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NPA 27   Comités NPA de l'Eure
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Demain 1er Mai...

30 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #RESISTANCE

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Nucléaire : dernier bilan avant liquidation

30 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

En réponse à Michel sitenuke.jpgGay (Marianne du 25 avril 2014)

 

Nous vous prions de trouver ci-dessous une réponse à la tribune, publiée par Marianne le 25 avril, signée par M. Michel Gay. Ce dernier s'est présenté comme "abonné à EDF et contribuable", oubliant de préciser qu'il est aussi un animateur de la curieuse association oxymorique des "Écologistes pour le nucléaire".

L'auteur a ainsi attribué à l'énergie atomique de nombreuses vertus… qui ne résistent guère à l'étude des données officielles, venant par exemple de l'Agence internationale pour l'énergie (AIE).

Il faut en premier lieu faire savoir que la part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour : une chute vertigineuse commencée bien avant Fukushima, et qui va se poursuivre inexorablement, pour trois raisons principales.

La première est précisément la catastrophe nucléaire qui sévit actuellement au Japon et qui va se poursuivre pendant des décennies, comme c'est le cas pour celle de Tchernobyl : près de 30 ans plus tard, des millions de gens vivent en zones contaminées et consomment des produits irradiés. Cette fois, impossible de mettre le drame sur le dos des soviétiques, ce qui restait de crédibilité à l'industrie nucléaire s'est évanoui avec Fukushima.

La seconde raison est le vieillissement des installations nucléaires : la majorité des 380 réacteurs encore en service sur Terre (50 sont à l'arrêt au Japon) a dépassé les 30 ans et beaucoup vont fermer définitivement dans les années à venir. C'est d'ailleurs déjà le cas de 5 d'entre eux aux USA ces derniers mois, dont deux qui venaient pourtant d'obtenir une prolongation de durée de vie de 20 ans : leur état demandait trop de travaux pour pouvoir encore être rentables.

Voilà qui nous amène à la troisième raison du déclin irréversible de l'atome, la principale : non, ce ne sont pas les manifestations antinucléaires (pourtant fort pertinentes), ni le problème insoluble des déchets radioactifs, c'est tout simplement que le nucléaire est trop cher.

La plupart des projets de nouveaux réacteurs sont annulés, et ceux qui sont en cours démontrent leur faillite : c'est bien sûr le cas des deux réacteurs français EPR qu'Areva (en Finlande) et EDF (à Flamanville dans la Manche) n'arrivent même pas à construire : la facture est passée de 3 à 9 milliards, la durée des chantiers de 4,5 à 10 ans… en attendant de nouvelles déconvenues.

Dernièrement, EDF n'a annoncé la construction de deux EPR en Grande-Bretagne qu'après avoir obtenu de Londres le remboursement des pertes pendant 35 ans : un accord de dumping si grossier qu'il n'a aucune chance de passer par le filtre de Bruxelles. Pour une fois, la fameuse "concurrence libre et non faussée" aura du bon : ces réacteurs n'ont quasiment aucune chance de voir le jour.

Alors que le production nucléaire diminue, les autres sources d'électricité progressent fortement : les énergies carbonées, hélas, mais aussi les renouvelables qui ont d'ores et déjà dépassé 20% du total (plus du double du nucléaire !) Le résultat est donc connu d'avance : la part du nucléaire va mécaniquement continuer à décroître.

Il est déjà absurde de vouloir "sauver la planète" avec le nucléaire - on ne soigne pas la peste avec le choléra - mais il est de toute façon illusoire de prétendre ainsi lutter contre le changement climatique. En effet, 9% de l'électricité correspondent à moins de 2% de la consommation mondiale d'énergie : avec une part si faible, le nucléaire est et va rester incapable de réduire les émissions de co2.

Venons en au cas de la France : peut-elle rester une exception, une "île nucléaire" au milieu d'un monde se détournant de l'atome ? La réponse est négative. En effet, la majorité des activités d'Areva est liée à la maintenance de nombreux réacteurs dans le monde, un marché déjà en baisse et condamné à moyen terme.

De plus, le prétendu "géant du nucléaire" est lourdement endetté, et probablement déjà en état de quasi faillite, en particulier du fait du flop de l'EPR Finlandais, d'investissements absurdes aux USA pour des réacteurs qui ne verront jamais le jour, mais aussi à cause de l'affaire Uramin que la justice, espérons-le, va enfin pouvoir mettre au jour.

De son côté, l'état financier d'EDF n'est guère meilleur. Lui aussi lourdement endetté, l'électricien national est supposé financer le rafistolage de ses 58 réacteurs vieillissants : une facture d'au moins 100 milliards d'euros à prendre dans les poches pourtant déjà vides des citoyens de France. Ce ne sont donc pas les énergies renouvelables, comme tentent de le faire croire les promoteurs de l'atome, qui font exploser nos factures d'électricité, mais bien le nucléaire.

Pendant ce temps, contrairement à la vieille CGT-énergie qui reste immuablement soudée à la direction d'EDF, les grands syndicats allemands comme IG-Metall ont radicalement changé d'avis… au nom de l'emploi : ils ont constaté que les plans alternatifs (économies d'énergie, énergies renouvelables) créaient jusqu'à 10 fois plus d'emplois que le nucléaire.

Reste enfin la thématique de la prétendue "indépendance énergétique" qui serait assurée par le nucléaire, et qui ne tient pas plus la route : 100% du combustible des centrales, l'uranium, est importé. Qui plus est, aujourd'hui comme depuis 50 ans, la France atomique pille et contamine le Niger pour s'accaparer à bas prix l'uranium qui fait le malheur de ce pays, le plus pauvre du monde.

Notons d'ailleurs que le Président du Niger est un ancien cadre d'Areva et que l'auteur du présent texte est poursuivi en justice pour avoir mis au jour une sombre affaire de "don" d'Areva, préaffecté à l'achat d'un avion pour son ancien employé devenu président (cf dépêches AFP du 12 décembre 2012, du 14 janvier 2013, du 9 mars 2013, du 7 février 2014, affaire à suivre…)

Présenté comme une fierté nationale, le nucléaire français est en réalité ridiculisé partout dans le monde du fait de ses déboires incommensurables, du fameux Superphénix à l'actuel EPR. Sans oublier que la nouvelle usine "française" d'enrichissement de l'uranium, au Tricastin, utilise des centrifugeuses… achetées par Areva à son concurrent étranger Urenco.

L'épopée du nucléaire a entamé son dernier chapitre mais il n'y a pourtant pas de quoi se réjouir : pour 50 petites années de production d'électricité, ce sont maintenant des centaines, des milliers de générations qui vont payer les pots cassés.

Catastrophes (Tchernobyl, Fukushima, et hélas probablement d'autres), déchets nucléaires qui vont rester dangereux pendant des millions d'années, centrales à démanteler, factures repoussées dans le temps mais qu'il faudra bien payer un jour, prolifération à des fins militaires : le bilan est tout simplement dramatique.

Stéphane Lhomme

Directeur de l'Observatoire du nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

Pour consulter le 4 pages du NPA "nucléaire, en sortir, c'est urgent!", cliquez ici!

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Le site de campagne du NPA pour les européennes est en ligne

29 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

2014-Europeenes-Site

Pour accéder au site de campagne, cliquez sur l'image!

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Besancenot (NPA) : «Il faut une opposition décomplexée à gauche» (Le parisien, 28/04/14)

28 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

EUROPÉENNES. Olivier Besancenot, qui s'est présenté deux fois à la présidentielle avant de prendre du recul, est de retour devant les électeurs. La figure du NPA nous annonce qu'il est tête de liste en Ile-de-France. ( Le Parisien 28/04/2014)


A TOUT JUSTE 40 ANS, Olivier Besancenot replonge dans la mêlée. Comme il nous l'annonce en exclusivité, le leader trotskiste sera tête de liste du NPA (Nouveau Parti anticapitaliste) en Ile-de-France. Un retour vers le passé pour ce tribun qui avait surgi dans le paysage politique lors de l'élection présidentielle en 2002 (4,25 % des voix) et confirmé cinq plus tard (4,08 %). Besancenot avait choisi depuis de se mettre en retrait, pour ne plus être « l'éternel candidat d'extrême gauche ». Au siège parisien du mouvement, Alain Krivine, figure historique de la LCR (devenue le NPA en 2007), se réjouit de ce retour : « Olivier, c'est une chance pour nous car il sait rendre clair ce qui ne l'est pas et passe très bien dans les médias. En plus, il est comme les vrais gens, il travaille ! » Oui... mais plus comme facteur à Neuilly. Depuis octobre, il est guichetier dans une Poste du XVIII e arrondissement ! Vous mènerez la liste NPA en Ile-de-France.


Qu'est-ce qui vous a décidé ?

L'urgence sociale et la crise politique majeure que nous sommes en train de vivre. Les partis traditionnels sont discrédités, ils ne nous représentent plus. Il faut donner de l'espoir aux gens à gauche qui sont pris à la gorge. Comme ce retraité qui pleurait devant mon guichet, parce qu'il n'allait plus pouvoir vivre avec sa retraite.


Combien de listes le NPA présente-t-il ?

Cinq listes (NDLR : sur huit*), car au-delà, il aurait fallu emprunter. Des listes internationalistes et anticapitalistes, pour en finir avec l'Europe forteresse et libérale. Celle que je mène compte une trentaine de noms, dont des militants associatifs qui ne sont pas tous au NPA. On fera une campagne choc, avec des initiatives coup de poing. On sera un bon grain de sable !


Pourquoi l'unité ne s'est-elle pas faite à l'extrême gauche ?

Ce n'est pas de notre fait. On a discuté avec Lutte ouvrière, le Parti communiste, le Parti de gauche... mais en vain. C'est d'autant plus regrettable qu'au-delà de nos divergences, il faut une opposition unitaire et décomplexée à gauche, qui tape au quotidien sur la politique du gouvernement. Cette opposition qui assume de l'être, ce n'est pas chez les écolos d'EELV ou à la gauche du PS qu'on la trouve. La passivité, c'est le meilleur service à rendre à la gauche qui court après la droite et à la droite qui cavale derrière l'extrême droite.


Comment jugez-vous l'action de Manuel Valls ?

Il incarne le social-libéralisme de caserne, autoritaire et brutal. Il fait des cadeaux aux sociétés, impose 50 MdsEUR de purge sur le dos des services publics. Si on ne s'y oppose pas, Valls sera le point de bascule qui mettra fin au modèle de la sécurité sociale. Avec lui, la fuite en avant libérale est totale. Il prend l'argent dans la poche de la majorité de la population et donne à la classe possédante, archiminoritaire. C'est Robin des Bois à l'envers. On nous culpabilise en disant qu'il n'y a plus rien pour les services publics, puis on débloque des milliards pour les entreprises ou les banquiers responsables de la crise. L'argent il y en a, mais toujours pour les mêmes.

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Élections européennes: un rendez-vous à ne pas manquer (Hebdo L'Anticapitaliste, 17/04/2014)

28 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Europe

http://npa2009.org/sites/default/files/styles/largeur_234/public/europe_alice_d.jpg?itok=_aBR9obXLes élections européennes du 25 mai vont prendre une signification particulière dans le contexte de crise politique ouverte depuis les élections municipales...

Le gouvernement Valls y joue son avenir. Ces élections prennent aussi une signification importante du fait de la crise chronique que connaît l’Union européenne, maillon faible des puissances capitalistes. Elles seront pour tous les courants politiques l’occasion de se définir sur la question de l’Europe, question qui est au centre du débat politique. Il est indispensable que le NPA y prenne toute sa place.
Le premier constat, malheureusement sans surprise, est que probablement le FN sera le deuxième, voire le premier parti de ce pays. Lui et l’UMP réalisent dans les sondages autour de 22-23 % des voix. Le PS devrait résister autour de 20 % mais rien ne dit qu’il ne connaisse pas une nouvelle dégringolade qui remette en cause la crédibilité du gouvernement Valls.
L’abstention risque d’être importante : elle touchera en premier lieu les milieux populaires écœurés par le PS, alors que la droite et l’extrême droite ont bien plus de raisons de mobiliser leur électorat dans la lutte pour le pouvoir. Et le PS sera la première victime du rejet des politiques d’austérité que Sarkozy et Hollande ont mis en route et qu’il applique.
Nous n’avons pas les moyens d’agir sur ces tendances de fond. Elles s’inscrivent dans l’évolution des rapports de forces politique qui s’organisent autour d’une politique de classe agressive menée par l’État et le patronat contre les travailleurs et les classes populaires, cela au moment où se dissipent les dernières illusions à l’égard de la gauche de droite ou de la droite de gauche…


Une rupture internationaliste
Dans ce contexte,la présence du NPA est essentielle. D’abord pour que s’affirme un courant politique au sein du mouvement ouvrier qui porte une perspective internationaliste, contre toutes les formes de nationalisme et de souverainisme, contre le FN qui rêve d’enfermer les travailleurs dans la prison des frontières. Un courant politique qui ne joue pas les ambiguïtés, comme le fait le Front de gauche avec ses listes « Rompre et refonder l’Europe ».
La lettre que le NPA a envoyé la semaine dernière aux partis du Front de gauche et à Lutte ouvrière ne demande nullement des places sur une liste. Elle veut porter un débat après la déroute du PS aux municipales, face à la crise politique qu’elle ouvre avec la montée du FN : oui il y a besoin d’une politique pour changer le rapport de forces, mais cette politique ne peut être la recherche d’une alliance avec EÉLV ou la gauche du PS pour constituer une nouvelle majorité parlementaire. Elle ne peut pas être non plus de rompre et de refonder l’UE : celle-ci n’est pas réformable, et reste un instrument entre les mains des banques et des multinationales.
Il faut tout changer pour en finir avec les politiques d’austérité et du chômage, annuler la dette, construire un monopole public bancaire pour en finir avec la dictature de la finance, appeler les peuples à se fédérer pour jeter les bases d’une Europe des travailleurs et des peuples. Défendre ce programme, ouvrir une perspective en rupture avec les partis de la règle d’or de l’austérité et leurs institutions, l’enraciner dans les mobilisations, est la seule façon de sortir du recul politique et de barrer la route au FN.

 

Yvan Lemaitre

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[Radio]: Olivier Besancenot invité de Clara Dupont-Monod sur France Inter (28.04.14)

28 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

  À l'occasion de la présentation des listes candidates aux élections européennes du 25 mai prochain, Olivier Besancenot, de la direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) était l'invité de Clara Dupont-Monod.le 28 Avril.
Il y évoque cette échéance électorale lors de laquelle le nouveau parti anticapitaliste défendra l'idée d'une autre europe, l' europe des peuples en rupture avec l'europe néo-libérale actuelle et contre le repli nationaliste et chauvin.
Il y évoque également sa conception de l'élu et la revente d'Alstom et les craintes pour l'emploi qui y sont liées...

 

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[Vidéo]: Olivier Besancenot sur I Télé (22.04.2014)

27 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

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Il y a 40 ans : La «révolution des œillets » (l'Anticapitaliste hebdo, 24.04.14)

27 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

http://npa2009.org/sites/default/files/styles/largeur_content_hauteur_complet/public/des_soldats_durant_la_revolutions_des_oeillets_1_dr.jpg?itok=8NKzz65KLe 25 avril 1974, une action militaire menée par des cadres intermédiaires de l’armée portugaise faisait tomber la plus vieille dictature d’Europe, en place depuis la fin des années 1920. Cette révolte des capitaines engendra une crise révolutionnaire qui ne s’acheva qu’un an et demi plus tard, quand la classe dominante portugaise parvint à reprendre le contrôle du peuple et à affermir l’État. Généralement réduit à un putsch militaire, à l’activisme de minorités agissantes ou ramené à ses aspects les plus folkloriques (les fameux œillets que la population offrit aux militaires le 25 avril), ce soulèvement offre pourtant un aperçu saisissant de la capacité d’un peuple à s’organiser, à lutter pour ses propres intérêts et à prendre ainsi confiance dans sa capacité à forger son destin.
 

Dossier réalisé par Ugo Palheta


Au commencement des 18 mois qui ébranlèrent le Portugal

Organisés depuis quelques mois dans le cadre du Mouvement des forces armées (MFA), les capitaines parviennent le 25 avril à faire tomber la dictature. De nombreux putschs militaires avaient été tentés dans le passé. Si l’initiative du MFA parvient à ses fins, ce n’est pas simplement en raison de facteurs militaires et conjoncturels, mais parce que le régime salazariste – alors dirigé par Marcelo Caetano – a accumulé des contradictions qui l’ont progressivement affaibli.

 

Les contradictions du régime

Les guerres coloniales sanglantes menées depuis le début des années 1960 en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau, pèsent sur le budget de l’État portugais, bloquent le développement du pays et suscitent une colère croissante dans la jeunesse portugaise. La fin de l’autarcie économique, décidée au début des années 1960, provoque un afflux de capitaux étrangers et fait émerger une classe ouvrière urbanisée, qui lutte et s’organise malgré la répression. Les paysans privés de terre se battent pour leurs droits contre les intérêts des grands propriétaires terriens, particulièrement dans l’Alentejo où le PCP (Parti communiste portugais) est fortement implanté.
Occupant une position dominée dans la division internationale du travail, de plus en plus dépendant des capitaux impérialistes, le Portugal est alors le pays le plus pauvre d’Europe. Non seulement les salaires moyens y sont nettement plus faibles qu’ailleurs, mais les taux d’analphabétisme et de mortalité infantile sont les plus élevés du continent et un quart du peuple portugais – notamment les jeunes travailleurs – a pris la difficile décision d’émigrer.

 

La révoltes des capitaines
C’est dans ce contexte que s’accroît la combativité du peuple portugais, aussi bien parmi les ouvriers d’industrie, les paysans que dans la jeunesse étudiante, et que va éclater la révolte des capitaines.
Le 25 avril, à 0 h 25, ces derniers parviennent à s’emparer de « Radio renaissance » et diffusent la célèbre chanson Grandôla, Vila morena. Devenue ces dernières années le chant de celles et ceux qui refusent les cures d’austérité, cette chanson est utilisée durant cette nuit du 24 au 25 avril comme le signal de lancement de la mobilisation militaire. Radios, ministères et quartiers généraux des régions militaires sont rapidement assiégés puis investis par les troupes dirigées par le MFA. Un ultimatum est adressé à Caetano, qui finit par se rendre en posant une condition : que le pouvoir ne « tombe aux mains de la rue ». Le MFA se plie à ses exigences, en lui permettant de négocier directement avec le général Spinola puis en l’escortant, dans un blindé, pour qu’il puisse s’enfuir du pays sans être jugé pour ses crimes.
Spinola est alors l’option de la bourgeoisie portugaise, dont une partie au moins souhaiterait une transition de type « gaulliste ». Ancien engagé dans la guerre d’Espagne du côté de Franco puis sur le front oriental en soutien des troupes nazies, il rassure la classe dominante parce qu’il souhaite non seulement une solution néocoloniale aux guerres menées sur le continent africain, mais aussi que le changement de régime n’ébranle en rien les intérêts du capital (national et étranger).

 

Le peuple en actes
Si le MFA offre alors le pouvoir sur un plateau au « général au monocle », ce n’est pas seulement qu’il se sent trop faible pour l’exercer, mais parce que son souci est alors d’éviter une irruption populaire, autrement dit une révolution. Ainsi invite-t-il la population de Lisbonne, à travers une série de communiqués, à « garder son calme et à rentrer chez elle ».
Le peuple fraternise avec le MFA mais ne se soumet pas à cette recommandation et cherche par des actions spontanées à pousser l’avantage jusqu’à abattre l’ensemble des structures de répression héritées de la dictature. Garde nationale républicaine, police politique (PIDE), parti unique, bureaux de la censure, prisons : dès le 25 avril, toutes les institutions qui composent l’énorme appareil répressif du régime sont prises d’assaut par le peuple lui-même, qui devance généralement les militaires et les contraignent à prendre parti. Ainsi des prisonniers politiques, qui sont tous libérés sous la pression populaire alors que les militaires, notamment Spinola, auraient voulu garder enfermés ceux qui avaient commis des attentats contre la dictature.
U.P.


Révolution et contre-révolution

La rupture ouverte par le 25 avril va rapidement se muer en crise révolutionnaire, au sens où l’entendait Lénine : ceux d’en haut ne peuvent plus maintenir leur domination sous une forme inchangée, et ceux d’en bas ne veulent plus être dirigés, passant à l’action pour imposer leurs propres intérêts. C’est donc bien une politique des exploités qui s’approfondit peu à peu, en réponse aux tentatives de la classe dominante d’arrêter le cours de la révolution, de dompter la combativité populaire et de l’enfermer sur les rails de la modernisation capitaliste.

 

L’épreuve de force

Du 25 avril à fin septembre 1974 s’affirme une première lutte de pouvoir entre Spinola, qui cherche à élargir son pouvoir, au nom de la « majorité silencieuse » mais au profit de la bourgeoisie, et un camp hétérogène composé de l’essentiel du MFA, des partis de gauche et des travailleurs eux-mêmes. Contre l’avis des directions réformistes (PCP et PS), ces derniers multiplient les grèves, dès le mois de mai, dans presque tous les secteurs (chantiers navals, mines, chimie, industrie automobile, construction, banques, etc.). De même, des initiatives sont lancées visant à occuper et reconvertir des bâtiments inoccupés ou des villas possédés par les anciens dignitaires du régime salazariste, permettant notamment de loger les habitants des bidonvilles. À la campagne, les paysans commencent à occuper les vastes terres des latifundistes.
Le 30 septembre, l’énergie révolutionnaire du prolétariat portugais a raison de Spinola et le contraint à la démission. La révolution s’approfondit : des commissions de travailleurs s’organisent dans les secteurs les plus combatifs, et un processus de polarisation s’enclenche dans l’armée, parmi les soldats mais aussi au sein du MFA. C’est pour mettre un frein à l’agitation politique croissante et aux formes émergentes d’auto-­organisation, qu’un coup d’État est tenté le 11 mars 1975. La riposte est immédiate : l’intersyndicale appelle à la grève générale, le peuple sort spontanément dans les rues, de grandes manifestations unitaires sont organisées. À l’origine de cette nouvelle tentative d’en finir avec la révolution, Spinola est cette fois contraint à l’exil, emportant dans ses bagages quelques grandes familles capitalistes complices de sa tentative de putsch.

 

Limites et reprise en main
Après le 11 mars s’ouvre une période d’accélération révolutionnaire : les commissions de travailleurs se développent, imposant des augmentations de salaire, une épuration du personnel de direction, des nationalisations, etc. Des commissions d’habitants voient le jour et font naître des comités de quartiers. La politisation des soldats s’accroît, sous la pression des mouvement de masse hors des casernes. Les occupations de terre se multiplient à la campagne. Devenu le centre incontesté du pouvoir réel mais pris entre un appareil d’État affaibli et des mouvements de masse de plus en plus radicaux, le MFA se scinde progressivement en fractions distinctes, polarisées par les courants politiques divers qui s’expriment alors dans la société portugaise.
Si la révolution portugaise n’ira jamais jusqu’à une véritable situation de « double pouvoir », c’est que les commissions – de travailleurs, d’habitants et de soldats – ne sont pas suffisamment développées, ne parvenant pas à se coordonner et à se centraliser jusqu’à faire émerger un pouvoir populaire, alternatif au pouvoir d’État ou à celui du MFA.
Elles suffisent cependant à effrayer la classe dominante portugaise et les chefs des partis réformistes, qui parviennent les 25-26 novembre, par une manœuvre habile, à reprendre le contrôle de la situation en marginalisant aussi bien la gauche du MFA que le PCP et en s’attaquant aux secteurs, dans l’armée et le monde du travail, influencés par les organisations révolutionnaires. Développées très tardivement et faisant face à un PCP bien implanté, celles-ci n’eurent ni la force suffisante ni la maturité politique pour faire face à une telle initiative.

U.P.


Depuis la révolution, l’État au secours des classes dirigeantes

Durant une quinzaine d’années après la révolution, le système économique portugais s’est distingué par une forte intervention étatique, avec une classe dominante encore affaiblie et incapable, politiquement et financièrement, de prendre possession d’entreprises publiques concentrées et de grande dimension. L’État assume alors non seulement la gestion du système économique mais un rôle historique d’incubateur et de protecteur de la bourgeoisie portugaise. C’est ainsi sous direction étatique que s’opère la reconstitution du pouvoir de la bourgeoisie.
La fin de cette période de transition est marquée par l’adhésion à la Communauté économique européenne (CEE) en 1986. Tout au long des années 1980 se renforce une dépendance externe liée à un modèle fondé sur les bas salaires et sur une spécialisation dans des secteurs intensifs en main-d’œuvre et caractérisés par de bas niveaux technologiques. Cette réalité se maintient depuis, malgré la massification de l’université et du système d’enseignement dans son ensemble (l’analphabétisme s’établissait à 40 % en 1974). La croissance économique accélérée entre 1974 et 2004 (3,5 % par an en moyenne) s’est appuyée pour l’essentiel sur l’exploitation accrue du travail, en particulier des femmes.

 

L’Europe des privatisations
L’intégration européenne et la majorité absolue obtenue par Cavaco Silva (PPD/PSD, droite) créent les conditions d’un cycle de privatisations, avec les nécessaires révisions constitutionnelles qui suppriment l’« irréversibilité » légale des nationalisations. La droite, et le PS après elle, livrent aux vieilles familles capitalistes issues de la dictature (Champalimaud, Espírito Santo, Mello) le contrôle d’une part essentielle du secteur bancaire, structure stratégique pour la conduite financière de la phase suivante des privatisations. C’est ainsi grâce aux banques privatisées que les groupes économiques (Sonae, Amorim, Jerónimo Martins, construction civile), anciennement ou récemment constitués, vont pouvoir réaliser les grandes affaires du tournant du siècle, s’appropriant les rentes de monopole des secteurs de l’énergie, des télécommunications, de la grande distribution et de l’immobilier.
C’est précisément sur l’immobilier et la construction que s’appuie la demande interne dans cette période de compression salariale. Cette politique est rendue possible par la facilitation de l’endettement des familles associé à celui des banques privées portugaises, et plus largement européennes. Entre 1991 et 2010, le nombre de logements individuels croît au Portugal à la vitesse moyenne de 80 000 nouveaux logements par an, l’équivalent d’une ville comme Coimbra. Ce modèle s’est fondé sur un fort investissement public, essentiellement orienté vers des travaux d’infrastructures et des dépenses inflationnistes, comme ce fut le cas avec les stades de football construits en 2004 en prévision du championnat d’Europe.
La stratégie néolibérale, imposée dans le cadre de l’Union européenne, affaiblit l’économie portugaise, en la rendant de plus en plus dépendante des capitaux étrangers, de plus en plus soumise et endettée. Ses capacités d’exportation sont compromises par les conditions d’adhésion au modèle unique, alors que l’investissement étranger se limite à des chaînes de montage à faible valeur ajoutée. La classe dominante cherche à se ménager une position confortable dans une économie vulnérable à la récession, qui a implosé sous les effets de la crise financière de 2008 et de la spéculation internationale sur la dette publique portugaise.

 

La contre-révolution sociale
Le reste de l’histoire est connue : l’intervention étrangère de 2011 a initié une contre-révolution sociale d’une ampleur inattendue et un processus de transfert de richesses sans précédent dans l’histoire nationale. Les secteurs protégés de l’économie continuent à produire des fortunes croissantes, alors que dans le même temps, la part de la population qui vit en-dessous du seuil de pauvreté est passée depuis 2009 de 18 % à 25 %. L’action de la troïka a enclenché le cycle le plus intense de privatisations depuis la révolution, livrant au capital étranger les aéroports, le contrôle du système énergétique, un tiers du marché des assurances, et la poste. Or la liste des privatisations prévues pour 2014 s’étend des transports jusqu’aux lignes ferroviaires de banlieue en passant par le traitement des déchets.
Le nombre de chômeurs se trouve (mal) déguisé par les initiatives étatiques qui suppriment des statistiques une proportion significative des travailleurs privés d’emploi, et surtout par l’exil forcé de plus de 100 000 Portugais par an. Dans le même temps, parmi ceux qui ont conservé un emploi, plus de la moitié a subi des coupes allant jusqu’à 23 % du salaire ou reçoivent le salaire minimum. Il y a au Portugal 5,5 millions de personnes capables de travailler : 1,2 million sont au chômage ou ont émigré, presque un million travaille moins de dix heures par semaine, alors qu’un autre million travaille plus de quarante heures par semaine.

De Loures, Jorge Costa (journaliste et membre de la direction du Bloc de gauche au Portugal)



Chronologie de la révolution portugaise

1974

25 avril | Putsch militaire dirigé par le MFA (Mouvement des forces armées) et formation d’une « junte de salut national ».
1er mai | énormes manifestations populaires dans toutes les villes du pays, particulièrement Lisbonne et Porto.
15 mai | Le général Spinola est investi des fonctions de président de la République.
10-18 juillet | Coup de force manqué de Spinola afin de monopoliser le pouvoir. Le MFA s’interpose et impose le colonel Vasco Gonçalves à la tête du deuxième gouvernement provisoire.
26 août | Accord fixant l’indépendance de la Guinée-Bissau au 10 septembre 1974.
5 septembre | Accord fixant l’indépendance du Mozambique au 25 juin 1975.
28-30 septembre  | Nouveau coup de force de Spinola qui appelle à une manifestation de la « majorité silencieuse ». Le peuple organise des barricades aux entrées de Lisbonne, et pousse Spinola à la démission, auquel succède le général Costa Gomes.
28 octobre | Création d’un conseil supérieur du MFA (dit « conseil des vingt »), qui va jouer le rôle d’organisme suprême du mouvement.

1975

14 janvier | Grande manifestation à Lisbonne pour l’unité syndicale.
15 janvier | Accord fixant l’indépendance de l’Angola au 11 novembre 1975.
6 février | L’assemblée du MFA décide l’institutionnalisation du mouvement.
11 mars  | Tentative de putsch de la droite, notamment à l’initiative de Spinola. Des avions et des hélicoptères attaquent la caserne du 1er régiment d’artillerie légère. La mobilisation des ouvriers et des soldats permet d’empêcher le coup d’État.
13 mars | Le MFA crée un Conseil de la révolution qui amorce un tournant à gauche (annonce de la nationalisation de banques et de grandes entreprises).
25 avril |  élection de l’Assemblée constituante (large victoire de la gauche, et en son sein du Parti socialiste portugais, avec 37,9 % des voix).
Mai-juin | Crise de gouvernement.
Juin-juillet | Adoption par le MFA du « Plan politique d’action » et du « document guide ».
10 juillet | Démission des ministres socialistes puis des ministres du PPD (droite).
16 juillet | Manifestation des commissions de travailleurs mais aussi de soldats, avec pour la première fois la présence de six blindés dans le cortège.
7-10 août | Neuf membres du Conseil de la révolution publient un document hostile, non seulement au PCP, mais à l’approfondissement de la révolution. Ce manifeste dit des « neufs modérés », soutenu par Mario Soares (principal dirigeant du Parti socialiste) divise profondément les forces armées.
13 août | Un groupe d’officiers du Copcon (commando des opérations militaires sur le continent) publie un document préconisant une « alternative de gauche », qui renvoie dos à dos les « neuf modérés » et le PCP.
20 août | 50 000 manifestants à Lisbonne à l’appel de l’extrême gauche et des commissions de travailleurs et d’habitants (moradores).
5 septembre | Assemblée générale du MFA qui, dans des conditions houleuses, écarte Vasco Gonçalves (réputé proche du PCP) de ses fonctions à la tête des forces armées.
25 septembre | Manifestation importante de soldats, à l’appel du mouvement « Soldats unis vaincront » (SUV), récemment créé et dans lequel l’extrême gauche dispose d’une forte audience. 
7-8 octobre | Montée des tensions entre gouvernement et mouvements sociaux. Des milliers d’ouvriers assiègent le ministère du Travail, contraignant le gouvernement à satisfaire leurs revendications.
13 novembre  | Grande manifestation d’ouvriers du bâtiment, qui décident de séquestrer les députés et le Premier ministre au siège de l’Assemblée constituante, et les contraint à une augmentation de salaire de 44 %.
16 novembre | Importante manifestation contre le gouvernement, organisée par le PCP et l’extrême gauche.
20 novembre  | Devenu impuissant, le gouvernement décide de suspendre ses activités, et demande aux responsables de l’armée de « remettre de l’ordre ».
21 novembre | Le Conseil de la révolution décide de démettre le principal dirigeant de la gauche du MFA, Otelo de Carvalho, de sa fonction (décisive) à la tête du commandement de la région militaire de Lisbonne. Il est remplacé par l’un des « neufs modérés ».
25-26 novembre | Coup d’État qui rassemble la droite (PPD et CDS), le PS et la haute hiérarchie militaire (« groupe des neufs »), leur permettant de reprendre le contrôle du pays. Le PCP et la gauche du MFA refusent la confrontation au moment décisif. La révolution ne s’en relèvera pas.

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Réforme territoriale : « décentralisation » accélérée ou « effort contre les déficits » ? (L'Anticapitaliste Hebdo, 24.04.14)

27 Avril 2014 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

http://npa2009.org/sites/default/files/styles/largeur_content_hauteur_complet/public/reforme_territoriale_dr.jpg?itok=zKrgR5bQDivision par deux du nombre de régions, suppression de la clause de compétence générale pour les départements et les régions, suppression des départements... Dès sa prise de fonction, Valls a annoncé la couleur : il entend faire franchir un pas à la réforme territoriale en chantier depuis des dizaines d’années.

 

Fonctionnaires et services publics dans le collimateur
Ces déclarations prennent place dans la série de mesures annoncées depuis sa prise de fonctions : il faut « poursuivre l’effort contre les déficits », et il faut donc que cet « effort soit partagé »... par les collectivités territoriales. En même temps tombait le rapport commandé par Hollande à Malvy, président PS de Midi-Pyrénées et Lambert, président de droite de l’Orne : le « hasard » fait bien les choses ! Ils y expliquent comment les collectivités territoriales pourront s’accommoder de la coupe à venir de 11 milliards d’euros des dotations de l’État : les diverses instances territoriales devront délibérer sur le temps de travail des fonctionnaires... Un système de bonus-malus incitera les communes à se regrouper, à mutualiser leurs ressources, autrement dit à prendre leur place dans la course à la suppression de postes de fonctionnaires...
À tous les niveaux de l’État, c’est une purge drastique des effectifs qui est programmée, avec son corollaire : la régression des services publics.


Adapter les structures de l’État aux besoins de la bourgeoisie
Mais la purge menace aussi une multitude d’élus qui siègent dans ces assemblées, « atterrés » par l’annonce de Valls à l’image de Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des départements. Invité à l’émission « 28 minutes » d’Arte, il y bataillait contre la réforme annoncée. Il compte sur les parlementaires pour s’y opposer, car sinon, ils « scieraient la branche sur laquelle ils sont assis »...
Au contraire, d’autres, tel Rousset, président de la région Aquitaine et de l’association des présidents de régions, disent « chiche monsieur le Premier ministre ». Lui bataille pour une spécialisation et une affirmation des compétences de régions, adaptation nécessaire selon lui des structures de l’État aux besoins « de la société » – comprendre « du patronat » : aide aux entreprises, formation professionnelle adaptée à leurs besoins, transports, pôles de compétitivité, etc.


Un serpent de mer à terrasser
Ce sont ces intérêts contradictoires qui expliquent pourquoi la décentralisation de l’État, commencée en 1982-83 avec les lois Defferre, a tout du serpent de mer. Pour les gouvernements, il s’agit d’adapter des structures territoriales qui datent, avec les communes et les départements, de la révolution de 1789, à une évolution considérable des structures économiques, démographiques, techniques et sociales du territoire... tout en faisant des « économies d’échelle » !
Sur cette voie, ils se heurtent bien plus aux éluEs qui défendent leur perchoir qu’aux fonctionnaires et aux populations qui en subissent les conséquences. Il est plus que temps d’inverser les choses.

Daniel Minvielle

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