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NPA 27 -  Eure

LIAISON A28-A13 : CONCERTATION BIDON

4 Juin 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

 

grandsprojetsBidon, car pour l’Etat,le Medef et ses extensions que sont les Chambres de commerce et d’industrie, la Région, les deux départements, le président de la CASE, et on en oublie, le contournement est de Rouen est considéré comme une nécessité absolue. La première réunion de concertation mardi 3 juin à Evreux a illustré en trois longues heures à quel point cette obligation légale miminale est considérée par les décideurs et les technocrates à leur service comme une contrainte à laquelle ils se soumettent avec une civilité quelque peu condescendante. Et qu’importe si associations (dont « Non à l’autoroute », très présente dans le débat) et élu-e-s de tous bords égrènent une série impressionnante d’arguments de tous ordres pour en contester le bien-fondé. Seule la mobilisation de terrain pourra modifier la donne.

 

Relevons quelques perles :

 

-comme le coût prévisionnel est quand même de 1, 05 milliards (admirez la précision), il faut faire appel à un concessionnaire (admirez la logique implacable). Il s’agira donc d’une autoroute à péage «à péage fermée » (un ticket à chaque entrée, un péage à chaque sortie). Pour M.Berg, directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL), pas question de refaire la bêtise de l’A13: un péage à Incarville et pas à Criquebeuf, l’absence de péage étant clairement la source des « difficultés » !

 

-l’importance de « gagner du temps » dans la liaison avec le nord de l’Eure a été répétée à satiété. Mais, au défi de toute logique, le péage d’Incarville « est un autre problème » d’après ces messieurs.

 

-le contournement par l’ouest (de l’A28 au nord à l’A13 au sud, combiné avec l’A150/151 et l’A29), avec travaux de raccordement au pont Flaubert, serait à peu près de même longueur (41km), dix fois moins cher (et sans péage !) … mais il n’est pas question de voir ce que ça donne avant de se lancer. Pourquoi ? parce que.

 

-Bien sûr, le péage doit être « d’un montant abordable » (combien ?)… grâce aux subventions publiques. Et aucune réponse sur le montant qui restera à la charge des collectivités locales. Le chiffre de 25% n’a pas été démenti. C’est d’ailleurs le point qui a suscité de « fortes réserves » de M.Destans, président du conseil général.

 

-la représentante de la CCI a insisté sur « l’urgence économique pour les 100 000 emplois de l’Eure », sur la nécessité de renforcer l’attractivité de notre région, sur l’importance de l’axe Calais-Bayonne, et au-delà nord-sud de l’Europe. Ses arguments en défense du lobby de la route, son acte de foi dans la chimère du trafic qui créerait de l’emploi ont été déclinés à l’identique par M.Leroy président de la CASE, par la vice-présidente de la Région, par le Préfet…


-la tarte à la crème du « désenclavement de la vallée de l’Andelle » et du sauvetage de ses emplois a été bien sûr sollicité plus souvent qu’à son tour. Comme si Sealynx, Double A (ex-M-real) , Aqualon et autres faisaient dépendre leurs décisions d’une infrastructure qui ne sera opérationnelle qu’en 2024 au plus tôt !


Enfin, hypocrisie suprême, ces messieurs prétendent qu’il n’y a pas de contradiction » entre le développement du trafic routier, le fluvial et le ferroviaire. Comme si la gare de marchandises de Sotteville n’était pas à l’arrêt, de même que celle d’Igoville ! Le développement du port d’Alizay pourrait être conçu en lien avec le retour du ferroviaire. C’est au contraire le choix des camions qui est fait, celui de la surexploitation de routiers de plus en plus souvent amenés sur place depuis les pays à plus bas salaires, aux dépens des cheminots, dont ce gouvernement tente d’ailleurs en ce moment même de casser le statut.

 

En conclusion, à l’heure où les pseudo-réalistes ne parlent plus que de « meilleure intégration dans le paysage, limiter les nuisances et avoir les meilleures retombées économiques » (Leroy, mais aussi Destans), l’heure est au contraire aussi bien à user de tous les recours possibles qu’à construire la mobilisation par en bas, pour faire échouer ce projet.

 

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Seule la mobilisation de terrain pourra modifier la donne.

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