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NPA 27 -  Eure

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SCA TISSUE (Hondouville) : TOUT CE QU’ON PEUT TROUVER DANS" UN TAS DE BOUES "!

21 Novembre 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #EMPLOIS - LICENCIEMENTS, #AGRICULTURE

 

 SCA Tissue est un groupe forestier suédois. Pour son unité d’Hondouville, reprise  depuis quelques années au groupe étatsunien Georgia Pacific, il a fait une demande d’extension du périmètre d’épandage de Calciton issu du recyclage  et de boues papetières. Pour cela, une enquête publique est nécessaire, sous l’autorité de la préfecture : questionnement du projet de l’industriel, vérification de ses affirmations, évaluation des risques. Le tout en associant la population, en particulier celle des 403 communes de l’Eure, et des 128 communes d’Eure-et-Loir, directement concernées (comme si la pollution s'arrêtait aux frontières). 

Ca, c’est la théorie. Ca n’existe que dans la vie démocratique fantasmée à laquelle les dirigeants et les autorités veulent nous faire croire.

UNE CARICATURE DE DEMOCRATIE

 L’enquête publique a duré 1 mois. Comment lire les 2014 pages du dossier, les comprendre, croiser les informations, vérifier les dires de SCA Tissue, organiser des réunions publiques, questionner les élus et les experts ? D’autant plus difficile que SCA Tissue a refusé tout débat contradictoire.

Les conseils municipaux des communes concernées doivent donner leur avis. Comment approuver ou refuser un projet sans tous les éléments ? Pas de panique, tout est prévu ! Les conseils municipaux qui ne se seront pas prononcés, soit par méconnaissance du dossier, soit par manque de temps pour s’y coller, soit pour ne pas se « mouiller », verront leur avis comptabilisé en POUR ! La belle démocratie que voilà !

Pour les habitants, c’est pire. Qui est au courant ? Comme toujours, il faut être vigilant et tenace pour aller chercher l’information qui devrait être affichée légalement en mairie. Sans la détermination de l’association ADVG (association de défense de la vallée du Gambon) relayée par la presse locale, l’enquête publique s’achevait le 16 novembre, tranquillement, sans objection, sans contradiction. Dormez tranquilles braves gens !

 DANS CES BOUES, UN COCKTAIL INQUIETANT

SCA Tissue projette d’épandre 80 000 tonnes par an de Calciton  (sous-produit issu de la fabrication des papiers absorbants par recyclage de vieux papiers) et 13 000 tonnes de boues papetières dans plus de 400 communes du département. Cela se fait déjà depuis 20 ans, à plus petite échelle, et il n’y avait pas eu de réaction jusqu’alors. Mais il est maintenant  avéré que les boues contiennent des polluants toxiques, des métaux lourds. Une nouvelle pollution des terres agricoles dont l’utilité première est de nourrir la population et non de la contaminer.

Alors que, dans l’Eure, 61 puits de forage en eau potable sur 210 ont été fermés en moins de 10 ans. Il est donc impératif de cesser d’épandre des matières qui contiennent du cadmium, de l’aluminium, de l’arsenic….qui s’infiltrent en profondeur et contaminent durablement les sols, l’eau, détruisent la biodiversité.  Dans le dossier établi par SCA, il n’est curieusement pas fait mention de l’aluminium, pourtant bien présent dans le kaolin contenu dans le calciton. Pareil pour l’arsenic. L’OMS demande d’en revoir les normes admissibles dans l’eau potable, en les réduisant de 0,05 mg/l actuellement à 0,01 mg/l. Pourquoi SCA n’en parle pas ? Pourquoi les mesures de présence d’arsenic ne sont pas prévues, une fois les déchets épandus ? Que contient vraiment le Calciton, marque déposée par SCA Tissue alors qu'il n'a pas le droit d'être vendu, car il ne peut être considéré légalement que comme un déchet !

QUE FAIRE DES BOUES ?

L’industriel ne manque pas de souligner qu’il faut bien traiter les déchets, sous-entendant bien sûr un chantage à l’emploi. Dans le dossier on apprend au passage que SCA Tissue recycle aussi des boues dans la fabrication de briques  et pour  les chaudières à biomasse. Or, une chaudière de ce type va être construite chez Double A, une grosse papeterie basée à Alizay, à 20 km de là. Un débouché évident ! Pourtant, il a fallu qu’un salarié de cette dernière usine insiste lourdement sur ce point lors de la dernière réunion de l’enquête publique, en présence de la presse, pour que cette solution soit enfin considérée…

D’autre part, pourquoi une entreprise qui est en plein plan de licenciements (130 à Saint Etienne du Rouvray, 70 sur 600 à Hondouville) et arrête deux machines à papier, donc réduit la production, aurait-elle davantage de boues et de Calciton à épandre ? Ne s’agit-il pas en vérité de se débarrasser à bon compte, gratos, de ses déchets ? Le recyclage tant vanté coûte de l’argent, ce n’est qu’une petite activité juste bonne à donner une image un peu écolo à l’entreprise. Le gros des déchets étant refourgué aux agriculteurs, en leur faisant croire que ça va améliorer les performances de leurs terres.

 Le NPA est aux côté de celles et ceux qui refusent les diktats -maquillés en consultation publique- des industriels qui décident, imposent et font passer leurs intérêts avant ceux de la population.

Il n’y a pas à opposer « emploi » et « environnement », en tombant dans le piège du chantage à l’emploi de la part d’un groupe qui licencie. Produisons le papier d’hygiène et d’essuyage correspondant aux besoins de la population. Mais en respectant l’environnement, en assurant le maintien et de le développement de l’emploi, en faisant appel au savoir-faire et l’imagination des travailleurs. C’est non seulement possible économiquement, mais  nécessaire écologiquement. Avec ou sans SCA. Parce que nos vies valent plus que leurs profits

 

SCA TISSUE (Hondouville) : TOUT CE QU’ON PEUT TROUVER DANS" UN TAS DE BOUES "!
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La FNSEA trahit les eleveurs!

3 Septembre 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE

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A PROPOS DU BRAS DER FER ENTRE LES ELEVEURS ET LACTALIS

30 Août 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

source image: la nouvelle république

source image: la nouvelle république

Le bras de fer est engagé entre la multinationale « Lactalis », leader mondial de la transformation laitière, et les producteurs de lait mobilisés à l’appel de la FNSEA.

D’un côté, la famille Besnier qui se gave sur un chiffre d’affaire annuel de 17 milliards d’euros, de l’autre les agriculteurs qui s’enfoncent chaque jour un peu plus dans le marasme. Le lait leur est payé aujourd’hui 257 euros/1000l, soit le prix d’il y a 30 ans, quand il faudrait qu’il soit porté à 350 euros/1000l pour couvrir les charges et dégager un salaire correct et mérité.

Depuis plusieurs années, les pertes financières enregistrées par les exploitations sur la vente du lait étaient compensées pour les producteurs investis en polyculture-élevage par les ventes des céréales. Hors cette année a vu une récolte misérable en grain, avec des prix de vente en très fort retrait. Il reste les prêts court-terme qui grève un peu plus les trésoreries tendues à l’extrême. Des dizaines de milliers de fermes (+ 30 000) sont menacées de faillite à très brève échéance si aucune remontée des prix n’est arrachée. Pour parachever cette situation terrible, les agriculteurs qui cessent dès aujourd’hui l’activité laitière vendent leurs bêtes en boucherie. Ces vaches qu’on retrouve en bœuf à l’étal des commerçants aggrave la situation des éleveurs spécialisés et très fragilisés. En effet, cette abondance de carcasses pèse très défavorablement sur les marchés, tirant les prix à la baisse.

Les premières négociations après le blocage du siège de Lactalis n’ont débouché que sur une augmentation de 15 euros/1000l, soit 1 ct/l. On mesure la brutalité du mauvais payeur !

Devant les astreintes journalières imposées par la justice pour blocage de site et l’acharnement des Besnier, le siège a été levé. La FNSEA changeant de stratégie pour s’attaquer aux réseaux de distribution et grandes surfaces.

Mais pourquoi donc la FNSEA ne s’attaque t-elle qu’à Lactalis quand presque toutes les industries de transformation, voire les coopératives, paient aussi peu cher le lait à la production ?

La réponse est dans la crainte que le syndicat majoritaire ne soit dépassé sur la défense des producteurs par l’APLI (association des producteurs de lait indépendants), une organisation qui se développe fortement dans l’ouest de la France et qui a mené par le passé des opérations très spectaculaires. La FNSEA, qui a conscience du malaise dans les campagnes a pris cette initiative symbolique pour continuer d’exister aux yeux de la profession, pour tailler des croupières aux autres formations concurrentes. Mais elle est mal à l’aise, le cul entre deux chaises. D’une part, son acceptation du système des marchés, du capitalisme, de l’autre la prétendue défense des victimes… Le discours de Xavier Beulin, secrétaire national, est révélateur. Eloge de l’agro-industrie, notamment en Europe du nord, de la capacité de modernisation de l’agriculture française, comme s’il suffisait de restructurer une nouvelle fois le secteur pour éteindre l’incendie, la course en avant…

La coordination rurale et la confédération paysanne étonnamment silencieuses sur ce thème auraient pourtant quelque chose à dire et à faire…

Une partie de la profession qui avait hurlé contre la mise en place des quotas laitiers en 1984 semble aujourd’hui les regretter. Et pourtant, ceux-ci avaient figé durablement les très grandes disparités de ce secteur. Ce sentiment abonde dans le sens d’une nouvelle régulation de ce système, en surproduction européenne, pour une juste répartition des volumes et des garanties de prix rémunérateurs. L’issue à cette crise ne pourra se faire sans une harmonisation des règles et des prix au niveau européen.

Une longue lutte s’impose contre les industries de transformation du lait qui prélèvent l’essentiel de la plus-value en spoliant les producteurs de matière première. Il faut envisager pour rétablir l’ordre de les nationaliser en les faisant passer sous le contrôle des producteurs et des consommateurs.

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A propos de la crise des éleveurs (communiqués de la FNAB et de la confédération paysanne)

23 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #COMMUNIQUES

Communiqué de la FNAB (Fédération Nationale d'Agriculture Biologique)

"Crise agricole, les producteurs bio organisés appellent un changement de système agro-alimentaire "

Depuis plusieurs jours maintenant, les éleveurs manifestent pour la survie de leurs exploitations pris en tenaille entre des charges importantes de production et des prix en dessous des coûts de production. Les producteurs de la FNAB se sentent solidaires des éleveurs en difficulté mais appellent un changement profond de système agro-alimentaire pour un nouveau projet de société.
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Pour une rénovation profonde du projet agricole national
Il faut choisir entre une vocation exportatrice et productiviste de matières premières, toujours en retard d’une « compétitivité » avec des pays moins disant économiquement, socialement et environnementalement et un projet alimentaire pour les territoires, basé sur des produits accessibles et de qualité.
Les aides publiques doivent soutenir la réorientation des exploitations et des filières vers cet objectif de souveraineté alimentaire nationale. L’enjeu de l’évolution des systèmes de production est ici décisif pour que les éleveurs trouvent une nouvelle autonomie en diminuant leur dépendance aux intrants (achat soja, engrais) et à des systèmes économiques intégrés.
Pour des filières agro-alimentaires équitables et solidaires
L’émergence des filières bio en France s’est faite directement par les acteurs, producteurs, transformateurs et consommateurs qui ont inventé ou systématisé de nouveaux systèmes de commercialisation et de distribution. Cette structuration originale doit se poursuivre pour la pérennité de toutes les filières bio.
Il est urgent d’innover et d’expérimenter, dans des projets alimentaires territoriaux, entre les producteurs, les autres acteurs économiques, les élus, les consom’acteurs pour un partage équitable de la valeur ajoutée. Cette « nouvelle économie » agro-alimentaire suppose ainsi de nouveaux rapports sociaux entre les acteurs, y compris la grande distribution qui peut, parfois, contractualiser sur ces bases en soutenant les filières d’élevage (viande, lait…). Elle permet déjà à des fermes moyennes de bien vivre de leurs productions.
Les solutions existent. Elles méritent d’être examinées dans un débat national qui aille au-delà des seuls acteurs agricoles. Que voulons-nous pour l’alimentation et les territoires ruraux dans notre pays ? Un débat qui devra être au cœur des futures élections régionales.

 

Communiqué de la Confédération paysanne:

Plan d'urgence pour l'élevage :

De l'essence dans le moteur mais un plan en panne de solutions durables

 

Ce plan de soutien aux éleveurs surendettés, notamment les jeunes, est certes nécessaire à court terme, cependant il ne doit pas servir à maintenir un système à bout de souffle et passer sous silence que tous les éleveurs sont aujourd'hui en crise, concernés par la baisse généralisée des prix.

Pour résoudre durablement cette crise, il faut stopper net cette politique de libéralisation délibérée qui a poussé au surendettement et met aujourd'hui en péril des dizaines de milliers d’éleveurs. On continue à favoriser la saturation des outils de production des entreprises agroalimentaires au détriment des éleveurs et des territoires.

Par ailleurs, il est illusoire de réactiver le mirage de l’export, dont les aléas (embargo russe, contraction des débouchés chinois) sont en grande partie responsables de la crise actuelle. Cela devient carrément cynique quand Manuel Valls envisage de profiter de la faiblesse actuelle des grecs pour conquérir leurs marchés agricoles.

Et que dire enfin du silence sur les accords de libre-échange en cours de négociations avec les États-Unis et le Canada. Aucun avenir pour les paysans européens face aux méga fermes-usines nord-américaines !

Le bon sens économique et paysan appelle à s’attaquer aux causes profondes de ces crises récurrentes, notamment par la maîtrise des volumes au niveau européen et la réorientation des politiques agricoles vers un autre modèle.

Ces aides seront donc à fonds perdus, comme la Cour des comptes en fait état dans son rapport, et ne serviront qu’à financer la restructuration et le plan de licenciement de l'agriculture à taille humaine mis en place par les industries agro-alimentaires.

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Agro-industrie partout, paysans nulle part!

22 Juillet 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #AGRICULTURE

75 millions pour les éleveurs, réunion agriculteurs-distributeurs à Bercy, producteurs de lait et de porc bloquent les plateformes de la grande distribution, les petits producteurs accusent la grande distribution de les asphyxier, nouveau cadre établi entre distribution et fournisseurs...

Ces titres de Une de journaux, datées de 2007, 2008, 2009 et 2013, pourraient être de ceux de cette semaine !

Dans l’agro-industrie, il y a les très gros, la grande distribution, qui fixe ses prix avec un seul objectif : augmenter les marges et les parts de marché. Les gros, les industriels, se plient à ce diktat pour préserver leur ventes et leurs marges... et passent l’ardoise aux petits, les éleveurs.

Après avoir décimé l’artisanat et le petit commerce alimentaires, la grande distribution est en position de quasi-monopole. Dans ce marché de dupes où règne l’opacité la plus totale sur les marges, distributeurs et transformateurs se renvoient la balle, et les petits éleveurs trinquent. Tables rondes, plans d’aides, et prétendus accords se suivent. Mais rien ne peut changer car les éleveurs sont dans un marché mondialisé où le prix de l’aliment est fixé à Chicago, où celui du porc doit concurrencer l’Allemagne, et celui du lait la Nouvelle-Zélande. Quand les prix de l’aliment montent, les éleveurs sont pris à la gorge car le prix de vente, lui, ne bouge pas ! Résultat, une baisse continue du nombre d’exploitations et d’actifs agricoles, alors que dans le même temps, les fermes-usines se multiplient.

Les rodomontades de Hollande, « nous veillerons à ce que l’accord soit respecté », ne cachent pas son impuissance, réduit à lancer un appel à la grande distribution et à appeler les consommateurs à acheter de la « viande de France »... Après des années d’austérité, les consommateurs achètent de la viande quand ils le peuvent au prix qu’ils peuvent. Et dire que la viande française, produite de la même manière que les autres, serait de meilleure qualité ne repose sur aucun critère objectif.

Les accords de libre échange doivent être dénoncés. Toute l’agro-industrie doit être mise au pas – production, transformation et distribution doivent être de proximité – pour revenir à des fermes autosuffisantes, où les animaux sont nourris avec la production de la ferme. L’agro-industrie n’est pas compatible avec l’agriculture paysanne qui seule peut préserver notre santé, l’environnement et la vie dans les campagnes.

François Favre

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