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NPA 27 -  Eure

A la Une! (l'Anticapitaliste n°305)

30 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #A la Une!

A la Une! (l'Anticapitaliste n°305)
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De Volkswagen à la cigarette électronique: LA TRICHE AU COEUR DU CAPITALISME !

30 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #Santé

 De Volkswagen à la cigarette électronique: LA TRICHE AU COEUR DU CAPITALISME !

Volkswagen a reconnu avoir équipé ses modèles diesel des années 2009 à 2015 d'un logiciel permettant de cacher des émissions polluantes jusqu’à 40 fois supérieures aux normes  autorisées. De quoi faire réfléchir ceux qui voudraient que le capitalisme industriel soit meilleur que la «méchante» spéculation financière !

 

Ils exploitent, ils empoisonnent, ils trichent… mais ils profitent

Le PDG de Volkswagen a dû démissionner. Mais il obtiendrait plus de 28 millions d’euros de pension. Avec les indemnités de départ, le montant de son pactole pourrait s’élever à près de 60 millions d’euros… ce qui équivaut à 8 000 fois le salaire annuel d’un ouvrier du secteur. Tricher peut rapporter gros... à condition d'être le patron d'une des plus grandes multinationales d'Europe.

Le comble serait que ce soient les salarié-e-s qui paient la note des 16 milliards d'euros d'amende que les Etats-Unis vont réclamer au groupe ! Aucun travailleur  ne doit en subir les conséquences, ni en Allemagne, ni ailleurs !

 

Et ce n'est pas seulement Volkswagen !

Car on sait maintenant que seul un véhicule produit sur dix respecte les normes antipollution.

La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, a annoncé des tests aléatoires et indépendants, avec la bénédiction du Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA). Mais on peut largement douter de « l'indépendance » de ces tests, quand on voit le zèle avec lequel le gouvernement français a immédiatement défendu Peugeot et Renault !

 

Et maintenant, le scandale de la cigarette électronique !

Pour un scandale qui éclate, combien d'autres nous restent inconnus ? Hier  c’était le premier constructeur automobile mondial, avant ce fut un grand groupe du médicament avec le Mediator, ou encore les groupes de l'agro-alimentaire avec les farines animales et  la « vache folle »… et aujourd’hui c’est le tour des fabricants de cigarette électronique : une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) menée en 2014  constate la  non-conformité de 90 % des liquides prélevés et de près de la totalité des chargeurs, et de . « nombreuses anomalies d’étiquetage » sur les recharges de liquide…

 

C'est tout leur système qui est pourri

Les fraudes se sont développées à cette échelle parce que les « puissants » croient que le secret leur garantit l’impunité. La levée du secret qui préside à toutes les opérations industrielles et financières dans tous les domaines de la production devient une exigence élémentaire. Ces grands groupes sont prêts à tout pour faire du profit, quitte à empoisonner nos assiettes, nos poumons, notre santé, notre environnement, toute la planète même, avec la complicité des gouvernements et des institutions.

 

Changer le système pour sauver la planète et le climat !
La conférence mondiale sur le climat va se réunir à Paris. Sponsorisée par les grands pollueurs du monde, parmi lesquels les groupes automobiles,  ses décisions ne gêneront pas leurs business. Avec toujours plus d'énergies fossiles gaspillées, la température va continuer à grimper. Mais avec 3° de plus d’ici la fin du siècle, on aura des  catastrophes climatiques et humaines.  La fonte des réserves de glace fera monter le niveau des mers : des villes comme New York, Amsterdam seront englouties. La violence des cyclones, des inondations, des canicules va s’accroître. Des millions de victimes qui auront tout perdu au sud devront migrer au nord.  Alors, participons aux rassemblements, manifs, marches les 28 et 29 novembre (partout dans le monde), le 12 décembre à Paris. Personne ne sauvera la planète à notre place !

 

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Olivier Besancenot: “La rémunération des actions, la part la plus parasitaire de l’économie, ne cesse d’augmenter” (Les Inrocks)

29 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT, #Austerité

L’ancien candidat à l’élection présidentielle, membre de la direction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), sort “Le Véritable Coût du capital” (éd. Autrement), un livre dans lequel il tord le cou aux idées reçues sur le “coût du travail”. Entretien.

 

13 heures, ce vendredi 25 septembre, Olivier Besancenot termine son service au guichet de La Poste, aux alentours de la Porte de Clignancourt, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Pendant sa pause déj’, il nous invite à boire un café, dans le troquet situé en face de son travail, pour parler de son nouveau livre, Le Véritable Coût du capital (éd. Autrement).

 

 

 

L’ex-porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) arbore une barbe de trois jours et un visage détendu, bien qu’un peu fatigué : mardi il s’est levé aux aurores pour assister ses anciens collègues au bureau de La Poste de Neuilly, mobilisés dans une grève contre la réorganisation. L’ex-candidat de la LCR aux élections présidentielles de 2002 et 2007 ne s’applique pas à lui-même la réduction du temps de travail pour laquelle il milite – c’est le lot du militant politique.

Moins présent dans les médias depuis qu’il a cédé sa place à Philippe Poutou en 2012, Olivier Besancenot prend le pouls du monde du travail depuis son guichet. Ce matin-là, sur les quinze premières lettres recommandées qu’il a remises, l’une annonçait la fin d’une période d’essai – “la personne s’est effondrée” –, l’autre un entretien préalable au licenciement. “Tu sors de l’émission Des Paroles et des actes la veille avec Manuel Valls [où le Premier ministre a réagi aux mauvais chiffres du chômage, ndlr], et tu te dis : voilà, ça fait deux chômeurs de plus”, constate-t-il avec amertume. Entretien.

 

Pourquoi te semblait-il important d’écrire un livre sur le “véritable coût du capital” aujourd’hui ?

Olivier Besancenot – Je suis parti de ce constat : on accepte d’être désignés comme un “coût”, ce qui est super violent, sans s’interroger sur les mots, les chiffres et arguments qui nous sont présentés comme d’incontestables vérités. J’ai donc eu envie de me pencher sur ce qu’est la réalité de la force de travail – Combien rapporte-t-on avant de coûter ? Où en est la productivité ? Quelles sont les vraies-fausses pistes de la compétitivité ? – et de considérer l’autre côté du miroir, c’est-à-dire le vrai coût du capital.

Ce livre est donc un répertoire de données illustrées, qui ont été produites par des organisations syndicales ou des militants comme Michel Husson [statisticien et économiste français travaillant à l’Institut de recherches économiques et sociales et connu pour ses travaux sur la politique de l’emploi, ndlr]. Il a été pensé pour être un support à destination de ceux qui militent dans le cadre des entreprises notamment, pour les aider dans leurs combats. C’est un contrepoids à la campagne politique et médiatique que nous subissons tous les jours, et qui culpabilise tout le monde sur le thème du “coût du travail”.

Il s’ouvre sur le rapport Gallois et le choix de la compétitivité fait par François Hollande en 2014, qui inaugurent selon toi une nouvelle offensive du capital. Comment expliques-tu que la gauche au pouvoir soit à l’origine de cette offensive ?

Il y a une conversion politique assumée au libéralisme dans les rangs de la social-démocratie – je ne sais d’ailleurs pas s’il faut continuer de l’appeler ainsi. La différence entre un train qui déraille et le gouvernement, c’est que le train qui déraille s’arrête tout seul, alors qu’eux ne s’arrêteront pas. Ils ont fait un choix politique à la Tony Blair ou à la Schröder, et ne reviendront pas dessus.

L’autre élément explicatif c’est qu’il y a des offensives libérales qui, paradoxalement, peuvent passer plus facilement sous la gauche que sous la droite. La complicité dont la gauche bénéficie de la part de la direction du mouvement syndical lui permet de passer des mesures impopulaires, sans créer autant de trouble dans le mouvement ouvrier que l’aurait fait la droite. Peut-être l’ont-ils compris. D’où la distribution des rôles entre flics gentils et flics méchants, c’est-à-dire entre le gouvernement et le Medef : pendant que l’un coupe les oignons, l’autre pleure.

Ce tournant est synthétisé dans le rapport Gallois, qui préconise un “choc de compétitivité”. Celle-ci, déjà familière de Sarkozy, est appliquée dans le menu détail par François Hollande dans toutes ses réformes. C’est à l’exigence de compétitivité que répondent le pacte de responsabilité, la loi Macron, l’accord national interprofessionnel (ANI) ou encore le rapport Combrexelle.

Selon une idée largement diffusée dans la société, il faudrait baisser le “coût du travail” pour gagner en compétitivité. Notre retard sur l’Allemagne s’expliquerait ainsi par un “coût du travail” trop élevé en France. Pourquoi n’en est-il rien selon toi?

Le grand public est persuadé que l’Allemagne supplante la place économique de la France parce qu’elle est plus compétitive grâce à un coût du travail qui est moindre. C’est l’idée qui est admise par 90 % des gens. Or il n’en est rien.

Dans le principal secteur exportateur, celui de l’industrie manufacturière, les coûts horaires en France et en Allemagne sont semblables : 33,16 euros outre-Rhin et 33,37 euros dans l’Hexagone. Dans le secteur automobile, le salaire allemand est même supérieur d’environ 30 % au salaire français. Pourtant la productivité horaire est plus forte en France qu’en Allemagne en 2014.

Il faut donc contrecarrer le discours ambiant sur ce comparatif qui arrange tout le monde : si les exportations allemandes surpassent les françaises, c’est en raison de facteurs “hors coûts”, comme l’image de marque, le design, et l’idée qualitative que renvoie le produit fabriqué, qui a un coût. La part du PIB consacrée à la recherche-développement explique aussi cela : elle est plus importante en Allemagne qu’en France.

Pourtant en France les patrons licencient en se justifiant par le fait que le travail coûte trop cher. Dans ton livre tu opères un renversement en montrant que le capital aussi a un coût : quel est-il et comment le mesures-tu ?

Il y a d’abord un coût du capital sur le travail : on n’a jamais autant allégé le coût du travail qu’en ce moment. La part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de dix points ces trente dernières années, ce qui est énorme. Les exonérations de cotisations sociales – appelées “charges” dans la novlangue libérale – sont aussi une façon de s’attaquer à notre salaire.

Dans le même temps, la rémunération des actionnaires n’a jamais été aussi importante, que ce soit en proportion de la masse salariale ou en fonction de la valeur ajoutée. La CGT mène une campagne à ce sujet. Elle montre qu’il y a trente ans, les dividendes représentaient 10 jours de travail, contre 45 jours en 2012. Qu’elles qu’aient été les grandes promesses de Sarkozy lors du discours de Toulouse ou de Hollande lors du discours du Bourget contre la finance, l’emprise de la rémunération actionnariale sur l’économie, et donc de la part la plus parasitaire du capitalisme, ne cesse de s’accentuer.

Pourtant jamais un seul des économistes qui nous font transpirer tous les jours à la télévision ne nous explique que toute la société paye un coût du capital délirant. C’est de l’escroquerie verbale. On a tous la sensation d‘avoir fait une connerie : on nous explique qu’on dépense trop d’argent et on n’en rapporte pas assez. Et on finit par le croire !

Tout ce que tu expliques, chiffres à l’appui, dans ton livre, rappelle le témoignage de Ghislaine Tormos, ouvrière à l’usine PSA d’Aulnay, dans Le Salaire de la vie (éd. Don Quichotte), sorti l’année dernière…

Son livre m’a beaucoup marqué. On a fait des débats ensemble ensuite. Ce qui est poignant c’est d’une part l’histoire qu’elle retrace, celle d’une ouvrière dans le groupe de PSA, un monde d’hommes où elle a réussi à se faire une place, et d’autre part le récit de sa prise de conscience dans la grève. Cela rappelle que, si un livre peut contribuer à “conscientiser”, rien ne vaut les actes fondateurs collectifs auxquels on participe. Elle a retranscrit cette expérience, pour pouvoir la transmettre.

Son cas semble être exceptionnel : dans La Conjuration des inégaux, tu expliquais qu’il n’y a jamais eu autant de prolétaires sur terre, et qu’en même temps ils n’ont jamais eu aussi peu conscience d’exister en tant que tels. Aujourd’hui le monde du travail semble encore tétanisé, gagné par la peur du déclassement. Comment reprendre la main ?

On est dans une phase de reconstruction du mouvement social. Il faut le rebâtir, en prenant ce qu’il y avait de meilleur dans l’ancien et en l’adaptant à notre période. Il faut assumer ça, quelle que soit son appartenance politique, syndicale ou organisationnelle. C’est ce qui donne encore moins de sens aux “querelles partisanes” : il y a de vraies questions stratégiques qui divisent profondément le mouvement ouvrier, mais je suis pour les prendre comme des éléments de reconstruction. Si on les évacue au nom de l’unité, on ne règle pas le problème.

Mais l’idée selon laquelle telle ou telle organisation peut prétendre incarner le meilleur des traditions du mouvement ouvrier et être en même temps le creuset des futures radicalisations ne correspond pas à ce qu’on est en train de vivre. On vit un moment de délitement, de décomposition du mouvement ouvrier. Une page est en train de se tourner. Il faut commencer à regrouper ceux qui veulent écrire la prochaine, sans effacer les pages précédentes.

Dans ce contexte, il faut assumer d’être à contre-courant. On est à contre-courant de tout : parler de coût du capital, prendre la défense des réfugiés, etc. Même dans notre propre camp social, diviser pour mieux régner n’a jamais autant fonctionné. Les possédants ont réussi à faire en sorte qu’on se bouffe la gueule entre nous. Mais ce n’est pas inéluctable. J’ai appris dans mes expériences militantes que des bifurcations sont possibles. Mais pour les préparer, il faut que les voix à contre-courant se fassent entendre. Sur ce sujet-là j’ai voulu prendre date avec ce livre.

Dans la bataille idéologique entre le capital et le monde du travail, les fonctionnaires prennent des coups. Emmanuel Macron a récemment déclaré que leur statut n’était plus justifiable…

Emmanuel Macron est le chantre de l’air du temps libéral. Il a beaucoup de défauts, mais il a aussi certainement une qualité : celle de sentir les choses. Il sait à quel point tout a été préparé politiquement pour que son rôle de “plus libéral que moi tu meurs” fonctionne. Sa fonction est de faire toutes les provocations de droite possibles, de pousser le curseur toujours plus loin. Il l’a fait sur le statut de fonctionnaire, il l’a fait sur les 35 heures, il le fera sur le droit de grève un jour, ou sur les congés payés. C’est tellement prévisible.

Le gouvernement a besoin de lui pour aller toujours plus loin et voir comment on répond. On a besoin dans ce contexte d’entendre des choses radicalement différentes : répartir les richesses, réduire le temps de travail, défendre le service public, renationaliser des secteurs clés, etc.

Dans un premier temps ça ne paye pas, mais c’est comme ça qu’on balise un camp social et politique : en lui donnant des identifiants forts. On aurait besoin d’être plus nombreux à ne pas flatter l’air du temps. Même sur l’affaire Volkswagen par exemple. L’ONG Transport et environnement a montré qu’un seul véhicule sur dix répond aux normes antipollution. L’ensemble des constructeurs produisent cinq fois plus que ce qui est autorisé – dont évidemment des constructeurs français.

Au moment où les électeurs de gauche avaient la gueule de bois en France suite aux promesses non tenues par François Hollande, quelque chose s’est passé en Grèce. Mais Tsipras a fini par signer un mémorandum qui avalise l’austérité, et Unité populaire, la scission issue de la gauche de Syriza, a fait moins de 3 % aux dernières élections. Comment perçois-tu cette séquence ?

C’est une opportunité gâchée, mais pas définitivement. Tsipras aura du mal à appliquer son mémorandum. Il y aura forcément des rebondissements. Le peuple grec est fier, il lutte, et il n’a pas dit son dernier mot. Ce processus politique était le premier du genre. Pour nous, c’était du domaine des travaux pratiques: pouvait-on appliquer une politique alternative à l’austérité en Europe, oui ou non ? La seule réponse de la Troïka a été de montrer que c’était incompatible avec l’appartenance à l’UE.

La direction de Syriza porte une responsabilité historique dans cet échec, mais ce processus dépasse la Grèce. En Espagne, en Grande-Bretagne, la révolte monte des tréfonds des peuples d’Europe. Il nous faut donc travailler à la convergence de ces causes et des temporalités des combats sociaux. D’où l’importance de maintenir le cap de l’anticapitalisme, de la rupture avec l’Europe actuelle, mais aussi de l’internationalisme. C’est le sens d’une tribune que j’ai signée avec Miguel Urbán de Podemos et Antonis Ntavanellos, numéro 2 d’Unité populaire.

Une réunion aura lieu dans la deuxième quinzaine d’octobre pour organiser une marche des indignés à Bruxelles. Cet appel pour l’”austerexit”a vocation à regrouper toutes les forces sociales et politiques qui veulent sortir de l’austérité.

La marginalisation d’Unité populaire et l’échec momentané de Syriza ne risquent-t-ils pas de conforter ceux qui considèrent que les anticapitalistes sont incapables de mettre en pratique leur programme ?

Au contraire on voit qu’en Grèce comme dans l’Etat espagnol potentiellement, des idées alternatives peuvent être portées au pouvoir. Cela change notre manière de concevoir l’avenir. La crise économique est telle que des forces marginales électoralement peuvent être propulsées sur le devant de la scène électorale en quelques mois. Ça reste une possibilité, y compris en Grèce avec Unité populaire. Tout cela reste ouvert. Mais la principale leçon des récents événements grecs, c’est qu’il y a un manque de solidarité du restant du mouvement ouvrier en Europe vis-à-vis des Grecs, pour forcer notre gouvernement à intervenir.

La gauche radicale en France a une responsabilité : à force de ne pointer du doigt que le gouvernement allemand, elle dédouane son propre gouvernement. Pourtant le gouvernement français n’a pas les mains propres dans le dossier grec.

Le Parti de gauche prépare un “sommet du plan B” en Europe. Le NPA pourrait-il s’y associer ?

Nous estimons que c’est aux forces les plus impliquées dans ces combats d’avoir la main, car elles sont les plus légitimes. Autrement, ce n’est que du positionnement politique, on est dans l’effet d’annonce. La question qui se pose est la suivante : va-t-on se donner les moyens de monter une campagne européenne pour sortir de l’austérité et faire converger les voix qui s’accordent sur la nécessité de rompre avec l’Europe actuelle ? C’est le sens de notre campagne. Jean-Luc Mélenchon a peut-être cela en tête quand il parle d’un “plan B”, mais pour l’instant, j’ai entendu beaucoup d’ambitions, et je n’ai vu concrètement qu’une photo à la Fête de l’Huma.

D’où l’importance de la réunion de travail qui aura lieu les 15 et 16 octobre à Bruxelles. Le PG est au courant. L’alternative est simple : soit on se donne les moyens de mener cette campagne, soit on se positionne politiquement. Il serait illogique que les différentes forces de la gauche radicale en France, de LO au PG, ne soient pas dans le coup, pour ce qui est de l’aspect politique – car il y a aussi un aspect social et syndical.

Est-il important pour toi d’avoir une candidature du NPA à la présidentielle de 2017 ?

On en discutera au mois de mars lors d’une conférence nationale. Le NPA a une voix particulière à faire entendre. Mais compte tenu de l’urgence de la situation et de ce que produit le terrain électoral pour la gauche radicale en ce moment, j’ai plutôt tendance à penser que les différentes composantes de cette gauche ont tout intérêt à moins penser à 2017 et à penser davantage à ce qu’on peut faire ici et maintenant. Je pense qu’en 2017, le NPA devrait faire entendre sa voix. Mais la gauche radicale est divisée, on est incapables de donner un sens à la quête de représentation politique, alors que les partis tels qu’ils existent sont en crise. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Le NPA est un des rares partis de tradition trotskiste en France, avec Lutte Ouvrière. Le Parti Ouvrier Indépendant traverse une crise, et la Gauche Unitaire, issue du NPA, s’est dissoute dans le PCF. Quel sens a encore l’étiquette “trotskiste” ?

Le NPA n’est pas un parti trotskiste. Certains de ses militants n’aimeraient pas être qualifiés ainsi. On veut prendre le meilleur des filiations politiques, qu’elles soient trotskistes, libertaires, communistes-radical, écosocialistes… Mais qu’on soit au NPA, à LO, chez les libertaires, au PG ou même au PC, je pense qu’on se sent tous orphelins d’une représentation politique unitaire, qui représente jusqu’au bout les intérêts des opprimés, des exploités.

Mais pour y parvenir il nous faut réussir à mettre de côté les ambitions des uns et des autres, qui pensent qu’ils ont forcément rendez-vous avec l’Histoire. Ce n’est pas ce dont on a besoin : on a besoin de redonner confiance aux sphères militantes. Le monde a changé, nous devons réinventer un projet révolutionnaire. Je ne pense pas qu’un seul courant politique peut prétendre avoir eu raison sur tous les autres jusqu’à présent. Certains le pensent dans toutes les familles politiques, mais pas moi. Quand les moments sont difficiles ce réflexe identitaire permet de tenir bon, mais il faut assumer le doute. Dans les périodes de reflux, la solution de facilité consiste soit à se réfugier ailleurs, au chaud, soit à plonger dans le sectarisme. Ne tombons pas dans ces deux pièges.

Propos recueillis par Mathieu Dejean

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Avec le peuple Syrien, contre les bombardements!

29 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Depuis 4 ans, le régime de Bachar el-Assad a écrasé sous la torture et les bombes son peuple soulevé. Pour cela, il a pu compter sur l’aide militaire et financière directe de l’Iran et de la Russie. En revanche, les autoproclamées démocraties occidentales, au-delà des mots, n’ont rien fait d’autre que rejeter les révoltés syriens vers les monarchies du Golfe les plus réactionnaires. Avec comme résultat une situation catastrophique sur tous les plans, et l’émergence de Daesh.

Aujourd’hui la réponse de la France est de bombarder la Syrie. Et pour justifier ces bombardements Valls et Hollande nous enfument en parlant de « légitime défense » comme si la Syrie était toujours sous protectorat français.

Mais une fois encore, la France n’aide pas, elle se substitue à la souveraineté des peuples par des interventions militaires directes, des bombardements en Syrie dont on est sûrs des résultats contre-productifs : « dommages collatéraux » sur les populations, rappel d’un passé colonial honni, renforcement de la cause de Daesh en tant qu’ennemi des grandes puissances coalisées … et obligation de reprendre toujours plus de coopération avec le tyran de Damas pour l’accès à son espace aérien, voire pour une « solution politique ».

Alors que les forces syriennes libres, et les forces kurdes se battent concrètement seules contre l’Etat Islamique-Daesh, mais aussi contre les régimes qui les bombardent quotidiennement sur le terrain sans aucune aide des chancelleries occidentales, ces frappes, de l'avis même des experts, n'auront que peu de conséquences tant DAESH a eu le temps de s'organiser...faisant de la population un bouclier humain.

Les Etats-Unis auraient déjà frappé plus de 2000 fois des positions de DAESH en Syrie avec quels résultats ? Aucun comme en Irak où c'est le chaos et la mort que sèment les bombes. A l’inverse cela renforce la propagande de l’Etat islamique comme seul résistant aux injustices créées par les grandes puissances.

Un triste jeu diplomatique se joue entre les puissances mondiales et régionales en Syrie entre les Etats-Unis, la Russie et maintenant la France, l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie, un jeu cynique qui se fait sans et contre la population qui subit l'obscurantisme de DAESH et la tyrannie sanguinaire de Assad.

Nous refusons ces aventures militaires aux coûts démesurés qu’on ne trouve jamais pour les interventions civiles d’urgence. Nous refusons cette stratégie faite de valorisation de l’industrie de la mort, vendue aux pires oppresseurs de la région (longtemps l’Irak, Israël, maintenant l’Arabie Saoudite, Qatar, les Emirats Arabes Unis, et à nouveau l’Egypte).

Le NPA demande l'arrêt immédiat des bombardements français, comme de ceux du régime d’Al Assad et de toutes les puissances.

Le NPA continue à soutenir la résistance Syrienne et Kurdes contre tous leurs oppresseurs.

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Le NPA tiendra son stand à la foire saint Michel le Sa. 03 et Di. 04 Octobre

27 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #NPA 27, #Comité NPA Seine-Eure, #Jeunes NPA

La Saint Michel à Louviers voit traditionnellement passer autour de 80 000 personnes , c'est le plus gros rassemblement populaire et commercial du département.
Il y a bien longtemps que nous  y sommes présents et depuis l'an dernier, le NPA et le PCF ont un stand mitoyen derrière le musée dans le haut de la rue Mendes France, de chaque côté d'un espace dévolu à "Maintenant ça suffit !". Ce collectif est issu de la campagne municipale menée en commun à Louviers et constitue un espace unitaire.

Passez au stand, venez discuter, retrouvons-nous au pot traditionnel à 18h le samedi !

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Cassidian Val de Reuil : malgré les belles paroles, une vente sur le dos des travailleurs

27 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EMPLOIS - LICENCIEMENTS

Le Monopoly industriel continue: l’usine Cassidian de Val-de-Reuil, filiaile d'Airbus Defence & Space est reprise par Cordon Electronics. Cordon, filiale de Cegelec, est spécialisée dans la réparation de matériel électronique, poursuivra, paraît-il, « l’intégralité des activités »… mais ne gardera que la moitié du personnel.
Produire la même quantité avec deux fois moins de personnel : bonjour les nouvelles conditions de travail
pour ceux qui resteront !
Quant aux autres, ils « devraient » être reclassés dans Airbus Group. Où ? Dans quelles conditions ?
Le PDG Enders poursuit sa restructuration sur le dos de ceux qui produisent, pour mieux arroser les administrateurs
et autres actionnaires: 815 millions d'euros de prétendues "économies" en supprimant 5 804 emplois en Europe sur trois ans.
Il faut être aussi aveugle que minable pour oser prétendre, comme le fait le PS," les emplois sauvegardés, des savoir‐faire et des compétences préservées, l’activité locale renforcée". Les faits sont têtus, et les mensonges du maire/vice-président de la région/directeur général de LVMH/secrétaire départemental du PS ne vont pas tarder à lui revenir en forme de boomerang.

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Intervention en Syrie : Elle est où, l’opposition aux bombardements ?

24 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International, #RESISTANCE

Ça fait des semaines qu’il en parlait, certainement des mois qu’il en rêvait : Hollande aussi veut mettre un pied en Syrie. Pourtant les affaires traînaient parce qu’il n’est pas si simple de jouer à la guerre. À moins de mentir comme W. Bush junior en 2003. Alors il a osé...

Prenant prétexte de l’émotion suscitée par la publication de la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage, le gouvernement français a donc expliqué que les migrantEs fuyaient Daesh et que pour les aider, il faudrait exterminer Daesh. Imparable !

Après le Mali, l’Irak et la République centrafricaine, voilà Hollande de nouveau chaussant ses rangers et armant ses avions de guerre pour aider les réfugiéEs à surtout rester chez eux, puisqu’en France, son gouvernement les accueille à coups de lacrymo et de matraque. C’est pourtant à force de mener des guerres, de tuer des populations civiles, de détruire l’économie de ces pays que les impérialistes, dont la France, attisent le feu.

Le 15 septembre, Hollande a donc annoncé que l’État français allait effectuer des missions de surveillance en Syrie sans exclure des bombardements de zones ciblées de Daesh. Un vaste programme qui a donné lieu à un florilège de déclarations... mais pas à une opposition antiguerre.

À droite, toujours plus loin, toujours plus fort !

La droite n’y va pas avec le dos de la cuillère. L’un des meilleurs d’entre eux, Éric Ciotti, se lâche : « Il faut utiliser tous les moyens pour éradiquer Daesh grâce notamment à une nouvelle coalition intégrant la Russie et l’Iran. (…) Des frappes aériennes ont déjà été lancées, mais elles n’ont pas obtenu les résultats escomptés, il faut passer à l’étape supérieure. Donnons-nous les moyens de gagner cette guerre ! » L’intervention au sol est envisagée...

De façon globale reviennent dans les déclarations de droite l’exigence d’une coopération resserrée avec le gouvernement russe... et une aide au régime de Bachar el­-Assad ! Pourtant, depuis 4 ans, ce régime assassine tout ce qui résiste à sa politique. Cela ne semble pas gêner la droite qui considère avant tout qu’il reste pour le moment un élément de stabilité dans la région... En attendant de trouver de nouvelles alliances ?

Sur le fond, le Front national, qui a mille liens avec le régime de Damas, n’a pas une position sensiblement différente...

ONU or not ONU ?

Du côté du Front de gauche, on ne peut pas dire que la critique soit aiguisée et surtout, elle ne porte absolument pas sur l’intervention en elle-même mais sur son encadrement. Pour Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, ce ne sont pas vraiment les bombardements qui posent problème mais le fait qu’ils aient lieu sans mandat de l’ONU (!), ce qui est globalement la position de son parti.

Et André Chassaigne, député du parti communiste et président du groupe à l’Assemblée nationale, d’enfoncer le clou. Ce qui l’inquiète, c’est que la France va faire cavalier seul alors que ce qu’il faudrait c’est la « perspective d’une grande coalition contre Daesh notamment avec les Russes » !

Enfin, cerise sur le gâteau, le député Front de gauche de Seine-Saint-Denis, François Asensi, va même jusqu’à s’interroger sur l’efficacité des frappes annoncées, et s’inquiète de leur illégalité internationale, compte tenu du fait qu’elles se feraient sans mandat de l’ONU.

Non à l’intervention militaire !

Bombes, faim, misère, dictatures, c’est cela que fuient les réfugiéEs, c’est cela qu’ont semé au fil des guerres et des opérations néocoloniales les grandes puissances. C’est pourquoi, avec ou sans ONU, nous sommes contre toute nouvelle intervention militaire de notre propre impérialisme.

Le seul moyen de sortir de l’ornière, c’est d’abord d’affirmer qu’en Europe, ceux qui sont de trop, ce ne sont pas les migrantEs, mais ceux qui sèment le chômage et la pauvreté, tous les rapaces de la finance, les patrons voyous et les dirigeants à leur service. La seule unité que nous reconnaissons, elle n’est pas nationale, c’est celle des exploitéEs d’où qu’ils viennent, face à leurs bourreaux. Autant de prises de position que l’on n’a pas entendues à l’Assemblée lors du débat parlementaire sur la Syrie mardi 15 septembre...

Il est plus que temps qu’une grande manifestation s’organise pour dire notre solidarité sans faille avec celles et ceux qui cherchent refuge, et pour s’opposer sans réserve à la politique guerrière de Valls et Hollande !

Denise Sarraute

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Grèce. Des élections au nouveau gouvernement mémorandaire (http://alencontre.org)

23 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Le nouveau gouvernement Tsipras vient de prêter serment, ce mercredi 23 septembre, devant le président de la République, Prokopis Pavlopoulos, de la Nouvelle Démocratie, et en présence les autorités religieuses. Un commentateur grec suggérait une nouvelle formule pour cette cérémonie: «In the bailout agreement we trust» («Dans le renflouement financier nous croyons»).

On retrouve au centre du dispositif du gouvernement de coalition: Yannis Dragasakis, vice-premier ministre et superviseur des opérations, avec la main droite de Tsipras, Nikos Pappas, ministre d’Etat et coordinateur de la politique gouvernementale; Euclide Tsakalotos, aux Finances, aidé par Georges Chouliarakis, fort apprécié par l’Eurogroupe; Georges Stathakis à l’Economie. Panos Kammenos est reconduit à la Défense et Nikos Kotzias aux Affaires étrangères; les deux sont membres des Grecs indépendants. Le gouvernement inclut aussi deux anciens ministres du Pasok ayant rejoint Syriza: Theodora Tzakri, secrétaire d’Etat dans le Ministère de l’économie, de la croissance et du tourisme, ainsi que Marcos Bolaris, secrétaire d’Etat à l’Agriculture et à l’alimentation.

Dans un entretien avec le quotidien économique italien Il Sole-24 Ore (22 septembre 2015), Stathakis déclare que la priorité est «de respecter le plan de réformes passé avec les créanciers même s’il faudra des investissements pour équilibrer l’austérité». Ces investissements sont évidemment plus que conditionnels et conditionnés. Le 1,2 milliard d’euros devant résulter de la privatisation des 14 aéroports régionaux, cédés à l’allemand Fraport et au groupe financier grec Copelouzos, n’arriveront certainement pas dans les caisses avant la toute fin 2015, au mieux. Constantinos Michalos, président de la Chambre du commerce et de l’industrie d’Athènes, déclare: «Les privatisations devraient décoller puisque l’aile radicale de Syriza qui s’opposait aux ventes est sortie du parti et, de la sorte, Syriza peut regagner la confiance des investisseurs internationaux.» (Il Sole-24 Ore, 22 septembre 2015) Néanmoins, cette «confiance» n’est pas gratuite. Et le plan de privatisations, selon tous les pronostics, ne devrait pas «rapporter» (pour payer la dette) plus de 3,7 milliards en 2016 et 1,3 milliard en 2017!

Credit Suisse va à l’essentiel: «Trois éléments clés devront contribuer à la stabilisation de la Grèce: la recapitalisation des banques, l’acquisition de bons du Trésor par la Banque centrale européenne dans le cadre de son QE (assouplissement financier) et un allégement de la dette publique.» Autrement dit, dans l’immédiat, l’objectif des créanciers, sous la houlette de la BCE, sera: l’adoption rapide de lois ayant trait au système de retraite et aux impôts. L’acquisition des bons du Trésor ainsi que le début d’une négociation sur la restructuration de la dette – considérée par tous les milieux financiers internationaux comme nécessaire – seront soumis à un examen préalable. Les vrais vainqueurs des élections, les créanciers et leurs institutions, soumettront le bon élève élu à un sévère examen. Les créanciers ne croient pas en Dieu et ne cultivent pas la confiance. La recapitalisation des banques est prioritaire pour les dominants. Le PDG de la plus grande banque de Grèce, Piraeus Bank, Anthimos Thomopoulos, déclare: «Sur le fond nous sommes où nous en étions il y a cinq ans pour ce qui est des choses qui doivent être faites. Si ce n’est que maintenant nous avons un premier ministre enthousiaste et dynamique disposant d’un mandat populaire le faire. Et cela est positif.» (Financial Times, 22 septembre 2015) Toutefois, le quotidien de la City titre: «La victoire de Syriza échoue à dissiper les craintes concernant les réformes liées au bailout». En effet, dans les cercles dirigeants de l’Union européenne, la pression ne faiblira pas afin d’étayer la confiance des investisseurs. Pour cela, un gouvernement disposant d’une base parlementaire plus large reste un objectif. Ce qui pourrait valider la mise en œuvre d’une politique autoritaire allant de pair avec l’application du troisième mémorandum.

Nous publions ci-dessous la résolution adoptée, le 21 septembre, par DEA (Gauche ouvrière internationaliste, qui anime le Red Network et est membre de l’Unité populaire). (Rédaction A l’Encontre)

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Une victoire à la Pyrrhus

1. Les élections anticipées du 20 septembre, une initiative prise par Alexis Tsipras, tentaient d’atteindre deux objectifs:

Confirmer l’équilibre des forces politiques et rétablir la viabilité du gouvernement de Syriza avant que les travailleurs et les classes populaires se rendent compte, par leur propre et amère expérience, du contenu réel de l’accord qui a été signé avec les créanciers le 13 juillet 2015.

Dans cet effort, la direction de Syriza a été entièrement soutenue par les dirigeants européens. Cela a été rendu évident par la déclaration emblématique de la chancelière allemande Angela Merkel [faite lors de sa visite au Brésil le 20 août 2015] selon laquelle les élections étaient «une partie de la solution et non une partie du problème». Les dirigeants de Syriza ont également reçu l’appui de la grande majorité des médias de masse en Grèce. Cela a joué un rôle décisif dans l’organisation et la promotion du débat public antérieur aux élections, durant lequel il y eut un silence presque complet sur le thème du troisième mémorandum qui constituait et constitue le principal problème de l’affrontement politique en cours.

Le deuxième objectif d’Alexis Tsipras était la purge de l’aile gauche de son parti, même si le prix qu’il a dû payer pour cela fut la désintégration organisationnelle de Syriza. Dans la campagne pour atteindre ce but, Tsipras a été appuyé de nouveau, sans réserve, par les médias bourgeois de masse. Ils ont calomnié de manière impitoyable la «plateforme de gauche» [composée du Courant de gauche, du Red Network], tout en camouflant l’ampleur de la vague de démissions et de retraits d’un grand nombre de militant·e·s qui avaient construit Syriza au cours de toutes ces années; parmi eux, le secrétaire du parti [Tasos Koronakis], la moitié des membres élus du secrétariat exécutif [entre autres Panagiotis Lafazanis, Antonis Ntavanellos], une grande partie des membres du Comité central, et de cadres dirigeants de beaucoup de sections locales et de militants syndicaux.

Syriza, comme une coalition politique de la gauche radicale, a aujourd’hui été remplacé par un parti entièrement construit autour de son chef, basé sur une certaine «relation» ambiguë et non explicitée entre le Premier ministre et ses partisans.

2. La principale précondition pour assurer la réussite de la stratégie de la direction de Syriza résidait dans la diffusion d’une désorientation et le poids d’une lassitude présente parmi les membres actifs dans les mouvements sociaux ; et y compris au sein de la base politique de Syriza.

Ce fut la fonction et le but de l’argument «il n’y a pas d’alternative» (TINA) pour justifier le nouveau mémorandum. Ce message a été répété sans cesse, comme un mantra, par d’éminents membres de Syriza, ainsi que par la coalition de cinq partis – soit Syriza, la Nouvelle Démocratie, Pasok, les Grecs indépendants et To Potami – qui fut construite au Parlement autour du consensus qui aboutit à la ratification du honteux nouveau mémorandum signé le 13 juillet [à Bruxelles].

Le résultat de cette orientation fut une abstention sans précédent lors des élections du 20 septembre. Le nombre d’électeurs par rapport à janvier 2015 a baissé de 800’000. L’«américanisation» de la vie politique [dans le sens d’un fort taux d’abstention et d’un sentiment d’aliénation par rapport aux partis politiques] est maintenant une menace visible. Tragiquement, cette menace est le résultat – et un outil – des actions d’un gouvernement qui prétend représenter… la gauche radicale.

Si l’on ajoute à cela le fait que la grotesque Union du centre, menée par Vassilis Leventis [un pur produit d’une émission de télévision multipliant les dénonciations et à la tête d’une liste quasi familiale, qui a obtenu 3,43% des suffrages et 9 députés], nous devions être alarmés par un autre danger qui menace: la déception produite par Syriza pourrait se traduire par un niveau d’apathie politique ou de cynisme jamais connu dans l’histoire récente de la Grèce.

L’arrière-fond du recul des espoirs et des attentes des secteurs qui étaient actifs dans les mouvements sociaux et dans la gauche réside le repli de la lutte de masse, après la période de 2010-12 et dans une augmentation des illusions de pouvoir mettre en question l’austérité au moyen du seul instrument électoral.

Dans ce contexte, le renversement complet du message politique du référendum – lorsque le massif [61,3%] vote «non» de la classe ouvrière, émis le 5 juillet, a été transformé en un éhonté «oui» le 6 juillet, suite à la réunion [convoquée par le premier ministre Tsipras] des dirigeants de tous les partis politiques [un pas vers l’unité nationale] et la signature du nouveau protocole par Alexis Tsipras une semaine plus tard – a marqué un changement dans l’humeur politique et – au moins temporairement – dans la conscience des masses. Une grande partie de la population, voyant que le projet anti-austérité de Syriza s’était effondré, a commencé à croire que le renversement du mémorandum était impossible. Elle a commencé à accepter l’idée que la seule alternative réaliste consistait à essayer de mettre en œuvre les politiques mémorandaires «avec un visage humain».

Cette reculade, conjointement à la mémoire récente de la brutalité des politiques conduites par la Nouvelle Démocratie et le Pasok lorsqu’ils contrôlaient le gouvernement, est à l’origine de la victoire politique et électorale d’Alexis Tsipras le 20 septembre.

3. C’est une victoire à la Pyrrhus. Le gouvernement de Tsipras sera obligé de mettre en œuvre immédiatement les «réformes» anti-ouvrières, anti-populaires du nouveau mémorandum dès octobre. Le démantèlement du système de sécurité sociale, une hausse des impôts [TVA, impôt sur le logement, impôt direct, etc.] sans précédent frappant les classes populaires et une vague massive de privatisations sont à venir. Les promesses mensongères portant sur la recherche de contreparties qui permettraient de protéger les pauvres contre les conséquences des politiques dictées par le mémorandum ont été utiles au cours de la campagne électorale. Toutefois, elles sont maintenant en train de s’évanouir.

 

Première du bimensuel de DEA publié en date du 23 septembre

A ce stade, le groupe dirigeant autour d’Alexis Tsipras devra faire face à la réalité – ils devront s’affronter au contenu de l’accord qu’ils ont signé. Voilà pourquoi – malgré toute l’insistance sur leur capacité à former un gouvernement «stable» avec les Grecs indépendants [Anel] comme partenaire junior – ce groupe dirigeant a déjà ouvert la voie à une alliance à venir avec le Pasok et des scénarios pour un gouvernement encore plus large d’«unité nationale», impliquant la Nouvelle Démocratie, ne sont pas écartés.

Face à cette perspective, notre seule réponse possible est la lutte depuis en bas: grèves, manifestations, occupations et plus pour défendre les droits des travailleurs et les droits sociaux. Afin de fissurer l’image du gouvernement Syriza comme disposant d’une légitimité populaire, fruit du résultat électoral du 20 septembre, ce genre de luttes doivent être appuyées de manière décidée par l’ensemble des militant·e·s de la gauche.

L’expérience récente nous a démontré que, pour que de telles luttes puissent s’affirmer, ils ont besoin d’une expression politique. Elles doivent se coaguler autour d’un courant politique qui vise à organiser une mise en question de l’austérité. Dans cette perspective, des tâches particulières incombent aux secteurs de la gauche qui ont résisté et se sont opposés aux manœuvres de Tsipras.

4. Une grande partie de cette responsabilité repose sur les épaules de l’Unité populaire – le front politique créé par une grande partie de l’aile gauche de Syriza et par des organisations et des militants de la gauche anti-capitaliste.

L’Unité populaire a subi une défaite électorales le 20 septembre. Il a obtenu 2,86% des suffrages. Pour seulement un petit nombre de voix, il n’a pas réussi à atteindre le seuil de 3% lui permettant d’avoir des représentants au parlement.

Il y a des raisons objectives de cette défaite. Nous avons eu seulement un mois pour créer une nouvelle formation politique et organiser une campagne électorale sur le plan national, sans aucune ressource matérielle pour la lancer. Les risques d’un échec étaient grands depuis le début.

Mais il y a des raisons subjectives à cette défaite, des erreurs politiques importantes. Face à la pression de nos adversaires politiques, qui ont fait valoir que la soumission aux instances européennes était inéluctable, nous avons insisté à l’excès sur la sortie de la zone euro. Cet élément nécessaire de notre argumentation générale a été accentué et de ce fait placé au-dessus d’un programme plus général visant à organiser un mouvement unifié de classe unie contre l’austérité et inséré dans un programme anti-capitaliste visant une émancipation socialiste. Ce fut donc un cadeau à Tsipras et aux médias, qui ont saisi chaque occasion pour nous calomnier comme étant la «la gauche de la drachme» [établissant un rapport diffamateur avec le dit «plan Schäuble»].

Malgré tout cela, l’Unité populaire a reçu le suffrage 152’000 électeurs. L’UP a déjà rallié une couche organisée de milliers de militants et de cadres expérimentés du mouvement ouvrier et de la gauche politique. Cela nous donne la force, malgré la perte de la première bataille, de livrer celles de la guerre à venir.

Bien sûr, pour que cela se produise, nous devons résoudre, d’une manière efficace et démocratique, toutes les questions organisationnelles, politiques et programmatiques concernant l’Unité populaire, questions qui ont été naturellement laissées de côté durant la brève période antérieure aux élections.

5. Le Parti communiste (KKE) a augmenté légèrement son pourcentage, de 5,47% en janvier 2015 à 5,59%. Mais le fait que ce résultat se soit manifesté dans une situation où Syriza était en crise, où une scission était intervenue, et immédiatement après que Tsipras eut signé un nouveau mémorandum d’austérité sévère démontre qu’il n’y a pas de quoi le célébrer. La politique de la direction du KKE a donc échoué à capitaliser une rare occasion conjoncturelle.

Au cours de la période pré-électorale, le KKE centrait ses attaques presque exclusivement contre l’Unité populaire, dans l’espoir d’attirer vers lui tous les votes de l’opposition de gauche à Syriza. Cette tactique laisse planer le doute sur toutes les formules de une du journal du parti [Rizospastis] quant aux initiatives pour former une sorte d’alliance populaire.

6. La plus réduite alliance anti-capitaliste, Antarsya [Front de la gauche anti-capitaliste grec], a aussi légèrement accru son pourcentage de votes, passant de 0,64% à 0,85%. Dans sa déclaration faisant suite aux élections, le Nouveau courant de gauche (NAR), l’une des principales composantes d’Antarsya, s’est fixé pour objectif «la formation d’un large front militant pour contrer la tempête à venir des mesures anti-ouvrières…, l’engagement à l’action conjointe de tous les partis de la gauche militante, y compris le Parti communiste et l’Unité populaire».

Le problème est que cette déclaration a été publiée un jour après l’élection et non pas trois semaines avant. Dans la bataille électorale de septembre 2015, les «forces de la gauche militante» ont échoué à fournir une réponse commune, ce qui était pourtant nécessaire.

7. Les nazis d’Aube dorée sont arrivés en troisième position, remportant 6,95% des votes. L’augmentation de son pourcentage est due au niveau d’abstention. En chiffres absolus, Aube dorée a perdu 9000 votes par rapport janvier 2015. Mais même le fait qu’il ait stabilisé son soutien électoral – quelques jours après que son chef Nikolaos Michaliolakos a assumé publiquement la «responsabilité politique» pour l’assassinat [le 18 septembre 2013] de Pavlos Fyssas – montre le danger de cette force. Notre lutte pour renverser l’austérité, notre lutte contre le mémorandum, est la seule façon de briser non seulement l’avidité capitaliste, mais aussi la menace fasciste. (21 septembre 2015) (Traduction Rédaction A l’Encontre à partir du grec et de l’anglais)

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Volkswagen : L’industrie automobile championne de la triche

23 Septembre 2015 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

Les Etats-Unis et l'Etat de Californie accusent Volkswagen d'avoir délibérément contourné les règles en vigueur en matière de lutte contre la pollution atmosphérique et le menacent d'amendes susceptibles d'atteindre 18 milliards de dollars, soit 15,8 milliards d'euros.

Volkswagen a équipé ses modèles diesel des années 2009 à 2015 d'un logiciel permettant de contourner les tests d'émission : le dispositif incriminé permettait aux véhicules en question d'émettre jusqu'à 40 fois plus d'émissions que le seuil autorisé pour préserver la santé publique. Un logiciel coupait le mécanisme de contrôle des émissions en circulation normale et l'activait lorsqu'elles subissaient un test d'émission. De l'arnaque pure et simple.

L'enquête concerne 500.000 véhicules et les amendes encourues pourraient atteindre 37.500 dollars par véhicule. Le total atteint donc 18 milliards de dollars.Volskwagen le champion des constructeurs automobiles est donc le champion de la triche.
Toute l'industrie automobile, en particulier en Europe est impliquée. Déjà des organisations non gouvernementales constatent qu'en Europe seulement un véhicule sur dix respecte les normes anti pollution. Déjà l'Organisation Mondiale de la Santé avait dénoncé la nocivité des micro particules émises par les moteurs diesel.

Preuve est faite qu'on ne peut faire aucune confiance à une industrie qui massacre emplois et environnement. C'est immédiatement que des tests indépendants doivent être mis en place avec le concours des salariés de l'automobile, hors de la tutelle de leurs patrons et grands directeurs qui s'enrichissent au détriment des salariés et de la majorité de la population.
C'est dès maintenant que des mesures de simple salubrité publique doivent favoriser les transports collectifs.

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