Août 2009: contre les licenciements, quelques
exemples de luttes ouvrières...
SERTA , banlieue de Rouen:
Barrer la route aux licenciements!
24 août 2009
Dans la banlieue de Rouen, des salariés du transporteur routier Serta, en
redressement judiciaire, menacent de déverser des polluants dans la Seine si les futurs licenciés n’obtiennent pas une indemnité minimum de 15 000 euros. L’État et le patronat font bien mine de s’indigner, pour discréditer des travailleurs qui
luttent ainsi le dos au mur. Mais ils n’ont pas plus l’intention de tenir compte de cette menace que de celle (l’explosion de bouteilles de gaz) qu’avaient brandie en juillet les salariés de New
Fabris, à Châtellerault, devant laquelle ils n’avaient d’ailleurs pas reculé. Depuis, les salariés de l’agence Serta de Cavaillon ont rejoint le mouvement de grève. C’est aussi et surtout une extension et une coordination
des luttes qui permettrait de changer le rapport de forces… et que redoutent par dessus tout les patrons.
Publié sur le site de Convergences Révolutionnaires
Les "Chaffoteaux" réclament 100.000 euros d'indemnités de licenciement
(AFP) – 19 août
SAINT-BRIEUC — Les salariés de Chaffoteaux-et-Maury, sous le coup d'un vaste
plan de licenciement, ont expulsé jeudi leur directeur de l'usine de Ploufragan, près de Saint-Brieuc, et réclament désormais une indemnité de 100.000 euros, a-t-on appris de source
syndicale.
Les "Chaffoteaux", qui observent un mouvement de "débrayages tournants", ont
refusé lors d'un comité d'entreprise de lever le blocus de l'usine entamé début juillet après l'annonce de la suppression de 207 emplois --204 licenciements et 3 reconversions-- sur
251.
Ils ont ensuite reconduit leur directeur à la porte de l'usine, après avoir
assuré qu'ils empêcheraient toute sortie de la production pour conserver un "stock de guerre" qu'ils entendent "monnayer en fonction du plan social", selon Martial Collet, délégué
FO.
Les salariés entendent obtenir un plan de reclassement comparable à celui de
l'usine Continental de Clairoix, et demander notamment une indemnité de licenciement de 100.000 euros pour que "personne ne reste sans solution ni sans ressources", a-t-il précisé. Ils
revendiqueront également des "congés de reclassement et les formations les plus qualifiantes". La moitié des salariés a plus de 30 ans d'ancienneté, soulignent les syndicats.
Un nouveau comité central d'entreprise est prévu le 2 septembre à Saint-Denis,
au siège de Chaffoteaux-et-Maury (filiale d'Ariston Thermo Group qui appartient au groupe italien Merloni TermoSanitari) dans la banlieue parisienne.
Après la suppression des 207 emplois, l'usine historique de
Chaffoteaux-et-Maury ne comptera plus que 41 postes "recherche et développement" en sursis.
Fleuron industriel, le fabricant de chauffe-eau et chaudières a compté jusqu'à
2.300 salariés à Ploufragan au début des années 80, et en employait encore 850 lors du rachat de l'entreprise par Ariston Thermo Group en 2001.
Depuis l'annonce début juillet du plan social, lié selon les syndicats au
transfert de la fabrication vers l'Italie ou la Chine, les salariés ont multiplié les actions pour populariser leur lutte et recueillir des fonds à travers notamment la fabrication et la vente de
cartes postales.
Les salariés ont également annoncé la mise en vente en septembre d'un
calendrier mettant en scène douze salariés dénudés avec des légendes différentes selon les mois de l'année, dont une proclamant : "Je suis arrivé à l'usine sans rien et je repars à
poil".
Jeudi soir, l'histoire de la société centenaire devait être évoquée lors d'une
rencontre avec la population du bassin de Saint-Brieuc, avec les témoignages de familles entières, des grands-parents aux petits-enfants, qui ont travaillé dans ce qui était jadis appelé "le
bagne briochin" en raison des conditions de travail très dures, selon les syndicats.
Copyright © 2009 AFP
SOCIAL Procédure de licenciement contre huit ouvriers : Les salariés
d'Extruflex stoppent le travail
par La Rédaction du DL | le 18/08/09 à
05h04
Officiellement, les salariés de l'entreprise
Extruflex à La Roche-de-Rame n'étaient pas en grève hier. «C'est un débrayage» précisent-ils.
«Pour moi, c'est une grève puisqu'ils ne sont pas
à leurs postes de travail» renchérit Robert Moullet, le directeur du site rochon sur lequel sont produits des panneaux de PVC.
Entre les ouvriers et la direction, la
communication s'avère franchement compliquée. Le dialogue est quasiment rompu.
Huit salariés licenciés
«Nous n'acceptons pas le licenciement de huit de
nos collègues. Nous n'acceptons pas le déficit d'informations précises sur la santé financière de l'entreprise. Nous n'acceptons pas que la direction se serve de la crise économique comme
prétexte pour dégraisser les effectifs. Enfin, nous n'acceptons pas que la délocalisation de la production en Chine se fasse à notre détriment, alors que nous avons fait des efforts en renonçant
au 13e mois, à la prime d'intéressement et à la prime de production.»
Dialogue difficile entre salariés et dirigeants
En clair, la vingtaine de salariés d'Extruflex
qui manifestait son mécontentement hier matin devant les grilles de l'usine ne comprend pas la stratégie d'entreprise menée par ses dirigeants. «Les résultats nets d'exploitation de 2008 sont
supérieurs à ceux de 2007. Les clignotants sont au vert. Mais comme les projections lancées sur l'année 2009 ne sont guère optimistes, la direction a immédiatement pris des mesures : chômage
partiel d'abord, licenciements ensuite» regrette Martine Hervé de la CGT venue défendre «la cause de ces ouvriers» dont aucun n'est syndiqué.
«Ça ne sert à rien de conserver une armée mexicaine»
Autant d'accusations rejetées en bloc par le
directeur d'exploitation de l'usine Extruflex à la Roche-de-Rame, Robert Moullet : «Depuis novembre 2008, nous sommes touchés par la crise économique. Ça n'a rien à voir avec la délocalisation en
Chine. La preuve, nous sommes dans l'obligation de restructurer notre site chinois de la même façon que celui de La Roche-de-Rame. Nos principaux clients sont issus du bâtiment et de
l'automobile, deux secteurs qui se cassent la gueule (sic). Donc nos commandes ont baissé. Et les salariés le savent bien puisque je leur ai transmis les bilans financiers. À partir de là, ça ne
sert à rien de conserver une armée mexicaine (sic) pour faire tourner trois machines. Mais nous ne licencions pas de gaieté de cœur, loin de là. D'ailleurs si ce mouvement de grève dure, c'est un
suicide collectif».
L'intervention de la sous-préfète
Pour tempérer ce conflit social brûlant, la sous-préfète Cécile Legrand a reçu
une délégation du personnel d'Extruflex hier matin, dans son bureau. «Je me suis également entretenue avec les dirigeants de la société et pour eux, la solution ne vient pas d'un prêt de l'État
ou de formations pour le personnel mais de commandes supplémentaires.» Robert Moullet envisage d'ailleurs une reprise progressive de l'activité en 2011.
Le Pdg attendu aujourd'hui
Le Pdg d'Extruflex, Jacques Valat, est attendu aujourd'hui à 14 heures à La
Roche-de-Rame pour s'entretenir avec l'ensemble de ses salariés qui se disent «prêts à durcir le mouvement, si besoin».
Yoann GAVOILLE
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