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NPA 27 -  Eure

M-real: « Indignés, pas résignés », interview de Thierry Philippot

30 Décembre 2011 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Comité NPA VAL d'ANDELLE

M-real: « Indignés, pas résignés »

 

Publié le jeudi 29 décembre 2011dans Paris Normandie

Thierry-Philippot.jpgM-REAL.Alors que les trois cent trente employés ont repris du service à l'usine d'Alizay, le syndicaliste Thierry Philippot analyse le conflit social en cours.

Sur le devant de la scène depuis quelques mois, Thierry Philippot reconnaît qu'il reste peu d'espoir, mais poursuit « son » combat et celui des 330 salariés de l'usine M-real

Depuis le début du mois, les « indignés » de M-real, l'usine papetière d'Alizay menacée de fermeture, ont repris le travail après un mois de grève ininterrompue. Mais à l'instar de Thierry Philippot (CGT), ils restent mobilisés. Entretien avec le délégué syndical.


Paris-Normandie : Qu'avez-vous obtenu en échange du déblocage du site ?
Thierry Philippot : « Nous avons obtenu le paiement des heures de grève et une prime de 3 000€ pour chaque salarié. Nous avons également l'assurance que les machines ne seront pas démontées : aucun équipement ne peut être démonté sans l'accord du comité d'entreprise. On veut qu'elles restent intactes, car c'est notre outil de travail. Dans l'éventualité d'un rachat du site, nous ne voulons pas que le repreneur trouve un bâtiment vide. »


P.-N. : Cette reprise de l'activité ne sonne-t-elle pas comme une défaite ?
T. P. : « Les ouvriers étaient en grève depuis un mois devant les portes de l'usine. C'est une chose aussi rare qu'épuisante. Il fallait reprendre l'activité. »


P.-N. : La direction vous a eu à l'usure ?
« Ils essaient de nous avoir à l'usure, mais nous ne sommes pas encore usés, non. On peut très bien arrêter le travail et se remettre en grève à tout moment. »


P.-N. : Où en est le plan social ?
T. P. : « Nous sommes en train de négocier le livre 1 du plan social, qui concerne notamment les mesures d'accompagnement financier des salariés. Ces négociations sont difficiles, mais nous nous battons pour que les gens partent dans les meilleures conditions. Si le plan social arrive à son terme, les licenciements seront notifiés le 8 avril 2012. »


P.-N. : Vous attendiez-vous à des soutiens politiques aussi nombreux ?
« Nous avons été agréablement surpris par la mobilisation des élus locaux, de la part des maires de Pont-de-l'Arche et même de Val-de-Reuil... Sans parler de Gaëtan Levitre (maire d'Alizay), dont le soutien est total. »


P.-N. : Reste-t-il de l'espoir pour une éventuelle reprise du site ?
« L'espoir est mince, mais nous voulons continuer d'espérer. Quelquefois, c'est quand il ne reste aucun espoir que les situations se débloquent. Le 8 décembre, le conseil général a voté à l'unanimité une motion demandant l'expropriation pour le papetier finlandais. Cela nous laisse de l'espoir. Nous devons être plus que jamais des indignés, mais pas des résignés. On se battra jusqu'au bout. »
Propos recueillis par Valentin Biret

 

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