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NPA 27 -  Eure

Licenciements : pourquoi les travailleurs de SKF commencent à se radicaliser

30 Juillet 2009 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières

Licenciements : pourquoi les SKF commencent à se radicaliser
LEMONDE.FR | 23.07.09 | 10h59  •  Mis à jour le 23.07.09 | 14h22


n a été très très gentils, mais maintenant, y'en a marre d'être pris pour des moutons", lâche Franck, l'un des 380 salariés de l'usine SKF de Fontenay-le-Comte, en Vendée, dont le groupe suédois, leader mondial du roulement à billes, a annoncé la fermeture pour octobre. L'intersyndicale réunissait, ce jeudi 23 juillet matin, les salariés pour décider des suites à donner à leur mouvement. Mais comme "la direction ne lâche rien", Franck ne cachait pas être tenté par une radicalisation de la lutte, à l'exemple des New Fabris qui ont menacé de faire sauter leur usine avec des bonbonnes de gaz, ou d'autres salariés ayant séquestré leurs dirigeants.

"On ne pensait pas être obligés d'en arriver là, explique au téléphone Frédéric, un autre SKF. C'était pas une mauvaise boîte, les conditions de travail étaient plutôt intéressantes, on avait la possibilité de faire remonter ce qui n'allait pas". Selon lui,  "on se doutait bien que l'usine fermerait un jour, mais on pensait que ce serait pas avant un an". Et il craint de ne pas trouver d'autre emploi à Fontenay :  "Ceux qui sont partis de SKF avec le plan social de 2006 ont mis du temps, alors que la situation était meilleure. Depuis, Thoinard a fermé et l'autre grosse boîte, Samro, va très mal", souligne-t-il, pour justifier qu'"on a besoin de bonnes indemnités pour tenir un peu derrière".

D'autant que "SKF a les moyens pour que tout se passe bien" : le groupe a engrangé des "bénéfices record" en 2008, selon les termes de son PDG, plus de trente millions d'euros de bénéfices au premier trimestre 2009 et presque autant au second.

BLOCAGES ET MACHINES BRÛLÉES

L'intersyndicale CGT-CFDT-CGC et les élus locaux se sont d'abord battus contre la délocalisation. Mais même le très actif président du conseil général, le souverainiste Philippe de Villiers, a jeté l'éponge, vendredi. L'intersyndicale a calqué ses revendications sur celles des salariés de Continental, qui avaient obtenu 50 000 euros de prime de licenciement supra-légale. Des grèves ont eu lieu, plusieurs livraisons ont été bloquées, ainsi que jeudi dernier, l'usine de Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours, où se trouve le siège social de SKF France.

Mais la direction refuse d'aller plus loin qu'une enveloppe globale minimale de 30 000 euros, indemnités légales comprises, qui augmentera en fonction de l'ancienneté. "Cela fait environ 17 000 euros de prime", a calculé Frédéric. Il est surtout très en colère parce que mardi, la direction a revu à la baisse ses propositions de congé de reclassement. "Trois heures après, on est partis à une centaine rebloquer les livraisons de l'usine de Saint-Cyr", explique-t-il depuis là-bas. Pendant ce temps, cinq machines de Fontenay ont été incendiées par les salariés. "Ce n'est plus vraiment notre outil de travail", dit-il tristement, tandis que Claude Migné (CGT), porte-parole de l'intersyndicale, précise qu'il s'agissait "de vieilles machines qui n'étaient plus utilisées".

"PÉTALES DE ROSE"

De nouvelles négociations, mercredi, n'ont rien donné. "Le PDG de SKF en Suède dit qu'il a donné les pleins pouvoirs de négociations au PDG France, qui les a confiés aux dirigeants du site de Fontenay, mais eux disent qu'ils ne peuvent pas décider. C'est le chat qui se mord la queue, on se fout de nous", accuse Franck, resté à Fontenay. Non syndiqué, comme Frédéric, il est cependant "de tous les combats depuis 2006". Il dénonce la direction "qui essaie de nous diviser en maintenant le plan de départs volontaires, qui permettra à certains de partir à des conditions plus avantageuses que les licenciés". Et qui "a obtenu, en disant que ça faciliterait les discussions, qu'on continue de produire à 40 % et de livrer, malgré nos grèves".  Du coup, regrette-t-il, "elle gagne du temps, alors qu'on aurait pu bloquer toutes les livraisons pour se constituer un stock en monnaie d'échange et conclure avant les vacances, qui débutent demain".

Franck salue la "solidarité des SKF de Saint-Cyr", qui prévoyaient une grève ce jeudi. "Eux aussi sont menacés, ça fait plaisir qu'ils commencent à se bouger, alors que nous, on a toujours eu un train de retard". Lui dit que "quand tu es en colère, tu ne peux pas demander avec des pétales de rose". Et se demande même "si la direction ne veut pas qu'on fasse sauter l'usine, ça lui coûterait moins cher que les 80 millions d'euros de remise en état des lieux après la fermeture".

 

Claire Ané

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