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NPA 27 -  Eure

Provocations policières le soir du 6 mai

7 Mai 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #REPRESSION

Luc Bronner,  raconte ce qu’il a vu à Aulnay, le soir du 6 mai

(article paru dans Le Monde du 7 mai 2007)

(...) L’annonce de la victoire du candidat UMP avait provoqué quelques cris. Les enfants, dehors, avaient hurlé : "Sarkozy a gagné, il a gagné !" Le résultat ne faisait pas de doute aux yeux des adultes. Ni à l’échelle nationale, au vu des derniers sondages publiés, ni dans le quartier, du fait du plébiscite anti-Sarkozy dont avait bénéficié Ségolène Royal au premier tour, avec 66 % des voix dans le bureau de vote situé au coeur de la cité. Un score amplifié au second tour avec 86 % des suffrages.

Au pied des immeubles, la première réaction est la tristesse. Beaucoup ont regardé les résultats à la télévision et sont ensuite descendus pour discuter entre voisins. Un groupe d’une dizaine de jeunes adultes s’est formé devant un des bâtiments. Parmi eux, Djibril Traoré, 28 ans, commercial, s’interroge à voix haute sur ce que fera ou ne fera pas le nouveau président. Ce qu’il appelle la "politique du Kärcher" ne l’inquiète pas personnellement. "C’est pour mes petits frères que ça va être dur. Pour l’école, pour trouver du boulot."

Dans le groupe, on plaisante volontiers sur les charters de "Noirs" et d’"Arabes" qui vont les ramener au "bled". On rigole aussi en se représentant les cités du "9-3" comme les villages "gaulois" qui résistent à "l’envahisseur Sarkozy". On rigole mais on reconnaît aussi que la victoire de Nicolas Sarkozy est une "grosse claque" et que cela leur est douloureux.

Le débat est interrompu par le second passage du conseiller général. L’élu socialiste a fait le tour de la cité et vient, de nouveau, demander aux jeunes de rester calme. Il sort de son véhicule et serre des mains : "On a eu des infos disant qu’il allait y avoir des provocations, assure M. Ségura sans apporter plus de précisions. Faut pas tomber dans le piège : Royal a fait 17 000 voix dans la ville, ça veut dire qu’on peut gagner aux législatives puis aux municipales."

Pendant que le candidat PS poursuit la discussion, une douzaine de policiers casqués, armés de flash-balls, matraques et bombes lacrymogènes, s’enfoncent, à une cinquantaine de mètres de là, dans une ruelle qui longe le centre commercial. Ils prennent ensuite position dans une galerie - à l’abri du lancer éventuel d’objets venant des tours - qui débouche sur la place où sont rassemblés, comme tous les soirs, une trentaine de jeunes et d’adultes. Le face-à-face se déroule pendant plusieurs minutes sans incident.

Jusqu’au moment où les policiers - qui ignorent qu’un journaliste et un photographe sont présents - se précipitent sur deux jeunes, les plaquent violemment au sol et distribuent des coups de matraques dans la foule. Ils effectuent aussi plusieurs tirs de flash-ball en direction des habitants qui s’éparpillent en courant. De tendue, la situation devient houleuse. Des jeunes lancent des pierres, des canettes et des bouts de bois sur les policiers, rapidement rejoints par plusieurs dizaines de CRS, dont certains avancent en tapant avec leurs matraques sur leurs boucliers pour faire du bruit.

Des adultes et des responsables associatifs tentent de s’interposer, mais sont repoussés sans ménagement par les forces de l’ordre. Arrivé entre-temps, le conseiller général demande aux fonctionnaires de police de faire preuve de retenue. Face aux habitants, il s’indigne : "Je savais qu’il y aurait des provocations pour faire monter la pression." Les policiers pointent leurs flash-balls au niveau du visage de leurs interlocuteurs. "Un policier m’a mis son flash-ball à 20 centimètres du menton", témoigne M. Ségura. Après plusieurs minutes de face-à-face, les forces de l’ordre regagnent leurs positions à l’entrée de la cité tandis que les deux jeunes interpellés sont amenés dans un véhicule de police.

Adultes et jeunes crient à la provocation. "C’était calme, il n’y avait rien, et d’un seul coup, ils se jettent sur deux types en les frappant", se désole Bendiagou Diarra, 24 ans, témoin de la scène. Aux "3000", une fois la colère passée, on veut y voir un premier indice de l’attitude future des forces de l’ordre avec M. Sarkozy comme chef de l’Etat. "C’est leur papa qui est devenu le président et ils prennent ça comme un feu vert pour faire ce qu’ils veulent", poursuit M. Diarra. "Les flics se sentent pousser des ailes. C’est triste pour nous", ajoute Rachid, 21 ans. Il regarde les cars de policiers positionnés un peu plus loin : "Le plus dur commence mais ça va nous pousser à aller voter en juin."

Luc Bronner


Provocations policières le 6 mai à la Bastille
Ce que les médias ne disent pas : un blessé grave, lacrymogène sur les pompiers et la protection civile, regret des policiers de ne pas avoir pu frapper, etc...

Dimanche, dès l'annonce des résultats un groupe de manifestants s'est déjà formé place de la Bastille. Très vite le cortège grossi, les compagnies de CRS aussi. Elles ferment toutes les sorties de la place en laissant entrer néanmoins les passants.

Rapidement les forces de polices subissent des jets de bouteilles qui ont pour réponse des salves de 4 à 5 grenade lacrymogène en continue. Les manifestants, agressifs comme pacifistes sont noyés sous la fumée et plusieurs personnes sont en pleurs.

Une manifestante reçoit un pavé en plein visage elle tombe au sol. La foule choquée court dans tout les sens. La protection civile arrive avec un brancard pour évacuer la manifestante, c'est alors que deux vagues consécutives de fumigènes sont lancées à quelques mètres du brancard. Dans la panique totale celui ci est renversé, la manifestante ne semble pas réagir, la protection civile recule. Fin des informations, les yeux brûlent et l'on retourne vers l'un des murs policier le plus proche. Les CRS sont avertis par plusieurs personnes du danger pour la manifestante, leur demandant d'arrêter quelques secondes de lancer du gaz, réponse "on ne peut rien y faire, un camion de pompier arrive".

Un scooter brûle, trois pompiers tentent de l'atteindre mais à la moitié du chemin ils reçoivent juste devant eux une autre grenade lacrymogène, ils sont obligés de se réfugier sur les marches de l'opéra.

Plusieurs salves de gaz sont effectuées pour repousser les manifestants de la place Bastille. Une fois celle-ci canalisée dans une avenue, un groupe isolé profite du champ libre pour mettre le feu à une tente présente non loin de la place. Les alentours sont dégagés, les CRS sont à 20 mètres et personnes ne bougent. La police laisse volontairement faire alors que les manifestants pacifistes reçoivent quand à eux les gaz.

S'ensuit plusieurs barricades dans les avenues. Plus d'une trenaine de vitrines sont cassées (selon mon compte) mais la police n'intervient pas. Les charges ont quasiment toutes lieu qu'à partir du moment où il n'y a plus rien à détruire.

Les dispersions sont ensuite nombreuses, les regroupements aussi. Lors des charges visant à disperser la foule, les retardataires reçoivent l'acharnement des policiers en civils. Un manifestant témoigne "Je jouais tranquillement de l'harmonica quand j'ai vu les policiers en civil courir vers mois, j'ai reçu des coups de matraques à la cuisse et à l'avant-bras".

Aux environs d'une heure, calme total à Nation où se regroupent une quarantaine de camions de gendarmeries et de CRS. En tendant l'oreille on peut entendre les policiers se vanter de faire courir les manifestants comme des lapins et de ne pas les voir « broncher » lorsqu'ils se prennent des coups. L'un ajoute, déçu semble t'il « si j'en avais eu un entre les mains je lui aurai foutu un bon coup de matraque ». Le conducteur d'un car de gendarmerie interrogé signale que la foule s'est dispersée d'elle-même. Pour ma part, je n'ai pas couru pendant plusieurs heures sans raisons…

Les escarmouches dures jusque 3H - 3H30. La division en petit groupe isolé ne se fait qu'ensuite, ceux-ci bloqueront quelques routes jusque 4H - 4H30.

(compte rendu d'un manifestant publié sur http://paris.indymedia.org/)


Manifestation anti-Sarkozy à Caen le 6 mai

Difficile à digérer, cette victoire de Sarkozy ! Dès dimanche soir, des milliers de jeunes se sont rassemblés, dans toute la France, pour montrer leur volonté de résistance. A Caen, nous étions près de 2000, au plus fort d’une manifestation qui a duré plusieurs heures. Place du Théâtre, avant de partir en cortège, une camarade a lu la déclaration d’Olivier Besancenot qui venait d’être rendue publique. Les applaudissements ont été nourris lorsque la camarade a prévenu que la mise en œuvre des « mesures antisociales, sécuritaires et antidémocratiques » annoncées par le vainqueur ne manqueraient pas « de susciter des mobilisations très larges ».

(paru sur le site de la LCR de Caen  http://www.lcrcalvados.org)

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