"Comment se fait-il que le gouvernement ne respecte pas la loi qui protège les plus faibles?", s'est interrogé le porte-parole du DAL (Droit au logement), Jean-Baptiste Eyrault, à l'origine de ce rassemblement qui comptait de nombreuses mères de familles.

Des sans-logis et leurs enfants sont rassemblé, le 25 décembre 2011, devant le ministère du Logement à Paris

Au milieu d'un sapin de Noël orné de clés en carton et de pancartes fustigeant un Etat "hors-la-loi", les manifestants ont revisité le célèbre air du "Petit papa Noël" en appelant "le petit papa Nicolas" (Sarkozy, ndlr) à "descendre du ciel avec des logements par milliers".

Selon M. Eyrault, 30.000 familles sont reconnues prioritaires pour bénéficier de la loi sur le droit au logement opposable (Dalo), votée en 2007. "Mais l'Etat ne les reloge pas alors qu'il en a l'obligation", a-t-il affirmé.

Fin novembre, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu avait estimé qu'il faudrait des "années" pour rendre ce droit effectif mais avait récusé que l'Etat était "hors-la-loi".

Le porte-parole du DAL a également accusé dimanche le gouvernement de mener une "politique meurtrière" en laissant un nombre croissant de familles à la rue.

"C'est une véritable crise du logement qui résulte des politiques inégalitaires menées par le gouvernement", a tonné M. Eyrault, appelant à un "plan d'urgence" de réquisition des logements appartenant à l'Etat ou à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP).

"C'est notre manière à nous de lancer la campagne présidentielle", a souligné M. Eyrault, ajoutant qu'une délégation devait être reçue dans l'après-midi par M. Apparu.

Présent dans l'assistance, l'ex-leader du NPA, Olivier Besancenot, a assuré qu'une alternance à la prochaine présidentielle ne "suffirait pas" à régler la question du mal-logement. "Il faudra toujours continuer les mouvements sociaux", a-t-il estimé.

Fin juin, 27.500 décisions de relogement et d'hébergement de ménages prioritaires prononcées par la justice n'étaient pas mises en oeuvre, selon le rapport du comité de suivi de la loi Dalo publié en novembre.