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NPA 27 -  Eure

Gaz de shiste : Le gouvernement en terrain miné.

4 Octobre 2011 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

Le gouvernement en terrain miné. 

lundi 3 octobre 2011

 

Après 9 mois de luttes, les permis de gaz de schiste de Nant, Villeneuve-de-Berg et Montélimar semblent enfin en passe d'être abrogés par le gouvernement. Les milliers de citoyens et d'élus, mobilisés contre les gaz et huiles de schiste, ont donc remporté une première victoire.

Ces projets opaques, mal ficelés et dangereux pour l'environnement et les hommes, ont été mis en déroute par l'expertise initiée par les citoyens. L'eau, l'air, les paysages et notre santé sont des trésors que nous ne laisserons pas sacrifier.

Mais la lutte continue. Car 61 permis d'exploration d'hydrocarbures liquides ou gazeux seraient encore en vigueur et concernent l'ensemble du territoire terrestre ou maritime français. Les permis off-shore (Méditerranée, Golfe de Biscaye, Guyane) nous inquiètent fortement.  Sans compter les dizaines de permis à l'instruction et qui pourraient réserver de bien mauvaises surprises. Lors de sa visite à Alès, le 4 octobre, Nicolas Sarkozy ne doit pas oublier qu'il est en territoire miné : le permis des plaines d'Alès et le permis du bassin d'Alès sont toujours en vigueur.

Les intérêts financiers et politiques en jeu sont colossaux. Nous exigeons du Gouvernement qu'il adopte une position cohérente : l'abrogation de tous les permis et l'interdiction de toute technique nécessitant de fracturer, stimuler ou encore de fissurer de la roche et de porter atteinte à son intégrité.

La loi du 13 juillet 2011 prévoit que la technique de la fracturation hydraulique est autorisée pour l'expérimentation. La coordination nationale des collectifs « gaz et huile de schiste non merci ! » réaffirme qu'elle s'y opposera par tous les moyens.


La Coordination Nationale des Collectifs « Gaz et Huile de schiste non merci ! »

 

Gaz de schiste: le gouvernement abroge trois permis, dont celui de Total

Dépêche AFP

Le gouvernement a décidé lundi d'abroger les trois permis de recherche de gaz de schiste accordés à Total et à l'Américain Schuepbach dans le sud de la France, une victoire pour les opposants mobilisés depuis des mois contre la technique contestée de la fracturation hydraulique.

"Dans les deux rapports Schuepbach, était explicitement mentionné le projet d'utiliser la fracturation hydraulique" pourtant interdite depuis juillet, a souligné à l'AFP la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Dans le rapport de Total, "ce n'était pas le cas" mais "j'ai fait valoir l'argument que ce rapport n'était pas crédible", a-t-elle ajouté.

Le géant pétrolier français s'est dit "très surpris" par l'abrogation dont il a été informé "par voie de presse". Il a demandé des explications "pour comprendre sur quelles bases légales" a eu lieu l'annulation de son permis dit de Montélimar, grand de plus de 4.000 km2.

Dans son rapport remis aux ministères concernés le 12 septembre, Total s'est engagé "sans aucune ambiguité" à n'utiliser aucune technique interdite, rappelle le pétrolier.

Le chef de file des anti-schiste José Bové a lui fait part de sa "satisfaction", tout en demandant plus de garanties autour d'autres permis.

Pour les 61 autres permis d'exploration toujours en vigueur, dont 12 concernent des hydrocarbures non conventionnels, toutes les compagnies "ont pris l'engagement formel de ne pas recourir à la fracturation hydraulique", a indiqué le ministère. Des "inspections" seront menées pour s'assurer du non-recours à cette technique, selon le gouvernement.

Après le vote d'une loi en juin interdisant la technique controversée de la fracturation hydraulique, la seule permettant aujourd'hui d'exploiter les hydrocarbures de schiste, les industriels avaient deux mois pour déclarer la technique qu'ils comptaient utiliser.

Les trois permis en passe d'être annulés couvrent une surface de 9.672 km2 répartis sur sept départements dans le sud de la France.

En dépit des assurances de Total, la ministre a insisté sur le manque de "crédibilité" du projet.

"Total déclare vouloir maintenant chercher des hydrocarbures classiques, donc non gaz de schiste, dans une zone où le potentiel est très limité et alors même que Total se désintéresse de la recherche du conventionnel sur le territoire terrestre français depuis des années", a noté Nathalie Kosciusko-Morizet.

"Et Total annonce aussi vouloir continuer à rechercher du gaz de schiste avec des techniques qui ne sont pas la fracturation hydraulique, or on sait aujourd'hui que ces techniques ne sont pas opérationnelles", a-t-elle ajouté.

Le Parlement avait voté une loi cet été sous la pression d'élus locaux et à la suite de plusieurs manifestations dans le sud de la France pour dénoncer la fracturation hydraulique, technique notamment accusée de polluer les nappes phréatiques.

Cette dernière consiste à "fracturer" la roche en grande profondeur (1.000 à 3.000 mètres) avec un mélange d'eau, de sédiments et de produits chimiques projeté à haute pression, afin de libérer les hydrocarbures.

L'annonce intervient alors que le président Nicolas Sarkozy se rend dans le Gard mardi, dans l'un des départements concernés par ces permis exclusifs de recherche de gaz de schiste.

Jeudi, l'Assemblée nationale doit également discuter d'un texte déposé par le PS et les Verts visant à interdire l'exploitation des gaz et huiles de schiste "quelle que soit la technique".

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