voix), les comités de soldats - parce que "sous l’uniforme, on reste un travailleur" -, la contre-manifestation armée pour empêcher un meeting d’Ordre nouveau en juin 1973, puis les groupes femmes et les manifs homo... jusqu’à l’élection de François Mitterrand, en 1981, jugée "période prérévolutionnaire". Avec ses pseudonymes obligatoires, ses "écoles de formation" où s’enseignaient les rudiments de la révolution permanente, ses rendez-vous secondaires pour échapper aux filatures, la LCR séduisait du monde. Ses effectifs atteignaient péniblement les 2 000 en période faste, mais l’organisation a vu passer une bonne partie de ce que la jeunesse intellectuelle a pu produire de publicitaires, de journalistes, de profs de fac... et de politiques. Il n’est aujourd’hui pas un courant au PS qui ne compte ses "ex" : Henri Weber, mais aussi Julien Dray, François Rebsamen, Sophie Bouchet-Petersen, Laurence Rossignol, Gérard Filoche, David Assouline... " On n’a pas arrêté de construire les autres partis par procuration", remarque un ancien.

Jeudi 5 février, Rouge publiera son dernier numéro, une édition spéciale consacrée au nouveau parti. Les archives seront déposées à la BDIC, un livre de mémoire collective est prévu... Celui sur le NPA est déjà publié (L’Incroyable Histoire du Nouveau Parti anticapitaliste, de François Coustal, Demopolis, 14 euros). Toutes les traces publiques de la LCR auront disparu. "La Ligue a été dissoute deux fois par le pouvoir, en 1969 et en 1973. Cette fois-ci, c’est nous, et sans nostalgie !", rigole Alain Krivine.

Le constat est un peu osé car, dans l’organisation, la mutation n’est pas passée sans grincements. Départs sur la pointe des pieds, claquements de porte ou batailles d’amendement dans les congrès locaux pour tenter de maintenir - un peu - ce qui fut l’identité de la LCR... ils sont nombreux chez les anciens, ceux qui ne digèrent pas de voir "brader l’orga en quelques heures". "Fermer une boutique qui a quarante ans d’âge demande plus de soin", critique Christian Picquet, représentant de la minorité. Olivier Besancenot n’en a cure. Il a déjà adopté le slogan de ses aînés : "Ne te retourne pas camarade, le vieux monde est derrière toi."

Sylvia Zappi

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Intervention d'Yvan, ouvrier révolutionnaire de Peugeot, au meeting d'Olivier Besancenot à l'Université d'été de la LCR/NPA

5 Septembre 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Intervention d'Yvan, ouvrier révolutionnaire de Peugeot, au meeting d'Olivier Besancenot à l'Université d'été de la LCR/NPA

Texte dit par Yvan au meeting d'Olivier Besancenot à l'Université d'été de la LCR/NPA le samedi 23 Août 2008/
(Et plus de détails ici :
http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf
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http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf%29> )
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http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf%29>
 
Bonjour, je m'appelle Yvan, je suis ouvrier révolutionnaire et je travaille en chaine depuis 12 ans chez Peugeot à Mulhouse où travaillent 10 000 salariés.
 
C
omme vous le savez, 5 camarades de travail se sont suicidés sur les derniers mois dans l'entreprise, 3 autres ont fait une tentative et je ne peux toujours pas parler de ça sans être submergé par l'émotion et la colère.
 
L'émotion, parce que sans bien connaître ces camarades personnellement, ils étaient proches de nous à l'usine, car la souffrance qui a provoqué leur geste est aussi la notre. Leur mort nous fait mal, elle est comme un coup de poing dans la figure qui nous rappelle notre servitude, notre condition commune d'opprimés, d'exploités, d'ouvriers.
  
Ceux qu'on honore aujourd'hui, ce sont certes des jeunes de milieux populaires. Mais ce sont ceux qui ont cru pouvoir échapper à l'exploitation en défendant le drapeau français en Afghanistan. Et c'est pour l'impérialisme français qu'ils sont morts, pour la cause de ceux qui oppriment les travailleurs tout comme les peuples pauvres. C'est pourquoi Sarkozy a été leur rendrhommage là-bas. Mais, moi, aujourd'hui, je voudrais rendre hommage à tous les camarades que l'exploitation capitaliste tue tous les jours ici et là-bas, dans le silence et le mépris et tout particulièrement à mes cinq camarades de l'usine pour qu'ils ne soient pas morts pour rien.
  
Je suis en colère parce que leur suicide a été comme un appel qui nous demande ce que nous faisons, nous, contre l'exploitation mais ce sont encore les serviteurs de cet ordre social capitaliste qui dans l'usine obligent chacun à baisser la tête, à accepter le fait comme une fatalité, à continuer le boulot comme si de rien n'était.
 
Malgré les quelques vagues qu'ont produit les gestes de nos camarades, ce sont les mêmes larbins ou leurs amis qui à l'usine et dans les médias font l'opinion et donnent à nouveau le ton dominant, le mépris de ceux qui travaillent. Ce sont ceux-là qui disent que pour gagner plus il faudrait travailler plus alors qu'ils protègent ceux qui n'ont jamais travaillé de leur vie.
 
En fait, pour eux, pour faire gagner plus les patrons, il faudrait crever plus... et en silence.
 
Eh bien non !
  
Je voudrais rendre cet hommage pour faire entendre et partager le cri de révolte de mes camarades et de moi-même mais aussi pour que ce soit un levier commun pour abattre le capitalisme. Et je voudrais enfin rendre cet hommage contre tous ceux qui disent qu'il n'y a plus d'ouvriers ni de classe ouvrière.
 
Depuis tout petits, nos parents ou à l'école, on nous dit qu'il faut tout faire pour ne pas être ouvrier, ne pas être productif. Ce une tare et une honte. Bien travailler à l'école nous permettrait, parait-il, d'échapper à cette déchéance.
 
Eh bien moi, je n'ai pas honte d'être ouvrier. Je ne dirais pas que j'en suis particulièrement fier mais je récuse toute la honte et l'indignité qui pèse sur notre condition. Et j'espère que le NPA saura agir de telle manière pour que tous mes camarades puissent relever la tête à chaque fois que le NPA se fera entendre.
 
Ce sont ceux qui boursicotent, s'enrichissent sur le dos des autres, les exploitent qui devraient être montrés du doigt, condamnés, mis au ban de la société pour parasitisme. Construire des voitures, des maisons, des routes des ponts, transporter les hommes, les nourrir ou les vêtir, bref participer à la production de ce qui est utile à la vie de tous, c'est ce que cette société dédaigne le plus.
 
Cette société marche la tête à l'envers.

Cette pression idéologique et sociale qui dévalorise, nie et méprise le travail productif, les travailleurs et en particulier les plus pauvres parmi eux, est considérable. Elle s'insinue dans tous les pores de la société jusqu'au sein du monde du travail lui-même.
 
Elle a un but : faire accepter les conditions de travail les pires, les salaires les plus bas et le travail comme une punition.
 
Vous n'imaginez pas comment cette pression se transforme à l'usine en un monde fou, détraqué, malade. Cette pression nous soumet et nous détruit physiquement mais aussi psychiquement. Elle nous use, nous humilie et nous infantilise. Nous n'y sommes plus considérés comme des hommes ou des femmes, tout au plus des robots et parfois pire.
 
Alors vous n'imaginez pas tout le mal que ça nous fait quand on entend dire qu'il n'y a plus d'ouvriers, de classe ouvrière ou que ces mots sont ringards et dépassés.
 
 
Les bourgeois nous nient et méprisent pour des raisons évidentes, les parents font ça pour essayer de faire échapper leurs enfants à l'exploitation. Ça se comprend !
 
Mais nous, nous n'avons aucune raison de nous inscrire dans ces discours.
  
Mépriser ceux qui produisent, c'est, sans s'en rendre compte, donner raison à l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est aussi faciliter les attaques contre les autres catégories sociales ; les fonctionnaires par exemple qu'on traite de fainéants, c'est-à-dire tous ceux qui, dans l'éducation, la santé, les transports ou les services travaillent pour la collectivité, se dévouent bien souvent sans compter pour rendre la vie des autres plus humaine. C'est mépriser aussi le dévouement des femmes et de leur double travail. C'est mépriser encore les immigrés qui font bien souvent les métiers les plus pénibles et les plus dangereux. C'est aider ceux qui veulent privatiser les services de santé ou d'éducation parce qu'il faudrait les rendre rentables. C'est faciliter
la tâche de ceux qui veulent faire rentrer cette idéologie du profit et de la rentabilité capitaliste dans tous les rapports humains y compris les plus personnels.
 
Je comprends bien sûr que certains peuvent se dire que la classe ouvrière n'est pas l'avenir, que c'est le passé, qu'elle n'existe même plus.
 
Le visage qu'en ont donné ses partis et syndicats toutes ces décennies à certes de quoi dégouter. Les uns ont participé aux gouvernements du capital pour y mener des politiques de régression sociale au nom du socialisme, du communisme et du mouvement ouvrier. Les autres n'apparaissent que pour donner une orientation corporatiste, émietté et sans efficacité aux luttes du mouvement ouvrier quand elles ne sont pas directement complices et acteurs mêmes des coups portés contre le monde du travail.
  
Alors je comprends que si on identifie la classe ouvrière au visage exécrable du stalinisme, à celui de la social-démocratie et de ses sales guerres coloniales ou encore aux politiques syndicales d'accompagnement du capitalisme, on soit tenté de chercher des solutions d'un autre côté.
  
Mais la classe ouvrière n'est pas représentée par ces gens-là et elle n'a plus de réelle représentation politique depuis des dizaines d'années.
 
Selon le Conseil économique et social, une personne par jour en France se suicide au travail. Et encore, ce chiffre est sous-évalué parce qu'en fait il n'y a pas vraiment de statistiques à ce sujet. Et puis surtout ce n'est que la partie visible de l'iceberg. 61% des français trouveraient leur travail stressant d'après une étude récente. Et avec les mesures Sarkozy de cet été qui permettent aux patrons de faire travailler jusqu'à 48 heures par semaine, ça ne va pas s'améliorer.
  
Les licenciements incessants depuis plus de 20 ans ont fait que nous produisons aujourd'hui toujours plus avec des effectifs toujours moindres. Le chantage à l'emploi est à la base de la résignation face à l'aggravation des conditions de travail. Les politiques des gouvernements de droite et de gauche depuis plus de 20 ans ont fait le reste : les protections sociales et les solidarités humaines ont
commencé à sauter.  
Ça se traduit dans mon usine, par le fait qu'après la chasse aux défauts dans la production, on est maintenant passé à la chasse aux temps morts. On ne compte plus en minutes sur les chaines mais en centièmes de minutes. Du coup on est occupé à 100%. Dans le passé, on pouvait s'entraider, aider ceux qui coulent en ligne. On avait le temps d'aller manger. Aujourd'hui la direction fait supprimer par exemple les chaises dans un secteur pour que les ouvrières ne puissent pas s'assoir entre deux voitures sans aucune autre raison que de mettre la pression. Quand il fait chaud l'été, la direction n'accorde plus d'arrêts chaleurs. C'est une vraie bagarre pour être remplacés quand on demande à aller aux WC et on est sanctionnés si on quitte le poste parce qu'on ne tient plus.
 
Les secteurs ou les postes pour les travailleurs anciens, usés ou handicapés qui existaient avant ont été supprimés. Des salariés avec de grosses restrictions médicales ont été reclassés en chaîne, des ouvriers proches de la retraite sont remis en ligne. Vieillir en chaîne est une terrible souffrance physique et morale. C'est une vraie torture. On voit sa résistance physique diminuer, on aurait besoin de plus de temps pour récupérer mais on en a moins. On dort dans le bus de transport, on attend la pause, les horaires de doublage deviennent insupportables, on voit des camarades qui meurent avant l'age, avant la retraite. On le prend pour soi comme un avertissement. C'est la hantise de ne plus pouvoir tenir le poste toujours plus chargé, d'être muté à un poste plus difficile et finalement de « pêter les plombs ». On attend alors la préretraite mais Sarkozy les supprime et rallonge le nombre d'annuités. On nous tue lentement. Notre espérance de vie est inférieure de 8 à 10
ans à celle des cadres. Mais dans le bâtiment, on est foutu à 50 ans.
Dans la chaudronnerie on a perdu son audition avant 40 ans. Mes collègues de travail autour de moi souffrent du dos, des articulations, du cœur et ont les organes digestifs bousillés. C'est un champ de bataille. Et je ne vous parle que de la France, pas du tiers monde où on peut commencer à travailler à 5 ans. En France on vient de l'autoriser à 14 ans.
 
 C'est pour ça qu'un de nos camarades, très proche de nous et de nos idées, usé et handicapé par le travail et qui devait être remis en chaîne a préféré boire du détergent industriel pour mettre fin à ses jours plutôt que de retourner à un poste en production.
  
Aujourd'hui on nous impose des méthodes dites japonaises. Ça s'appelle Hoshin, Apoqua, Apolo. Fini les coups de main, les blagues, les petits mots qui redonnent le moral. On a des postes standards. C'est-à-dire qu'on est soumis à des gestes standardisés comme des robots. Qu'on soit droitier, gaucher, petit ou grand, jeune ou vieux, il faut qu'on se soumette physiquement à des normes de gestes imposés. Soit disant calquées sur ceux du plus efficace. C'est une idiotie parce que noune sommes pas faits de la même manière et ça ressemble plus à une discipline faite pour nous soumettre. Mais c'est surtout une fatigue et une tension nerveuse importante supplémentaire. En perdant la liberté d'organisation de notre travail, on perd nos coups de main, notre savoir faire, nos petits trucs et on perd le peu de goût qui nous restait à faire du bon travail.
  
Notre camarade Maurice qui s'est pendu dans l'atelier de Mécanique et qui avait un poste de contrôle de la qualité et de la sécurité n'a peut être pas supporté la contradiction entre son souci du travail bien fait c'est à dire de la sécurité pour les automobilistes et les impératifs de productivité à tout prix qu'on lui imposait.
 
Il a laissé une disquette pour expliquer son geste. Son épouse qui l'a lue nous a dit que c'était ce qu'il avait dénoncé. Mais la direction a expliqué à la presse qu'il s'est suicidé parce qu'il avait des problèmes dans son couple et la disquette a disparu dans les mains de la gendarmerie .
  
Avec les méthodes dites japonaises, il faudrait signaler le moindre incident sur notre poste de production. Un cariste qui arrive en retard, le collègue précédent qui avait du retard, il faut dénoncer nos camarades. La maîtrise nous donne des /Projets individuels/ tels que dénoncer ceux qui n'ont pas leurs lunettes de sécurité. Celui qui ne se plie pas à cette délation obligatoire a son évolution de carrière bloquée. Tout le monde est mis en concurrence encourageant mensonges, fraudes, tricheries, injustices ou déloyautés pour parvenir à ses fins. En Mécanique les pièces avec défauts sont exposées aux vues de tous pour
mettre la pression. Il y en avait d'ailleurs tellement qu'il a fallu qu'ils renoncent. Mais personne n'est encouragé à dénoncer le poids que pèsent ces pièces, les tonnes qu'on soulève tous les jours, et les dos démolis qui en sont la conséquence, l'exposition permanente aux solvants de mastics ou de peinture, aux fumées de combustion, gaz d'essence ou de
diesel, poussières de peinture et d'amiantes qui sont facteurs de cancer. Aucune statistique sur les maladies n'est tenue à l'usine. Les causes de passage à l'infirmerie ne sont même pas utilisables. On ne peut pas faire le lien entre les maladies et l'exposition aux produits dangereux.
 
Le monde de l'usine est en dehors de tout et les règles les plus courantes de la société ne s'y appliquent pas. Pour le patron, les
dépressions sont liées à des caractères fragiles, les maladies ne peuvent être qu'individuelles et contractées à l'extérieur. Il ne se gêne pas pour faire lui-même le médecin ou se payer des médecins maison pour décréter qui est vraiment ou faussement malade. Et il fait bien sûr pression sur tous pour qu'ils viennent travailler en étant malades, avec des béquilles, une minerve ou un plâtre. Il envoie des lettres de menaces à ceux qui sont malades parce qu'ils perturberaient la production à cause de leurs absences, ce qui est une cause de licenciements.
 
Ce chantage ne gêne pas le patron.
 
Mais un de nos camarades au Ferrage qui s'est suicidé aurait reçu ce type de lettres
 
En plus de ça , le patron nous fait constamment la morale sur notre santé. Il ne faut pas fumer mais il nous fait travailler dans la fumée. Il ne faut pas boire mais on respire des alcools de solvants en veux tu en voilà. Il faut bien manger mais il ferme les selfs et on est réduits aux sandwichs et aux pizzas. Le patron met des affiches partout pour la prévention des accidents du travail mais il les dissimule ou les nie. Un camarade qui a eu un malaise cardiaque au travail et qui a été hospitalisé n'a pas été reconnu en accident du travail parce qu'il n'était pas tombé.
  
Mario qu'on connaissait bien et qui s'est suicidé était de ceux qui avaient le dos bousillé et de ceux aussi qui avaient participé ces derniers mois à notre lutte contre la fermeture des restaurants de l'entreprise.
  
Et puis la dessus il y a l'ambiance.
 
A l'usine, la direction interdit les postes de radios, il n'y a plus de nouveau secteur de l'emboutissage pour la 308. En plus de la charge de travail, il y a les déplacements sur le poste de travail. On a compté que ça fait parfois 10 Km à pied par jour. La direction a le cynisme de nous dire que ça nous fait comme une bonne ballade en forêt.
  
Pour un oui ou un non on est convoqués dans le bureau des chefs. Avant, pour un défaut de production, on avait une remarque du chef. Maintenant ils sont en train de mettre en place une espèce de tribunal où le fautif est convoqué devant le directeur, un aéropage de cadres et des spécialistes en tous genres. Dés que dans une équipe il y a une bonne ambiance, la direction la dissout et en mute ses membres aux quatre coins de l'usine. Les conversations sont surveillées. Les contacts avec les éléments douteux sont déconseillés. Les sanctions tombent pour un rien. Une engueulade un peu vive et c'est le risque d'être mis à la
porte. Quand il n'y a pas de sanctions directes c'est un harcèlement insidieux et permanent avec des menaces de mutations à un poste plus difficile, de sanctions voire de licenciement. Le temps passé aux WC est parfois chronométré quand on nous autorise à y aller. En mécanique les vestiaires sont surveillés pour qu'on n'y aille pas deux minutes plus tôt. Il est arrivé dans un secteur que les dates de menstruation des femmes soient exigées pour qu'elle n'en profitent pas pour rester plus longtemps aux toilettes.
 
Les trois camarades qui ont fait des tentatives de suicides ont porté plainte mais combien y en a-t-il d'autres ? Combien vivent une torture physique et psychique quotidienne ?
 
Alors je crois que le NPA doit faire entendre la souffrance de millions et de millions d'être humains exploités et soumis. En le faisant ici nous le ferons aussi pour le monde car l'exploitation est mondiale et la classe ouvrière aussi.
 
Il y a 40 nationalités dans la seule usine de Peugeot à Mulhouse. Nos révoltes passent d'un continent à l'autre sans être arrêtées par les frontières. L'écho de ce que nous faisons se fait entendre chez nos frères de Madrid, Varsovie mais aussi Dakar, Alger ou Istanbul.
 
Ce qui permettra au NPA de se développer c'est de redonner une représentation politique à la classe ouvrière. En relevant ce drapeau, nous transformerons la résignation des opprimés en vent de révolte et cette force d'émancipation entraînera toutes les catégories de la population.
 
La classe ouvrière est forte car elle est nombreuse et concentrée dans des villes et de grandes usines où se fabriquent les richesses. Et on peut être sûr aussi que tous les employés, ceux des services, les enseignants, les employés de la santé, ceux des transports, de la poste, du gaz, de l'électricité, des grands services publics comme des services municipaux retrouveront dans leurs luttes communes cette fierté de leur travail, du service qu'ils rendent aux autres qu'ils l'avaient montré dans la grande grève de 1995.
 
Nous saurons alors faire ensemble que ces valeurs deviennent dominantes dans l'ensemble de la société. C'est à partir de là, que tous les combats des autres opprimés trouveront toute leur efficacité c'est-à-dire leur dimension anticapitaliste et révolutionnaire ; les combats des femmes, des peuples opprimés, des minorités et de tous ceux soucieux de l'avenir de la planète ou qui cherchent une autre société où les êtres humains de toutes les couleurs et de toutes les nations coopéreront plutôt que de se faire la guerre, une autre société où lorsqu'on apprendra aux enfants à l'école qu'il a existé un monde où la
guerre et la misère étaient la règle, ils n'en reviendront pas que de telles atrocités aient existé.
 
Pour conclure, je dirais que dans la situation actuelle où les enseignants, les personnels de santé et la grande majorité de la
population salariée se prolétarise, dans la situation actuelle où on nous annonce une récession et où Sarkozy redouble ses coups contre le monde du travail, l'urgence sociale va prendre un caractère de plus en plus politique.
 
C'est pour ça que je crois que le NPA n'existera que s'il est capable de donner un visage et une expression aux prolétaires et à travers eux à tous les pauvres. Ils ont besoin d'un drapeau et d'une boussole. S'ils sentent que le NPA peut servir de pôle de regroupement, je suis sûr que nous trouverons alors dans la classe ouvrière, celle des usines et des chantiers mais aussi des services et dans la grande majorité du salariat et de la population des forces insoupçonnées de révolte, de jeunesse, d'énergie, de dévouement, d'enthousiasme et de détermination qui nous permettrons de balayer le capitalisme et toute sa pourriture.
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Le Revenu de solidarité active (RSA) : une réforme qui ne combat pas la précarité

29 Août 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

Le Revenu de solidarité active (RSA) : une réforme qui ne combat pas la précarité

 

Le gouvernement financera donc le Revenu de solidarité active (RSA) par un prélèvement de 1,1 % sur les revenus du capital. Le pire semble ainsi évité, puisque, à l’origine, le RSA devait être financé par une baisse de la prime pour l’emploi, les pauvres finançant ainsi les plus pauvres.Contrairement à ce que nous entendons, cette réforme est loin de taxer le capital mais surtout ne combat en rien la précarité .

Concernant le financement, le prélèvement envisagé va toucher de la même manière les gros épargnants et les petits.Concrètement, l’essentiel sera supporté par les « classes moyennes » et touchera peu les grosses fortunes. Si le gouvernement voulait vraiment taxer le capital, il aurait pu s’en prendre, par exemple, aux 100 milliards de profits dégagés en 2007 par les entreprises du Cac 40.

Au-delà du financement, la logique du RSA revient à entériner la précarité comme une fatalité à accompagner socialement et non à combattre. Le choix du RSA, c’est le choix d’une société où se développe le travail précaire et dans laquelle le nombre de travailleurs pauvres augmente.

Pour la LCR, une autre logique est possible : celle du travailler moins pour travailler tous et toutes, l’ augmentation pour tous de 300 euros net et aucun revenu ni minimas sociaux en- dessous de 1500 euros nets par mois mais aussi de refaire du contrat à durée indéterminée à temps plein la norme de l’emploi.

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"La LCR attire des couches populaires" : Entretien avec Florence JOSHUA du Cevipof (Le Monde)

25 Août 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #QUI SOMMES NOUS QUE VOULONS-NOUS

"La LCR attire des couches populaires, avec une part importante de personnes en contrat précaire"

 

Entretien avec Florence Johsua, doctorante au Centre de recherches politiques de sciences po (Cevipof). Publié dans le journal Le Monde du 24 aout...

Dans une étude publiée en décembre 2007, vous souligniez que la percée électorale d’Olivier Besancenot à la présidentielle de 2002 s’était traduite par un changement de profil des nouvelles recrues de la LCR. Cette tendance s’est-elle confirmée après 2007 ?

Le visage militant de la LCR s’est profondément modifié depuis 2002. La frange la plus importante des adhérents est désormais composée de "primo-militants", c’est-à-dire de personnes n’ayant jamais fait de politique. Ce rajeunissement s’est poursuivi après la présidentielle de 2007. La LCR a désormais une pyramide des âges inversée par rapport aux partis comme le PCF ou le PS : près d’un quart de ses militants ont moins de 30 ans et la moitié moins de 40 ans.

Sa composition sociale a aussi profondément changé. La LCR attire des couches plus populaires qu’auparavant, avec une part importante de personnes en contrat précaire (CDD, intérim ou en stage). La catégorie qui a explosé est celle des employés, qui compte désormais pour 25 % des effectifs - quasiment autant que les professeurs (28 %). Ce "tournant employé", comme je l’ai nommé, s’est accentué depuis deux ans. le parti attire les jeunes actifs déclassés, ces catégories populaires qu’on retrouve dans les études d’opinion favorables à Olivier Besancenot.

Quel est le profil politique de ces nouveaux militants ?

C’est une population révoltée, rejetant violemment la société dans laquelle ils vivent. Leur préoccupation première, c’est la justice sociale. Dans leur discours revient la volonté que tout le monde ait à manger, puisse se loger... Des revendications concrètes, à court terme.

C’est la gauche ouvrière. Ils ne viennent pas vers la LCR ou aux comités pour un nouveau parti anticapitaliste en attente du Grand Soir, mais pour changer le système le plus vite possible. Leur horizon de militantisme est assez court. Ces jeunes recrues n’ont aucune formation ni culture politique. Ils débarquent avec leur révolte brute.

Que veulent-ils ?

Ils ont des attentes extrêmement fortes d’efficacité immédiate. Le parti doit tout pouvoir prendre en charge et intervenir sur tous les terrains. Il est à la fois syndicat, association et parti politique.

Pour ces militants, la gauche, c’est eux. Ils haïssent le Parti socialiste, accusé de ne plus être de gauche ; quant au PCF ou aux Verts, ils ne font pas partie de leur champ de vision. S’ils se tournent vers la LCR, c’est qu’elle est la seule organisation qui défende une rupture radicale, qui ait une identité révoltée, à leur image.

Ces nouveaux militants sont impatients et veulent être sur tous les fronts. C’est un défi pour la LCR, qui va devoir trouver un mode de fonctionnement et un langage adaptés à ce public. Propos recueillis par Sylvia Zappi

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