«Les droits des femmes sont toujours mis en cause»
AFP
Des milliers de personnes, en majorité des femmes, ont manifesté samedi à Paris pour réclamer une «réelle égalité femmes-hommes» et le droit à l'avortement, à l'appel de 103 associations féministes, syndicats et partis de gauche. Les organisateurs ont avancé 15.000 participants.
Samedi 17 octobre, lors de la manifestation pour le respect des droits des femmes. (AFP)
Des milliers de personnes, en majorité des femmes, ont manifesté samedi à Paris pour réclamer une «réelle égalité femmes-hommes», à l'appel de 103 associations féministes, syndicats et partis de gauche.
Réuni derrière la bannière «Ensemble pour une réelle égalité», le cortège était mené par les féministes du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) et de l'association Femmes solidaires, suivies de plusieurs responsables politiques nationaux, de Martine Aubry (PS) à Marie-George Buffet (PCF) en passant par Jean-Luc Mélenchon (parti de gauche) ou Olivier Besancenot (NPA), et des syndicalistes comme Bernard Thibault (CGT) ou Gérard Aschieri (FSU).
«La liberté de décider, on s'est battues pour l'avoir, on se battra pour la garder», chantaient ses membres arborant des ballons roses et des pancartes colorées en forme de losange reprenant les six thèmes de la journée: autonomie, égalité, dignité, solidarité, laïcité et liberté.
«Plus de 80% des pauvres sont des femmes»
Comme beaucoup de manifestantes interrogées par l'AFP, cette militante s'inquiète du droit d'accès à l'avortement du fait de la fermeture de certaines structures le pratiquant. «Trois centres ont été fermés cette année en région parisienne, dont le dernier il y a quelques jours à l'hôpital Tenon à Paris (XXe)», déplore Maya Surduts.
Selon Mina Delleda de Femmes solidaires, «il faut être extrêmement vigilant pour ne pas revenir en arrière, notamment au niveau des plannings familiaux qui font un gros travail sur l'accès à la contraception, à l'avortement et dont le financement a été menacé».
Un peu plus loin, une banderole violette affiche «Collectif 44 Vigilance féministe» avec une délégation venue de Nantes. «Les femmes sont en première ligne d'une grave crise qui est synonyme pour elles de retour en arrière: plus de 80% des pauvres sont des femmes», souligne Michèle Frangeul, présidente du centre Simone de Beauvoir à Nantes.
Des politiques présents dans le cortège
«Les droits des femmes sont toujours mis en cause, dans une société de crise comme la nôtre ce sont souvent les femmes qui sont les premières licenciées, les premières précarisées et nous savons que leurs droits propres comme le droit à disposer de leur propre corps sont toujours remis en cause», a déclaré la première secrétaire du PS Martine Aubry.
Marie-George Buffet (PCF) a mis l'accent sur la fermeture récente de plusieurs centres IVG, qui fait reculer les acquis des femmes, et a critiqué «l'aggravation» des différentiels de salaires à poste égal.
Anne Hidalgo, adjointe PS du maire de Paris, s'est pour sa part inquiétée de la situation en Espagne, où une manifestation anti-avortement a réuni des milliers de personnes samedi: «Il y a encore des forces qui essaient de revenir sur ce qui pour nous est acquis, même dans un pays progressiste comme l'Espagne», a-t-elle dit.
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé quant à lui que «parmi les discriminations dont sont victimes les femmes, ce qui se passe au travail est particulièrement important», a -t-il dit, en évoquant 25 à 30% d'écart de rémunération pour les mêmes postes, «le temps partiel subi, les contrats à durée déterminée, bref les petits boulots».
«C'est aussi la discrimination par rapport à la retraite et vous savez qu'une réflexion gouvernementale à propos de la majoration dont bénéficient les femmes (salariées, NDLR) est encore en suspens. De notre point de vue, ce dossier n'est pas totalement bouclé», a déclaré le responsable de la CGT.
(Source AFP)
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En France, les femmes s’occupent toujours majoritairement des tâches domestiques, et cela même quand, dans le
couple hétérosexuel, les deux sont salarié-e-s à temps plein. C’est ce qu’on appelle communément « la double journée de travail ».
La liste en est connue :
bas salaires, temps partiels, chômage, retraites inférieures, familles mono parentales, sont avant tout l’apanage des femmes. On peut compléter le tableau, de façon non exhaustive, par le peu de
place accordé aux femmes dans la représentation politique ou par les violences qu’elles subissent. Bref, le compte de l’égalité n’y est pas !
Nicolas Sarkozy et François Fillon ont demandé à Michèle Alliot-Marie de créer une
"brigade de protection des familles" au sein de la police nationale pour lutter contre les violences intrafamiliales.
POUR LA DEFENSE DES DROITS DES FEMMES
Mais disposons-nous vraiment de toutes les mesures nécessaires pour combattre les violences
faites aux femmes ? Toutes les violences faites aux femmes.
Nous regrettons tout d’abord que les confédérations syndicales soient obligées d’attendre une initiative du gouvernement pour que la question de l’égalité
hommes –femmes soit abordée à nouveau. Dans les entreprises, des négociations sont obligatoires entre syndicats et employeurs sur cette question. Mais s’il faut discuter, rien n’oblige à aboutir…
Les bilans annuels d’égalité hommes-femmes sont l’occasion de faire le point. Aux équipes syndicales dans chaque entreprise de s’en saisir !















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