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NPA 27 -  Eure

Manifestations en Algérie : le régime dictatorial est condamné.

23 Janvier 2011 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

 


Interdite par le pouvoir, la manifestation organisée ce samedi par le RCD [1], le Rassemblement pour la culture et la démocratie (ce parti n'a rien à voir avec le RCD tunisien) a été durement réprimée. Dès vendredi, pour contenir la foule, de nombreux barrages de police ont été installés dans la capitale. Le quotidien El Watan [2] indique que le trafic ferroviaire a été suspendu et les routes de Boumerdès et Tizi-Ouzou bloquées.

La manifestation n'a finalement pas eu lieu. En fin de matinée, devant le siège du RCD, l'impressionnant cordon de police a d'abord empêché les manifestants de sortir de l'immeuble avant de disperser avec violence ceux qui ont tenté d'avancer.

« Algérie libre ! »

D'après le RCD, 40 personnes ont été blessées dont deux grièvement. Le chef régional du RCD à Bejaia, Reda Boudraa, a été blessé à la tête après avoir reçu un coup de bâton. Un député de Tizi-Ouzou a également été malmené par la police. Arrêté, il a été relâché dans l'après-midi.

Le gouvernement a annoncé que sept policiers avaient été blessés durant les affrontements avec les manifestants.(Voir la vidéo. Traduction des slogans scandés en arabe : « Algérie libre ! », « pouvoir assassin » et « pouvoir terroriste, Bouteflika et Yahya », « Bouteflika dehors ! »)

Depuis le balcon de l'immeuble du parti assiégé par la police, Saïd Saadi, le leader du RCD, a appelé à la poursuite du combat. Annoncée la semaine dernière par le chef du parti, la marche avait pour objectif de réclamer la dissolution de toutes les institutions élues et surtout la levée de l'état d'urgence [3], en vigueur depuis 1992.

Il s'agit de la première grande manifestation depuis les émeutes du début du mois [4] dont les revendications portaient davantage contre la vie chère et le chômage. Pour contenir la population, le gouvernement avait alors annoncé la baisse des prix des produits de grande nécessité. Mais la contestation ne faiblit pas dans le pays : elle se politise et commence à s'étendre.

Une autre manifestation prévue

Parallèlement, la répression grandit et se manifeste aussi sur le Net, nouvelle terreur des régimes autoritaires. En début d'après-midi, le site officiel du RCD [5] a ainsi disparu des écrans. Les difficultés d'accès au réseaux sociaux (Facebook, Twitter) font soupçonner une tentative de censure des autorités.

Un appel à manifester contre l'état d'urgence le 9 février prochain –date anniversaire de son entrée en vigueur – a été lancé par plusieurs syndicats et partis politiques, dont le RCD.

En occupant ainsi le terrain des manifestations, le RCD, parti très critiqué pour sa participation au gouvernement en 1999, semble avoir trouvé le moyen de faire oublier son passé controversé mais ne convainc pas tout le monde. Ce samedi, durant la manifestation, quelques dizaines de jeunes ont crié des slogans hostiles à Saïd Saadi, lequel a dénoncé l'infiltration d'adversaires politiques dans la manifestation.

« Le pays est miné de toute part »

Le FFS [6], le Front des forces socialistes, parti d'opposition qui a boycotté les élections législatives de 2007 puis les présidentielles de 2008, n'y participera pas. Karim Tabbou, premier secrétaire du parti, nous en explique les raisons :

« Nous avons bien sûr dénoncé les interdictions des manifestations mais nous pensons que la situation du pays mérite un travail plus sérieux, un travail de fond. On sait qu'il y aura des étapes rudes et difficiles dans la marche vers la démocratie, mais le FFS ne veut pas simplement faire de l'agitation.

Je le dis dans la douleur. En Algérie, les forces autonomes ne sont pas assez nombreuses pour impulser ce changement. Une partie importante de notre élite n'a pour objectif que d'aller vers la rente.

– Mais le peuple algérien veut du changement ; il y a un effet “contagion” ?

– C'est une contagion au niveau sentimental dans le sens où les Algériens veulent que ça bouge mais ils ne font plus confiance à grand monde. Pas même au FFS.

La société civile est atomisée, les syndicats aussi. Les conditions ne sont pas réunies pour que l'impulsion vienne de là. En Tunisie, 1 000 avocats se sont rassemblés et ont décidé de façon commune de faire grève. En Algérie… on a conscience que le pays est miné de toute part mais toutes les agitations ne vont pas forcément dans le sens de la démocratie.

On ne peut pas prétendre vouloir le changement et prendre ses informations auprès de patron des renseignement [allusion à une rencontre entre Saïd Saadi et le patron du DRS, Département de renseignement et de sécurité algérien, révelée par Wikileaks [7], ndlr]. »

S'il leur est difficile de se structurer en un front unique, les opposants au régime de Bouteflika, toujours plus nombreux, se rejoignent sur l'essentiel : l'expérience tunisienne leur fait espérer une très proche victoire de la démocratie en Algérie.

LeJDD.fr

Le chaudron algérois en ébullition

Samedi, à Alger, une manifestation "pour la démocratie" a dégénéré en affrontements. L’exemple tunisien fait remonter la tension.

Manifestation Alger Paru dans leJDD

En Algérie, la tension est encore montée d'un cran samedi. (Reuters)

Au lieu d’une démonstration de force du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition), c’est le pouvoir algérien qui a montré ses muscles samedi. La formation de Saïd Sadi avait appelé à une marche "pour la démocratie". Une manifestation interdite par les autorités, alors que l’Algérie a connu début janvier de violentes émeutes contre la vie chère (5 morts, plus de 800 blessés). Le face-à-face a débouché sur des affrontements. Bilan: 42 blessés selon le RCD, 19 selon la police, qui en annonçait huit dans ses rangs, dont deux grièvement.

Massées devant le siège du parti, dans le centre d’Alger, près de 500 personnes ont tenté à maintes reprises de percer le dispositif de sécurité impressionnant installé aux alentours dès les premières heures de la matinée. Sans succès. Des groupes de jeunes ont tenté de rejoindre la place du 1er-Mai, d’où la marche devait commencer. En vain. Sans ménagement, les forces anti-émeutes les ont contenus à l’intérieur du siège du parti. La capitale était bouclée, et dix barrages fixes bloquaient l’autoroute menant vers la Kabylie, bastion du RCD. La marche n’était pas soutenue par les autres partis de l’opposition. Des slogans hostiles au pouvoir ont été scandés. Certains manifestants brandissaient des drapeaux algériens, mais aussi les couleurs de la Tunisie voisine. Car le renversement du régime de Zine el-Abidine Ben Ali, de l’autre côté de la frontière, a relancé l’agitation que le gouvernement algérien s’était efforcé de contenir en faisant baisser les prix des produits de première nécessité.

"Avant, on se moquait des Tunisiens, maintenant, on les respecte"


L’ébullition est perceptible à Bab el-Oued, quartier populaire d’Alger qui a toujours été au coeur des poussées de fièvre dans le pays, comme cela a encore été le cas au début du mois. Adossé à la clôture de l’esplanade de la mosquée, Saïd scrute les lieux. "Nous sommes assis sur une bombe qui risque d’exploser à tout moment", avertit ce retraité. "Ça bouillonne. Il y a trop d’injustices et de corruption dans ce pays", renchérit Yacine, 40 ans, gérant d’un kiosque à tabac d’où il peut observer ceux que les Algérois appellent les "dénudés": les jeunes désoeuvrés qui descendent de Climat de France et de la Carrière, deux hauts lieux du trafic de drogue.

L’exemple de la Tunisie est dans tous les esprits. "Avant, on se moquait des Tunisiens interdits de parole dans leur pays, maintenant on les respecte. Ils ont chassé leur dictateur", poursuit Yacine en évoquant la multiplication ces dernières années des scandales impliquant de hauts responsables algériens. "Ils ont volé l’argent du pétrole et laissé le peuple souffrir. Il n’y a plus rien pour nous." Lui dit ne réclamer qu’"une petite part du pétrole": "De quoi loger ma famille, c’est tout. J’ai fait une demande pour un logement social en 2001. D’autres venus après moi ont été servis. Ils sont pistonnés." Des syndicats et des organisations de droits de l’homme préparent une autre marche populaire, le 9 février à Alger

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