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NPA 27 -  Eure

Petroplus : les salariés de Petit-Couronne ont reconduit le blocage du site face à la menace de faillite.

29 Décembre 2011 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

Face aux menaces de faillite du groupe et au refus des banques d'un crédit pourtant indispensable pour sauver le site, les salariés de Petroplus ont reconduit le blocage des produits pétroliers finis leur "seule monnaie d’échange".

Leur salaire de décembre n'a toujours pas été payé!

Il faut leur apporter notre solidarité la plus grande face au patron et aux banques qui agissent comme des voyous de haute volée.

 

29/12/2011 - A partir de AFP -

Les salariés de Petroplus redoutent la faillite

Salaries-Petroplus-en-lutte.jpgPrivée de liquidités financières et de pétrole brut, la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne va cesser sa production à partir de lundi. Les agences de notation ont dégradé le groupe suisse.

L’inquiétude montait jeudi parmi les 550 salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne dans la banlieue de Rouen, deux jours après l’annonce par le groupe suisse, premier raffineur indépendant d’Europe, du refus par ses banques d’un crédit de 770 millions d’euros.

Privée de liquidités, la société n’est plus en mesure d’acheter du pétrole brut et a décidé de mettre à l’arrêt ses unités de production à partir de lundi, date à laquelle les stocks seront épuisés, selon un employé. Malgré les assurances d’une porte-parole du groupe que les salaires de décembre seraient bien versés, «personne n’a vu son salaire, ni à Petit-Couronne ni parmi nos collègues de Belgique», témoigne au Figaro Yvon Scornet, salarié de Petit-Couronne et militant CGT.

Réunis pour une deuxième assemblée générale jeudi, les salariés ont reconduit le blocage des produits pétroliers finis «notre seule monnaie d’échange», explique Yvon Scornet. Le volume de produits raffinés retenus sur le site représente une valeur de 200 à 250 millions d’euros selon le militant syndical.

En Europe, les raffineries sont en surcapacité

En cas de faillite du groupe ou de fermeture de son dernier site français (celui de Reichstett en Alsace a fermé en juin), «nous demandons à être repris par Total», poursuit Yvon Scornet, tout en étant conscient de la fragilité de l’ensemble du raffinage européen.

La centaine de raffineries du Vieux Continent sont en surcapacité et, avance le salarié, «souffrent de la concurrence de produits importés de Chine ou d’Inde», des pays moins regardants en matière de salaires, de sécurité et d’environnement.

Les syndicats redoutent un scénario qui n’épargnerait par exemple que les deux sites les plus rentables du groupe, Coryton en Angleterre et Ingolstadt en Allemagne, au détriment de Petit-Couronne, Cressier en Suisse et Anvers en Belgique. Le groupe emploie 2500 salariés et génère plusieurs milliers d’emplois indirects, dans le gardiennage, la maintenance et l’entretien.

Certains analystes financiers partagent l’inquiétude des salariés et évoquent la faillite possible du groupe. À la bourse de Zurich, l’action Petroplus a perdu la moitié de sa valeur depuis mardi.

Conséquence logique mais qui ne fait que fragiliser la société davantage, les agence de notation Standard and Poor’s et Moody’s ont dégradé Petroplus jeudi (de B à CCC + pour la première, de B2 à Caa1 pour la seconde). En cas de cessation de paiement, S & P’s estime que 10 à 30% des créances seulement seraient recouvertes.

La direction affirme poursuivre ses négociations avec le consortium d’une quinzaine de banques, dont trois françaises, pour obtenir de la trésorerie. À Paris, Bercy avait annoncé mercredi avoir sollicité la Médiation du crédit, dès le 22 décembre, après avoir été alerté des difficultés bancaires du groupe par sa direction.

 

Extrait de l'article paru dans Paris Normandie du 28-12-2011

 

L'intersyndicale n'a pas manqué de réagir, hier à la mi-journée, en convoquant une assemblée extraordinaire à laquelle se sont joints Guillaume Bachelay, secrétaire national du PS à l'industrie, Patrice Dupray, maire de Grand-Couronne et Dominique Randon, maire de Petit-Couronne.

L'intersyndicale a fustigé l'ancien propriétaire du site, la société Shell, qui, selon elle « savait ce qu'elle faisait en nous vendant il y a 3 ans ! En n'engageant aucun investissement depuis plusieurs années et en ramassant tout l'argent qu'il y avait à prendre, ils avaient déjà comme dessein de participer au génocide du raffinage, préférant transformer le brut dans les pays du Tiers-Monde à des prix insignifiants avant de le ramener en Europe ! ». Pour Guillaume Bachelet, « le gouvernement assiste sans broncher à la fermeture de toutes les industries de la vallée de la Seine. L'urgence passe par la taxation des produits finis importés ! »
Patrice Dupray a, quant à lui, écrit immédiatement au ministre de l'industrie en « réclamant que la France fasse entendre sa voix au niveau européen afin de rendre possible cette taxation et qu'il fasse pression auprès des banques afin de permettre à Petroplus de poursuivre ses approvisionnements. » Il a également montré du doigt l'ancien propriétaire Shell auquel il reproche « les conséquences de ses non-investissements. »
Les salariés ont reçu l'assurance d'être payés en décembre mais s'interrogent sur leur salaire de janvier. Ils ont voté, à la majorité moins trois voix, l'arrêt total des sorties de produits raffinés. Le stock de pétrole brut devrait permettre de faire tourner les unités jusqu'à lundi voire mardi. Et après ?

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