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Luttes Ouvrières


Mardi 10 novembre 2009

RATP: grève reconduite mercredi sur le RER B, 2 trains sur trois ce mardi

PARIS — La grève, qui touche le RER B depuis lundi, a été reconduite à la RATP pour la journée du mercredi 11 novembre en assemblée générale par les syndicats Sud, FO et CGT, a-t-on appris mardi auprès de Sud-RATP, qui a indiqué qu'il n'y avait pas de négociations avec la direction.

Le trafic du RER B était perturbé mardi matin, avec deux trains sur trois en moyenne sur les tronçons exploités par la RATP et un train sur deux sur ceux gérés par la SNCF, a-t-on appris auprès des deux réseaux.

Le trafic sur le RER A, fortement touché lui aussi lundi par une grève, était en revanche normal mardi matin.

A la SNCF, qui exploite une partie de la ligne RERB, une assemblée générale était toujours en cours à 11h30 pour décider ou pas de la poursuite du mouvement à l'appel des syndicats FO et Sud-Rail.

"La direction joue le pourrissement, il n'y aucune négociation, donc ça continue", a déclaré à l'AFP Philippe Touzet, délégué central Sud-RATP.

Les syndicats grévistes dénoncent les conditions du passage à l'interopérablité, c'est-à-dire la suppression du changement de conducteur en gare du Nord entre la SNCF et la RATP.

Les revendications portent sur les effectifs et "des plannings moins serrés entre deux trains", tandis qu'à la RATP les conducteurs réclament aussi l'intégration d'une prime dans leur salaire.

Mardi matin, deux trains sur trois en moyenne circulaient sur les tronçons RATP (sud de Denfert Rochereau) et un train sur deux sur ceux gérés par la SNCF (au nord de gare du Nord).

La RATP n'assurait aucun trafic entre la gare du Nord et Denfert-Rochereau via le RER B, emprunté quotidiennement par quelque 800.000 personnes.

Les lignes 4 et 6 du métro, également sur un axe nord-sud, ont été renforcées.

 

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Mardi 10 novembre 2009

Alcatel : manifestations des salariés européens


Europe 1 

En France des manifestations à ST Brieuc, Rennes, Paris et Strasbourg

Les salariés d’Alcatel-Lucent sont appelés à manifester mardi dans neuf pays contre un vaste plan de suppressions de postes.

Les dirigeants d’Alcatel-Lucent vont faire face à une mobilisation européenne mardi. Les salariés de neuf pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Roumanie, Belgique, Pays-Bas, Autriche et Irlande) sont en effet appelés à manifester par les syndicats pour protester contre le plan en cours de 4.000 suppressions de postes sur le continent au sein de l'équipementier de télécommunications.

Ce plan de suppressions de postes s’inscrit dans la droite ligne d’un mouvement initié en 2006 par les anciens dirigeants Serge Tchuruk et Patricia Russo, et poursuivi par le nouveau patron, Ben Verwaayen. De 2006 à 2008, quelque 4.000 postes ont été déjà supprimés, dont 2.000 en France, le pays le plus touché devant l’Allemagne et la Roumanie.

C’est à ce processus que comptent bien mettre fin les syndicats, comme l’explique Marc Marandon, de la CGT :

Les modalités de la mobilisation sont libres dans chaque pays. En France, trois rassemblements sont prévus à Paris, à Rennes et à Strasbourg où une délégation de salariés se rendra devant le Parlement européen en début d'après-midi afin de souligner la dimension internationale de l'action et les menaces qui pèsent sur tout le secteur des télécoms.

"L'Europe peut et doit réagir pour éviter que dans dix ans, ses réseaux de télécommunications soient conçus, fabriqués, installés et exploités par des entreprises non-européennes. Sinon, nos champions des télécoms (Alcatel Lucent, Nokia, Siemens, Ericsson) continueront à licencier leurs salariés puis ils disparaîtront", peut-on lire dans un communiqué émanant du comité de groupe européen. "Le prix payé par le consommateur final ne doit pas être le seul critère de choix."

 
D
'après Agences)

600 salariés du site d’Alcatel-Lucent à Lannion ont manifesté jeudi matin à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor)  où se tenait une table ronde sur le plan social et les projets PNG - 317.3 kod’externalisation qui touchent leur site. « On a mis la direction devant ses responsabilités d’employeur face à un bassin d’emplois déjà touché  », a indiqué Christian Méheust, délégué syndical CGT, qui a jugé la table ronde « très utile ».  

Le président d’Alcatel-Lucent France, Pierre Barnabé « s’est engagé à examiner d’autres solutions que la fermeture » pour les activités RFS (Radio Frequency System), où 53 personnes sont concernées par un plan social, a indiqué à l’AFP, Christian Méheust


lundi 09 novembre 2009

Marc Ollivier
Les salariés de l’Ouest (Brest, Lannion, Orvault, Rennes, Trignac) manifesteront de la gare à la place du Parlement à Rennes à partir de 13 h 30

Les salariés d’Alcatel Lucent de l’Ouest manifestent mardi à Rennes

Les salariés d’Alcatel Lucent des sites de Brest, Lannion, Orvault, Rennes et Trignac convergeront mardi matin vers la capitale bretonne pour une grande manifestation organisée par les organisations syndicales européennes de la Fédération européenne des métallurgistes (FEM). La manifestation devrait débuter à 13 h 30 devant la gare SNCF avec un parcours prévu jusqu’au parlement de Bretagne. « Les salariés européens exigent du groupe une autre politique qui préserve et développe le savoir-faire technologique, les compétences et le fort ancrage européen. Nous travaillons dans un secteur innovant, structurant et stratégique : autant d’atouts pour un emploi de qualité en Europe », expliquent les syndicats.


Plus de 450 salariés d'Alcatel-Lucent France dans la rue
le 9 novembre à Paris

(D'après agences)

Hier, entre 450 et 500 employés d'Alcatel-Lucent France se sont réunis devant le siège parisien pour manifester contre les suppressions de postes et les projets d'externalisation du groupe. Les négociations piétinent.
 , déclare Philippe Saint-Aubin, secrétaire du comité d'entreprise européen (Ecid) d'Alcatel-Lucent. Nous attendons maintenant des avancées de la part des directions nationales. En France, les discussions avec la direction continuent dans les différentes filiales. » La manifestation a rassemblé hier, en fin de matinée à Paris, rue de la Boétie, entre 450 et 500 salariés venus des différents sites français d'Alcatel-Lucent (Colombes, Meudon, Vélizy, etc.) et des filiales, dont Alcanet en cours d'externalisation chez HP.
 
Environ 500 salariés étaient réunis hier devant le siège de l'équipementier.

 des plans de réduction de coûts et de suppressions d'emplois en Europe que nous connaissions déjà. Mais cette manifestation était destinée à rappeler le mécontentement des salariés d'Alcatel-Lucent en France

Nous n'avons pas obtenu d'élément nouveau : seulement des présentations sur la stratégie, et la confirmation

 

Tous sont venus contester les plans de suppressions d'emploi dans le cadre du programme global de transformation de l'entreprise, qui prévoit d'économiser 750 millions d'euros en 2009. Selon Philippe Saint-Aubin, « 2 400 postes (sur environ 26 000 salariés dans l'union européenne), dont 814 en France, doivent être supprimés à partir du dernier trimestre 2009, à des rythmes différents dans chaque pays européen. » Les salariés veulent aussi envoyer un message fort à leur direction afin d'essayer de « maintenir la capacité technologique du groupe en Europe, qui perd de plus en plus de poids au profit de l'Asie, notamment. »

Le refus des externalisations

Autre motif de mécontentement : les différents projets d'externalisation qui concernent l'informatique en priorité, mais aussi la R&D (sur des produits arrivés au milieu ou en fin de vie), la comptabilité et la paie. « Les externalisations pourraient entraîner la sortie du groupe de 1 500 personnes à l'échelle européenne », précise Philippe Saint-Aubin. Le 4 novembre prochain, de nouvelles discussions se tiendront avec la direction dans le cadre d'une réunion du comité central d'entreprise d'Alcatel-Lucent France. A suivre…

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Vendredi 23 octobre 2009

Colère tous azimuts chez les salariés de l'industrie rassemblés à Paris par la CGT

13.000 personnes selon la police, 30.000 selon la CGT, ont manifesté à Prais de Denfert-Rochereau jusqu'au ministère de l'Economie

Par AFP, publié le 22/10/2009

PARIS - Colère et ras-le-bol dominaient parmi les salariés d'entreprises comme Nexans, ArcelorMittal ou Continental, qui ont manifesté jeudi à Paris pour défendre l'emploi industriel, certains s'en prenant aussi au leader de la CGT Bernard Thibault, accusé de mollesse.

La CGT, premier syndicat du secteur, avait rassemblé des représentants d'entreprises aussi variées qu'Airbus, Renault, la SNCF, EDF, Bosch, L'Oréal ou encore Paulstra. Parmi les autres organisations, seule l'Union Solidaires (qui regroupe notamment les syndicats Sud) soutenait la manifestation.

Des ouvriers du fabriquant de câbles Nexans, revenant du siège de leur entreprise à Clichy, où ils ont brisé des vitres, figuraient en tête du cortège. "C'est la colère qui explose", a déclaré un tourneur de l'usine de Chauny (Aisne) qui doit fermer.

Même fureur chez Aluminium Pechiney à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), où 169 postes doivent disparaître. "Nous avons été rachetés par Alcan puis Rio Tinto, sans réaction de l'Etat, alors que le seul but de ce cannibale est de piller nos technologies", dénonce un délégué, Yannick Bacaria.

A Michelin, où un millier de suppressions de postes sont programmées, "les expertises montrent qu'elles ne sont pas justifiées, que faire ? Nos dirigeants politiques ne sont que des pantins au service des patrons", a jugé un syndicaliste, Dominique Leclair.

Le fabriquant de pneumatiques "sanctionne les salariés qui se rebellent, met la pression sur tous pour qu'on baisse la tête", a-t-il ajouté.

Malgré des allusions à la souffrance au travail comme chez France Télécom - telle cette pancarte: "Sarkozy, suicide toi" -, la combativité domine.

Les manifestants attendent beaucoup de leur syndicat, qui déçoit certains.

"Une telle journée est utile, en permettant des contacts avec d'autres entreprises, mais elle est sans lendemain", a assené Michel Picard, de Freescale (Toulouse), où 800 salariés doivent être licenciés d'ici fin 2011.

Guy Eyermann, délégué des New Fabris de Châtellerault, qui avaient menacé cet été de faire sauter leur usine, est amer: "côté CGT, nous aurions souhaité que Thibault soutienne notre action".

Les plus virulents sont les "Conti", qui ont sifflé jeudi le leader de la CGT et appelé à sa démission. En août, leur propre responsable CGT Xavier Mathieu avait traité de "racaille" les "Thibault et compagnie", bons selon lui "qu'à frayer avec le gouvernement".

"Heureusement que la base remue dans les entreprises", a réagi devant la presse M. Thibault, d'autant que "nous sommes dans la phase de préparation de notre congrès" à Nantes début décembre. Mais il a tenu à distinguer "les critiques constructives et les autres"

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Dimanche 27 septembre 2009
AFP, Mise a jour: 26/09/2009 18:58

Continental: 1.500 personnes à un meeting de soutien aux ouvriers condamnés

Automobile-social-restructuration-manifestation

Un salarié de Continental-Clairoix, le 26 mai 2009 à Compiègne

Environ 1.500 personnes, selon les organisateurs, ont participé samedi à un meeting devant l'usine Continental de Clairoix (Oise) pour réclamer la relaxe en appel des ouvriers condamnés pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril.

Arlette Laguiller (LO), le conseiller de Paris Georges Sarre (MRC), l'eurodéputée Karima Delli (Verts), Laurence Rossignol (PS) ainsi que des représentants du NPA, du PC et du Parti de gauche figuraient parmi les participants à cette réunion qui se poursuivait samedi soir par un barbecue géant.

"On demande l'annulation des poursuites et la relaxe en appel. On sait qu'on a pris des peines de prison, mais on ne sait toujours pas pourquoi", a déclaré à l'AFP Xavier Mathieu, délégué CGT de Clairoix, joint au téléphone.

L'annonce en mars par Continental de la fermeture de l'usine (1.120 salariés), avait provoqué la colère des salariés, qui avaient accepté, quelques mois auparavant, de revenir sur les 35 heures moyennant une pérennisation de l'activité à Clairoix.

Le 21 avril, quelque 200 "Conti" avaient envahi la sous-préfecture de Compiègne pour réclamer l'aide de l'Etat dans les négociations avec la direction de l'équipementier allemand. Des bureaux avaient été saccagés, des ordinateurs détruits.

Sept ouvriers ont été condamnés le 1er septembre par le tribunal correctionnel de Compiègne à des peines allant de trois à cinq mois de prison avec sursis pour "destructions en réunion de biens au préjudice de l'Etat".

Mais les prévenus, qui ont fait appel, dénoncent "une vengeance à froid" et "un rétablissement de la loi anti-casseurs".

Le procès était intervenu après une lutte sociale de plus de quatre mois ponctuée par une trentaine de manifestations et conclues notamment par l'obtention d'indemnités de 50.000 euros par salarié licencié.

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Jeudi 17 septembre 2009
Automobile : des salariés dénoncent la "logique financière" devant la Bourse de Paris
  • AFP le 17/09/2009 à 14:24

    PSA, Michelin, Continental, Delphi, Valeo ou Goodyear: des salariés de l'automobile -1.700 selon la police, 6.000 selon la CGT-, ont défilé jeudi à Paris pour dénoncer devant la Bourse la "logique financière" des groupes industriels du secteur qui licencient face à la crise.

    Ils ont réussi à franchir les barrières protégeant le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, et se sont massés sur ses escaliers, brandissant fièrement des pancartes disant "stop aux licenciements boursiers" ou "non au chômage partiel".

    Quelques participants ont lancé des oeufs sur les forces de l'ordre protégeant l'Autorité des marchés financiers, face à la Bourse.

    La manifestation, une initiative revendiquée comme venant de "la base", était soutenue par les fédérations CGT métallurgie et chimie mais le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, n'y a pas participé.

    Des personnalités politiques telles Olivier Besancenot (NPA), Cécile Duflot (Verts), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Arnaud Montebourg (PS), Maxime Gremetz (PCF) et Georges Sarre (MRC) étaient en revanche présentes pour montrer leur "solidarité".

    "150.000 emplois supprimés dans la filière automobile, le pognon aux actionnaires, tout ça au nom de la crise, on ne peut le tolérer", répétait au micro un responsable CGT.

    "Y'en a ras-le-bol de ces guignols qui licencient et empochent les profits", reprenait la foule de salariés, souvent en tenue de travail, venus de Renault Le Mans ou Cléon, Peugeot-Citroën Aulnay, Ford Blanquefort mais aussi des sous-traitants Freescale Toulouse, Delphi et Valeo.

    Les "Conti", dont l'usine de pneumatiques de Clairoix (Oise) est désormais fermée, étaient venus en force réclamer l'"arrêt des poursuites" contre leurs six camarades condamnés à trois à cinq mois de prison avec sursis pour des dégradations commises à la sous-préfecture de Compiègne le 21 avril.

    Pour Xavier Mathieu, l'emblématique leader de leur lutte, "on aimerait que nos confédérations fassent quelque chose, la classe ouvrière en a marre d'en prendre plein la gueule".

    Même défiance parmi les autres manifestants: "c'est la base des Goodyear qui est à l'origine de ce rassemblement. On en a marre de ces trois journées par an de manifestations intersyndicales et des négociations des confédérations avec le Medef", selon Jérôme Beauvais, ouvrier à l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord, où 820 suppressions d'emplois sont prévues.

    Ses collègues ont tagué sur une colonne du palais de la Bourse "Goodyear en force".

    De nombreux élus locaux ont accompagné le cortège, dont Francis Lec, conseiller général PS de la Somme, pour qui "le déménagement industriel doit cesser".

    "Dans quel camp sont les pouvoirs publics?", s'est interrogé Olivier Besancenot.

    Des salariés de Michelin portaient un T-shirt traitant leur employeur de "champion du monde du mensonge". "Un cabinet d'experts a montré que le plan de suppression de 1.093 postes n'est pas justifié économiquement, nous nous réservons le droit d'aller en justice", a fait valoir Serge Allegre (CGT de Saône-et-Loire).

    Des salariés de General Motors à Strasbourg, où 198 départs volontaires sont programmés, exprimaient le même ras-le-bol: "parallèlement la direction veut 10% de gains de productivité, y'en a marre de cette pression", pour Christophe Sorriaux.

    Des représentants de Total, Téléperformance et Thales, également sous le coup de plans sociaux, ont gonflé les rangs de la manifestation.
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Mercredi 16 septembre 2009

Appel à tous les partis et associations attachés à la défense des droits ouvriers et des libertés publiques.

Le tribunal de Compiègne a rendu un verdict le 1er septembre qui condamne 6 salariés de Continental Clairoix, par un jugement qui remet sur pied la loi anti-casseurs abrogée en 1981.
En effet, ce jugement a décidé de faire supporter, en plus des condamnations pénales lourdes, solidairement, à ces six salariés, la responsabilité d'indemniser la totalité des dégradations que d'autres auraient commises, en se basant sur un principe de responsabilité collective inconnu dans la loi : les six doivent payer pour les 600 présents ce jour-là.
La fermeture de Continental Clairoix est déjà un scandale, en soi, et il n'est pas admissible que les salariés se retrouvent deux fois victimes : la première en tant que licenciés, et la deuxième condamnés pour l'exemple pour avoir arraché des garanties importantes par leur lutte. Mais cette condamnation a une portée qui dépasse le cadre même de la lutte des 1 120 travailleurs de Continental.

Le sénateur UMP Marini a revendiqué publiquement l'extension à tout le pays et à toutes les situations de ce « nouveau droit » issu du jugement contre les salariés de Continental. C'est en effet la menace qui plane sur l'ensemble du mouvement ouvrier et démocratique avec la réintroduction des principes liberticides de la loi anti-casseurs dont pourraient être victimes demain salariés en lutte ou manifestants.

C'est pourquoi, pour l'équité, la justice, la défense des droits ouvriers et des libertés publiques, il nous paraît important que vous repreniez en compte, à nos côtés, ce combat pour faire rapporter ce jugement du tribunal de Compiègne.

Nous avons, quant à nous, décidé de faire appel et, à l'invitation des organisations syndicales de Goodyear Amiens, nous serons présents à la manifestation du 17 septembre 2009 à 11 heures devant la Bourse des valeurs à Paris.
Nous appelons donc tous les responsables nationaux des partis et des associations à venir à nos côtés jeudi 17 septembre, en manifestant par leur présence leur solidarité avec nos demandes, en même temps que la condamnation de tous les licenciements, qui sont les deux mots d'ordre de cette manifestation. Pour l'avenir, dès maintenant, nous pouvons vous indiquer qu'un rassemblement devrait se tenir le samedi 26 septembre à 15 heures devant l'usine de Continental Clairoix.

D'une façon générale, nous souhaitons avoir votre soutien pour cette lutte difficile mais indispensable. Nous nous tenons à votre disposition pour tous renseignements complémentaires et nous souhaiterions discuter avec vous des modalités que pourrait prendre ce soutien et la prise en charge de ce combat pour les libertés publiques.

Clairoix, le 15 septembre 2009.

L'Intersyndicale CGT/FO/CFE - CGC/CFDT/CFTC de Continental-Clairoix.

Le comité de lutte

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Mercredi 16 septembre 2009

Manifestations contre les licenciements à Castres, Toulouse, en Haute savoie: coordonnons nos luttes!

Alors que l'avalanche des plans de liquidation de l'emploi continue, la résistance des travailleurs est toujours là: manifestations comme à Castres, à Toulouse, en Haute-Savoie (le 17 sept). Des grèves aussi. La lutte de classes est une réalité quotidienne.
Mais chacun dans notre coin, nous allons à l'échec. Unissons-nous, coordonnons toutes les entreprises en lutte contre les licenciements organisés par le patronat., dans chaque localité, chaque bassin d'emploi, chaque région et au niveau national.



Publié le 16/09/2009  | J.-M.G.
  La Dépêche.fr

Les salariés de Dynamic font retentir leur colère dans la rue

Manifestation hier en centre-ville et devant la sous-préfecture contre le plan de suppression de 59 emplois.

Une centaine de manifestants accompagnés de quelques Castrais ont défilé dans les rues, depuis le Travet jusque devant la sous-préfecture de Castres.
Bien décidés à ne pas relâcher la pression sur la direction de leur entreprise mais aussi sur les pouvoirs publics, les salariés de l'entreprise Dynamic, sous-traitant du groupe textile Carreman, ont manifesté hier après-midi dans les rues de Castres. Ils contestent toujours avec la même vigueur le plan social annoncé la semaine dernière lors d'un comité d'entreprise qui prévoit 59 licenciements sur les 98 emplois que compte cette usine de fabrication de tissu haut de gamme. Une unité de production qui a été externalisée du groupe Carreman il y a trois ans.
Défilé dans les rues depuis les locaux de l'usine situés dans la plaine du Travet, blocage partiel des boulevards devant la sous-préfecture et concert de sifflets ont accompagné la grosse centaine de manifestants présents jusque devant la sous-préfecture où une délégation a été reçue par la Préfète du Tarn Marcelle Pierrot. Michel Viala, délégué CGT de l'usine a indiqué à la sortie de l'entrevue : « Nous lui avons demandé que la République Française prenne ses responsabilités et qu'elle intervienne auprès de la justice lors du procès attendu pour le 22 septembre. »
Les employés en effet fondent beaucoup d'espoirs dans cette procédure judiciaire où ils demandent à ce que l'existence d'une unité économique et sociale (UES) soit reconnue entre Dynamic et son unique donneur d'ordres Carreman. Si une telle UES était reconnue, les 59 licenciements devraient alors être reconsidérés à l'échelle du groupe et non de la seule société Dynamic. « Il y a trois ans, Carreman nous a sortis du groupe pour se débarrasser de nous sans licencier lui-même en direct, poursuit Michel Viala. Mais pourtant aujourd'hui, il suffirait de pas-grand-chose pour que l'emploi soit maintenu chez Dynamic. Il suffirait à François Morel de diminuer légèrement l'activité de son usine en Roumanie pour nous permettre de tenir bon sans licencier et de passer le cap de la crise. »
La salariés se sont ensuite donné rendez-vous ce vendredi matin à partir de 10 heures devant le parc des expositions pour manifester devant les nombreuses personnalités attendues pour l'inauguration de la foire de Castres. Ils préparent aussi un rassemblement pour le 22 septembre après-midi devant le tribunal de Castres où sera examinée la requête de reconnaissance de l'UES.


Manifestation contre les licenciements chez Reboul (Haute-Savoie)
   (publié le : 15/09/2009 à 15:55)

 

Une fois de plus, l’emploi dans l’industrie en Haute-Savoie est touché de plein fouet avec un nouveau plan de licenciements chez Reboul : 92 suppressions d’emplois, soit la moitié de l’effectif de Reboul qui a compté jusqu’à 850 employés.
Face à cette nouvelle agression sur l’emploi, les organisations CGT et CFE/CGC de Reboul appellent l’ensemble du personnel à un rassemblement ce jeudi 17 septembre 2009 à 13h30 afin de peser sur la réunion du CE qui a lieu à 14h.
Les Unions Départementales CFE/CGC et CGT appellent l’ensemble de leurs organisations à soutenir cette initiative et à participer au rassemblement ce jeudi 17 septembre 2009 à 13h30 devant l’usine Reboul à Cran-Gevrier.

mardi 15 septembre 2009


MANIF INTER-ENTREPRISE à Toulouse le 17 septembre.
 

POUR NOUS DEFENDRE TOUS ENSEMBLE , JEUDI 17 SEPTEMBRE 2009

A 18H

Tous devant France3 !

Nous sommes tous confrontés aux mêmes logiques de gestion de nos entreprises. Ces logiques nous atteignent directement dans nos vies.

Aujourd’hui nos directions profitent de leur crise pour dégrader encore nos conditions de travail. Les directions d’entreprise veulent que se soit nous qui payons leur crise et la restructuration de leur économie.

Soyons plus fort ensemble face aux blocages de salaires, aux chômages partiels, aux privatisations…face aux licenciements.

Les licenciements massifs à travers le monde ne laissent aucun d’entre nous à l’abri d’être viré.  La mondialisation fragilise nos emplois, nous sommes tous et toutes concernés, qui est à l’abri ?

Ne les laissons pas nous attaquer les uns après les autres, entreprise par entreprise.

Ensemble on sera toujours plus fort contre les licenciements, contre la dégradation de nos salaires, de nos conditions de travail,…

Aujourd’hui se pose la question de l’extension des luttes pour éviter l’isolement des salariés face aux attaques contre nous.

Salariés du privé du public, pour résister à nos directions respectives soyons nombreux à la manifestation qui partira de TDF pour arriver à Freescale, deux entreprises où les salariés sont en lutte contre les licenciements.

Départ de la manifestation 18h devant FRANCE3,

24 chemin de la Cepiére 31000 Toulouse.

Les grévistes et leur comité de grève soutenu par l’intersyndicales CGT/CFDT/CFTC

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Samedi 29 août 2009

Amiens le 14 août, Nantes le 28, les travailleurs en lutte contre les licenciements manifestent dans la rue.

Nantes: 200 Goss dans la rue contre 171 licenciements
La révolte en chantant  (Ouest-France)

Rue du Maréchal-Joffre : une arrivée en fanfare depuis le siège de Goss, au nord de Nantes. Rue du Maréchal-Joffre : une arrivée en fanfare depuis le siège de Goss, au nord de Nantes.

Leur défilé en musique, a animé hier matin les rues de Nantes. Un moyen pour les salariés du fabricant de rotatives Goss, de se battre contre 171 licenciements.

Place Foch, une arrivée en fanfare

L'immense place Foch où trône la statue du roi Louis XVI est encore paisible, plus pour longtemps. À 8 h 30, un tintamarre se fait entendre dans la rue du Maréchal-Joffre que descendent, musique à tue-tête, 200 salariés de l'usine Goss. Ils sont partis un peu après 7 h du siège de l'entreprise fabriquant des rotatives, rue Kouffra, au nord de Nantes.

Le cortège n'est joyeux qu'en apparence. Aux abords de la place, d'autres salariés sont déjà là et comprennent les raisons du défilé. Ils sont au chômage eux-mêmes, ou ils travaillent dans des entreprises menacées, comme Alcatel, à Orvault. Les Goss envahissent le terre-plein, provoquant un léger embouteillage. La marche funèbre de Chopin retentit dans les haut-parleurs. Le cortège se reforme pour gagner le centre-ville, via la rue de Strasbourg.

Cours des 50-Otages, un chemin de papier

« C'est sûr, on aurait pu attendre la semaine prochaine pour cette action, mais le temps presse et rien n'est fait pour sauver nos emplois... », résume Marianne, déléguée syndicale CFDT. Alors, les Goss se font publiquement entendre, en chantant, mais aussi à coup de slogans : « Investisseurs américains plus actionnaires chinois, égal salariés français au chômage » ; « Productivité plus efficacité plus rentabilité égal licenciements. Où est la logique ? »

Les salariés de Goss ont beau chercher, ils n'en trouvent pas. D'autant que les actionnaires cherchent davantage à « maximiser le prix de vente qu'à rechercher des profits ». Une situation absurde dont a déjà fait les frais Eric Normand, patron historique de l'entreprise, remercié en mars dernier. Il est venu soutenir discrètement les salariés qui apprécient sa présence.

Les manifestants prennent leur temps pour remonter vers la préfecture où une délégation inter-syndicale CGT-CFDTest attendue. Poussé tout au long du parcours, un rouleau de papier d'imprimerie trace un chemin interminable, comme celui des salariés de Goss depuis que leur direction américaine a décidé de vendre.

À la préfecture, à quand une table ronde ?

Terminus : la préfecture où l'entrevue est assurée par un membre du cabinet. Parvenus au bout du rouleau de papier, les manifestants habillent un des arbres bleus qui décorent la place. Dans le calme d'un bureau, les syndicalistes de Goss réclament une contrexpertise rapide du ministère de l'Industrie et la tenue rapide de la table ronde « demandée depuis avril ». À la sortie, leur réserve n'est pas tombée. Ils craignent qu'une fois encore, « les pouvoirs publics écoutent, mais n'entendent pas ».

Jocelyne RAT. Ouest-France

Licenciements : en Picardie la lutte s’unifie

200 travailleurs dans les rues d'Amiens
Vendredi 14 août 2009 - publié dans le site national du NPA:
 http://www.npa2009.org/content/licenciements-en-picardie-la-lutte-s%E2%80%99unifie


De mémoire d’Amiénois, ce n’est pas souvent que l’on voit passer une manifestation dans les rues d’Amiens un 11 août.

Et pourtant, nous étions environ 200 à répondre à l’appel des salariés d’UTI (sous traitant de continental Clairoix) et en particulier les ouvrières et ouvriers de la manufacture Française de sièges (MFDS) située à Berteaucourt les Dames dans la Somme (80). Etaient également présent les Federal Mogul de Noyon qui sont en restructuration.. depuis trois mois.

Toutes et tous étaient là pour réclamer justice et pour dénoncer les pratiques de voyous de leurs dirigeants : pour les salariés d’UTI il s’agit en particulier (on croit rêver) de faire reconnaître à leur employeur qu’il est bien leur employeur…. Afin de permettre l’indemnisation des licenciements. Autrement dit nous avons affaire ici à un patron qui fait trimer les salariés et s’engraisse sur leur dos tant qu’il y a du boulot, puis essaye de nier que ceux-ci sont ses salariés au moment de les indemniser pour licenciements économiques.

Heureusement les UTI ne lâchent pas l’affaire ils sont installés dans un barnum devant l’usine Continental et bénéficient de la totale solidarité des « Conti »(quelques uns étaient présents ce 11 août).

Pour les salariés de MFDS entreprise appartenant auparavant au groupe Parisot et qui aurait encore de fort liens avec celui-ci (et oui !), la situation est encore plus scandaleuse car il semble que de restructuration en restructuration les dirigeants se soient servis puis encore servis (jetons de présence, dirigeant partant puis revenant en tant que consultant à des tarifs exorbitants…). Bref après 300 licenciements en 2006, puis une annonce de 194 licenciements en avril 2009, c’est finalement la liquidation totale qui s’annonce aujourd’hui.

Mais les salariés ont décidé de ne pas baisser les bras, ils s’apprêtent à se battre pour préserver l’outil de travail et disposent d’un « trésor de guerre » (stock de meubles neufs) conséquent. Ils vont avoir besoin de toute la solidarité possible dans ce combat.

Des militants du NPA de l’Oise et de la Somme étaient présents ce 11 août aux côtés des MFDS et des UTI. Le NPA était d’ailleurs la seule force politique présente ce jour (mis à part le député Gremetz). Cette manifestation est un signe encourageant vers l’unification de la lutte contre les licenciements.

Un autre rendez-vous s’annonce le 17 septembre devant la Bourse de Paris.

Sylvain D.

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Vendredi 28 août 2009
NANTERRE (AFP) -28/08/2009  
Une victoire pour les Goodyear: la justice suspend le plan de restructuration à Amiens


Le tribunal de grande instance de Nanterre a suspendu vendredi le plan de restructuration de l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord, prévoyant 820 suppressions d'emplois, après un recours déposé par le Comité central d'entreprise (CCE) et la CGT.

Le tribunal suspend "l'information/consultation du plan de restructuration présenté à compter du 26 mai 2009 jusqu'à ce qu'il ait été satisfait à cette information", indique le texte du jugement, dont l'AFP a obtenu copie.

Il constate "que les informations données au comité central d'entreprise sont incomplètes sur la restructuration du site d'Amiens-Nord" et souligne que "le plan présenté n'est pas complet sur le devenir de la production des pneumatiques agricoles".

L'entreprise Goodyear Dunlop Tires France a immédiatement réagi en soulignant dans un communiqué qu'elle se réservait "le droit de faire appel".

"L'usine d'Amiens nord compte 550 postes dédiés à la production de pneumatiques agraires. Pour l'heure, aucun projet de reprise n'a été clairement défini et aucun repreneur n'a été confirmé", ajoute le communiqué.

Selon l'avocat des salariés, Me Fiodor Rilov, "ce jugement porte sur la violation d'articles élémentaires du droit du travail". "Il révèle à quel point Goodyear n'a aucune justification à proposer concernant ces licenciements", a-t-il dit.

"Le groupe fait des bénéfices colossaux, Goodyear France est très largement bénéficiaire. Dans un contexte économique comme celui d'aujourd'hui, il est dangereux et inadmissible de jeter des centaines de familles dans le désarroi social", a-t-il affirmé.

Goodyear-Dunlop emploie 3.500 personnes en France.

Après le jugement, la CGT a demandé à la direction de "revenir à la raison, et de se mettre autour d'une table" pour "discuter de l'avenir industriel du site".

Pour le secrétaire CGT de Goodyear Dunlop, Mickael Wamen, le plan social, annoncé le 26 mai, était "une vengeance personnelle de la direction qui n'a pas réussi à mettre en place les 4X8 (la nouvelle organisation du travail, NDR)".

Lors de l'annonce du plan, la direction du groupe avait mis en avant le refus de la CGT, majoritaire, d'accepter en juillet 2008 "un plan de modernisation comprenant 52 millions d'euros d'investissement sur trois ans et une nouvelle organisation du travail" en quatre équipes au lieu de cinq.

Le syndicaliste a ajouté que le jugement constituait "une grande joie" et "une énorme satisfaction du travail accompli par notre syndicat depuis le début".

De son côté, Virgilio Mota da Silva, délégué Sud chez Goodyear, a estimé que "la direction démontre une fois de plus son incompétence et le paye".

Le plan social s'était révélé deux fois supérieur à une précédente restructuration touchant 402 emplois, mais que le tribunal de Nanterre avait interdit en novembre 2008 pour non respect des procédures légales.

La cour d'appel de Versailles avait annulé l'ordonnance rendue à Nanterre, mais la direction avait annoncé qu'un plan plus important était en préparation, en raison de la crise économique.

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Vendredi 28 août 2009
SERTA, banlieue de Rouen : 94 licenciements suite à la reprise de l'entreprise!
Le tribunal de commerce d'Evreux décide la reprise de l'entreprise.
Les travailleurs feront appel de ce jugement inacceptable. 
AFP | 28.08.2009 |

Selon les syndicats, la majorité des salariés est opposée à cette reprise, celle-ci provoquant 94 licenciements sur les 149 emplois.

Les salariés en grève de Serta ont levé mercredi la menace de faire sauter des camions avec des bouteilles de gaz. (AFP)

Les salariés en grève de Serta ont levé mercredi la menace de faire sauter des camions avec des bouteilles de gaz. (AFP)

Selon des sources syndicales, le tribunal de commerce d'Evreux (Eure) a décidé jeudi 27 août la reprise partielle de l'entreprise de transport Serta située à La Vaupalière (Seine-Maritime), par la société Service Rapide des Flandres. Les syndicats estiment que la majorité des salariés est opposée à cette reprise, celle-ci provoquant 94 licenciements sur les 149 emplois des quatre sites de Serta. "Nous allons faire appel de ce jugement inacceptable", a annoncé Jean-Pierre Villemin de la CFDT Transports. "Nous ne voulons pas de ce repreneur qui par le passé à déjà coulé la boîte".
La semaine dernière, les salariés de La Vaupalière avaient menacé de déverser des produits toxiques dans la Seine pour obtenir 15.000 euros de prime de licenciement. Ils avaient ensuite déposé des bouteilles de gaz autour de trois camions, avant de lever mercredi le dispositif.
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Mercredi 26 août 2009

Août 2009: contre les licenciements, quelques exemples de luttes ouvrières...

SERTA , banlieue de Rouen:
Barrer la route aux licenciements!

24 août 2009

Dans la banlieue de Rouen, des salariés du transporteur routier Serta, en redressement judiciaire, menacent de déverser des polluants dans la Seine si les futurs licenciés n’obtiennent pas une indemnité minimum de 15 000 euros. L’État et le patronat font bien mine de s’indigner, pour discréditer des travailleurs qui luttent ainsi le dos au mur. Mais ils n’ont pas plus l’intention de tenir compte de cette menace que de celle (l’explosion de bouteilles de gaz) qu’avaient brandie en juillet les salariés de New Fabris, à Châtellerault, devant laquelle ils n’avaient d’ailleurs pas reculé. Depuis, les salariés de l’agence Serta de Cavaillon ont rejoint le mouvement de grève. C’est aussi et surtout une extension et une coordination des luttes qui permettrait de changer le rapport de forces… et que redoutent par dessus tout les patrons.

Publié sur le site de Convergences Révolutionnaires

Les "Chaffoteaux" réclament 100.000 euros d'indemnités de licenciement

(AFP) – 19 août

 

SAINT-BRIEUC — Les salariés de Chaffoteaux-et-Maury, sous le coup d'un vaste plan de licenciement, ont expulsé jeudi leur directeur de l'usine de Ploufragan, près de Saint-Brieuc, et réclament désormais une indemnité de 100.000 euros, a-t-on appris de source syndicale.

Les "Chaffoteaux", qui observent un mouvement de "débrayages tournants", ont refusé lors d'un comité d'entreprise de lever le blocus de l'usine entamé début juillet après l'annonce de la suppression de 207 emplois --204 licenciements et 3 reconversions-- sur 251.

Ils ont ensuite reconduit leur directeur à la porte de l'usine, après avoir assuré qu'ils empêcheraient toute sortie de la production pour conserver un "stock de guerre" qu'ils entendent "monnayer en fonction du plan social", selon Martial Collet, délégué FO.

Les salariés entendent obtenir un plan de reclassement comparable à celui de l'usine Continental de Clairoix, et demander notamment une indemnité de licenciement de 100.000 euros pour que "personne ne reste sans solution ni sans ressources", a-t-il précisé. Ils revendiqueront également des "congés de reclassement et les formations les plus qualifiantes". La moitié des salariés a plus de 30 ans d'ancienneté, soulignent les syndicats.

Un nouveau comité central d'entreprise est prévu le 2 septembre à Saint-Denis, au siège de Chaffoteaux-et-Maury (filiale d'Ariston Thermo Group qui appartient au groupe italien Merloni TermoSanitari) dans la banlieue parisienne.

Après la suppression des 207 emplois, l'usine historique de Chaffoteaux-et-Maury ne comptera plus que 41 postes "recherche et développement" en sursis.

Fleuron industriel, le fabricant de chauffe-eau et chaudières a compté jusqu'à 2.300 salariés à Ploufragan au début des années 80, et en employait encore 850 lors du rachat de l'entreprise par Ariston Thermo Group en 2001.

Depuis l'annonce début juillet du plan social, lié selon les syndicats au transfert de la fabrication vers l'Italie ou la Chine, les salariés ont multiplié les actions pour populariser leur lutte et recueillir des fonds à travers notamment la fabrication et la vente de cartes postales.

Les salariés ont également annoncé la mise en vente en septembre d'un calendrier mettant en scène douze salariés dénudés avec des légendes différentes selon les mois de l'année, dont une proclamant : "Je suis arrivé à l'usine sans rien et je repars à poil".

Jeudi soir, l'histoire de la société centenaire devait être évoquée lors d'une rencontre avec la population du bassin de Saint-Brieuc, avec les témoignages de familles entières, des grands-parents aux petits-enfants, qui ont travaillé dans ce qui était jadis appelé "le bagne briochin" en raison des conditions de travail très dures, selon les syndicats.

Copyright © 2009 AFP

SOCIAL Procédure de licenciement contre huit ouvriers : Les salariés d'Extruflex stoppent le travail

par La Rédaction du DL | le 18/08/09 à 05h04

Officiellement, les salariés de l'entreprise Extruflex à La Roche-de-Rame n'étaient pas en grève hier. «C'est un débrayage» précisent-ils.

«Pour moi, c'est une grève puisqu'ils ne sont pas à leurs postes de travail» renchérit Robert Moullet, le directeur du site rochon sur lequel sont produits des panneaux de PVC.

Entre les ouvriers et la direction, la communication s'avère franchement compliquée. Le dialogue est quasiment rompu.

Huit salariés licenciés

«Nous n'acceptons pas le licenciement de huit de nos collègues. Nous n'acceptons pas le déficit d'informations précises sur la santé financière de l'entreprise. Nous n'acceptons pas que la direction se serve de la crise économique comme prétexte pour dégraisser les effectifs. Enfin, nous n'acceptons pas que la délocalisation de la production en Chine se fasse à notre détriment, alors que nous avons fait des efforts en renonçant au 13e mois, à la prime d'intéressement et à la prime de production.»

Dialogue difficile entre salariés et dirigeants

En clair, la vingtaine de salariés d'Extruflex qui manifestait son mécontentement hier matin devant les grilles de l'usine ne comprend pas la stratégie d'entreprise menée par ses dirigeants. «Les résultats nets d'exploitation de 2008 sont supérieurs à ceux de 2007. Les clignotants sont au vert. Mais comme les projections lancées sur l'année 2009 ne sont guère optimistes, la direction a immédiatement pris des mesures : chômage partiel d'abord, licenciements ensuite» regrette Martine Hervé de la CGT venue défendre «la cause de ces ouvriers» dont aucun n'est syndiqué.

«Ça ne sert à rien de conserver une armée mexicaine»

Autant d'accusations rejetées en bloc par le directeur d'exploitation de l'usine Extruflex à la Roche-de-Rame, Robert Moullet : «Depuis novembre 2008, nous sommes touchés par la crise économique. Ça n'a rien à voir avec la délocalisation en Chine. La preuve, nous sommes dans l'obligation de restructurer notre site chinois de la même façon que celui de La Roche-de-Rame. Nos principaux clients sont issus du bâtiment et de l'automobile, deux secteurs qui se cassent la gueule (sic). Donc nos commandes ont baissé. Et les salariés le savent bien puisque je leur ai transmis les bilans financiers. À partir de là, ça ne sert à rien de conserver une armée mexicaine (sic) pour faire tourner trois machines. Mais nous ne licencions pas de gaieté de cœur, loin de là. D'ailleurs si ce mouvement de grève dure, c'est un suicide collectif».

L'intervention de la sous-préfète

Pour tempérer ce conflit social brûlant, la sous-préfète Cécile Legrand a reçu une délégation du personnel d'Extruflex hier matin, dans son bureau. «Je me suis également entretenue avec les dirigeants de la société et pour eux, la solution ne vient pas d'un prêt de l'État ou de formations pour le personnel mais de commandes supplémentaires.» Robert Moullet envisage d'ailleurs une reprise progressive de l'activité en 2011.

Le Pdg attendu aujourd'hui

Le Pdg d'Extruflex, Jacques Valat, est attendu aujourd'hui à 14 heures à La Roche-de-Rame pour s'entretenir avec l'ensemble de ses salariés qui se disent «prêts à durcir le mouvement, si besoin».

 

Yoann GAVOILLE

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Samedi 22 août 2009

Un été marqué par les fermetures d'usines, plans sociaux et rébellions de salariés en France

La Tribune.fr - 21/08/2009 | 10:50

Depuis juin, les suppressions d'emploi se sont multipliées dans l'Hexagone. La tension sociale monte d'autant dans le pays. Passage en revue des principales annonces.

Le gouvernement avait laissé entendre que l'été serait chaud sur le plan social et la rentrée tendue. Les annonces de fermetures d'usines ou de suppressions d'effectifs qui se sont accélerées ces derniers mois confirment ces propos. Et tous les secteurs sont concernés.

Il n'y a quasiment pas une journée sans que l'on apprenne un plan de réductions de postes voire une fermeture de site. Ainsi, mercredi soir, c'est le groupe Samro, leader français de la construction de remorques pour poids-lourds, fort de 770 salariés mais touché par la crise économique qui a fait plonger ses ventes, qui s'est ajouté à cette liste noire. Il a annoncé 109 licenciements sur les 473 salariés de sa branche Seg-Samro répartis sur trois sites : Fontenay-le-Comte (256 salariés), Baligny (Loire, 117 salariés) et Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique, 100 salariés), site qui va d'ailleurs fermer.

Le secteur automobile est d'ailleurs le plus touché par les plans de restructuration. Parmi les annonces les plus emblématiques se trouvent celles de PSA qui supprimera respectivement 900 et 1.150 emplois sur les sites de Sochaux et de Rennes. Il y en aura 1.000 chez Renault, 1.093 chez Michelin, 820 chez Goodyear, et 1.600 chez Valeo. Les annonces les plus marquantes, ayant entrainé blocage et bonbonne de gaz, ont concernée les projets de fermeture des usines de Continental à Clairoix (1.120 suppressions) et de New Fabris à Chatellerault dans la Vienne (366 postes). Les 283 ouvriers de l'usine Molex font eux aussi face à une éventuelle fermeture de leur usine fin octobre. La direction américaine et les representant des salariés s'opposent depuis dix mois, dans un conflit marqué par la sequestration de deux dirigeants. Aujourd'hui, les salariés sont interdits d'usine et suspendus à la rencontre entre la direction et le cabinet du ministre de l'industrie Christian Estrosi le 25 août.

L'immobilier semble aussi avoir souffert de la crise. De nombreux promoteurs annoncent des suppressions. Il y en aura 500 chez Nexity, 165 chez Kaufman et Broad. Dans leur sillage, plusieurs entreprises fabricants de meubles, de porcelaine, ou de revêtements poussent leurs salariés dehors, avec des plans variant de 9 à 470 suppressions chez Plyrosol à Lisieux.

Le secteur bancaire, ébranlé par la crise économique et malgré une reprise cet été, annonce des restructurations. En décembre dernier, BNP Paribas annonçait  800 suppressions de postes à l'echelle mondiale dans ses activités de marché, sans preciser l'impact pour les salariés français. De la même façon,Calyon, filiale du Crédit agricole spécialisée dans le financement et l'investissement, supprimera 250 postes.

Dans la santé, des groupes pharmaceutiques phares comme Sanofi Aventis (800 suppressions de postes) et la filiale française de Pfizer (700 départs prévus) ont annoncé des réorganisations de leur effectifs, obligeant le ministre de l'industrie Christian Estrosi à monter au créneau. Des groupes américains comme Schering Plough et BMS (BristolMyersSquibb) envisage également de supprimer des emplois dans l'Hexagone.

Dans l'aérien, Air France KLM évoque un éventuel plan social à la rentrée. Dans un premier temps, 3.000 postes étaient évoqués. Mais d'après les syndicats, ce plan qui couvre la période 2009-2011, prévoit 1.500 suppressions d'emploi sur la base des départs volontaires et des mesures de mobilités. Le groupe fait face à une diminution du trafic qui a entrainé une baisse de son chiffre d'affaires de 20,5% au premier trimestre. Latecoère, sous-traitant d'Airbus, annonce 1.000 suppression de postes.

Les employés des géants des telecom sont aussi concernés. Alcatel Lucent pourrait supprimer 1.000 emplois. Nortel, filiale de l'équipementier canadien, supprimera 460 emplois malgré les menaces d'explosion de l'usine par les salariés en colères. Le tribunal de commerce de Versailles a decidé ce jeudi de prolonger l'activité de la filiale pour trois mois. Le 24 septembre, le tribunal decidera de l'application ou non du protocole signé le 21 juillet et réglant la question des indemnités de licenciement. La direction espère convaincre un repreneur d'ici fin septembre.

Le monde des logiciels sera touché par 250 suppressions d'emplois en France chez l'éditeur américain Oracle. Dans le domaine des technologies, le groupe Texas Instrument compte lui supprimer entre 300 et 350 postes. Pour le géant helvético-suédois de l'ingénierie, ABB, 540 emplois seront supprimés dans l'Hexagone.

Dans le reste des groupes industriels, des fabricants de verre, de plastique, les forges ainsi que les scieries sont également touchés par ce vaste mouvement de réduction d'effectifs face à la crise.

Total de son côté envisage de supprimer plus de 300 postes à Gonfreville, dans le domaine de la pétrochimie et du raffinage.

Dans le textile, le fabricants de lingerie Aubade annonce 104 suppressions.

Dans la distribution, la Redoute et 3 suisses font respectivement état de 672 et 400 suppressions.

Les médias ne sont pas épargnés. L'Express envisagerait 50 départs volontaires, RFI annonce 206 suppressions, Yahoo France 52

D'après le site Médiapart, qui a mis en place une carte interactive et réactualisée des sites touchés, les premiers calculs font état pour le moment de 600.000 suppressions en France pour l'année 2009.

Cette sombre conjoncture se traduit par de fortes tensions sociales. De nombreux salariés refusent d'être licenciés ou réclament d'importantes primes de départ, menaçant parfois de s'en prendre à leur (ex) outil de travail ou s'en prenant aux représentants de la direction ou de l'actionnaire.

Ces crispations ont été sensibles dans des dossiers comme Molex ou New Fabris. Les salariés de Chaffoteaux-et-Maury (filiale d'Ariston Thermo Group du groupe italien Merloni TermoSanitari) , sous le coup d'un plan de 204 licenciements sur 251, ont, eux, expulsé leur directeur de l'usine de Ploufragan, près de Saint-Brieuc, et réclament désormais une indemnité de 100.000 euros.

Plus menaçants (parce que plus désespérés ?), une soixantaine de salariés de l'entreprise de transports Serta au bord de la liquidation judiciaire menacent de déverser 8.000 litres de produits toxiques, des additifs de carburant, dans un petit affluent de la Seine près de Rouen. Ils veulent obtenir une indemnité de départ de 15.000 euros.

Ce type de situation de chantage se multplie dans l'Hexagone au fur et à mesure que les annonces de licenciements et de fermetures de sites se surajoutent.

Hayat Gazzane

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Vendredi 21 août 2009

« Nous voulons juste garder notre boulot »

OLIVIER ASTOR, un salarié de Molex

B.C. | 20.08.2009, 07h00

« Les licenciements boursiers, y en a assez », « Patrons voyous, au trou », « Peugeot, sponsor officiel des licenciements »... Les slogans tagués sur les murs de l’usine Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) rappellent que la colère des salariés de l’équipementier automobile n’est pas retombée. Car, si la « séquestration », ou dans le vocabulaire local, la « retenue », de cadres de leur société avait propulsé les salariés de Molex sur le devant de la scène en avril, l’heure est plutôt aujourd’hui au conflit larvé.
Depuis le 6 août, date à laquelle la direction leur a bloqué l’accès au site, les salariés attendent patiemment devant leur usine la sortie de conflit. Nuit et jour, ils se relaient comme s’ils prenaient leur poste. Objectif : montrer leur détermination à la direction et éviter que les stocks de produits finis présents dans l’usine ne prennent le large. Alors, pour passer le temps, ils discutent et envisagent leur futur.
« Les gens sont de plus en plus inquiets » « On est bénéficiaires, mais la direction veut fermer le site le 31 octobre. On ne réclame pas de primes de licenciement, on veut juste garder notre boulot », explique Olivier Astor, un salarié. En face de lui, un jeune collègue évoque le pire : le licenciement des 280 employés du site. « Nos métiers sont très spécifiques. Les seules entreprises où l’on pourrait retrouver du travail sont à l’autre bout de la France, à Paris, Lyon, ou Besançon. » Dans ces conditions, difficile d’envisager un futur radieux dans une autre société des environs.
D’ailleurs, certains ont déjà tenté leur chance auprès d’éventuels employeurs et ont fait chou blanc. « Beaucoup de personnes ont postulé ailleurs, elles ont envoyé des CV. Résultat : rien. Les gens sont de plus en plus inquiets », explique le salarié Ibrahim Jamal. Et de déclarer, en se retournant vers un quadragénaire : « Regardez-le, lui, l’usine existait avant qu’il naisse. Il n’a travaillé qu’ici. Et là on lui dit qu’il faut aller bosser ailleurs ! » « Lui », en l’occurrence, c’est Michel Gay, régleur sur presse, qui confirme : « Dans la plasturgie, il n’y a plus rien dans le coin. Il faut aller à Aix ou à Marseille pour trouver des entreprises du secteur. »
Alors, que faire ? Se lancer dans d’improbables formations ? Inacceptable pour le cégétiste Guy Pavan : « Ils nous disent de regarder du côté des formations. Mais la formation, on sort ça dans tous les plans sociaux comme un os à ronger. Et pour quoi faire ? L’entreprise fait des bénéfices, elle est fiable. On peut continuer à bosser. Se recycler dans l’aérospatiale peut-être ? Les boîtes du secteur sont en train de monter des chaînes de production en Chine. »
Attablés à ses côtés, quelques collègues acquiescent d’un mouvement de tête. Et la discussion embraye sur l’espoir soulevé par la nomination d’un médiateur par le ministère de l’Industrie. Le délégué CGT Parise se fait apostropher à ce sujet : « Alors, c’est vrai que t’as eu Christian Estrosi au téléphone ? » « Oui, il m’a appelé. Il m’a dit : Bonjour on ne se connaît pas mais vous êtes mon ami. On est sur la même longueur d’onde. » Eclat de rire général. « Ils avaient dit aux Arcelor qu’ils ne les laisseraient pas tomber. Et, au bout du compte, ils n’ont pas fait grand-chose de cette usine. Alors, pour nous… » Les Molex sont désabusés.

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Jeudi 30 juillet 2009
Licenciements : pourquoi les SKF commencent à se radicaliser
LEMONDE.FR | 23.07.09 | 10h59  •  Mis à jour le 23.07.09 | 14h22


n a été très très gentils, mais maintenant, y'en a marre d'être pris pour des moutons", lâche Franck, l'un des 380 salariés de l'usine SKF de Fontenay-le-Comte, en Vendée, dont le groupe suédois, leader mondial du roulement à billes, a annoncé la fermeture pour octobre. L'intersyndicale réunissait, ce jeudi 23 juillet matin, les salariés pour décider des suites à donner à leur mouvement. Mais comme "la direction ne lâche rien", Franck ne cachait pas être tenté par une radicalisation de la lutte, à l'exemple des New Fabris qui ont menacé de faire sauter leur usine avec des bonbonnes de gaz, ou d'autres salariés ayant séquestré leurs dirigeants.

"On ne pensait pas être obligés d'en arriver là, explique au téléphone Frédéric, un autre SKF. C'était pas une mauvaise boîte, les conditions de travail étaient plutôt intéressantes, on avait la possibilité de faire remonter ce qui n'allait pas". Selon lui,  "on se doutait bien que l'usine fermerait un jour, mais on pensait que ce serait pas avant un an". Et il craint de ne pas trouver d'autre emploi à Fontenay :  "Ceux qui sont partis de SKF avec le plan social de 2006 ont mis du temps, alors que la situation était meilleure. Depuis, Thoinard a fermé et l'autre grosse boîte, Samro, va très mal", souligne-t-il, pour justifier qu'"on a besoin de bonnes indemnités pour tenir un peu derrière".

D'autant que "SKF a les moyens pour que tout se passe bien" : le groupe a engrangé des "bénéfices record" en 2008, selon les termes de son PDG, plus de trente millions d'euros de bénéfices au premier trimestre 2009 et presque autant au second.

BLOCAGES ET MACHINES BRÛLÉES

L'intersyndicale CGT-CFDT-CGC et les élus locaux se sont d'abord battus contre la délocalisation. Mais même le très actif président du conseil général, le souverainiste Philippe de Villiers, a jeté l'éponge, vendredi. L'intersyndicale a calqué ses revendications sur celles des salariés de Continental, qui avaient obtenu 50 000 euros de prime de licenciement supra-légale. Des grèves ont eu lieu, plusieurs livraisons ont été bloquées, ainsi que jeudi dernier, l'usine de Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours, où se trouve le siège social de SKF France.

Mais la direction refuse d'aller plus loin qu'une enveloppe globale minimale de 30 000 euros, indemnités légales comprises, qui augmentera en fonction de l'ancienneté. "Cela fait environ 17 000 euros de prime", a calculé Frédéric. Il est surtout très en colère parce que mardi, la direction a revu à la baisse ses propositions de congé de reclassement. "Trois heures après, on est partis à une centaine rebloquer les livraisons de l'usine de Saint-Cyr", explique-t-il depuis là-bas. Pendant ce temps, cinq machines de Fontenay ont été incendiées par les salariés. "Ce n'est plus vraiment notre outil de travail", dit-il tristement, tandis que Claude Migné (CGT), porte-parole de l'intersyndicale, précise qu'il s'agissait "de vieilles machines qui n'étaient plus utilisées".

"PÉTALES DE ROSE"

De nouvelles négociations, mercredi, n'ont rien donné. "Le PDG de SKF en Suède dit qu'il a donné les pleins pouvoirs de négociations au PDG France, qui les a confiés aux dirigeants du site de Fontenay, mais eux disent qu'ils ne peuvent pas décider. C'est le chat qui se mord la queue, on se fout de nous", accuse Franck, resté à Fontenay. Non syndiqué, comme Frédéric, il est cependant "de tous les combats depuis 2006". Il dénonce la direction "qui essaie de nous diviser en maintenant le plan de départs volontaires, qui permettra à certains de partir à des conditions plus avantageuses que les licenciés". Et qui "a obtenu, en disant que ça faciliterait les discussions, qu'on continue de produire à 40 % et de livrer, malgré nos grèves".  Du coup, regrette-t-il, "elle gagne du temps, alors qu'on aurait pu bloquer toutes les livraisons pour se constituer un stock en monnaie d'échange et conclure avant les vacances, qui débutent demain".

Franck salue la "solidarité des SKF de Saint-Cyr", qui prévoyaient une grève ce jeudi. "Eux aussi sont menacés, ça fait plaisir qu'ils commencent à se bouger, alors que nous, on a toujours eu un train de retard". Lui dit que "quand tu es en colère, tu ne peux pas demander avec des pétales de rose". Et se demande même "si la direction ne veut pas qu'on fasse sauter l'usine, ça lui coûterait moins cher que les 80 millions d'euros de remise en état des lieux après la fermeture".

 

Claire Ané
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Jeudi 30 juillet 2009

Avec les New fabris, Création d'un "collectif pour toutes les entreprises qui luttent contre les patrons voyous et leurs actionnaires".

Par AFP, publié le 30/07/2009 à 10:29 - mis à jour le 30/07/2009 à 21:58

CHATELLERAULT - Les "Fabris", qui ont menacé début juillet de faire sauter leur usine, ont manifesté jeudi à Châtellerault avec d'autres salariés touchés par des restructurations industrielles, à la veille d'une assemblée générale décisive sur la suite de leur mouvement.

Des salariés de New Fabris manifestent à Châtellerault, le 30 juillet 2009

AFP/Alain Jocard

Des salariés de New Fabris manifestent à Châtellerault, le 30 juillet 2009

Au moins 3.500 personnes selon les syndicats, 1.800 selon la police, ont défilé dans les rues aux côtés des salariés de l'équipementier automobile qui réclament une prime de départ de 30.000 euros.

Partis du site de l'usine New Fabris (fabrication de pièces mécaniques) à la périphérie de Châtellerault, les manifestants qui ont également reçu le renfort de quelques personnalités de gauche ont convergé vers le centre-ville.

"Renault, PSA Peugeot sont en train d'organiser la désertification industrielle de la France - New Fabris 366 licenciements", pouvait-on lire sur une banderole.

Un porte-parole des salariés, Guy Eyermann (CGT), a annoncé la création d'un "collectif pour toutes les entreprises qui luttent contre les patrons voyous et leurs actionnaires", devant le défilé dans lequel figuraient notamment des salariés de Thales, de Continental, Molex, Aubade, Renault ou encore Ford.

Des salariés de New Fabris manifestent à Châtellerault, le 30 juillet 2009

AFP/Alain Jocard

Des salariés de New Fabris manifestent à Châtellerault, le 30 juillet 2009

"Nous ne pourrons gagner qu'en réunissant toutes les entreprises et toutes les organisations syndicales", a estimé M. Eyermann, avant de conclure: "On se sera battu jusqu'au bout et c'est notre fierté".

Les salariés de New Fabris doivent tenir une assemblée générale décisive vendredi, date limite qu'ils avaient fixée pour obtenir satisfaction sur le montant de la prime.

Les bouteilles de gaz qu'ils avaient installées sur le toit de l'usine au début de leur action ont été remisées dans un local la semaine dernière, mais les salariés ont entretenu depuis un certain flou sur leurs intentions.

"On a renoncé à toute violence, maintenant si la majorité (des salariés) refuse la somme proposée, il y aura des dégâts", a prévenu M. Eyermann.

"Je ne peux pas dire aujourd'hui si je voterai pour les 11.000 euros (somme proposée par le gouvernement, NDLR)" lors de l'AG, a déclaré à l'AFP Laurence, depuis 7 ans chez New Fabris. "11.000 euros + 2.700 euros (part variable attribuée en fonction de l'ancienneté), pour moi, c'est nettement insuffisant", a-t-elle estimé.

Jeudi après-midi, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a proposé d'être "dès ce soir au rendez-vous du dialogue dans la perspective d'une sortie de crise heureuse à l'issue de la rencontre programmée demain" vendredi.

La violence c'est d'abord celle des patrons voyous qui licencient!

A une condition toutefois: que les salariés expriment "très explicitement leur rejet de toute forme de violence". "La condamnation de toute forme d'ultimatum est un préalable à toute discussion", a ajouté le ministre.

Ségolène Royal, présidente PS du conseil régional Poitou-Charentes, lui a cependant demandé de "faire un geste supplémentaire" pour parvenir à "une issue satisfaisante et digne pour les salariés".

"Si les salariés en arrivent à mettre des conditions aussi radicales, c'est à cause de la surdité des décideurs. Le gouvernement a mis des sous sur la table pour les entreprises en difficulté, si elles ferment ce sont les salariés qui doivent en bénéficier", a estimé de son côté Guy Savin, un des porte-parole des salariés de Molex, venu soutenir les "Fabris".

"Ce qui est important aujourd'hui, c'est qu'il y ait un maximum de diversité d'entreprises au sein de la manifestation (...) A la rentrée, le gouvernement a du souci à se faire", a promis Sylvie Sanguiol, déléguée Sud au sein du technocentre de Renault Guyancourt.

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