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NPA 27 -  Eure

Olivier BESANCENOT à l'émission "Le Franc-Parler" France -Inter/I-Télé/Le Monde

8 Mars 2007 , Rédigé par LCR Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

"Le Franc-Parler" (France Inter-i-Télé-"Le Monde")

Olivier Besancenot : "Je ne ferai pas la politique du pire, je me présente contre Sarkozy"

 Dans LE MONDE du  27.02.07

Faites-vous partie de la gauche du XXIe siècle, telle que l'a décrite Ségolène Royal : une gauche de conviction débarrassée de son sectarisme ?

J'ai toujours combattu le sectarisme, que ce soit dans le XXIe siècle ou même dans le siècle précédent. Je suis pour un rassemblement unitaire, le plus large, au-delà des histoires, mais sur des bases politiques qui sont fondamentales, celles du changement de société. Cela reste une ligne de clivage politique à gauche extrêmement importante. Je continue à penser qu'il y a deux grandes orientations politiques à gauche : l'une qui pense que le libéralisme et le capitalisme sont un seuil ultime pour l'humanité. C'est le cas de la direction du Parti socialiste, qui cherche, du coup, à l'accompagner un minimum socialement. L'autre est anticapitaliste, antilibérale. Ces deux gauches-là peuvent faire des choses ensemble face à la droite, notamment sur les licenciements. Mais sur les solutions politiques alternatives globales, des choses nous séparent qui sont du domaine du projet de société que l'on veut construire.

Pour un homme de votre génération, que veut dire rupture avec le capitalisme ?

Je n'ai pas de projet de société. La société pour laquelle je milite, pour l'instant, n'existe nulle part. Je parlais de prendre les expériences révolutionnaires du passé, voir ce qui a et ce qui n'a pas marché. Je tire un bilan critique, y compris sur la question démocratique des expériences révolutionnaires qui ont pu être faites. J'ai un héritage que j'assume, qui va de la Commune de Paris à la Révolution russe, à la Révolution espagnole, aux révolutions latino-américaines, avec ce regard critique. (...) Pour moi, la rupture, c'est l'idée qu'à un moment donné, on doit vouloir ôter à cette minorité de privilégiés le pouvoir exorbitant exercé sur l'économie, la société de tous les jours. Aujourd'hui, ce sont les multinationales qui font la loi dans tous les domaines. J'appartiens à une génération assez pragmatique, qui garde des rêves plein la tête, mais qui a aussi la tête vissée sur les épaules. Je me présente à cette élection pour proposer un plan de mesures d'urgence sociales et démocratiques qui permettraient maintenant à des millions de personnes de sortir la tête de l'eau. Des réformes. (...) Nous avons eu vingt-cinq ans d'alternance avec quinze ans de gouvernement de gauche. Nous avons eu cette spécificité d'avoir un gouvernement réformiste qui n'a pas été foutu de nous pondre une réforme un petit peu conséquente.

José Bové et Marie-George Buffet ont dit clairement qu'au deuxième tour, ils appelleront à voter Ségolène Royal. Et vous, faites-vous la différence entre Sarkozy et Royal ?

Oui, je fais une différence et je me présente contre Nicolas Sarkozy. Je le dis depuis le début de la campagne. Demain, je sais que Ségolène Royal ira signer le pacte social et citoyen de l'organisation AC-le feu, née de la révolte des quartiers, et j'irai également le signer. Car sur le terrain des mobilisations, les militants de gauche continuent à se croiser. Et cela fait une sacrée différence pour moi. Même avec une loupe ou un microscope, les militants de l'UDF ou de l'UMP, je ne les ai jamais vus dans les mobilisations sociales. Quand Ségolène Royal fait, y compris sur la question des quartiers, des sorties sécuritaires sur l'encadrement militaire, quand elle dit que la gauche devrait s'inspirer de Tony Blair, là cela lui fait deux points communs avec Nicolas Sarkozy, pas avec moi.

Pouvez-vous dire si vous appellerez à voter Ségolène Royal au second tour ?

Je vous le dirai le soir du premier tour. Sachez - et vous le savez déjà - que la LCR n'a jamais fait la politique du pire et en effet, je me présente contre Nicolas Sarkozy. Je fais une différence entre la gauche et la droite. Sur la consigne de vote en tant que telle, cela dépend de ce qui est dit dans le cadre d'une campagne.

Aurez-vous vos 500 signatures ?

Nous en sommes à 460 engagements de signature. Ce sont plus que des promesses, ce sont des maires que nous sommes allés voir à plusieurs reprises. (...) Je sais que des centaines de maires sont hésitants. Le Parti socialiste a donné des consignes très strictes. Aujourd'hui, il se trouve que des élus de petites communes disent, à tort ou à raison, qu'ils ont peur, du coup, de perdre des subventions liées à des conseils généraux et régionaux.

Je ne pense pas que l'intelligence et l'élégance puissent faire avancer les choses. L'élégance et le bon sens seraient que la direction du Parti socialiste dise qu'il n'y aura pas de sanction, et qu'aucune subvention ne sera retirée. Et cela libérerait une pression substantielle sur pas mal d'élus de petites communes qui, par ailleurs, en ont marre.

Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugues et Stéphane Paoli

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