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QUI SOMMES NOUS? QUE VOULONS-NOUS?


Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 23:26

Qui sommes-nous ?

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Le NPA est un mouvement politique qui vient de tenir son congrès de fondation début févier 2009. Plus que jamais,
au moment où la triple crise économique, sociale et écologique s'approfondit et s'accélère, notre but est de rassembler toutes les forces qui veulent sortir de l'ère du profit, rompre avec le capitalisme, pour ouvrir la voie à une société inédite, démocratique et égalitaire, féministe et écologiste.

Cette société capitaliste est à bout de souffle. Les gouvernements successifs remettent en cause l’ensemble de nos acquis sociaux et démocratiques. Le medef licencie à tour de bras. Les services publics sont sacrifiés. Nos conditions de vie se dégradent. Les riches se gavent de profits pendant que nos salaires, nos pensions de retraites, nos minima sociaux stagnent ou régressent, notre pouvoir d'achat diminue. La crise financière que les grands actionnaires, le patronat et le gouvernement veulent nous faire payer aggrave chaque jour les conditions de vie de la majorité de la population. Le racisme et les discriminations augmentent. La planète est menacée de destruction.

Face à ces attaques,  la gauche institutionelle ne résiste pas. Quand elle se trouve au pouvoir, elle mène des politiques qui tournent le dos aux aspirations populaires. Nous avons besoin d’une gauche de combat, fière de ses couleurs, qui n’a pas peur de s’affronter à une minorité d’actionnaires qui détient la majorité des richesses.

Nous construisons un nouveau parti pour résister à Sarkozy et au Medef, lutter contre ceux qui exploitent, précarisent, détruisent l'environnement.  Un parti qui permette d’en finir avec  le racisme, le sexisme... Un parti qui défende un projet de transformation révolutionnaire de la société, pour une rupture radicale avec ce système dont nous n’avons rien à attendre.

La politique n’est pas réservée à une minorité de spécialistes. Elle est l’affaire de tous. Par milliers, nous avons commencé à nous organiser le plus largement possible, dans des comités de quartiers ou  d’entreprises, dans les villes et les villages.

Communauté : nouveau parti anticapitaliste - Par NPA-27 - Ecrire un commentaire
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 23:24

Résolution élections européennes 2009 (adoptée au congrès de fondation du NPA)

Ce texte a été adopté par 481 pour, 69 contre, 43 abstentions et 10 refus de vote. La première partie (jusqu'à "Le congrès fondateur du NPA...") a été votée séparément par 561 pour, 6 contre, 44 abstentions et 13 refus de vote. Auparavant, un vote a eu lieu entre 2 versions de "fin" de la résolution (à partir donc de "Le congrès fondateur du NPA...."). La version 1 a obtenu 467 pour, 94 contre, 52 abstentions et 3 refus de vote. C'est donc celle qui est intégrée à ce texte. La version 2 a obtenu 101 pour, 484 contre, 36 abstentions et 3 refus de vote.

La crise systémique qui frappe aujourd'hui le cœur même de l'économie capitaliste n'a bien sûr pas épargné l'Union Européenne. Du Traité de Rome de 1957 jusqu'au mini-traité européen de 2007 en passant par le Traité de Maastricht, tous les choix politiques ont favorisé la libre circulation des marchandises, des biens, des services et des capitaux. Ils ont été imposés aux peuples par des institutions pour la plupart non élues, la seule soumise au suffrage universel, le Parlement européen, n’ayant quasiment pas de pouvoir de décision.

Ces choix ont contribué à creuser toujours plus, au sein même de l’UE, le fossé des inégalités entre l'immense majorité des salariés et de privés d'emploi toujours plus pauvres d’un côté et d’une poignée d'actionnaires toujours plus riches de l’autre. Toutes les décisions européennes ont construit une forteresse contre les peuples du Sud et organisé la chasse aux immigrés et aux gens du voyage.

Au moment de la crise, et malgré toute l'agitation frénétique de Sarkozy, l'Union Européenne n'a pu parler d'une seule et même voix, car chaque Etat, chaque gouvernement défend les intérêts et privilèges de ses propres banques, de sa propre bourgeoisie. C’est ce qui explique aussi leur incapacité à se défaire des frontières et des Etats nationaux alors même que, poussés par la concurrence des Etats-Unis et des pays d’Asie, ils se sont résolus à abandonner leur monnaie nationale pour l’euro.

Les réponses de chacun des Etats européens convergent cependant : socialisation des pertes et privatisation des profits ; injection de fonds publics pour sauver la finance ; restrictions des moyens pour les services publics ; pression accrue sur les chômeurs et les salariés ; licenciements massifs pour sauvegarder les profits.

L’Union Européenne développe par ailleurs une politique climatique qui ne répond pas aux enjeux de l’heure. Le plan climat-énergie adopté récemment fixe des objectifs de réduction de gaz à effet de serre inférieurs aux préconisations des scientifiques du GIEC et envisage de délocaliser deux tiers des ses réductions d’émissions dans les pays du Sud.

Nous devons lui opposer une alternative pour la justice sociale… Leur Europe n'est pas la nôtre ! Elle est au service des trusts et de la finance. C’est cette Europe qu’ont rejetée les populations des Pays-Bas et de la France, en 2005, puis de l’Irlande en 2008 en votant majoritairement NON au projet de traité constitutionnel.

1) L'Europe que nous voulons : Une Europe démocratique des travailleurs et des peuples !

Nous proposons « un plan d'urgence pour l'Europe » que nous défendrons dans les luttes et lors des élections de 2009. Nous devons exiger l'abrogation de tous les traités et accords de l'Europe libérale (Lisbonne, Barcelone, accords Schengen).

Une véritable Europe sociale ne pourra voir le jour que par une contre-offensive des travailleurs des deux sexes qui annule toutes les lois et mesures de régression sociale qu’ont imposées, dans tous les pays européens, les patronats et leurs gouvernements.

Il s’agit d’imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, la diminution du temps de travail hebdomadaire, vers les 30 heures, la retraite à 60 ans au plus, une augmentation générale des salaires. Nous voulons un salaire minimum européen qui soit l’équivalent, en terme de pouvoir d’achat des 1500 euros nets que nous revendiquons en France. Il faut une existence de couvertures maladies obligatoires, financées par des crédits publics et non par des assurances privées. Elles permettront à tous l’accès, sans délais à des soins gratuits, de qualité et de proximité. Nous exigeons l’harmonisation vers le haut de droits du travail reconquis, des services publics européens à chaque fois que l'échelle européenne est pertinente : les transports aériens, les chemins de fer, les transports fluviaux, l'énergie, l'eau, les télécommunications, les trusts pharmaceutiques…

Pour réaliser tout cela, il faut prendre sur les profits et que les salariés, la population contrôlent les comptes des entreprises et les mouvements de capitaux, imposent la fermeture des paradis fiscaux et l’instauration de taxes sur le mouvement des capitaux investis dans des opérations financières. L'urgence économique impose que les populations contrôlent également les banques centrales, et en particulier la banque centrale européenne, afin que l'épargne serve à financer des travaux d'utilité sociale (logements, transports collectifs…). Une harmonisation des fiscalités fondées sur des impôts progressifs taxant très fortement les plus riches et sur la suppression des taxes indirectes permettrait à la fois d'arrêter le dumping social et fiscal et d'enclencher une nouvelle logique sociale en rupture avec celle des capitalistes.

Une véritable Europe des peuples signifie pour chaque peuple le droit à sa langue, à sa culture, le droit de choisir ses institutions ; c’est-à-dire, de façon générale, le droit de décider de son destin. Il s’agit aussi de s’opposer au mandat d’arrêt européen, instrument de répression politique aux mains des Etats.

Une véritable Europe écologique, une Europe unie, une Europe des travailleurs permettrait de planifier démocratiquement la production et les échanges avec le souci permanent de préserver la nature et l’environnement. Il faut en finir avec l'agro industrie et la PAC, décider de produire selon les besoins et là où sont ceux des populations afin de réduire les flux de transports de marchandises. Lorsque ceux-ci sont nécessaires, ils doivent privilégier ceux qui sont les moins polluants (les voies ferrées, fluviales et maritimes).

Les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail et pratiquer une agriculture respectueuse de l’environnement sans OGM. Il faut permettre à chacun d'avoir une alimentation saine, tout en protégeant la biodiversité. Il faut exiger de la Commission européenne la publication des « substances à hauts risques » identifiées et demander leur interdiction immédiate. Nous devons encourager la pêche artisanale, moins consommatrice et produisant moins de déchets.

L'eau, bien commun et précieux, doit être gérée publiquement et dans la transparence et accessible à tous.

Il faut sortir du nucléaire et des autres énergies polluantes et pour cela donner des moyens à la recherche d’énergies alternatives à l’échelle de l’Europe.

Une véritable Europe de l'égalité. L'Europe que nous voulons doit affirmer l’égalité absolue entre les hommes et les femmes. Elle doit garantir l'égalité des droits économiques, politiques et civils des femmes et des hommes : en particulier, l'égalité des salaires, le droit à l'avortement et à la contraception. Il faut s'opposer notamment à toute marchandisation du corps des femmes en luttant pour l'abolition de la prostitution.

Cela passe aussi par l'égalité des droits des étrangers et le premier entre tous : le droit du sol ! Nous continuerons à nous battre contre l'Europe forteresse pour la régularisation et le droit d'installation de tous les sans papiers, l'égalité des droits sociaux et politiques. La lutte contre les discriminations, notamment en raison du sexisme, du racisme et de l’homophobie doit devenir une priorité.

Une véritable Europe solidaire. L'Union européenne participe à la domination des pays du Sud de la planète, celles d'une poignée de pays riches contre une majorité de pays pauvres. Nous voulons une politique de désarmement, l'annulation de la dette, une politique de collaboration fraternelle et solidaire avec les peuples des pays du Sud.

Une Europe de la paix exige le retrait de toutes les troupes européennes des guerres menées contre les peuples en Irak ou en Afghanistan, l’arrêt du soutien aux dictatures en Afrique et la rupture avec l’OTAN.

Nous voulons une Europe qui soutienne les droits fondamentaux du peuple palestinien : droit à un état indépendant ayant comme capitale Jérusalem-Est, et le droit au retour des réfugiés. Une Europe qui exige d’Israël le retrait des forces d’occupation des territoires occupés y compris Jérusalem-Est, le démantèlement immédiat de toutes les colonies et du mur et fasse cesser le blocus de Gaza. Une Europe qui applique des sanctions économiques, politiques, culturelles, sportives et suspende l’accord d’association tant qu’Israël se refuse à respecter le droit international. Une Europe qui interdise immédiatement à ses entreprises de travailler pour Israël dans les territoires occupés.

Il faut une Europe qui exige le retrait des troupes au Liban et en Afrique.

Une véritable Europe démocratique. L’intérêt commun ne peut être incarné par des institutions non élues, des exécutifs non mandatés et des experts non contrôlés. Les peuples d’Europe doivent pouvoir décider eux-mêmes, par la mise en place d’une assemblée constituante par laquelle ils établiront leur coopération. Nous y défendrons pour notre part le projet d’une Union socialiste des peuples d’Europe.

2) Pour un regroupement des anticapitalistes à l’échelle européenne

Ces ruptures ne se feront pas sans l'intervention massive des salariés et des peuples. Des luttes coordonnées à l'échelle de l'Europe ont parfois eu lieu, il faut développer des convergences entre nos luttes, tisser ou consolider des liens durables entre les mouvements sociaux, établir des cadres permanents de discussion et d’action avec toutes les forces, dans les autres pays, qui se situent sur le terrain de l’anticapitalisme.

Nous proposerons également à toutes les forces anticapitalistes en Europe, une discussion qui étudie la possibilité d’une apparition commune lors de ces élections.

3) Notre participation aux élections européennes

C’est ce « plan d’urgence pour l’Europe », de rupture avec le capitalisme, que nous voulons défendre, un projet anticapitaliste alternatif aux choix européens réalisés jusqu’à ce jour. Dans ces élections, nous combattrons la politique des patronats et des gouvernements de droite, sociaux-libéraux, ou de coalition gauche-droite qui visent à défendre toujours plus les profits quels qu’en soient les coûts humains et écologiques.

Nous défendrons un programme d’urgence européenne qui vise à construire une Europe sociale c'est-à-dire au service du plus grand nombre.

Nous réaffirmerons notre indépendance par rapport aux partis « sociaux-démocrates » et à leurs alliés parce qu’ils accompagnent ou mettent en œuvre les orientations du patronat : nous n’oublions pas qu’ils ont, aux Sommets de Lisbonne et de Barcelone, décidé d’accentuer les libéralisations des services publics (transports aériens, poste, chemins de fer, installations portuaires…) et d’interdire toute restriction à la libre circulation des capitaux. Nous n’oublions pas que la plupart de leurs directions ont soutenu le projet de traité constitutionnel (TCE) au mépris de l’intérêt des peuples.

Le congrès fondateur du NPA est favorable à un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme, un accord qui pourrait donner un élan supplémentaire aux mobilisations et aux luttes pour faire payer leur crise au patronat, aux banques et aux gouvernements tant à l'échelle nationale qu'européenne. Tout en encourageant la lutte contre la politique de la droite sarkozyste malgré les démissions de la direction du PS, un tel accord porterait avec plus de force le projet d'une Europe des travailleurs et des peuples. Le NPA entend agir comme force d’unité et est prêt, de façon publique, à en explorer immédiatement et sans exclusive les voies, y compris pour les élections européennes, en particulier avec les forces avec lesquelles nous avons mené campagne aux dernières élections municipales.

Cette unité, nous la souhaitons féconde et utile à une montée des luttes tant sociales, écologiques que politiques. C'est dans cette perspective qu'il convient d'en définir le cadre :

1) Une unité sur un contenu réel qui développe les raisons pour lesquelles nous avons combattu le TCE, qui couvre à la fois les questions sociales et écologiques, tout comme les questions démocratiques. La crise est venue souligner la pertinence de notre combat. L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système qui réponde aux besoins de la population.

2) Une unité qui doit se retrouver sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire. La crise du capitalisme exploiteur et productiviste est une crise de civilisation que la démarche électorale seule ne pourra résoudre.

3) Une unité qui ne soit pas un cartel électoral sans lendemain mais un instrument pour les luttes des travailleurs, et qui ne se limite pas aux élections européennes, mais s'étende aux élections régionales qui suivent de quelques mois à peine, toujours dans l’indépendance vis-à-vis du PS, parti qui, par son programme et sa pratique, s’inscrit dans la gestion du capitalisme et a renoncé à toute transformation sociale.

 

Version 2 (à la place de "Le congrès fondateur du NPA est favorable..." :

La politique antisociale du gouvernement a provoqué un réveil social dans le pays. La profondeur et l'ampleur du mouvement de grève unitaire et de manifestations le 29 janvier 2009, les mobilisations dans la santé, l'éducation nationale et les universités, pour la défense des libertés ou contre les licenciements exigent d'autres mobilisations. Elles appellent des interventions communes de la gauche anticapitaliste et antilibérale en leur faveur, et posent la question du débouché politique nécessaire et permettant de les renforcer et de battre Sarkozy. La déclaration « ce n'est pas aux salariés de payer leur crise », signées par 10 organisations, témoigne que les convergences sont possibles sur des bases en rupture avec le système.

A cette situation nous répondons d'abord par la construction du nouveau Parti comme un outil d'intervention dans les luttes et d'encouragement à celles ci. Mais dans le même temps nous voulons aussi oeuvrer à changer les rapports de force politiques dans la gauche en faisant émerger une alternative portée par les forces anticapitalistes et antilibérales face au PS.

Pour agir en ce sens et dessiner une perspective politique, les élections européennes représentent une opportunité à saisir. Pour infliger un camouflet à la droite, nous proposons donc de travailler à la constitution de listes de large rassemblement, pluraliste, indépendantes du Parti socialiste et appuyées sur des collectifs unitaires dans les quartiers et les entreprises. Elles défendront un plan d'urgence et un programme opposé au capitalisme, pour une Europe sociale, démocratique, écologiste, solidaire et de paix. Dans la continuité du rejet du Traité constitutionnel européen, elles dénonceront le traité de Lisbonne, remettront en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne et la soumission à l'OTAN.

Pour constituer de telles listes, qui créeraient un élan favorable aux luttes, et qui tisseraient des liens avec d'autres organisations à l'échelle européenne, nous nous adressons au Parti de Gauche, au Parti Communiste Français, aux Alternatifs, à la Fédération et à ses diverses composantes, à Lutte ouvrière...

Sans en faire un préalable à un accord sur les élections européennes, nous  sommes également disponibles à engager des discussions concernant les élections ultérieures et sur le caractère durable de notre unité.

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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /2009 23:22

Principes fondateurs du Nouveau Parti Anticapitaliste adoptés par le congrès

Ces principes fondateurs ont été adoptés par 540 pour, 1 contre, 49 abstentions et 5 refus de vote.

Ce document définit les éléments essentiels qui constituent la base sur laquelle nous nous regroupons pour fonder notre parti. Il est le résultat, avec ses forces et ses faiblesses, ses imperfections de forme, d’un large travail d’élaboration collective à partir des centaines d’amendements proposés à l’issue des discussions au sein des comités, ébauche de la démocratie vivante qui nourrit le processus dans lequel, tous ensemble, nous nous engageons.

Ce n'est pas un programme complet, détaillé, un “ manifeste ”, mais il résume les références qui sont les nôtres : la critique radicale de la société actuelle, avec laquelle nous voulons rompre, critique qui pose les principes de la société que nous voulons et la stratégie pour y parvenir. Ces principes constituent notre carte d’identité politique : la seule réponse à la crise globalisée du capitalisme, le combat dont dépend l’avenir de l’humanité, c’est le combat pour un socialisme du 21e siècle, démocratique, écologique et féministe. 
 

1 - Le capitalisme met l'humanité et la planète en danger ajouter : état des lieuxar14-15)

Le système capitaliste génère des crises qui se conjuguent : crises alimentaires, économiques, écologiques, énergétiques, financières, sanitaires, sociales, tensions internationales et guerres, dont les conséquences sont toujours dramatiques.

La mondialisation marquée par une offensive des classes dominantes contre les travailleurs et les peuples pour augmenter les profits aboutit à une crise profonde et structurelle du mode de production capitaliste lui-même.

Depuis les années 1980, elle aggrave l'exploitation, la concurrence entre les travailleurs dans le cadre d'une plus grande division internationale du travail, creuse les inégalités de toutes sortes, perpétue le pillage des peuples dans le cadre des rapports impérialistes, épuise les ressources et détruit la planète.

Les ravages de la domination du capital donne toute son actualité à l'alternative “ socialisme ou barbarie ”.

Au nom du profit, les capitalistes organisent la surproduction de marchandises inutiles et/ou nocives, alors que plus de trois milliards d'habitants de la planète, soit près de la moitié de l'humanité, vivent avec moins d'un euro par jour. Un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles et 970 millions souffrent de malnutrition. Selon le directeur de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), il suffirait de 20 milliards d'euros par an pendant 15 ans pour en finir avec l'insécurité alimentaire alors que des milliers de milliards de dollars sont engloutis pour renflouer les spéculateurs.

La concentration de gaz à effet de serre a déjà conduit à un réchauffement climatique dont la tendance est toujours à la hausse, au point que les prévisions s’emballent, que des points de non-retour peuvent être rapidement atteints avec des dérèglements impossibles à contrôler mais dont les conséquences sont déjà là et vont s’aggraver : inondations pour les uns, sécheresses pour les autres, tempêtes dévastatrices, bouleversements et disparition d'un nombre croissant 'espèces vivantes, destruction de la biodiversité, crises agricoles. Le productivisme capitaliste entraîne, par la pollution de l'air, de l'eau, des produits alimentaires, une dégradation de la santé de la population.

Ce sont des millions de personnes dont l’existence même est directement menacée, en premier lieu les populations les plus pauvres qui sont pourtant les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre pouvant entraîner des migrations massives de population.

Le nucléaire civil, imposé comme alternative énergétique, et le nucléaire militaire constituent des menaces d’ampleur pour l’environnement, la santé et la sécurité des travailleurs, des populations et des générations futures. 

Ces constats suffisent à eux seuls à illustrer l'ampleur de la facture sociale et écologique de l'organisation capitaliste du monde, où même la spéculation sur les droits à polluer est légalisée. Ils suffisent aussi pour invalider le discours des partisans du système qui consiste à considérer que le progrès, par petites touches successives, génère une amélioration générale des conditions de vie et une réduction des inégalités. Au contraire, même en période de croissance, les inégalités explosent.

En France, les 10 % les plus riches possèdent 46 % de la fortune nationale alors que, selon l’INSEE, près de 7,9 millions de personnes vivaient en 2006 en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 880 euros par mois. Au cours des 20 dernières années, les inégalités et le nombre de pauvres ont augmenté dans les deux tiers des pays de l’OCDE.

La logique du profit est indissociable d’une marchandisation toujours plus importante de toutes les activités humaines (notamment dans les services publics à travers l’AGCS). Elle s’accompagne d’une mise en concurrence des territoires, des institutions, des individus, concurrence destructrice des liens sociaux et des solidarités, qui exclut, brise la vie des travailleurs. 

Les conditions de vie se dégradent. Les patrons licencient à tour de bras, accroissent la concurrence à l’échelle mondiale entre travailleurs en vue d'obtenir les salaires les plus bas possible, démantèlent le droit du travail. La précarité explose. Les sous-contrats précaires se multiplient, éparpillent les travailleurs dans de nouvelles cases sociales et éclatent le monde du travail : CDD, stagiaires, chômeurs, emplois aidés, temps partiels imposés, intérimaires, RSA, etc. La flexibilité et l'intensification des rythmes génèrent une dégradation des conditions de travail (souffrance, accidents, maladies professionnelles, suicides).

Les services publics sont démantelés ; leurs secteurs les  plus  rentables sont privatisés.La recherche constante de nouveaux marchés a imposé un modèle insidieux et manipulateur basé sur la consommation. L’individu est ainsi soumis à la création d’incessantes nouvelles sollicitations qui génèrent à la fois frustration et dépendance au système.

La protection sociale recule. Le droit à la retraite est remis en cause. L'environnement se dégrade au point que la catastrophe écologique menace.

C'est la recherche effrénée de profits par une infime minorité de la population qui est à la racine de cette crise.

La banqueroute actuelle est la conséquence logique d'un système en faillite. Elle est le produit de la contradiction entre le développement sans limites du crédit, l'économie d'endettement, et le marché d'autant plus limité que les classes dominantes, à la recherche de la rentabilité maximum, entretiennent le chômage de masse, la précarité, bloquent les salaires...

Cette logique est celle de la lutte menée avec cynisme par la bourgeoisie de la finance, des affaires, des multinationales, des banques, les spéculateurs, leurs alliés politiques, les gouvernements, les institutions internationales à leur service (FMI, OMC, UE, BCE, Banque Mondiale) autant d'adversaires qu'il faut combattre à l'échelle nationale, européenne, internationale.

À l’évolution du capitalisme et l’extension de la sphère marchande à l’ensemble de la planète, correspond une crise écologique sans précédent. Si des sociétés humaines ont déjà eu à faire face à des crises environnementales du fait d’une utilisation non rationnelle de leurs ressources, c’est la première fois qu’une crise prend une telle ampleur, qu’elle concerne désormais tous les habitants de la planète et qu’elle amplifie d’autant les inégalités sociales.

Dans ce cadre de la mondialisation capitaliste, loin d'aller vers la paix, on assiste aussi au surarmement, à l'exacerbation des tensions et des conflits internationaux. De l'Irak à la Géorgie en passant par l'Afghanistan, l'Afrique et la Palestine, les puissances impérialistes dont la France imposent leur domination aux peuples, le contrôle des sources d'approvisionnement, des matières premières, du pétrole... au grand bénéfice des multinationales dont celles de l'armement. Cette politique d'agression a pour effet de favoriser une montée du nationalisme, des intégrismes religieux et des logiques communautaires, instrumentalisés pour diviser les peuples.

Ainsi, les anticapitalistes d’un pays impérialiste doivent avant tout lutter contre leurs capitalistes nationaux, leur propre État impérialiste et son armée. C’est dans ce sens que nous soutenons l’expropriation, par les travailleurs et le peuple du pays concerné, des entreprises françaises qui exploitent les travailleurs et les ressources des pays opprimés. Et que partout où l’armée française (ou d’autres pays impérialistes) est présente, nous soutenons les résistances populaires et la défaite militaire des armées impérialistes.

La paix est incompatible avec ce système : “ le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ” (Jean Jaurès).

Cette politique est celle que dictent les classes capitalistes à tous les partis et gouvernements, de gauche comme de droite, qui s’adaptent et se plient à l’économie de marché, ou la prônent, comme aux exigences du maintien du système d’exploitation. Elle s'accompagne d'une volonté d'étouffer la démocratie. La population ne peut exercer aucun contrôle sur les politiques qui sont menées et les élus qui les mettent en œuvre avec la complicité des médias et de la presse détenus par quelques grands groupes au service de l’idéologie dominante. 

Nous utilisons, défendons et faisons vivre les droits démocratiques pour mener le combat politique. Il n’est pas possible de mettre l'État et les institutions actuelles au service d’une transformation politique et sociale. Ces organismes, rodés à la défense des intérêts de la bourgeoisie, doivent être renversés pour fonder de nouvelles institutions au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population. La violence du capitalisme, c’est aussi la justice de classe, la violence policière. De la révolte des banlieues à la répression des manifestations de jeunes ou de travailleurs, en passant par la criminalisation des enfants de sans-papiers et de tous ceux qui luttent contre le système, partout police et justice défendent cette société d’oppression. 

La logique du système invalide les prétentions de le moraliser, de le réguler ou de le réformer, de l'humaniser, qu’elles soient sincères ou hypocrites. La logique du système contribue par là même à créer les conditions de son renversement, d’une transformation révolutionnaire de la société, en démontrant quotidiennement à quel point il est vrai que le bien-être, la démocratie, la paix sont incompatibles avec la propriété privée des grands moyens de production.  

 

2 - Un autre monde est possible : le socialisme du 21e  siècle 

La grande majorité de la population est constituée de travailleurs, manuels ou intellectuels : celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à mettre en œuvre, le plus souvent contre un salaire, qu’ils/elles aient un emploi ou en soient privés, qu’ils/elles soient actifs ou en retraite. L’écrasante majorité des jeunes en formation est destinée à rejoindre cette classe des travailleurs. 

Pour les salariés et l'ensemble de la population exploitée, il n'y a pas d'autre solution que de s'attaquer à la racine même de ce système entré en faillite. Il n'y a pas un “ bon ” capitalisme productif, qui s'opposerait au capitalisme financier qui l'aurait perverti. Capital industriel et capital de placement financier sont depuis très longtemps interpénétrés. La mondialisation capitaliste a été la réponse des bourgeoisies des pays développés à la chute des taux de profit qui s'est produite lorsque le boom d'après-guerre a pris fin.  

Au cours des trois dernières décennies, le monde du travail a subi une diminution croissante de ses revenus au bénéfice des actionnaires (en 1982, les dividendes aux actionnaires représentaient 4,4% de la masse salariale ; aujourd’hui, 12,4%). De ce fait, il est de plus en plus difficile aux capitalistes de trouver pour leurs produits des marchés solvables. Cette situation les a poussés à tourner toujours plus de capitaux vers la spéculation, ce qui a aggravé la tendance naturelle du capitalisme à la financiarisation. 

Se donner pour perspective le retour hypothétique à un capitalisme plus “ humain ” serait donc tout sauf réaliste. La période des “ Trente Glorieuses ” reste dans les mémoires comme celle où les prétentions du patronat avaient été limitées et encadrées, mais cette situation résultait avant tout d'un rapport de forces, construit à travers de grandes luttes de classe et des révolutions. Sans compter que pour en arriver là, il avait fallu en passer par les souffrances de la grande dépression des années 1930 et par les horreurs du fascisme et de la guerre. 

En finir avec les crises implique d'en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication, qui en constitue la base. Le système financier, les services essentiels à la vie, les grandes entreprises devront passer sous le contrôle des salariés et de la population, qui en assumeront la propriété et en assureront la gestion dans le cadre d'une planification démocratique. Libérées de la propriété et de l'appropriation capitalistes, la production et la répartition des richesses pourront bénéficier à la société tout entière. Se nourrir, se chauffer, se loger, se soigner, s'éduquer, se cultiver, se déplacer sont des besoins essentiels qui doivent être garantis pour toutes et tous. 

Le socialisme, l’écosocialisme, c'est le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines et à tous les échelons de la vie politique, économique et sociale. C'est la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins. Une telle réorganisation de l'économie et de la société suppose un premier niveau d'émancipation du travail, indispensable afin que les collectifs de travailleurs/euses et de citoyen-ne-s puissent prendre réellement en charge la marche des entreprises et la gestion des affaires publiques. Une réduction massive du temps de travail, rendue possible par les progrès technologiques, auxquels s'ajouteront la suppression du chômage et la répartition entre toutes et tous du travail nécessaire, pourvoira à ce besoin. 

Sans avoir l’illusion qu’une société libérée de l’exploitation et de l’oppression peut éviter toute maladie, infirmité ou problème de santé, le droit à la santé pour lequel nous combattons consiste d’abord à prévenir les causes d’un mauvais état de santé liées à une société fondée sur la recherche du profit maximum : accidents de travail, stress dû au travail, expositions aux produits toxiques, à une alimentation de mauvaise qualité, à la pollution… 

Comme les autres productions humaines, les productions culturelles et artistiques ne sont pas autonomes. Elles sont traversées de tensions idéologiques et politiques. Une critique radicale du système capitaliste, sérieuse et cohérente, ne peut se faire sans critique radicale de la culture, de l’art et des médias puisqu’ils sont les verrous de l’idéologie dominante et, par conséquent, un obstacle important à l’émancipation de toutes et tous. La société libérée du capitalisme garantira l’accès de tous les individus à ces productions et mettra fin à leur marchandisation. La réappropriation démocratique de la culture, de l’art, des médias est un enjeu de premier ordre. 

Le socialisme n'a évidemment rien à voir avec les politiques capitalistes des formations social-libérales telles que, en France, le parti dit “ socialiste ”. De même, il s'oppose radicalement aux dictatures bureaucratiques qui, de l'ex-URSS à la Chine, en ont usurpé le nom, alors même qu'elles reproduisaient des mécanismes d'exploitation et d'oppression qu'elles prétendaient combattre et favorisaient les pires travers productivistes. Nous voulons avancer vers l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société, et cela implique les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives. Les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées. Le socialisme, c’est bien le règne de la démocratie la plus réelle et la plus étendue.  

Pas plus qu’il n’y a de bon capitalisme productif, il ne peut y avoir de bon “ capitalisme vert ”. Parce qu'elle seule rendra possible des choix économiques démocratiques et rationnels, pris dans l'intérêt du plus grand nombre, la rupture avec le capitalisme est une condition nécessaire afin de stopper la crise écologique dont les effets catastrophiques commencent à se multiplier. Dans le cadre d'une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l'utilité sociale et non plus le profit, les producteurs et les citoyens, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux : c’est un écosocialisme. Seule une société délivrée de la dictature du capital sera en mesure de réconcilier l’être humain et la nature. 

Nous voulons construire un système d'organisation collective qui favorise et encourage l'épanouissement individuel de toutes les personnes, “ une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ” (Le Manifeste communiste de Marx et Engels de 1848), où l’être humain soit considéré comme une fin et non plus un moyen. Le système capitaliste s’appuie sur un ensemble de normes de domination et sur la hiérarchisation des populations ; les minorités sont ainsi confrontées aux pressions morales, à la stigmatisation, au rejet ainsi qu’aux violences verbales, morales et physiques lorsqu’elles refusent d’obéir à ces normes et de se conformer à l’ordre établi. Le socialisme implique la fin de toutes les oppressions, de tout racisme et de toute discrimination ; le respect des cultures, des langues, des orientations sexuelles, des opinions philosophiques, religieuses, de la laïcité des administrations et pouvoirs publics. 

En particulier, il implique la fin de l'oppression spécifique des femmes, antérieure au capitalisme mais que ce dernier a intégrée et instrumentalisée à ses propres fins. On retrouve cette oppression dans toutes les sphères de la société et elle traverse toutes les classes sociales, sous des formes diversifiées. L’oppression des femmes s’imbrique aux autres types de domination : l’exploitation de classe, le racisme, ou la violence contre les individus qui ne correspondent pas aux normes hétérosexistes. Aucun être humain ne sera libre si la moitié de l'humanité reste dans une position subordonnée, victime de la division sexuée du travail, des discriminations dans l'entreprise ou dans la vie politique, de la double journée de travail, de la famille patriarcale, des violences dans le cadre domestique, au travail, dans la rue, etc. La lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste. Il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes. Et la libération des femmes, notamment des milieux populaires, nécessite la fin du règne de la loi du profit et l’existence d’une nouvelle société fondée sur la satisfaction des besoins sociaux.  

Le socialisme est nécessairement internationaliste. Il implique la fin des rapports d'exploitation et de subordination impérialistes, tels que la France néocoloniale les maintient en Afrique, en Outre-mer et ailleurs. Il reconnaît le droit à l’autodétermination des peuples, comme à la souveraineté alimentaire, à l’accès à l’eau, c’est-à-dire le droit de chaque peuple de décider lui-même de son avenir, et soutient les luttes de libération nationale des peuples opprimés, à commencer par ceux des dernières colonies françaises. Nous savons aussi qu'il ne pourra pas être construit en restant à l'intérieur des frontières hexagonales. Toute victoire anticapitaliste en France ou dans un pays voisin aurait immédiatement vocation à s'étendre en Europe et plus largement dans le monde. 

 

3 - Nos vies, pas leurs profits 

Par les objectifs que nous proposons dans les luttes d’aujourd’hui, nous voulons répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques.

Ce n’est pas un programme minimum au rabais, mais une série d’objectifs de mobilisation, des mesures qui remettent en cause le système et préparent le socialisme que nous voulons. 

Nous défendons un programme d’urgence qui, pour répondre aux besoins immédiats, met en question la propriété capitaliste des moyens de production, attaque le capital et ses profits pour augmenter les salaires, les pensions de retraite, les minima sociaux et pour satisfaire les besoins de la population.

Ce programme insiste sur l’appropriation sociale du produit du travail par l’expropriation sans indemnisation des grands groupes capitalistes à commencer par ceux du CAC 40, des services et branches essentiels sous le contrôle des salarié-e-s et de la population.

Certains domaines doivent être considérés comme des biens publics communs et mondiaux : santé, éducation, eau, énergies, transports, télécommunications, poste, enfance et quatrième âge. Ils doivent être des services publics, gérés et contrôlés par les salarié-e-s et les usager-e-s dans l’unique objectif de satisfaire l’ensemble des besoins sociaux de toutes et de tous, à égalité d’accès et de prestations.  

Le travail n'est pas une marchandise, les salarié-e-s ne sont pas des variables d'ajustement, les licenciements doivent être interdits sous peine de réquisition sans indemnités des entreprises qui licencient. Le salaire doit être maintenu en période de maladie, comme en période de chômage, à la retraite ou en formation, grâce à une protection sociale intégrale.  

Pour nous la démocratie ne s’arrête pas à la porte des entreprises, c’est aux salarié-e-s de décider de leurs conditions et de leur organisation de travail.  

Le travail tel qu’il est organisé aujourd’hui use et porte atteinte à la santé des salariés. Le chômage de masse ne profite qu’aux patrons : réduction et partage du temps de travail jusqu’à abolition du chômage.  

L’écologie, le féminisme, les luttes LGBTI, l’antiracisme, l'antifascisme, l’internationalisme, la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’oppression, d’exclusion des personnes handicapées, des malades, la solidarité entre les générations ne sont pas des postures de seconde importance, mais sont au cœur de notre projet. 

L’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la nature et par conséquent de toute forme de productivisme. Sur les questions climatiques, énergétiques et alimentaires, inverser la logique de destruction de la planète exige une planification démocratique. En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire.

L’eau, l’air, la terre et le vivant sont des biens communs non privatisables.

La maîtrise de leurs usages doit être au cœur de nos préoccupations.

Pour cela, les transports, l'eau, l'énergie, doivent être gérés par des services publics contrôlés par les salarié-e-s et les usagers, pour satisfaire les besoins sociaux, économiser les ressources et préserver l'environnement.

Nous luttons pour une sortie rapide de l’utilisation de l’énergie nucléaire.  

L'agriculture n'a pas échappé aux effets dévastateurs du capitalisme en sacrifiant les paysans partout dans le monde au profit de l'agro-business et des spéculateurs de l'agriculture.

Il est urgent de mettre en place la souveraineté alimentaire, de redonner au territoire agricole sa vocation de production de biens alimentaires sains et de qualité, d’aménagement dans le respect de la terre et de l’espace rural.

Le maintien de paysan-ne-s, nombreux et vivant de leur travail dans une campagne vivante, favorisera la reconstruction du tissu social en milieu rural.

Le NPA s’oppose à toute production d’OGM. 

L’oppression capitaliste est particulièrement présente dans les quartiers populaires où sont concentré-e-s des habitant-e-s défavorisé-e-s souvent en partie d’origine immigrée, discriminé-e-s, stigmatisé-e-s, victimes de violences policières, et pas seulement les jeunes.

La lutte intransigeante contre toutes les formes de sexisme, d’inégalités et de violences faites aux femmes, pour le droit des femmes à disposer de leur corps (avortement et contraception libres et gratuits), pour le développement de services publics de qualité, pour une organisation de la société qui combatte l’oppression des femmes et la division traditionnelle des tâches, sont parties intégrantes de notre programme. Seule l’auto-organisation des femmes pour leurs droits, en convergence plus ou moins conflictuelle avec les différents mouvements sociaux, peut préparer et favoriser l’émergence d’une société débarrassée de la domination masculine. Néanmoins, on peut supposer que la lutte des femmes pour leur émancipation qui a franchi plusieurs siècles a encore de beaux jours devant elle, y compris dans le cadre d’une société socialiste.

Dans toutes les instances du parti, les femmes ont toujours l’option de se réunir de façon non mixte, si elles le jugent utile. Ce type de réunions ponctuelles ou régulières peut être un outil important pour le développement d’une culture anti-sexiste dans le parti.  
 

Nous luttons sans concession contre les oppressions, contre les discriminations et violences et oppressions vécues par les personnes lesbiennes, gays, bis, trans et intersexes. Nous revendiquons la pleine et entière égalité des droits pour les personnes LGBTI.

Ces oppressions expriment la haine des sexualités et des identités qui ne correspondent pas aux normes hétérosexuelles et de genre. 

Nous luttons contre les discriminations qui touchent les handicapés dans la vie sociale. Ils doivent avoir accès au travail, à l'école, à la formation, au logement, aux transports publics, aux soins, à la culture. 

Nous affirmons notre attachement au principe de la laïcité, en particulier la séparation rigoureuse entre les Églises et l'État. 

Nous défendons l'accès au savoir, à la formation, à l'éducation laïque gratuite pour tous les jeunes. Mais nous dénonçons un système scolaire et éducatif inadapté qui vise à formater idéologiquement et à assurer la reproduction des classes sociales.

L'accès de tous à l'éducation comme facteur d'émancipation ne se limite pas à augmenter les moyens, ni ne se décrète par des droits abstraits. Pour être effectif, il doit aussi s'accompagner de la possibilité pour chacun-e, quel que soit son âge, de mener des études, dans tout domaine vers lequel portent ses intérêts, et d’être débarrassé des contraintes financières ou de revenus qui entravent la liberté de chacun à poursuivre ou reprendre des études. 

Nous reconnaissons les langues dites minoritaires et la mise en place d’une politique visant à leur sauvegarde et à leur développement.  

Nous combattons l'oppression de la jeunesse, dans le cadre de la famille, dans le monde du travail. Les jeunes travailleurs subissent de plein fouet la hausse phénoménale de l'emploi précaire (CDD, intérim, stages non payés, temps partiel imposé, chômage). Cette situation est une réelle aubaine pour les entreprises qui trouvent à leur disposition une main-d'œuvre prête à accepter n'importe quelles conditions de travail et de rémunération, conséquence du rapport de forces favorable aux patrons.

Nous dénonçons les stigmatisations et discriminations dont sont victimes les jeunes issus des quartiers populaires et/ou enfants d’immigrés, désignés comme responsables de tous les maux.  

Se débarrasser du racisme suppose que les mobilisations et les mesures radicales contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et les discriminations qui en découlent soient à la hauteur du poison distillé au sein de la société.  Égalité des droits entre français et immigrés, dont le droit de vote, liberté de circulation et d’installation et régularisation de tous les sans-papiers. 

Le mode de vie des populations nomades doit être reconnu et accepté, le titre de circulation supprimé et le droit de vote leur être acquis.  

Le NPA soutient les formes d’auto-organisation d’opprimé-e-s, qui se réunissent au nom d’une oppression qu’elles/ils ont en commun pour la combattre jusqu’à sa disparition. Que cette oppression soit raciste, sexiste, homophobe ou xénophobe.  

L’antiracisme c’est aussi la transmission de l’histoire des peuples colonisés et de leur résistance.

Outre les autres formes d’oppression et d’exploitation, le NPA est radicalement opposé au colonialisme, à commencer par le colonialisme français, qui continue de sévir dans ses dernières colonies directes, que le pouvoir appelle officiellement “ DOM-TOM ”. Le NPA soutient le droit inconditionnel à l’autodétermination des peuples de ces colonies. Il soutiendra sans réserve les luttes de libération nationale des peuples concernés. Il développera des liens étroits de solidarité, dans le respect et l’égalité, notamment avec les camarades partageant l’essentiel de ses valeurs pour l’émancipation de l’humanité de toute exploitation et/ou oppression. 

Notre programme comporte aussi des exigences démocratiques radicales pour s’opposer aux excès et dérives des institutions répressives (police, justice, prisons, armée…), aux politiques sécuritaires et pénitentiaires qui criminalisent la pauvreté et le mouvement social, et pour lutter contre la logique croissante de surveillance, de contrôle et d’encadrement public. 

Nous voulons en finir avec les institutions antidémocratiques de la Ve République (révocabilité des élus, représentation proportionnelle dans les assemblées,...) .

Bien évidemment, les mesures que prendrait un gouvernement portant un programme de rupture s’inscrivent dans les mobilisations pour une autre Europe, une Europe en rupture complète avec les institutions de l’Union européenne, une Europe qui aurait pour objectif de satisfaire les besoins sociaux de la population et pour ambition de changer radicalement les rapports nord/sud.  

Développer des mobilisations et des luttes à l’échelle internationale est d’autant plus nécessaire que les capitalistes, eux, sont organisés à l’échelle internationale dans toute une série d’institutions qui jouent en rôle croissant contre les intérêts des salariés et des peuples : Banque centrale européenne, Organisation de coopération et de développement économique, Fonds monétaire international, Banque Mondiale, Organisation mondiale du commerce, OTAN....

Nous voulons en finir avec ces institutions internationales.  

Pour changer le cours de l’histoire, il faut que la majorité de la population, le prolétariat et les secteurs populaires dans leur diversité prennent conscience de leur force, en s’organisant sur le lieu de travail ou le quartier, dans un syndicat ou une association, comme au niveau politique, pour faire valoir ses droits démocratiques. Dans toutes ces structures, les militants du NPA se battent pour que soient promus l’unité dans la lutte et le combat anticapitaliste. Ceci en respectant scrupuleusement l’indépendance de ces structures.

C’est dans le mouvement social que progresse la prise de conscience, que l’idée d’un nouveau monde s’élabore, que la satisfaction des exigences populaires pose la question de qui dirige la société. La convergence de ces exigences pose la question du contrôle des travailleurs et de la population sur la marche des entreprises et de la société.  

Nous sommes en faveur de mobilisations les plus unitaires possibles, associant tous les courants politiques, syndicaux, associatifs du mouvement social.

Dans celles-ci, nous défendons le principe de l’auto-organisation : il est essentiel que ce soient celles et ceux qui agissent, qui décident de l’orientation, des formes de leurs luttes et de leur direction.  

C’est par le développement et la généralisation des luttes, des grèves généralisées et prolongées que l’on peut bloquer les attaques, imposer des revendications. C’est le rapport de forces issu de la mobilisation qui peut permettre la mise en place d’un gouvernement qui imposera des mesures radicales en rupture avec le système et engage une transformation révolutionnaire de la société.  

En finir avec le système capitaliste, suppose à la fois un bras de fer de longue durée, la force du nombre et une rupture avec l’État et les institutions dont il s’est doté, avec les institutions européennes et mondiales au service des classes dominantes.  

 

4 - S’organiser, agir, faire de la politique, un parti pour l'émancipation 

Le parti est un cadre collectif d'élaboration et d'action qui rassemble celles et ceux qui ont librement décidé de s'associer pour défendre un projet commun de société. Si nous décidons de nous constituer en parti, c'est parce que nous voulons agir de façon utile, structurée et cohérente. Sans nous substituer aux luttes sociales, nous devons les impulser, y participer pleinement, y proposer nos idées et y faire nos propositions d'action car nous savons que c'est par la mobilisation la plus large possible que l'on peut stopper l'offensive capitaliste, imposer des avancées sur le terrain social, démocratique et écologique, ouvrir la voie au socialisme.

Les partis de la gauche institutionnelle (PS, PC) et leurs alliés Verts ont abandonné depuis longtemps cette perspective. Le PS et le PCF n’ont plus de socialiste ou de communiste que le nom. Les Verts ont bradé leurs ambitions écologistes.

Au pouvoir, la gauche institutionnelle, dominée par le PS, tourne le dos aux aspirations populaires.

Dans l'opposition, elle n'organise pas la riposte contre les attaques de la droite et du patronat.

S'enfonçant dans la crise et perdant sans cesse du terrain électoral et militant, le PCF se laisse de plus en plus satelliser par le PS. Cependant il existe encore dans ce parti une force militante que nous retrouvons à nos côtés dans certaines de nos luttes.

Face à la crise exceptionnelle du capitalisme, refusant de rompre avec le système les réponses politiques de cette gauche ne peuvent être à la hauteur de l'enjeu.

Ces courants n’offrent plus ni projet émancipateur ni espoir, c’est pour cela qu’ils reculent.

La crise actuelle met ce phénomène en lumière mais il n'est pas conjoncturel, il renvoie à des raisons bien plus profondes : parce qu'il s'est adapté au néolibéralisme jusqu'à en épouser les thèses, parce que ses dirigeants ne se distinguent plus de la classe dominante, le PS a même renoncé à une politique de réformes progressistes dans le cadre du système.

Les contradictions inhérentes au système capitaliste et la crise actuelle rendent l’alternative évidente : se soumettre à la minorité des privilégiés ou rompre avec elle.

Dans et autour de ces partis de la gauche institutionnelle, nombreux sont celles et ceux qui n'ont pas renoncé à changer radicalement la société.

Avec eux, comme avec l’ensemble des travailleurs/euses, nous voulons construire sur d'autres bases, en rupture avec les capitulations et les reniements de cette gauche pour créer une nouvelle représentation politique des exploité-e-s, un nouveau parti anticapitaliste, un parti qui se bat jusqu'au bout contre le système, un parti pour la transformation révolutionnaire de la société.

Un parti n'est pas un but en soi. C'est un outil pour se rassembler, pour gagner en efficacité dans le combat collectif.

Deux tâches complémentaires se combinent : développer les luttes sociales, par la construction coordonnée d’un syndicalisme de classe et de masse, s’opposant ainsi à la collaboration des directions syndicales actuelles qui engendrent la désertion, par la participation aux formes d’organisation du mouvement social ; construire un parti politique pour défendre un programme global d’émancipation. 

Nous voulons que le NPA soit pleinement démocratique, à l'image de la société que nous voulons. Cela suppose que chacune et chacun y trouve sa place, quel que soit le niveau de son engagement. Cela suppose que nous soyons à égalité pour décider, que les instances dirigeantes soient clairement mandatées, dûment contrôlées et révocables, qu'une formation politique soit organisée, que la pluralité des points de vue soit garantie au même titre que le droit de la majorité à agir pour le compte de toutes et de tous.

Cela suppose aussi que notre parti soit un lieu d’éducation permanente de tous les militant-e-s, un lieu d’éducation populaire qui préfigure la société que nous voulons construire. Cela suppose enfin que notre parti soit un lieu de solidarité.

Tirant les leçons du passé, nous lutterons contre les processus de bureaucratisation qui sont la plaie des mouvements d’émancipation. Et notre vigilance commencera par s’exercer à l’intérieur du NPA. 

Nous voulons que le NPA soit efficace, utile tout de suite, présent sur tout le territoire dans les quartiers populaires, utile pour résister et lutter dans les entreprises, à la pointe du combat auprès de la jeunesse dont le dynamisme des luttes s'avère souvent précieux pour entraîner celle des travailleurs.

Nous participons aux luttes pour des réformes immédiates et nos réponses politiques partent des réalités du terrain, de tout ce que chacun-e vit au quotidien. Elles tracent en même temps les contours de la société que nous voulons, basée sur la satisfaction des besoins sociaux. Elles supposent donc la rupture avec le capitalisme et le “ tout marchandise ”. 

Nous participons aux élections pour défendre nos idées, pour rassembler très largement la population autour de notre programme. Nous défendons la proportionnelle intégrale et réclamons d'avoir un nombre d'élus conforme au poids que nous avons dans la société.

De la municipalité au parlement, nous soutiendrons toutes les mesures qui amélioreraient la situation des travailleurs, les droits démocratiques et le respect de l’environnement. Nous contribuerons à leur mise en œuvre si les électeurs nous en donnent la responsabilité. Mais nous resterons fidèles à ce pourquoi nous luttons et ne participerons à aucune coalition contradictoire avec ce combat.

Nos élu-e-s refusent de cogérer le système. Ils s'opposent avec ténacité aux mesures antisociales et défendent bec et ongles, en toute indépendance des majorités de droite ou social-libérales, les intérêts des travailleurs et de la population.

À l’échelle nationale, l’application d’un tel programme impliquerait la confrontation avec les classes dominantes, et exigerait une formidable mobilisation populaire, susceptible de faire émerger de nouvelles formes de pouvoir qui donneraient à un gouvernement anticapitaliste les moyens de sa politique.

Une domination de classe ne peut pas être éliminé par voie de réformes. Les luttes peuvent permettre de la contenir, de lui arracher des mesures progressistes pour les classes populaires, pas la supprimer.  En 1789, la domination de la classe privilégiée de l'Ancien Régime n'a pas été abolie par des réformes. Il a fallu une révolution pour l'éliminer. Il faudra une révolution sociale pour abattre le capitalisme.

Elle implique donc nécessairement un changement des rapports de propriété, social et institutionnel, qui rejaillit sur tous les aspects de la vie en société.  Notre choix pour y parvenir mise exclusivement sur l’expression et la mobilisation majoritaire. Tout en annonçant clairement à l’avance que nous chercherons à organiser l’auto-défense des travailleurs, pour que le coup d’État militaire et la répression massive qui ont eu lieu au Chili en 1973 ne puissent pas se reproduire. “ L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ” (Marx dans Le Manifeste communiste) reste notre boussole. D’une manière générale, ce sont les forces de la réaction qui imposent la violence. Notre choix est celui du nombre, des formes de lutte qui rendent les revendications légitimes et populaires, sans hésiter à sortir du cadre étriqué de la légalité pour obtenir satisfaction, en tenant fermement les piquets de grève, en réquisitionnant les logements vides, en cachant les sans-papiers pourchassés, en désobéissant face à l'intolérable...

L'objectif de notre parti n'est pas de prendre le pouvoir par et pour lui-même. Nous combattons dès maintenant et partout pour l'auto-organisation des luttes afin de préparer le renversement de la société capitaliste et l'autogestion par les travailleurs et la population.

Nous voulons que le NPA fasse vivre le meilleur de l'héritage de celles et ceux qui ont affronté le système depuis deux siècles, celui de la lutte des classes, des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires.

Un parti qui hérite des luttes démocratiques et antifascistes. Un parti qui garde la mémoire des combats contre les dérives autoritaires et bureaucratiques qui ont terni les espoirs émancipateurs. Un parti qui se nourrit du féminisme, de l’anticolonialisme, de l’antiracisme comme des luttes contres toutes les discriminations. Un parti qui donne une tonalité clairement anticapitaliste à l’écologie politique radicale et une tonalité clairement écologiste à l’anticapitalisme. Un parti soucieux des aspirations individuelles à la reconnaissance et à la créativité face à l’uniformisation marchande de la vie quotidienne.

Ce parti anticapitaliste que nous construisons s’inscrit dans la continuité de celles et ceux qui ont cherché, avec ou sans succès, à renverser l'ordre établi ou à résister à l'oppression.

Ce parti porte l’espoir d’une société débarrassée de l’exploitation et des oppressions. Quand l'histoire s’accélère, que les gouvernants perdent leur légitimité, que de larges secteurs populaires perdent patience, comme en juin 36 ou en mai 68, nous voulons construire le parti qui renforce les chances de gagner. Pas un parti qui se substitue mais un parti qui porte la volonté de millions d'individus, un parti qui propose des initiatives susceptibles de favoriser la rupture.

L'exploitation, l'oppression, les discriminations, la destruction de l'environnement, sont des phénomènes mondiaux, le résultat de politiques qui s’imbriquent les unes dans les autres. Nos adversaires, les capitalistes, se moquent des frontières. Ils parlent les langues du monde entier. Ils sont très bien organisés et pour les combattre, il faut nous organiser avec autant d'efficacité. Notre parti cherche à se lier à toutes les forces qui, dans le monde entier, luttent avec le même objectif. C'est pourquoi le NPA engagera le dialogue et des collaborations politiques avec les autres forces anticapitalistes et révolutionnaires dans le monde dans la perspective de la constitution d'une nouvelle internationale. 

- Par NPA-27 - Ecrire un commentaire
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Vendredi 5 septembre 2008 5 05 /09 /2008 00:05

Intervention d'Yvan, ouvrier révolutionnaire de Peugeot, au meeting d'Olivier Besancenot à l'Université d'été de la LCR/NPA

Texte dit par Yvan au meeting d'Olivier Besancenot à l'Université d'été de la LCR/NPA le samedi 23 Août 2008/
(Et plus de détails ici :
http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf
<
http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf%29> )
<
http://www.humanite.fr/IMG/pdf/4pages_CGT-v1.pdf%29>
 
Bonjour, je m'appelle Yvan, je suis ouvrier révolutionnaire et je travaille en chaine depuis 12 ans chez Peugeot à Mulhouse où travaillent 10 000 salariés.
 
C
omme vous le savez, 5 camarades de travail se sont suicidés sur les derniers mois dans l'entreprise, 3 autres ont fait une tentative et je ne peux toujours pas parler de ça sans être submergé par l'émotion et la colère.
 
L'émotion, parce que sans bien connaître ces camarades personnellement, ils étaient proches de nous à l'usine, car la souffrance qui a provoqué leur geste est aussi la notre. Leur mort nous fait mal, elle est comme un coup de poing dans la figure qui nous rappelle notre servitude, notre condition commune d'opprimés, d'exploités, d'ouvriers.
  
Ceux qu'on honore aujourd'hui, ce sont certes des jeunes de milieux populaires. Mais ce sont ceux qui ont cru pouvoir échapper à l'exploitation en défendant le drapeau français en Afghanistan. Et c'est pour l'impérialisme français qu'ils sont morts, pour la cause de ceux qui oppriment les travailleurs tout comme les peuples pauvres. C'est pourquoi Sarkozy a été leur rendrhommage là-bas. Mais, moi, aujourd'hui, je voudrais rendre hommage à tous les camarades que l'exploitation capitaliste tue tous les jours ici et là-bas, dans le silence et le mépris et tout particulièrement à mes cinq camarades de l'usine pour qu'ils ne soient pas morts pour rien.
  
Je suis en colère parce que leur suicide a été comme un appel qui nous demande ce que nous faisons, nous, contre l'exploitation mais ce sont encore les serviteurs de cet ordre social capitaliste qui dans l'usine obligent chacun à baisser la tête, à accepter le fait comme une fatalité, à continuer le boulot comme si de rien n'était.
 
Malgré les quelques vagues qu'ont produit les gestes de nos camarades, ce sont les mêmes larbins ou leurs amis qui à l'usine et dans les médias font l'opinion et donnent à nouveau le ton dominant, le mépris de ceux qui travaillent. Ce sont ceux-là qui disent que pour gagner plus il faudrait travailler plus alors qu'ils protègent ceux qui n'ont jamais travaillé de leur vie.
 
En fait, pour eux, pour faire gagner plus les patrons, il faudrait crever plus... et en silence.
 
Eh bien non !
  
Je voudrais rendre cet hommage pour faire entendre et partager le cri de révolte de mes camarades et de moi-même mais aussi pour que ce soit un levier commun pour abattre le capitalisme. Et je voudrais enfin rendre cet hommage contre tous ceux qui disent qu'il n'y a plus d'ouvriers ni de classe ouvrière.
 
Depuis tout petits, nos parents ou à l'école, on nous dit qu'il faut tout faire pour ne pas être ouvrier, ne pas être productif. Ce une tare et une honte. Bien travailler à l'école nous permettrait, parait-il, d'échapper à cette déchéance.
 
Eh bien moi, je n'ai pas honte d'être ouvrier. Je ne dirais pas que j'en suis particulièrement fier mais je récuse toute la honte et l'indignité qui pèse sur notre condition. Et j'espère que le NPA saura agir de telle manière pour que tous mes camarades puissent relever la tête à chaque fois que le NPA se fera entendre.
 
Ce sont ceux qui boursicotent, s'enrichissent sur le dos des autres, les exploitent qui devraient être montrés du doigt, condamnés, mis au ban de la société pour parasitisme. Construire des voitures, des maisons, des routes des ponts, transporter les hommes, les nourrir ou les vêtir, bref participer à la production de ce qui est utile à la vie de tous, c'est ce que cette société dédaigne le plus.
 
Cette société marche la tête à l'envers.

Cette pression idéologique et sociale qui dévalorise, nie et méprise le travail productif, les travailleurs et en particulier les plus pauvres parmi eux, est considérable. Elle s'insinue dans tous les pores de la société jusqu'au sein du monde du travail lui-même.
 
Elle a un but : faire accepter les conditions de travail les pires, les salaires les plus bas et le travail comme une punition.
 
Vous n'imaginez pas comment cette pression se transforme à l'usine en un monde fou, détraqué, malade. Cette pression nous soumet et nous détruit physiquement mais aussi psychiquement. Elle nous use, nous humilie et nous infantilise. Nous n'y sommes plus considérés comme des hommes ou des femmes, tout au plus des robots et parfois pire.
 
Alors vous n'imaginez pas tout le mal que ça nous fait quand on entend dire qu'il n'y a plus d'ouvriers, de classe ouvrière ou que ces mots sont ringards et dépassés.
 
 
Les bourgeois nous nient et méprisent pour des raisons évidentes, les parents font ça pour essayer de faire échapper leurs enfants à l'exploitation. Ça se comprend !
 
Mais nous, nous n'avons aucune raison de nous inscrire dans ces discours.
  
Mépriser ceux qui produisent, c'est, sans s'en rendre compte, donner raison à l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est aussi faciliter les attaques contre les autres catégories sociales ; les fonctionnaires par exemple qu'on traite de fainéants, c'est-à-dire tous ceux qui, dans l'éducation, la santé, les transports ou les services travaillent pour la collectivité, se dévouent bien souvent sans compter pour rendre la vie des autres plus humaine. C'est mépriser aussi le dévouement des femmes et de leur double travail. C'est mépriser encore les immigrés qui font bien souvent les métiers les plus pénibles et les plus dangereux. C'est aider ceux qui veulent privatiser les services de santé ou d'éducation parce qu'il faudrait les rendre rentables. C'est faciliter
la tâche de ceux qui veulent faire rentrer cette idéologie du profit et de la rentabilité capitaliste dans tous les rapports humains y compris les plus personnels.
 
Je comprends bien sûr que certains peuvent se dire que la classe ouvrière n'est pas l'avenir, que c'est le passé, qu'elle n'existe même plus.
 
Le visage qu'en ont donné ses partis et syndicats toutes ces décennies à certes de quoi dégouter. Les uns ont participé aux gouvernements du capital pour y mener des politiques de régression sociale au nom du socialisme, du communisme et du mouvement ouvrier. Les autres n'apparaissent que pour donner une orientation corporatiste, émietté et sans efficacité aux luttes du mouvement ouvrier quand elles ne sont pas directement complices et acteurs mêmes des coups portés contre le monde du travail.
  
Alors je comprends que si on identifie la classe ouvrière au visage exécrable du stalinisme, à celui de la social-démocratie et de ses sales guerres coloniales ou encore aux politiques syndicales d'accompagnement du capitalisme, on soit tenté de chercher des solutions d'un autre côté.
  
Mais la classe ouvrière n'est pas représentée par ces gens-là et elle n'a plus de réelle représentation politique depuis des dizaines d'années.
 
Selon le Conseil économique et social, une personne par jour en France se suicide au travail. Et encore, ce chiffre est sous-évalué parce qu'en fait il n'y a pas vraiment de statistiques à ce sujet. Et puis surtout ce n'est que la partie visible de l'iceberg. 61% des français trouveraient leur travail stressant d'après une étude récente. Et avec les mesures Sarkozy de cet été qui permettent aux patrons de faire travailler jusqu'à 48 heures par semaine, ça ne va pas s'améliorer.
  
Les licenciements incessants depuis plus de 20 ans ont fait que nous produisons aujourd'hui toujours plus avec des effectifs toujours moindres. Le chantage à l'emploi est à la base de la résignation face à l'aggravation des conditions de travail. Les politiques des gouvernements de droite et de gauche depuis plus de 20 ans ont fait le reste : les protections sociales et les solidarités humaines ont
commencé à sauter.  
Ça se traduit dans mon usine, par le fait qu'après la chasse aux défauts dans la production, on est maintenant passé à la chasse aux temps morts. On ne compte plus en minutes sur les chaines mais en centièmes de minutes. Du coup on est occupé à 100%. Dans le passé, on pouvait s'entraider, aider ceux qui coulent en ligne. On avait le temps d'aller manger. Aujourd'hui la direction fait supprimer par exemple les chaises dans un secteur pour que les ouvrières ne puissent pas s'assoir entre deux voitures sans aucune autre raison que de mettre la pression. Quand il fait chaud l'été, la direction n'accorde plus d'arrêts chaleurs. C'est une vraie bagarre pour être remplacés quand on demande à aller aux WC et on est sanctionnés si on quitte le poste parce qu'on ne tient plus.
 
Les secteurs ou les postes pour les travailleurs anciens, usés ou handicapés qui existaient avant ont été supprimés. Des salariés avec de grosses restrictions médicales ont été reclassés en chaîne, des ouvriers proches de la retraite sont remis en ligne. Vieillir en chaîne est une terrible souffrance physique et morale. C'est une vraie torture. On voit sa résistance physique diminuer, on aurait besoin de plus de temps pour récupérer mais on en a moins. On dort dans le bus de transport, on attend la pause, les horaires de doublage deviennent insupportables, on voit des camarades qui meurent avant l'age, avant la retraite. On le prend pour soi comme un avertissement. C'est la hantise de ne plus pouvoir tenir le poste toujours plus chargé, d'être muté à un poste plus difficile et finalement de « pêter les plombs ». On attend alors la préretraite mais Sarkozy les supprime et rallonge le nombre d'annuités. On nous tue lentement. Notre espérance de vie est inférieure de 8 à 10
ans à celle des cadres. Mais dans le bâtiment, on est foutu à 50 ans.
Dans la chaudronnerie on a perdu son audition avant 40 ans. Mes collègues de travail autour de moi souffrent du dos, des articulations, du cœur et ont les organes digestifs bousillés. C'est un champ de bataille. Et je ne vous parle que de la France, pas du tiers monde où on peut commencer à travailler à 5 ans. En France on vient de l'autoriser à 14 ans.
 
 C'est pour ça qu'un de nos camarades, très proche de nous et de nos idées, usé et handicapé par le travail et qui devait être remis en chaîne a préféré boire du détergent industriel pour mettre fin à ses jours plutôt que de retourner à un poste en production.
  
Aujourd'hui on nous impose des méthodes dites japonaises. Ça s'appelle Hoshin, Apoqua, Apolo. Fini les coups de main, les blagues, les petits mots qui redonnent le moral. On a des postes standards. C'est-à-dire qu'on est soumis à des gestes standardisés comme des robots. Qu'on soit droitier, gaucher, petit ou grand, jeune ou vieux, il faut qu'on se soumette physiquement à des normes de gestes imposés. Soit disant calquées sur ceux du plus efficace. C'est une idiotie parce que noune sommes pas faits de la même manière et ça ressemble plus à une discipline faite pour nous soumettre. Mais c'est surtout une fatigue et une tension nerveuse importante supplémentaire. En perdant la liberté d'organisation de notre travail, on perd nos coups de main, notre savoir faire, nos petits trucs et on perd le peu de goût qui nous restait à faire du bon travail.
  
Notre camarade Maurice qui s'est pendu dans l'atelier de Mécanique et qui avait un poste de contrôle de la qualité et de la sécurité n'a peut être pas supporté la contradiction entre son souci du travail bien fait c'est à dire de la sécurité pour les automobilistes et les impératifs de productivité à tout prix qu'on lui imposait.
 
Il a laissé une disquette pour expliquer son geste. Son épouse qui l'a lue nous a dit que c'était ce qu'il avait dénoncé. Mais la direction a expliqué à la presse qu'il s'est suicidé parce qu'il avait des problèmes dans son couple et la disquette a disparu dans les mains de la gendarmerie .
  
Avec les méthodes dites japonaises, il faudrait signaler le moindre incident sur notre poste de production. Un cariste qui arrive en retard, le collègue précédent qui avait du retard, il faut dénoncer nos camarades. La maîtrise nous donne des /Projets individuels/ tels que dénoncer ceux qui n'ont pas leurs lunettes de sécurité. Celui qui ne se plie pas à cette délation obligatoire a son évolution de carrière bloquée. Tout le monde est mis en concurrence encourageant mensonges, fraudes, tricheries, injustices ou déloyautés pour parvenir à ses fins. En Mécanique les pièces avec défauts sont exposées aux vues de tous pour
mettre la pression. Il y en avait d'ailleurs tellement qu'il a fallu qu'ils renoncent. Mais personne n'est encouragé à dénoncer le poids que pèsent ces pièces, les tonnes qu'on soulève tous les jours, et les dos démolis qui en sont la conséquence, l'exposition permanente aux solvants de mastics ou de peinture, aux fumées de combustion, gaz d'essence ou de
diesel, poussières de peinture et d'amiantes qui sont facteurs de cancer. Aucune statistique sur les maladies n'est tenue à l'usine. Les causes de passage à l'infirmerie ne sont même pas utilisables. On ne peut pas faire le lien entre les maladies et l'exposition aux produits dangereux.
 
Le monde de l'usine est en dehors de tout et les règles les plus courantes de la société ne s'y appliquent pas. Pour le patron, les
dépressions sont liées à des caractères fragiles, les maladies ne peuvent être qu'individuelles et contractées à l'extérieur. Il ne se gêne pas pour faire lui-même le médecin ou se payer des médecins maison pour décréter qui est vraiment ou faussement malade. Et il fait bien sûr pression sur tous pour qu'ils viennent travailler en étant malades, avec des béquilles, une minerve ou un plâtre. Il envoie des lettres de menaces à ceux qui sont malades parce qu'ils perturberaient la production à cause de leurs absences, ce qui est une cause de licenciements.
 
Ce chantage ne gêne pas le patron.
 
Mais un de nos camarades au Ferrage qui s'est suicidé aurait reçu ce type de lettres
 
En plus de ça , le patron nous fait constamment la morale sur notre santé. Il ne faut pas fumer mais il nous fait travailler dans la fumée. Il ne faut pas boire mais on respire des alcools de solvants en veux tu en voilà. Il faut bien manger mais il ferme les selfs et on est réduits aux sandwichs et aux pizzas. Le patron met des affiches partout pour la prévention des accidents du travail mais il les dissimule ou les nie. Un camarade qui a eu un malaise cardiaque au travail et qui a été hospitalisé n'a pas été reconnu en accident du travail parce qu'il n'était pas tombé.
  
Mario qu'on connaissait bien et qui s'est suicidé était de ceux qui avaient le dos bousillé et de ceux aussi qui avaient participé ces derniers mois à notre lutte contre la fermeture des restaurants de l'entreprise.
  
Et puis la dessus il y a l'ambiance.
 
A l'usine, la direction interdit les postes de radios, il n'y a plus de nouveau secteur de l'emboutissage pour la 308. En plus de la charge de travail, il y a les déplacements sur le poste de travail. On a compté que ça fait parfois 10 Km à pied par jour. La direction a le cynisme de nous dire que ça nous fait comme une bonne ballade en forêt.
  
Pour un oui ou un non on est convoqués dans le bureau des chefs. Avant, pour un défaut de production, on avait une remarque du chef. Maintenant ils sont en train de mettre en place une espèce de tribunal où le fautif est convoqué devant le directeur, un aéropage de cadres et des spécialistes en tous genres. Dés que dans une équipe il y a une bonne ambiance, la direction la dissout et en mute ses membres aux quatre coins de l'usine. Les conversations sont surveillées. Les contacts avec les éléments douteux sont déconseillés. Les sanctions tombent pour un rien. Une engueulade un peu vive et c'est le risque d'être mis à la
porte. Quand il n'y a pas de sanctions directes c'est un harcèlement insidieux et permanent avec des menaces de mutations à un poste plus difficile, de sanctions voire de licenciement. Le temps passé aux WC est parfois chronométré quand on nous autorise à y aller. En mécanique les vestiaires sont surveillés pour qu'on n'y aille pas deux minutes plus tôt. Il est arrivé dans un secteur que les dates de menstruation des femmes soient exigées pour qu'elle n'en profitent pas pour rester plus longtemps aux toilettes.
 
Les trois camarades qui ont fait des tentatives de suicides ont porté plainte mais combien y en a-t-il d'autres ? Combien vivent une torture physique et psychique quotidienne ?
 
Alors je crois que le NPA doit faire entendre la souffrance de millions et de millions d'être humains exploités et soumis. En le faisant ici nous le ferons aussi pour le monde car l'exploitation est mondiale et la classe ouvrière aussi.
 
Il y a 40 nationalités dans la seule usine de Peugeot à Mulhouse. Nos révoltes passent d'un continent à l'autre sans être arrêtées par les frontières. L'écho de ce que nous faisons se fait entendre chez nos frères de Madrid, Varsovie mais aussi Dakar, Alger ou Istanbul.
 
Ce qui permettra au NPA de se développer c'est de redonner une représentation politique à la classe ouvrière. En relevant ce drapeau, nous transformerons la résignation des opprimés en vent de révolte et cette force d'émancipation entraînera toutes les catégories de la population.
 
La classe ouvrière est forte car elle est nombreuse et concentrée dans des villes et de grandes usines où se fabriquent les richesses. Et on peut être sûr aussi que tous les employés, ceux des services, les enseignants, les employés de la santé, ceux des transports, de la poste, du gaz, de l'électricité, des grands services publics comme des services municipaux retrouveront dans leurs luttes communes cette fierté de leur travail, du service qu'ils rendent aux autres qu'ils l'avaient montré dans la grande grève de 1995.
 
Nous saurons alors faire ensemble que ces valeurs deviennent dominantes dans l'ensemble de la société. C'est à partir de là, que tous les combats des autres opprimés trouveront toute leur efficacité c'est-à-dire leur dimension anticapitaliste et révolutionnaire ; les combats des femmes, des peuples opprimés, des minorités et de tous ceux soucieux de l'avenir de la planète ou qui cherchent une autre société où les êtres humains de toutes les couleurs et de toutes les nations coopéreront plutôt que de se faire la guerre, une autre société où lorsqu'on apprendra aux enfants à l'école qu'il a existé un monde où la
guerre et la misère étaient la règle, ils n'en reviendront pas que de telles atrocités aient existé.
 
Pour conclure, je dirais que dans la situation actuelle où les enseignants, les personnels de santé et la grande majorité de la
population salariée se prolétarise, dans la situation actuelle où on nous annonce une récession et où Sarkozy redouble ses coups contre le monde du travail, l'urgence sociale va prendre un caractère de plus en plus politique.
 
C'est pour ça que je crois que le NPA n'existera que s'il est capable de donner un visage et une expression aux prolétaires et à travers eux à tous les pauvres. Ils ont besoin d'un drapeau et d'une boussole. S'ils sentent que le NPA peut servir de pôle de regroupement, je suis sûr que nous trouverons alors dans la classe ouvrière, celle des usines et des chantiers mais aussi des services et dans la grande majorité du salariat et de la population des forces insoupçonnées de révolte, de jeunesse, d'énergie, de dévouement, d'enthousiasme et de détermination qui nous permettrons de balayer le capitalisme et toute sa pourriture.
Communauté : Unissons nous à gauche... - Par LCR 27 - Ecrire un commentaire
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Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /2008 22:13

Le Revenu de solidarité active (RSA) : une réforme qui ne combat pas la précarité

 

Le gouvernement financera donc le Revenu de solidarité active (RSA) par un prélèvement de 1,1 % sur les revenus du capital. Le pire semble ainsi évité, puisque, à l’origine, le RSA devait être financé par une baisse de la prime pour l’emploi, les pauvres finançant ainsi les plus pauvres.Contrairement à ce que nous entendons, cette réforme est loin de taxer le capital mais surtout ne combat en rien la précarité .

Concernant le financement, le prélèvement envisagé va toucher de la même manière les gros épargnants et les petits.Concrètement, l’essentiel sera supporté par les « classes moyennes » et touchera peu les grosses fortunes. Si le gouvernement voulait vraiment taxer le capital, il aurait pu s’en prendre, par exemple, aux 100 milliards de profits dégagés en 2007 par les entreprises du Cac 40.

Au-delà du financement, la logique du RSA revient à entériner la précarité comme une fatalité à accompagner socialement et non à combattre. Le choix du RSA, c’est le choix d’une société où se développe le travail précaire et dans laquelle le nombre de travailleurs pauvres augmente.

Pour la LCR, une autre logique est possible : celle du travailler moins pour travailler tous et toutes, l’ augmentation pour tous de 300 euros net et aucun revenu ni minimas sociaux en- dessous de 1500 euros nets par mois mais aussi de refaire du contrat à durée indéterminée à temps plein la norme de l’emploi.

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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 15:52

"La LCR attire des couches populaires, avec une part importante de personnes en contrat précaire"

 

Entretien avec Florence Johsua, doctorante au Centre de recherches politiques de sciences po (Cevipof). Publié dans le journal Le Monde du 24 aout...

Dans une étude publiée en décembre 2007, vous souligniez que la percée électorale d’Olivier Besancenot à la présidentielle de 2002 s’était traduite par un changement de profil des nouvelles recrues de la LCR. Cette tendance s’est-elle confirmée après 2007 ?

Le visage militant de la LCR s’est profondément modifié depuis 2002. La frange la plus importante des adhérents est désormais composée de "primo-militants", c’est-à-dire de personnes n’ayant jamais fait de politique. Ce rajeunissement s’est poursuivi après la présidentielle de 2007. La LCR a désormais une pyramide des âges inversée par rapport aux partis comme le PCF ou le PS : près d’un quart de ses militants ont moins de 30 ans et la moitié moins de 40 ans.

Sa composition sociale a aussi profondément changé. La LCR attire des couches plus populaires qu’auparavant, avec une part importante de personnes en contrat précaire (CDD, intérim ou en stage). La catégorie qui a explosé est celle des employés, qui compte désormais pour 25 % des effectifs - quasiment autant que les professeurs (28 %). Ce "tournant employé", comme je l’ai nommé, s’est accentué depuis deux ans. le parti attire les jeunes actifs déclassés, ces catégories populaires qu’on retrouve dans les études d’opinion favorables à Olivier Besancenot.

Quel est le profil politique de ces nouveaux militants ?

C’est une population révoltée, rejetant violemment la société dans laquelle ils vivent. Leur préoccupation première, c’est la justice sociale. Dans leur discours revient la volonté que tout le monde ait à manger, puisse se loger... Des revendications concrètes, à court terme.

C’est la gauche ouvrière. Ils ne viennent pas vers la LCR ou aux comités pour un nouveau parti anticapitaliste en attente du Grand Soir, mais pour changer le système le plus vite possible. Leur horizon de militantisme est assez court. Ces jeunes recrues n’ont aucune formation ni culture politique. Ils débarquent avec leur révolte brute.

Que veulent-ils ?

Ils ont des attentes extrêmement fortes d’efficacité immédiate. Le parti doit tout pouvoir prendre en charge et intervenir sur tous les terrains. Il est à la fois syndicat, association et parti politique.

Pour ces militants, la gauche, c’est eux. Ils haïssent le Parti socialiste, accusé de ne plus être de gauche ; quant au PCF ou aux Verts, ils ne font pas partie de leur champ de vision. S’ils se tournent vers la LCR, c’est qu’elle est la seule organisation qui défende une rupture radicale, qui ait une identité révoltée, à leur image.

Ces nouveaux militants sont impatients et veulent être sur tous les fronts. C’est un défi pour la LCR, qui va devoir trouver un mode de fonctionnement et un langage adaptés à ce public. Propos recueillis par Sylvia Zappi

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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /2008 15:47

 Dernière université d’été de la LCR avant de se dissoudre pour s’élargir.

 

PARIS, 21 août 2008 (AFP) - La LCR d’Olivier Besancenot va tenir ce week-end à Port-Leucate (Aude) sa dernière université d’été avant de se dissoudre dans le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qu’elle entend fonder en janvier 2009 pour construire une force dépassant le périmètre de l’extrême gauche militante. "C’est la dernière université d’été de la LCR, mais cela ne nous rend pas triste, car elle est tournée entièrement vers l’avenir : elle écrit une nouvelle page d’une partie de l’histoire de la gauche anticapitaliste", affirme à l’AFP Olivier Besancenot, porte-parole de l’organisation d’extrême gauche. C’est après le résultat honorable (4,08%) du jeune postier à la présidentielle de 2007 que la formation trotskiste a décidé de fonder un nouveau parti qui devrait voir le jour lors d’un congrès fondateur fin janvier 2009. Sa matrice principale tient dans le refus de toute alliance gouvernementale avec le PS constitué à ses yeux de "sociaux-libéraux". Le processus "irréversible" de sa création a été scellé en juin lors d’une rencontre des délégués représentant quelque 10.000 sympathisants de la nouvelle formation. "Cette université d’été sera un grand succès : ce sera la plus grosse que nous ayons jamais connue, avec plus de 1.300 participants", se réjouit M. Besancenot. "Quinze jours avant l’échéance, on a dû clore les inscriptions, faute de place. Les participants sont à la fois des nouveaux venus attirés par le NPA",
- appellation provisoire - et de vieux militants "qui tiennent à participer à la dernière université d’été de leur parti", fondé il y a 40 ans, dans la foulée de mai 68, souligne Pierre-François Grond, l’un des dirigeants de la LCR. La dernière journée de la rencontre, mardi, sera consacrée entièrement aux débats autour du Nouveau parti anticapitaliste : "Les discussions porteront sur le programme, les résolutions d’activité", précise M. Besancenot, probablement aussi sur le nom de la future organisation, objet de toutes les spéculations. Ce nouveau parti, la LCR entend le construire avec la "base" - les sympathisants gravitant autour des comités NPA - sans chercher un accord au sommet avec d’autres formations. Une minorité de Lutte ouvrière (la Fraction) s’est montrée toutefois intéressée. La popularité du jeune postier est certes un atout essentiel dans le fonds de commerce du nouveau parti. Selon un dernier sondage CSA, M. Besancenot est aux yeux des Français, le principal opposant, après le maire de Paris Bertrand Delanoë, à la politique de Nicolas Sarkozy. Ce rôle, l’ex-candidat entend le tenir encore à la rentrée. "On est dans les starting blocks de la rentrée sociale sur trois questions : les salaires, les licenciements et la défense des services publics", souligne le leader trotskiste dont le discours samedi soir sera le moment fort de la rencontre. Il vient de condamner en termes virulents "la sale guerre" menée par le "duo Sarkozy-Bush" en Afghanistan, où dix soldats français ont péri dans les combats contre les talibans. "Il est grand temps d’arrêter cette folie meurtrière
".

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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /2008 22:56

Gisors: quand le PCF s'englue dans la gestion municipale.

Le dernier conseil municipal a été marqué par un cafouillage certain sur  l'armement de la police municipale, et plus encore par l'événement que  constitue la reconduction du contrat avec Véolia et le refus d'une régie municipale...
 Fait notable et nouveau à Gisors,  une opposition sans  concession s'est fait entendre, conduite par le comité Attac (voir  article de l'Impartial du 26 juin). On notera que le maire a obtenu le  soutien unanime des élus, PCF, PS et UMP, tandis que les manifestants  brandissaient un numéro de "l'Humanité" et des pancartes en faveur de la  reprise en régie...
Une fois de plus, dans sa pratique d'élu, le maire de Gisors va à  l'encontre des principes qu'il prône. Pour ne rappeler qu'un fait  marquant, en juillet 2006, il avait en tant qu'homme fort de la  commission des finances du conseil général PS-PCF de l'Eure fait adopter  une taxe supplémentaire de 4% sur les factures des usagers de  l'électricité.
Son parti avait même lancé une pétition  qui affirmait  "quand on est de gauche, on ne fait pas ça". Cela n'avait pas empêché la  fédération de l'Eure de repartir bras dessus-bras dessous pour les  dernières élections, et sans doute les prochaines !
Faire du neuf, construire une gauche de combat, cela passe par une  rupture franche avec ces combines.

LCR-27

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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /2008 00:44
Meeting international le 30 mai à 20 heures à la Mutualité

 

MAI 1968-MAI 2008
La LCR tiendra un meeting pour les 40 ans de mai 68, le vendredi 30 mai à 20 heures à la Mutualité, en présence de :
- Olivier Besancenot
- Alain Krivine
- Daniel Bensaïd
- Myriam Martin
- Francisco Louça (député du Bloco de Esquerda au Portugal)
- Flavia d’Angeli (Sinistra critiqua d’Italie)
- Boguslaw Zletek (Parti polonais du travail)

Entrée gratuite.

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Dimanche 18 mai 2008 7 18 /05 /2008 21:55

31 mai et 1er juin : Conférence anticapitaliste européenne...

 

Le dialogue reprend. Des contacts se nouent. Le monde des organisations anticapitalistes et révolutionnaires en discute. À Berlin, à Barcelone, à Athènes, à Londres, à Copenhague, à Rome, réunions publiques sur Mai 68 ou congrès en parlent. Incontestablement, la proposition de la LCR de réunir, les 31 mai et 1er juin prochains, l’ensemble des organisations de la gauche radicale européenne suscite la curiosité, l’intérêt, voir l’enthousiasme.

Bien sûr, les leçons de l’expérience italienne et de la construction du nouveau parti anticapitaliste en France auront une place importante dans la discussion. L’intérêt que suscite la conférence dans les courants de gauche de Die Linke (Allemagne) témoigne de l’importance de l’initiative. Éparpillement, fragmentation, poids de l’histoire, divisions internationales, voire sectarisme : autant de faiblesses de la gauche révolutionnaire et anticapitaliste, qu’il est urgent de surmonter. Mais c’est un comble de voir les classes dominantes construire l’Union européenne, converger dans la globalisation capitaliste, malgré leurs contradictions et leurs concurrences, et de constater les divisions internationales de la gauche radicale ! Comme celui de voir les sociaux-libéraux mettre au point des projets politiques et syndicaux européens et internationaux, tout en enregistrant les limites des projets internationaux de la gauche anticapitaliste se revendiquant pourtant de l’internationalisme…

Pourtant, la gauche anticapitaliste a joué un rôle capital contre la guerre en Irak. Il faut aller aujourd’hui plus loin : répondre aux enjeux fixés par la globalisation capitaliste, reconstruire un nouveau mouvement ouvrier anticapitaliste, socialiste. Quarante ans après 1968, cette conférence se tient dans un moment particulier ( nouvelle phase de la crise du capitalisme, crise bancaire et financière sans précédent depuis des décennies, pénuries alimentaires affamant des dizaines de millions d’êtres humains et catastrophes écologiques frappant la planète).

Il y a urgence, d’autant que les forces dominantes du mouvement syndical et de la gauche traditionnelle manifestent une intégration chaque jour croissante dans le système capitaliste globalisé. Il faut un nouveau dialogue, entre toutes les forces de la gauche révolutionnaire et anticapitaliste, afin de combiner l’urgence de l’unité d’action et la reprise d’une série de débats stratégiques et programmatiques. Chaque organisation ne peut, aujourd’hui, rester dans un cadre national, ou même dans « son » courant international. Il faut de nouvelles initiatives internationales : c’est le sens cette conférence.

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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /2008 19:36

La direction départementale du PCF maquille la réalité: les vieilles pratiques ont la vie dure 

"Regards sur l'Eure", bulletin de la fédération de l'Eure du PCF, nous présente un exercice de travestissement des réalités qui prend ses racines dans les pires traditions de ce parti, sur le thème: " la réalité nous gêne, arrangeons la, c'est l'intérêt supérieur de la classe ouvrière, puisque c'est celui du parti !"
Qu'on en juge d'après la présentation des résultats.
 

undefined A Broglie, le candidat soutenu par le PCF l'était aussi par les Verts, mais il n'en est pas fait mention. Une alliance gênante ? Ou alors, le score de 19,49% est censé impressionner davantage le lecteur s'il est imputable au seul PCF... Pas de quoi être très fiers cependant, car la candidature Didtsch n'a pas eu un mot de critique à l'égard de la majorité sociale-libérale du conseil général.

Rien à voir donc avec la candidature PCF-LCR du canton de Routot, où les 11,29% ont été obtenus sur la base d'une démarcation nette à l'égard du président du Conseil général de l'Eure qui se vante d'avoir obtenu les félicitations du Medef. Cette candidature unitaire a donc permis une nette progression (cantonale 2001 : Rogé PCF : 9.65%. 2002/ Hue : 3.8%; cantonale 2008 : Boquet : 11.3%. 2007 : Buffet : 1.9%). Un résultat sans précédent, en voix comme en pourcentage, dans ce canton. 

Mais les responsables fédéraux n'apprécient pas que la section du Roumois ait choisi de présenter cette candidature à égalité avec la fédération de l'Eure de la LCR, et le cachent aux militants: ils la présentent donc comme "soutenue par le PCF et la LCR" pour ne pas rendre compte de la démarche unitaire anti-capitaliste... Il est vrai que dans 9 cantons sur 21, dont celui de Pont Audemer où le PCF n'est pas quantité négligeable, ils n'ont pour la première fois, pas présenté de de candidat au premier tour ," pour donner toutes ses chances à la majorité déparementale"... 
Il est vrai que le président de la commission des finances du conseil général n'est autre que Marcel Larmanou, conseiller général du canton de Gisors et figure du PCF... Les 4 conseillers généraux PCF ne sont donc que des satellites de la majorité PS !

On continue: pour Vernon sud, on apprend bien que Carole Depuiset, la candidate PCF, a fait 3,70% (238 voix). Mais bizarrement, le lecteur non informé ne saura pas que le dénommé Duval, qui fait 4,36% (281 voix) est le candidat de la LCR. De toute la longue liste, c'est le seul dont l'appartenance a été gommée ! Il est vrai que la pilule est amère à avaler pour le PCF de Vernon, qui a mené une campagne agressive d'arrachage de nos affiches, et qui doit accepter que la jeune section de la LCR de Vernon, avec son candidat cheminot de 26 ans, lui dame ainsi le pion.

On notera qu'il n'y a pas un mot sur la situation à Louviers. Il faut dire que deux membres du PCF, dont un adjoint sortant, sont sur la liste du maire PRG F.Martin en compagnie de deux personnalités de la droite locale, tandis que la majorité de la section se retrouve avec le PS et le député Loncle sur une liste qui s'est maintenue au deuxième tour en faisant fi de la règle du "désistement républicain", alors que depuis 13 ans ils ont géré la ville en commun.Difficile à expliquer quand on donne comme consigne de "battre la droite". 
Pour ce qui nous concerne, nous nous maintenons aussi à Louviers avec 10,40%, mais avec l'avantage de la cohérence, car depuis 7 ans, notre élu est bien seul à se fait entendre en toute indépendance, en défense des travailleurs et des petites gens, que cela plaise au maire ou non... mais de cela non plus, "Regards sur l'Eure" ne parle pas, bien évidemment
.

LCR 27

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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /2008 00:12

undefined Un programme 100 % à gauche

 

La LCR présente ou soutient 200 listes pour que, dans nos villes, dans nos quartiers et dans nos campagnes, des élus 100% à gauche fassent entendre une réelle alternative anticapitaliste. Avec ces élus, nous nous battrons pour le droit à une santé et une éducation pour tous, la remunicipalisation de l’eau, l’application du droit au logement, la création et le renforcement des services publics, l’arrêt du versement des aides publiques aux entreprises privées – aides qui n’ont jamais créé d’emplois –, le remboursement des aides déjà versées. Bien sûr, ce n’est pas un vote, même massif, pour les candidats et les candidates de ces listes qui changera le pouvoir en place et imposera les mesures d’urgence sociales et démocratiques qui sont aujourd’hui nécessaires. Mais nous présentons des revendications réalisables rapidement dans les communes. En voici les principales.

LOGEMENT

Un toit c’est un droit :

• application de la loi de réquisition des immeubles vacants ;

• interdiction des expulsions ;

• inéligibilité des maires qui ne respectent pas, dans leur ville, la loi SRU (20 % de logement social) ;

• transparence dans le traitement des demandes de logement dans des offices publics municipaux du logement, sous le contrôle démocratique des populations et sans discrimination ;

• expropriation des marchands de sommeil (leurs immeubles doivent être récupérés, rénovés et gérés par des offices municipaux) et relogement des locataires dans la commune s’ils le souhaitent ;

• application du droit de préemption de la commune sur les immeubles mis en vente, pour les acquérir et les transformer en logements sociaux ou en espaces communs pour la population ;

• non aux démolitions de logements sociaux. Et, dans les cas de réhabilitation ou de destruction, les habitants devront être consultés par référendum (et pas seulement par une enquête individuelle et confidentielle) avec, en préalable, l’engagement pour les familles d’être relogées sur place et sans augmentation de loyer.

EAU

Dans 60 % des villes, la distribution de l’eau est déléguée au privé pour un prix, en moyenne, 25 % plus élevé qu’en régie publique. L’eau doit rester un bien commun et non une marchandise :

• expropriation des trusts de l’eau et mise en place d’un service public national de l’eau et de l’assainissement ;

• retour en régie directe dans toutes les municipalités ;

• fourniture d’un minimum gratuit pour les besoins domestiques (40 litres par jour et par personne) et, au-delà, tarif progressif pour les gros consommateurs ;

• arrêt des coupures d’eau qui touchent les plus démunis ;

• création d’instances démocratiques de contrôle de la gestion de l’eau, avec participation des usagers et des syndicats d’employés de ces services.

TRANSPORTS

Pour lutter contre la pollution, en finir avec le tout-automobile et redonner la rue aux piétons et aux cyclistes, pour un meilleur cadre de vie :

• développer des réseaux de transport non polluants ;

• gratuité des transports en commun urbains (bus, métro, tramway, réseau public de mise à disposition de vélos) ;

• création de transports en commun qui permettent de relier entre eux les quartiers à la périphérie des grandes agglomérations ;

• maintien et réouverture des gares et des dessertes jugées « non rentables ».

POLLUTION

Face à l’urgence et afin de préserver notre environnement, des mesures concrètes et radicales doivent être prises :

• limiter la circulation des camions et des automobiles dans les villes ;

• mise en place de collectes sélectives des produits dangereux (piles, produits chimiques), et d’un service public de la collecte, du tri et du retraitement des déchets industriels et ménagers, émanant des collectivités locales, indépendant des trusts et contrôlé par la population ;

• droit de veto des populations sur tout projet d’implantation d’entreprises à haut risque, sur le transport des matières dangereuses et sur la culture en plein champ des OGM ;

• diversifier les modes de production d’énergie en priorisant les économies d’énergie et celles qui sont renouvelables ;

• favoriser l’implantation d’une agriculture de qualité ;

• soumettre tous les projets d’aménagement du territoire à un réel débat public et à un contrôle démocratique.

PETITE ENFANCE

Nous voulons la création d’un grand service public de la petite enfance, gratuit et accessible à tous. Il doit être géré au plus près par les collectivités locales, avec des dotations d’État permettant l’égalité entre communes riches et communes pauvres. L’accueil de la petite enfance doit être une des priorités budgétaires de la commune :

• création de crèches permettant un accueil de qualité pour tous les enfants, en préservant les statuts des personnels et en leur donnant une formation adaptée.

QUATRIÈME ÂGE

Il faut développer une politique pour nos anciens, dans le cadre d’un service public national du quatrième âge, leur donnant le choix de leur mode de vie :

• création de maisons collectives de qualité ;

• maintien au domicile, combiné avec une politique de prestations (soins, restauration, activités collectives, lieux de rencontre) pour rompre l’isolement ;

• maintien et extension de tous les services publics, de petits commerces de proximité.

ÉCOLE

La LCR revendique des crédits pour l’école, une augmentation des postes et des moyens, chiffrés par les enseignants et les parents, pour accueillir tous les élèves dans de bonnes conditions, dans le cadre d’un service public laïque national :

• interdiction des fermetures de classes ;

• ouverture de classes maternelles pour scolariser les enfants dès l’âge de 2 ans ;

• donner tous les moyens nécessaires pour l’accueil des enfants handicapés ;

• refuser de voter les crédits au privé en recourant à la désobéissance civile pour contester la loi qui l’impose ;

• faire inscrire tous les enfants, avec ou sans papiers, résidant dans la commune à l’école et aux cantines, sans conditions.

SANTÉ

• Non aux fermetures d’établissements et des services hospitaliers de proximité (maternités…) ;

• création ou extension de centres de proximité regroupant les services de santé (PMI, centre d’orthogénie et de planification…) ;

• création de dispensaires de santé, dans les quartiers, les communes rurales, pour toutes et tous, gratuits pour ceux qui ne peuvent payer ou n’ont pas de sécurité sociale.

CULTURE

• Aides à l’accès aux œuvres comme à la formation artistique et aux pratiques créatives ;

• soutien aux luttes des intermittents du spectacle ;

• ouverture et développement de lieux publics d’accès à la culture : bibliothèque, médiathèque, salle de spectacle, projections de films à bas prix échappant aux diffuseurs privés ;

• développement, dans le cadre communal ou intercommunal, de lieux d’activités culturelles et sportives, dans des ateliers ou à l’école, avec tous les équipements et moyens nécessaires à ces activités.

JEUNESSE

• Aides à l’accès au logement avec, par exemple, caution de la commune pour toutes les garanties financières exigées ;

- espaces jeunes, centres sociaux avec animateurs, travailleurs sociaux, médecins, et psychologues, où tous les problèmes puissent être abordés en toute confiance. En particulier, l’accès à la contraception et à l’avortement, gratuit, y compris pour les mineures (notamment préservatifs gratuits, cours d’éducation sexuelle co-organisés par des associations féministes), et l’homophobie, dont les difficultés qu’elle engendre sont la première cause de suicide chez les jeunes ;

• mise en œuvre du droit d’association et d’expression dans les établissements scolaires ;

• élection de représentants des jeunes associés aux conseils municipaux, ou mise en place d’un système permanent de consultation des jeunes, dans des conseils de quartier.

FEMMES

Pour que les femmes prennent toute leur place dans la vie sociale et politique, il faut mettre un terme à leur oppression, tant dans la sphère publique que privé :

• création de maisons de la petite enfance offrant un choix d’accueil des tout-petits dans le cadre d’un vrai service public de la petite enfance ;

• égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes dans l’ensemble des emplois publics gérés par les municipalités et refus de toute forme de contrat précaire ;

- création ou soutien (y compris financier) de maisons des femmes, afin d’offrir aux femmes un lieu de libre expression et d’organiser la solidarité avec les femmes victimes de violences ou confrontées à l’isolement et à la solitude ;

• création, au niveau communal, ou de plusieurs communes, de trois structures d’accueil pour les femmes victimes de violence : une pour l’accueil et l’hébergement d’urgence ; une autre pour l’hébergement de court séjour, l’aide psychologique et la recherche de logement ou d’emploi ; et la dernière pour l’hébergement de moyen et long séjour et l’aide à la reconstruction.

ÉTRANGERS

À l’échelon local, comme à l’échelon national, nous défendons l’égalité entre Français et étrangers. La régularisation de tous les sans-papiers ainsi que l’abrogation des lois racistes sont urgentes au niveau national. Au niveau local, nous proposons :

• des initiatives municipales pour favoriser l’adoption d’une loi pour le vote des étrangers (par exemple, par la création d’élus associés au conseil municipal ou l’ouverture de listes électorales aux étrangers résidant sur la commune) ;

• de combattre toutes les discriminations (embauche, logement…) en créant, par exemple, des observatoires locaux des discriminations.

DÉMOCRATIE

Une démocratie radicale doit redonner aux populations le pouvoir de décider et contrôler toutes les décisions :

• organisation de référendums permettant à tous les résidents (y compris les résidents étrangers) de donner leur avis sur la gestion de la commune ;

• comités de quartier gérés par les habitants avec pouvoirs et moyens (budget) de décision.

CONTRE LE TOUT-SÉCURITAIRE

• Réimplantation des services publics dans les quartiers populaires : ce n’est pas à cause de l’insécurité que les services publics désertent les « quartiers difficiles ». Ce n’est pas parce que les services publics désertent ces quartiers que l’insécurité y progresse ;

• priorité absolue donnée à l’aide aux victimes : un commissariat n’est pas forcément le meilleur endroit pour que les victimes puissent se confier. Soutien aux structures associatives de prévention et d’aide aux victimes ;

• interdiction et dissolution des polices municipales, avec reconversion et formation des salariés dans des activités socialement utiles.

FISCALITÉ

La fiscalité locale est doublement injuste, car elle taxe, proportionnellement, davantage les habitants, les petits artisans et les commerçants que les grands groupes. Elle accentue également les inégalités entre collectivités riches et collectivités pauvres. Une autre politique de répartition des richesses en finirait avec cette double arnaque, en taxant essentiellement les profits et en redistribuant suivant les besoins.

La taxe professionnelle (que doivent les patrons aux collectivités locales), dont une partie avait été exonérée par le gouvernement Jospin et compensée par l’État (plus de 50 % de ce cadeau aux patrons est financé par l’impôt sur le revenu et par la TVA), est maintenant plafonnée – les petits artisans et les petits commerçants payent relativement plus que les grandes entreprises ! Il faut une réforme de la taxe professionnelle qui s’en prenne essentiellement aux profits.

La taxe d’habitation est totalement injuste, car elle n’est pas progressive ; ses bases n’ont pas été revues depuis 1970 – on peut arriver à des situations absurdes, où un manoir qui ne disposait pas de douches dans ces années est moins taxé qu’un HLM dans lequel il y avait une salle de bains et des WC indépendants. Il faut une révision complète des bases de la taxe d’habitation et instaurer sa progressivité. De l’argent, il y en a !

TERRITORIALITÉ

De l’intercommunalité à la décentralisation, les communes n’ont jamais été aussi peu autonomes financièrement, alors que de nombreuses compétences leur sont transférées :

• politique de péréquation corrigeant les revenus et potentiels fiscaux entre communes ;

• élection des structures intercommunales en même temps que le conseil municipal. Les services publics intercommunaux sont nécessaires pour les petites communes qui ont besoin de mutualiser ; les habitants doivent être les seuls « décideurs-contrôleurs ».

EMPLOYÉS MUNICIPAUX

Des élus aux côtés des employés municipaux :

• titularisation des auxiliaires, contractuels, précaires, remplaçants et vacataires ;

• uniformisation des régimes indemnitaires des salariés de la collectivité locale, en intégrant les primes et indemnités dans le salaire ;

• conversion des « emplois aidés », CAE, contrats d’avenir, d’adultes relais, Civis, en emplois stables dans la commune, ainsi que dans les caisses centrales d’activités sociales et associations travaillant pour elle.

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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 17:16
A Toulouse une liste unitaire LCR-Motivés aux municipales.

 

Liste LCR/Motivé-e-s/Appel unitaire antilibéral

A Toulouse, la LCR a conclu un accord avec les Motivé-e-s qui avaient obtenu plus de 12 % des suffrages en 2001, et des militants antilibéraux regroupés dans le cadre d’un "appel pour une liste unitaire antilibérale aux municipales de Toulouse". La liste est intitulée "Debout ! Ensemble, la gauche qui ne renonce pas" est conduite par notre camarade Myriam Martin. Salah Amokrane, conseiller municipal sortant et ancien tête de liste des Motivé-e-s, sera porte parole de la liste aux côtés de Myriam Martin et de Sylvie Lorthois de l’appel antilibéral. Les chanteurs de Zebda, Hakim et Mouss Amokrane ainsi que Tayeb Cherfi, animateur de Tactikollectif, participeront également à l’animation de la campagne. Un premier tract de la liste est sorti que vous trouverez en pièce jointe
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /2008 23:18

Municipales: à gauche toute !

 

Début d’année chargé pour les militants de la LCR. En même temps que la préparation de son congrès, qui doit acter le lancement du nouveau parti anticapitaliste, la LCR se présente dans toutes les villes où elle le peut.

Un peu moins d’un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, la campagne des municipales sera la première échéance électorale de son mandat. À l’heure où le président omnipotent chute dans les sondages, où les illusions des promesses sur le pouvoir d’achat se dissipent, cette échéance devrait être un grand test contre la politique entamée par le gouvernement.

Partout, des réunions se sont déroulées pour annoncer la présence des militants révolutionnaires à ces élections. Dans certaines villes, des listes se constituent en cohérence avec les propositions de nouveau parti anticapitaliste, rassemblant plus largement des militants de multiples horizons déterminés à présenter un projet alternatif à la droite qui gouverne, mais également à la gauche ralliée au libéralisme.

Des rencontres avec les différentes organisations antilibérales ont eu lieu, avec des résultats très différents d’un endroit à l’autre. De ces rencontres, apparaissent les contradictions au sein du Parti communiste qui, d’un côté, se rallie souvent aux listes portées par le Parti socialiste dès le premier tour afin de garder ses élus et, de l’autre, peut rompre avec un PS n’hésitant pas à faire alliance avec le Modem ou – pire – l’UMP, comme à Cavaillon. Les collectifs unitaires et Lutte ouvrière ont été rencontrés avec, là aussi, des réponses bien différentes. Lutte ouvrière, dans la plupart des villes, fait le choix de se présenter sur les listes PCF ou PS dès le premier tour, ou de partir seule à cette échéance, rejetant la main tendue par la LCR pour la constitution de listes anticapitalistes. Dans quelques villes, des militants associatifs et syndicaux ont contacté la LCR pour constituer des listes. Au total, plusieurs centaines de listes anticapitalistes devraient se présenter à ces municipales.

Les principaux thèmes que la LCR défendra au cours de ces élections seront le logement, la question de la remunicipalisation des services d’eau et d’assainissement, les transports, le service public à la petite enfance et du quatrième âge, la démocratie locale, pour un contrôle réel de la population sur les décisions.

Sarkozy veut politiser ces élections et en faire un enjeu national : prenons-le au mot ! Des milliers de femmes et d’hommes souhaitant renverser la vapeur et contrer les attaques tous azimuts de ce gouvernement de casse sociale se présenteront. Les mesures sécuritaires, de casse des retraites, de la santé, du temps de travail, doivent être combattues. Nous devons nous opposer de toutes nos forces aux mesures qui remettent en cause le droit des jeunes à faire des études, au projet de traité européen pourtant majoritairement rejeté par la population.

Ces élections seront donc bien l’occasion de rassembler et de construire une force anticapitaliste pour défendre la transformation révolutionnaire de la société autour de mesures concrètes signifiant que nos vies valent plus que leur profit.

- Par LCR c27
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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /2008 22:22
La LCR va présenter "un maximum de listes".

 

Olivier Besancenot explique qu’il veut doubler le nombre de 2001, soit être présent dans 180 villes environ.

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) espère présenter "un maximum de listes" aux prochaines municipales, annonce son porte-parole, Olivier Besancenot, lundi 21 janvier. "La dernière fois on avait présenté 85, 90 listes. Le premier objectif c’est de doubler ce nombre de listes" et de "faire un maximum de scores là où on sera", a-t-il déclaré sur France-Inter. "Il y a 37 villes de plus de 100.000 habitants, on sera présents sur 36 de ces 37 villes pour essayer de faire un maximum de tests", précise-t-il. Pour sa part il ne sera pas candidat, mais consacrera "un mois de (son) temps à soutenir ces listes".

- Par LCR-27
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Ecouter et lire...

  chanson pour la Grève générale de la compagnie Jolie Môme

Chanson sur la
Révolution permanente de Georges Moustaki


Salutations révolutionnaires -par MAP  Ministère des Affaires Populaires 

AGEND

Jeudi 31 décembre
MARCHE
POUR
GAZA

1.500 personnes en provenance
des cinq continents qui défileront dans Gaza
 vers le passage d'Erez pour dire :
Non au Blocus !
-Application des recommandations du rapport Goldstone
.

A l'appel de Collectifs, d'associations, de partis dont le NPA

Mercredi 13 janvier 2010
PROCES des CONTINENTAL
MANIFESTATION UNITAIRE DE SOLIDARITE

RDV à 11H00 gare d’Amiens pour manifester
Syndicats , associations , partis,
tous unis pour défendre les droits ouvriers
et les libertés publiques !
Dans-la-rue.jpg

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