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NPA 27 -  Eure

Tunisie: 3 000 manifestants réclament le départ du nouvel ambassadeur français

20 Février 2011 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

"Boris dégage !"

Le nouvel ambassadeur de France fraîchement nommé par Sarkozy, est conspué par 3000 manifestants qui réclament son départ après son intervention agressive et arrogante digne des temps de la colonisation.

NPA


Tunisie : Boillon, le nouvel ambassadeur qui dérange

 

TF1-News

Par Amélie Gautier , le 19 février 2011

Vivement critiqué pour s'être montré "cassant" avec des journalistes, la nouvelle voix de la France en Tunisie a présenté samedi soir des excuses publiques à la télévision. Dans la matinée, 3.000 manifestants avaient réclamé le départ du diplomate en poste depuis une semaine seulement.

"Dégagez, petit Sarko !", "M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n'avez rien d'un diplomate", , "C'est vous qui faites honte à la France". Trois mille Tunisiens ont réclamé samedi à Tunis le départ du nouvel ambassadeur de France. A l'origine du courroux des manifestants : le "manque de diplomatie" et "l'agressivité" supposés de Boris Boillon, 41 ans.
 
C'était jeudi dernier. Fraîchement nommée, son Excellence rencontre la presse tunisienne pour la première fois. Objectif du rendez-vous : se faire connaître et donner le "la" de sa mission. Une mission particulièrement scrutée après des années de complaisance française envers un régime honni, une mission particulièrement délicate après les récentes erreurs de la diplomatie française pendant la révolution ayant conduit à la chute de Ben Ali ; Pierre Ménat, 60 ans, son prédécesseur en a fait les frais. "Je suis ici pour écrire une nouvelle page des relations bilatérales, ce qui suppose un autre style, une autre approche", déclare Boris Boillon, qui s'exprimera aussi dans la langue du Prophète, il est parfaitement arabophone.
 
Lors de ce repas, il confie aux journalistes que "la France n'est pas là pour donner des leçons, qu'elle serait mal placée pour le faire". Une journaliste lui demande de préciser son propos. L'ambassadeur est agacé. Et son ton de changer soudainement : "N'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles, lui répond-il. Franchement, franchement, vous croyez que j'ai ce niveau là. Vous croyez que moi je suis dans la petite phrase débile ? Moi, je suis là pour exprimer une philosophie". Nouveau malaise après le déjeuner. Une journaliste l'interroge sur son expérience moindre que celle de ses prédécesseurs. Il repousse le micro avant de mettre un terme à l'interview. Il appellera la journaliste plus tard pour s'excuser d'avoir été aussi dur.
 
Le "petit Boris" de Nicolas Sarkozy
 
Des extraits de cette rencontre sont diffusés à la télévision tunisienne; les sites de partage prennent le relais. Et son Excellence de se constituer en deux jours une réputation via Facebook notamment, site ayant joué un rôle moteur dans la révolution du Jasmin. Pas moins de 15 pages sur le thème "Boris Boillon dégage" sont créées en quelques heures. Florilège de titres : "Boris Boillonrégularise ta situation ou dégage", "Boris Boillon, casse toi pov'con". A titre de comparaison, Pierre Ménat n'avait aucune page à son nom. "L'arrogance a ses limites", écrit Khaled. "C'est fini la colonisation", rappelle Sélim ou encore "Le peuple tunisien choisit ses ministres et il est mûr pour juger les ambassadeurs étrangers". "Dégage Sarkoboy".
 
Style direct, côté cowboy, homme pressé. La comparaison avec Nicolas Sarkozy revient régulièrement dans les messages. Les deux hommes sont proches. Le président l'appelle tantôt son "petit Boris", tantôt "son petit Arabe". Bon connaisseur de l'Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient, Boris Boillon a été son conseiller diplomatique pendant deux ans. C'est lui notamment qui négociera directement la libération des infirmières bulgares. En 2009, il sera nommé ambassadeur en Irak. En Tunisie, ce James Bond de la diplomatie a du pain sur la planche pour déminer le terrain. "Il est dans l'action, pas dans la polémique", a minimisé le ministère des Affaires étrangères après les manifestations hostiles.
 
Sous la pression, Boris Beillon a quand même fait son mea-culpa. Sur son site Twitter d'abord -"Vraiment désolé si j'ai pu offenser. Ce n'était pas mon intention"-, et puis à la télévision nationale tunisienne samedi soir. "Je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien, a dit l'ambassadeur décrié. J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais du l'être. Dorénavant je dois parler de manière plus polie". Ces mots suffiront-ils à calmer les esprits ? A en juger par les commentaires postés sur les réseaux sociaux, le rabibochage entre Paris et Tunis pourrait être long et difficile.

Delanoë, très complaisant avec le nouvel ambassadeur, refuse de juger...

Interrogé sur les propos agressifs à la presse du nouvel ambassadeur de France à Tunis Boris Boillon, le maire socialiste de Paris, né en Tunisie et en visite ce week-end dans ce pays, n'a pas voulu condamner l'attitude du diplomate. "Que voulez vous, je suis un responsable français, je suis dans l'opposition en France et je suis en Tunisie, je ne suis pas là pour mettre en cause des fonctionnaires", a répondu Bertrand Delanoë. Il a indiqué que Boris Boillon était venu "l'accueillir à l'aéroport" vendredi : "Je l'ai vu hier soir et avant qu'il vienne en Tunisie, je lui avais conseillé de saluer les militants de la LDH (ligue des droits de l'homme tunisienne) et il l'a fait. C'est un geste qui a été beaucoup apprécié, je suis heureux de lui avoir fait cette suggestion. Je souhaite que la diplomatie française soit inspirée par les valeurs de la France" que sont "les droits de l'homme, la démocratie la liberté. Quand nous portons ses valeurs là nous sommes aimés dans le monde", a encore dit le maire de Paris.

 

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