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NPA 27 -  Eure

Articles avec #nouveau parti anticapitaliste tag

NPA: nouveau "sujet politique" dans le Tarn.

1 Juin 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

NPA: nouveau "sujet politique" dans le Tarn.

Dans le Tarn, les initiatives pour le nouveau parti anticapitaliste se multiplient ( 80 personnes).

 

C’est lors du meeting de Castres, avec AlainKrivine, le 15 décembre dernier, qu’un jeune couple (un instituteur et une fonctionnaire) a été persuadé que le projet d’un nouveau parti pour les luttes était à l’ordre du jour, même dans leur petit village de Damiatte, dans le sud du Tarn. À Gaillac, des militants syndicaux de l’ancienne interprofessionnelle de 1993 reprennent le flambeau ; un comité de plus de vingt personnes y est né en mars. Y participent des syndicalistes de SUD, des militants qui avaient fait la campagne Bové, des jeunes sans expérience militante, des jeunes précaires, enthousiastes grâce aux interventions d’Olivier Besancenot, un agriculteur, un membre du PCF.

Déjà, plus de 80 personnes ont participé à des réunions des cinq comités d’initiative, dont le dernier né se réunira une seconde fois, début juin, près de Lavaur. Des comités d’initiative ont également été constitués à Carmaux et à Albi. Le seul endroit important où il n’existe pas de comité est la ville de Castres, mais on espère bien combler ce « trou » après les assises nationales.

Dans les comités, les discussions expriment la révolte contre Sarkozy et son gouvernement aux ordres du Medef. Mais aussi la révolte contre ce capitalisme qui détruit la nature, qui est la cause directe des famines dans le tiers monde, ce capitalisme qui tient les gens par le piège de la consommation et où précarité et chômage augmentent sans cesse, tandis que les richesses s’accumulent dans la bourse des actionnaires. On se pose aussi la question des actions concrètes : la question du démantèlement de l’hôpital public se pose partout dans le département, la menace des OGM pèse, 1 500 hectares de maïs transgénique ayant été cultivés l’an passé. Deux thèmes autour desquels des actions concrètes seront possibles.

Alors, comment faire changer cet état de choses ? Ne faut-il pas, en premier lieu, travailler sur la conscience des gens, rechercher des formes économiques alternatives, ou participer avec d’autres composantes aux élections pour être une vraie force de proposition ? Toutes ces questions de stratégie s’invitent aux débats, et aussi : quelle société voulons-nous ? Que demandent les adeptes de la « décroissance » ? Comment lutter pour des services publics de qualité, pour un nouveau système de transport public et en finir avec la dictature de la voiture ?

Finalement, la question de la relation entre le « programme » et la stratégie est au centre des débats : le programme du CNR, les dix mesures d’urgence de la LCR, les 125 propositions des Comités unitaires antilibéraux, on veut bien sûr en discuter, mais la question clé, c’est la stratégie par rapport aux institutions – cogestion ou contestation du système capitaliste en tant que tel, alliances ou non avec les partis de la gauche institutionnelle (principalement PS, PCF ou Verts). Des membres des Alternatifs suivent également de très près toutes ces discussions.

Étape suivante : la journée départementale des comités d’initiative, le samedi 14 juin à Graulhet, préparée par une coordination des comités fin mai. On y désignera nos délégués pour les assises nationales, fin juin, et on mettra sur pied des liens entre les différents comités du Tarn. On voit bien que le projet répond à un besoin et à des possibilités absolument nouvelles. Comme l’a formulé le comité de Lavaur : « Il faut œuvrer pour une insurrection des consciences et aller vers la convergence des luttes et la grève générale. »

 

 

Marijke Colle

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NPA: tribune des Collectif antilibéraux et réponse de la LCR.

31 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

NPA : Tribune des Collectifs antilibéraux et réponse de la LCR

 

Pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti, « Rouge » ouvre ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques. Nous publions ici le point de vue des Collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (Cual).

Oui, il faut du neuf

Nombre de vos déclarations l’affirment : la LCR n’est « plus l’outil politique le plus adapté à la situation actuelle ». Olivier Besancenot en fait sa campagne d’explication sur la nécessité d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA) : « Beaucoup de gens étaient dans la résistance [au gouvernement] mais se sentaient orphelins d’une structure de réplique globale. » Notre coordination de collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme s’adressait ainsi au dernier congrès de la LCR : « Un autre avenir est possible, si nous le voulons. Cette alternative ne peut venir que des forces convaincues de cette nécessité. Nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible […]. Où tou-tes puissent se retrouver, dans la diversité de leurs expériences, de leurs engagements, de leurs luttes. Cette diversité n’est pas un obstacle mais, au contraire, une formidable richesse si la volonté de travailler ensemble l’emporte sur celle d’imposer le point de vue de sa sensibilité, de son parti, de sa philosophie.

« Ce mouvement doit s’appuyer sur un projet politique pouvant recueillir un large soutien populaire. C’est la garantie de ne pas reproduire les erreurs des gouvernements de gauche à majorité socialiste, qui n’ont jamais remis en cause les intérêts des forces économiques et financières dominantes. »

Comme vous, nous refusons cette société de plus en plus inégalitaire, sécuritaire, régressive. Comme vous, nous voulons un monde solidaire, fondé sur le partage des richesses, l’égalité sociale, l’impératifécologique, la paix et la démocratie généralisée. Nos assises, tenues en décembre dernier, ont proposé à toutes les forces sociales, politiques, associatives, syndicales, qui s’opposent au libéralisme, de s’engager ensemble dans la construction d’un projet émancipateur qui allie justice sociale et écologie, démocratie et égalité, solidarité et liberté, féminisme, antiracisme, pacifisme, réponses concrètes pour demain et projets d’avenir.

Dans cette perspective, nous pensons nécessaire de créer un cadre qui permette d’agir immédiatement en commun, tout en poursuivant les débats qui nous traversent. Tant sur le projet de transformation sociale et écologique à défendre que sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir (formes d’organisation, rapports aux institutions, alliances, place et rôle des mouvements sociaux…).

D’où notre proposition de préparer et de réaliser unitairement, dès 2008, des états généraux de toutes les forces, groupes de militants, réseaux de mobilisation, courants, partis, qui refusent que la gauche continue d’être dominée par le social-libéralisme. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique laissant subsister, autant qu’ils le souhaitent, les divers courants, tant que l’expérience ne les conduit pas à fusionner ou à se dépasser. Un cadre inscrit dans la durée, fondé sur des engagements communs dès maintenant et, à terme, un rassemblement politique.

Vous nous avez, pour le moment, répondu par la négative : pour vous, rien n’est plus urgent que la constitution des comités d’initiative du NPA. Nous regrettons vivement cette réponse. Le NPA que vous vous proposez de construire sera sans aucun doute un élargissement de l’actuelle LCR, il représentera sans doute également une certaine ouverture par rapport à la tradition politique dont vous êtes issus. Nous nous réjouirions que ce soit effectivement le cas. Mais ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Notre conviction est qu’il y a plus que jamais urgence à regrouper les forces et les courants de la gauche de transformation sociale et écologique pour offrir ensemble une alternative au bipartisme tracé par la droite et le social-libéralisme. De ce point de vue, sans attendre, les prochaines élections au Parlement européen sont un rendez-vous à ne pas manquer : elles nous donnent l’occasion de manifester notre volonté de peser sur la situation et de ne pas laisser le terrain à gauche au social-libéralisme ou aux opérations d’enfumage, comme celle proposée par Cohn-Bendit sous couvert de rassemblement de tous les écologistes. Ce serait le meilleur complément à notre engagement commun dans les luttes. La LCR, et demain le NPA s’il voit le jour, a toute sa place à y prendre.

La coordination nationale des Cual


RÉPONSE DE LA LCR AUX COLLECTIFS ANTILIBÉRAUX

Avec ou sans le PS, il faut choisir

La contribution de la Coordination des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme, parue dans Rouge la semaine dernière, met en évidence de nombreuses convergences avec les préoccupations de la LCR. Elle fait aussi apparaître des points de discussion voire de désaccord, sur les initiatives politiques à prendre.

L’ampleur et la violence des attaques menées par Sarkozy et son gouvernement ne font sûrement pas débat entre nous. L’effet des contre-réformes menées peut remodeler la société française et modifier les rapports de force en faveur des classes possédantes. Cela rend plus urgent que jamais l’émergence d’une force anticapitaliste. À attaque globale, réponse globale. Le désaccord entre nous n’est donc pas sur la nécessité d’une telle force, mais sur la possibilité de la réaliser dès maintenant et sur les délimitations qui la définissent.

Dans votre tribune, vous regrettez que nous ne nous inscrivions pas dans le projet que vous portez d’états généraux afin, « dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique ». Pour notre part, nous pensons qu’il est possible de commencer à construire d’ores et déjà ce nouveau parti. De ce point de vue, il est dommage que vous n’ayez pas rappelé votre décision et vos raisons de ne pas vous engager dans le processus du nouveau parti anticapitaliste (NPA), comme nous vous l’avions proposé lors de notre dernière réunion commune.

Ainsi, la motion adoptée à votre réunion des 29 et 30 mars indique, entre autres, que « les collectifs n’ont pas vocation à être, en tant que tels, partie prenante de la construction du NPA ». Vous écrivez : « Le projet de NPA, déjà lancé, ne correspond pas à notre démarche unitaire et de rassemblement, telle qu’elle a été définie lors de nos assises ». Plusieurs centaines de collectifs pour un nouveau parti, leur composition, le nombre de militants regroupés démontrent qu’il est temps d’avancer concrètement sur ce terrain. Les forces militantes déjà accumulées dessinent les contours d’une organisation qui ne sera pas simplement un « élargissement de l’actuelle LCR ». À cela, ajoutons que la radicalité sociale qui s’exprime dans ce pays ne peut se réduire à la réorganisation de ce qui existe. C’est le sens de notre formule, changer de gauche et non changer la gauche.

Ce n’est guère une nouveauté, mais parce que nous voulons construire un parti de rupture avec l’ordre existant, l’indépendance vis-à-vis du PS est une question essentielle. Le récent désastre italien, qui a vu le Parti de la refondation communiste (PRC) se faire laminer après son soutien au gouvernement Prodi, est venu conforter notre orientation de stricte démarcation par rapport à ce parti. Cette orientation n’est pas partagée par tous les partenaires que vous envisagez pour vos états généraux. C’est évidemment le cas du Parti communiste, qui a conclu des accords avec le PS, dès le premier tour, dans la plupart des municipalités.

À ces mêmes élections, si nous avons pu conclure de nombreux accords avec des collectifs antilibéraux, nous devons aussi constater que cette question de l’indépendance par rapport au PS demeure une question ouverte en votre sein. En témoignent les alliances, dès le premier tour, avec le PS, y compris dans de grandes villes comme Aix-en-Provence. Il en est de même pour certains courants politiques investis dans les collectifs : ainsi, à Nantes, la section locale des Alternatifs s’est retrouvée au premier tour sur la liste du Parti socialiste conduite par… le député-maire Jean-Marc Ayrault, dont on ne peut pas dire qu’il est à la gauche du Parti socialiste.

À la fin de votre contribution, vous évoquez les élections européennes de 2009. Pour notre part, nous aborderons cette élection avec une volonté d’ouverture, mais dans la clarté et la cohérence sur le fond politique. Il existe parfois, dans certains secteurs de la gauche antilibérale, un syndrome des années paires et impaires : années impaires, rassemblement antilibéraux, démarcation en paroles vis-à-vis du PS ; années paires, le temps des élus et des listes dès le premier tour avec ce même PS. Le calendrier électoral, souvent redoutable, est ainsi fait : les européennes de 2009 s’inscrivent entre les municipales de cette année et les élections régionales de 2010. On ne peut combattre le projet de construction européenne défendu par le Parti socialiste et gérer loyalement villes et régions avec ce même parti.

Léonce Aguirre et Guillaume Liégard

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Le PS cherche à contrer Olivier Besancenot "...

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Le PS cherche à contrer Besancenot "...

 

Article du Parisien du vendredi 30 mai. Par Eric Hacquemand .

Comment contrarier l’ascension du facteur ? Le PS s’interroge et peine à trouver une parade au phénomène Olivier Besancenot, qui tient ce soir un meeting à la Mutualité, à Paris, sur les 40 ans de Mai 68.

En coulisse, certains dirigeants socialistes commencent même à s’inquiéter de la montée en puissance du postier de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Et le futur parti anticapitaliste en cours de constitution, poussé par Besancenot, est aujourd’hui perçu comme une menace bien réelle.

Preuve que l’actuel porte-parole de la LCR est désormais pris au sérieux, Ségolène Royal a accepté pour la première fois de débattre avec lui. La rencontre s’est déroulée mardi après-midi dans les locaux de l’hebdomadaire « Marianne », qui publiera le compte rendu dans son prochain numéro. Selon les estimations du PS, la LCR peut aujourd’hui tabler sur un potentiel électoral d’au moins 10 %. Considéré dans les sondages comme la troisième personnalité de gauche la plus populaire, derrière Delanoë et Royal mais loin devant Hollande ou Fabius, l’admirateur du Che est ainsi en passe de réussir son pari : remplacer le Parti communiste et s’installer durablement comme « une alternative possible » au PS.

« Empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche »

Signe d’une certaine préoccupation, le premier secrétaire François Hollande a demandé à Daniel Vaillant, le député de Paris, de prendre la tête d’un « groupe de réflexion » réunissant quelques anciens trotskistes reconvertis : Julien Dray, Henri Weber ou encore Jean-Christophe Cambadélis. La lettre de mission est claire : « Trouver les moyens efficaces d’empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche », selon Daniel Vaillant.

Pour l’heure, les socialistes en restent au stade de la dénonciation. « Olivier Besancenot est l’instrument d’une manoeuvre de la droite », assène Vaillant qui prône la fermeté : « Il faut démystifier Olivier Besancenot. Son ni ni bénéficie à la droite. » Une parade classique qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu, selon le secrétaire national Razzye Hammadi. « Il n’est ni ringard ni dépassé : Besancenot n’est pas l’idole des bobos mais il a pénétré les couches populaires », estime l’ancien président des Jeunes Socialistes, qui appelle son parti à ne pas minimiser « l’effet Besancenot » : « Tant que le PS ne se réappropriera pas le discours sur une meilleure répartition des richesses, le postier prospérera. »

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Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale... (Médiapart)

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale...

 

Un article de Stéphane Alliès dans Médiapart (http://www.mediapart.fr).

Le contenu (citations, interprétations, conclusions du journaliste) de cet article n'engage pas du tout la LCR.

On ne recommence pas tout à zéro. Mais on recommence. » Loin des caméras de Michel Drucker, François Sabado, 40 ans de Ligue communiste révolutionnaire (LCR) derrière lui, conclut une réunion du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à Pantin, jeudi 15 mai. Ancien dirigeant de la LCR encore très actif dans le mouvement, il a écouté une vingtaine de personnes s’exprimer sur leurs définitions du capitalisme.

Parmi elles, une bonne moitié de membres de la Ligue, renforcée par des salariés de l’ANPE, des jeunes professeurs, une postière et des ouvriers à la retraite... Deux heures durant, on aura parlé « intéressement aux bénéfices de l’entreprise » et « libre circulation », mais aussi « engagement dans les luttes » ou « construction de tract ». L’extrême gauche tendance Besancenot s’organise au niveau local, bien loin des habitudes de la Ligue.

« Ce nouveau parti est une vieille idée que nous nourrissions depuis la chute du mur de Berlin, quand l’effet propulsif de la révolution russe a définitivement cessé de jouer », explique Sabado sans se départir tout à fait de la rhétorique trotskyste. « Pendant plus de quinze ans, on a approché toutes les opérations possibles, finalement assez droitières, des rénovateurs communistes aux Verts », ajoute celui qui demeure l’une des autorités morales de la Ligue.

Après l’élection présidentielle, où Besancenot a terminé en cinquième position avec 4,2% des voix (loin devant les autres partis de la gauche non-socialiste), le candidat a achevé de convaincre les "anciens de la Ligue" de construire un nouveau parti « par en bas ». Il a obtenu une large majorité de soutien dans le parti (83%) lors de son université d’été en août 2007.

La Ligue va se dissoudre, car « elle est trop chargée historiquement pour assumer l’ouverture », dit Sabado. Derrière l’ascension médiatique de son porte-parole, Mediapart fait l’état des lieux de ce nouveau parti, entre aggiornamento idéologique et recrutement inédit. Ou comment s’opère la « révolution culturelle » de l’avant-garde intello trotskyste, qui se tourne vers le néo-prolétariat...

La dynamique des municipales

Les derniers scrutins locaux ont été un succès pour la LCR, venant à l’appui de la dynamique de recrutement. Pierre-François Grond, membre du bureau politique, s’assure encore surpris : « On pensait que c’était trop tôt et que nous n’avions pas assez de militants formés pour cette échéance. Et finalement, on a 114 listes sur 200 qui font plus de 5%... Ce qui est très intéressant, malgré notre peu d’ancrage et d’habitude municipale, c’est que ces scores ont souvent augmenté au deuxième tour. »

Le chercheur Jérôme Fourquier, directeur d’études à l’Ifop, analyse dans une note (PDF) ces résultats et constate des percées dans « des communes à forte tradition ouvrière (Clermont-Ferrand, Louviers) où Olivier Besancenot est parfois venu soutenir des luttes sociales (comme à Sotteville, à Saint-Brieuc) ». Il remarque également que « la LCR obtient aussi de bons résultats dans des villes populaires situées à la périphérie des grandes agglomérations bordelaise et nantaise ».

Enfin, il relève « des scores significatifs dans certains bastions communistes de l’ancienne ceinture rouge : en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans le Val-de-Marne ou les Hauts-de-Seine ». Grond cite aussi en exemple la Bretagne, « où on semble récupérer un mix de l’électorat PC/LO/PSU ».

À Marseille, la LCR a su mettre en œuvre un laboratoire électoral du nouveau parti dont elle rêve, recueillant des scores entre 4 et 10% dans tous les arrondissements. Sa porte-parole dans les Bouches-du-Rhône, Camille Roux-Noumane, raconte comment la construction des listes fut un élément fédérateur : « On a anticipé la campagne en lançant un comité d’initiative en décembre, constitué autour de RESF, des comités Palestine et de nombreux syndicalistes de Sud et de la CGT. »

Également membre de la direction nationale, elle estime que « le ralliement du PC aux listes Guérini nous a bien aidés et nous a indirectement permis de constituer des listes avec d’autres collectifs (AlterEkolos, Rouges vifs, Les Alternatifs) ». « Évidemment, nos bons résultats ont créé de la confiance et permis une exposition », sourit-elle en affirmant que, aujourd’hui, les effectifs ont été multipliés par trois sur le département...

Ces succès municipaux ont permis à la Ligue d’obtenir une petite centaine d’élus, dont la moitié sont membres de la LCR. Conséquence immédiate, le parti est en train de créer un institut de formation de ses conseillers municipaux, en cours d’agrément auprès du ministère de l’intérieur. « Pour travailler sur des questions comme les services publics de l’eau, les régies municipales, les écoles, les voiries et la démocratie participative... », explique Pierre-François Grond. Avant de préciser : « Quand je dis démocratie participative, je parle de celle de Porto Alegre et de son slogan : penser global, agir local. »

La stratégie d’implantation aux municipales a enfin permis de faire émerger de nouveaux ancrages, de Quimperlé à Limoges, en passant par Colomiers ou le Nord-Pas-de-Calais. Souvent, l’expansion des effectifs a commencé par le démarchage de parrainages lors de la présidentielle et s’est consolidée avec la constitution de listes locales.

Pierre-François Grond cite ainsi en exemple Mulhouse, « où on a réussi à regrouper des exclus de LO, des syndiqués de chez Peugeot et une association de soutien à des immigrés kurdes, pour multiplier par 10 la section de la LCR d’avant ».

Sans se fixer d’objectif précis, la Ligue se verrait bien « autour de 10.000 adhérents, au lieu des 4.000 actuels », selon François Sabado. « L’idéal dans un premier temps, ce serait de devenir un petit parti de masse. Pour l’instant, on n’est que petit. À nous de devenir un parti et d’apprendre à gérer la masse. » Entre la première convention nationale fin juin et le congrès fondateur prévu en janvier 2008, la difficulté est de gérer la transition.

La délicate gestion de la transition

Pierre-François Grond ne fait pas mystère des « priorités de recrutement » : « S’implanter dans les entreprises, grâce à des délégués syndicaux qui ne se retrouvent plus dans le PC, investir les cités par un travail de terrain au long terme, continuer à faire venir des jeunes, plus précaires qu’étudiants, et mettre en place une conférence écologiste. »

Ces nouveaux horizons impliquent « un changement de mentalité », selon les termes de François Sabado. Selon lui, « il faut intégrer que le militantisme est beaucoup moins sacrificiel et élitiste que dans les années 1970 : Besancenot attire chez nous un nouveau public, à nous de les garder ».

Pour gérer le nombre, la direction de la LCR réfléchit à de nouveaux systèmes d’adhésions. « Traditionnellement, le montant de la cotisation était proportionnel aux revenus. Là, on est obligés d’être plus ouverts. On se dirige vers un tarif minimum et différents niveaux de militantisme. Abonnés au journal, membres, souscripteurs... Il faut trouver une place à chacun », réfléchit Sabado.

Pour Daniel Bensaïd, philosophe et figure historique de la Ligue, « payer pour militer peut devenir compliqué, vu les gens qu’on veut toucher. Il est clair qu’on s’oriente vers plus de dépenses et moins de recettes ».

La Ligue apprend aussi à « recruter par étape », comme à Marseille où Camille Roux-Noumane explique : « On a commencé par des réunions fermées, avec des gens qu’on a démarchés dans les associations ou les syndicats. Puis on élargit à des réunions publiques. » Comme le déclare Grond, « il faut que ceux qui militent beaucoup s’emploient à former au lieu de se contenter du seul activisme ».

Ce schéma de formation, François Sabado l’a déjà en tête : « On va organiser une réunion de bureau hebdomadaire à cinq ou six, mais ouverte à tous les adhérents, à côté de réunions publiques mensuelles. Enfin, on va essayer de mettre en place des sessions de formation thématiques, type université populaire, elles aussi mensuelles. En résumé, il faut conserver le meilleur du trotskysme et laisser de côté ses zones d’ombres. Il faut qu’on apprenne par exemple à ne plus "casser la tête" de ceux qui monopolisent la parole ou qui perturbent les réunions. »

« Il va quand même falloir "casser la tête" au début », nuance toutefois Daniel Bensaïd. « Il faut être lucide, notre démarche suscite un effet d’aubaine pour beaucoup de groupuscules sectaires, qu’il faudra contenir d’emblée si l’on veut réellement réussir l’ouverture à de nouveaux militants. »

Car, en gage de sincérité, la Ligue a instauré la parité dans les directions de ses comités locaux, à moitié composées de membres de la LCR et de militants dits "inorganisés". « Même quand on se rend dans des villes où on nous a démarchés pour construire un collectif, on y va en binôme », dit Camille Roux-Noumane en prenant l’exemple de Châteaurenard. « Il ne faut pas avoir peur, cette façon de fonctionner doit être la preuve de notre sincérité. »

« Cet entre-deux est délicat à gérer, car la LCR ne se réunit plus, on manifeste avec des banderoles NPA tout en distribuant Rouge [l’hebdomadaire de la Ligue], et il faut quand même faire gaffe au profil des "inorganisés" », soupire Bensaïd. Il précise : « L’enjeu pour nous est de rapprocher des engagements hétérogènes : les militants de la LCR, ceux qui sont en dissidence radicale avec la gauche organisée et ceux qui nous demandent d’être un parti de service. »

Le but est donc aussi de ne pas faire trop de cartes. « Franchement, il suffit de lancer Olivier dans une manif et on en fait 1000 », sourit François Sabado. « Mais il faut quand même être raisonnable dans notre pari fou »... Un pari qui ne va pas sans écueils.

Les écueils d’une « révolution culturelle »

Face à ceux qui dénoncent un parti construit pour servir la seule ascension de Besancenot, les dirigeants de la Ligue ne nient pas le risque de personnalisation. « C’est vrai qu’on peut voir là une ruse de l’Histoire, qui voit des trotskystes profiter à plein de la présidentialisation engendrée par la Ve République », reconnaît ainsi François Sabado. Daniel Bensaïd estime toutefois que « face au culte du chef, il existe un contre-culte militant, qui rejette les dérives de la médiatisation ».

Pour Pierre-François Grond, « c’est justement pour échapper à cela qu’on essaie de mettre en œuvre un processus collectif. Notre but est de former de nouveaux porte-parole, comme les deux militantes que Besancenot a fait venir chez Drucker. C’est aussi pour sortir de ce piège qu’on veut mettre en place des systèmes de rotation, tant chez les permanents qu’à la direction. Notre génération à Olivier et moi, elle est là pour dix ans maximum ». Et Sabado de faire dans le cynisme électoral : « On n’en est bien sûr pas là, mais l’idéal pour 2012, ce serait de présenter une jeune femme soutenue par Olivier. »

La rupture qui se prépare avec les vieilles habitudes trotskystes devrait aussi passer par quelques remises en cause aussi fondamentales qu’inconcevables il y a encore quelques années. En premier lieu, le choix du nom officiel du NPA. « On est capable de s’étriper là-dessus après avoir fait le plus dur. "Parti" ou pas "Parti", abandon des termes "révolutionnaire" et/ou "communiste"... Il y a aussi la définition de nouveaux statuts. On y réfléchit pas encore, mais ça va être coton », reconnaît Bensaïd.

L’hebdomadaire "Rouge", organe historique de la Ligue, devrait aussi être sacrifié sur l’autel de l’ouverture, au profit d’un nouveau système de presse, peut-être même gratuit.

Plus fondamental encore, la sortie de la IVe Internationale. « C’est vrai que le NPA n’a pas vocation à y figurer, lâche Bensaïd. Même si l’idée d’une organisation internationale est très populaire, on ne peut pas imposer aux nouveaux d’endosser notre histoire et, réciproquement, ils ne peuvent nous demander d’abandonner la nôtre. Il y aura sans doute le maintien d’un lien organique avec ceux qui en sont actuellement membres. »

En revanche, la réflexion avance autour de nouvelles alliances continentales, en vue des élections européennes de juin 2009, ce « premier baptême qu’il ne faut pas rater », selon les termes de Pierre-François Grond. Longtemps en charge des relations internationales à la Ligue, et toujours actif dans le domaine, Daniel Bensaïd évoque « une tâche difficile, car toute la gauche anticapitaliste européenne est tiraillée ».

Il estime toutefois qu’« il y a des possibilités avec les extrêmes gauches portugaise, anglaise, grecque et espagnole, au moins pour des “échanges de meeting” », tout en assurant que « grâce à Olivier, notre cote a considérablement grandi en Europe et certains veulent utiliser son aura... Aujourd’hui, Rifondazione Communista ne nous regarde plus de haut ».

Dans cet horizon, la référence aux Allemands de Die Linke n’est pas des plus "NPA-compatible", car elle recoupe l’ambition de l’autre "gauche de gauche", qui tente elle aussi de se restructurer...

Les rapports épineux avec l’autre “gauche de gauche”

Un possible compagnonnage avec Lutte ouvrière , comme ce fut le cas entre 1998 et 2002, est aujourd’hui vite évacué. « Ils auraient dû être avec nous, mais de peur de voir le mouvement leur échapper, ils ont favorisé des accords boutiquiers avec le PS aux municipales », résume Pierre-François Grond. Tout juste François Sabado explique-t-il avoir « beaucoup appris de LO, du temps où on travaillait ensemble, notamment sur la communication, externe et interne ». En revanche, la relation avec le reste de la gauche non socialiste fait encore débat.

La tentative avortée d’une candidature antilibérale unitaire à la dernière présidentielle, dans la continuité des collectifs pour le non au référendum européen, a laissé des traces. Et la LCR assume pleinement sa part de responsabilité, ainsi que le résume Sabado : « On a beaucoup regardé la terrible crise brésilienne, où nos copains se sont déchirés pour que certains finissent plus lulistes que Lula. On a aussi vu la recomposition italienne. Et on voyait ce projet de cooptation de l’extrême gauche par la social-démocratie se mettre en branle en France. Alors, c’est vrai qu’on a choisi de se blinder et de ne pas bouger, car la position d’indépendance avec le PS nous semblait essentielle pour notre crédibilité. »

Les rescapés des collectifs unitaires anti-traité européen, qui ont pour partie soutenu la candidature de José Bové, viennent de se regrouper à nouveau, sous l’égide d’un appel lancé par l’hebdomadaire Politis. Ce texte fait référence à une reproduction du modèle allemand Die Linke (parti réunissant l’ancien socialiste Oskar Lafontaine et l’ancien parti communiste de l’Est).

Et c’est là que le bât blesse. Grond dénonce ainsi une « logique lobbyiste, pour faire pression sur le PS et le ramener à gauche. Comme Die Linke, qui négocie localement avec le SPD. C’est une orientation "possibiliste" que nous comprenons mais que nous jugeons vouée à l’échec. Notre stratégie vis-à-vis du PS est celle de l’indépendance sans hostilité. A Toulouse, on a pris une porte dans la gueule quand on a proposé une fusion technique dans l’entre-deux tours des municipales, mais on a quand même appelé à voter pour Pierre Cohen ».

Daniel Bensaïd, qui a récemment entretenu une correspondance sur le sujet avec la figure altermondialiste Raoul-Marc Jennar, fait part de sa perplexité : « Cet appel nous simplifie les choses et on aimerait que l’initiative trouve un débouché, car on aurait enfin un interlocuteur et non plus une nébuleuse changeante. Cela dit, ça sent quand même la tentative de réhabillage du PC en vue des prochaines européennes... »

« Mais on continuera à discuter avec eux, et puis on ne sait pas ce que fera la base de ce mouvement-là », ajoute Grond. La base, toujours la base, leitmotiv de cette nouvelle Ligue en construction...


"Boite noire"

Cela faisait un moment que je m’étais promis d’aller voir de plus près la construction du NPA. Pris par l’actualité du PS et désireux d’échapper à l’agenda médiatique d’Olivier Besancenot, je souhaitais davantage m’entretenir avec ceux qui “font tourner la machine”, aussi bien stratégique qu’intellectuelle, dans l’ombre du porte-parole trotskyste.

Le déclic a eu lieu quand Marlène Benquet, l’une de nos jeunes blogueuses (doctorante en sociologie et ancienne militante de la minorité de Lutte ouvrière), nous a alertés pour nous signaler qu’elle avait réalisé une interview de Besancenot, mardi 13 mai. Jusqu’ici, sauf erreur de ma part, celui-ci n’a pas parlé dans la presse depuis son très commenté passage chez Michel Drucker. J’ai donc saisi l’occasion pour réaliser aussi vite que possible cette enquête.

La réunion à Pantin a eu lieu le jeudi 15 mai. Toutes les interviews ont été réalisées entre vendredi et mardi, en face-à-face, et ont duré deux heures chacune, à l’exception de celle de Camille Roux-Noumane, jointe par téléphone.

Stéphane Alliès.

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Mise au point de Raoul Marc Jennar....sur l'appel publié dans Politis.

25 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Mise au point de Raoul Marc Jennar...
sur l'appel publié dans Politis.

Raoul Marc Jennar est un animateur du mouvement altermondialiste. Sa signature figurait au bas de l’appel lancé par le journal Politis, "pour une alternative à gauche" . Dans la lettre ci-dessous, il demande à ce que soit retirée sa signature et s’en explique.


A Denis Sieffert et Thierry Brun (rédaction de Politis).

Phnom Penh, 22 mai 2008

Cher Denis, Cher Thierry,

Je suis plongé dans le plus grand embarras. Thierry m’a adressé un message me demandant de répondre très rapidement si j’acceptais de signer l’appel dont /Politis/ allait se faire le promoteur.

De bonne foi, j’ai cru qu’il s’agissait d’un appel réunissant toutes les composantes du « non » de gauche au TCE.

De bonne foi, je n’ai pas interprété cet appel comme un coup politique contre le projet de la LCR de se dissoudre pour créer un nouveau sujet politique. Vous savez que j’ai adopté une position d’ouverture et de dialogue à propos du projet NPA qui s’est traduite notamment par un échange avec Daniel Bensaïd dont énormément de gens s’accordent à reconnaître l’intérêt.

Or, force m’est de constater que parmi les signataires qui invitent à signer se trouvent au moins un partisan du TCE et d’autres (Gayssot, Vieu, ) qui ont, pour dire le moins, fait des choix qu’en aucun cas je partage. Ce qui crée une confusion inacceptable à mes yeux.

Le message d’un signataire doit être clair et ne peut brouiller les cartes. Pour moi, le choix européen et la clarté sur les engagements vraiment à gauche sont déterminants.

L’attitude à l’égard du TCE comme du traité de Lisbonne représente à mes yeux une ligne de partage irréfragable. Il n’y a pas de synthèse possible entre les partisans et les adversaires de la libre circulation des capitaux, entre ceux qui défendent les services publics et ceux qui les démantèlent, entre ceux qui détruisent le droit du travail et ceux qui veulent le protéger et l’amplifier, entre les partisans d’une Europe européenne et ceux qui construisent une zone euro-américaine. De même, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui s’allient avec la droite et ceux qui refusent une telle alliance, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui ont tiré les leçons de la gauche plurielle et ceux qui sont prêts à la recommencer.

Je ne peux donc me retrouver aux côtés de personnes dont l’action envoie un message différent.

Un débat s’est engagé autour de l’appel qui m’éclaire et m’incite à penser qu’effectivement, il s’agissait bien de marginaliser le projet de la LCR qui constitue à mes yeux la seule initiative qui sorte vraiment des tranchées dans lesquelles toutes les autres composantes du « non » de gauche se terrent tout en lançant des appels unitaires sans lendemain.

Je ne veux pas faire d’éclat. /Politis/ est un journal auquel je suis très attaché et je me flatte de votre amitié. Je ne dirai pas que ma confiance a été abusée. Je dirai que je n’ai pas posé les questions qui s’imposaient avant de donner ma signature.

Mais maintenant, en pleine connaissance de cause, je vous demande de la retirer.

Bien amicalement,

Raoul Marc Jennar

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Tract des comités d'initiative pour le NPA distribué à la manifestation du 22 mai à Evreux.

23 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Nouveau parti anticapitaliste : c’est parti !

Militants anticapitalistes, syndicaux, associatifs, jeunes, travailleurs avec ou sans emploi, nous avons décidé de regrouper nos forces et de répondre à l’appel lancé par Olivier Besancenot pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste. Nous venons de la LCR, de Lutte Ouvrière, du PS ou d’ailleurs. Beaucoup n’ont jamais encore milité dans un parti.

Face à Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires, et à la guerre sociale qu’il mène contre les travailleurs et les jeunes, face à la faillite et la capitulation des partis de la gauche traditionnelle, il manque cruellement un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui, un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société.

Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant que commence la discussion pour décider ensemble, pour construire ensemble !

Rejoignez-nous !

 

l VERNON : réunion publique, mardi 27 mai, 18h30, Villa Castelli.

l EVREUX :  réunion, mardi 3 juin, 20h30, salle de la Maison de quartier de Nétreville.

l PONT AUDEMER :- réunion, vendredi 30 mai, 18h (lieu : nous contacter)

l LOUVIERS :- réunion, vendredi 30 mai, 17h30, manoir de Bigards, rue du Quai   - réunion publique « Actualité de mai 68 »,vendredi 23 mai, à 20H 30 salle du conseil municipal.

l BERNAY : - réunion, mercredi 28 mai, 19h (lieu : nous contacter)

l   ANDELLE : - nous contacter

l    SUD DE L’EURE :- nous contacter

Pour nous contacter, être tenu au courant des  nos réunions et nos activités :

NPA-27@hotmail.fr    MEETING avec Olivier BESANCENOT

en octobre à EVREUX

 

Mai 68 : plus qu’un anniversaire !

40 ans après, le spectre de mai 68 hante toujours les tenants de l’ordre établi. Dès la  présidentielle, Sarkozy déclarait : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68
doit être doit être liquidé une bonne fois pour toutes ».


Mai 68 a fait entrevoir, l’espace de quelques semaines, la possibilité d’un changement radical de société. Et c’est de cela que Sarkozy et le patronat ont peur. A l'époque, des millions de jeunes lycéens et étudiants, d'ouvriers, ont démontré qu'il était possible de s'en prendre au pouvoir des représentants politiques de la bourgeoisie, incarné depuis dix ans par De Gaulle. Dix millions de travailleurs en grève, occupant les usines, parfois pendant plusieurs semaines, avaient alors arrêté la vie économique du pays, imposé des augmentations importantes de salaires et flanqué une sacrée trouille dans les rangs des soit disant « décideurs ».

En cet anniversaire de mai 68, la gauche politique et les directions syndicales ne prennent pas le chemin de la rue, elles restent cantonnées à une politique d’adaptation aux réformes libérales. Le temps n’est pas à « limiter les dégâts », car, avec une telle politique, on ne limite rien et on recule sans arrêt.

 Alors oui, pour stopper les attaques de Sarkozy, il faut  lui infliger une défaite sur le terrain des luttes. Au PS, les personnalités qui ne sont pas passées chez Sarko se chamaillent pour les places et nous disent  d’attendre 20012. Mais comme le dit Olivier Besancenot, seule une grève générale comme en 68, seule une épreuve de force de longue durée, peut faire plier la droite et le patronat.

 

 Le scandale des coupures EDF

Selon la CGT (EDF refusant de donner le moindre chiffre), plus de 200 000 procédures de coupures d’électricité pour impayés seraient engagées chaque année en France. Certaines durent des semaines, voire des mois entiers.

Par ailleurs, l’étude démontre que plus d’un tiers des coupures intervient en période dite de trêve hivernale, du 1er novembre au 15 mars. « Concrètement, cela veut dire que des familles avec enfants se retrouvent sans lumière, sans chauffage durant des semaines, parfois des mois, en plein hiver. C’est inacceptable de la part d’une entreprise qui a mission de service public », dénonce un responsable associatif. Pour mettre fin à ce scandale, une seule solution : imposer un service public de l’énergie, gratuit pour tous.

FACE AUX ATTAQUES DU GOUVERNEMENT ET DU PATRONAT : GREVE GENERALE !

Les journées des 15 et 18 mai ont été un succès

Le 15 mai 300 000 manifestants ont  affirmé le refus des « réformes » du gouverne-ment.  Le 18 mai 45 000 enseignants et parents défilaient à Paris. Il s'agit en réalité pour le gouvernement de casser des services publiques avec 23000 suppressions de poste (dont 11200 pour l’Éducation) Nationale, des « restructurations » se traduisant par la fermeture de classes, de tribunaux et d'hôpitaux, ...

               C'est une attaque contre les salariés de la fonction publique mais aussi contre les usagers des services publics, notamment la partie la plus pauvre de la population qui ne peut accéder au secteur privé!  

            Le gouvernement répond par le mépris.

 

            Le 15 au soir, Sarkozy déclarait sa volonté d'imposer le « droit à l'accueil des enfants » les jours de grève. C'est insulter les enseignants fortement mobilisés ce jour là! Car c'est bien son gouvernement qui ferme les classes et dégradent les conditions d'accueil et d'encadrement des enfants à l'école! Ce sont les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, qui n'ont pas voulu développer un véritable service public de la petite enfance, susceptible de prendre en charge les enfants quand les parents travaillent, et pas seulement les jours de grève!

 

            Il veulent nous faire travailler toujours plus!

 

                Pour ce qui est des retraites, les précédents gouvernements ont réussi à allonger le temps de cotisation, conformément aux voeux du MEDEF.

Pour cela, ils ont divisé les travailleurs, parfois avec la complicité de directions syndicales : les salariés du privé sont passé de 37,5 à 40 ans de cotisation en 1993, les fonctionnaires en 2003 puis enfin les « régimes spéciaux » l'an dernier.

            Il s'agirait maintenant de nous faire tous passer à 41 années de cotisations!

Rien ne justifie ce sacrifice car la productivité et les profits des actionnaires ont augmenté bien plus vite que l'espérance de vie et que le niveau des retraites!

 

Une attaque générale...

 

            En fait, les attaques contre les retraites et la fonction publique font partie d'une seule et même politique qui vise à faire payer uniquement aux salariés la crise économique que traverse l'économie capitaliste depuis trente ans! A ces attaques s’ajoutent la casse de la sécurité sociale ( multiplication des forfaits et franchises contre l'accès aux soins), la remise en  cause du CDI et bien sur les bas salaires versés par l'Etat et le patronat ainsi que minima sociaux scandaleusement minimes ! Et cela alors que les prix des produits alimentaires, du logement et des énergies ont augmenté de façon indécente.

 

...qui appelle une réponse générale et unitaire du monde du travail!

                       

Aucun de nous n'est dupe : ce ne peut être le succès d'une ou deux journées d'action sans lendemain, avec des objectifs sectoriels et minimums, qui fera reculer le gouvernement. Il faut participer nombreux à la journée du 22 mai appelée par les syndicats et surtout montrer que nous avons la volonté de lutter bien au delà du cadre proposé par les directions syndicales.

 

            Un nouveau parti anticapitaliste, ça urge !

Les personnes qui se retrouvent dans les comités de l'Eure pour un Nouveau Parti Anticapitaliste veulent mettre en avant des revendications répondant au besoins de la classe ouvrière, en indépendance des directions syndicales et des partis de la gauche gouvernementale:

à retraite avec 37,5 ans pour tous, pour un service publique de qualité, accessible à tous, revalorisation de tous les salaires de 300 euros, pas un salaire en dessous de 1500 euros net, pas de revenus sociaux inférieur à 1000 euros!

 

            Ces objectifs, nous pouvons les atteindre par la convergence et la généralisation des luttes et le dépassement des simples revendications sectorielles, par  une grève générale et un nouveau mai 68 ! Inutile d'attendre 2012 en espérant une alternance et en plaçant des illusions dans les partis traditionnels de la gauche.

Il est plus que jamais nécessaire de nous unir, de nous organiser pour inverser le cour actuel des contre-réformes, pour prendre au grand patronat ce qu'il nous doit! Voilà les perspectives que défendent les comités pour un NPA dans les luttes actuelles.

 

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A propos d’un appel publié dans Politis....Réponse de la LCR.

22 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

A propos d’un appel publié dans Politis....

 

Réponse de la LCR aux initiateurs d’un appel publié dans Politis...

Chers ami-e-s,

Nous voudrions vous expliquer par cette lettre pourquoi nous ne signons pas l’appel « l’alternative à gauche, organisons-là » que vous avez publié. Nous partageons avec vous beaucoup de combats et une volonté d’engager à gauche une discussion large permettant à chacun et chacune de se forger une opinion. Beaucoup de militants politiques, syndicalistes ou associatifs, d’ex-militants, de lecteurs, sont à la recherche d’une alternative globale face à une droite arrogante, qui tente de passer en force. Le PS n’incarne en aucun cas une opposition claire et déterminée à la politique du pouvoir. Nous vivons un moment charnière très important. Sarkozy et sa politique sont impopulaires et ils ont été sanctionnés dans les urnes aux municipales. Des résistances sociales s’expriment (des cheminots aux lycéens sans oublier les travailleurs sans-papiers) Ces mobilisations posent des questions décisives.

Tout d’abord, comment infliger une défaite cinglante dès maintenant au pouvoir UMP ? Car si nous attendons sagement 2012, alors Sarkozy aura réussi à remodeler la société française ce qui ne sera pas sans conséquence sur les rapports de force politique. Nous avons donc besoin d’une gauche de lutte, d’une force collective capable de relever le défi de l’épreuve sociale imposée par la droite et le patronat. Et cela va de pair avec la volonté de construire une alternative anticapitaliste, un nouveau parti qui se fixe comme objectif d’offrir un nouveau cadre de représentation politique à celles et ceux qui ne sont plus représentés par la gauche gestionnaire dite social-libérale. Un parti qui tire les leçons des expériences de la gauche au pouvoir qui ont été particulièrement dévastatrices pour les classes populaires. Nous n’oublions pas qu’entre 1997 et 2002 le gouvernement de gauche plurielle a mené une politique libérale, a privatisé, s’est opposé aux mobilisations sociales, a développé un discours de résignation et d’acceptation de la mondialisation capitaliste. Nous sommes, pour notre part, engagés dans un processus réel de construction d’un nouveau parti anticapitaliste, un parti pour le socialisme du XXI° siècle porteur de toutes les aspirations émancipatrices (féministes, écologistes, antiracistes, internationalistes...).

Nous sommes donc particulièrement intéressés par toutes les initiatives visant à construire une alternative. Mais une chose est le débat, tout autre chose est le lancement d’une initiative politique visant « à organiser l’alternative à gauche » dont les objectifs ne sont pas clairement définis. S’agit-il d’un front électoral ou d’une force en constitution ?

Cette question très sérieuse pose des problèmes en termes de contenu politique et de cadre stratégique. Les formules programmatiques sont très vagues, très imprécises (« ne pas oublier de redistribuer les richesses » !). Aucune revendication concrète concernant le pouvoir d’achat : ni l’augmentation des salaires, des pensions et des revenus de 300 euros que nous défendons ; ni le SMIC à 1500 euros nets. Rien non plus sur la retraite au moment où la droite veut imposer les 41 annuités : nous réclamons pour notre part le retour aux 37,5 anuités pour tous, privé comme public. Absente également la question de la régularisation de tous les sans-papiers alors même que des travailleurs osent revendiquer au grand jour l’égalité des droits ; rien non plus sur les licenciements, l’autonomie des universités ; toutes questions très concrètes qui ont suscité des mobilisations et qui établissent des lignes de partage très claires entre les deux gauches. Le texte n’exprime aucune indépendance vis-à-vis du parti socialiste puisque vous écrivez : « Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique. »

Très franchement, voilà un document qui peut être signé par beaucoup de socialistes pourtant acquis au social-libéralisme, et par la direction du PCF très soucieuse de maintenir des relations institutionnelles vitales du point de vue de la survie de ses élus et son appareil. D’ailleurs, les premières signatures, dont l’ancien ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, montre la faiblesse du texte vis-à-vis du bilan de la gauche au pouvoir et de son attitude actuelle face à Sarkozy. Nous ne voulons pas construire une force soi-disant radicale mais dont l’objectif serait de réaliser des accords de gestion avec la social-démocratie comme le fait la direction de « Die Linke » en Allemagne. Une stratégie qui a coûté très cher à Refondation Communiste en Italie. Nous défendons le même programme dans la rue et sur le terrain électoral. Nous voulons changer de gauche, pas changer la gauche, et nous avons bien peur que votre initiative, au-delà des intentions de beaucoup de ses signataires dont nous partageons les aspirations, se situe sur un terrain mille fois exploré : au nom de l’unité, évacuer les questions qui fâchent, mais qui pourtant fatalement se réinvitent : soutien aux revendications et aux mobilisations du mouvement social, avec qui gouverner et sur quel programme !

Voici en quelques mots, les raisons qui expliquent notre refus de signer cet appel. Un appel qui, par ailleurs, nous est parvenu très tardivement quarante-huit heures avant sa publication en plein week-end de la Pentecôte.

Nous restons toutefois disponibles, à tout espace de discussions et d’échanges politiques pour débattre de la nécessaire riposte face à la politique de Sarkozy, comme de l’alternative à construire, sans confondre libre discussion et regroupement de forces sur un contenu et des objectifs que nous ne partageons pas.

Bien à vous.

Pour la LCR,

Anne Leclerc et Pierre-François Grond

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La contribution de la LCR à la réunion nationale des 28 et 29 juin des Comités d'initiative pour un Nouveau Parti Anticapitaliste.

21 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

La contribution de la LCR à la réunion des 28 et 29 juin.

 

Pour un anticapitalisme et un socialisme du XXI° siècle

La réunion des 28 et 29 juin va être un premier moment de coordination des différents comités d’initiative pour un nouveau parti. Voici des éléments pour revenir sur le sens de notre démarche et nourrir la discussion.

Les crises économiques, sociales, alimentaires, écologiques qui frappent la planète montrent l’impasse dans laquelle le capitalisme plonge l’humanité. Il semble bien que nous soyons d’ores et déjà plongés dans une très grave crise économique dont le détonateur aura été les fameux « subprimes » qui ont révélé une crise bancaire (dettes pourries), financières (effondrement des bourses) et un début de récession aux USA. C’est un tournant important de la situation.

Les émeutes de la faim qui touchent, en particulier mais pas seulement, les pays pauvres, sont la résultante d’une crise alimentaire provoquée par la spéculation et par les politiques néolibérales imposées entre autres par le FMI et la banque mondiale qui ont détruit les agricultures vivrières paysannes, au profit de l’agrobusiness et des cultures d’exportation. La crise énergétique, illustrée par l’explosion des prix du pétrole, accentue et se combine avec la crise alimentaire en renchérissant les coûts de production agricoles et par les fameux agro-carburants qui viennent concurrencer les productions alimentaires sur leur propre terrain. La crise énergétique multiforme, épuisement prévisible des réserves de pétrole, relance du nucléaire, réchauffement climatique provoqué par l’utilisation massive des énergies fossiles…, est à la fois une traduction et un facteur d’aggravation des problèmes économiques, des guerres et de l’instabilité politique du monde actuel : occupation de l’Irak, tensions entre l’impérialisme américain et des Etats comme l’Iran, le Venezuela… La guerre sans fin contre le « terrorisme « emmenée par le gouvernement américain provoque deux conflits majeurs (Afghanistan et Irak). C’est d’ailleurs au moment où celle-ci montre chaque jour son échec, que Sarkozy décide de réorienter la politique de l’Etat français en s’intégrant davantage au dispositif impérialiste dominant : envoi de troupes en Afghanistan, réintégration dans le volet militaire de l’OTAN, soutien à Israël dans son déni de reconnaissance d’un Etat palestinien.

Les modes de production et de consommation capitalistes provoquent une crise écologique multiforme qui n’épargne aucun des secteurs vitaux pour l’humanité. Enfin, les 30 ans d’offensive libérale inaugurés aux USA et au RU et généralisés à l’ensemble du monde capitaliste, ont provoqué un immense déplacement de richesse vers les plus riches, une dégradation continue du partage de la valeur ajoutée en faveur du capital, une destruction des droits accumulés par le monde du travail depuis des décennies, une crise globale et profonde du mouvement ouvrier. L’appauvrissement, la misère, le chômage, la précarité, sont les conséquences de cette restructuration capitaliste. Les femmes, les jeunes et les populations d’origine étrangères en sont les premières victimes. Cette suraccumulation de capitaux et de profits et la mise en place d’un nouveau système productif mondialisé jouant sur les différences salariales, sont à l’origine de la crise bancaire, financière, monétaire actuelle, ce qui provoque une récession aux USA en passe de se transformer en une récession mondiale la première depuis 1973.

Notre anticapitalisme, notre volonté d’une transformation révolutionnaire de la société qui soit portée par l’immense majorité de travailleurs des villes et des campagnes, ne tombent pas du ciel. Le capitalisme plus que jamais dans ces débuts du XXI° montre par sa brutalité, son potentiel destructif, ses inégalités croissantes, la nécessité d’une rupture et l’invention d’un socialisme réellement émancipateur.

Une démocratie réelle et approfondie implique la remise en cause de la propriété capitaliste, une économie et une société dirigées par le plus grand nombre dans une logique de satisfaction des besoins de la population. Loin de se combiner harmonieusement, l’économie de marché et la démocratie ne font pas bon ménage : Chine, Russie, évolution de la société américaine (choc des civilisations, fondamentalisme chrétien…). En Europe, la droite extrême est toujours présente comme le montre les résultats électoraux récents en Italie ou au Royaume-Uni.

Le capitalisme divise les travailleurs pour mieux régner. Changer le monde passe par un combat sans concession contre le racisme, pour la régularisation de tous les sans-papiers et pour l’égalité des droits. Il s’agit d’unir les travailleurs et la population quelque soit leur origine, leur nationalité...

Aucune transformation radicale de la société ne pourra voir le jour sans une lutte consciente pour affirmer le droit des femmes à disposer de leur corps- avortement, contraception – et pour remettre en cause les fondements mêmes de la domination masculine : la division sociale et sexuée des tâches entre femmes et hommes, dans toutes les sphères de la société et l’assignation prioritaire des femmes à la sphère familiale.


Tirer les leçons des expériences du XX ° siècle


La perspective socialiste, c’est-à-dire l’espoir d’un autre monde que le capitalisme, est à reconstruire. Car elle ne sort pas indemne des expériences du XX° Siècle. C’est pourquoi notre tâche est immense et ne saurait se réduire aux frontières de l’hexagone ou de l’Europe : à travers les résistances et les luttes, il s’agit d’inventer le socialisme du XXI° siècle.

La social-démocratie est en train d’achever sa mutation. Après avoir expliqué que le socialisme pouvait se construire pas à pas dans le cadre des institutions de l’Etat capitaliste, elle accepte désormais sa conversion au capitalisme, aux politiques néolibérales. Elle réduit son champ d’action politique à un hypothétique aménagement social et écologique du capitalisme. Lorsqu’elle est au pouvoir, elle applique les politiques de restructuration capitaliste. Dans sa nouvelle déclaration de principes, le PS inscrit dans ses textes une évolution déjà passée dans la pratique. Cette mutation transforme encore davantage le PS en gestionnaire fidèle du système et dans certains pays comme en Italie la mutation s’achève dans la construction d’un parti « démocrate » rompant les derniers liens historiques avec le mouvement ouvrier.

C’est un déclin à rythme divers mais irréversible qui travaille le mouvement communiste qui s’était identifié à l’URSS. Les dégâts du stalinisme ont sali l’espérance communiste qui est à reconstruire. Pour tenter de se sauver la direction du PCF a choisi ses élus plus que son ancrage ouvrier et syndical. Ce qui accroît sa dépendance institutionnelle avec le PS à l’échelle gouvernementale ou locale. Qui provoquent les mêmes phénomènes d’intégration et d’adaptation institutionnelles que connaît le parti socialiste. En Italie l’échec de Refondation Communiste confirme l’impasse des stratégies d’alliance avec le social-libéralisme.

Dans le même temps, les directions des principales confédérations syndicales s’adaptent au nouveau capitalisme, acceptent l’agenda des contre-réformes patronales, accompagnent les mesures rétrogrades, surfent quelquefois sur la contestation mais sans jamais la susciter et construire le rapport de force par les luttes.

Nous voulons changer de gauche, pas changer la gauche, reconstruire du neuf à gauche en rupture avec l’orientation prônée par les directions du PS et du PCF.


Dans la globalisation, encore plus internationalistes !


Nous sommes plongés en pleine globalisation capitaliste. C’est désormais dans cet espace qu’il faut penser les luttes, la construction d’un nouveau mouvement ouvrier, la rupture avec le système et le socialisme. Plus que jamais il n’existe pas de solution nationale, tant les économies, les sociétés sont imbriquées, tant les problèmes de fond nécessitent une riposte et des réponses à cette échelle. Comment régler la crise climatique, la crise alimentaire, combattre les multinationales sans passer à l’échelle mondiale ? Les capitalistes sont organisés à cette échelle avec de multiples institutions, les exploités ont de ce point de vue beaucoup de retards à combler. C’est pourquoi il nous apparaît tout à fait impératif :

-->  de développer face aux grands problèmes des mouvements de masse unitaire, des luttes de résistances coordonnées à l’échelle internationale

-->  de mettre sur pied un mouvement et un programme européens, pour une Europe démocratique des travailleurs et des peuples, contre les institutions actuelles de l’UE , ce qui implique au-delà de l’animation des luttes européennes, une politique de regroupement des forces anticapitalistes à cette échelle.

-->  de se diriger vers une nouvelle internationale démocratique, anticapitaliste, écologique, antiraciste et anti-impérialiste…

-->  de construire dès lors un parti qui de France tisse des liens, agit pour le regroupement des forces anticapitalistes et révolutionnaires

-->  de mener des campagnes unitaires internationales et de participer aux cadres qui permettent de les animer.


Un nouveau parti pour les luttes, un parti pour la transformation révolutionnaire de la société


La question du pouvoir divise profondément la gauche dite antilibérale. Tout parti doit se poser le problème du pouvoir et nous ne faisons, nous ne ferons pas exception à cette règle. Le problème est de savoir dans quel cadre, au profit de qui. Pour nous, la question c’est le passage d’une situation où une minorité décide et impose ses choix, ses profits et ses privilèges, à une situation ou le plus grand nombre s’empare des leviers politiques, économiques pour gérer la société. Nous ne souhaitons pas le pouvoir pour nous-même mais comme instrument pour un mouvement d’en bas. Une partie du pouvoir politique est aujourd’hui soumise au suffrage universel, dans un cadre d’ailleurs très contrôlé et très antidémocratique (présidentialisme, scrutin majoritaire…). Mais le pouvoir du MEDEF n’est lui jamais soumis au suffrage populaire…Et pour cause ! Pour autant notre programme implique une confrontation avec le patronat, avec les privilèges économiques, contre les conseils d’administration qui représentent les actionnaires…Cela implique un mouvement social puissant, un mai 68 qui irait jusqu’au bout, qui commencerait à contrôler la marche de l’économie.

Les institutions sont des éléments essentiels du maintien de l’ordre social et de la propriété capitaliste. Nous ne voulons pas construire un parti d’aménagement mais un parti de rupture. C’est pourquoi l’indépendance vis-à-vis du PS est une question première. Le capitalisme libéral et l’anticapitalisme ne peuvent pas cohabiter dans un même gouvernement. Notre perspective n’est donc pas d’unir la gauche telle qu’elle est, ou des bouts de cette gauche, mais de construire un mouvement social et politique majoritaire pour la rupture avec le capitalisme. Alors la question du pouvoir sera posée !

Un parti, c’est pour nous une force collective et démocratique. Un rassemblement de militantes et de militants unis autour d’un programme commun. Un instrument pas une fin en soi. Une force capable de réfléchir pour agir. Qui alimente son programme, sa vision de la société de ses rapports avec le monde du travail et la population au travers des luttes. Un parti qui respecte l’indépendance des équipes syndicales et des mouvements sociaux. Un mouvement qui également, dans son régime interne, garantit la circulation de l’information, les débats et la formation pour tous, le droit de tendance et d’affirmation de courants publics, la reconnaissance statutaire du pluralisme, la proportionnelle pour élire les directions.

Également, il s’agit pour nous de construire une force qui vote, qui fait des choix, qui reconnait la règle majoritaire, tout en respectant les choix minoritaires.

Face à une vie politique centralisée par l’Etat, nous avons besoin d’un parti, d’une force pour la transformation révolutionnaire de la société, qui combine activités nationales et déclinaisons locales.

Les directions élues à la parité doivent être responsables devant les instances qui les ont désignées, rendre des comptes sur leur mandat, leur activité militante en particulier lorsqu’elle est rémunérée. La transparence et le contrôle sont les seules garanties d’un réel fonctionnement démocratique pour lutter contre la bureaucratisation qui a fait tant de mal au mouvement ouvrier

Ce nouveau parti est urgent et nécessaire.


Pour construire une réelle opposition à Sarkozy et au patronat.


Parce que la gauche institutionnelle apparaît clairement comme refusant de s’opposer aux plans du pouvoir et du patronat et d’incarner un changement de société..

Parce que les luttes le permettent, celles et ceux qui résistent, jeunes ou moins jeunes et de différentes origines, sont de plus en plus nombreux à attendre une telle perspective. Des syndicalistes, des militants associatifs, altermondialistes, des jeunes engagés dans l’action depuis le CPE, d’anciens militants de différentes trajectoires, des militants antiracistes et de la diversité, de nouveaux arrivants en politique et ceux qui reprennent du service, des militantes féministes…

Unis autour de la nécessité de défendre un plan d’action anticapitaliste intégrant revendications sociales, démocratiques, féministes, écologiques, antiracistes et anti-impérialites, nous pouvons construire ensemble un nouveau parti.

C’est nécessaire et c’est possible.

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Les Comités d'initiative de l'Eure pour le NPA dans la presse locale (Eure-Infos)

14 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Les Comités d'initiative de l'Eure pour le NPA dans la presse locale  (Eure-Infos)
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Requiem pour un socialisme défunt : Daniel Bensaïd et Samuel Johsua.

8 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Requiem pour un socialisme défunt, par Daniel Bensaïd et Samuel Johsua.

 

Tribune parue dans Le Monde du 8 mai.


Le Parti socialiste est taraudé, depuis plus d’une décennie, par une crise existentielle. Dès 1990, Laurent Fabius avouait sans détour : "S’il est assurément démocratique, en quoi le socialisme moderne est-il encore socialiste ?" Quatre ans plus tard, Lionel Jospin constatait à son tour : "La réforme a vaincu la révolution, mais les réformistes donnent l’impression de ne plus croire à la réforme."

La nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste rendue publique le 21 avril est censée répondre à ce doute identitaire. Ce laborieux exercice de style se dispense de tout devoir d’inventaire et il ne se distingue pas par une ambitieuse vision d’avenir.

On y apprend tout de même (article 8) qu’il s’agit de "réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme au siècle dernier, l’Etat social qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité". En quinze ans de gouvernement, entre 1981 et 2002, le PS a au contraire contribué à démolir cet Etat social.

L’article 7 proclame que les socialistes entendent bâtir "une société nouvelle qui dépasse les contradictions du capitalisme" en "faisant toute sa place au secteur non marchand". Il ne s’agit donc plus de dépasser le capitalisme, mais de résoudre ses contradictions grâce à l’instauration de ce secteur que l’on vient pourtant de contribuer à réduire en démantelant les services publics. On ne saura pas si "toute la place" promise au secteur non marchand annonce une reconstruction des services publics (eau, télécommunications, énergie), la municipalisation des sols, ou encore le retour sous contrôle politique des banques centrales.

L’article 6 proclame bien que "certains domaines ne peuvent relever du marché quand ils concernent des droits essentiels", mais ces "domaines" demeurent aussi incertains que les "droits essentiels" auxquels ils correspondent.

Selon l’article 10, "la France doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en combattant toutes les discriminations". Il était temps ! Le propos serait plus clair s’il était précisé que ce combat devrait aller jusqu’au droit de circulation et d’installation, à l’égalité des droits sociaux et au droit de vote des immigrés.

L’article 29 annonce que le PS "veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux". Ah, qu’en termes fumeux ces choses-là sont dites ! La diversification en question implique-t-elle l’introduction, par exemple, de la proportionnelle "à tous les niveaux" dans les modalités électives ?

L’article 17 annonce que le PS "est un parti européen, qui agit dans l’Union européenne, qu’il a non seulement voulue, mais en partie conçue et fondée". Autrement dit, un parti respectueux de l’Union libérale réellement existante du marché unique de 1986, du traité d’Amsterdam de 1997, du pacte de stabilité, du récent traité non simplifié de Lisbonne, reprenant l’essentiel du traité constitutionnel rejeté par référendum en 2005, dont la vaillante abstention des députés socialistes a permis lors du congrès de Versailles l’adoption par voie parlementaire voulue par Nicolas Sarkozy
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La déclaration de principes en dit plus par ce qu’elle tait ou abandonne que par ce qu’elle expose. Le socialisme démocratique qu’elle revendique prétend "aller à l’idéal" et "comprendre le réel". Mais elle ne dit rien du réel qu’il s’agit de comprendre, encore moins de l’idéal à atteindre, si ce n’est "qu’être socialiste, ce n’est pas se satisfaire du monde tel qu’il est" (art. 1). Au vu de ce qu’est le monde et comment il va, c’est la moindre des choses. Le but serait donc "l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète".

Il ne fallait pas moins qu’une nouvelle déclaration principielle pour apprendre que mieux vaut une émancipation complète qu’incomplète. Quant aux moyens d’y parvenir, il s’agirait d’une "économie sociale et économique de marché régulée par la puissance publique", combinant "un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, et un tiers secteur d’économie sociale" (article 6). On ne saura rien du dosage de cette combinaison, et qui, des appétits concurrentiels privés ou de l’intérêt public, finira par dicter sa loi.

Il faut donc aller chercher l’utilité d’une aussi vaine déclaration dans ses silences et ses suppressions, autant et plus que dans ses généralités explicites. Exit le mot de "révolutionnaire" qui figurait encore en 1990 dans la précédente déclaration. C’était si incongru qu’on l’avait oublié. Est de plus éliminée toute référence à la lutte des classes, dissoute dans "l’intérêt général du peuple français" (article 19). Est ainsi annulée la déclaration historique de 1905, celle de Jaurès, définissant le PS comme "un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange". C’est ce que le sens commun appelle "avaler son bulletin de naissance".

Une aussi spectaculaire disparition des classes et de leur lutte ne pourrait s’expliquer que de deux manières. Soit parce que les classes sociales auraient disparu, ce que ne confirment ni l’activisme patronal du Medef et de l’UIMM ni les attaques gouvernementales contre la Sécurité sociale et le code du travail. Soit plus sûrement parce que le PS y aurait renoncé pour devenir "également le parti des entreprises", comme le réclame Emmanuel Valls.

La fonction réelle de cette déclaration de principes extraordinairement et exceptionnellement consensuelle pour un parti déchiré par les ambitions et les rivalités personnelles est celle du parachèvement de la mue sociale-libérale de la vieille social-démocratie française, en retard sur ses partis frères européens, freinée qu’elle fut dans son évolution par la culture de lutte et de résistance héritée de Mai 68. Le PS pense sans doute s’ouvrir ainsi la voie d’un Tony Blair. Il se prépare en fait un désastre à la Veltroni. En Italie, deux ans de politique libérale sous la houlette de Romano Prodi ont conduit au triomphe de Berlusconi et de la Ligue du Nord. Et Rome est aux mains d’un extrémiste de droite ! Encore plus révélateur peut-être, cela s’est accompagné de l’effondrement de la coalition "arc en ciel", passée dans le même laps de temps de 11 % à 3 %.

La preuve est éclatante que l’unité même large de ce camp ne peut rien contre la marche au bipartisme quand elle est bâtie sur la confusion politique : toute cette coalition était du gouvernement Prodi. Et cela sans que les partis de la gauche radicale, créés trop récemment, ne parviennent à s’imposer. Il n’y a rien de plus urgent pour la gauche française que d’analyser les causes de ce tsunami politique. Avec une première évidence : toute alliance gouvernementale ou parlementaire subalterne au projet esquissé par la déclaration de principes aurait les mêmes effets mortifères pour une gauche radicale et anticapitaliste que ceux que viennent d’avoir en Italie la participation au gouvernement Prodi et la caution apportée à sa politique. L’indépendance stratégique vis-à-vis du PS est le maître mot si l’on ne veut pas garantir des succès répétés au capitalisme.

La désastreuse leçon italienne ne peut que renforcer le besoin d’un nouveau parti, porteur d’une véritable alternative à un système capitaliste ensauvagé et indépendant du social-libéralisme annoncé. On entend dire que ce projet lancé par la LCR vient trop tôt. Au vu de l’évolution du PS, de son hégémonie renforcée sur ses alliés traditionnels qu’ont confirmé les municipales, au vu d’autre part de l’expérience italienne, on peut au contraire se convaincre que, très bientôt, il sera trop tard.

Daniel Bensaïd est maître de conférences, Paris-VIII.

Samuel Johsua est professeur émérite, université de Provence.

Tous deux sont militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

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