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NPA 27 -  Eure

« Nous voulons juste garder notre boulot » par un salarié de Mollex

21 Août 2009 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

« Nous voulons juste garder notre boulot »

OLIVIER ASTOR, un salarié de Molex

B.C. | 20.08.2009, 07h00

« Les licenciements boursiers, y en a assez », « Patrons voyous, au trou », « Peugeot, sponsor officiel des licenciements »... Les slogans tagués sur les murs de l’usine Molex à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne) rappellent que la colère des salariés de l’équipementier automobile n’est pas retombée. Car, si la « séquestration », ou dans le vocabulaire local, la « retenue », de cadres de leur société avait propulsé les salariés de Molex sur le devant de la scène en avril, l’heure est plutôt aujourd’hui au conflit larvé.
Depuis le 6 août, date à laquelle la direction leur a bloqué l’accès au site, les salariés attendent patiemment devant leur usine la sortie de conflit. Nuit et jour, ils se relaient comme s’ils prenaient leur poste. Objectif : montrer leur détermination à la direction et éviter que les stocks de produits finis présents dans l’usine ne prennent le large. Alors, pour passer le temps, ils discutent et envisagent leur futur.
« Les gens sont de plus en plus inquiets » « On est bénéficiaires, mais la direction veut fermer le site le 31 octobre. On ne réclame pas de primes de licenciement, on veut juste garder notre boulot », explique Olivier Astor, un salarié. En face de lui, un jeune collègue évoque le pire : le licenciement des 280 employés du site. « Nos métiers sont très spécifiques. Les seules entreprises où l’on pourrait retrouver du travail sont à l’autre bout de la France, à Paris, Lyon, ou Besançon. » Dans ces conditions, difficile d’envisager un futur radieux dans une autre société des environs.
D’ailleurs, certains ont déjà tenté leur chance auprès d’éventuels employeurs et ont fait chou blanc. « Beaucoup de personnes ont postulé ailleurs, elles ont envoyé des CV. Résultat : rien. Les gens sont de plus en plus inquiets », explique le salarié Ibrahim Jamal. Et de déclarer, en se retournant vers un quadragénaire : « Regardez-le, lui, l’usine existait avant qu’il naisse. Il n’a travaillé qu’ici. Et là on lui dit qu’il faut aller bosser ailleurs ! » « Lui », en l’occurrence, c’est Michel Gay, régleur sur presse, qui confirme : « Dans la plasturgie, il n’y a plus rien dans le coin. Il faut aller à Aix ou à Marseille pour trouver des entreprises du secteur. »
Alors, que faire ? Se lancer dans d’improbables formations ? Inacceptable pour le cégétiste Guy Pavan : « Ils nous disent de regarder du côté des formations. Mais la formation, on sort ça dans tous les plans sociaux comme un os à ronger. Et pour quoi faire ? L’entreprise fait des bénéfices, elle est fiable. On peut continuer à bosser. Se recycler dans l’aérospatiale peut-être ? Les boîtes du secteur sont en train de monter des chaînes de production en Chine. »
Attablés à ses côtés, quelques collègues acquiescent d’un mouvement de tête. Et la discussion embraye sur l’espoir soulevé par la nomination d’un médiateur par le ministère de l’Industrie. Le délégué CGT Parise se fait apostropher à ce sujet : « Alors, c’est vrai que t’as eu Christian Estrosi au téléphone ? » « Oui, il m’a appelé. Il m’a dit : Bonjour on ne se connaît pas mais vous êtes mon ami. On est sur la même longueur d’onde. » Eclat de rire général. « Ils avaient dit aux Arcelor qu’ils ne les laisseraient pas tomber. Et, au bout du compte, ils n’ont pas fait grand-chose de cette usine. Alors, pour nous… » Les Molex sont désabusés.

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