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NPA 27 -  Eure

Articles avec #austerite tag

Tant qu'il y aura des riches il y aura des pauvres...

31 Juillet 2017 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Austerité, #En bref...

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Après les attentats : La lutte des classes en suspens ?

17 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Austerité

Avant les attentats du vendredi 13 novembre, la semaine aurait dû être une semaine de grèves et de mobilisations importantes dans différents secteurs d’activité. La sidération, le deuil, l’interdiction des manifestations sur la voie publique ont mis en stand by ces mobilisations pourtant légitimes. Jusqu’à quand ?

Grève des aiguilleurs du ciel, à l’AP-HP (voir en page 9), dans les finances publiques, des enseignants dans le 93, mobilisation à Air France contre les licenciements et la répression (voir en page 12), et même grève générale à Mayotte…La semaine aurait dû être une semaine de forte mobilisations dans différents secteurs d’activité, mais les attentats de vendredi 13 novembre ont suspendu ces mobilisations, qui pour la plupart ont été reportées.

Ainsi, dans la plupart des secteurs d’activité mobilisés, les organisations syndicales se sont exprimées, souvent dans des cadres intersyndicaux, comme aux finances publiques dès dimanche : « Pour nos syndicats, ces revendications sont et demeurent plus que jamais légitimes et urgentes à satisfaire pour assurer un service public efficace et de qualité, encore plus indispensable dans la période. (…) Toutefois, soucieux de l’efficacité de leur action, nos syndicats prennent la mesure du contexte actuel et du choc que ces attentats inqualifiables ont provoqué tant dans l’opinion que parmi les agents des finances publiques ».

Des positionnements compris par les salariéEs qui ne se sentaient pas de se mobiliser cette semaine. Et les discussions montrent qu’il s’agit là de réactions bien plus vis-à-vis des victimes du terrorisme que d’un soutien aux mesures d’état d’urgence du gouvernement. De plus, l’interdiction des manifestations sur la voie publique jusqu’au jeudi 19 novembre rendait également difficile la visibilité de toutes ces mobilisations, ce qui est un véritable problème.

L’état d’urgence sociale

Au-delà de la colère et de l’émotion tout à fait légitimes, les revendications contre les politiques d’austérité, contre les suppressions massives d’emplois et les licenciements, contre la casse du code du travail et des services publics, restent plus que jamais d’actualité. Le gouvernement, avec la prorogation de l’état d’urgence, l’interdiction des manifestations aujourd’hui et peut-être demain, surfe sur l’émotion pour essayer de nous museler, de restreindre les libertés publiques... tout en continuant sa politique de ­destruction sociale.

Car aujourd’hui, ceux qui nous imposent ou applaudissent la mise en place de l’état d’urgence sont les mêmes qui s’acharnent contre le code du travail, les syndicalistes, le mouvement social dans son ensemble, et qui mettent en œuvre des politiques qui laissent filer le chômage, répandent la précarité au service du patronat et des plus riches. Et aucune des mesures liberticides et sécuritaires proposées lundi par Hollande devant le Congrès (on parle de milliards d’euros, trouvés par enchantement ?) ne seront efficaces pour lutter contre l’embrigadement de jeunes par Daesh, aussi parce qu’elles tournent le dos à toute politique sociale.

Plus que jamais, les revendications sociales, écologiques, contre les droits du monde du travail, contre le racisme, doivent se faire entendre. Pas question de laisser rogner notre droit à lutter contre la violence patronale, les suppressions d’emploi, l’austérité, les violences faites aux femmes ou les droits des migrantEs. Il est urgent que la lutte de classes reprenne le devant de la scène.

Sandra Demarcq

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le Département menace de ne pas verser le RSA ! (Paris-Normandie, 05.10.15)

7 Octobre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #NPA 27, #Austerité

Commentaire à l'article " le Département menace de ne pas verser le RSA !" paru dans Paris-Normandie le05.10.15

Le refus de faire payer les riches, de s'en prendre à la fraude fiscale massive des banques et des actionnaires, d'interdire les licenciements, a mené les libéraux ,qu'ils se disent sociaux ou pas, dans la nasse: quand on approuve sur le fond le désinvestissement de l'Etat et le "traitement social du chômage", il ne reste plus qu'à serrer la vis aux plus pauvres tout en faisant le matamore sur la grève des versements du RSA pour faire de la mousse avant les élections régionales. Comme s'il en serait autrement avec Sarkozy ou Le Maire !  Ne manquez pas de lire les réactions minables des élu-e-s la soi-disant opposition pro-gouvernementale. Décidément, pour recréer un eperspective de changement solidaire, l'opposition sociale et politique est à reconstruire par en bas, par la lutte, et il n'y a pas de raccourci.

 

Le Département menace de ne pas verser le RSA

 

Politique. Le président du Département de l’Eure, Sébastien Lecornu (Les Républicains) menace de ne plus verser à la CAF la part départementale de cette aide sociale si l’État ne revoit pas son soutien financier. Elle s’élève à quelque 40 M€ !

 

« L’État ne finance que 50 % du RSA, ce n’est plus possible. Le coût du RSA pour le Département ne cesse d’augmenter, on est dans une impasse ! Je mets l’État devant ses responsabilités d’ici à la fin de l’année ».
C’est la surprise du chef ! Hier après-midi, alors que les élus du conseil départemental se penchaient sur de nouvelles mesures de contrôle des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), le président du Département, Sébastien Lecornu (Les Républicains) a menacé « d’appuyer sur le bouton de l’arme nucléaire ».

D’ici à la fin de l’année !
« L’État ne finance que 50 % du RSA, ce n’est plus possible. Le coût du RSA pour le Département ne cesse d’augmenter, on est dans une impasse. Certains Départements envisagent de faire la grève au RSA, a rappelé Sébastien Lecornu. S’il devait y avoir un mouvement de grêve, je le suivrais. Je vais même plus loin : si l’État ne revient pas d’ici à la fin de l’année sur sa politique budgétaire, je ne signerai pas le versement de notre argent à la Caisse d’allocations familiales (CAF) ! Je mets l’État face à ses responsabilités », précisait le président du conseil départemental, droit dans son fauteuil.


77 M€ pour 13 350 allocataires

L’Eure compte actuellement 13 350 allocataires. Pas moins de 83 % de ces bénéficiaires vivent seuls. C’est la CAF et la MSA (Mutualité sociale agricole) qui assurent l’instruction des dossiers. Cinq mille personnes bénéficient d’une orientation vers l’emploi, 2 000 d’une orientation socioprofessionnelle et 2 500 d’une seule orientation sociale alors que 4 000 allocataires ne sont pas orientés faute de personnels.

Le RSA, expérimenté dans l’Eure dès 2007, pèse 77 M€ (80 M€ en 2016). Le nombre d’allocations versées a augmenté de 25 % en quatre ans et les dépenses de 50 %.

Le Département verse environ 40 M€ par an à la CAF. L’État en donne autant mais sa contribution n’augmente que de 2 M€ quand celle du Département a crû de 29 M€ depuis 2010.

Des contrôles renforcés

Hier, le Département de l’Eure a décidé, à l’unanimité, de renforcer les contrôles et de faire la chasse aux fraudeurs. De 12 dossiers étudiés par la CAF chaque année, le service créé à ce titre épluchera 100 dossiers en plus cette année. Un contrôle renforcé et payant (15 000 € et environ 60 000 € en coût de fonctionnement interne) qui se traduit par le recrutement de deux agents. Sont directement visés les nouveaux allocataires.

Un gain de 400 000

« Même si ça devait nous coûter 500 000 €, on les dépensera car la justice n’a pas de prix ! », déclarait Sébastien Lecornu, tapant quasiment du poing sur la table.

Les mesures basées sur l’examen systématique de trois pièces administratives non réclamées par la CAF ou la MSA, se déclinent ainsi : contrôle de l’avis d’imposition sur le revenu ; de l’avis de taxe d’habitation ; d’une attestation de la banque de non produits de placement. En cas de non-fourniture des justificatifs, les droits seront suspendus, prévient le Département de l’Eure. D’autres Départements, comme le Calvados, ont déjà initié une reprise en main du contrôle des allocataires.

Meilleur suivi

Une commission d’évaluation des contrôles présidée par Jean-Paul Legendre (DVD, Le Neubourg) et comprenant un élu de chaque groupe politique sera constituée dans les prochains jours.

L’autre volet majeur de ces mesures concernant le RSA porte sur l’aide apportée aux personnes qui n’ont pas connaissance du dispositif et un meilleur suivi plus efficace des allocataires, ce qui est loin d’être le cas. Là aussi, la nouvelle majorité départementale, de fait soutenue par l’opposition (PS-PCF-DVG), entend amener « davantage de justice et d’équité ».

G. Lejeune.

Lire également en p. 4 la position du Département sur le projet de contournement Est, dossier sur lequel nous reviendrons demain dans le détail.

Un certain consensus mais...

Si le texte présenté par Sébastien Lecornu et sa majorité est finalement passé comme une lettre à la poste hier après-midi dans l’hémicycle du conseil départemental à Évreux, les débats ont cependant été vifs.

« Je stigmatise les fraudeurs ! »

Question

Rappelant à l’envi l’écart croissant entre la participation financière de l’État (50 % alors qu’il devrait rembourser la totalité du financement au Département) et le coût réel du RSA, les élus ont unanimement décidé hier de déposer une question prioritaire de constitutionnalité.

Objectif : faire respecter les obligations de l’État en matière de transfert de charges et de compétences. En clair, le Département demande que l’État prenne à sa charge tout le financement du RSA. Un vœu pieux.

Dans le même temps, voulant apporter sa contribution au mouvement de colère des élus, notamment de droite, Sébastien Lecornu n’imagine pas que l’État reprenne la compétence du RSA. « Il faut se battre pour garder nos compétences », harangue le jeune président de l’Eure. Qui poursuit son programme marqué jusqu’à présent par des économies à tous les étages.

Pour Frédéric Duché (Les Républicains, Les Andelys), « il faut en finir avec la politique de saupoudrage et remettre les allocataires sur le chemin de l’emploi, but premier du RSA. Fini le temps du never explain, never complain ! »

Toujours au nom du groupe Eure Avenir, le vice-président du Département et bras droit de Sébastien Lecornu voulait faire de cette « journée celle de la rénovation de l’aide sociale notamment pour que cette enveloppe budgétaire profite à ceux qui en ont le plus besoin ».

Janick Léger (PS, Val-de-Reuil), rappelait volontiers que c’est en 2011, sous Nicolas Sarkozy, que la généralisation du RSA a été décidée : « Je n’étais pas d’accord car cette généralisation n’était pas adaptée. Il est nécessaire de mieux accompagner les allocataires et que le système soit moins complexe. Je ne suis pas contre les contrôles mais tous les fraudeurs ne le sont pas délibérément. »

Le communiste Serge Masson (Saint-André-de-l’Eure), précisera de son côté que « ces contrôles ne vont pas renflouer les caisses du Département. Il ne faut pas stigmatiser les fraudeurs ». Colère de Sébastien Lecornu : « Mais moi M. Masson, je stigmatise les tricheurs ! Il en va de l’équité. Nous envoyons un signal. Douze petits contrôles de la CAF par an, ce n’est pas lutter contre la fraude. Et jusqu’alors, il n’y a eu aucune politique de contrôle ! », lâchera le président du Département en taclant au passage son prédécesseur Jean Louis Destans (PS).

Alors qu’Alfred Recours (PS, Conches-en-Ouche) exprimait son point de vue, que Sébastien Lecornu retweetait le souhait d’une élue de voir Bruno Le Maire accéder à la présidence de la République en 2017 et qu’Ollivier Lepinteur (UDI, Évreux) s’amusait que la gauche fasse le plan d’actions de la majorité de droite, Hafidha Ouadah (UDI, Louviers) évoquait l’idée « d’associer les PME et les maires » à cette rénovation de la politique du RSA.

Cécile Caron (Les Républicains, Pacy-sur-Eure) témoignera que « ce n’est pas de la fraude mais il est anormal que des bénéficiaires ayant un travail précaire refusent un CDI pour pouvoir garder leur RSA » Propos appuyés par Alexandre Rassaert (Les Républicains, Gisors) qui évoque « le témoignage de travailleurs pauvres ulcérés par ces abus commis parfois par leur voisin. Il n’y a rien d’extrémiste à faire respecter la loi et à vouloir une vraie justice », répondra le jeune maire de Gisors à une réflexion de Gaëtan Levitre (PCF, Pont-de-l’Arche).

 le Département menace de ne pas verser le RSA ! (Paris-Normandie, 05.10.15)
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Olivier Besancenot: “La rémunération des actions, la part la plus parasitaire de l’économie, ne cesse d’augmenter” (Les Inrocks)

29 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT, #Austerité

L’ancien candidat à l’élection présidentielle, membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), sort “Le Véritable Coût du capital” (éd. Autrement), un livre dans lequel il tord le cou aux idées reçues sur le “coût du travail”. Entretien.

 

13 heures, ce vendredi 25 septembre, Olivier Besancenot termine son service au guichet de La Poste, aux alentours de la Porte de Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Pendant sa pause déj’, il nous invite à boire un café, dans le troquet situé en face de son travail, pour parler de son nouveau livre, Le Véritable Coût du capital (éd. Autrement).

 

 

 

L’ex-porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) arbore une barbe de trois jours et un visage détendu, bien qu’un peu fatigué : mardi il s’est levé aux aurores pour assister ses anciens collègues au bureau de La Poste de Neuilly, mobilisés dans une grève contre la réorganisation. L’ex-candidat de la LCR aux élections présidentielles de 2002 et 2007 ne s’applique pas à lui-même la réduction du temps de travail pour laquelle il milite – c’est le lot du militant politique.

Moins présent dans les médias depuis qu’il a cédé sa place à Philippe Poutou en 2012, Olivier Besancenot prend le pouls du monde du travail depuis son guichet. Ce matin-là, sur les quinze premières lettres recommandées qu’il a remises, l’une annonçait la fin d’une période d’essai – “la personne s’est effondrée” –, l’autre un entretien préalable au licenciement. “Tu sors de l’émission Des Paroles et des actes la veille avec Manuel Valls [où le Premier ministre a réagi aux mauvais chiffres du chômage, ndlr], et tu te dis : voilà, ça fait deux chômeurs de plus”, constate-t-il avec amertume. Entretien.

 

Pourquoi te semblait-il important d’écrire un livre sur le “véritable coût du capital” aujourd’hui ?

Olivier Besancenot – Je suis parti de ce constat : on accepte d’être désignés comme un “coût”, ce qui est super violent, sans s’interroger sur les mots, les chiffres et arguments qui nous sont présentés comme d’incontestables vérités. J’ai donc eu envie de me pencher sur ce qu’est la réalité de la force de travail – Combien rapporte-t-on avant de coûter ? Où en est la productivité ? Quelles sont les vraies-fausses pistes de la compétitivité ? – et de considérer l’autre côté du miroir, c’est-à-dire le vrai coût du capital.

Ce livre est donc un répertoire de données illustrées, qui ont été produites par des organisations syndicales ou des militants comme Michel Husson [statisticien et économiste français travaillant à l’Institut de recherches économiques et sociales et connu pour ses travaux sur la politique de l’emploi, ndlr]. Il a été pensé pour être un support à destination de ceux qui militent dans le cadre des entreprises notamment, pour les aider dans leurs combats. C’est un contrepoids à la campagne politique et médiatique que nous subissons tous les jours, et qui culpabilise tout le monde sur le thème du “coût du travail”.

Il s’ouvre sur le rapport Gallois et le choix de la compétitivité fait par François Hollande en 2014, qui inaugurent selon toi une nouvelle offensive du capital. Comment expliques-tu que la gauche au pouvoir soit à l’origine de cette offensive ?

Il y a une conversion politique assumée au libéralisme dans les rangs de la social-démocratie – je ne sais d’ailleurs pas s’il faut continuer de l’appeler ainsi. La différence entre un train qui déraille et le gouvernement, c’est que le train qui déraille s’arrête tout seul, alors qu’eux ne s’arrêteront pas. Ils ont fait un choix politique à la Tony Blair ou à la Schröder, et ne reviendront pas dessus.

L’autre élément explicatif c’est qu’il y a des offensives libérales qui, paradoxalement, peuvent passer plus facilement sous la gauche que sous la droite. La complicité dont la gauche bénéficie de la part de la direction du mouvement syndical lui permet de passer des mesures impopulaires, sans créer autant de trouble dans le mouvement ouvrier que l’aurait fait la droite. Peut-être l’ont-ils compris. D’où la distribution des rôles entre flics gentils et flics méchants, c’est-à-dire entre le gouvernement et le Medef : pendant que l’un coupe les oignons, l’autre pleure.

Ce tournant est synthétisé dans le rapport Gallois, qui préconise un “choc de compétitivité”. Celle-ci, déjà familière de Sarkozy, est appliquée dans le menu détail par François Hollande dans toutes ses réformes. C’est à l’exigence de compétitivité que répondent le pacte de responsabilité, la loi Macron, l’accord national interprofessionnel (ANI) ou encore le rapport Combrexelle.

Selon une idée largement diffusée dans la société, il faudrait baisser le “coût du travail” pour gagner en compétitivité. Notre retard sur l’Allemagne s’expliquerait ainsi par un “coût du travail” trop élevé en France. Pourquoi n’en est-il rien selon toi?

Le grand public est persuadé que l’Allemagne supplante la place économique de la France parce qu’elle est plus compétitive grâce à un coût du travail qui est moindre. C’est l’idée qui est admise par 90 % des gens. Or il n’en est rien.

Dans le principal secteur exportateur, celui de l’industrie manufacturière, les coûts horaires en France et en Allemagne sont semblables : 33,16 euros outre-Rhin et 33,37 euros dans l’Hexagone. Dans le secteur automobile, le salaire allemand est même supérieur d’environ 30 % au salaire français. Pourtant la productivité horaire est plus forte en France qu’en Allemagne en 2014.

Il faut donc contrecarrer le discours ambiant sur ce comparatif qui arrange tout le monde : si les exportations allemandes surpassent les françaises, c’est en raison de facteurs “hors coûts”, comme l’image de marque, le design, et l’idée qualitative que renvoie le produit fabriqué, qui a un coût. La part du PIB consacrée à la recherche-développement explique aussi cela : elle est plus importante en Allemagne qu’en France.

Pourtant en France les patrons licencient en se justifiant par le fait que le travail coûte trop cher. Dans ton livre tu opères un renversement en montrant que le capital aussi a un coût : quel est-il et comment le mesures-tu ?

Il y a d’abord un coût du capital sur le travail : on n’a jamais autant allégé le coût du travail qu’en ce moment. La part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de dix points ces trente dernières années, ce qui est énorme. Les exonérations de cotisations sociales – appelées “charges” dans la novlangue libérale – sont aussi une façon de s’attaquer à notre salaire.

Dans le même temps, la rémunération des actionnaires n’a jamais été aussi importante, que ce soit en proportion de la masse salariale ou en fonction de la valeur ajoutée. La CGT mène une campagne à ce sujet. Elle montre qu’il y a trente ans, les dividendes représentaient 10 jours de travail, contre 45 jours en 2012. Qu’elles qu’aient été les grandes promesses de Sarkozy lors du discours de Toulouse ou de Hollande lors du discours du Bourget contre la finance, l’emprise de la rémunération actionnariale sur l’économie, et donc de la part la plus parasitaire du capitalisme, ne cesse de s’accentuer.

Pourtant jamais un seul des économistes qui nous font transpirer tous les jours à la télévision ne nous explique que toute la société paye un coût du capital délirant. C’est de l’escroquerie verbale. On a tous la sensation d‘avoir fait une connerie : on nous explique qu’on dépense trop d’argent et on n’en rapporte pas assez. Et on finit par le croire !

Tout ce que tu expliques, chiffres à l’appui, dans ton livre, rappelle le témoignage de Ghislaine Tormos, ouvrière à l’usine PSA d’Aulnay, dans Le Salaire de la vie (éd. Don Quichotte), sorti l’année dernière…

Son livre m’a beaucoup marqué. On a fait des débats ensemble ensuite. Ce qui est poignant c’est d’une part l’histoire qu’elle retrace, celle d’une ouvrière dans le groupe de PSA, un monde d’hommes où elle a réussi à se faire une place, et d’autre part le récit de sa prise de conscience dans la grève. Cela rappelle que, si un livre peut contribuer à “conscientiser”, rien ne vaut les actes fondateurs collectifs auxquels on participe. Elle a retranscrit cette expérience, pour pouvoir la transmettre.

Son cas semble être exceptionnel : dans La Conjuration des inégaux, tu expliquais qu’il n’y a jamais eu autant de prolétaires sur terre, et qu’en même temps ils n’ont jamais eu aussi peu conscience d’exister en tant que tels. Aujourd’hui le monde du travail semble encore tétanisé, gagné par la peur du déclassement. Comment reprendre la main ?

On est dans une phase de reconstruction du mouvement social. Il faut le rebâtir, en prenant ce qu’il y avait de meilleur dans l’ancien et en l’adaptant à notre période. Il faut assumer ça, quelle que soit son appartenance politique, syndicale ou organisationnelle. C’est ce qui donne encore moins de sens aux “querelles partisanes” : il y a de vraies questions stratégiques qui divisent profondément le mouvement ouvrier, mais je suis pour les prendre comme des éléments de reconstruction. Si on les évacue au nom de l’unité, on ne règle pas le problème.

Mais l’idée selon laquelle telle ou telle organisation peut prétendre incarner le meilleur des traditions du mouvement ouvrier et être en même temps le creuset des futures radicalisations ne correspond pas à ce qu’on est en train de vivre. On vit un moment de délitement, de décomposition du mouvement ouvrier. Une page est en train de se tourner. Il faut commencer à regrouper ceux qui veulent écrire la prochaine, sans effacer les pages précédentes.

Dans ce contexte, il faut assumer d’être à contre-courant. On est à contre-courant de tout : parler de coût du capital, prendre la défense des réfugiés, etc. Même dans notre propre camp social, diviser pour mieux régner n’a jamais autant fonctionné. Les possédants ont réussi à faire en sorte qu’on se bouffe la gueule entre nous. Mais ce n’est pas inéluctable. J’ai appris dans mes expériences militantes que des bifurcations sont possibles. Mais pour les préparer, il faut que les voix à contre-courant se fassent entendre. Sur ce sujet-là j’ai voulu prendre date avec ce livre.

Dans la bataille idéologique entre le capital et le monde du travail, les fonctionnaires prennent des coups. Emmanuel Macron a récemment déclaré que leur statut n’était plus justifiable…

Emmanuel Macron est le chantre de l’air du temps libéral. Il a beaucoup de défauts, mais il a aussi certainement une qualité : celle de sentir les choses. Il sait à quel point tout a été préparé politiquement pour que son rôle de “plus libéral que moi tu meurs” fonctionne. Sa fonction est de faire toutes les provocations de droite possibles, de pousser le curseur toujours plus loin. Il l’a fait sur le statut de fonctionnaire, il l’a fait sur les 35 heures, il le fera sur le droit de grève un jour, ou sur les congés payés. C’est tellement prévisible.

Le gouvernement a besoin de lui pour aller toujours plus loin et voir comment on répond. On a besoin dans ce contexte d’entendre des choses radicalement différentes : répartir les richesses, réduire le temps de travail, défendre le service public, renationaliser des secteurs clés, etc.

Dans un premier temps ça ne paye pas, mais c’est comme ça qu’on balise un camp social et politique : en lui donnant des identifiants forts. On aurait besoin d’être plus nombreux à ne pas flatter l’air du temps. Même sur l’affaire Volkswagen par exemple. L’ONG Transport et environnement a montré qu’un seul véhicule sur dix répond aux normes antipollution. L’ensemble des constructeurs produisent cinq fois plus que ce qui est autorisé – dont évidemment des constructeurs français.

Au moment où les électeurs de gauche avaient la gueule de bois en France suite aux promesses non tenues par François Hollande, quelque chose s’est passé en Grèce. Mais Tsipras a fini par signer un mémorandum qui avalise l’austérité, et Unité populaire, la scission issue de la gauche de Syriza, a fait moins de 3 % aux dernières élections. Comment perçois-tu cette séquence ?

C’est une opportunité gâchée, mais pas définitivement. Tsipras aura du mal à appliquer son mémorandum. Il y aura forcément des rebondissements. Le peuple grec est fier, il lutte, et il n’a pas dit son dernier mot. Ce processus politique était le premier du genre. Pour nous, c’était du domaine des travaux pratiques: pouvait-on appliquer une politique alternative à l’austérité en Europe, oui ou non ? La seule réponse de la Troïka a été de montrer que c’était incompatible avec l’appartenance à l’UE.

La direction de Syriza porte une responsabilité historique dans cet échec, mais ce processus dépasse la Grèce. En Espagne, en Grande-Bretagne, la révolte monte des tréfonds des peuples d’Europe. Il nous faut donc travailler à la convergence de ces causes et des temporalités des combats sociaux. D’où l’importance de maintenir le cap de l’anticapitalisme, de la rupture avec l’Europe actuelle, mais aussi de l’internationalisme. C’est le sens d’une tribune que j’ai signée avec Miguel Urbán de Podemos et Antonis Ntavanellos, numéro 2 d’Unité populaire.

Une réunion aura lieu dans la deuxième quinzaine d’octobre pour organiser une marche des indignés à Bruxelles. Cet appel pour l’”austerexit”a vocation à regrouper toutes les forces sociales et politiques qui veulent sortir de l’austérité.

La marginalisation d’Unité populaire et l’échec momentané de Syriza ne risquent-t-ils pas de conforter ceux qui considèrent que les anticapitalistes sont incapables de mettre en pratique leur programme ?

Au contraire on voit qu’en Grèce comme dans l’Etat espagnol potentiellement, des idées alternatives peuvent être portées au pouvoir. Cela change notre manière de concevoir l’avenir. La crise économique est telle que des forces marginales électoralement peuvent être propulsées sur le devant de la scène électorale en quelques mois. Ça reste une possibilité, y compris en Grèce avec Unité populaire. Tout cela reste ouvert. Mais la principale leçon des récents événements grecs, c’est qu’il y a un manque de solidarité du restant du mouvement ouvrier en Europe vis-à-vis des Grecs, pour forcer notre gouvernement à intervenir.

La gauche radicale en France a une responsabilité : à force de ne pointer du doigt que le gouvernement allemand, elle dédouane son propre gouvernement. Pourtant le gouvernement français n’a pas les mains propres dans le dossier grec.

Le Parti de gauche prépare un “sommet du plan B” en Europe. Le NPA pourrait-il s’y associer ?

Nous estimons que c’est aux forces les plus impliquées dans ces combats d’avoir la main, car elles sont les plus légitimes. Autrement, ce n’est que du positionnement politique, on est dans l’effet d’annonce. La question qui se pose est la suivante : va-t-on se donner les moyens de monter une campagne européenne pour sortir de l’austérité et faire converger les voix qui s’accordent sur la nécessité de rompre avec l’Europe actuelle ? C’est le sens de notre campagne. Jean-Luc Mélenchon a peut-être cela en tête quand il parle d’un “plan B”, mais pour l’instant, j’ai entendu beaucoup d’ambitions, et je n’ai vu concrètement qu’une photo à la Fête de l’Huma.

D’où l’importance de la réunion de travail qui aura lieu les 15 et 16 octobre à Bruxelles. Le PG est au courant. L’alternative est simple : soit on se donne les moyens de mener cette campagne, soit on se positionne politiquement. Il serait illogique que les différentes forces de la gauche radicale en France, de LO au PG, ne soient pas dans le coup, pour ce qui est de l’aspect politique – car il y a aussi un aspect social et syndical.

Est-il important pour toi d’avoir une candidature du NPA à la présidentielle de 2017 ?

On en discutera au mois de mars lors d’une conférence nationale. Le NPA a une voix particulière à faire entendre. Mais compte tenu de l’urgence de la situation et de ce que produit le terrain électoral pour la gauche radicale en ce moment, j’ai plutôt tendance à penser que les différentes composantes de cette gauche ont tout intérêt à moins penser à 2017 et à penser davantage à ce qu’on peut faire ici et maintenant. Je pense qu’en 2017, le NPA devrait faire entendre sa voix. Mais la gauche radicale est divisée, on est incapables de donner un sens à la quête de représentation politique, alors que les partis tels qu’ils existent sont en crise. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Le NPA est un des rares partis de tradition trotskiste en France, avec Lutte Ouvrière. Le Parti Ouvrier Indépendant traverse une crise, et la Gauche Unitaire, issue du NPA, s’est dissoute dans le PCF. Quel sens a encore l’étiquette “trotskiste” ?

Le NPA n’est pas un parti trotskiste. Certains de ses militants n’aimeraient pas être qualifiés ainsi. On veut prendre le meilleur des filiations politiques, qu’elles soient trotskistes, libertaires, communistes-radical, écosocialistes… Mais qu’on soit au NPA, à LO, chez les libertaires, au PG ou même au PC, je pense qu’on se sent tous orphelins d’une représentation politique unitaire, qui représente jusqu’au bout les intérêts des opprimés, des exploités.

Mais pour y parvenir il nous faut réussir à mettre de côté les ambitions des uns et des autres, qui pensent qu’ils ont forcément rendez-vous avec l’Histoire. Ce n’est pas ce dont on a besoin : on a besoin de redonner confiance aux sphères militantes. Le monde a changé, nous devons réinventer un projet révolutionnaire. Je ne pense pas qu’un seul courant politique peut prétendre avoir eu raison sur tous les autres jusqu’à présent. Certains le pensent dans toutes les familles politiques, mais pas moi. Quand les moments sont difficiles ce réflexe identitaire permet de tenir bon, mais il faut assumer le doute. Dans les périodes de reflux, la solution de facilité consiste soit à se réfugier ailleurs, au chaud, soit à plonger dans le sectarisme. Ne tombons pas dans ces deux pièges.

Propos recueillis par Mathieu Dejean

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L'Unité populaire est née !

27 Août 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe, #International, #Austerité

Par Stathis Kouvelakis1. 25 députés de Syriza ont quitté le groupe parlementaire de leur parti pour créer un nouveau groupe sous le nom d’Unité Populaire. La plupart de ces députés sont affiliés à la Plateforme de gauche de Syriza C'est une évolution majeure dans la politique grecque, mais aussi pour la gauche radicale, en Grèce et au niveau international.

Athènes, le 21 août 2015

Tôt dans la matinée [le 21 août 2015], 25 députés de Syriza2 ont quitté le groupe parlementaire de leur parti pour créer un nouveau groupe sous le nom d’Unité Populaire. La plupart de ces députés sont affiliés à la Plateforme de gauche [de Syriza], mais d'autres également se sont joints comme Vangelis Diamantopoulos ou Rachel Makri, une proche collaboratrice de Zoe Kostantopoulou. C'est une évolution majeure dans la politique grecque, mais aussi pour la gauche radicale, en Grèce et au niveau international.

Trois éléments doivent être soulignés.

• Le premier est que "Unité Populaire" est le nom du nouveau front politique qui regroupera les treize organisations de la gauche radicale qui ont signé le texte du 13 août appelant à la constitution du Front du Non. Ce Front est, par conséquent, le premier résultat concret d'une recomposition au sein de la gauche radicale grecque. Une recomposition qui tire les leçons de ces cinq dernières années et bien sûr, de l'expérience de Syriza au pouvoir et de la catastrophe qui en résulte. Mais le but du Front est plus large que ça, c'est de donner une expression à ces forces sociales qui ne se reconnaissent pas nécessairement comme faisant partie de la gauche mais veulent se battre contre l'austérité, les mémorandums et le retour de la Troïka via le nouveau mémorandum.

• Le deuxième est que l'objectif du front est de constituer l'expression politique du Non, comme il a été exprimé dans les élections de janvier et lors du référendum du 5 juillet. Les principales lignes programmatiques sont la rupture avec l'austérité et les mémorandums, le rejet de toutes les privatisations et la nationalisation sous contrôle social des secteurs stratégiques de l'économie, en commençant par le système bancaire, l'annulation de la majeure partie de la dette grecque (en commençant par l'arrêt immédiat du remboursement) et, plus largement, un ensemble de mesures radicales qui feront pencher l’équilibre des forces en faveur des travailleurs et des classes populaires et qui ouvrira le chemin de la reconstruction progressiste du pays, de son économie et de ses institutions.

Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans sortir de la zone euro3, comme la récente catastrophe l’a abondamment démontré, et sans rompre avec l'ensemble des politiques institutionnalisées par l'UE. Le Front luttera également pour un combat internationaliste unitaire autour d'objectifs communs à l'échelle européenne et internationale et appuiera la sortie de l'OTAN, la rupture des accords existants entre la Grèce et Israël et l’opposition radicale aux guerres et interventions impérialistes. Ce programme de transition se place dans la perspective d'un socialisme du 21ème siècle.

• Le troisième est que ce nouveau groupe parlementaire est maintenant le troisième en taille au parlement grec, devant Aube Dorée, le parti néonazi. Cela signifie que, dans les prochains jours, son dirigeant, Panagiotis Lafazanis, aura un mandat de constituer un gouvernement qui durera pendant trois jours, comme le stipule la Constitution grecque. Après la démission du gouvernement Tsipras ce mandat est maintenant entre les mains du deuxième parti du Parlement, la Nouvelle Démocratie, principal parti d'opposition de droite. Ce laps de temps sera utilisé par l’Unité Populaire pour déclencher un vaste débat et la mobilisation de toutes les forces sociales qui veulent combattre l'austérité et les mémorandums, les précédents ainsi que le nouveau.

Le programme du parti et l’ensemble de ses soutiens parmi lesquelles des personnalités de la gauche grecque, ce qui devrait être assez impressionnant, seront rendus publics en début de la semaine prochaine.

  • 1. Traduction (revue et annotée par Inprecor) de Matthias De Lozzo.
  • 2. Les députés signataires sont : Panagiotis Lafazanis, Stathis Leoutsakos, Kostas Isichos, Rachel Makri, Kostas Lapavitsas, Dimitris Stratoulis, Evgenia Ouzounidou, Thanasis Petrakos, Stefanos Samoilis, Athanasios Skoumas, Yannis Stathas, Alexandra Tsanaka, Despina Charalambidou, Eleni Psarea, Thomas Kotsias, Aglaia Kyritsi, Vasilis Kyriakakis,Michalis Kritsotakis, Ioanna Gaitani, Litsa Amanatidou, Yannis Zerdelis, Kostas Delimitros, Ilias Ioannidis, Zisis Zannas and Vangelis Diamantopoulos. La presse grecque spécule sur la possibilité que quatre autres député-e-s rejoignent les 25 premiers signataires.
  • 3. Lors de la conférence de presse organisée le 21 août dans le Parlement, Panagiotis Lafazanis, ancien ministre de l’Energie du gouvernement a expliqué que « si pour annuler le mémorandum il s’avère nécessaire de nous orienter vers la sortie de l’euro, nous le ferons », ajoutant qu’une telle sortie sera « préparé ».
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[Video] Grèce : pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible (cadtm.org)

27 Août 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe, #Austerité, #DES CHIFFRES, #International

Éric Toussaint analyse de manière critique l’attitude de Syriza en ce qui concerne la dette depuis 2010, pour expliquer comment le gouvernement grec en est venu à signer l’accord funeste du 13 juillet 2015. Une des explications fondamentales est la non prise en compte de l’audit de la dette qui aurait pourtant permis, en suspendant son paiement, de ne pas se soumettre aux diktats des créanciers. Éric Toussaint présente un plan B portant sur la dette, les banques, l’austérité, la monnaie et la fiscalité.

Une explication très facile à suivre, par le coordonnateur de la commission internationale pour la vérité sur la dette publique de la Grèce . A écouter si vous disposez d’une demi-heure.

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège et, entre autres, membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est aussi un dirigeant de notre organisation soeur en Belgique, la LCR-SAP, et de la IVème Internationale Cette intervention a été faite à l'université d'été d'Attac.

 

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Après la canicule financière, l'inévitable orage

22 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Austerité, #EDITOS

Assez de la dictature de la finance !

La mise en scène par les politiciens et les médias de la tragédie grecque tend à en faire un événement complexe et mystérieux dont le peuple grec serait responsable et coupable. Sauf que les travailleurs et les classes populaires ne sont en rien responsables et coupables mais victimes de la politique de la bourgeoisie grecque et de son État, les alliés et complices de la troïka, de la bourgeoisie financière qui entraîne le monde dans une folle danse macabre.

La dette, une arme contre les peuples

La crise grecque est un concentré de la folie qui habite l'économie mondiale. La dette est un instrument de domination économique et politique entre les mains de l’oligarchie financière pour s'approprier une part croissante des richesses en se soumettant les États comme les particuliers. Elle lui sert à alimenter et accroître ses profits alors que le capitalisme stagne dans une crise sans fin. La course au profit se nourrit d'une explosion du crédit et d'un endettement généralisé tant des États que des particuliers qui permettent aux financiers de s'assurer le contrôle de la société pour s'approprier toujours plus de richesses.

D’Athènes à Shanghaï

Alors que se discutait le diktat des créanciers à la Grèce, en Chine, se déroulait un krach boursier gigantesque. En à peine trois semaines, 3 000 milliards de dollars se sont évaporés.

Le gouvernement s'est endetté à hauteur de plus de 240 % de son PIB. Tous les gouvernements locaux et les entreprises publiques ont suivi le même chemin. L'emballement boursier encouragé par l’État devait permettre de financer cette fuite en avant... Jusqu'à la chute.

La purge nécessaire

C'est la même politique qui est à l’œuvre partout sur la planète. Pas un seul territoire n'échappe aux rapaces, pas une seule goutte de profit, fruit du travail humain. Le crédit et la dette sont de gigantesques moyens de transférer les richesses produites entre les mains de ceux qui contrôlent la finance. 

Aujourd'hui, les organisateurs de ce pillage mondialisé, ici le gouvernement Hollande-Valls, ne peuvent cacher leurs inquiétudes. Qu'un petit pays de 10 millions d'habitants comme la Grèce soit mis en faillite par ses propres créanciers, et c'est tout le château de cartes des crédits, des dettes qui n'ont d'autre garantie que des crédits et des dettes qui menace de s'effondrer. 

Oui, tous savent que d'un moment à l'autre l'édifice peut s'effondrer mais comment réduire la dette sans provoquer la crise de confiance, la panique, dans cet univers de spéculations financières qui ne connaît d'autre mode de régulation que le krach. Leur réponse est de donner confiance aux créanciers et aux marchés en faisant payer les classes exploitées.

La seule réponse répondant aux besoins de la société est démocratique : l'intervention des travailleurs et des classes populaires pour annuler la dette, prendre le contrôle du crédit, de la finance en socialisant les banques en un monopole public bancaire pour mettre l'économie au service de l'ensemble de la population. Cela, personne ne le fera à la place des classes exploitées, du peuple, pas plus en Grèce qu'ici.

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Un coup d’État mené par les institutions de l’UE : « La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers » (Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui, l’Humanité)

19 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #Austerité

Rosa Moussaoui – Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger  ?

Éric Toussaint : Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable  ?

Éric Toussaint : À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent «  pas avant 2022  » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire  : «   Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan  !  », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix  ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro  ?

Éric Toussaint : Non, je ne le crois pas. Le choix n’était pas obligatoirement entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette  ; réquisitionner la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro.

Il fallait également 1. mettre en faillite les banques et les transférer au secteur public tout en protégeant les dépôts jusque 100 000 euros, en indemnisant les petits actionnaires et en récupérant le coût de l’assainissement du secteur bancaire sur le patrimoine global des gros actionnaires. 2. Baisser la TVA sur les produits et les services de première nécessité, baisser les impôts directs sur les bas revenus et patrimoines. Augmenter très fortement les impôts sur les revenus et le patrimoine des 10% les plus riches (en ciblant particulièrement le 1% le plus riche). 3. Arrêter les privatisations et renforcer les services publics.

Vu l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet par le parlement grec, la perspective de la sortie volontaire de l’euro est une option à mettre clairement en avant. De plus en plus de Grecs et de citoyens d’autres pays d’Europe comprennent qu’il n’y a pas de solution favorable aux peuples à l’intérieur de la zone euro. En cas de sortie volontaire de la zone euro, les mesures proposées plus haut restent parfaitement valables et doivent être complétées par une réforme monétaire redistributive (voir pour plus de détails : http://cadtm.org/Grece-des-propositions ).

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain  ?

Éric Toussaint : Bien sûr  ! Mario Draghi n’est pas «  indépendant  ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.


Athènes, envoyée spéciale.


* Paru initialement dans l’Humanité (http://www.humanite.fr/eric-toussai). Cette version a été revue et complétée pour le site www.cadtm.org par Eric Toussaint suite à l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet 2015 par le parlement grec.

* Eric Toussaint est membre de la direction de la IVè Internationale, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

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L’alternative à l’austérité (Contretemps)

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Europe, #RESISTANCE, #Austerité

La capitulation en Grèce n’est pas une fatalité. Contrairement à ce que laissent entendre nombre d’observateurs, ainsi que la direction de Syriza, une alternative existe, mais suppose de remettre en cause le cadre imposé par les créanciers et l’Union européenne. C’est ce que met en avant la Plateforme de gauche de Syriza, dont nous reproduisons ici une partie du programme.

Soumis par la Plateforme de Gauche à la réunion plénière du 10 juillet 2015 du groupe parlementaire de Syriza, ce texte est une version réduite d’un programme plus développé qui sera rendu public dans les prochains jours.

Dans un moment crucial comme celui que nous vivons, le gouvernement Syriza n’a pas d’autre choix que de rejeter le chantage des « Institutions » (UE, BCE, FMI) qui veulent imposer un plan d’austérité, des dérégulations ainsi que des privatisations.

Le gouvernement doit déclarer à ces « Institutions » et proclamer au peuple grec que, même au dernier moment, sans un compromis positif qui s’incarnerait dans un programme mettant fin à l’austérité, injectant suffisamment de liquidés dans l’économie, menant à la reprise économique et incluant un effacement substantiel de la dette, il est prêt à suivre une voie progressiste alternative, qui remet en question la présence de notre pays dans la zone euro et implique une cessation du remboursement de la dette.

Afin de faire face aux pressions et aux exigences inacceptables des créanciers, le processus qui pourrait mener la Grèce hors de la zone euro est une entreprise sérieuse et complexe que le gouvernement et Syriza auraient dû préparer de façon systématique. Or, en raison du blocage tragique qui prévaut sur cette question à la fois au sein du gouvernement et du parti, cette tâche n’a pas été menée à bien.

Cependant, le gouvernement peut et doit, même maintenant, répondre au chantage des « Institutions » en les plaçant devant cette alternative : soit un programme sans nouvelles mesures d’austérité, fournissant des liquidités et menant à l’annulation de la dette, soit la sortie de l’euro, accompagnée d’un défaut de paiement de cette dette injuste et insoutenable.

Si les circonstances l’exigent, le gouvernement a la possibilité, même à ce jour – et il dispose d’ailleurs du minimum de liquidités nécessaires – de mettre en place un programme transitoire vers une monnaie nationale, qui lui permettrait d’honorer ses engagements vis-à-vis du peuple grec, en adoptant notamment les mesures suivantes :

Une réorganisation radicale du système bancaire, sa nationalisation sous contrôle social, et sa réorientation vers des objectifs de croissance.

Un refus absolu de toute austérité budgétaire (que ce soit sous la forme d’excédents primaires ou de budgets équilibrés) afin de répondre de façon efficace à la crise humanitaire, de satisfaire les besoins sociaux, de rebâtir l’État social et de sortir l’économie du cercle vicieux de la récession.
La mise en œuvre des premières mesures menant à la sortie de l’euro, ainsi qu’à l’annulation de la plus grande partie de la dette. Il existe des marges de manœuvre pouvant conduire à un nouveau modèle économique orienté vers la production, la croissance ainsi qu’à un changement dans le rapport de forces social qui profiterait aux travailleurs et aux classes populaires.
Dans les conditions présentes, la sortie de la zone euro est un processus ardu mais réalisable, qui permettra au pays d’avancer sur une voie différente, loin des mesures inacceptables que renferme le plan Juncker.

Nous devons mettre l’accent sur le fait qu’une sortie de l’euro n’est pas une fin en soi, mais la première étape d’un processus de transformation sociale, de rétablissement de la souveraineté nationale et de progrès économique qui allierait croissance et justice sociale. Cela fait partie d’une stratégie d’ensemble qui s’appuie sur le redressement productif, la stimulation des investissements, ainsi que la reconstitution de l’Etat social et de l’Etat de droit.

Face à l’attitude intransigeante des créanciers, dont l’objectif est de contraindre le gouvernement Syriza à la capitulation totale, la sortie de l’euro est un choix juste d’un point de vue à la fois politique et éthique.

Enfin, cette sortie est une voie qui implique une confrontation avec des intérêts puissants aux niveaux national et international. C’est pourquoi le facteur le plus important dans la gestion des difficultés qui se font jour est la détermination de Syriza à mettre en œuvre son programme, puisant sa force dans le soutien populaire.

Afin de préciser cette perspective, voici quelques-uns des aspects positifs d’une sortie de l’euro :

Le rétablissement de la souveraineté monétaire, qui signifie automatiquement une capacité retrouvée à injecter des liquidités dans l’économie. Il n’y aucun autre moyen de briser l’étau de la BCE sur la Grèce.
L’élaboration d’un plan s’appuyant sur l’investissement public, ce qui n’empêchera pas pour autant le développement parallèle de l’investissement privé. La Grèce a besoin d’une relation nouvelle et productive entre les secteurs public et privé pour prendre le chemin du développement durable. La réalisation d’un tel projet passe nécessairement par un rétablissement des liquidités couplé à l’épargne nationale.
La reconquête du marché intérieur et le recul des importations redynamisera et renforcera le rôle des PME, qui ont toujours constitué la cheville ouvrière de l’économie grecque. Dans le même temps, les exportations seront stimulées par l’introduction d’une monnaie nationale.
L’Etat se trouvera libéré du carcan de l’Union Economique et Monétaire (UEM) en matière de politiques fiscale et monétaire. Il sera en mesure d’alléger sensiblement le poids de l’austérité, sans pour autant restreindre l’approvisionnement en liquidités. Cela permettra également à l’Etat d’adopter des mesures de justice fiscale et de redistribution des richesses et des revenus.
La reprise d’une croissance accélérée après les premiers mois difficiles. Les ressources inactives du fait de sept années de récession pourront rapidement être mobilisées afin de renverser la désastreuse politique des mémorandums, à condition de disposer des liquidités suffisantes, ainsi que d’une stimulation de la demande. Ce qui rendra possible un recul systématique du taux de chômage et une augmentation des revenus.
Enfin, en quittant l’UEM, la Grèce n’en sera pas moins européenne, elle suivra toutefois une voie différente de celle que suivent les pays du noyau de l’UE, une option qui est déjà suivie depuis un certain temps par des pays tels que la Suède ou le Danemark. Non seulement la sortie de l’UEM n’isolera pas notre pays, mais elle nous permettra, au contraire, de jouer un nouveau rôle sur la scène internationale ; un rôle basé sur l’indépendance et la dignité, bien loin de la position de paria insignifiant, imposée par les politiques néolibérales des mémorandums.

Le processus de sortie de l’UEM exige évidemment une légitimité politique et un soutien populaire. Le référendum a démontré la volonté du peuple de refuser une fois pour toutes l’austérité, faisant fi des obstacles dressés par les élites nationales et internationales.

Il est clair à présent que notre gouvernement a été poussé hors de l’euro en raison du refus définitif, de la part de l’Union européenne, d’accepter des propositions raisonnables concernant l’allègement de la dette, la fin de l’austérité et le sauvetage de l’économie et de la société grecques, comme l’a démontré le nouvel ultimatum envoyé dans la foulée du référendum.

Traduit par Soraya Guénifi

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Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

17 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #Austerité, #RESISTANCE

Solidarité avec les manifestants grecs opposés à l’austérité et l’accord du 13 juillet. Liberté et relaxe immédiate pour tous les manifestants interpellés

Plus de 15 000 personnes ont manifesté hier soir dans les rues d’Athènes contre le vote au parlement d’un troisième mémorandum qui impose de nouvelles mesures austéritaires au peuple et aux travailleurs grecs. C’était la première journée de grève générale depuis que Tsipras est au gouvernement. ADEDY (principal syndicat de la fonction publique) exige : « l’abolition du mémorandum » et « l’annulation de la dette ».

On pouvait lire sur une banderole déployée devant le parlement : « Non aux privatisations, sauvons les ports, la (compagnie d’électricité nationale) DEI, les hôpitaux ».

La manifestation a été dispersée violemment par la police « anti-émeute » au niveau de la place Syntagma et 50 manifestants ont été interpellés. Parmi les interpellés placés en garde à vue et qui doivent comparaître entre 11h et 12h (heure grecque) deux syndicalistes ont été mis en garde à vue et l’un d’entre eux a été durement blessé par la police.

Il s’agit de deux de nos camarades de l’OKDE-Spartakos (composante d’Antarsya – coalition de la gauche anticapitaliste), l’un éducateur et syndicaliste, l’autre secrétaire du syndicat des employés de librairie d’Athènes.

Nous tenons à réaffirmer notre complète solidarité avec les manifestantes et manifestants qui se sont mobilisés hier à Athènes dans la suite du NON au référendum du 5 juillet en Grèce.

Nous exigeons au plus vite auprès des autorités grecques la libération et la relaxe immédiate de nos camarades de l’OKDE-Spartakos et de tous les interpellés.

Nous condamnons fermement l’usage de la violence de la part du gouvernement grec contre la jeunesse et les travailleurs qui s’opposent dans la rue à l’austérité.

Plus que jamais nous sommes du côté du peuple grec et nous exigeons avec lui : l’annulation de la dette et des mémorandums !a

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