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NPA 27 -  Eure

Sivens (81), la Barne (32) : barrages inutiles, désastre environnemental ! (hebdo l'Anticapitaliste, 16.10.14)

19 Octobre 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

http://www.npa2009.org/sites/default/files/styles/largeur_content_hauteur_complet/public/a_sivens_et_ailleurs_des_grands_projets_inutiles_toujours_peu_democratiques._dr.jpg?itok=4sa9OYQSAlors que les violences étatiques se multiplient dans la zone du Testet pour déloger les opposantEs à la construction du barrage de Sivens sur cette zone humide remarquable, un autre projet est en cours dans le Sud-Ouest, sur la Barne dans le Gers. Tous deux ont de nombreux points communs et font partie d’un programme d’une dizaine d’ouvrages dans la région dont le coût est estimé à 100 millions d’euros...

Maintenir l’étiage est le prétexte invoqué pour justifier ces barrages (incorrectement décris comme « simples retenues collinaires ») mais le but réel de ces ouvrages est de permettre à la maïsiculture intensive de continuer à se développer grâce à l’irrigation. Il s’agit en effet de continuer à pomper, cela alors même que le débit des rivières est trop bas.

Des dépenses pharaoniques
Alors que les populations de ces départements ont des besoins pressants, le coût de ces ouvrages est délirant : alors qu’il s’agit de stocker de l’eau non potable, le coût par m3 est le même que celui de l’eau du robinet, 5 euros, sans même parler des frais de fonctionnement (pour remplir les barrages, l’eau doit être pompée !). Plus de 90 % de ce coût sera à la charge des usagerEs (à travers les factures d’eau) et des contribuables.
Comment justifier cette gabegie alors que la qualité de l’eau est déjà très dégradée et que l’on doit distribuer de l’eau en bouteilles dans certaines parties du Gers ? En quoi l’irrigation de quelques dizaines d’exploitations agricoles peut-elle relever de l’intérêt général ? Une subvention déguisée qui tourne autour de 400 000 euros par agriculteur !

Destruction d’écosystèmes et augmentation des pollutions
Dans le Tarn, les pouvoirs publics prétendent pouvoir compenser la perte de la zone humide – on a déjà entendu ce genre d’arguments pour Notre-Dame-des-Landes ! – , dans le Gers ils expliquent que les conditions offertes aux espèces déplacées seront meilleures que les naturelles (curieusement, quelques jours après avoir été déplacés, les tritons étaient de retour…).
Lors de son stockage, l’eau sera polluée par les effluents d’élevage (fientes, lisiers, antibiotiques) et les eaux de ruissellement seront chargées en pesticides, herbicides et autres engrais... De quoi détériorer la qualité des rivières. Le principe, présenté comme de bon sens, selon lequel on stocke en automne-hiver l’eau dont on aura besoin en été, ignore totalement l’hydrologie.

Mélange des genres, collusion et déni démocratique
La même Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne qui a réalisé le rapport justifiant le barrage de Sivens est devenue maître d’ouvrage. L’organigramme de cette institution est riche d’enseignements. Le président est le vice-président du Conseil général 32, le président de la chambre d’agriculture du Gers est un des vice-présidents, et parmi les administrateurs, les conseillers généraux y sont bien représentés. L’Institution Adour a été constituée par quatre conseils généraux. L’Agence de l’eau Garonne-Adour semble avoir oublié son rôle : « lutter contre la pollution, protéger l’eau et les milieux aquatiques ».
Quant à Ségolène Royal, ses conseillers ont dû lui expliquer qu’un barrage d’irrigation n’était pas un barrage hydroélectrique, mais ils ont oublié de lui rappeler que son ministère était en charge de l’eau et qu’elle pouvait donner des instructions, aux agences de l’eau en particulier. Les éluEs et les représentants de l’État refusent de dialoguer avec les opposantEs à ces barrages. Des autorisations de travaux sont accordées alors même que l’enquête publique n’est pas terminée.
Puisque les coupures d’eau sont maintenant interdites, il est de temps de frapper là où ça fait mal aux capitalistes, en refusant de payer nos factures d’eau ou en déduisant un montant forfaitaire : 25 euros par habitant (coût de ces projets iniques divisé par le nombre d’habitantEs).
Surtout, nous devons renforcer notre présence dans les luttes contre ces projets symptomatiques du désordre capitaliste et promouvoir le contrôle de la population sur tout ce qui va affecter la vie de chacunE.

CorrespondantEs Commission nationale écologie

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