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NPA 27 -  Eure

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Face-à-face Olivier Dartigolles (PCF) François Sabado (LCR) : quelle transformation révolutionnaire de la société ?

11 Juin 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Face-à-face Olivier Dartigolles (PCF) François Sabado (LCR) : quelle transformation révolutionnaire de la société ?

 

Le face-à-face entre Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et François Sabado, membre de la direction nationale de la LCR paru dans l’Humanité des débats de samedi 7 juin.


Vos deux formations se réclament de la transformation révolutionnaire de la société. Est-ce pertinent aujourd’hui ? On voit bien comment le PS a renoncé à ces thèmes. Le PCF ne semble guère mettre en avant la révolution. Et, à la LCR, vous allez vers la création d’un nouveau parti dont l’appellation ne se réclame pas du communisme ou de la révolution…

François Sabado. Ça reste pertinent. L’actualité de la transformation révolutionnaire de la société, c’est avant tout la crise du capitalisme. On n’est plus comme dans la fin des années 1990, dans ce qu’on appelait « la fin de l’histoire ». On est dans une situation de crise globale du capitalisme : crise financière, bancaire, alimentaire, éléments de récession… Il ne s’agit pas d’être catastrophiste : il y a des taux de croissance importants, des avancées technologiques, une restauration du capitalisme en Chine. Dans l’ancien bloc de l’Est, il y a surabondance de capitaux… Mais les contradictions du capitalisme sont extrêmement présentes. Il reste des possibilités de développement du capitalisme mais le coût social, économique et écologique de ce développement est terrible et appelle la transformation de la société comme une question actuelle. La question est donc : quel capitalisme et quelle transformation ? Quand on voit le développement du capitalisme actuel avec sa financiarisation et ses destructions, on ne peut s’empêcher de reprendre l’expression de l’économiste Michel Husson : on est face à « un capitalisme pur ». Au sens où les Trente Glorieuses ont été en fait une parenthèse dans l’histoire du capitalisme. Pour s’attaquer à ce capitalisme, il faut s’en prendre à son noyau dur : la recherche du profit. Il faut un anticapitalisme pur qui pose la question du socialisme. Face à la logique des profits, il faut substituer celle des besoins sociaux.

Olivier Dartigolles. Il y a effectivement crise globale du capitalisme. Crise démocratique, sociale, économique, financière, alimentaire… qui fait qu’à l’échelle du monde, de la société, des millions de personnes se disent qu’il y a un avenir de chaos. Et, face aux crises, monte une prise de conscience que mettre fin à toutes les dominations, les exploitations et les aliénations est une condition de survie pour l’humanité. Ça ouvre d’immenses potentialités. Nous sommes sur une ligne de crête : d’immenses potentialités et d’immenses périls. On ne peut pas avoir le sentiment unique d’un avenir bouché. Il y a des leviers, des prises dans le monde, l’Europe et notre société, pour qu’un mouvement, à partir de la caractérisation de cette crise, nous permette de travailler à une alternative. C’est une période plus ouverte qu’il n’y paraît, mais ça pose la question du contenu de cette alternative, d’un projet politique d’avenir, de gauche, progressiste. Je pense que cette question du projet politique n’est pas travaillée par la LCR. Il faut poser également la question du rassemblement. On ne doit dresser aucun mur entre celles et ceux qui peuvent se rassembler. On peut reprendre la main mais ça demande un effort d’élaboration politique, théorique et organisationnelle pour mettre fin en France à l’hégémonie idéologique portée par Sarkozy. Maintenant, pas en 2012.

François Sabado. Oui, c’est ce que disait Rosa Luxemburg, « socialisme ou barbarie ». Il y a des éléments de prise. Mais est-ce que la transformation c’est la rupture avec le capitalisme, ou bien le retour aux Trente Glorieuses, à l’État providence, ou à un capitalisme à visage humain ? Nous pensons que le capitalisme, sa financiarisation, le durcissement de l’exploitation de millions de gens sont tels que, pour défendre des revendications immédiates, partielles, il faut s’en prendre à la logique même du système. Il faut poser le problème de la rupture et donc de la confrontation. La répartition des richesses, l’incursion dans la propriété capitaliste et l’avancée vers une propriété publique et sociale impliquent une confrontation avec les classes dominantes. Se pose la question du projet, je ne suis pas d’accord avec ce que tu as dit. La LCR est consciente du problème. L’anticapitalisme demande de définir le socialisme du XXIe siècle. Pour nous, les grands axes du socialisme nécessitent de rompre avec le capitalisme, de pousser la démocratie socialiste jusqu’au bout. Ce qui veut dire, par exemple, faire passer les droits sociaux avant les droits de propriété, et des changements institutionnels, une rupture avec la Ve République. Il faut donc préparer une confrontation. Pour nous, il ne s’agit pas d’un seul choc, il y aura toute une phase de préparation, d’accumulation d’expériences de lutte, mais, à un moment donné, il faudra une brisure, une cassure. L’essentiel, cque l’émancipation des travailleurs soit l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. Il faut donc que les gens se dotent de leurs propres organisations ou structures. Pour nous, ça veut dire qu’on met au centre l’irruption des travailleurs sur la scène politique et sociale et non le travail dans les institutions. L’histoire montre que l’essentiel des conquêtes se fait de l’extérieur des institutions.

Olivier Dartigolles. Il y a là une divergence forte. Nous sommes les uns et les autres dans les manifs. Mais nous voyons bien qu’aujourd’hui ce qui limite ces mobilisations, c’est l’absence de traduction politique en termes de projet. Cette situation ne peut plus durer. Il y a urgence à traiter cette question. Quand tu dis que tous les grands progrès sociaux ont été acquis dans les luttes et non pas par les urnes, je suis en total désaccord. Dans toutes les grandes conquêtes sociales, les luttes et les urnes se sont épaulées. Lorsque la LCR écrit que « la généralisation de la grève a été concrètement à l’ordre du jour dans les mobilisations depuis 1995 », ce n’est pas vrai. On a obtenu deux victoires, celle du référendum et celle du CPE. Mais on souffre, et dans les manifs, l’ambiance est lourde parce que l’horizon est bouché. Pour une raison : il n’y a pas le projet politique clairement identifiable de gauche qui permette d’engager un processus de changement. Il n’y aura pas d’irruption des travailleurs si nous ne traitons pas en urgence cette question-là. Être révolutionnaire aujourd’hui, c’est aussi être capable de définir ici et maintenant, pour les cinq prochaines années, les mesures incontournables, nécessaires pour changer le rapport des forces. Des mesures réalisables, avec les moyens financiers, institutionnels et démocratiques, des mesures cohérentes entre elles qui dessinent une alternative démocratique. Il ne faut pas se payer de mots : il y a besoin à gauche de formuler ce projet. Ça ne relève pas de discussions d’organisations, il faut que le peuple s’en mêle. Il faut mettre au coeur de ce projet la question d’un autre mode de développement. Et, pour notre part, nous identifions quatre révolutions essentielles : une maîtrise citoyenne et sociale des marchés financiers ; une révolution écologique et énergétique ; une révolution démocratique ; et des ruptures dans l’information, la connaissance, l’art… Vouloir aujourd’hui cette transformation révolutionnaire c’est être en capacité d’énoncer clairement ce projet et les conditions politiques de sa réalisation : l’intervention populaire et un rassemblement politique. On a besoin de ce rassemblement : la théorie des « deux gauches » est aujourd’hui portée par les dirigeants socialistes les plus enclins à se tourner vers la droite ! La droite est très attentive au fait que la gauche ne puisse pas se rassembler et ne puisse plus construire une majorité politique pour le changement.

François Sabado. Il n’y a pas ceux qui donnent dans le lyrisme et ne s’intéressent qu’aux luttes, et ceux qui sont concentrés sur la perspective politique. La question est : quelle perspective politique ? Pour nous, c’est la transformation et, au centre, l’intervention des masses sur la scène politique. Je redis que les principales conquêtes dans le pays ont parfois été enregistrées par tel ou tel gouvernement, mais elles sont le produit de grèves générales, de situations révolutionnaires ou prérévolutionnaires. Il n’y avait pas les congés payés, les 40 heures ou les nationalisations dans le programme du Front populaire. Il peut y avoir, après, une traduction politique, mais qu’est-ce qui est premier ? Quand la droite pousse le bouchon trop loin, il peut y avoir un retour de balancier et on ne peut pas écarter une réaction populaire. Mais nous sommes réalistes, le rapport des forces s’est dégradé avec l’offensive néolibérale. Comment y répondre ? Je prends les quatre points que tu as cités. Tu parles de « maîtrise citoyenne et sociale des marchés financiers », mais la régulation ne marche pas. C’est une illusion, une chimère. Le PS au gouvernement n’a pas régulé les marchés financiers. Il faut qu’on s’attaque au noyau dur, le capital, son pouvoir, par exemple le droit de regard, la levée des secrets commerciaux, bancaires, la mise sous contrôle public d’entreprises comme Total. Maîtriser les marchés, c’est s’attaquer à la propriété capitaliste. Autre exemple : la révolution écologique. Un programme « éco-socialiste », ce n’est pas faire payer les pollueurs mais s’attaquer à la logique du mode de développement, donc réorienter des productions ce qui pose encore le problème de la propriété. La révolution démocratique, qu’est-ce que ça veut dire ? La rupture avec la Ve République, un processus constituant pour une nouvelle démocratie : le système de suffrage universel, mais aussi des éléments de démocratie directe dans les communes et les entreprises. Pour poser ces questions politiques, il faut changer le rapport de forces au sein de la gauche. On doit poser le problème du rassemblement en termes d’unité d’action et d’intervention, mais il faut que ne dominent plus les forces sociales-libérales au sein de la gauche.

Olivier Dartigolles. Dans le dernier document de juin de la LCR, une phrase m’a fait sursauter. « Il n’existe pas de solution nationale tant les économies des sociétés sont imbriquées, et les problèmes de fond nécessitent une riposte à cette échelle… » On ne peut pas dire ça. Bien évidemment un projet politique de gauche devra énoncer les changements à l’échelle de l’Europe et du monde. Mais existe-t-il dans le pays des leviers permettant de reprendre la main ? Il faut faire en sorte que ceux qui sont dans la rue et ceux qui n’y sont pas et s’en désespèrent puissent reprendre espoir. On ne peut pas faire le jeu du bipartisme, accepter le paysage politique et médiatique qui se dessine : une droite dure, une gauche qui se droitise, et le calendrier politique qui se résume à la présidentielle. Et que ceux qui ne sont pas d’accord aient la possibilité tous les cinq ans de pousser un cri de colère. J’ai le sentiment, et je le dis avec gravité, que la position actuelle de la LCR est un élément du paysage interdisant que s’ouvre à gauche un horizon en termes de projet et de dynamique politique. Quand je vois d’Ormesson ou Étienne Mougeotte dans le Figaro vanter les mérites d’Olivier Besancenot, je trouve que la position de la LCR aujourd’hui, qui en fait des tonnes sur les deux gauches, participe de ce paysage qui se met en place pour tuer l’espoir. Il faut pousser dans le même temps les questions du projet politique, des moyens financiers parce que c’est sur ce plan que la gauche a failli quand elle était au pouvoir, mais aussi la question du rassemblement, des conditions politiques.

François Sabado. La création du nouveau parti anticapitaliste représente un nouvel espoir en France et dans le milieu ouvrier. Les réactions de sympathie envers cette démarche et à l’égard d’Olivier Besancenot montrent que c’est la seule chose de neuf qui ouvre une perspective à gauche actuellement. Une simple remarque, sans polémique : j’appelle les dirigeants communistes à ne pas retomber dans le vieux discours sur le thème des complicités de l’extrême gauche avec la droite, des gauchistes provocateurs, etc., qui ne vous a pas porté chance. Ce qui nous importe est de reconstruire un mouvement ouvrier, en menant la bataille politique contre la droite en priorité, mais aussi contre les forces dominantes à gauche. La question à laquelle nous sommes confrontés est celle d’une droite qui souhaite que l’Europe prenne toute sa place dans la concurrence mondiale, et qui casse pour cela les modèles sociaux européens. Il faut donc s’attaquer à cette droite dans l’unité d’action à gauche et en particulier avec les militants communistes et révolutionnaires. Mais, en même temps, la droite n’arrive pas à stabiliser sa domination politique, car les résistances qu’elle rencontre font naître des éléments de crise sociale. Nous voulons faire en sorte que résistances s, pour qu’elles produisent de la politique, de la culture au sens gramscien, c’est-à-dire reconstruisent une hégémonie. Pour nous, la perspective ne se limite pas à construire un nouveau parti anticapitaliste, ni à porter la parole des luttes. Cela implique des contenus en termes de revendications, mais aussi une perspective politique indépendante du centre gauche et de la social-démocratie, qui rejette les coalitions parlementaires et gouvernementales. Ceux qui désespèrent les peuples et les travailleurs sont ceux qui ont participé à ces coalitions. Les gouvernements sociaux-libéraux sont pris dans le carcan du capitalisme financiarisé, et obligent ceux qui y participent à appliquer un programme qui est contradictoire avec ce que l’on défend par ailleurs. Cela est arrivé au PCF dans la gauche plurielle, c’est arrivé au Parti de la refondation communiste en Italie, et cela arrivera demain, en Allemagne, à Die Linke si elle participe à un gouvernement avec le SPD. Il ne s’agit pas de refuser toute participation gouvernementale, nous nous situons clairement dans une optique de gouvernement, mais un gouvernement qui soit le produit des mouvements sociaux, des rapports de forces politiques, et non le fruit d’alliances parlementaires institutionnelles avec le centre gauche et le PS. À ce jeu-là, la gauche radicale ou révolutionnaire est toujours perdante, et pas seulement la gauche, mais notre peuple et le mouvement ouvrier tout entier.

Olivier Dartigolles. Je ne suis pas d’accord avec l’idée que la droite n’arriverait pas à stabiliser sa domination. En dépit de la perte de confiance de l’opinion publique, la droite garde la main dans la bataille idéologique aujourd’hui, ses réformes avancent et font mal, avec des conséquences sociales terribles. Cela demande que ceux qui ne se résignent pas ne participent pas à la présidentialisation du régime et à la pipolisation de la politique en se projetant en 2012, mais soient en capacité d’indiquer quelle autre politique est possible pour donner toute leur force aux mobilisations sociales d’aujourd’hui. Sur la question du rassemblement, le PCF, et c’est tout à son honneur, fera systématiquement tout ce qui est en son pouvoir pour battre la droite. Chaque fois qu’il sera possible de construire des majorités politiques à l’échelle des villes, des départements, des régions et au niveau national, on le fera. Cela ne doit pas empêcher de tirer les enseignements des échecs passés, pour ne pas reproduire ce qui a envoyé la gauche dans le mur. Il faut avancer des idées neuves en matière de rassemblement, mettre en place quelque chose qui n’a jamais existé. Pour cela, il faut d’abord accepter que ce rassemblement à gauche à vocation majoritaire inclue des femmes et des hommes qui ne sont pas du même courant de pensée. Cela demande de se mettre d’accord sur des objectifs et un projet politiques communs. De nombreuses forces agissent avec des moyens importants pour que ce rassemblement ne voie pas le jour. Si nous avions mis en pratique la théorie des « deux gauches » durant la campagne du « non » au référendum de 2005, nous n’aurions pas réussi à enclencher cette dynamique et cet espoir qui ont conduit à la victoire du « non ». Mais il faut que le rassemblement populaire garde durablement la main, avec un esprit de suite et d’initiative, avant, pendant et après l’élection. C’est ce qui a manqué au moment de la gauche plurielle, et c’est quelque chose que l’on n’a jamais connu. Aucun gouvernement ne peut freiner une telle dynamique quand le peuple s’en empare. Cela demande un immense effort de travail politique, mais je ne vois pas d’autre issue. Si on ne passe pas par la case « projet politique de gauche » ni par le rassemblement populaire le plus large sur les contenus les plus élevés, rien n’aboutira. Mais cela demande in fine aux organisations politiques de constituer une majorité parlementaire à l’issue de ce processus. Que peut-on faire sans majorité dans ce pays face à la droite ? Je peux comprendre qu’avec un horizon bouché à gauche vous soyez tentés d’engranger quelques points, mais ce n’est pas l’enjeu. L’enjeu, c’est de reprendre la main face à l’hégémonie culturelle de la droite que tu évoquais.

François Sabado. 2012 est le cadet de nos soucis. Ce qui nous importe, c’est la situation ici et maintenant. Nous disons que la droite n’arrive pas à stabiliser sa domination parce que l’offensive libérale est tellement forte qu’elle bouscule ses propres partis et ses propres institutions. Mais ils cognent comme ils n’ont jamais cogné. L’unité pour faire reculer la droite est centrale pour nous, y compris avec le parti social-libéral. Mais la social-démocratie a effectué une mutation, ce n’est plus celle des années trente ou des années soixante-dix. Ce n’est pas un hasard si Strauss-Kahn se retrouve dirigeant du FMI. Il y a une interpénétration des sommets du capitalisme financier international et de la social-démocratie. Malgré cela, il reste le peuple de gauche. On peut se battre ensemble pour l’unité d’action de l’ensemble du mouvement ouvrier et du peuple de gauche à partir de mesures clés qui stimulent la mobilisation et déstabilisent le système, pour un programme d’urgence sociale et démocratique qui propose l’augmentation immédiate de 300 euros des salaires et le SMIC à 1 500 euros, la relance des services publics, l’interdiction des licenciements, etc. Mais, sur le plan politique, il y a un problème entre nous, car nous pensons qu’il y a deux gauches. Le référendum de 2005 a été une manifestation populaire de l’existence de ces deux gauches, avec d’un côté le « non » de gauche, et de l’autre les partisans du « oui ». À ce moment, l’un des choix possibles était de poursuivre la rupture avec la direction du PS, et cela vous ne l’avez pas voulu. C’est cela le problème. Ce ne sont pas des a priori, ce ne sont pas des « murs » que l’on construit, il s’agit de la réalité des positionnements politiques. Nous pensons qu’il faut rassembler la gauche de transformation sur une base anticapitaliste, indépendante du PS et de majorités parlementaires. Cela n’exclut pas de soutenir des mesures décidées par un gouvernement de gauche quand elles sont positives. Le nouveau parti anticapitaliste s’inscrit dans cette dynamique pour ouvrir une nouvelle perspective. Cette question est vitale : accepte-t-on le rapport de forces tel qu’il est ou cherche-t-on à le changer ? C’est impossible dans des Meccano institutionnels dominés par le PS. Accepter de se subordonner au parti dominant au nom d’une majorité parlementaire, cela a déjà été fait, et le bilan est négatif. On pourra peut-être rediscuter avec les partis de gauche, mais dans le cadre d’un rapport de forces où le mouvement populaire donne le la avec ses propres structures, et surtout dans un autre cadre que le cadre institutionnel.

Olivier Dartigolles. Mais il faut que le rapport de forces se traduise dans les institutions pour mettre en oeuvre une autre politique. Dans la campagne référendaire, nous avons construit un rassemblement sur des contenus politiques élevés, mais ce qui a été déterminant est d’avoir fixé l’objectif de l’emporter. Sans cette perspective-là, il n’y avait pas de dynamique victorieuse possible. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas tant l’espoir d’un autre possible, c’est l’objectif énoncé comme tel de créer un rassemblement majoritaire. C’est un élément de la mise en mouvement de millions de salariés qui ne voient aucun débouché possible. Certes, ce n’est pas nouveau, il y a deux orientations à gauche. L’une sociale-libérale, de renoncement ou, au mieux, de régulation, et l’autre de transformation de la société. Mais, dans le peuple, il n’y a qu’une gauche, et notre ambition doit être de la rassembler pour que l’orientation de la rupture et de la transformation sociale soit majoritaire dans le pays. Notre congrès portera sur ce thème. Nous souhaitons, par des rencontres populaires, montrer qu’il est possible de reprendre la main.

François Sabado. J’estime que je ne suis pas dans la même gauche que les dirigeants du PS. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il y a besoin de redonner du moral à des millions de gens. Mais, pour nous, cela consiste à montrer qu’il existe autre chose à gauche que le PS, qu’une gauche dominée par le centre gauche ou le social-libéralisme, qu’il y a une perspective anticapitaliste qui défend vraiment les revendications, qui défend vraiment les intérêts des classes populaires. Le fond de notre projet de nouveau parti anticapitaliste est de donner des éléments de traduction et de représentation politiques d’un nouvel espoir à gauche, qui s’inscrit dans une perspective de rupture avec le système et d’indépendance radicale par rapport à la gauche telle qu’elle existe aujourd’hui.

 Entretien réalisé par Sébastien Crépel et Olivier Mayer

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Tract des Comités d'initiative NPA de l'Eure : Luttons tous ensemble pour faire reculer le gouvernement ! (15-06)

10 Juin 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Luttons tous ensemble pour faire reculer le gouvernement !


 

Lycéens parisiens, enseignants du premier degré, salariés de Météo France, agriculteurs, marins pêcheurs, transporteurs routiers : il n’y a pas un jour  sans que le mécontentement contre la politique du gouvernement  ne se manifeste et  de nouvelles journées de grève et de  luttes sont programmées pour les deux semaines qui viennent.

  Une exaspération sociale qui touche toutes les couches de la population

  C’est le prix du gazole qui cristallise le mécontentement, notamment des marins pêcheurs et des transporteurs routiers. Mais ils ne sont pas les seuls concernés. Tous les jours, ce sont des millions de salariés qui doivent eux aussi mettre la main à la poche pour se rendre à leur travail, très souvent éloigné de leur lieu d’habitation et qui faute de réseaux de transports collectifs suffisants, n’ont d’autre choix que de prendre leur voiture.

Ces frais de transport viennent encore écorner les budgets des salariés, déjà bien entamés par la flambée des prix alimentaires. L’exaspération est la même, que l’on passe à la caisse pour payer son caddie au supermarché ou son plein de carburant.

Devant le mécontentement des routiers notamment, le gouvernement propose des mesures sauf une : faire baisser le prix du carburant en prenant sur les profits aux profits de Total qui engrange chaque mois plus d’un milliard d’euros de profits, 13 milliards en 2007.

La politique de Sarkozy-Fillon :

tout pour les riches !

  Alors que des milliers de familles ont de plus en plus de mal à satisfaire leurs besoins vitaux, l’argent coule à flot dans la poche des patrons. Les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs revenus de 58 % en une année. Le PDG de Vallourec a gagné en une année 18 millions d’euros,  trois siècles et demi d’un salarié moyen de son entreprise.

Alors que la population et les salariés luttent contre la suppression des services publics, une commission parlementaire vient de révéler que l’Etat perdait chaque année 73 milliards d’euros de recettes en cadeaux fiscaux pour les riches, soit 27 % de ses recettes.  Combien de postes d’enseignants, de personnel soignant dans les hôpitaux, d’emplois dans le service public, cela représente-t-il ?  Pour en donner une idée plus précise, le budget de l’Education nationale est de 77 milliards d’euros. Il est temps de mettre fin au pillage de la richesse collective pour défendre les services publics.

Unifions nos luttes contre Sarkozy-Fillon !

 Le 10 juin, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à une journée de grève de la Fonction publique. Le 17 juin, la CGT et la CFDT convoquent une journée de protestation interprofessionnelle. La colère du monde du travail  se manifeste depuis plusieurs mois, le gouvernement la craint plus qu’on ne le croit : le PDG de la SNCF ne vient-il pas de reculer sur les attaques contre les salariés du fret ferroviaire ? Jusqu’à maintenant, devant le flot des attaques du gouvernement, nos luttes sont dispersées et chacun riposte dans son coin. Pour le faire vraiment reculer, notre colère doit se manifester de façon concentrée. C’est  une lutte d’ensemble, qui peut regrouper tous les mécontentements et toutes les résistances, des revendications communes à tous les salariés notamment sur les salaires : 300 euros d’augmentation pour tous, pas de revenus inférieurs à 1500 euros nets. C’est notre dû, une partie de l’argent volé sur notre travail.

Saisissons toutes les occasions de montrer notre colère et notre détermination à entamer une lutte prolongée qui pourra  faire reculer le gouvernement !

 

NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE

 

Militants anticapitalistes, syndicaux, associatifs, jeunes, travailleurs avec ou sans emploi, nous avons décidé de regrouper nos forces et de répondre à l’appel lancé par Olivier Besancenot et la LCR pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste.

Face à Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires, et à la guerre sociale qu’il mène contre les travailleurs et les jeunes, face à la faillite et la capitulation des partis de gauche, il manque cruellement un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui, un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société. Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant que commence la discussion pour décider ensemble, pour construire ensemble !

Rejoignez-nous !

 

Des réunions ont lieu très régulièrement dans les villes ou secteurs suivants : Bernay, Evreux, Louviers, Pont Audemer, Val-de-Reuil, Vallée de l’Andelle, Vernon, Sud de l’Eure

Pour nous contacter, être tenu au courant de nos réunions et nos activités : npa27@hotmail.fr

 

 

Une date à retenir :

Meeting avec Olivier Besancenot,

le vendredi 10 octobre à Evreux



L’« offre valable d’emploi » : une attaque contre l’ensemble des travailleurs

 

La mise en place de l’« offre valable d’emploi » (OVE) obligera un salarié au chômage depuis plus d’un an à accepter un emploi payé à 57 % de son ancien salaire.

Les salariés en poste seront plus facilement licenciés et obligés d’accepter le premier boulot venu au bout d’un an de chômage. Une mesure particulièrement scandaleuse quand on sait que 75 % des emplois créés sont des CDD ou des temps partiels. Il suffira désormais au patronat d’embaucher quelqu’un au chômage depuis un an pour n’avoir à le payer que près de la moitié de son dernier salaire. 

Cette mesure va peser à la baisse sur l’ensemble des salaires. Il s’agit donc d’une nouvelle attaque frontale contre tous les travailleurs. 

Le chômage de masse, la précarité, sont des armes entre les mains du patronat pour baisser les salaires, augmenter le temps de travail et les cadences. La seule solution réelle pour en sortir, c’est de partager le travail entre tous, pour travailler tous et moins. 

 


C’est pas la crise pour tout le monde

 

+ 58% d'augmentation en 2007 : c’est la moyenne de l’augmentation des revenus des grands patrons l’an dernier d’après une enquête de l’Expansion.

En tête du palmarès on trouve Pierre Verluca, président de Vallourec, avec un revenu de 18,12 millions d’euros, soit une augmentation de  2 312 % !

Une pensée émue, tout de même, pour Daniel Bouton, président de la Société Générale, dont les revenus accusent une baisse de 52 %. Il aura du se contenter de 5,24 millions d’euros. A peine 450 années de salaire d'un smicard...


Des sans papiers “entre les murs”

"Dans un monde où on parle de paillettes, de stars et de Cannes, tout le côté américain de Cannes, la réalité c’est autre chose. La réalité a eu un prix. La réalité, c’est une ZEP (zone d’éducation prioritaire) et des enfants sans papiers." Ces mots, d’une militante du Réseau éducation sans frontière (RESF) du 20ème arrondissement de Paris où se trouve le collège Françoise Dolto, dont sont issus les élèves  du film “Entre les murs”, Palme d’Or à Cannes, rappellent la dure réalité. Certains élèves-acteurs du film, ainsi que certains de leurs parents sont en effet sans papiers et peuvent être expulsés à tout moment.

La lutte continue pour obtenir la régularisation de tous les sans papiers !

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Conférence internationale de la gauche radicale, anticapitaliste et révolutionnaire européenne des 31 mai et 1er juin....

4 Juin 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Conférence internationale de la gauche radicale, anticapitaliste et révolutionnaire européenne des 31 mai et 1er juin....

 

Ils sont venus.. ils sont tous là…Du Nord…du Sud.. de l’Europe.

Une centaine de représentants d’une trentaine d’organisations de 16 pays étaient présents. Parmi elles, les principales organisations de la gauche révolutionnaire en Europe qui représente des milliers de militants et de sympathisants.

Un observateur d’ISO (International Socialist Organisation) organisation révolutionnaire aux USA était aussi là.

Cette conférence internationale de la gauche radicale, anticapitaliste et révolutionnaire européenne a été incontestablement un grand succès. Pour la première fois depuis Mai 68, presque toute la gauche anti-capitaliste était réunie.

Se réunir une première fois était déjà tout à fait remarquable, décider de continuer et de réunir une deuxième conférence, en 2009, montre qu’il y a, peut-être quelque chose de neuf qui se passe pour la gauche radicale en Europe.

Ce succès est d’abord lié à de la curiosité et de la sympathie pour l’initiative de la LCR et du NPA, mais il y a plus.

C’est un changement de période historique qui travaille tout le mouvement ouvrier et toutes les organisations depuis plusieurs années, processus qui arrive peut-être à maturité dans une série de pays. La conjugaison, dans le cadre de la globalisation capitaliste, de la crise actuelle du capitalisme -financière, bancaire, alimentaire-, du redoublement des attaques contre les droits sociaux et démocratiques, et de l’évolution social-libérale de la gauche traditionnelle ouvre un espace pour la gauche radicale.

Ces questions ont été traitées au travers d’une première discussion introduite par François Sabado, membre de la direction nationale de la LCR. Celle-ci a fait apparaître une série de points de convergence sur le caractère de l’offensive capitaliste, sur l’évolution de la social-démocratie et des partis communistes, sur la dynamique de la lutte de classes. Ce débat a aussi confirmé les points de repère communs sur les principales mesures anti-capitalistes face au capitalisme néo-libéral, et la nécessité d’une politique d’indépendance nette vis-à-vis de la social-démocratie. Toutes les organisations présentes ont réaffirmé la nécessité de rejeter toutes les politiques de coalitions parlementaires ou gouvernementales avec le social libéralisme de la social-démocratie ou du centre gauche.

Ces références capitales pour reconstruire un nouveau mouvement ouvrier et une alternative anti-capitaliste n’épuisent pas tous les débats indispensables pour reconstruire un projet socialiste, débats qu’il faudra poursuivre, sur les diverses expériences en Europe, des questions-clé comme la formulation d’un programme anticapitaliste européen, le problème de la guerre, celle d’une réponse écosocialiste à la crise écologique, enfin sur le contenu et les formes du socialisme du XXIe siècle.

Il faut donc travailler et débattre. C’est le sens d’une prochaine conférence en 2009, qui sera centrée sur les questions de la lutte contre la guerre, de l’Otan des politiques militaires en Europe.

Mais, autre point positif de cette conférence : il ne s’agit pas seulement de débattre mais d’agir. Trois discussions ont suivi la discussion générale. La première, introduite par Yvan Lemaitre, de la direction de la LCR, sur la question de la guerre, où revenant sur les politiques guerrières des classes dominantes et sur le rôle de l’OTAN, les participants de la conférence sont convenus d’utiliser le soixantième anniversaire de l’OTAN pour organiser une grande manifestation internationale à Strasbourg et Kiel au printemps prochain.

Pour la première fois dans ce type de conférence était abordée la question du réchauffement climatique, introduite par Laurent Menghini. Ce deuxième débat a montré que, progressivement, toutes les organisations anticapitalistes prennent en charge la dimension écologiste.

Il y eut un troisième débat, introduit par Emmanuel Siegelman sur l’importance de la lutte contre le racisme et la xénophobie. A l’instar de la Ligue du Nord italienne qui fait une véritable campagne contre les étrangers, les attaques contre les immigrés constituent une pièce centrale du dispositif des gouvernements réactionnaires contre les droits sociaux et démocratiques. Les anticapitalistes doivent en faire un axe central de leur activité en Europe.

Enfin, après une première conclusion des travaux de Galia Trépère, pour la LCR, tous les participants ont décidé d’une intervention commune, au prochain forum social de Malmoe en Suède, et surtout d’envisager des activités communes lors des prochaines élections européennes de juin 2009. L’enjeu, quand la droite, l’extrême droite, les PS et les PC sont structurés à l’échelle européenne, c’est de commencer à construire un pôle anticapitaliste européen. Cette question est une des plus difficiles, car l’histoire de chaque organisation est différente, les rapports de forces spécifiques dans chaque pays, certaines organisations ont déjà répondu positivement, les autre vont en discuter, et certaines sans participer à une campagne européenne sont ouvertes à des initiatives communes..

Bref le NPA bouge aussi les lignes en Europe !


Les organisations représentées :

Danemark : Alliance Rouge Verte

Suisse : Solidarités, Gauche anticapitaliste, Mouvement pour le socialisme

Allemagne : ISL, RSB, BASG, Marx21, Gauche interventionniste, Gauche anticapitaliste

Autriche : SOAL

Suède : Socialist Party

Pologne : Parti polonais du travail

Belgique : LCR-SAP

Norvège : Unité socialiste

Grande-Bretagne : Respect, Socialist Resistance, Socialist Party, Socialist Workers Party

Etat espagnol : Espacio Alternativo

Turquie : ODP

Portugal : Bloc de gauche

Italie : Sinistra Critica

Pays-Bas : SAP

Etats-Unis : ISO

Grèce : ARAS, Kokkhino, Syriza, KOE, Synapismos, Nouveau Courant de gauche (NAR), Recomposition de gauche, DEA, OKDE, Alternative écologiste, SEK, AKOA

France : LCR

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NPA: nouveau "sujet politique" dans le Tarn.

1 Juin 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

NPA: nouveau "sujet politique" dans le Tarn.

Dans le Tarn, les initiatives pour le nouveau parti anticapitaliste se multiplient ( 80 personnes).

 

C’est lors du meeting de Castres, avec AlainKrivine, le 15 décembre dernier, qu’un jeune couple (un instituteur et une fonctionnaire) a été persuadé que le projet d’un nouveau parti pour les luttes était à l’ordre du jour, même dans leur petit village de Damiatte, dans le sud du Tarn. À Gaillac, des militants syndicaux de l’ancienne interprofessionnelle de 1993 reprennent le flambeau ; un comité de plus de vingt personnes y est né en mars. Y participent des syndicalistes de SUD, des militants qui avaient fait la campagne Bové, des jeunes sans expérience militante, des jeunes précaires, enthousiastes grâce aux interventions d’Olivier Besancenot, un agriculteur, un membre du PCF.

Déjà, plus de 80 personnes ont participé à des réunions des cinq comités d’initiative, dont le dernier né se réunira une seconde fois, début juin, près de Lavaur. Des comités d’initiative ont également été constitués à Carmaux et à Albi. Le seul endroit important où il n’existe pas de comité est la ville de Castres, mais on espère bien combler ce « trou » après les assises nationales.

Dans les comités, les discussions expriment la révolte contre Sarkozy et son gouvernement aux ordres du Medef. Mais aussi la révolte contre ce capitalisme qui détruit la nature, qui est la cause directe des famines dans le tiers monde, ce capitalisme qui tient les gens par le piège de la consommation et où précarité et chômage augmentent sans cesse, tandis que les richesses s’accumulent dans la bourse des actionnaires. On se pose aussi la question des actions concrètes : la question du démantèlement de l’hôpital public se pose partout dans le département, la menace des OGM pèse, 1 500 hectares de maïs transgénique ayant été cultivés l’an passé. Deux thèmes autour desquels des actions concrètes seront possibles.

Alors, comment faire changer cet état de choses ? Ne faut-il pas, en premier lieu, travailler sur la conscience des gens, rechercher des formes économiques alternatives, ou participer avec d’autres composantes aux élections pour être une vraie force de proposition ? Toutes ces questions de stratégie s’invitent aux débats, et aussi : quelle société voulons-nous ? Que demandent les adeptes de la « décroissance » ? Comment lutter pour des services publics de qualité, pour un nouveau système de transport public et en finir avec la dictature de la voiture ?

Finalement, la question de la relation entre le « programme » et la stratégie est au centre des débats : le programme du CNR, les dix mesures d’urgence de la LCR, les 125 propositions des Comités unitaires antilibéraux, on veut bien sûr en discuter, mais la question clé, c’est la stratégie par rapport aux institutions – cogestion ou contestation du système capitaliste en tant que tel, alliances ou non avec les partis de la gauche institutionnelle (principalement PS, PCF ou Verts). Des membres des Alternatifs suivent également de très près toutes ces discussions.

Étape suivante : la journée départementale des comités d’initiative, le samedi 14 juin à Graulhet, préparée par une coordination des comités fin mai. On y désignera nos délégués pour les assises nationales, fin juin, et on mettra sur pied des liens entre les différents comités du Tarn. On voit bien que le projet répond à un besoin et à des possibilités absolument nouvelles. Comme l’a formulé le comité de Lavaur : « Il faut œuvrer pour une insurrection des consciences et aller vers la convergence des luttes et la grève générale. »

 

 

Marijke Colle

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NPA: tribune des Collectif antilibéraux et réponse de la LCR.

31 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

NPA : Tribune des Collectifs antilibéraux et réponse de la LCR

 

Pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti, « Rouge » ouvre ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques. Nous publions ici le point de vue des Collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (Cual).

Oui, il faut du neuf

Nombre de vos déclarations l’affirment : la LCR n’est « plus l’outil politique le plus adapté à la situation actuelle ». Olivier Besancenot en fait sa campagne d’explication sur la nécessité d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA) : « Beaucoup de gens étaient dans la résistance [au gouvernement] mais se sentaient orphelins d’une structure de réplique globale. » Notre coordination de collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme s’adressait ainsi au dernier congrès de la LCR : « Un autre avenir est possible, si nous le voulons. Cette alternative ne peut venir que des forces convaincues de cette nécessité. Nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible […]. Où tou-tes puissent se retrouver, dans la diversité de leurs expériences, de leurs engagements, de leurs luttes. Cette diversité n’est pas un obstacle mais, au contraire, une formidable richesse si la volonté de travailler ensemble l’emporte sur celle d’imposer le point de vue de sa sensibilité, de son parti, de sa philosophie.

« Ce mouvement doit s’appuyer sur un projet politique pouvant recueillir un large soutien populaire. C’est la garantie de ne pas reproduire les erreurs des gouvernements de gauche à majorité socialiste, qui n’ont jamais remis en cause les intérêts des forces économiques et financières dominantes. »

Comme vous, nous refusons cette société de plus en plus inégalitaire, sécuritaire, régressive. Comme vous, nous voulons un monde solidaire, fondé sur le partage des richesses, l’égalité sociale, l’impératifécologique, la paix et la démocratie généralisée. Nos assises, tenues en décembre dernier, ont proposé à toutes les forces sociales, politiques, associatives, syndicales, qui s’opposent au libéralisme, de s’engager ensemble dans la construction d’un projet émancipateur qui allie justice sociale et écologie, démocratie et égalité, solidarité et liberté, féminisme, antiracisme, pacifisme, réponses concrètes pour demain et projets d’avenir.

Dans cette perspective, nous pensons nécessaire de créer un cadre qui permette d’agir immédiatement en commun, tout en poursuivant les débats qui nous traversent. Tant sur le projet de transformation sociale et écologique à défendre que sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir (formes d’organisation, rapports aux institutions, alliances, place et rôle des mouvements sociaux…).

D’où notre proposition de préparer et de réaliser unitairement, dès 2008, des états généraux de toutes les forces, groupes de militants, réseaux de mobilisation, courants, partis, qui refusent que la gauche continue d’être dominée par le social-libéralisme. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique laissant subsister, autant qu’ils le souhaitent, les divers courants, tant que l’expérience ne les conduit pas à fusionner ou à se dépasser. Un cadre inscrit dans la durée, fondé sur des engagements communs dès maintenant et, à terme, un rassemblement politique.

Vous nous avez, pour le moment, répondu par la négative : pour vous, rien n’est plus urgent que la constitution des comités d’initiative du NPA. Nous regrettons vivement cette réponse. Le NPA que vous vous proposez de construire sera sans aucun doute un élargissement de l’actuelle LCR, il représentera sans doute également une certaine ouverture par rapport à la tradition politique dont vous êtes issus. Nous nous réjouirions que ce soit effectivement le cas. Mais ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Notre conviction est qu’il y a plus que jamais urgence à regrouper les forces et les courants de la gauche de transformation sociale et écologique pour offrir ensemble une alternative au bipartisme tracé par la droite et le social-libéralisme. De ce point de vue, sans attendre, les prochaines élections au Parlement européen sont un rendez-vous à ne pas manquer : elles nous donnent l’occasion de manifester notre volonté de peser sur la situation et de ne pas laisser le terrain à gauche au social-libéralisme ou aux opérations d’enfumage, comme celle proposée par Cohn-Bendit sous couvert de rassemblement de tous les écologistes. Ce serait le meilleur complément à notre engagement commun dans les luttes. La LCR, et demain le NPA s’il voit le jour, a toute sa place à y prendre.

La coordination nationale des Cual


RÉPONSE DE LA LCR AUX COLLECTIFS ANTILIBÉRAUX

Avec ou sans le PS, il faut choisir

La contribution de la Coordination des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme, parue dans Rouge la semaine dernière, met en évidence de nombreuses convergences avec les préoccupations de la LCR. Elle fait aussi apparaître des points de discussion voire de désaccord, sur les initiatives politiques à prendre.

L’ampleur et la violence des attaques menées par Sarkozy et son gouvernement ne font sûrement pas débat entre nous. L’effet des contre-réformes menées peut remodeler la société française et modifier les rapports de force en faveur des classes possédantes. Cela rend plus urgent que jamais l’émergence d’une force anticapitaliste. À attaque globale, réponse globale. Le désaccord entre nous n’est donc pas sur la nécessité d’une telle force, mais sur la possibilité de la réaliser dès maintenant et sur les délimitations qui la définissent.

Dans votre tribune, vous regrettez que nous ne nous inscrivions pas dans le projet que vous portez d’états généraux afin, « dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique ». Pour notre part, nous pensons qu’il est possible de commencer à construire d’ores et déjà ce nouveau parti. De ce point de vue, il est dommage que vous n’ayez pas rappelé votre décision et vos raisons de ne pas vous engager dans le processus du nouveau parti anticapitaliste (NPA), comme nous vous l’avions proposé lors de notre dernière réunion commune.

Ainsi, la motion adoptée à votre réunion des 29 et 30 mars indique, entre autres, que « les collectifs n’ont pas vocation à être, en tant que tels, partie prenante de la construction du NPA ». Vous écrivez : « Le projet de NPA, déjà lancé, ne correspond pas à notre démarche unitaire et de rassemblement, telle qu’elle a été définie lors de nos assises ». Plusieurs centaines de collectifs pour un nouveau parti, leur composition, le nombre de militants regroupés démontrent qu’il est temps d’avancer concrètement sur ce terrain. Les forces militantes déjà accumulées dessinent les contours d’une organisation qui ne sera pas simplement un « élargissement de l’actuelle LCR ». À cela, ajoutons que la radicalité sociale qui s’exprime dans ce pays ne peut se réduire à la réorganisation de ce qui existe. C’est le sens de notre formule, changer de gauche et non changer la gauche.

Ce n’est guère une nouveauté, mais parce que nous voulons construire un parti de rupture avec l’ordre existant, l’indépendance vis-à-vis du PS est une question essentielle. Le récent désastre italien, qui a vu le Parti de la refondation communiste (PRC) se faire laminer après son soutien au gouvernement Prodi, est venu conforter notre orientation de stricte démarcation par rapport à ce parti. Cette orientation n’est pas partagée par tous les partenaires que vous envisagez pour vos états généraux. C’est évidemment le cas du Parti communiste, qui a conclu des accords avec le PS, dès le premier tour, dans la plupart des municipalités.

À ces mêmes élections, si nous avons pu conclure de nombreux accords avec des collectifs antilibéraux, nous devons aussi constater que cette question de l’indépendance par rapport au PS demeure une question ouverte en votre sein. En témoignent les alliances, dès le premier tour, avec le PS, y compris dans de grandes villes comme Aix-en-Provence. Il en est de même pour certains courants politiques investis dans les collectifs : ainsi, à Nantes, la section locale des Alternatifs s’est retrouvée au premier tour sur la liste du Parti socialiste conduite par… le député-maire Jean-Marc Ayrault, dont on ne peut pas dire qu’il est à la gauche du Parti socialiste.

À la fin de votre contribution, vous évoquez les élections européennes de 2009. Pour notre part, nous aborderons cette élection avec une volonté d’ouverture, mais dans la clarté et la cohérence sur le fond politique. Il existe parfois, dans certains secteurs de la gauche antilibérale, un syndrome des années paires et impaires : années impaires, rassemblement antilibéraux, démarcation en paroles vis-à-vis du PS ; années paires, le temps des élus et des listes dès le premier tour avec ce même PS. Le calendrier électoral, souvent redoutable, est ainsi fait : les européennes de 2009 s’inscrivent entre les municipales de cette année et les élections régionales de 2010. On ne peut combattre le projet de construction européenne défendu par le Parti socialiste et gérer loyalement villes et régions avec ce même parti.

Léonce Aguirre et Guillaume Liégard

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Le PS cherche à contrer Olivier Besancenot "...

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Le PS cherche à contrer Besancenot "...

 

Article du Parisien du vendredi 30 mai. Par Eric Hacquemand .

Comment contrarier l’ascension du facteur ? Le PS s’interroge et peine à trouver une parade au phénomène Olivier Besancenot, qui tient ce soir un meeting à la Mutualité, à Paris, sur les 40 ans de Mai 68.

En coulisse, certains dirigeants socialistes commencent même à s’inquiéter de la montée en puissance du postier de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Et le futur parti anticapitaliste en cours de constitution, poussé par Besancenot, est aujourd’hui perçu comme une menace bien réelle.

Preuve que l’actuel porte-parole de la LCR est désormais pris au sérieux, Ségolène Royal a accepté pour la première fois de débattre avec lui. La rencontre s’est déroulée mardi après-midi dans les locaux de l’hebdomadaire « Marianne », qui publiera le compte rendu dans son prochain numéro. Selon les estimations du PS, la LCR peut aujourd’hui tabler sur un potentiel électoral d’au moins 10 %. Considéré dans les sondages comme la troisième personnalité de gauche la plus populaire, derrière Delanoë et Royal mais loin devant Hollande ou Fabius, l’admirateur du Che est ainsi en passe de réussir son pari : remplacer le Parti communiste et s’installer durablement comme « une alternative possible » au PS.

« Empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche »

Signe d’une certaine préoccupation, le premier secrétaire François Hollande a demandé à Daniel Vaillant, le député de Paris, de prendre la tête d’un « groupe de réflexion » réunissant quelques anciens trotskistes reconvertis : Julien Dray, Henri Weber ou encore Jean-Christophe Cambadélis. La lettre de mission est claire : « Trouver les moyens efficaces d’empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche », selon Daniel Vaillant.

Pour l’heure, les socialistes en restent au stade de la dénonciation. « Olivier Besancenot est l’instrument d’une manoeuvre de la droite », assène Vaillant qui prône la fermeté : « Il faut démystifier Olivier Besancenot. Son ni ni bénéficie à la droite. » Une parade classique qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu, selon le secrétaire national Razzye Hammadi. « Il n’est ni ringard ni dépassé : Besancenot n’est pas l’idole des bobos mais il a pénétré les couches populaires », estime l’ancien président des Jeunes Socialistes, qui appelle son parti à ne pas minimiser « l’effet Besancenot » : « Tant que le PS ne se réappropriera pas le discours sur une meilleure répartition des richesses, le postier prospérera. »

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Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale... (Médiapart)

26 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Au-delà du phénomène Besancenot, la LCR se prépare à une mue radicale...

 

Un article de Stéphane Alliès dans Médiapart (http://www.mediapart.fr).

Le contenu (citations, interprétations, conclusions du journaliste) de cet article n'engage pas du tout la LCR.

On ne recommence pas tout à zéro. Mais on recommence. » Loin des caméras de Michel Drucker, François Sabado, 40 ans de Ligue communiste révolutionnaire (LCR) derrière lui, conclut une réunion du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à Pantin, jeudi 15 mai. Ancien dirigeant de la LCR encore très actif dans le mouvement, il a écouté une vingtaine de personnes s’exprimer sur leurs définitions du capitalisme.

Parmi elles, une bonne moitié de membres de la Ligue, renforcée par des salariés de l’ANPE, des jeunes professeurs, une postière et des ouvriers à la retraite... Deux heures durant, on aura parlé « intéressement aux bénéfices de l’entreprise » et « libre circulation », mais aussi « engagement dans les luttes » ou « construction de tract ». L’extrême gauche tendance Besancenot s’organise au niveau local, bien loin des habitudes de la Ligue.

« Ce nouveau parti est une vieille idée que nous nourrissions depuis la chute du mur de Berlin, quand l’effet propulsif de la révolution russe a définitivement cessé de jouer », explique Sabado sans se départir tout à fait de la rhétorique trotskyste. « Pendant plus de quinze ans, on a approché toutes les opérations possibles, finalement assez droitières, des rénovateurs communistes aux Verts », ajoute celui qui demeure l’une des autorités morales de la Ligue.

Après l’élection présidentielle, où Besancenot a terminé en cinquième position avec 4,2% des voix (loin devant les autres partis de la gauche non-socialiste), le candidat a achevé de convaincre les "anciens de la Ligue" de construire un nouveau parti « par en bas ». Il a obtenu une large majorité de soutien dans le parti (83%) lors de son université d’été en août 2007.

La Ligue va se dissoudre, car « elle est trop chargée historiquement pour assumer l’ouverture », dit Sabado. Derrière l’ascension médiatique de son porte-parole, Mediapart fait l’état des lieux de ce nouveau parti, entre aggiornamento idéologique et recrutement inédit. Ou comment s’opère la « révolution culturelle » de l’avant-garde intello trotskyste, qui se tourne vers le néo-prolétariat...

La dynamique des municipales

Les derniers scrutins locaux ont été un succès pour la LCR, venant à l’appui de la dynamique de recrutement. Pierre-François Grond, membre du bureau politique, s’assure encore surpris : « On pensait que c’était trop tôt et que nous n’avions pas assez de militants formés pour cette échéance. Et finalement, on a 114 listes sur 200 qui font plus de 5%... Ce qui est très intéressant, malgré notre peu d’ancrage et d’habitude municipale, c’est que ces scores ont souvent augmenté au deuxième tour. »

Le chercheur Jérôme Fourquier, directeur d’études à l’Ifop, analyse dans une note (PDF) ces résultats et constate des percées dans « des communes à forte tradition ouvrière (Clermont-Ferrand, Louviers) où Olivier Besancenot est parfois venu soutenir des luttes sociales (comme à Sotteville, à Saint-Brieuc) ». Il remarque également que « la LCR obtient aussi de bons résultats dans des villes populaires situées à la périphérie des grandes agglomérations bordelaise et nantaise ».

Enfin, il relève « des scores significatifs dans certains bastions communistes de l’ancienne ceinture rouge : en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans le Val-de-Marne ou les Hauts-de-Seine ». Grond cite aussi en exemple la Bretagne, « où on semble récupérer un mix de l’électorat PC/LO/PSU ».

À Marseille, la LCR a su mettre en œuvre un laboratoire électoral du nouveau parti dont elle rêve, recueillant des scores entre 4 et 10% dans tous les arrondissements. Sa porte-parole dans les Bouches-du-Rhône, Camille Roux-Noumane, raconte comment la construction des listes fut un élément fédérateur : « On a anticipé la campagne en lançant un comité d’initiative en décembre, constitué autour de RESF, des comités Palestine et de nombreux syndicalistes de Sud et de la CGT. »

Également membre de la direction nationale, elle estime que « le ralliement du PC aux listes Guérini nous a bien aidés et nous a indirectement permis de constituer des listes avec d’autres collectifs (AlterEkolos, Rouges vifs, Les Alternatifs) ». « Évidemment, nos bons résultats ont créé de la confiance et permis une exposition », sourit-elle en affirmant que, aujourd’hui, les effectifs ont été multipliés par trois sur le département...

Ces succès municipaux ont permis à la Ligue d’obtenir une petite centaine d’élus, dont la moitié sont membres de la LCR. Conséquence immédiate, le parti est en train de créer un institut de formation de ses conseillers municipaux, en cours d’agrément auprès du ministère de l’intérieur. « Pour travailler sur des questions comme les services publics de l’eau, les régies municipales, les écoles, les voiries et la démocratie participative... », explique Pierre-François Grond. Avant de préciser : « Quand je dis démocratie participative, je parle de celle de Porto Alegre et de son slogan : penser global, agir local. »

La stratégie d’implantation aux municipales a enfin permis de faire émerger de nouveaux ancrages, de Quimperlé à Limoges, en passant par Colomiers ou le Nord-Pas-de-Calais. Souvent, l’expansion des effectifs a commencé par le démarchage de parrainages lors de la présidentielle et s’est consolidée avec la constitution de listes locales.

Pierre-François Grond cite ainsi en exemple Mulhouse, « où on a réussi à regrouper des exclus de LO, des syndiqués de chez Peugeot et une association de soutien à des immigrés kurdes, pour multiplier par 10 la section de la LCR d’avant ».

Sans se fixer d’objectif précis, la Ligue se verrait bien « autour de 10.000 adhérents, au lieu des 4.000 actuels », selon François Sabado. « L’idéal dans un premier temps, ce serait de devenir un petit parti de masse. Pour l’instant, on n’est que petit. À nous de devenir un parti et d’apprendre à gérer la masse. » Entre la première convention nationale fin juin et le congrès fondateur prévu en janvier 2008, la difficulté est de gérer la transition.

La délicate gestion de la transition

Pierre-François Grond ne fait pas mystère des « priorités de recrutement » : « S’implanter dans les entreprises, grâce à des délégués syndicaux qui ne se retrouvent plus dans le PC, investir les cités par un travail de terrain au long terme, continuer à faire venir des jeunes, plus précaires qu’étudiants, et mettre en place une conférence écologiste. »

Ces nouveaux horizons impliquent « un changement de mentalité », selon les termes de François Sabado. Selon lui, « il faut intégrer que le militantisme est beaucoup moins sacrificiel et élitiste que dans les années 1970 : Besancenot attire chez nous un nouveau public, à nous de les garder ».

Pour gérer le nombre, la direction de la LCR réfléchit à de nouveaux systèmes d’adhésions. « Traditionnellement, le montant de la cotisation était proportionnel aux revenus. Là, on est obligés d’être plus ouverts. On se dirige vers un tarif minimum et différents niveaux de militantisme. Abonnés au journal, membres, souscripteurs... Il faut trouver une place à chacun », réfléchit Sabado.

Pour Daniel Bensaïd, philosophe et figure historique de la Ligue, « payer pour militer peut devenir compliqué, vu les gens qu’on veut toucher. Il est clair qu’on s’oriente vers plus de dépenses et moins de recettes ».

La Ligue apprend aussi à « recruter par étape », comme à Marseille où Camille Roux-Noumane explique : « On a commencé par des réunions fermées, avec des gens qu’on a démarchés dans les associations ou les syndicats. Puis on élargit à des réunions publiques. » Comme le déclare Grond, « il faut que ceux qui militent beaucoup s’emploient à former au lieu de se contenter du seul activisme ».

Ce schéma de formation, François Sabado l’a déjà en tête : « On va organiser une réunion de bureau hebdomadaire à cinq ou six, mais ouverte à tous les adhérents, à côté de réunions publiques mensuelles. Enfin, on va essayer de mettre en place des sessions de formation thématiques, type université populaire, elles aussi mensuelles. En résumé, il faut conserver le meilleur du trotskysme et laisser de côté ses zones d’ombres. Il faut qu’on apprenne par exemple à ne plus "casser la tête" de ceux qui monopolisent la parole ou qui perturbent les réunions. »

« Il va quand même falloir "casser la tête" au début », nuance toutefois Daniel Bensaïd. « Il faut être lucide, notre démarche suscite un effet d’aubaine pour beaucoup de groupuscules sectaires, qu’il faudra contenir d’emblée si l’on veut réellement réussir l’ouverture à de nouveaux militants. »

Car, en gage de sincérité, la Ligue a instauré la parité dans les directions de ses comités locaux, à moitié composées de membres de la LCR et de militants dits "inorganisés". « Même quand on se rend dans des villes où on nous a démarchés pour construire un collectif, on y va en binôme », dit Camille Roux-Noumane en prenant l’exemple de Châteaurenard. « Il ne faut pas avoir peur, cette façon de fonctionner doit être la preuve de notre sincérité. »

« Cet entre-deux est délicat à gérer, car la LCR ne se réunit plus, on manifeste avec des banderoles NPA tout en distribuant Rouge [l’hebdomadaire de la Ligue], et il faut quand même faire gaffe au profil des "inorganisés" », soupire Bensaïd. Il précise : « L’enjeu pour nous est de rapprocher des engagements hétérogènes : les militants de la LCR, ceux qui sont en dissidence radicale avec la gauche organisée et ceux qui nous demandent d’être un parti de service. »

Le but est donc aussi de ne pas faire trop de cartes. « Franchement, il suffit de lancer Olivier dans une manif et on en fait 1000 », sourit François Sabado. « Mais il faut quand même être raisonnable dans notre pari fou »... Un pari qui ne va pas sans écueils.

Les écueils d’une « révolution culturelle »

Face à ceux qui dénoncent un parti construit pour servir la seule ascension de Besancenot, les dirigeants de la Ligue ne nient pas le risque de personnalisation. « C’est vrai qu’on peut voir là une ruse de l’Histoire, qui voit des trotskystes profiter à plein de la présidentialisation engendrée par la Ve République », reconnaît ainsi François Sabado. Daniel Bensaïd estime toutefois que « face au culte du chef, il existe un contre-culte militant, qui rejette les dérives de la médiatisation ».

Pour Pierre-François Grond, « c’est justement pour échapper à cela qu’on essaie de mettre en œuvre un processus collectif. Notre but est de former de nouveaux porte-parole, comme les deux militantes que Besancenot a fait venir chez Drucker. C’est aussi pour sortir de ce piège qu’on veut mettre en place des systèmes de rotation, tant chez les permanents qu’à la direction. Notre génération à Olivier et moi, elle est là pour dix ans maximum ». Et Sabado de faire dans le cynisme électoral : « On n’en est bien sûr pas là, mais l’idéal pour 2012, ce serait de présenter une jeune femme soutenue par Olivier. »

La rupture qui se prépare avec les vieilles habitudes trotskystes devrait aussi passer par quelques remises en cause aussi fondamentales qu’inconcevables il y a encore quelques années. En premier lieu, le choix du nom officiel du NPA. « On est capable de s’étriper là-dessus après avoir fait le plus dur. "Parti" ou pas "Parti", abandon des termes "révolutionnaire" et/ou "communiste"... Il y a aussi la définition de nouveaux statuts. On y réfléchit pas encore, mais ça va être coton », reconnaît Bensaïd.

L’hebdomadaire "Rouge", organe historique de la Ligue, devrait aussi être sacrifié sur l’autel de l’ouverture, au profit d’un nouveau système de presse, peut-être même gratuit.

Plus fondamental encore, la sortie de la IVe Internationale. « C’est vrai que le NPA n’a pas vocation à y figurer, lâche Bensaïd. Même si l’idée d’une organisation internationale est très populaire, on ne peut pas imposer aux nouveaux d’endosser notre histoire et, réciproquement, ils ne peuvent nous demander d’abandonner la nôtre. Il y aura sans doute le maintien d’un lien organique avec ceux qui en sont actuellement membres. »

En revanche, la réflexion avance autour de nouvelles alliances continentales, en vue des élections européennes de juin 2009, ce « premier baptême qu’il ne faut pas rater », selon les termes de Pierre-François Grond. Longtemps en charge des relations internationales à la Ligue, et toujours actif dans le domaine, Daniel Bensaïd évoque « une tâche difficile, car toute la gauche anticapitaliste européenne est tiraillée ».

Il estime toutefois qu’« il y a des possibilités avec les extrêmes gauches portugaise, anglaise, grecque et espagnole, au moins pour des “échanges de meeting” », tout en assurant que « grâce à Olivier, notre cote a considérablement grandi en Europe et certains veulent utiliser son aura... Aujourd’hui, Rifondazione Communista ne nous regarde plus de haut ».

Dans cet horizon, la référence aux Allemands de Die Linke n’est pas des plus "NPA-compatible", car elle recoupe l’ambition de l’autre "gauche de gauche", qui tente elle aussi de se restructurer...

Les rapports épineux avec l’autre “gauche de gauche”

Un possible compagnonnage avec Lutte ouvrière , comme ce fut le cas entre 1998 et 2002, est aujourd’hui vite évacué. « Ils auraient dû être avec nous, mais de peur de voir le mouvement leur échapper, ils ont favorisé des accords boutiquiers avec le PS aux municipales », résume Pierre-François Grond. Tout juste François Sabado explique-t-il avoir « beaucoup appris de LO, du temps où on travaillait ensemble, notamment sur la communication, externe et interne ». En revanche, la relation avec le reste de la gauche non socialiste fait encore débat.

La tentative avortée d’une candidature antilibérale unitaire à la dernière présidentielle, dans la continuité des collectifs pour le non au référendum européen, a laissé des traces. Et la LCR assume pleinement sa part de responsabilité, ainsi que le résume Sabado : « On a beaucoup regardé la terrible crise brésilienne, où nos copains se sont déchirés pour que certains finissent plus lulistes que Lula. On a aussi vu la recomposition italienne. Et on voyait ce projet de cooptation de l’extrême gauche par la social-démocratie se mettre en branle en France. Alors, c’est vrai qu’on a choisi de se blinder et de ne pas bouger, car la position d’indépendance avec le PS nous semblait essentielle pour notre crédibilité. »

Les rescapés des collectifs unitaires anti-traité européen, qui ont pour partie soutenu la candidature de José Bové, viennent de se regrouper à nouveau, sous l’égide d’un appel lancé par l’hebdomadaire Politis. Ce texte fait référence à une reproduction du modèle allemand Die Linke (parti réunissant l’ancien socialiste Oskar Lafontaine et l’ancien parti communiste de l’Est).

Et c’est là que le bât blesse. Grond dénonce ainsi une « logique lobbyiste, pour faire pression sur le PS et le ramener à gauche. Comme Die Linke, qui négocie localement avec le SPD. C’est une orientation "possibiliste" que nous comprenons mais que nous jugeons vouée à l’échec. Notre stratégie vis-à-vis du PS est celle de l’indépendance sans hostilité. A Toulouse, on a pris une porte dans la gueule quand on a proposé une fusion technique dans l’entre-deux tours des municipales, mais on a quand même appelé à voter pour Pierre Cohen ».

Daniel Bensaïd, qui a récemment entretenu une correspondance sur le sujet avec la figure altermondialiste Raoul-Marc Jennar, fait part de sa perplexité : « Cet appel nous simplifie les choses et on aimerait que l’initiative trouve un débouché, car on aurait enfin un interlocuteur et non plus une nébuleuse changeante. Cela dit, ça sent quand même la tentative de réhabillage du PC en vue des prochaines européennes... »

« Mais on continuera à discuter avec eux, et puis on ne sait pas ce que fera la base de ce mouvement-là », ajoute Grond. La base, toujours la base, leitmotiv de cette nouvelle Ligue en construction...


"Boite noire"

Cela faisait un moment que je m’étais promis d’aller voir de plus près la construction du NPA. Pris par l’actualité du PS et désireux d’échapper à l’agenda médiatique d’Olivier Besancenot, je souhaitais davantage m’entretenir avec ceux qui “font tourner la machine”, aussi bien stratégique qu’intellectuelle, dans l’ombre du porte-parole trotskyste.

Le déclic a eu lieu quand Marlène Benquet, l’une de nos jeunes blogueuses (doctorante en sociologie et ancienne militante de la minorité de Lutte ouvrière), nous a alertés pour nous signaler qu’elle avait réalisé une interview de Besancenot, mardi 13 mai. Jusqu’ici, sauf erreur de ma part, celui-ci n’a pas parlé dans la presse depuis son très commenté passage chez Michel Drucker. J’ai donc saisi l’occasion pour réaliser aussi vite que possible cette enquête.

La réunion à Pantin a eu lieu le jeudi 15 mai. Toutes les interviews ont été réalisées entre vendredi et mardi, en face-à-face, et ont duré deux heures chacune, à l’exception de celle de Camille Roux-Noumane, jointe par téléphone.

Stéphane Alliès.

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Mise au point de Raoul Marc Jennar....sur l'appel publié dans Politis.

25 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Mise au point de Raoul Marc Jennar...
sur l'appel publié dans Politis.

Raoul Marc Jennar est un animateur du mouvement altermondialiste. Sa signature figurait au bas de l’appel lancé par le journal Politis, "pour une alternative à gauche" . Dans la lettre ci-dessous, il demande à ce que soit retirée sa signature et s’en explique.


A Denis Sieffert et Thierry Brun (rédaction de Politis).

Phnom Penh, 22 mai 2008

Cher Denis, Cher Thierry,

Je suis plongé dans le plus grand embarras. Thierry m’a adressé un message me demandant de répondre très rapidement si j’acceptais de signer l’appel dont /Politis/ allait se faire le promoteur.

De bonne foi, j’ai cru qu’il s’agissait d’un appel réunissant toutes les composantes du « non » de gauche au TCE.

De bonne foi, je n’ai pas interprété cet appel comme un coup politique contre le projet de la LCR de se dissoudre pour créer un nouveau sujet politique. Vous savez que j’ai adopté une position d’ouverture et de dialogue à propos du projet NPA qui s’est traduite notamment par un échange avec Daniel Bensaïd dont énormément de gens s’accordent à reconnaître l’intérêt.

Or, force m’est de constater que parmi les signataires qui invitent à signer se trouvent au moins un partisan du TCE et d’autres (Gayssot, Vieu, ) qui ont, pour dire le moins, fait des choix qu’en aucun cas je partage. Ce qui crée une confusion inacceptable à mes yeux.

Le message d’un signataire doit être clair et ne peut brouiller les cartes. Pour moi, le choix européen et la clarté sur les engagements vraiment à gauche sont déterminants.

L’attitude à l’égard du TCE comme du traité de Lisbonne représente à mes yeux une ligne de partage irréfragable. Il n’y a pas de synthèse possible entre les partisans et les adversaires de la libre circulation des capitaux, entre ceux qui défendent les services publics et ceux qui les démantèlent, entre ceux qui détruisent le droit du travail et ceux qui veulent le protéger et l’amplifier, entre les partisans d’une Europe européenne et ceux qui construisent une zone euro-américaine. De même, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui s’allient avec la droite et ceux qui refusent une telle alliance, il n’y a pas de synthèse possible entre ceux qui ont tiré les leçons de la gauche plurielle et ceux qui sont prêts à la recommencer.

Je ne peux donc me retrouver aux côtés de personnes dont l’action envoie un message différent.

Un débat s’est engagé autour de l’appel qui m’éclaire et m’incite à penser qu’effectivement, il s’agissait bien de marginaliser le projet de la LCR qui constitue à mes yeux la seule initiative qui sorte vraiment des tranchées dans lesquelles toutes les autres composantes du « non » de gauche se terrent tout en lançant des appels unitaires sans lendemain.

Je ne veux pas faire d’éclat. /Politis/ est un journal auquel je suis très attaché et je me flatte de votre amitié. Je ne dirai pas que ma confiance a été abusée. Je dirai que je n’ai pas posé les questions qui s’imposaient avant de donner ma signature.

Mais maintenant, en pleine connaissance de cause, je vous demande de la retirer.

Bien amicalement,

Raoul Marc Jennar

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Tract des comités d'initiative pour le NPA distribué à la manifestation du 22 mai à Evreux.

23 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Nouveau parti anticapitaliste : c’est parti !

Militants anticapitalistes, syndicaux, associatifs, jeunes, travailleurs avec ou sans emploi, nous avons décidé de regrouper nos forces et de répondre à l’appel lancé par Olivier Besancenot pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste. Nous venons de la LCR, de Lutte Ouvrière, du PS ou d’ailleurs. Beaucoup n’ont jamais encore milité dans un parti.

Face à Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires, et à la guerre sociale qu’il mène contre les travailleurs et les jeunes, face à la faillite et la capitulation des partis de la gauche traditionnelle, il manque cruellement un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui, un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire de la société.

Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront. C’est maintenant que commence la discussion pour décider ensemble, pour construire ensemble !

Rejoignez-nous !

 

l VERNON : réunion publique, mardi 27 mai, 18h30, Villa Castelli.

l EVREUX :  réunion, mardi 3 juin, 20h30, salle de la Maison de quartier de Nétreville.

l PONT AUDEMER :- réunion, vendredi 30 mai, 18h (lieu : nous contacter)

l LOUVIERS :- réunion, vendredi 30 mai, 17h30, manoir de Bigards, rue du Quai   - réunion publique « Actualité de mai 68 »,vendredi 23 mai, à 20H 30 salle du conseil municipal.

l BERNAY : - réunion, mercredi 28 mai, 19h (lieu : nous contacter)

l   ANDELLE : - nous contacter

l    SUD DE L’EURE :- nous contacter

Pour nous contacter, être tenu au courant des  nos réunions et nos activités :

NPA-27@hotmail.fr    MEETING avec Olivier BESANCENOT

en octobre à EVREUX

 

Mai 68 : plus qu’un anniversaire !

40 ans après, le spectre de mai 68 hante toujours les tenants de l’ordre établi. Dès la  présidentielle, Sarkozy déclarait : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68
doit être doit être liquidé une bonne fois pour toutes ».


Mai 68 a fait entrevoir, l’espace de quelques semaines, la possibilité d’un changement radical de société. Et c’est de cela que Sarkozy et le patronat ont peur. A l'époque, des millions de jeunes lycéens et étudiants, d'ouvriers, ont démontré qu'il était possible de s'en prendre au pouvoir des représentants politiques de la bourgeoisie, incarné depuis dix ans par De Gaulle. Dix millions de travailleurs en grève, occupant les usines, parfois pendant plusieurs semaines, avaient alors arrêté la vie économique du pays, imposé des augmentations importantes de salaires et flanqué une sacrée trouille dans les rangs des soit disant « décideurs ».

En cet anniversaire de mai 68, la gauche politique et les directions syndicales ne prennent pas le chemin de la rue, elles restent cantonnées à une politique d’adaptation aux réformes libérales. Le temps n’est pas à « limiter les dégâts », car, avec une telle politique, on ne limite rien et on recule sans arrêt.

 Alors oui, pour stopper les attaques de Sarkozy, il faut  lui infliger une défaite sur le terrain des luttes. Au PS, les personnalités qui ne sont pas passées chez Sarko se chamaillent pour les places et nous disent  d’attendre 20012. Mais comme le dit Olivier Besancenot, seule une grève générale comme en 68, seule une épreuve de force de longue durée, peut faire plier la droite et le patronat.

 

 Le scandale des coupures EDF

Selon la CGT (EDF refusant de donner le moindre chiffre), plus de 200 000 procédures de coupures d’électricité pour impayés seraient engagées chaque année en France. Certaines durent des semaines, voire des mois entiers.

Par ailleurs, l’étude démontre que plus d’un tiers des coupures intervient en période dite de trêve hivernale, du 1er novembre au 15 mars. « Concrètement, cela veut dire que des familles avec enfants se retrouvent sans lumière, sans chauffage durant des semaines, parfois des mois, en plein hiver. C’est inacceptable de la part d’une entreprise qui a mission de service public », dénonce un responsable associatif. Pour mettre fin à ce scandale, une seule solution : imposer un service public de l’énergie, gratuit pour tous.

FACE AUX ATTAQUES DU GOUVERNEMENT ET DU PATRONAT : GREVE GENERALE !

Les journées des 15 et 18 mai ont été un succès

Le 15 mai 300 000 manifestants ont  affirmé le refus des « réformes » du gouverne-ment.  Le 18 mai 45 000 enseignants et parents défilaient à Paris. Il s'agit en réalité pour le gouvernement de casser des services publiques avec 23000 suppressions de poste (dont 11200 pour l’Éducation) Nationale, des « restructurations » se traduisant par la fermeture de classes, de tribunaux et d'hôpitaux, ...

               C'est une attaque contre les salariés de la fonction publique mais aussi contre les usagers des services publics, notamment la partie la plus pauvre de la population qui ne peut accéder au secteur privé!  

            Le gouvernement répond par le mépris.

 

            Le 15 au soir, Sarkozy déclarait sa volonté d'imposer le « droit à l'accueil des enfants » les jours de grève. C'est insulter les enseignants fortement mobilisés ce jour là! Car c'est bien son gouvernement qui ferme les classes et dégradent les conditions d'accueil et d'encadrement des enfants à l'école! Ce sont les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, qui n'ont pas voulu développer un véritable service public de la petite enfance, susceptible de prendre en charge les enfants quand les parents travaillent, et pas seulement les jours de grève!

 

            Il veulent nous faire travailler toujours plus!

 

                Pour ce qui est des retraites, les précédents gouvernements ont réussi à allonger le temps de cotisation, conformément aux voeux du MEDEF.

Pour cela, ils ont divisé les travailleurs, parfois avec la complicité de directions syndicales : les salariés du privé sont passé de 37,5 à 40 ans de cotisation en 1993, les fonctionnaires en 2003 puis enfin les « régimes spéciaux » l'an dernier.

            Il s'agirait maintenant de nous faire tous passer à 41 années de cotisations!

Rien ne justifie ce sacrifice car la productivité et les profits des actionnaires ont augmenté bien plus vite que l'espérance de vie et que le niveau des retraites!

 

Une attaque générale...

 

            En fait, les attaques contre les retraites et la fonction publique font partie d'une seule et même politique qui vise à faire payer uniquement aux salariés la crise économique que traverse l'économie capitaliste depuis trente ans! A ces attaques s’ajoutent la casse de la sécurité sociale ( multiplication des forfaits et franchises contre l'accès aux soins), la remise en  cause du CDI et bien sur les bas salaires versés par l'Etat et le patronat ainsi que minima sociaux scandaleusement minimes ! Et cela alors que les prix des produits alimentaires, du logement et des énergies ont augmenté de façon indécente.

 

...qui appelle une réponse générale et unitaire du monde du travail!

                       

Aucun de nous n'est dupe : ce ne peut être le succès d'une ou deux journées d'action sans lendemain, avec des objectifs sectoriels et minimums, qui fera reculer le gouvernement. Il faut participer nombreux à la journée du 22 mai appelée par les syndicats et surtout montrer que nous avons la volonté de lutter bien au delà du cadre proposé par les directions syndicales.

 

            Un nouveau parti anticapitaliste, ça urge !

Les personnes qui se retrouvent dans les comités de l'Eure pour un Nouveau Parti Anticapitaliste veulent mettre en avant des revendications répondant au besoins de la classe ouvrière, en indépendance des directions syndicales et des partis de la gauche gouvernementale:

à retraite avec 37,5 ans pour tous, pour un service publique de qualité, accessible à tous, revalorisation de tous les salaires de 300 euros, pas un salaire en dessous de 1500 euros net, pas de revenus sociaux inférieur à 1000 euros!

 

            Ces objectifs, nous pouvons les atteindre par la convergence et la généralisation des luttes et le dépassement des simples revendications sectorielles, par  une grève générale et un nouveau mai 68 ! Inutile d'attendre 2012 en espérant une alternance et en plaçant des illusions dans les partis traditionnels de la gauche.

Il est plus que jamais nécessaire de nous unir, de nous organiser pour inverser le cour actuel des contre-réformes, pour prendre au grand patronat ce qu'il nous doit! Voilà les perspectives que défendent les comités pour un NPA dans les luttes actuelles.

 

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A propos d’un appel publié dans Politis....Réponse de la LCR.

22 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

A propos d’un appel publié dans Politis....

 

Réponse de la LCR aux initiateurs d’un appel publié dans Politis...

Chers ami-e-s,

Nous voudrions vous expliquer par cette lettre pourquoi nous ne signons pas l’appel « l’alternative à gauche, organisons-là » que vous avez publié. Nous partageons avec vous beaucoup de combats et une volonté d’engager à gauche une discussion large permettant à chacun et chacune de se forger une opinion. Beaucoup de militants politiques, syndicalistes ou associatifs, d’ex-militants, de lecteurs, sont à la recherche d’une alternative globale face à une droite arrogante, qui tente de passer en force. Le PS n’incarne en aucun cas une opposition claire et déterminée à la politique du pouvoir. Nous vivons un moment charnière très important. Sarkozy et sa politique sont impopulaires et ils ont été sanctionnés dans les urnes aux municipales. Des résistances sociales s’expriment (des cheminots aux lycéens sans oublier les travailleurs sans-papiers) Ces mobilisations posent des questions décisives.

Tout d’abord, comment infliger une défaite cinglante dès maintenant au pouvoir UMP ? Car si nous attendons sagement 2012, alors Sarkozy aura réussi à remodeler la société française ce qui ne sera pas sans conséquence sur les rapports de force politique. Nous avons donc besoin d’une gauche de lutte, d’une force collective capable de relever le défi de l’épreuve sociale imposée par la droite et le patronat. Et cela va de pair avec la volonté de construire une alternative anticapitaliste, un nouveau parti qui se fixe comme objectif d’offrir un nouveau cadre de représentation politique à celles et ceux qui ne sont plus représentés par la gauche gestionnaire dite social-libérale. Un parti qui tire les leçons des expériences de la gauche au pouvoir qui ont été particulièrement dévastatrices pour les classes populaires. Nous n’oublions pas qu’entre 1997 et 2002 le gouvernement de gauche plurielle a mené une politique libérale, a privatisé, s’est opposé aux mobilisations sociales, a développé un discours de résignation et d’acceptation de la mondialisation capitaliste. Nous sommes, pour notre part, engagés dans un processus réel de construction d’un nouveau parti anticapitaliste, un parti pour le socialisme du XXI° siècle porteur de toutes les aspirations émancipatrices (féministes, écologistes, antiracistes, internationalistes...).

Nous sommes donc particulièrement intéressés par toutes les initiatives visant à construire une alternative. Mais une chose est le débat, tout autre chose est le lancement d’une initiative politique visant « à organiser l’alternative à gauche » dont les objectifs ne sont pas clairement définis. S’agit-il d’un front électoral ou d’une force en constitution ?

Cette question très sérieuse pose des problèmes en termes de contenu politique et de cadre stratégique. Les formules programmatiques sont très vagues, très imprécises (« ne pas oublier de redistribuer les richesses » !). Aucune revendication concrète concernant le pouvoir d’achat : ni l’augmentation des salaires, des pensions et des revenus de 300 euros que nous défendons ; ni le SMIC à 1500 euros nets. Rien non plus sur la retraite au moment où la droite veut imposer les 41 annuités : nous réclamons pour notre part le retour aux 37,5 anuités pour tous, privé comme public. Absente également la question de la régularisation de tous les sans-papiers alors même que des travailleurs osent revendiquer au grand jour l’égalité des droits ; rien non plus sur les licenciements, l’autonomie des universités ; toutes questions très concrètes qui ont suscité des mobilisations et qui établissent des lignes de partage très claires entre les deux gauches. Le texte n’exprime aucune indépendance vis-à-vis du parti socialiste puisque vous écrivez : « Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique. »

Très franchement, voilà un document qui peut être signé par beaucoup de socialistes pourtant acquis au social-libéralisme, et par la direction du PCF très soucieuse de maintenir des relations institutionnelles vitales du point de vue de la survie de ses élus et son appareil. D’ailleurs, les premières signatures, dont l’ancien ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, montre la faiblesse du texte vis-à-vis du bilan de la gauche au pouvoir et de son attitude actuelle face à Sarkozy. Nous ne voulons pas construire une force soi-disant radicale mais dont l’objectif serait de réaliser des accords de gestion avec la social-démocratie comme le fait la direction de « Die Linke » en Allemagne. Une stratégie qui a coûté très cher à Refondation Communiste en Italie. Nous défendons le même programme dans la rue et sur le terrain électoral. Nous voulons changer de gauche, pas changer la gauche, et nous avons bien peur que votre initiative, au-delà des intentions de beaucoup de ses signataires dont nous partageons les aspirations, se situe sur un terrain mille fois exploré : au nom de l’unité, évacuer les questions qui fâchent, mais qui pourtant fatalement se réinvitent : soutien aux revendications et aux mobilisations du mouvement social, avec qui gouverner et sur quel programme !

Voici en quelques mots, les raisons qui expliquent notre refus de signer cet appel. Un appel qui, par ailleurs, nous est parvenu très tardivement quarante-huit heures avant sa publication en plein week-end de la Pentecôte.

Nous restons toutefois disponibles, à tout espace de discussions et d’échanges politiques pour débattre de la nécessaire riposte face à la politique de Sarkozy, comme de l’alternative à construire, sans confondre libre discussion et regroupement de forces sur un contenu et des objectifs que nous ne partageons pas.

Bien à vous.

Pour la LCR,

Anne Leclerc et Pierre-François Grond

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