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NPA 27 -  Eure

Haïti: des avions humanitaires interdits d'atterrissage par les autorités américaines

18 Janvier 2010 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Les USA et la gestion de l'aide humanitaire en Haïti

17 janvier 2010

L'armée américainbe s'est empressée de prendre le contrôle de l'aéroport d'Haïti, ce qui a généré quelques conflits avec les ONG et l'embarras de plusieurs états dont la France. 10 000 soldats sont à pied d'oeuvre pas seulement pour l'aide humaniatire mais aussi et surtout pour maintenir l'ordre. Une des craintes des autorités américaines c'est l'arrivée massive de réfigiés Haïtiens aux USA.
Les forces de l'ONU jouent un rôle marginal.
Même après la catastrophe, Haïti reste la chasse gardée des USA.

Petit rappel historique du rôle des USA

Pendant la Guerre Froide, les Etats-Unis ont soutenu les dictatures de Papa Doc Duvalier et ensuite Bébé Doc Duvalier – qui ont régné sur le pays de 1957 à 1986 – pour faire un contrepoids à Cuba.

Sous la supervision de Washington, Bebé Doc Duvalier a ouvert l’économie haïtienne aux capitaux US dans les années 70 et 80. Les produits agricoles importés des Etats-Unis ont inondé le pays et ruiné la paysannerie locale. Des centaines de milliers de gens sont venus se réfugier dans les bidonvilles de Port-au-Prince pour fournir une main d’oeuvre extrêmement bon marché aux « ateliers à sueur » (sweat shops) US situés dans les zones franches.

Dans les années 80, les Haïtiens se sont soulevés pour chasser les Duvalier et ont ensuite élu à la présidence le réformiste Jean-Bertrand Aristide sur un programme de réforme agraire, d’aide aux paysans, de reforestation, d’investissement dans les infrastructures, d’augmentation des salaires et des droits syndicaux pour les travailleurs.

En réaction, les Etats-Unis ont soutenu un coup d’état qui a chassé Aristide en 1991. En 1994, après que Bill Clinton ait envoyé ses troupes sur l’île, le président élu a retrouver son poste mais à la condition d’appliquer le plan néolibéral US, appelé « plan de la mort » par les Haïtiens.

Aristide a résisté à certaines mesures du programme US pour Haïti, mais en a mis d’autres en oeuvre, brisant ainsi la perspective de réformes. Et puis un jour, les Etats-Unis ont perdu patience devant les résistances d’Aristide qui refusait de se soumettre totalement, surtout lorsqu’il a demandé au cours de sa dernière année de mandat 21 milliards de dollars en guise d’indemnisations pour son pays. Les Etats-Unis ont imposé un embargo économique qui a étranglé le pays et plongé les paysans et les travailleurs dans une misère encore plus profonde.

En 2004, Washington a collaboré avec la classe dirigeante haïtienne dans son soutien aux escadrons de la mort qui ont renversé le gouvernement puis enlevé et déporté Aristide.

Par le NPA

 

Arrivée des parachutistes américains à Port-au-Prince

Un cargo de Médecin sans frontières empêché d'atterrir par les autorités américaines


Médecins sans Frontières (MSF), qui a vu un de ses avions-cargo “empêché d’atterrir” à Port-au-Prince samedi soir, a lancé dimanche 17 janvier un appel d’urgence afin que les appareils transportant du matériel médical puissent se poser le plus rapidement possible. Selon l’association, un avion-cargo transportant un hôpital chirurgical gonflable “n’a pas été autorisé à atterrir samedi soir à Port-au-Prince, malgré les autorisations données par les Nations unies et le Département de la défense des Etats-Unis, et a été dérouté vers Samana, en République Dominicaine”. Tout ce matériel est désormais convoyé par camion, prolongeant les délais d’acheminement à Port-au-Prince de 24 heures.

L’ONG demande donc dans un communiqué “que les avions cargos transportant du matériel médical et chirurgical d’urgence soient autorisés à atterrir en priorité à Port-au-Prince afin de soigner les milliers de blessés en attente d’opérations chirurgicales vitales”. “Un second avion affrété par MSF est actuellement en route et devrait atterrir vers 10 heures, heure locale, à Port-au-Prince”, prévient l’association qui espère que cette fois tout se passera bien.

L'armée américaine a pris le contrôle de l'aéroport

Depuis quelques jours, la gestion de l’aéroport de Port-au-Prince par les Américains crée de fortes tensions. Vendredi, un avion français qui transportait à son bord un hôpital de campagne avait déjà été refoulé, alors que les moyens pour traiter les blessés manquent cruellement. Cette situation avait immédiatement été dénoncée par le secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet, qui déclarait samedi aux médias avoir transmis une “protestation officielle” de la France aux Etats-Unis, une annonce aussitôt démentie par le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero.

Le gouvernement français ne veut pas polémiquer : un atterrissage “retardé” mais pas “empêché”

Dimanche, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a lui aussi voulu couper court au début de polémique sur la coordination de l’aide internationale. Selon M. Guéant, le gros porteur français qui acheminait l’hôpital de campagne a simplement été “retardé”. “Il s’est posé d’abord à Saint-Domingue et le lendemain matin les Américains ont autorisé son atterrissage” à Port-au Prince, “la mission a été accomplie”.


L'armée américaine maintient de l'ordre


Dimanche, les hélicoptères américains accélèrent la cadence de distribution de l’aide à Port-au-Prince, mais cela ne suffit pas à calmer la population qui continue à dévaliser les magasins, alors que les secours arrivent peu à peu dans les autres villes dévastées. Arrivé vendredi dans la baie de la capitale haïtienne, le porte-avions Carl Vinson a pris le relais samedi de l’aéroport Toussaint Louverture, toujours saturé. La vingtaine d’hélicoptères de l’immense base flottante multiplie les rotations, allant chercher des vivres à l’aéroport pour ensuite les acheminer à travers l’agglomération de 2,8 millions d’habitants.

AFP

10 000 soldats américains ont pris le contrôle du pays


AFP le 15 janvier

L'armée américaine frappe vite et fort pour secourir les Haïtiens : au total, près de 10 000 hommes sont attendus sur zone d'ici lundi afin de secourir les victimes du tremblement de terre et assurer la sécurité dans les rues dévastées de Port-au-Prince.

Les États-Unis disposeront de 9000 à 10 000 soldats en Haïti ou au large de ses côtes, avec l'arrivée du porte-avions Carl Vinson et d'autres bâtiments, a annoncé vendredi le chef d'état-major interarmées, l'amiral Michael Mullen. L'amiral Mullen a indiqué qu'il était trop tôt pour dire s'il allait falloir déployer davantage de soldats sur le terrain proprement dit, en plus des 3 500 soldats de la 82e division aéroportée et des 2 000 Marines déjà prévus pour maintenir «un environnement sûr» lors de la distribution de l'aide humanitaire.

Un millier de soldats sont déjà sur le terrain et distribuent de l'eau potable par hélicoptère vers différents quartiers de la capitale, a précisé l'amiral. Le Carl Vinson, arrivé jeudi soir, sert d'héliport flottant au large des côtes, l'aéroport de Port-au-Prince étant engorgé.

La mission d'assistance des États-Unis en Haïti demeure concentrée sur le sauvetage des vies humaines mais les troupes américaines pourraient être appelées à maintenir l'ordre si les conditions de sécurité venaient à se détériorer.

Les conditions de sécurité «restent correctes» à Haïti, a toutefois souligné le secrétaire à la Défense, Robert Gates, malgré des témoignages faisant état de pillages et de coups de feu.

Il a relevé qu'il était crucial de distribuer de l'eau et des vivres «aussi vite que possible» aux Haïtiens pour empêcher que «leur désespoir se transforme en violence».

Le chef du Pentagone a souligné que le maintien de l'ordre incombait en premier lieu aux soldats de la force de la paix de l'ONU sur place. «Ils seront les premiers responsables de la sécurité», a-t-il dit.

Mais les casques bleus ont été durement frappés par le séisme de mardi, l'ONU faisant état de 37 morts et 330 disparus.

Haïti n'a pas d'armée et ses forces de police ont quasiment disparu dans le chaos qui a suivi le tremblement de terre. Le maintien de l'ordre repose presque entièrement sur la force de l'ONU, dont les quelque 7 000 soldats et 2 000 policiers sont déployés depuis 2004 pour aider à stabiliser le pays.

Interrogé sur l'absence de largages de vivres ou de médicaments par l'armée américaine, M. Gates a répondu qu'une telle opération aurait pu conduire à des émeutes en l'absence de «contrôle de la distribution sur le terrain».

Robert Gates a également expliqué que les forces américaines ne pouvaient entreprendre d'actions unilatérales et devaient travailler avec les Haïtiens. «Nous travaillons avec un pays souverain. Les Haïtiens sont toujours responsables du contrôle du trafic aérien», a-t-il dit.

Le président Barack Obama s'est entretenu une demi-heure avec son homologue haïtien René Préval, a fait savoir la Maison-Blanche.

Outre l'assistance au peuple haïtien, l'intervention américaine a aussi pour mission «de rebâtir la capacité d'action du gouvernement», selon le Pentagone.

Les responsables américains craignent qu'une plongée dans le désordre ne déclenche, comme cela s'est produit par le passé, un exode d'Haïtiens désespérés cherchant sur des embarcations de fortune à gagner les États-Unis.

 

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