Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 15:31

Le groupe Schneider Electric a décidé de fermer une partie de l'activité de l'usine Gardy à Braentin pour la transférer à Ales.

Bilan 96 licenciements : les travailleurs ont le "choix" entre le chômage et la valise pour aller à Ales.

L'entreprise qui fabrique des disjoncteurs, a bénéficié en 1994 d'aides publiques de la part des collectivités territoriales (ville, département, région Haute Normande), de l'Etat et de l'Europe (FEDER) sous forme d'un crédit-bail de 7 millions d'euros, arrivés à échéance en 2009. Après avoir touché le pactole, au "nom de l'emploi", sans aucune contre partie, le groupe Shneider retire ses billes et délocalise !

Que font les collectivités territoriales pour exiger la restitution des aides publiques touchées abusivement ?

NPA

 

Publié dans Paris Normandie du 2 avril 2010

Barentin : Une usine en état de choc

Près de la moitié des effectifs de Gardy (214 salariés) va disparaître

BARENTIN

Au lendemain de l'annonce de la suppression de 96 postes, les salariés de l'entreprise Gardy s'organisent.

Les salariés de l'usine SAE Gardy sont sous le choc, mais réfléchissent à un mode de riposte. Hier, au changement de quart à 13 h, les salariés traumatisés, ne veulent pas commenter l'annonce brutale de vingt suppressions d'emplois et la délocalisation de soixante-seize autres, à Alès dans le Gard (lire notre édition d'hier). Les regards sont tristes. « Tout le monde est très mal. C'est dur de voir des collègues pleurer. Nous ne comprenons pas la décision prise par le groupe Schneider Electric, puisque sur le site barentinois, la crise économique ne fait pas sentir ses effets. Au contraire, nous avons accueilli pendant plusieurs semaines, des salariés du site du Vaudreuil », commente Fabienne Robert, élue CGT au comité d'entreprise.

Une manifestation aujourd'hui

Pour sa collègue Brigitte Barbier ce sont des vies qui s'effondrent : « Comment voulez -vous que des gens qui ont trente-cinq ans d'ancienneté acceptent de s'exiler à Alès. Ici, ils ont leur maison. Ce n'est pas à la cinquantaine passée que l'on recommence un nouveau parcours ailleurs. De qui se moque t-on ? » Que se passera-t-il dans l'entreprise si personne n'accepte de partir à Alès ? « Sur ce point, la direction ne répond pas », commente Fabienne Robert.
Hier, les salariés ont organisé une manifestation au sein de leur entreprise. Aujourd'hui, ils comptent manifester à Barentin.
Christophe Bouillon, le député PS de la circonscription n'a pas tardé à réagir à l'annonce de la suppression de 96 postes. L'élu interpelle le ministre de l'Industrie et le préfet pour : « Dénoncer l'absence de réaction des services de l'Etat sur ce dossier, pourtant alertés à maintes reprises ».
Gardy, spécialisé dans la fabrication de disjoncteurs a bénéficié en 1994 d'aides publiques de la part des collectivités locales (Ville, Département, Région, Etat, Feder), sous forme d'un crédit-bail de près de 7 millions d'euros, arrivé à échéance en 2009. L'objet du dispositif visait à sauvegarder l'activité sur le site et les emplois.
S. O. (avec la correspondante)


Article publié dans Paris Normandie du 1er avril 2010

 

96 postes supprimés chez Gardy

 

L'usine Gardy de Barentin devrait perdre près de la moitié de son effectif (photo Stéphanie Jaume)

SOCIAL

Le groupe Schneider Electric a annoncé hier le transfert d'une partie de l'activité de l'usine Gardy de Barentin, vers un autre site, à Alès, fortement fragilisé par la crise.

 

La nouvelle est tombée hier après-midi, comme un coup de massue. Avec le transfert de 76 postes vers le site d'Alès, dans le Gard, et la suppression de 20 autres, c'est presque la moitié des effectifs de l'usine SAE Gardy de Barentin qui va être amenée, dans les mois prochains, à disparaître. Un coup dur pour l'économie régionale, et pour des familles probablement contraintes de choisir entre la valise et le chômage.
« Personne ne sera laissé sur le bord de la route. Le groupe s'engage dès maintenant à faire une offre pour chacun, sur le plan régional ou sur le plan national », a promis Thierry Delzor, directeur de l'usine, aux représentants des 214 employés de ce site du groupe Schneider Electric spécialisé d'une part dans la production de disjoncteurs de branchement, d'autre part dans celle de disjoncteurs « multi9 », modulaires et destinés à l'industrie.
Or, si la première activité, qui représente environ 60 % du chiffre d'affaires du site avec ses disjoncteurs de branchement, disjoncteurs de poteau et tableaux basse tension, aurait bien résisté à la crise, en revanche la production « multi9 » l'aurait subie de plein fouet depuis la fin 2008. « Le groupe doit faire face à une récession sans précédent, souligne Thierry Delzor. D'où la nécessité de repréciser la vocation de chaque site et d'en optimiser le fonctionnement. »
Concrètement, cela se traduira par un regroupement de l'activité « multi9 » dans une unité d'Alès fortement fragilisée l'an dernier, et par un « recentrage » de la SAE Gardy sur les disjoncteurs de branchement, après amputation de 96 postes au total. En outre, un « rapprochement managérial » serait opéré entre les sites de Barentin et du Vaudreuil, au bénéfice de ce dernier. Une équipe commerciale resterait toutefois attachée à la région rouennaise.
« Nous entamerons dès demain (NDLR : aujourd'hui) des discussions avec les représentants du personnel, afin de proposer des mesures d'accompagnement adaptées et de bon niveau, assure M. Delzor. Nous rechercherons au sein du groupe des offres de mobilité d'abord régionales, puis nationales. » « La plupart de nos collègues ne pourront pas tout quitter, comme ça, pour déménager à l'autre bout de la France », s'indigne Nelly El Harradi, secrétaire du comité d'entreprise, qui rappelle que 64 postes ont déjà été supprimés depuis 2008. « On craint désormais pour l'avenir du site. » Ce matin, l'ensemble des salariés devrait se réunir pour étudier la situation et envisager une première action, qui pourrait prendre la forme d'un débrayage, ce vendredi.
Franck Boitelle

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