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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

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L'Unité populaire est née !

27 Août 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe, #International, #Austerité

Par Stathis Kouvelakis1. 25 députés de Syriza ont quitté le groupe parlementaire de leur parti pour créer un nouveau groupe sous le nom d’Unité Populaire. La plupart de ces députés sont affiliés à la Plateforme de gauche de Syriza C'est une évolution majeure dans la politique grecque, mais aussi pour la gauche radicale, en Grèce et au niveau international.

Athènes, le 21 août 2015

Tôt dans la matinée [le 21 août 2015], 25 députés de Syriza2 ont quitté le groupe parlementaire de leur parti pour créer un nouveau groupe sous le nom d’Unité Populaire. La plupart de ces députés sont affiliés à la Plateforme de gauche [de Syriza], mais d'autres également se sont joints comme Vangelis Diamantopoulos ou Rachel Makri, une proche collaboratrice de Zoe Kostantopoulou. C'est une évolution majeure dans la politique grecque, mais aussi pour la gauche radicale, en Grèce et au niveau international.

Trois éléments doivent être soulignés.

• Le premier est que "Unité Populaire" est le nom du nouveau front politique qui regroupera les treize organisations de la gauche radicale qui ont signé le texte du 13 août appelant à la constitution du Front du Non. Ce Front est, par conséquent, le premier résultat concret d'une recomposition au sein de la gauche radicale grecque. Une recomposition qui tire les leçons de ces cinq dernières années et bien sûr, de l'expérience de Syriza au pouvoir et de la catastrophe qui en résulte. Mais le but du Front est plus large que ça, c'est de donner une expression à ces forces sociales qui ne se reconnaissent pas nécessairement comme faisant partie de la gauche mais veulent se battre contre l'austérité, les mémorandums et le retour de la Troïka via le nouveau mémorandum.

• Le deuxième est que l'objectif du front est de constituer l'expression politique du Non, comme il a été exprimé dans les élections de janvier et lors du référendum du 5 juillet. Les principales lignes programmatiques sont la rupture avec l'austérité et les mémorandums, le rejet de toutes les privatisations et la nationalisation sous contrôle social des secteurs stratégiques de l'économie, en commençant par le système bancaire, l'annulation de la majeure partie de la dette grecque (en commençant par l'arrêt immédiat du remboursement) et, plus largement, un ensemble de mesures radicales qui feront pencher l’équilibre des forces en faveur des travailleurs et des classes populaires et qui ouvrira le chemin de la reconstruction progressiste du pays, de son économie et de ses institutions.

Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans sortir de la zone euro3, comme la récente catastrophe l’a abondamment démontré, et sans rompre avec l'ensemble des politiques institutionnalisées par l'UE. Le Front luttera également pour un combat internationaliste unitaire autour d'objectifs communs à l'échelle européenne et internationale et appuiera la sortie de l'OTAN, la rupture des accords existants entre la Grèce et Israël et l’opposition radicale aux guerres et interventions impérialistes. Ce programme de transition se place dans la perspective d'un socialisme du 21ème siècle.

• Le troisième est que ce nouveau groupe parlementaire est maintenant le troisième en taille au parlement grec, devant Aube Dorée, le parti néonazi. Cela signifie que, dans les prochains jours, son dirigeant, Panagiotis Lafazanis, aura un mandat de constituer un gouvernement qui durera pendant trois jours, comme le stipule la Constitution grecque. Après la démission du gouvernement Tsipras ce mandat est maintenant entre les mains du deuxième parti du Parlement, la Nouvelle Démocratie, principal parti d'opposition de droite. Ce laps de temps sera utilisé par l’Unité Populaire pour déclencher un vaste débat et la mobilisation de toutes les forces sociales qui veulent combattre l'austérité et les mémorandums, les précédents ainsi que le nouveau.

Le programme du parti et l’ensemble de ses soutiens parmi lesquelles des personnalités de la gauche grecque, ce qui devrait être assez impressionnant, seront rendus publics en début de la semaine prochaine.

  • 1. Traduction (revue et annotée par Inprecor) de Matthias De Lozzo.
  • 2. Les députés signataires sont : Panagiotis Lafazanis, Stathis Leoutsakos, Kostas Isichos, Rachel Makri, Kostas Lapavitsas, Dimitris Stratoulis, Evgenia Ouzounidou, Thanasis Petrakos, Stefanos Samoilis, Athanasios Skoumas, Yannis Stathas, Alexandra Tsanaka, Despina Charalambidou, Eleni Psarea, Thomas Kotsias, Aglaia Kyritsi, Vasilis Kyriakakis,Michalis Kritsotakis, Ioanna Gaitani, Litsa Amanatidou, Yannis Zerdelis, Kostas Delimitros, Ilias Ioannidis, Zisis Zannas and Vangelis Diamantopoulos. La presse grecque spécule sur la possibilité que quatre autres député-e-s rejoignent les 25 premiers signataires.
  • 3. Lors de la conférence de presse organisée le 21 août dans le Parlement, Panagiotis Lafazanis, ancien ministre de l’Energie du gouvernement a expliqué que « si pour annuler le mémorandum il s’avère nécessaire de nous orienter vers la sortie de l’euro, nous le ferons », ajoutant qu’une telle sortie sera « préparé ».
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[Video] Grèce : pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible (cadtm.org)

27 Août 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe, #Austerité, #DES CHIFFRES, #International

Éric Toussaint analyse de manière critique l’attitude de Syriza en ce qui concerne la dette depuis 2010, pour expliquer comment le gouvernement grec en est venu à signer l’accord funeste du 13 juillet 2015. Une des explications fondamentales est la non prise en compte de l’audit de la dette qui aurait pourtant permis, en suspendant son paiement, de ne pas se soumettre aux diktats des créanciers. Éric Toussaint présente un plan B portant sur la dette, les banques, l’austérité, la monnaie et la fiscalité.

Une explication très facile à suivre, par le coordonnateur de la commission internationale pour la vérité sur la dette publique de la Grèce . A écouter si vous disposez d’une demi-heure.

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège et, entre autres, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est aussi un dirigeant de notre organisation soeur en Belgique, la LCR-SAP, et de la IVème Internationale Cette intervention a été faite à l'université d'été d'Attac.

 

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Pétition: Solidarité avec les prisonniers du 15/07! Contre la violence policière! (change.org)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #REPRESSION, #International, #Europe, #PETITIONS

Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu'il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d'austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression.

La nuit du 15 juillet, jour de grève générale dans le secteur public, les municipalités et les hôpitaux contre le nouveau mémorandum, lors de la manifestation organisée par des syndicats et des organisations politiques et sociales, la police du "gouvernement de gauche" a déchaîné sa rage. La partie de la manifestation où se tenaient les membres de l'OKDE-Spartakos, clairement visibles avec chants et drapeaux, a été, sans aucune provocation, violemment attaquée par la police anti-émeute qui a cruellement frappé et blessé des manifestantEs puis les a arrêtés sans raison. Deux camarades de l'OKDE-Spartakos et d'ANTARSYA, après avoir été tabassés pendant la charge de police, mais aussi après leur arrestation, ont dû passer devant le procureur le 16 juillet, ainsi que d'autres manifestants arrêtés, sur la base de nombreuses fausses accusations ridicules. Leur procès est prévu le mercredi 22 juillet. Ces deux camarades sont Manthos Tavoularis, employé de librairie et secrétaire du Syndicat des Travailleurs des Librairies et Michalis Goudoumas, travailleur social, membre du Syndicat des Travailleurs de la Fondation pour l'Enfance "Pammakaristos".

15 autres militantEs ont été arrêtés avec nos camarades et traités par la police avec la même brutalité, et passeront aussi en procès mercredi.

Le gouvernement ne laisse place à aucune illusion s'agissant de savoir qui sont ses alliés et qui sont ses ennemis. Il choisit de voter pour le nouveau mémorandum en collaboration étroite avec les partis politiques de la bourgeoisie, les médias dominants, le capital grec et européen, l'UE et le FMI. 

Le gouvernement a choisi d'attaquer avec une violence impensable, utilisant la fameuse "Garde Prétorienne" (la police anti-émeute grecque "MAT" et l'unité de police "DIAS") contre des organisations politiques de la gauche anticapitaliste, des syndicalistes et des militantEs politiques qui se sont battus ces dernières années contre les mémorandums, l'austérité et les lois autoritaires, qui se sont aussi battus et ont mobilisé pour le NON lors du référendum, qui se battent pour l'émancipation de la majorité laborieuse et sa libération de l'enfer capitaliste.

Cette répression de la part du gouvernement qui a autoritairement transformé le NON écrasant des travailleurs et des travailleuses en un mémorandum "de gauche" d'une extrême sauvagerie de classe, n'effraie pas les militantEs politiques qui se battent aux côtés de celles et ceux qui disent NON JUSQU'AU BOUT.

C'est pourquoi nous sommes solidaires de touTEs nos camarades militantEs politiques qui étaient le "groupe-cible" de la répression policière lors de la manifestation ouvrière du 15 juillet et nous exigeons le retrait immédiat de toutes les accusations contre les militantES politiques interpellés et traînés de force au tribunal.

 

Pour signer la pétition en ligne, cliquez ici!

 

Nous participerons au rassemblement de solidarité au tribunal d'Evelpidon, le 22 juillet à 9h.

Appel déjà signé par plus de 300 syndicalistes et activistes en Grèce :

Merci de faire apparaître en signant en ligne le prénom, le nom et , si possible, le syndicat ou l'organisation et éventuellement le niveau de responsabilité.

soutien.grecs.reprimes@gmail.com

Premiers signataires:
Despina Koutsoumpa, member of council of region of Attiki
Panagiotis Tselepis, secretary of workers in municipality of Nikaia/Renti (region of Attiki)
Santiago Menconi, worker and activist from the Argentina Transport Union
Koutsoumpa is also member of general assembly of ADEDY
Zetta Melampianaki, secretary of teachers' union in Nea Smpyrni (region of Athens)
Ilias Loizos, secretary of workers union in municipality of Neo Irakleio (region of Attiki) 
Xristos Argiris member of general council of ADEDY, doctor
Adamopoulos Nikos, secretary of workers in municipality in Nea Ionia (region of Attiki), member of general council of POE-OTA (fenderation of workers in municipalities) and member of executive committe of ADEDY
Takis diamantidis, secretary of union of Teachers in Samo...

Eric  Toussaint maître de conférence à l’université de Liège, président du CADTM Belgique et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France

Catherine Samary économiste, spécialiste des Balkans et de l’Europe de l’Est, maître de conférence,  membre du Conseil scientifique d’ATTAC France, membre fondateur d’Espace Marx. 

Daniel Tanuro ingénieur agronome et environnementaliste, collaborateur au Monde diplomatique et fondateur de l'ONG belge Climat et justice

Olivier Besancenot postier, ancien candidat de la LCR à l'élection présidentielle en France puis du NPA aux européennes

Jeff Mackler, National Secretary, Socialist Action/USA; Administrative Committee, United National Antiwar Coalition (UNAC); Director, Mobilization to Free Mumia Abu-Jamal

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Un coup d’État mené par les institutions de l’UE : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers » (Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui, l’Humanité)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #Austerité

Rosa Moussaoui – Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger  ?

Éric Toussaint : Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable  ?

Éric Toussaint : À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent «  pas avant 2022  » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire  : «   Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan  !  », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix  ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro  ?

Éric Toussaint : Non, je ne le crois pas. Le choix n’était pas obligatoirement entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette  ; réquisitionner la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

Il fallait également 1. mettre en faillite les banques et les transférer au secteur public tout en protégeant les dépôts jusque 100 000 euros, en indemnisant les petits actionnaires et en récupérant le coût de l’assainissement du secteur bancaire sur le patrimoine global des gros actionnaires. 2. Baisser la TVA sur les produits et les services de première nécessité, baisser les impôts directs sur les bas revenus et patrimoines. Augmenter très fortement les impôts sur les revenus et le patrimoine des 10% les plus riches (en ciblant particulièrement le 1% le plus riche). 3. Arrêter les privatisations et renforcer les services publics.

Vu l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet par le parlement grec, la perspective de la sortie volontaire de l’euro est une option à mettre clairement en avant. De plus en plus de Grecs et de citoyens d’autres pays d’Europe comprennent qu’il n’y a pas de solution favorable aux peuples à l’intérieur de la zone euro. En cas de sortie volontaire de la zone euro, les mesures proposées plus haut restent parfaitement valables et doivent être complétées par une réforme monétaire redistributive (voir pour plus de détails : http://cadtm.org/Grece-des-propositions ).

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain  ?

Éric Toussaint : Bien sûr  ! Mario Draghi n’est pas «  indépendant  ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.


Athènes, envoyée spéciale.


* Paru initialement dans l’Humanité (http://www.humanite.fr/eric-toussai). Cette version a été revue et complétée pour le site www.cadtm.org par Eric Toussaint suite à l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet 2015 par le parlement grec.

* Eric Toussaint est membre de la direction de la IVè Internationale, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

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L’alternative à l’austérité (Contretemps)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #RESISTANCE, #Austerité

La capitulation en Grèce n’est pas une fatalité. Contrairement à ce que laissent entendre nombre d’observateurs, ainsi que la direction de Syriza, une alternative existe, mais suppose de remettre en cause le cadre imposé par les créanciers et l’Union européenne. C’est ce que met en avant la Plateforme de gauche de Syriza, dont nous reproduisons ici une partie du programme.

Soumis par la Plateforme de Gauche à la réunion plénière du 10 juillet 2015 du groupe parlementaire de Syriza, ce texte est une version réduite d’un programme plus développé qui sera rendu public dans les prochains jours.

Dans un moment crucial comme celui que nous vivons, le gouvernement Syriza n’a pas d’autre choix que de rejeter le chantage des « Institutions » (UE, BCE, FMI) qui veulent imposer un plan d’austérité, des dérégulations ainsi que des privatisations.

Le gouvernement doit déclarer à ces « Institutions » et proclamer au peuple grec que, même au dernier moment, sans un compromis positif qui s’incarnerait dans un programme mettant fin à l’austérité, injectant suffisamment de liquidés dans l’économie, menant à la reprise économique et incluant un effacement substantiel de la dette, il est prêt à suivre une voie progressiste alternative, qui remet en question la présence de notre pays dans la zone euro et implique une cessation du remboursement de la dette.

Afin de faire face aux pressions et aux exigences inacceptables des créanciers, le processus qui pourrait mener la Grèce hors de la zone euro est une entreprise sérieuse et complexe que le gouvernement et Syriza auraient dû préparer de façon systématique. Or, en raison du blocage tragique qui prévaut sur cette question à la fois au sein du gouvernement et du parti, cette tâche n’a pas été menée à bien.

Cependant, le gouvernement peut et doit, même maintenant, répondre au chantage des « Institutions » en les plaçant devant cette alternative : soit un programme sans nouvelles mesures d’austérité, fournissant des liquidités et menant à l’annulation de la dette, soit la sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut de paiement de cette dette injuste et insoutenable.

Si les circonstances l’exigent, le gouvernement a la possibilité, même à ce jour – et il dispose d’ailleurs du minimum de liquidités nécessaires – de mettre en place un programme transitoire vers une monnaie nationale, qui lui permettrait d’honorer ses engagements vis-à-vis du peuple grec, en adoptant notamment les mesures suivantes :

Une réorganisation radicale du système bancaire, sa nationalisation sous contrôle social, et sa réorientation vers des objectifs de croissance.

Un refus absolu de toute austérité budgétaire (que ce soit sous la forme d’excédents primaires ou de budgets équilibrés) afin de répondre de façon efficace à la crise humanitaire, de satisfaire les besoins sociaux, de rebâtir l’État social et de sortir l’économie du cercle vicieux de la récession.
La mise en œuvre des premières mesures menant à la sortie de l’euro, ainsi qu’à l’annulation de la plus grande partie de la dette. Il existe des marges de manœuvre pouvant conduire à un nouveau modèle économique orienté vers la production, la croissance ainsi qu’à un changement dans le rapport de forces social qui profiterait aux travailleurs et aux classes populaires.
Dans les conditions présentes, la sortie de la zone euro est un processus ardu mais réalisable, qui permettra au pays d’avancer sur une voie différente, loin des mesures inacceptables que renferme le plan Juncker.

Nous devons mettre l’accent sur le fait qu’une sortie de l’euro n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’un processus de transformation sociale, de rétablissement de la souveraineté nationale et de progrès économique qui allierait croissance et justice sociale. Cela fait partie d’une stratégie d’ensemble qui s’appuie sur le redressement productif, la stimulation des investissements, ainsi que la reconstitution de l’Etat social et de l’Etat de droit.

Face à l’attitude intransigeante des créanciers, dont l’objectif est de contraindre le gouvernement Syriza à la capitulation totale, la sortie de l’euro est un choix juste d’un point de vue à la fois politique et éthique.

Enfin, cette sortie est une voie qui implique une confrontation avec des intérêts puissants aux niveaux national et international. C’est pourquoi le facteur le plus important dans la gestion des difficultés qui se font jour est la détermination de Syriza à mettre en œuvre son programme, puisant sa force dans le soutien populaire.

Afin de préciser cette perspective, voici quelques-uns des aspects positifs d’une sortie de l’euro :

Le rétablissement de la souveraineté monétaire, qui signifie automatiquement une capacité retrouvée à injecter des liquidités dans l’économie. Il n’y aucun autre moyen de briser l’étau de la BCE sur la Grèce.
L’élaboration d’un plan s’appuyant sur l’investissement public, ce qui n’empêchera pas pour autant le développement parallèle de l’investissement privé. La Grèce a besoin d’une relation nouvelle et productive entre les secteurs public et privé pour prendre le chemin du développement durable. La réalisation d’un tel projet passe nécessairement par un rétablissement des liquidités couplé à l’épargne nationale.
La reconquête du marché intérieur et le recul des importations redynamisera et renforcera le rôle des PME, qui ont toujours constitué la cheville ouvrière de l’économie grecque. Dans le même temps, les exportations seront stimulées par l’introduction d’une monnaie nationale.
L’Etat se trouvera libéré du carcan de l’Union Economique et Monétaire (UEM) en matière de politiques fiscale et monétaire. Il sera en mesure d’alléger sensiblement le poids de l’austérité, sans pour autant restreindre l’approvisionnement en liquidités. Cela permettra également à l’Etat d’adopter des mesures de justice fiscale et de redistribution des richesses et des revenus.
La reprise d’une croissance accélérée après les premiers mois difficiles. Les ressources inactives du fait de sept années de récession pourront rapidement être mobilisées afin de renverser la désastreuse politique des mémorandums, à condition de disposer des liquidités suffisantes, ainsi que d’une stimulation de la demande. Ce qui rendra possible un recul systématique du taux de chômage et une augmentation des revenus.
Enfin, en quittant l’UEM, la Grèce n’en sera pas moins européenne, elle suivra toutefois une voie différente de celle que suivent les pays du noyau de l’UE, une option qui est déjà suivie depuis un certain temps par des pays tels que la Suède ou le Danemark. Non seulement la sortie de l’UEM n’isolera pas notre pays, mais elle nous permettra, au contraire, de jouer un nouveau rôle sur la scène internationale ; un rôle basé sur l’indépendance et la dignité, bien loin de la position de paria insignifiant, imposée par les politiques néolibérales des mémorandums.

Le processus de sortie de l’UEM exige évidemment une légitimité politique et un soutien populaire. Le référendum a démontré la volonté du peuple de refuser une fois pour toutes l’austérité, faisant fi des obstacles dressés par les élites nationales et internationales.

Il est clair à présent que notre gouvernement a été poussé hors de l’euro en raison du refus définitif, de la part de l’Union européenne, d’accepter des propositions raisonnables concernant l’allègement de la dette, la fin de l’austérité et le sauvetage de l’économie et de la société grecques, comme l’a démontré le nouvel ultimatum envoyé dans la foulée du référendum.

Traduit par Soraya Guénifi

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Dessin du jour...

23 Mai 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

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Européennes: le 25 Mai, votez et faites voter anticapitaliste!

23 Mai 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

 

Nous n'avons pas de bulletin de vote et de profession de foi dans les enveloppes électorales pour des raisons financières, mais les bulletins de vote seront bien présents dans les bureaux de vote.

 

2014-Europeenes Affiche NordOuest-copie-1

Pour lire la profession de foi de la liste NPA dans la circonscription Nord-Ouest, menée par Christine Poupin, cliquez ici!

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[Video]: Olivier Besancenot invité de "soir 3" (21.05.14)

23 Mai 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

 

 

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Dessin du jour...

22 Mai 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

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Besancenot : « La gauche radicale ne doit pas basculer dans le souverainisme » (le Monde, 21.05.14)

22 Mai 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

http://www.npa2009.org/sites/default/files/styles/largeur_content_hauteur_complet/public/unnamed_24.jpg?itok=lRBZ37PkSa dernière candidature date des régionales de 2010. Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste, a choisi les européennes pour revenir au premier plan en étant tête de liste en Ile-de-France.

Raphaëlle Besse Desmoulières et Caroline Monnot – Pourquoi revenir aux élections européennes ?

Olivier Besancenot : J’ai délaissé la scène électorale comme candidat, pas comme militant. Aux européennes, la spécificité est d’avoir des listes collectives qui n’ont pas les inconvénients politiques que j’ai cherché à dénoncer. Ce qui m’a décidé, c’est aussi l’urgence sociale et politique : la crise de représentation, la percée de l’extrême droite. Et en même temps, les éléments d’espoir, comme la manif du 12 avril que nous avons co-organisée dans le cadre d’un collectif où, pour la première fois, il y avait une jonction entre une partie de la gauche sociale et la gauche non gouvernementale. La séquence n’est pas tout à fait la même qu’au début du quinquennat où l’ultra-droite, voire l’extrême droite fascisante, avait toute la visibilité du rapport de force.

Pourquoi avoir proposé un accord au Front de gauche et si tardivement ?

Nous dire que ça arrivait trop tard, c’est une bonne blagounette. LO n’a pas voulu en entendre parler. Et négocier avec le Front de gauche au moment des municipales, c’était impossible. A Paris, il fallait négocier avec qui ? Ceux qui se présentaient avec Anne Hidalgo ? Ou ceux qui se présentaient contre ? Le Front de gauche a préféré maintenir son unité interne. Avec un point commun entre la direction du PCF et du PG, à savoir la volonté de regarder davantage du côté de la gauche du PS et d’EELV que vers nous.

En quoi vous distinguez-vous d’autres listes ?

Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration. Ce qui nous identifie, c’est d’être les plus à gauche contre le gouvernement et sur la question européenne de maintenir un cap anticapitaliste et internationaliste. De refuser l’Europe libérale et tout ce qui ressemble à une tentative de repli nationaliste.

Qui est dans ce repli ?

La droite court après l’extrême droite et la gauche court après la droite. Raison pour laquelle la gauche radicale doit se prémunir de basculer dans le souverainisme dans lequel se niche le repli nationaliste. Au Front de gauche, les récentes déclarations sur l’euro font débat. Mettre un doigt là-dedans, c’est renforcer un courant qui ne sera pas le nôtre. La campagne se résume à un faux débat pour ou contre l’euro, eurosceptiques contre eurofanatiques. C’est un débat dangereux. Il faut sortir des traités existants mais en gardant le meilleur de ce qu’il peut y avoir dans les droits sociaux et démocratiques pour chaque pays. L’échelle nationale ne reste pas la solution.

Comment expliquez-vous que ce soit le FN qui parvienne à occuper cet espace de mécontentement ?

Ce qu’on entend en permanence, c’est : « Cela ne peut pas être pire. » Le discours du FN constitue à dire depuis vingt-cinq ans : « L’UMP et le PS, c’est la même chose. » Qui peut dire le contraire aujourd’hui ? Ils se disent antisystèmes mais Marine Le Pen aspire à ce que son parti devienne le premier du système qu’elle dénonce soi-disant. On reste dans le discours de délégation. En période de crise, c’est plus facile de dire : « Votez pour moi, je vais régler tous vos problèmes. » Plutôt que de dire comme nous : « Il faut se représenter nous-mêmes. »

Le Grec Alexis Tsipras est-il votre candidat à la présidence de la Commission ?

Notre candidat est Anzoumane Sissoko, le président de la coordination des sans-papiers. Dans ce qu’on dénonce de l’Europe, il y a l’aspect Europe de Schengen, Europe-forteresse. On veut aussi dénoncer cette mise en scène ridicule autour de l’idée que l’UE serait en train de se démocratiser à mort, car ce serait le Parlement européen qui désignerait le président de la Commission. C’est une mascarade. Le Parlement européen reste l’assemblée la plus démocratiquement élue, mais celle qui a le moins de pouvoir.

Vous appelez à un vote sanction contre le gouvernement…

On est contre la droite, l’extrême droite et on pense qu’il faut un vote sanction du gouvernement PS-Medef.

Manuel Valls a annoncé des mesures fiscales pour les ménages les plus modestes…

C’est une enveloppe électorale à laquelle, j’espère, personne ne croit. On multiplie les effets d’annonce mais, la douloureuse, tout le monde va la payer. Avec ces 50 milliards d’euros d’économie, le PS agit dans le sens opposé historique à la gauche : ils prennent à la majorité de la population pour donner aux plus riches.

Propos recueillis par Raphaëlle Besse Desmoulières et Caroline Monnot

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