Des forces de l'ordre face aux manifestants à Sidi Bouzid le 27 décembre 2010

Ce limogeage intervient à la suite de troubles sociaux qui ont secoué la Tunisie depuis quelques jours, après la tentative de suicide d'un jeune vendeur ambulant de légumes et de fruits dans la région de Sidi Bouzid (centre-ouest).

Le gouverneur de Sidi Bouzid, Mourad Ben Jalloul a été remplacé par Abdelhamid Aloui, selon l'agence gouvernementale TAP.

Deux autres gouverneurs ont été aussi remplacés. Celui de Jendouba (nord-ouest) Faouzi Ben Arab dont le poste a été confié à Mohamed Ben Abdallah et le gouverneur de Zaghouan (nord-est) Kamel Labassi a été remplacé par Lotfi Chouba.

Aucune précision officielle n'a été donnée sur les raisons des remplacements des gouverneurs de Jendouba et Zaghouan.

Ces changements ont eu lieu au lendemain d'un remaniement ministériel partiel touchant les ministères de la Communication, du Commerce et de l'artisanat ainsi que le ministère des Affaires religieuses.

Le départ du ministre de la Communication, Oussama Romdhani, qui a dirigé depuis 1995 le secteur de la communication en tant que PDG de l'Agence tunisienne de la communication extérieure (Atce), est le fait le plus notable de ce remaniement.

Son poste a été confié à Samir Laabidi, ministre de la Jeunesse et du Sport.

Dans le cadre de ce remaniement ministériel, Kamel Omrane a été nommé ministre des Affaires religieuses, en remplacement de Boubaker El Akhzouri.

Slimane Ourak a été nommé ministre du Commerce et de l'Artisanat en remplacement de Ridha Ben Mosbah et Abdelwaheb Jmal a été nommé Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires européennes.

Des formations de l'opposition tunisienne ont plaidé jeudi pour des "solutions radicales" pour remédier à "une crise sociale profonde" à la suite des troubles dans la région de Sidi Bouzid.

Au cours d'une conférence de presse dans la capitale tunisienne, l'Alliance pour la citoyenneté et l'égalité, regroupant des partis d’opposition de gauche et des indépendants en Tunisie, a estimé que les troubles dans la région de Sidi Bouzid "illustrent une crise sociale grave, loin d'être conjoncturels ou de cas isolés qui nécessitent des solutions radicales".

"La poursuite du mouvement de protestation et son extension dénotent une crise sociale et une impasse dans laquelle a abouti la politique qui a échoué à répondre aux attentes légitimes de toutes les régions et catégories sociales pour un développement global et une répartition équitable de la richesse nationale", affirment les opposants.

Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour les libertés et le travail (Fdlt) a appelé le gouvernement à "la révision des choix politiques, économiques et sociaux".

Outre la Fdlt, l'Alliance pour la citoyenneté et l'égalité, réunit le Mouvement Ettajdid (Renouveau), le Parti du travail patriotique et démocratique, le Courant pour la réforme et le développement et des militants indépendants.

Les manifestations de protestation se sont étendues ces derniers jours dans plusieurs villes de la Tunisie, dont la capitale.

Les plus violentes ont eu lieu dans la région de Sidi Bouzid, faisant un mort, des blessés et des dégâts matériels importants, selon le ministère de l'Intérieur.