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NPA 27 -  Eure

LE DEPUTE, LE MOINE ET LA FRANCAFRIQUE...

13 Mars 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

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Le député François Loncle part encore une fois en guerre contre les « Commentateurs de comptoir, donneurs de leçons et autres Savonarole de salon ». Convoquer le moine fanatique Savonarole dans la galère malienne est pour le moins osé, mais finalement pas moins que de fustiger comme il l’avait déjà fait la « paresse intellectuelle » de ceux qui comme nous évoquent la perpétuation de la Françafrique, une affirmation qui « nous condamnerait nous-mêmes ». Nous lui conseillons sincèrement de se montrer plus prudent, lui qui, en octobre 1990 soutenait la guerre du Golfe, posait fièrement en première page de la presse locale devant des avions de chasse et traitait les opposants de « collabos »… pour s’en excuser plus tard.

Comment nier que la société malienne ait été laminée par des années de plans dits « d’ajustement structurel » imposés par le FMI et la Banque mondiale ? C’est encore l’Etat français qui, par le biais de la CEDEAO a privé l’armée malienne d’importants moyens logistiques et alimenté le chaos politique. La CEDEAO, dirigée par M.Ouattara, dont F.Loncle (un des fervents soutiens de son rival Gbagbo), sait ce qu’il doit à l’armée française pour son accession au pouvoir en Côte d’Ivoire en 2011...

Le véritable enjeu de cette guerre n'est pas la lutte contre le terrorisme ou les pratiques barbares de groupes islamistes. Avec un coût officiel qui atteint déjà 70 millions d’euros, on aurait pu en faire des routes, des puits, des dispensaires ! Non, la France vise d’abord le maintien de sa domination, l’uranium d’Areva au Niger voisin pour les centrales nucléaires et les parts de marché de ses grands groupes. Cela nécessite le maintien d'appareils d'État corrompus, plus soucieux de s'enrichir sur le dos de la population que de la défendre. À travers l’opération « Serval », ce sont donc les liens que Paris entretient avec des dictatures  qui se trouvent renforcés, en particulier celles d'Idriss Déby  au Tchad et de Blaise Compaoré au Burkina.

Notre refus de la politique impérialiste n’a évidemment rien à voir avec les postures prétendument critiques de gens qui n’ont jamais levé le petit doigt contre le pillage des ressources et l’exploitation des peuples d’Afrique. Aujourd'hui, alors que l'armée française et ses supplétifs remporte des succès comparables à ceux de la coalition anti Ben Laden aux débuts de la guerre d’Afghanistan, on se  demande déjà quelles nouvelles catastrophes vont faire le lit des djihadistes. Les opposants de la gauche malienne sont maintenant muselés par l’état d’urgence, des élections sont annoncées pour l'été (?), mais il n’y aura pas de véritable solution démocratique sans que ceux d’en bas prennent leurs affaires en main.

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