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NPA 27 -  Eure

Articles avec #editos tag

Manque de style (tribune Mediapart à propos de Ruffin et du journal Les Echos)

27 Juin 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #RESISTANCE, #EDITOS

De Michel Broué, mathématicien engagé, victime de la censure de LVMH. Vous savez, le groupe dont Marc-Antoine Jamet, premier secrétaire du PS de l'Eure et acteur involontaire de "Merci patron", est directeur général

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LEURS AFFAIRES ET LEUR SYSTEME? UN MONDE À CHANGER, RADICALEMENT !

16 Février 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

LEURS AFFAIRES ET LEUR SYSTEME? UN MONDE À CHANGER, RADICALEMENT !LEURS AFFAIRES ET LEUR SYSTEME? UN MONDE À CHANGER, RADICALEMENT !

Emplois fictifs, détournement de fonds publics, , maintenant fraude fiscale de son porte-parole : l’affaire Fillon est le révélateur des pratiques de tant de politiciens de tous bords – rappelons-nous
Cahuzac – qui usent de l’argent public comme ils utilisent leur voiture de fonction.
Légales ou pas, des moeurs révoltantes Ce sont les mêmes qui accusent les plus démunis, traités « d’assistés », de « profiter » de l’argent
public. Les mêmes n’arrêtent pas de nous rabâcher que les caisses de l’Etat sont vides, de nous prêcher l’austérité et les sacrifices nécessaires. Fillon
pense-t-il qu’il lui suffira de quelques arguments bidon et d’excuses de dernière minute pour s’en tirer ?
Malgré tout , pour des raisons diverses, on remarque que le monde politicien  ne critique pas trop Fillon. En particulier le Front National. Et
pour cause : Marine Le Pen et ses amis sont empêtrés eux aussi dans des affaires, dont celle des d’emplois fictifs au Parlement Européen, qui
l’amène à devoir lui rembourser 340 000 euros.

Cirque médiatique et électoral, une démocratie bien fictive
La corruption, les affaires, le détournement de fonds publics ne datent pas d’aujourd’hui, et ne sont pas le fait d’un seul bord politique. Tout cela serait-il possible si les élus, à tous les niveaux, devaient rendre des comptes régulièrement, en cours de mandat, à la population ?
Le cumul des mandats, l’accumulation sur de nombreuses années de mandats successifs,  ne favorisent-ils pas cette culture de l’impunité pour ceux et celles qui font « carrière » en politique ? Et y aurait-il autant de candidats si l’indemnité versée aux élus était limitée au salaire moyen dans le pays ?

Le système dont il faut se débarrasser, c’est le capitalisme
Quand les « affaires » envahissent le champ médiatique, on ne parle plus de l’essentiel : les questions sociales en particulier. On est même tenté
de dire que c’est fait pour cela. Serait-il gênant d’obliger les candidats à détailler précisément leurs propositions sur le chômage, le pouvoir d’achat,
l’avenir de la Sécurité Sociale ou les questions internationales ? Serait-il incongru de leur demander à tous de dire très exactement ce qu’ils pensent des milliards de cadeaux aux entreprises –sous Sarkozy comme sous Hollande – sans aucune obligation de créations d’emplois ? De leur demander comment
ils pourront tenir leurs promesses –emploi, éducation, santé, retraites –sans envisager de prendre l’argent où il est, et donc de s’attaquer aux intérêts
de ceux qui détiennent les lieux réels de pouvoir : les banques, les grands groupes capitalistes ?

Il n’y a pas de « sauveur suprême », pas plus aujourd’hui qu’hier
Chaque jour dans le monde, le sort de centaines de millions de personnes se joue dans les petits cercles d’actionnaires. Le chantage à la concurrence est partout leur méthode pour imposer licenciements et baisse de salaires. Même dans des entreprises qui font déjà des profits, ils délocalisent ou licencient pour en faire encore plus. Pour eux, peu importe si cela doit accélérer le réchauffement de la planète. Malgré la montée du niveau des mers et les millions de réfugiés climatiques, ils continuent d’investir dans le pétrole et le charbon, en contradiction avec les décisions de la COP 21. Pour
nous débarrasser de leur pouvoir de nuisance, il est évidemment illusoire de compter sur le seul bulletin de vote ou sur un candidat miracle. D’immenses
mobilisations, coordonnées à l’échelle mondiale, nous permettront de balayer ce monde capitaliste pourrissant et d’instaurer de vraies mesures
anticapitalistes, pour en finir avec l’exploitation de l’homme et de la planète.

 

Avec les militantEs pour le climat, les opposantEs à la loi travail, les soutiens des migrantEs, les féministes, les altermondialistes, nous voulons trouver une issue. Nous ne sortirons pas de cette situation catastrophique avec les outils qui nous y ont conduits. Les exploitéEs et les oppriméEs sont aujourd’hui à la merci des manœuvres politiques des partis qui prétendent les représenter. Nous représenter nous-mêmes, construire nos propres outils politiques, élaborer notre programme à partir des exigences portées par nos luttes, voilà ce que nous pouvons et devons impérativement faire ensemble. Il n’y aura ni raccourci ni sauveur suprême.

C’est le sens de la candidature de par Philippe Poutou, ouvrier, en lutte pour défendre les emplois chez Ford Bordeaux

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Le 15 Septembre et après... On lâche rien! (Tract NPA27)

15 Septembre 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #NPA 27, #EDITOS

Tract distribué le 15 Septembre 2016 lors de la manifestation contre la loi El Khomri à Evreux.

Tract distribué le 15 Septembre 2016 lors de la manifestation contre la loi El Khomri à Evreux.

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C'est la rentrée la de la lutte des classes! (l'Anticapitaliste)

1 Septembre 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

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Goodyear Amiens, l’inacceptable vengeance

13 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS, #REPRESSION, #Luttes Ouvrières

Goodyear Amiens, l’inacceptable vengeance

Le tribunal d'Amiens vient d'annoncer la condamnation de huit ex-salariés de l'usine Goodyear, à 24 mois de prison, dont 9 mois fermes, assortie d'une possibilité d'aménagement. Six des huit accusés sont relaxés de l'accusation de violences en réunion mais tous sont déclarés coupables de séquestration.

C'est le 24 novembre dernier que s'est tenu le procès des huit salariés de Goodyear, dont cinq militants de la CGT parmi lesquels son responsable Mickaël Wamen, pour la séquestration, sans violences, de deux cadres, pendant 30 heures, dans l'usine occupée d'Amiens.

Dans les jours qui suivirent, l'usine était fermée avec près de 1150 licenciements. Sur ces 1150 salariés, plus de 750 d'entre eux n'ont toujours pas trouvé de travail. 70 personnes sont en CDI, environ 80 ont crée leur entreprise, une trentaine sont en CDD supérieur à 6 mois, une trentaine sont en intérim, il y a eu près de 140 départs en retraite et 9 décès.

En application de l'accord de fin de conflit signé avec les syndicats fin janvier 2014, Goodyear avait retiré sa plainte, tout comme les deux cadres concernés qui se sont désistés après avoir, dans un premier temps, déposé plainte à titre individuel.

C'est donc le parquet qui a poursuivi les salariés pour séquestration et violences en réunion et voies de fait pour lesquelles ils encouraient jusqu'à cinq ans de prison. Une décision donc clairement politique qui s'inscrit dans la volonté de répression du mouvement syndical, du mouvement social, engagée par le gouvernement.

Les salariés déclarent vouloir faire appel de ce jugement scandaleux. Après la mobilisation de soutien aux salariés d'Air France, voilà l’occasion d’une nouvelle étape dans la lutte contre la politique répressive du gouvernement, et à laquelle nous répondrons présent.

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Pour nos libertés, contre l’état d’urgence !

12 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS, #ETAT D'URGENCE

Pour nos libertés, contre l’état d’urgence !

En profitant de l'inquiétude et de l'émotion provoquées par les attentats, le gouvernement a restreint les libertés et imposé l’état d’urgence depuis 2 mois : présence policière et militaire partout, interdiction des manifestations et rassemblements, 3000 perquisitions administratives, 400 assignations à résidence…
Valls et Hollande, disent que c'est pour lutter contre le terrorisme.
Pourquoi alors assigner à résidence des militants écologistes ? Pourquoi terroriser des familles avec des perquisitions violentes ? Pourquoi interdire des manifestations contre les licenciements ou pour le climat ?

Non à l'état policier
L'état d'urgence décidé pour 3 mois devrait s'arrêter le 26 février. Le gouvernement veut continuer ce qui était présenté comme exceptionnel. Pour cela il veut changer la Constitution afin que l'état d'urgence soit plus facilement utilisé en cas « de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ».  Cette définition très vague et large va bien au-delà du seul terrorisme.
Il prévoit aussi une réforme pénale qui permettrait d'augmenter considérablement les pouvoirs donnés à la police : perquisitions de nuit y compris des logements, fouille des bagages et voitures, contrôle d’identité sur la décision les seuls préfets, extension des possibilités pour les policiers et gendarmes de faire usage de leur arme… Nous sommes toutes et tous concernéEs. Ce n’est plus l'action, le délit, qui sont sanctionnés, mais le comportement, c'est l’arbitraire ! Plus de pouvoir à la police, c'est moins de justice et moins de droits pour toutes et tous. Et surtout pour celles et ceux qui se battent pour résister au gouvernement et au patronat.

Non à la déchéance de nationalité
La seconde modification de la Constitution concerne la déchéance de la nationalité. Cette mesure jusqu’alors portée par la droite et de l’extrême-droite, est reprise par Hollande et Valls. Elle ne sert à rien contre des terroristes qui n'en ont rien à faire. Mais elle créerait deux catégories de citoyens, ceux qui le seraient vraiment et ceux qui ne le seraient pas complètement parce que leurs parents ou grands-parents n’étaient pas français. Alors que notre société est déjà minée par le racisme, le gouvernement associe volontairement terrorisme et immigration. Il encourage ainsi les discriminations et les violences contre les migrantEs et toutes celles et ceux qui sont désignéEs comme étrangerEs.

Toutes et tous mobiliséEs, Toutes et tous dans la rue!
Entre début février et début avril, le gouvernement veut faire adopter ces deux textes. Nous avons quelques semaines pour l'en empêcher par la mobilisation la plus large, la plus unitaire, la plus massive possible.
Une première journée nationale de manifestation aura lieu le 30 janvier (ou le 6 février). Toutes les forces doivent être mobilisées pour sa réussite. Pour gagner il est indispensable que la campagne se poursuive, s'ancre dans les quartiers, dans les entreprises, dans la jeunesse contre la déchéance de nationalité, l'état d’urgence et les mesures d’exception.

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Avec tous les « déchus » de la gauche, en 2016 ripostons ! (Hebdo l'Anticapitaliste)

8 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

Avec tous les « déchus » de la gauche, en 2016 ripostons ! (Hebdo l'Anticapitaliste)

Lors de ses vœux télévisés le 31 décembre, François Hollande a continué à exploiter cyniquement le filon démagogique de la situation créée par les monstrueux attentats de janvier et de novembre pour se poser en homme providentiel, en chef d’une France en danger.

Il a ainsi justifié l’intensification des frappes en Syrie et en Irak. « Les coups portent, les djihadistes reculent, s’est-il glorifié, alors nous continuerons autant que nécessaire. » Sauf que Daesh, s’il a reculé en Irak et en Syrie, a étendu ses opérations en Libye et que personne ne peut croire que les milliers de bombes lancées sur ces deux pays tuent les dirigeants et soldats de Daesh sans tuer dix fois ou cent fois plus de civils syriens et irakiens. L’intervention française, comme celles des autres puissances, ne fait qu’ajouter de la destruction et de la mort au chaos qui a permis aux bandes armées de Daesh de prospérer.

Sur les traces de Le Pen

Mais peu importe pour Hollande qui est prêt à tout pour servir, pense-t-il, ses ambitions présidentielles. Et de justifier l’état d’urgence, le renforcement des forces de police et de l’armée ainsi que la décision du gouvernement d’introduire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour « les individus condamnés définitivement pour crimes terroristes ». Il a simplement oublié de préciser que les seuls « individus » concernés seraient dans ce cas les binationaux, comme l’avait annoncé Valls le 23 décembre dernier.
D’ailleurs Hollande n’a-t-il pas précisé qu’il fallait prendre les « bonnes décisions au-delà des clivages partisans ». Cette mesure, le Front national en a fait depuis longtemps un cheval de bataille et Sarkozy avait promis de la mettre en œuvre ! D’une main, Hollande évoque les odieuses attaques contre les « lieux de prière » ou les « mosquées », comme celles qu’ont perpétrées des voyous d’extrême droite en Corse. De l’autre, il joue la partition du Front national, il cherche à semer le poison de la division par cette mesure qui crée deux catégories de citoyens français, instaurant une citoyenneté de seconde zone, celle des binationaux.
Mais cela ne l’empêche pas de prétendre vouloir mettre en œuvre un « état d’urgence économique et social ». « La lutte contre le chômage  reste ma première priorité », a-t-il eu le culot d’affirmer. Personne ne peut être dupe. Hollande a déclaré qu’il ne se représenterait que si la courbe du chômage s’inversait. Qu’à cela ne tienne, il va faire en sorte qu’il y ait moins de chômeurs... sur le papier grâce à un « plan massif de formation » concernant 500 000 personnes. Pour le reste, ce sont toujours les mêmes prétendus remèdes : « simplifier le code du travail », c’est-à-dire abattre les législations sociales qui limitent l’arbitraire patronal et de « nouvelles aides à l’embauche », des milliards de cadeaux supplémentaires qui augmentent les profits des grandes entreprises et les dividendes de leurs actionnaires sans créer un seul emploi.

Sans patrie ni frontières

Hollande croit pouvoir faire accepter l’offensive que son gouvernement mène contre les travailleurs pour le compte du patronat et des plus riches en prônant, à la faveur de l’émotion qu’ont créée les attentats, une unité nationale qui n’est qu’un piège pour les exploités. Il s’agit en effet de faire croire à une communauté d’intérêts entre l’ensemble de la population, les travailleurs, qui ont de plus en plus de mal à vivre décemment et la mince couche d’ultra-privilégiés qui accaparent par leur mainmise sur l’économie de plus en plus de richesses.
 « La patrie, a-t-il conclu, c’est le fil invisible qui nous relie tous, Français d’ici ou d’ailleurs, citoyens de toutes conditions, de toutes croyances et de toutes origines. » Comme si le fossé entre les classes possédantes et le monde du travail n’existait pas.
Mensonge d’autant plus cynique quand Hollande vient de confirmer la déchéance de la nationalité, quand on connaît également les conditions indignes, scandaleuses, qui sont faites aux migrants, aux Roms, et plus généralement, à tous les pauvres.
« Prolétaires de tous les pays, unissons-nous », cette devise du mouvement ouvrier à l’époque de Marx est d’une brûlante actualité. Les seules frontières qui existent sont les frontières de classe, celles qui séparent toutes celles et ceux qui ne peuvent vivre que de leur travail et l’infime minorité de la population qui s’enrichit de leur exploitation.

Nos souhaits pour 2016, c’est que l’ensemble du monde du travail puisse rassembler ses forces pour la défense de ses intérêts et ceux de toute la société contre la régression qu’entraîne cette politique.

Galia Trépère

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Etat d’urgence: les «déchus» de la gauche en état de choc ?

5 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS, #OLIVIER BESANCENOT

Etat d’urgence: les «déchus» de la gauche en état de choc ?

Par François Sabado et Olivier Besancenot, publié par Médiapart.

 

Dans le paquet-cadeau de la réforme constitutionnelle, qui vise à nous apprendre à vivre selon les codes de l’état d’urgence permanent, le président Hollande n’a pas oublié de glisser la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés en France, qui se seraient rendus coupables d’actes terroristes. Ce cadeau empoisonné appelle une réaction massive et unitaire de la part de toutes celles et de tous ceux qui entendent s’y opposer. Il est des lignes politiques et morales qui, lorsqu’elles sont franchies, outrepassées, provoque une profonde désapprobation qu’il s’agit à présent de traduire en mobilisation pour peser sur le débat public et faire reculer le gouvernement.

La déchéance de la nationalité appartient précisément à cette catégorie de lignes rouges à ne pas dépasser. A telle enseigne que, en 2010, lors du projet de loi sur l’immigration présenté par l’ancien président Sarkozy, qui proposait déjà la déchéance de nationalité pour les personnes d’origine étrangère ayant volontairement porté atteinte à la vie de policiers et de gendarmes, toute la gauche s’était exprimée vent debout contre cette aberration - François Hollande inclus. A l’époque, ce dernier y voyait un acte « attentatoire […] à la tradition républicaine ». Pour le Parti socialiste, le secrétaire national David Assouline dénonçait, quant à lui, une mesure qui « n’est pas dissuasive »« qui ne sert à rien pour la sécurité des Français » et qui « installe l’idée qu’il y a deux catégories de Français ». Le Sénat s’opposait au projet selon les mêmes arguments. Lors de ce débat, nombreux sont ceux qui ont tenu à rappeler l’historique de ce sinistre projet politique : d’abord porté par l’extrême droite française dans les années trente, la déchéance de la nationalité a été mise en application par le régime de collaboration avec l’occupation nazie du Maréchal Pétain. Cette mesure a été effacée en quasi-totalité à la Libération.

La déchéance de nationalité établit, en effet, l’idée selon laquelle il y aurait « deux catégories de Français ». Or, quelle que soit l’atrocité des actes dont il peut être question, lorsque cette sélection est autorisée, on sait quand elle commence et jamais, ni quand, ni comment, elle s’arrête. La Convention européenne des droits de l’homme de 1948, à l’instar de celle de l’ONU de 1961, s’oppose aux actions nationales susceptibles de multiplier le nombre d’apatrides dans le monde. Toutefois, cela ne semble pas faire vaciller l’opinion de M. Hollande et de son gouvernement.

Quant à la prétendue efficacité de la mesure dans la lutte contre Daech, qui peut encore y croire ? Une personne ayant commis de tels actes ne doit-il pas d’abord rendre des comptes à la justice du pays auquel il est censé appartenir plutôt qu’ailleurs, voire nulle part. Jusqu’à preuve du contraire, le terrorisme n’est pas une nationalité. Parmi les Français qui se revendiquent de l’Etat islamique, il semblerait qu’un quart, peut-être un tiers, soient des convertis, nés en France, et qui ne possèdent par conséquent qu’une seule nationalité : la nationalité française. C’est une preuve supplémentaire qui montre l’absurdité de cette mesure, qui dissimule mal une portée idéologique nauséabonde, que seule l’extrême droite portait il y a peu : établir un corollaire improbable et révoltant entre terrorisme et immigration. Ce corolaire nocif, qui légitime dans l’opinion l’idée selon laquelle notre insécurité et l’immigration sont deux phénomènes contigus. Cette ligne rouge était inacceptable en 2010 ; elle l’est tout autant en 2015.

Les nouveaux convertis à cette mesure justifient ce ralliement au nom du fait que nous serions désormais en guerre. Argument déjà entendu au printemps dernier, suite aux attentats de janvier, pour rendre plus présentable une loi relative au renseignement controversée. Or, ce projet de loi, tout comme les appels lancinants à un « Patriot Act à la française », était largement antidaté et remontait à bien avant les attentats. Dans son livre lastratégie du choc, la militante altermondialiste Naomi Klein avait déjà évoqué la manière dont les pouvoirs s’y entendaient pour instrumentaliser l’émotion de l’opinion, lorsqu’elle est placée, de fait, dans un état de sidération suite à des grands chocs sociaux, économiques, écologiques ou militaires, tels des révoltes, des révolutions, des guerres, des attentats ou des catastrophes naturelles. C’est ainsi que bien des gouvernements saisissent l’opportunité de faire passer des réformes libérales et sécuritaires concoctées de longue date. Stratégie couchée sur le papier, le 26 octobre 2001, aux Etats-Unis lorsque George W.Bush présentait un texte long de 132 pages, restreignant les libertés fondamentales et déléguant un pouvoir d’exception aux agences et officines gouvernementales. Stratégie mise en application dans la guerre en Irak de 2003. A l’époque les critiques de la classe politique française ne manquaient pas. Elles étaient même nourries pour déplorer le bilan d’un épisode « va-t-en-guerre et arbitraire ». Lorsqu’un informaticien américain, du nom d’Edward Snowden, décidait, en 2013, de rendre publique les informations embarrassantes compilées par la NSA, l’agence de surveillance US, elles sont devenues unanimes. Deux années seulement se sont écoulées. Aujourd’hui, c’est un François Hollande, prisonnier de ses calculs politiciens pour 2017, autant que de la crise politique qui l’éloigne toujours plus de la réalité, qui utilise les mêmes peurs, le même choc, pour justifier ses guerres, son Etat d’urgence, ses mesures sécuritaires et la déchéance de la nationalité. Et comme à l’accoutumée, chacun de constater que le renforcement de l’Etat pénal accompagne le démantèlement de l’Etat social.

En réalité, la déchéance qui semble se nouer aujourd’hui est bien celle de la gauche. A moins que tous « les déchus » de cette gauche au pouvoir redressent la tête, sortent de leur propre état de sidération, et parlent d’une même voix, au-delà des différences des uns et des autres, afin de bloquer ce projet inique. Pourquoi pas une manifestation nationale contre cette modification avant le vote ? Pourquoi pas un front commun, un comité national contre la déchéance de la nationalité, fondé sur un objectif rassembleur, dans un état d’esprit respectueux de nos diversités et de nos positionnements politiques ? Tout est à débattre et à imaginer ensemble. Mais il y a urgence car nous sommes nombreux à souhaiter un sursaut civil, social et politique qui enraye ce sempiternel glissement à droite de la classe politique.

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Nos vœux pour 2016 : une contre-offensive des travailleurs

5 Janvier 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES, #EDITOS

Lors de ses vœux le 31 décembre, Hollande a continué à exploiter cyniquement le filon de la « lutte contre le terrorisme » pour se poser en sauveur de la nation. Pour cela, il n'a pas hésité à aller chercher ses propositions dans le programme du Front national.

Une politique de plus en plus réactionnaire

Hollande s’est félicité des bombardements français en Syrie et en Irak. Mais ces milliers de bombes lancées sur ces deux pays ne peuvent absolument pas supprimer Daech. L’intervention française ne fait qu’ajouter de la destruction et de la mort au chaos qui a permis aux bandes armées de Daech de prospérer.

Hollande a confirmé la volonté du gouvernement d’introduire dans la constitution la déchéance de nationalité pour « les individus condamnés définitivement pour crimes terroristes. »Il joue la partition du Front national : il cherche à semer le poison de la division entre les travailleurs, par cette mesure qui crée deux catégories de citoyens français en instaurant une citoyenneté de seconde zone, celle des binationaux. Il renforce la stigmatisation des étrangers, des immigrés et des musulmans. Ne nous laissons pas faire, c'est au contraire de l'unité de l'ensemble du monde du travail dont nous avons besoin, pour faire face à ce gouvernement et au patronat.

L'état d'urgence dure maintenant depuis près de trois mois. Il n'a servi à rien pour combattre le terrorisme, mais il a permis au gouvernement d'interdire les manifestations, de renforcer le racisme et l'islamophobie, d'opérer des perquisitions et des assignations à résidence contre les militants écologistes, etc.

L'heure est à la mobilisation contre la déchéance de la nationalité, contre l'état d'urgence et contre la guerre. Des meetings et des manifestations commencent à s'organiser, nous appelons à les construire et les développer.

Priorité à la lutte contre le chômage ?

Quant à la « lutte contre le chômage » dont il fait, a-t-il dit, sa « première priorité », personne n’est dupe. Hollande va faire en sorte qu’il y ait moins de chômeurs sur le papier grâce à un « plan massif de formation » concernant 500 000 personnes. De quoi inverser la courbe du chômage sans laquelle il a promis de ne pas se représenter. Pour le reste ce sont toujours les mêmes prétendus remèdes, « simplifier le Code du travail », c’est-à-dire abattre les législations sociales qui limitent l’arbitraire patronal et de « nouvelles aides à l’embauche », des milliards de cadeaux supplémentaires qui augmentent les profits des grandes entreprises et les dividendes de leurs actionnaires sans créer un seul emploi.

La journée de mobilisation du 26 janvier dans la fonction publique peut être une première réponse à cette politique. Les salariés descendront dans la rue pour revendiquer des augmentations de salaire, des embauches, des moyens pour les services publics.

Unité des exploités contre ce gouvernement

Hollande croit pouvoir faire accepter l’offensive de gouvernement et du patronat contre les travailleurs en prônant une unité nationale qui n’est qu’un piège pour les exploités. Il s’agit de faire croire à une communauté d’intérêts entre l’ensemble de la population. Mais, en réalité, il n'y a aucun intérêt commun entre, d'un côté les travailleurs, qui ont de plus en plus de mal à vivre décemment, et, de l'autre, la mince couche d’ultra-privilégiés qui accaparent par leur mainmise sur l’économie de plus en plus de richesses.

Nos souhaits pour 2016, c’est que l’ensemble du monde du travail puisse rassembler ses forces pour la défense de ses intérêts et ceux de toute la société contre la régression qu’entraîne cette politique. Que nous construisions un mouvement d'ensemble contre le gouvernement et le patronat. Et que les travailleurs de tous les pays reprennent l'offensive pour en finir avec cette société qui, entre les guerres, la misère, le racisme, l'exploitation, la catastrophe climatique, est de plus en plus aberrante et dangereuse.

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Pas de cadeaux au gouvernement PS-Medef !

27 Décembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

Après les Régionales, le PS qui se présente comme barrage contre le FN aggrave la politique qui l'alimente

Que font Hollande et son gouvernement dans les jours qui suivent les élections régionales dont le Front national sort grand gagnant ? Bien loin de chercher à assécher l’extrême droite en luttant contre la désespérance sociale, ils adressent un véritable bras d’honneur à celles et ceux qui souffrent et désespèrent.


La semaine a commencé très fort. Dès le lundi matin suivant le second tour, le gouvernement a annoncé qu’il maintenait pour 2016 son veto à tout « coup de pouce » au SMIC. Au 1er janvier, le salaire minimum ne sera donc augmenté que du strict minimum, à savoir 0,6 %, 6 euros par mois,
19 centimes par jour ! La ministre du Travail Myriam El Khomri ressort la même rengaine – selon laquelle un coup de pouce ne serait pas « la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d’achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l’emploi » – qui, de Sarkozy au PS, sert à justifier la poursuite de l’austérité.

Tout va donc continuer comme avant, en pire !

Le budget d’austérité est devenu un non-événement. Pourtant, la cuvée 2016 adoptée définitivement le jeudi 17 décembre par le Parlement mérite qu’on s’y arrête. Quelques minutes après les résultats des régionales, Manuel Valls déclarait que ces derniers étaient une « injonction » à « agir, sans relâche, plus vite » contre le chômage. Mais, à part l’éternel baratin sur les baisses de cotisations, toujours baptisées « charges », censées enclencher une dynamique économique censée elle-même à son tour inverser la courbe du chômage, il n’y a rien ! On a toujours droit au refrain sur la « maîtrise de la dépense publique », 50 milliards d’économie sur la période 2015-2017, donc toujours moins pour  l’éducation, l’emploi, l’écologie, ou encore l’aide au développement...
Mais les restrictions ne sont pas pour tout le monde. Les entreprises d’abord verront à nouveau leurs impôts baisser : « 33 milliards d’euros d’air frais », claironne le ministère de l’Économie ! Et, comme désormais le « pacte de sécurité » doit passer devant le pacte de compétitivité, la police et la gendarmerie, la justice et l’armée vont bénéficier de 700 millions d’euros de dépenses supplémentaires.
Le Parlement a failli laisser passer une mesure de gauche, mais le gouvernent veille au grain ! En effet, les Verts et quelques députés socialistes avaient réussi à faire voter le « reporting public pays par pays », c’est-à-dire l’obligation pour les entreprises françaises de rendre publics tous les détails sur leurs filiales, leur localisation, leurs bénéfices et les impôts qu’elles payent où qu’elles soient dans le monde. Mais au nom de la sacro-sainte compétitivité des entreprises françaises, et à la faveur d’une manœuvre de procédure, exit toute velléité de lutter contre l’évasion fiscale ! Le Medef peut une fois de plus applaudir... et les associations mobilisées contre le pauvreté et les inégalités déplorer une nouvelle reculade.

Nous n’avons pas la mémoire courte

Le comble du cynisme a été atteint jeudi. Alors que, depuis qu’il a été élu, Hollande n’a eu de cesse d’envoyer toujours plus de troupes françaises intervenir à l’étranger, alors que du Mali à la Centrafrique, d’Irak en Syrie... sa politique de va-t-en-guerre est la digne héritière de celle des gouvernements sociaux-démocrates qui l’ont précédé, il ose aller parader devant le Monument des fraternisations. Sans mémoire ni honte, il commémore les soldats qui ont fraternisé lors du Noël 1914, ces jeunes, britanniques, français, allemand, ennemis supposés... qui se sont rassemblés, ont joué, échangé, partagé...
Pourtant à n’en pas douter, ce gouvernement qui assigne à résidence les militants écologistes, refoule les internationalistes venus manifester pour « changer le système, pas le climat », interdit les manifestations, n’aurait pas été du côté des soldats qui ont fraternisé mais du côté de ceux qui, quelques mois plus tard, ont fusillé pour l’exemple ceux qui n’en pouvait plus de la boucherie des tranchées.
Qu’il fasse tout cela par simple calcul politique pour être réélu en 2017, piéger et marginaliser le droite afin de se retrouver seul « recours » face au FN, donne simplement envie de vomir. Il n’y a pas d’autre issue que de construire nos résistances, que de dire nous aussi « Nous pouvons » : nous pouvons nous représenter nous-mêmes, nous pouvons imposer nos propres réponses pour la justice sociale et environnementale.

Christine Poupin

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