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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

Libération immédiate de tous les manifestants contre la COP 21. Non à l’Etat policier !

29 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

La manifestation pour le climat, qui a rassemblé plus de 5000 personnes, a été violemment réprimée par la police. Utilisation de gaz lacrymogènes, matraquages, dizaines d’arrestations violentes, le gouvernement n’a pas hésité à utiliser les grands moyens pour empêcher les manifestants de s’opposer à la COP 21. Celui-ci laisse les commémorations des attentats du 13 Novembre, les matchs de foot, les concerts… mais réprime les manifestations. Ce n’est pas le danger pour les manifestants qui guide le gouvernement, mais le fait de faire passer sa politique.

EDF, BNP Paribas, Air France, GDF Suez, les sponsors de la COP 21, sont parmi les premiers pollueurs du monde. Les dictateurs du monde entier sont reçus en grande pompe par Fabius et Hollande, mais les manifestants, qui veulent lutter pour un monde meilleur, se font réprimer. Les attentats du 13 Novembre sont le révélateur d’un monde en décomposition. Changer le système, pas le climat ! Arrêtons les pollueurs, pas les manifestants.

Des centaines de manifestants contre la COP 21 sont actuellement encerclés et arrêtés en masse par les policiers place de la République à Paris. Parmi eux figurent Christine Poupin et Olivier Besancenot, porte-paroles du NPA et plusieurs dizaines d'autres camarades de notre organisation, d'AL et d'Ensemble. Ces arrestations sont la preuve que ce n'est pas contre le terrorisme de Daesh que les mesures d'exception entraînées par l'état d'urgence s'appliquent mais contre toutes celles et ceux qui exercent la plus fondamentale des libertés: celle de manifester. Alors que les chefs d'Etat vont se réunir dès demain à Paris pour la COP 21 toutes celles et ceux qui ne veulent pas les laisser décider du sort de la planète et de l'humanité sont réprimés. Après les assignations à résidence et les perquisitions visant les militants écologistes depuis avant-hier ce sont désormais les arrestations en manifestations. A bas l'état policier ! Liberté pour tous les manifestants arrêtés à Paris.

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SUCCES DU RENDEZ-VOUS CLIMAT A LOUVIERS

28 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

SUCCES DU RENDEZ-VOUS CLIMAT A LOUVIERS

Une bonne cinquantaine personnes se sont rassemblées au Parvis pour montrer leur refus de mettre en sourdine les revendications en faveur du climat au moment où la COP 21 se réunit et s'annonce déjà comme inutile.

L'interdiction de manifester qui a été réaffirmée par la préfecture la veille n'a pas entamé la volonté des participant-e-s : le PCF de Louviers, le NPA, des adhérent-e-s de la "petite cyclote" association qui promeut le vélo, le collectif "Maintenant ça suffit", des membres d'EELV, mais aussi des personnes connues pour leur engagement comme syndicalistes CGT, ou à Artisans du monde, ou encore à la Ligue des Droits de l'Homme ...

Lors des prises de parole au mégaphone, les organisateurs ont expliqué qu'il était pour le moins paradoxal d'inciter la population à vivre comme avant les attentats tout en interdisant ce qui relève de l'urgence climatique. Ensuite, tandis que les cyclistes faisaient leur tour à petite vitesse, les autres ont déambulé sur les trottoirs. Ils ont interpellé les passants avec leurs slogans affichés sur les vêtements et, souligné au mégaphone la nécessité de sortir du système et d'engager tout de suite la transition énergétique.

SUCCES DU RENDEZ-VOUS CLIMAT A LOUVIERS
SUCCES DU RENDEZ-VOUS CLIMAT A LOUVIERS
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A VOIR: IXCANUL (Le Volcan)

26 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

A VOIR: IXCANUL (Le Volcan)

IXCANUL (Le Volcan), film du réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante.

María, jeune fille cakchiquel de 17 ans, vit avec ses parents dans les montagnes de l'ouest du Guatemala, dans une plantation de café sur les flancs du volcan Ixcanul. María veut échapper au mariage arrangé qui l'attend, mais elle paiera pour cela le prix fort. Ce film évoque la condition des femmes au Guatemala aujourd'hui, mais également, la situation dure des indigènes. Main d'oeuvre exploitée dans la plantation de café, alcool, isolement, discrimination linguistique... L'histoire ne cache pas la réalité violente, voire cruelle, pour autant la caméra ne s'enlise pas dans un portrait misérabiliste de la communauté indigène. Ixcanul n'est pas un pamphlet. Économe en mots, les longs plans-séquences nous embarquent dans un monde d'une beauté saisissante, sensuelle, âpre. Ce sont aussi les acteurs non professionnels qui donnent sans doute ce ton si juste, qui tissent ce drame avec authenticité, sans tomber dans la démonstration. Jayro Bustamante signe là un premier long métrage très réussi.

Sylvie F.

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COP21 : De quelle urgence parle l’État français ?

26 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

COP21 : De quelle urgence parle l’État français ?

Soutenu par presque tous les députés et sénateurs, Hollande, chef de guerre assumé, a décidé de prolonger l’état d’urgence de trois mois. Les manifestations seront interdites, dont celles des 28-29 novembre et 12 décembre à l’occasion de la COP21. Mais le business est épargné : les matchs de foot, les marchés de Noël, le salon nautique sont, eux, autorisés...

Comment ne pas voir là l’occasion pour Hollande et son gouvernement d’effacer l’expression publique du mécontentement face à sa politique libérale d’austérité ? La réponse au terrorisme de Daesh, de Boko Haram, d’al-Qaïda ne peut passer par un renforcement policier ici, par la restriction des libertés à commencer par celle de s’exprimer et de revendiquer. En quoi l’interdiction de réunions publiques et de manifestations, la possibilité de museler toute opposition sur un simple soupçon peuvent-elles empêcher des terroristes de tuer ?
Le gouvernement voudrait nous imposer une suspension de la contestation. Qu’il commence par décréter la trêve climatique, en renonçant définitivement aux grands projets destructeurs à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs, en annulant les trois nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux accordés et les deux prolongés.
Il n’y aura pas de trêve de la contestation, parce que plus que jamais les mobilisations sont indispensables pour imposer les réponses aux exigences sociales, aux urgences environnementales.

L’état d’urgence…climatique s’impose !

Malgré les déclarations fumeuses et les postures, aucune chance que le gouvernement Hollande-Valls décrète l’état d’urgence climatique ! Pourtant la dégradation irréversible de la biodiversité, la dangereuse progression du réchauffement climatique, la forte augmentation de carbone dans l’atmosphère la justifieraient largement.
Nous n’attendons rien de la COP21 : seules vont véritablement compter les mobilisations organisées par les associations, les syndicats, les ONG, les mouvements sociaux, pour faire entendre les exigences de celles et ceux qui sont les premiers touchés par la folie productiviste d’un système économique qui crée toutes les conditions de la disparition de l’humanité, qui est incapable d’apporter les réponses crédibles et indispensables pour limiter le basculement climatique en cours.
État d’urgence ou pas, les mobilisations « climat » du 28 novembre au 12 décembre, à Paris (voir en page 10) et aussi partout dans le monde, seront l’occasion d’affirmer nos exigences et de montrer que nous ne comptons que sur nous-mêmes. Les gouvernants réunis au Bourget pour la COP21 sont aux ordres des grands groupes industriels obsédés par l’expansion économique toujours plus grande, par le pillage des ressources et la marchandisation de nos besoins. La croissance effrénée est leur horizon, l’exploitation des travailleurs du monde et de la Terre leur méthode. Le capitalisme détruit la planète. Une seule solution : s’en débarrasser !

Commission nationale écologie

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LOUVIERS : RASSEMBLEMENT POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE SAMEDI 11H PARVIS

25 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

LOUVIERS : RASSEMBLEMENT POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE SAMEDI 11H PARVIS

Appel à toutes les organisations, associations, individus intéressés:

Banderole commune « changer le système pas le climat ». Chaque organisation, chaque association ou simple participant est libre d’apporter des panneaux avec ses revendications.(…) l’urgence de la situation climatique et l’impasse dans laquelle s’engage la COP 21 demande une large participation de toutes et tous.

Claude Duflo et Claudine Duteuil (PCF de Louviers)

Alexis Fraisse (EELV et "la petite cyclote")

Pierre Vandevoorde et Sophie Ozanne (NPA Seine Eure)

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UNION SACREE DES DEPUTES - LIBERTES BAFOUEES

25 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

UNION SACREE DES DEPUTES - LIBERTES BAFOUEES

UNION SACREE DES DEPUTES - LIBERTES BAFOUEES

L’Assemblée nationale a décidé la prolongation de l’état d’urgence de trois mois, par 551 voix contre 6 et une abstention. Trois socialistes (Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan et Gérard Sebaoun) et trois EELV (Isabelle Attard, Sergio Coronado et Noël Mamere) ont voté contre. Respect.

Donc, tous les autres - du FN au PCF - ont voté pour.

Comme le souligne la Ligue des Droits de l’Homme dans un communiqué :

Le projet du gouvernement de proroger de trois mois l’état d’urgence pose de graves problèmes de libertés publiques et individuelles.

Pendant trois mois, pour les motifs les plus divers et sans contrôle préalable de la justice, soixante-six millions de personnes pourront :

- voir la police entrer chez elles de jour et de nuit afin de perquisitionner leur lieu de travail ou leur domicile et prendre une copie du contenu de leur ordinateur ou de leur téléphone mobile. Pour cela, il suffit qu’il existe des raisons sérieuses de penser que ce lieu est fréquenté par une personne dont le comportement constitue « une menace pour la sécurité et l’ordre public » ;

- être assignées à résidence si leur comportement constitue « une menace pour la sécurité et l’ordre public » et se voir interdire d’être en contact avec d’autres personnes présentant la même menace.

Le vague des motifs qui pourront être invoqués, qui dépassent de beaucoup la prévention et la répression d’actes de terrorisme, permet à tout gouvernement de s’en prendre au mouvement social dans son ensemble.

Les associations seront aussi responsables des actes de leurs membres puisqu’elles pourront être dissoutes en raison de leur comportement.

Ce que le gouvernement veut imposer au Parlement d’adopter à marche forcée illustre bien les craintes déjà exprimées par la LDH : ce qui est ici en cause, ce n’est pas l’indispensable lutte contre le terrorisme, c’est l’extension dangereuse des pouvoirs de l’Etat sans aucune garantie judiciaire.

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SYRIE: UNE SIMPLE AFFAIRE DE GAZODUC ?

25 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

SYRIE: UNE SIMPLE AFFAIRE DE GAZODUC ?

SYRIE: UNE SIMPLE AFFAIRE DE GAZODUC ?

On lit et on entend de plus en plus l'idée que le chaos en Syrie serait dû à une volonté des pays du Golfe de déstabiliser Assad pour empêcher la réalisation d'un gazoduc qui aurait traversé le pays depuis l'Europe centrale.

Même si ce projet de gazoduc a sans doute gêné l'un ou l'autre, en faire LA question géostratégique qui serait l'origine cachée des événements revient de fait à excuser, voire à soutenir au moins objectivement Assad. C'est effacer la révolte populaire qui a poussé des millions dans la rue sur des revendications démocratiques et non-communautaristes dans la foulée du printemps tunisien. Ce mouvement de masse était venu des profondeurs de la société, éliminant des décennies de peur et d'oppression. Assad a répondu par les tirs dans la foule, les disparitions, la torture, la libération de 1200 cinglés criminels djihadistes sur un modèle déjà bien rôdé, pour allumer un contre-feu et pousser à passer de la contestation démocratique, avec un mouvement populaire de prise en charge de ses propres affaires dans les quartiers, à un modèle d'affrontement armé où celui qui a raison est au bout de la Kalachnikov. Il a fait bien plus de victimes que Daesh, qui est son symétrique. Le soutenir en alliance avec la Russie, comme le défend le député PS Loncle entre autres, revient à désespérer un peu plus celles et ceux qui ont dû rester en Syrie, et malheureusement à faire passer les barbares sanguinaires et obscurantistes de l'EI pour les anti impérialistes qu'ils ne sont en aucun cas. Pour écraser Daesh, aucun compromis avec Assad, des armes efficaces aux combattants laïques arabes, yezidis et kurdes pour qu'ils puissent faire le ménage eux-mêmes, transparence sur les soutiens financiers de Daesh, arrêt des bombardements (qui donc leur achète le pétrole et le coton ?), expropriation de leurs complices affairistes turcs, qatari et saoudiens.

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A LOUVIERS MERCREDI SOIR

19 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27

A LOUVIERS MERCREDI SOIR

A LOUVIERS MERCREDI SOIR

Un appel à un rassemblement cour de la mairie avait été lancé par SMS et sur internet la veille. Sans en connaître l’origine, nous avions décidé d'y participer. Il y avait entre 150 et 200 personnes, et il est tout de suite apparu que la droite n’était pas là. Il y avait donc un pôle avec de belles pancartes affirmant que le terrorisme est le produit des politiques coloniales impérialistes, mais aussi exprimant notre compassion pour les victimes et leurs familles (deux échantillons ci-dessous). Evidemment, il s’est trouvé quelques (rares) voix pour dénoncer la "récupération du NPA" . Un ancien adjoint de F. Martin, D. Laheye est monté sous le kiosque, rejoint par les élus présents et a fait un discours rapide, sobre, saluant la diversité des opinions qui doivent s'exprimer. Pas d'appel à chanter la Marseillaise. Elle a été entonnée faiblement par quelques personnes en début de rassemblement. Il n’y avait qu’un drapeau tricolore, un grand dans lequel deux jeunes étaient drapés.

A LOUVIERS MERCREDI SOIR
A LOUVIERS MERCREDI SOIR
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Après les attentats : La lutte des classes en suspens ?

17 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Austerité

Avant les attentats du vendredi 13 novembre, la semaine aurait dû être une semaine de grèves et de mobilisations importantes dans différents secteurs d’activité. La sidération, le deuil, l’interdiction des manifestations sur la voie publique ont mis en stand by ces mobilisations pourtant légitimes. Jusqu’à quand ?

Grève des aiguilleurs du ciel, à l’AP-HP (voir en page 9), dans les finances publiques, des enseignants dans le 93, mobilisation à Air France contre les licenciements et la répression (voir en page 12), et même grève générale à Mayotte…La semaine aurait dû être une semaine de forte mobilisations dans différents secteurs d’activité, mais les attentats de vendredi 13 novembre ont suspendu ces mobilisations, qui pour la plupart ont été reportées.

Ainsi, dans la plupart des secteurs d’activité mobilisés, les organisations syndicales se sont exprimées, souvent dans des cadres intersyndicaux, comme aux finances publiques dès dimanche : « Pour nos syndicats, ces revendications sont et demeurent plus que jamais légitimes et urgentes à satisfaire pour assurer un service public efficace et de qualité, encore plus indispensable dans la période. (…) Toutefois, soucieux de l’efficacité de leur action, nos syndicats prennent la mesure du contexte actuel et du choc que ces attentats inqualifiables ont provoqué tant dans l’opinion que parmi les agents des finances publiques ».

Des positionnements compris par les salariéEs qui ne se sentaient pas de se mobiliser cette semaine. Et les discussions montrent qu’il s’agit là de réactions bien plus vis-à-vis des victimes du terrorisme que d’un soutien aux mesures d’état d’urgence du gouvernement. De plus, l’interdiction des manifestations sur la voie publique jusqu’au jeudi 19 novembre rendait également difficile la visibilité de toutes ces mobilisations, ce qui est un véritable problème.

L’état d’urgence sociale

Au-delà de la colère et de l’émotion tout à fait légitimes, les revendications contre les politiques d’austérité, contre les suppressions massives d’emplois et les licenciements, contre la casse du code du travail et des services publics, restent plus que jamais d’actualité. Le gouvernement, avec la prorogation de l’état d’urgence, l’interdiction des manifestations aujourd’hui et peut-être demain, surfe sur l’émotion pour essayer de nous museler, de restreindre les libertés publiques... tout en continuant sa politique de ­destruction sociale.

Car aujourd’hui, ceux qui nous imposent ou applaudissent la mise en place de l’état d’urgence sont les mêmes qui s’acharnent contre le code du travail, les syndicalistes, le mouvement social dans son ensemble, et qui mettent en œuvre des politiques qui laissent filer le chômage, répandent la précarité au service du patronat et des plus riches. Et aucune des mesures liberticides et sécuritaires proposées lundi par Hollande devant le Congrès (on parle de milliards d’euros, trouvés par enchantement ?) ne seront efficaces pour lutter contre l’embrigadement de jeunes par Daesh, aussi parce qu’elles tournent le dos à toute politique sociale.

Plus que jamais, les revendications sociales, écologiques, contre les droits du monde du travail, contre le racisme, doivent se faire entendre. Pas question de laisser rogner notre droit à lutter contre la violence patronale, les suppressions d’emploi, l’austérité, les violences faites aux femmes ou les droits des migrantEs. Il est urgent que la lutte de classes reprenne le devant de la scène.

Sandra Demarcq

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Vos guerres, nos morts...

14 Novembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES

Vos guerres, nos morts...
 
Fragments
 
Ce sont les nôtres qui sont morts la nuit dernière. 
À la terrasse d’un restaurant, dans un bar, dans la rue, dans une salle de concert.  
Les nôtres. 
Morts parce que des assassins ont décidé de frapper en plein Paris et de tirer dans la foule, avec pour objectif de faire le plus de victimes possible. 
11h30. Sarkozy vient de déclarer : « Nous sommes en guerre ».
Pour une fois je suis d’accord avec lui. Ils sont en guerre. 

Vous êtes en guerre, vous les Sarkozy, Hollande, Valls, Cameron, Netanyahou, Obama. Vous êtes en guerre, vous et vos alliés politiques, vous et vos amis patrons de multinationales.

Et vous nous avez entrainés là-dedans, sans nous demander notre avis.  

Afghanistan, Iraq, Libye, Mali, Syrie… Nous n’avons pas toujours été très nombreux à protester. Nous n’avons pas suffisamment réussi à convaincre que ces expéditions militaires ne feraient qu’apporter toujours plus d’instabilité, de violences, de tragédies. 
 
Là-bas, et ici.
 
Car la guerre n’a pas commencé hier soir. Et elle n’avait pas commencé en janvier lors des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Elle avait commencé bien avant. 
 
 
L’une des causes de la sidération qui a touché de larges secteurs de la population, y compris les cercles militants, est la (re-)découverte de cette vérité : oui, la France est en guerre. Une guerre qui ne dit pas toujours son nom, une guerre dont on discute peu dans les assemblées, dans les médias et plus généralement dans l’espace public, une guerre contre des ennemis pas toujours bien identifiés, une guerre asymétrique, mais une guerre tout de même. Les récentes tueries l’ont rappelé de manière brutale à qui l’ignorait, refusait de le voir ou l’avait oublié : la France est en guerre, la guerre fait des morts, et les morts ne se comptent pas toujours chez l’adversaire.
 
Contre qui la France est-elle en guerre ? Selon les discours et les périodes, contre le « terrorisme international », contre le « jihadisme », contre la « barbarie intégriste », etc. Ce texte n’a pas vocation à discuter de ces dénominations imprécises, des généralisations abusives qu’elles impliquent et des paradoxes qu’elles sous-tendent (alliances à géométrie variable, soutien à des régimes dont les politiques favorisent le développement des courants « jihadistes », participation à des interventions militaires qui renforcent ces courants, etc.). Il s’agit plutôt de souligner que la France a, en réalité, emboîté le pas aux États-Unis de George W. Bush dès septembre 2001 (guerre en Afghanistan, législation « antiterroriste ») et fait sienne, sans toutefois le dire, la rhétorique et la politique du « choc de civilisation ».
 
Voilà près de 14 ans que la France était en guerre sans l’assumer.
 
Aucune raison de modifier une ligne de cet extrait. Et dire cela, ce n’est pas manquer de respect aux victimes ou à leurs proches. 
 
L’émotion, l’indignation et la douleur sont évidemment légitimes. Et les assassins qui ont bousillé des centaines, des milliers de vies hier soir, sont inexcusables.
 
12h. Daech vient de revendiquer. Évidemment. Eux aussi, ils sont en guerre. 
 
D’après l’AFP, citant un témoin présent au Bataclan, l’un des assaillants aurait crié : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre président, il n’a pas à intervenir en Syrie ».
 
 
On peut fermer les yeux et se boucher les oreilles. Et se laisser enfumer par la rhétorique dépolitisante du « terrorisme aveugle », forcément inexplicable.
 
Mais les assassins de Paris ne sont pas des pauvres types irresponsables, « fous » ou manipulés par je-ne-sais-quels-services-secrets. On en saura plus dans les heures et les jours qui viennent, mais nul doute qu’ils auront un profil et un discours à peu près similaires à celui des Kouachi et de Coulibaly, à propos desquels, toujours en janvier, j’avais écrit ça :  
 
Les tueurs ont un discours (voir leurs interviews et vidéos, dans lesquelles ils parlent de la Syrie, de l’Iraq, des offenses faites aux musulmans en France et dans le monde, etc.) ; un corpus théorique (voir notamment l'article publié par Mediapart) ; des références organisationnelles (État islamique, al-Qaeda dans la péninsule arabique).
 
(…) Ils se pensent, rationnellement, en guerre contre une certaine France, et ils se considèrent, rationnellement, en situation de légitime défense. En témoigne cette déclaration de Coulibaly dans sa vidéo posthume : « Vous attaquez le Califat, vous attaquez l’État islamique, on vous attaque. Vous ne pouvez pas attaquer et ne rien avoir en retour ».
 
Oui, Daech fait de la politique. Ce sont des assassins, mais ils font de la politique.
 
Et hier soir ils ont frappé fort, très fort. 
 
Aveuglément ? Oui et non. 
 
Oui, parce qu’ils s’en sont pris à des gens qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre, des gens dont le seul crime était d’être là, des gens qui auraient pu être ailleurs et être encore parmi nous aujourd’hui. 
 
Non, parce que frapper de la sorte, c’est lancer un message : « Votre pays est en guerre contre nous, et tant que cette guerre durera, aucun d’entre vous ne sera en sécurité ». 
 
Ils font de la politique. Détestable, mais de la politique. 
 
Nous vivons dans un monde en guerre. La Russie, la France et les États-Unis bombardent la Syrie. L’Arabie Saoudite bombarde le Yémen. Les « opérations » françaises se poursuivent au Mali. Obama a annoncé que ses troupes ne quitteraient pas l’Afghanistan. 
 
D’après le Haut Commissariat aux Réfugiés, il n’y a jamais eu autant de réfugiés et déplacés qu’aujourd’hui, et il n’y a aucune raison que les choses s’améliorent.
 
Le bilan, à l’heure actuelle, est de 128 morts. 128 morts de trop.
 
Le 13 novembre 2015, 128 morts. 
 
128, c’est beaucoup. C’est effrayant. 
 
C’est presque autant que la moyenne quotidienne des morts en Syrie depuis mars 2011.
 
Presque autant que la moyenne quotidienne, oui : 250.000 morts depuis mars 2011, ça fait presque 4500 morts par mois, soit près de 150 morts par jour.
 
Avis au prochain qui nous expliquera qu’il ne comprend pas pourquoi les Syriens fuient vers l’Europe : depuis plus de 4 ans et demi, c’est le 13 novembre tous les jours en Syrie. Et c’est votre nouvel allié Assad qui en porte la responsabilité première, en ayant réprimé sauvagement un soulèvement alors pacifique.   
 
Nous vivons dans un monde en guerre. Et cela permet à certains de faire des affaires. 
 
 
 
La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Égypte. La France se félicite de vendre ses machines de guerre à l’Arabie Saoudite. La France se félicite de vendre ses machines de guerre aux Émirats arabes unis. 
 
Mais la France s’étonne, s’indigne, s’insurge d’être elle aussi ciblée. 
 
Hypocrisie. Lâcheté. Mensonge.   
 
Les chiens sont lâchés. Leurs babines écument. 
 
 
 
Il va falloir tenir bon.
 
 
Toute réponse guerrière, sécuritaire, stigmatisante ou aveugle aux réalités économiques, politiques et sociales de la France de 2015 est non seulement condamnée à échouer mais, qui plus est, un pas supplémentaire vers les tueries de demain.
 
Nous y sommes. Demain, c’était hier soir.
 
13h. Cambadélis annonce que « la France en guerre vient de subir une épreuve de guerre ». 
 
Ils disent et ils répètent que la France est en guerre. Mais quand ils disent ça, c’est pour dire « nous sommes en guerre ». Un « nous » dans lequel il voudrait nous impliquer. 
 
Non. 14 ans de votre guerre n’ont apporté, aux quatre coins du monde, que toujours plus de violences, de tragédies, et de nouvelles guerres. 
 
Si l’Iraq n’avait pas été rasé, Daech n’existerait pas. 
 
Paul Valéry disait que « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ».
 
Il avait raison. Ce sont toujours les mêmes qui trinquent
 
Et si on veut que tout ça s’arrête, il va falloir, une fois le choc passé, tout faire pour mettre un terme à cette fuite en avant vers la barbarie généralisée. 
 
Il n’est pas trop tard. Il est encore temps de passer à autre chose. Radicalement. 
 
En refusant l’injonction « avec nous, ou avec les terroristes ». 
 
En refusant les appels à l’unité avec les bourreaux et les fauteurs de guerres qui construisent chaque jour un monde plus barbare.
 
En refusant leur monde fondé sur l’exploitation, le vol, la violence, l’injustice, les inégalités, la mise en concurrence de ceux qui devraient s’unir. 
 
Se battre pour un autre monde, qui est non seulement possible, mais plus que jamais nécessaire.  
 
Garder le cap et ne rien concéder sous la pression de l’émotion ou de la sidération. 
 
Tu pourras me taxer d’angélisme si tu veux. Mais mon angélisme n’a jamais tué personne. Contrairement à ton « pragmatisme ».  
 
Il est plus que jamais temps de « résister à l’irrésistible ». Sinon on va tous y passer. 
 
Alors, non, Cambadélis. Non, Sarkozy. Non, Hollande. « Nous » ne sommes pas en guerre. 
 
Ce n’est pas ma guerre, ce n’est pas notre guerre. C’est votre guerre. 
 
Et une fois de plus, ce sont nos morts. Comme à Madrid en 2004, comme à Londres en 2005, comme en Égypte il y a quinze jours, comme à Beyrouth cette semaine. 
 
Et comme partout où vous semez la terreur.
 
Vos guerres, nos morts. 
 
 
Vos guerres, no more.
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