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NPA 27 -  Eure

Evreux : les salariés victimes de l'Hôtel de l'Ouest

13 Mai 2012 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Comité NPA d'EVREUX

Les suites de l'affaire du patron-voyou de l'Hôtel de l'Ouest à Evreux

Rappel : le vendredi 26 novembre 2010, sans prévenir personne, le patron ferme l’hôtel-restaurant le 26 novembre et jette la rue 14 salariés, comme des kleenex !

Sur la photo, les salariés soutenus aux Prud'hommes d'Evreux par Jean Delabarre de la CGT.


Evreux : à « l'Ouest », rien de neuf

Publié dans Paris Normandie, le vendredi 04 mai 2012 


SOCIAL.

La plupart des anciens salariés de l'Hôtel de l'Ouest, victimes de la liquidation judiciaire de l'établissement, en novembre 2010, saisissaient le conseil des prud'hommes.

Les anciens salariés de l'hôtel et leur avocate, Me Lemaître, hier à la sortie de l'audience prud'homale

Les anciens salariés de l'hôtel et leur avocate, Me Lemaître, hier à la sortie de l'audience prud'homale

Les anciens salariés de l'Hôtel de l'Ouest devront patienter encore et laisser passer l'été. Au chômage pour la plupart d'entre-eux suite à la liquidation judiciaire de l'établissement situé face à la gare, fin 2010, ils connaîtront le jugement des prudh'ommes le 6 septembre prochain.


« Au moins, je me lève moins tôt et je dors mieux »
Des bises claquées sur le trottoir de la rue de la Petite-Cité, à l'extérieur de l'enceinte prud'homale. Visiblement, les neuf anciens salariés (sur quatorze) ayant saisi la section « commerce » de la juridiction locale sont contents de se retrouver.
« On formait une bonne équipe. Mais maintenant, on ne se voit plus beaucoup. Chacun a ses occupations. Entre les stages de formation pour les uns, les enfants pour les autres, on se croise rarement. Si, on se revoit de temps en temps au supermarché », explique Maryline. Celle qui travaillait depuis vingt ans « à l'Ouest » a voulu tourner la page. Elle suit actuellement une formation en télécommunication. Eric, son mari, l'ancien cuisinier rencontré au boulot, a opté pour une formation en espaces verts. Il fait un stage aux services municipaux de La Bonneville-sur-Iton, la commune où réside le couple. « Ça me plaît bien, et au moins, je me lève moins tôt et je dors mieux », avoue-t-il dans un sourire un peu triste.


Les autres collègues sont toujours au chômage, pour la plupart d'entre-eux. A la recherche d'un emploi dans l'hôtellerie-restauration. Ou dans un tout autre secteur professionnel. « On ne peut pas se montrer trop difficile par les temps qui courent, car du travail il n'y en a pas beaucoup », estime Sandrine, une jeune femme qui faisait tous les jours les dix-huit chambres de l'hôtel.
Isabelle, elle, nourrit un projet. Mais elle refuse de trop rentrer dans le détail, comme pour ne pas attirer le mauvais sort. « Tant que ce n'est pas fait… Et actuellement, c'est difficile de s'installer, la période n'est pas trop favorable pour se lancer… » Elle consent cependant à lever un coin du voile : « Je prépare une capacité en gestion d'entreprise d'artisanat à la Chambre des métiers. Ayant le CAP, le BEP et le niveau bac, je souhaite créer une entreprise dans la restauration. Mais ce sera peut-être dans un tout autre domaine. Je réfléchis encore… »
Inquiets bien sûr par la décision que pourraient rendre les conseillers prud'homaux, les anciens salariés trouvent que « septembre, c'est un peu long ». Mais hier après-midi, ils ont vécu ce rendez-vous judiciaire comme un temps fort de retrouvailles. « Ça fait du bien de se retrouver tous ensemble, et de se serrer les coudes, défendus par notre avocate », conclut Sandrine.


Les procédures de reclassement sur la sellette

« Le liquidateur n'a pas fait son travail. Certes on a été payés, mais il aurait dû nous faire des offres de reclassement. »
Bien sûr, les propos de cette ancienne salariée de l'Hôtel de l'Ouest n'empruntent pas des termes juridiques. Mais ils résument bien le grief nourri par les neuf licenciés qui hier, avaient saisi la section « commerce » du conseil des prud'hommes.
Leur avocate, Me Lemaître, appuyant sa démonstration sur des arrêts de la Cour de cassation, rappelle que l'obligation de reclassement, avant tout licenciement, s'impose « à l'employeur comme au liquidateur ». Celui-ci ne peut s'y soustraire. Pour elle, le liquidateur n'a pas rempli ses obligations. « Les recherches doivent être sérieuses et loyales. Onze lettres ont été envoyées à des établissements, des circulaires généralistes ne précisant pas les qualifications de chacun. Et les organismes professionnels n'ont pas été contactés… »
Me Desrolles, qui défend la partie adverse, invoque pour sa part « l'obligation de moyens et non de résultat ». Une obligation qui aurait, d'après elle, été respectée par le liquidateur.
Me Zolotarenko, qui travaille au sein du cabinet Guerin-Diesbecq, vient apporter son éclairage. Avec l'autorisation de Me Lemaître. « C'est la premiere fois en vingt ans que je vois un liquidateur venir s'expliquer », confiera-t-elle à l'issue de l'audience.
« Avez-vous contacté la chambre syndicale de l'hôtellerie par laquelle transitent les offres d'emplois ? », interroge un des assesseurs. « Non », reconnaît Me Zolotarenko, en évoquant la nécessité de tenir des délais légaux très contraignants.
Jugement le jeudi 6 septembre.

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