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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

Les propos intolérables de G. Bourdouleix (communiqué du NPA 49)

24 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27

Les propos intolérables de G. Bourdouleix (communiqué du NPA 49)

 

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Une fois encore les dérapages verbaux du maire de Cholet et président du CNIP (vieux parti de droite extrême aujourd'hui affilié à l'UDI) défraient la chronique. Une fois encore, sa cible est les gens du voyage. Début octobre déjà, il avait démagogiquement mis en avant sa personne pour essayer d'empêcher l'installation d'une mission évangélique sur l'aire de grand passage du Puy-Saint-Bonnet. Hier soir, l'élu a rejoué le même numéro de cirque populiste en bordure de Cholet, alors que l'aire de grand passage est fermée pour travaux autoroutiers et que le schéma départemental d'accueil des gens du voyage n'est plus respecté. Pire, à l'issue d'un altercation avec des gens du voyage, il aurait - selon le journal Le Courrier de l'Ouest - proféré la phrase "Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez".

Ce matin, le maire de Cholet a choisi de nier et d'attaquer en justice le journal angevin pour "diffamation, atteinte à l’honneur et atteinte à l’image". A la suite de quoi, Le Courrier de l'Ouest a mis en ligne l'enregistrement des propos supposés du maire.

Pour le NPA 49, l'action de G. Bourdouleix participe depuis longtemps d'un climat détestable marqué par l'intolérance, le racisme et la mise en avant de boucs émissaires. C'est néanmoins un nouveau seuil des plus significatif et des plus honteux dans la longue liste de provocations réactionnaires du maire de Cholet qui viendrait d'être franchi. Car la phrase abjecte incriminée ne peut en rien être excusée par un coup de colère, surtout de la part d'un responsable politique. A sa manière, elle banalise les effroyables meurtres de masse commis par les bourreaux nazis et les justifie.

Le NPA 49 exige en conséquence la démission immédiate du maire de Cholet.

Communiqué du NPA 49 (lundi 22 juillet 2013)

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Trappes : austérité, racisme et violences policières

24 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27

Trappes : austérité, racisme et violences policières

 

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L’attitude extrêmement brutale et provocatrice des policiers lors d’un contrôle d’identité d’une femme portant un voile intégral, jeudi 18 juillet, est à l’origine de la colère de plusieurs centaines d’habitants et de jeunes du quartier des Merisiers à Trappes. L’arrestation du mari de la femme contrôlée a mis le feu aux poudres alors que son seul tort a été de se révolter face aux insultes, menaces et violences que sa femme, qui acceptait le contrôle, et sa belle-mère subissaient de la part des policiers. Tandis que deux cents personnes s'étaient rassemblées devant le commissariat pour exiger la libération du mari, un jeune de 14 ans, atteint par un tir de flash-ball, a été grièvement blessé à l’œil.

 

Moins d’Etat social, plus d’Etat pénal

Face au ressentiment provoqué par le développement du chômage et de la pauvreté, le mal-logement, les appartements surpeuplés, face au désengagement de l’Etat social qui délabre les quartiers, le gouvernement Hollande-Ayrault, dans la continuité de ses prédécesseurs, ne trouve qu’une seule réponse : l’accroissement de l’Etat pénal. Trappes, comme beaucoup d’autres villes ouvrières, concentre les inégalités sociales : le taux de chômage y est de 15,7 % (5 points de plus que la moyenne nationale). Et le chômage des jeunes approche les 30 % alors que les moins de 30 ans représentent près de la moitié de la population pour environ 32 % en moyenne nationale.

Les contrôles, propos agressifs et souvent racistes, sont quotidiens dans les quartiers populaires, alors que la population et en particulier les jeunes ont besoin de travail, de lieux de réunion, d’un renforcement des services publics. A ces ingrédients s’ajoute un climat d’agressions racistes contre les musulmans que les mobilisations réactionnaires contre le mariage pour tous et le racisme d’Etat contre les sans-papiers et les Roms ont amplifié. L’exacerbation de ces tensions, au moment où se déroule le ramadan, ne peut que fabriquer un cocktail explosif, à Trappes comme dans beaucoup d’autres quartiers.

 

Valls sarkozyste zélé

Ce n’est donc pas un hasard si les seules déclarations de Manuel Valls surjouant au Père Fouettard en ministre de l’Intérieur habité par un destin supérieur, ont été pour défendre inconditionnellement des policiers appliquant avec zèle une loi sarkozyste qu’il avait votée et dénoncer les manifestants. En visite au commissariat ce lundi, il a déclaré que « l’Etat est bien là et il ne laissera pas faire ». Il sait que la politique d’austérité que son gouvernement veut imposer aux classes populaires génère l’insatisfaction et accumule les motifs de révolte. La baisse des budgets sociaux va aggraver encore la situation de la majorité de la population, en premier lieu dans les quartiers. Alors le ministre de l’Intérieur se fait menaçant et derrière les jeunes de Trappes, ce sont tous les salariés et chômeurs, potentiels révoltés, qui sont visés. Et cela justifie la solidarité avec les manifestants de Trappes. Mais en alimentant les réactions hostiles face aux explosions de colère comme en se représentant en super flic, adepte de la violence d’Etat, Valls fait aussi le lit du FN. D’où l’urgence de construire les mobilisations contre la politique du gouvernement ainsi qu’une opposition combative porteuse d’une vraie alternative politique…
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NUCLEAIRE = SECURITE MINIMALE ET FACTURES MAXIMALES !

18 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

NUCLEAIRE = SECURITE MINIMALE ET FACTURES MAXIMALES ! 

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5% en août, puis la même chose l'an prochain. Un renoncement de plus de la part de ce gouvernement. N'avait-il pas promis de limiter la hausse à l'inflation ?  Une augmentation à mettre en regard avec les 3,3 milliards d'euros nets de bénéfices en 2012, et des 18% de la population qui se trouve en situation de "précarité énergétique", comme on dit quand on a peur de la réalité brute: plus moyen de se chauffer.

Alors les raisons officielles ne pèsent pas bien lourd: modernisation des réseaux, nouveau compteur prétendument "intelligent" (arnaque au changement obligatoire)... Curieusement, le coût du nucléaire, de ses déchets, du rafistolage des vieilles centrales, ne figure pas dans la liste. Sans doute pour ne pas fâcher le patronat qui tout en refusant les conclusions du  débat sur la "transition énergétique" en a quand même profité pour se permettre d'en demander toujours plus, de la mise en exploitation du gaz de schiste au maintien en activité de Fessenheim...

Alors, le coup de Greenpeace à Tricastin est particulièrement réussi: ils ont appuyé exactement là où ça fait mal. En effet, la logique de l’industrie nucléaire c’est toujours plus de sécurité. Areva, EDF, le gouvernement s’acharnent à faire croire qu’elle est assurée, que tout va bien. Grillages, barbelés, polices spéciales, caméras, équipes cynophiles, en théorie tout est là. En pratique les militants de Greenpeace démontrent le contraire. Qu’elle est impossible, et que de fait ces centrales sont dangereuses à plus d’un titre : pour le nucléaire lui même, pour la cible potentielle qu’elles représentent, pour le modèle répressif de société qu’elles induisent. Les réactions du gouvernement confirment cela : en réponse à cette intervention militante il annonce le renforcement des sanctions pénales, la criminalisation de l’action des anti-nucléaires (dans la logique du refus de l'amnistie pour les militants syndicaux). Ils rappellent que Hollande ne s’est engagé dans la fermeture d’aucune centrale, même les plus vieilles donc les plus dangereuses dont Tricastin fait partie, mais il s’apprête à cogner sur celles et ceux qui lui rappellent ses promesses. De ce côté là pas de changement non plus. Le NPA27, engagé dans "Sortir du nucléaire", prendra toute sa place pour contrer cette logique et construire, sur ce terrain comme sur tous les autres, un front d'opposition à la politique du gouvernement.

Pour connaître notre plan de sortie du nucléaire en moins de 10 ans:

http://www.npa2009.org/content/sortir-du-nucl%C3%A9aire-en-moins-de-10-ans-cest-possible

 

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BRETIGNY : UNE CATASTROPHE PREVISIBLE. PRIORITE AU TRANSPORT FERROVIAIRE !

17 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #COMMUNIQUES

BRETIGNY : UNE CATASTROPHE PREVISIBLE.
PRIORITE AU TRANSPORT FERROVIAIRE !

Priorité+au+train

Hasard malheureux, mais significatif: alors que le gouvernement mettrait sur la pile des grands travaux prioritaires un bon paquet d'infrastructures autoroutières, dont l'absurde, coûteux (pour nous) et juteux (pour les lobbies)  contournement est de Rouen, la réalité tragique de l'état du réseau ferré est venue se rappeler à son bon souvenir: le vendredi 12 juillet, le train express Corail Paris-Limoges a déraillé à grande vitesse en gare de Brétigny-sur-Orge, se renversant partiellement sur le quai où attendaient des voyageurs en attente du RER. Cet accident, le plus grave depuis 25 ans, a fait 6 morts et plus de 60 blessés. Si Hollande, Ayrault ont immédiatement défilé sur les lieux pour verser une larme, Valls s’est une fois de plus distingué en déployant un imposant dispositif dit de sécurité fait de policiers en tenue de combat, agressifs, provoquant des heurts avec des jeunes et ordonnant brutalement à la population de dégager.

De longues enquêtes seront nécessaires pour déterminer pourquoi une éclisse, pièce de liaison d’un aiguillage s’est désolidarisée du rail. L’hypothèse d’un sabotage paraît peu vraisemblable, l’erreur humaine immédiatement écartée. En fait, pour les cheminots, le doute n’est pas permis : ce sont la vétusté des infrastructures et le manque de moyens pour assurer l’entretien du matériel qui sont en cause.

La libéralisation du transport ferroviaire, c’est-à-dire sa privatisation rampante, a conduit depuis 1991 à la séparation des différentes activités pour rechercher une rentabilité prenant peu en compte la sécurité des personnels et des usagers. Sa mise en œuvre par les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés depuis a conduit à une grave détérioration du réseau. L’administration de Réseau Ferré de France (RFF), chargée de gérer les infrastructures, reconnaît l’usure des rails. L'âge moyen des lignes nationales est passé de 15 ans, en 1990, à 20 ans, en 2005. Près de 20 % des lignes sont jugées obsolètes, 60% seront inutilisables à l’horizon 2025. Beaucoup de trains sont vétustes avec une majorité de trains Corail de plus de 30 ans. La priorité donnée aux lignes prestigieuses à grande vitesse a entrainé la détérioration de l’ensemble du réseau. Les usagers du chemin de fer, en particulier ceux qui prennent les trains de banlieue, le RER ou les trains express régionaux, constatent depuis des années la dégradation continue du réseau. Ils le constatent par les pannes à répétition, par les retards qui, sur certaines lignes, sont quotidiens. Sur l’ensemble du réseau, le nombre de kilomètres nécessitant de rouler à vitesse réduite en raison de l’état des infrastructures a doublé en cinq ans.

Les cheminots dénoncent la difficulté croissante d’assurer correctement la maintenance et le contrôle du matériel. Alors que le trafic est en croissance, les cheminots sont de moins en moins nombreux. À la SNCF, 10 000 emplois ont été supprimés depuis 2007. À nouveau, cette année, le budget d’austérité élaboré par la direction de la SNCF prévoit plus de 1800 suppressions d’emploi. Ceci entraîne la dégradation des conditions de travail et les atteintes à la santé des cheminotEs. Ces 5 dernières années, 22 cheminotEs se sont suicidéEs sur leur lieu de travail dont 5 depuis le début de l’année 2013. 26 autres se sont suicidéEs en dehors des entreprises SNCF. 

Comme dans la santé, à la Poste ou dans l’éducation, la politique engagée par le gouvernement Hollande va dans le sens de la rentabilité et du démantèlement des services publics. La forte mobilisation des salariéEs de la SNCF lors des appels à la grève du mois de juin montre que la riposte est possible, qu’elle est engagée. Les usagers devront s’associer à cette bataille du rail pour un service public de qualité et la sécurité des usagerEs et des salariéEs.

 

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Le choix du contournement est de Rouen, un cadeau aux lobbies de la route

14 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

Le choix du contournement est de Rouen, un cadeau aux lobbies de la route

 

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Delphine Batho virée, officiellement pour avoir failli à la solidarité gouvernementale en critiquant la réduction de 7 % des crédits de son ministère et la suppression de 1093 emplois dans son périmètre. Alors que la fermeture de Fessenheim, seul engagement positif d’Hollande sur le dossier nucléaire, est renvoyée aux calendes grecques, ministres et députéEs « Europe Écologie-Les Verts » (EELV) choisissent eux, une fois de plus, de se soumettre…

Le refus de prendre l’argent dans les poches des actionnaires et des boursicoteurs annonce une attaque d’ampleur contre les retraites, les budgets des collectivités locales et les caisses de la protection sociale. Et tout ça pour continuer dans la même logique productiviste délirante qu’illustrent une bonne partie des choix d’équipement programmés par le gouvernement dans le « Plan Investir pour la France ».

Pour ne retenir que ce qui concerne la Haute-Normandie, certains choix relèvent simplement du bon sens : amélioration de la liaison de fret Serqueux-Gisors, doublement des voies dans le Mantois, gare et nœud ferroviaire de la rive gauche de Rouen… Le transport des marchandises et des voyageurs par le train a été tellement négligé, et depuis longtemps !

En revanche, le projet de contournement est de Rouen (A28-A13), comme d’ailleurs bien d’autres projets autoroutiers, revient en force et devient même prioritaire. Une manifestation du poids dans ce gouvernement pro-capitaliste du « duc de Normandie » Fabius, dont on se serait bien passés.

Bien des illusions vont tomber : il n’y a aucune volonté de concertation, et les élu-e-s qui espèrent obtenir une modification du tracé en leur faveur en seront pour leurs frais. Il n’y a de perspective réaliste que dans le refus de l’autoroute dans son principe, ni ici, ni ailleurs. Et de ce point de vue, la mobilisation pour la suppression du péage d’Incarville redevient une perspective concrète, incontournable, pour démontrer l’inutilité de cette nouvelle autoroute à péage…  qui est loin encore d’avoir trouvé un candidat à la concession, tellement l’investissement risque de se révéler hasardeux.

On le voit une fois de plus, l'écologie concentre l'affrontement avec le monde de la finance. L’indispensable transition énergétique est inconciliable avec les intérêts des puissants groupes capitalistes du secteur. Et quand il faut choisir, le gouvernement Hollande-Ayrault penche toujours du même côté...


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A LOUVIERS, SALE TEMPS POUR LE PERSONNEL COMMUNAL (La Dépêche du 12 juillet)

12 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Comité NPA Seine-Eure

 

A LOUVIERS, SALE TEMPS POUR LE PERSONNEL COMMUNAL
 
Tribune libre parue dans "La Dépêche" du 12 juillet
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Cette année la mairie s’en est pris à  l'école de la Souris Verte. Le maire  a fait semblant de défendre les ATSEM en clamant que "Louviers ne serait pas France-Télécom". La  référence à la vague de suicides a fait sensation, a créé un climat malsain, a choqué les enseignants comme les agents. Incapable d’apaiser la situation et de jouer son rôle de maire, d’autres personnes ont dû intervenir. Les problèmes sont-ils réglés pour autant ?  Pour les écoles maternelles, après 5 réunions avec les directeurs-trices qui croyaient avoir été entendus, la rotation des « dames de service » continue, contre leur gré dans la plupart des cas. Et bien entendu, ce sont les personnels sous contrat qui dérouillent ! A chaque fin d'année scolaire,  elles servent de variable d'ajustement, au grand mécontentement de tous les usagers des écoles. La menace de la non-reconduction des contrats est souvent brandie. La pression est constante sur les récalcitrants. Une nouveauté cette année, le personnel responsable des garderies est aussi déplacé. Bien sûr, si les parents râlent, c’est qu’ils sont manipulés.  Mais la réalité quotidienne à la mairie, c’est par exemple un agent d’entretien en « contrat d’aide à l’emploi » (CAE), dont il est connu que le mari est gravement malade, qui a vu son contrat cassé pour la remplacer par une jeune femme en « contrat d’avenir » ! La raison : le CAE n’était pris en charge par l’Etat qu’à 50%...  Ajoutons que les jeunes embauché-e-s pour Louviers Plage se font arnaquer, comme chaque année : on les paye au ras des pâquerettes, et on exige d’eux un maximum d’heures de travail qui ne sont pas comptabilisées. Quant aux aides ménagères, elles subissent des amplitudes de travail extrêmes, sous-payées et méprisées. Alors oui, vivement le changement pour notre mairie et ses agents forts malmenés.

Gérard Martin, instituteur retraité, ancien maire adjoint de la municipalité autogestionnaire,
Sophie Ozanne, enseignante en maternelle, ancienne conseillère municipale,
Philippe Thouément, conseiller municipal NPA, enseignant, militant syndical.

 

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Pétition unitaire : Ensemble, défendons nos retraites ! (www.retraites2013.org)

10 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #RESISTANCE

Ensemble, défendons nos retraites !

 

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Pour vous informer, signer l’appel et vous mobiliser : www.retraites2013.org

 

Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.

 

Refusons les régressions sociales

« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes.

L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.

 

L’austérité sans fin est suicidaire

Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentielle- ment des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission.

Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient réduits !

 

Il est possible de faire autrement

L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une dimi- nution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse pro- duite. C’est à nouveau la voie à suivre.

Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplé- mentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.

Il y a plus de retraité-es ? A moins de décréter leur paupérisation, il est normal de financer leurs retraites en aug- mentant leur part dans la richesse produite. Selon le Conseil d’orientation des retraites, il faudrait, à législation inchangée, un point de PIB supplémentaire en 2020 pour équilibrer le système de retraite alors que la part des salaires a chuté d’environ 6 points au cours des dernières décennies en faveur des dividendes.

 

Pour une large mobilisation citoyenne

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. La retraite à 60 ans par répartition n’est pas un fardeau, elle est une transmission continue et solidaire de la prise en charge d’une génération par la sui- vante. C’est pourquoi elle dépend aussi de l’avenir que la société sera capable d’offrir aux jeunes générations. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, la destruction des solidarités sociales, l’idéo- logie absurde du « travailler toujours plus » dans une société productiviste et inégalitaire. Cet engrenage favorise l’extrême droite et menace à terme la démocratie. Comme en Europe du Sud et dans bien d’autres pays du monde, la société doit se mettre en mouvement. Pour y contribuer nous organiserons partout des réunions, des initiatives de rue, des ateliers d’éducation populaire et nous soutiendrons les initiatives prises par le mouvement syndical. Nous voulons un système de retraites solidaire.

 

Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !

 

Premiers signataires

Gérard Aschieri (président de l’institut de la FSU) - Clémentine Autain (FASE) - Ana Azaria (Femmes Egalité) - Marinette Bache (Ré- sistance sociale) - Guillaume Etiévant (économiste) - Fatima-Ezzahra Benomar (Les Effronté-e-s) - Michel Barthélémy (CEMS-IMM CNRS) - Nicolas Belorgey (sociologue, CNRS) - Nicolas Béniès (économiste) - Gérard Berthiot (vice-président PS de la région Cham- pagne Ardenne) - Sophie Béroud (politiste, université Lyon 2) - Eric Beynel (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Jean Bigot (producteur de cinéma) - Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche) - Bernard Bosc (Réseau Féministe Ruptures) - Jean-Jacques Boislaroussie (les Alternatifs) - Gérard Billon (CGT) - Jean Marc Canon (secrétaire général UGFF CGT) - Bernard Cas- sen (Mémoire des luttes) - Nadine Castellani (secrétaire nationale CGT-Educ’action) - Jean-Claude Chailley (Résistance sociale) - Isabelle Charpentier (sociologue, université Versailles-Saint Quentin) - Chantal Charvy (Femmes Egalités) - Gérard Chaouat (Bureau national SNCS FSU) - Philippe Corcuff (sociologue, IEP de Lyon) - Laurent Cordonnier (économiste Lille 1) - Annick Coupé (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Pierre Cours-Salies (sociologue) - Thomas Coutrot (économiste) - Alexis Cukier (Editions La Dispute) - Isabelle De Almeida (présidente du Conseil National du PCF) - Marielle Debos (politiste, université Paris Ouest Nan- terre) - Claude Debons (syndicaliste) - Bernard Defaix (Convergence de Défense des services publics) - Laure Delair (Vice Présidente de l’UNEF) - Christophe Delecourt (CGT Finances) - Karima Delli (députée européenne EuropeEcologie/Les Verts) - Monique Dental (Réseau Féministe Ruptures) - Ivan Dementhon (président de l’Union Nationale Lycéenne) - Patrick Désiré (secrétaire général de la CGT-Educ’action) - Michèle Dessenne (M’PEP porte parole national) - Jean-Michel Drevon (Etats Généraux du Service Public) - Paul Dirkx (sociologue, université de Lorraine) - Denis Durand (CGT Banque de France) - Cédric Durand (économiste, université Paris 13) - Philippe Enclos (juriste, université Lille 2) - Anne Eydoux (économistes atterrés) - Anne Féray (Secrétaire Nationale de la FSU) - Gwenaëlle Ferré (CNDF) - Jacqueline Fraysse (Député des Hauts de Seine FASE-Gauche citoyenne) - Gerard Gueniffey (retraité CGT) - Jérôme Gleizes (économiste, université Paris 13) - Jean-Marie Harribey (ATTAC) - Clémence Helfter (militante d’Osez le féminisme !) - Gérad Filoche (membre du Bureau National du PS) - Daniel Gascard (Syndicat national de l’environnement - FSU) - Bertrand Geay (politiste, université de Picardie) - Guillaume Floris (Gauche Anticapitaliste) - Cyril Gispert (agrégé d’économie) - Lucas Gomez (Les Effronté-e-s) - Bernadette Groison (Secrétaire Générale de la FSU) - Elsa Hardouineau (trésorière nationale de l’Union Nationale Ly- céenne) - Nordine Idir (Secrétaire général du MJCF) - Lucien Jallamion (secrétaire général de République et Socialisme) - Wandrille Jumeaux, (Secrétaire fédéral des Jeunes Écologistes) - Nicolas Jounin (sociologue, université Paris 8) - Marianne Journiac (porte- parole de République et Socialisme) - Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic) - Razmig Keucheyan (sociologue, uni- versité Paris 4) - Lucile Koch-Schlund, (Secrétaire fédérale des Jeunes Écologistes) - Michel Koebel (sociologue, université de Stras- bourg) - Bernard Lacroix (politiste, Institut Universitaire de France) - Rose-Marie Lagrave (sociologue, EHESS) - Véronique Lamy (porte-parole PCOF) - Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) - Jacques Le Bohec (professeur de sciences de la communication, Lyon 2) - Isabelle Le Roux-Meunier (CGT Banque de France) - Catherine Lebrun (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Alain Lipietz (économiste EuropeEcologie/Les Verts) - Wenceslas Lizé (sociologue, université de Picardie) - Christian Mahieux (secré- tariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Marc Mangenot (économiste) - Jean-Claude Mamet (Convergences et Alternative) - Alain Marcu (secrétariat d’AC) - Nathalie Marcu (les Alternatifs) - Olivier Masclet (sociologue, université Paris 5) - Lilian Mathieu (sociologue CNRS) - Philippe Marlière (politiste, université de Londres) - Myriam Martin (Gauche Anticapitaliste) - Christiane Marty (Bureau de la Fondation Copernic) - Gustave Massiah (fondateur d’IPAM) - Gérard Mauger (sociologue, CNRS) - Jean-Luc Mélenchon (co-président du Parti de Gauche) - Olivier Michel (informaticien, université Paris Est) - Catherine Mills (rédactrice d’Economie et Politique) - Jean-Marie Monnier (économiste Paris 1) - Christian de Montlibert (sociologue, université de Strasbourg) - Julie Muret (porte-parole d’Osez le féminisme !) - Corinne Nativel (géographe, université Paris Est) - Toni Negri (philosophe) - Frédéric Neyrat (sociologue, université de Limoges) - Jacques Nikonoff (M’PEP porte parole national) - Martine Noël (CADAC) - Daniele Obono (Convergences et alternatives) - Alain Oriot (Editions du Croquant) - Ugo Palheta (sociologue, université Lille 3) - Roland Pfefferkorn (sociologue, université de Strasbourg) - Willy Pelletier (sociologue, université de Picardie) - Matthias Perez (secrétaire académique de la CGT Educ’action Créteil) - Jean-Marie Pernaut (IRES) - Michel Pialoux (sociologue, CNRS) - Christian Pierrel (porte-parole PCOF) - Christine Poupin (porte-parole du NPA) - Philippe Poutou (porte-parole du NPA) - Frédéric Rauch (rédacteur en chef d’Economie et Politique) - Suzy Rojtman (CNDF) - Michel Rousseau (Marches européennes contre le chômage) - Henri Sterdyniak (économistes atterrés) - Maya Surduts (CADAC) - Baptiste Talbot, (secrétaire général, fédération des services publics CGT) - Patricia Tejas (CGT Finances) - Sylvie Tissot (sociologue, université Paris8) - Christian Topalov (sociologue, CSU) - Marie-Pierre Toubhans (porte-parole de Gauche Unitaire) - Stéphanie Treillet (Convergences et alternatives) - Marcel Trillat (réalisateur) - Aurélie Trouvé (ATTAC) - Denis Turbet-Delof (secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires) - Janine Vaux (Convergence de Défense des services publics) - Christophe Ventura (Mémoire des luttes) - Christophe Voilliot (politiste, université Paris Ouest Nanterre) - Louis Weber (responsable éditorial) - Laurent Willemez (politiste, université Versailles St Quentin) - Emmanuel Zemmour (président de l’UNEF).

 

Pour vous informer, signer l’appel et vous mobiliser : www.retraites2013.org

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Entretien avec Gilbert Achcar sur la situation en Egypte (Alencontre)

8 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #International

Entretien avec Gilbert Achcar sur la situation en Egypte

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Crédit Photo: 

Egypte. “La question désormais est de savoir si – et il s’agit d’un conditionnel – l’armée met en œuvre le programme qu’elle a annoncé”

 

Publié par Alencontre le 7 - juillet - 2013

 

Entretien avec Gilbert Achcar
Jaisal Noor: Bienvenu sur The Real News Network. Je suis Jaisal Noor, à Baltimore.
En Egypte, les militaires ont expulsé Mohamed Morsi du pouvoir. Cette mesure s’est déroulée 48 heures après l’ultimatum que l’armée avait adressé au président Morsi pour soit se désister soit aboutir à un accord de partage du pouvoir avec les millions de manifestant·e·s qui sont descendus dans les rues depuis le 30 juin.
Gilbert Achcar nous rejoint en ce moment afin de nous parler des derniers développements. Il a grandit au Liban et il est aujourd’hui professeur à la School of Oriental and African Studies de l’Université de Londres. On compte parmi ses ouvrages: Le choc des barbaries. Terrorismes et désordre mondial (2002), qui a été publié dans 13 langues; La poudrière du Moyen-Orient(2007), avec Noam Chomsky; l’ouvrage acclamé par la critique Les Arabes et la Shoah (2009) et, plus récemment, Le peuple veut(2013).
Merci beaucoup de nous rejoindre.
Gilbert Achcar: Merci. C’est un plaisir que de parler avec vous.

Pouvez-vous nous faire part de votre réaction à la nouvelle selon laquelle le président Morsi, le dirigeant démocratiquement élu de l’Egypte, a été écarté du pouvoir par l’armée égyptienne?

Oui. Il s’agit ici, d’une certaine façon, de la répétition du même scénario que celui qui s’est déroulé en février 2011. Ce que nous voyons en fait dans les deux cas c’est un coup d’Etat, un putsch militaire, dans le contexte d’un immense mouvement de mobilisation, à cela près que les joueurs ou ceux qui se trouvent au pouvoir sont différents et que la composition de la foule, la mobilisation de masse, est elle aussi différente.
En janvier 2011, en janvier-février 2011, on avait, vous savez, cet immense mouvement de protestation, ce grand soulèvement, dans lequel étaient impliquées toutes les nuances de l’opposition au régime de Moubarak. Ce qui incluait les libéraux, des mouvements de gauche mais aussi les Frères musulmans. Ils représentaient une composante majeure de la mobilisation à cette époque. Dans cette grande mobilisation de masse se trouvait le même type d’attentes vis-à-vis de l’armée, l’idée selon laquelle l’armée était du côté du peuple, qu’elle pouvait représenter les intérêts du peuple. Il se trouve d’ailleurs que le 8 février 2011, trois jours seulement avant la chute de Moubarak, The Real News Network avait réalisé une interview avec moi dans laquelle je mettais en garde contre ce type d’illusions au sujet de l’armée, au sujet des militaires.
Ce à quoi nous assistons actuellement fait juste suite à une espèce de jeu de chaises musicales, si vous voulez. Les Frères musulmans sont au pouvoir et les partisans de l’ancien régime, celui du régime Moubarak, dans les rues aux côtés des libéraux, avec la gauche, avec l’opposition populaire aux Frères musulmans. Il s’agit en un certain sens d’une répétition du scénario avec, certes, une différence clé: la nature de la force politique qui se trouve au pouvoir.
Dans les deux nous voyons une immense mobilisation. Et ce soulèvement est absolument fascinant. C’est quelque chose qui va en fait au-delà des attentes, y compris celles de personnes comme moi qui rejettent tous ces commentaires lugubres que vous avez à chaque fois que des élections conduisent au pouvoir des forces semblables aux Frères musulmans. Vous aviez toutes sortes de commentaires selon lesquels le printemps s’est transformé en automne [islamiste] ou en hiver [intégriste]; beaucoup ont vu dans ces événements une raison, si ce n’est un prétexte, pour simplement dénigrer l’ensemble des soulèvements dans la région. Il y avait aussi d’autres, comme moi, qui insistaient sur le fait que nous nous trouvons seulement au commencement d’un processus révolutionnaire de longue durée. J’ai même déclaré, en fait, que j’étais assez content de voir les Frères musulmans accéder au gouvernement parce que cela serait la meilleure manière pour qu’ils s’exposent et, ainsi, perdent leur capacité de mystifier les gens avec des slogans démagogiques du type «l’islam est la solution».

 

Pouvez-vous nous parler des divers intérêts qui ont pris part au soulèvement en Egypte ainsi que les intérêts politiques qu’ils servent?

Comme je viens de le mentionner, nous sommes face à une foule très hétérogène, politiquement parlant. J’ai entendu à la télévision quelques interviews de personnes dans les rues. Nombreux sont ceux, dans les cafés ou dans des endroits de ce type, qui expriment leur préférence pour Moubarak au lieu de Morsi. Il y a donc, bien entendu, un grand nombre de partisans de l’ancien régime, un grand nombre de personnes qui représentent, comment dire?, une masse plutôt conservatrice, qui est contre les Frères musulmans en raison de leur profonde maladresse au pouvoir. Ils se sont comportés lamentablement, de la façon la plus inepte possible, et ils sont parvenus à se mettre à dos tout le monde.
Il y a donc des partisans de l’ancien régime mais vous avez aussi dans cette mobilisation des masses immenses de gens qui agissent en raison de leur situation de classe, si vous voulez, voyant que rien n’a été fait contre la détérioration de leurs conditions de vie car le gouvernement n’a fait que poursuivre les politiques sociales et économiques du régime précédent. On trouve aussi l’opposition libérale, qui est opposée aux Frères musulmans pour des raisons politiques mais n’est pas contre leurs politiques sociale et économique car les libéraux partagent, sur le fond, les mêmes options. Vous avez ensuite la gauche. Il s’agit donc d’une foule très hétérogène. De la même manière qu’en 2011 il y avait des forces très hétérogènes, des forces de natures très différentes qui se sont rassemblées autour du seul point commun qui était leur opposition à Moubarak, c’est le même phénomène aujourd’hui dans l’opposition à Morsi.
Bien entendu, cela ne résoudra en rien le problème. Toute illusion selon laquelle l’armée et qui que ce soit que l’armée portera au pouvoir (car l’armée se retrouve pour une seconde fois en position de faiseur de rois) amènera à des améliorations des conditions sociales et économiques et, partant, des conditions d’existences des travailleuses et travailleurs en Egypte est tout simplement sans aucun fondement. Toutes les illusions de ce type ne sont que cela : des illusions.
On se trouve là face à une contradiction entre ceux qui soutiennent le coup d’Etat de l’armée parce qu’ils souhaitent le rétablissement de l’ordre, parce qu’ils sont convaincus que les Frères musulmans ne parviennent pas à réaliser cet objectif, ceux et celles qui languissent d’un retour du pays à la normalité – ce qui signifie en fait l’arrêt du mouvement de grèves, l’arrêt de tous les mouvements sociaux qui se sont déroulés de manière très intensive au cours des deux dernières années. Il y a donc ce genre de personnes. D’un autre côté on trouve ceux et celles qui se révoltent contre Morsi parce qu’il a poursuivi les politiques sociales de Moubarak.
Nous nous trouvons donc en pleine contradiction. Le problème est qu’à l’exception de groupes marginaux, il y a peu de conscience de cela. La tragédie réside ici en l’absence d’une force de gauche disposant d’une crédibilité populaire réelle et d’une vision stratégique claire de ce qui se passe. Cela manque terriblement.

 

Vous avez mentionné de quelle manière ce processus révolutionnaire, qui a commencé le 25 janvier [2011], évolue. Vous dites donc que vous ne voyez aucun dirigeant émerger du mouvement révolutionnaire qui serait en mesure de se porter candidat à la direction lors des prochaines élections que l’armée a promises?

Bon. Il y a eu l’apparition d’une figure pouvant jouer le rôle de rassembleur des aspirations, disons, sociales et progressistes du peuple. Il s’agissait du candidat nassérien [Hamdeen Sabahi], par référence à Nasser qui dirigea l’Egypte jusqu’en 1970. Ce candidat représentait donc une espèce de nationalisme de gauche. Il arriva troisième [en 2012, avec 20, 72% contre 23, 66% pour Ahmed Shafik – un officier, représentant de l’ancien régime – et 24, 78% pour Mohamed Morsi]. Ce fut la grande surprise des élections présidentielles. Il représente la seule figure réellement populaire dans la vaste gamme de la gauche égyptienne.
Le problème est qu’il partage complètement le discours qui prévaut actuellement selon lequel l’armée est notre amie, elle est avec le peuple, etc. Il se trouve, en outre, en alliance avec les libéraux et avec quelqu’un qui est un survivant de l’ancien régime, Amr Moussa [secrétaire général de la Ligue arabe entre 2001 et 2011, il a été avant cela ministre des Affaires étrangères entre 1991 et 2001]. Il a fait récemment des déclarations dans lesquels il a affirmé que cela avait été une erreur pour le mouvement populaire, avant que Morsi n’accède au pouvoir, de dire «à bas le régime militaire», cela alors que le Comité suprême des forces armées (CSFA) gouvernait le pays d’une manière terrible. Ces déclarations ne sont pas rassurantes du tout. Il était toutefois la seule personne qui a émergé comme attractif pour les aspirations populaires à un changement à gauche et non un changement sur la droite – que cela soit dans une direction islamiste ou en direction de l’ancien régime.
La question désormais est de savoir si – et il s’agit bien entendu d’un conditionnel – l’armée met en œuvre le programme qu’elle a annoncé, qui inclut la tenue d’élections présidentielles à court terme, ce qui se passera avec ces élections et comment ce candidat précisément – parce qu’il est le seul capable de percer à gauche – se positionnera dans ces élections: quel type de discours développera-t-il et quel sera son programme? Nous aurons à observer cela si – une fois encore si – des élections auront lieu. Il est trop tôt pour se prononcer à ce sujet parce que les Frères musulmans rejettent en ce moment le coup d’Etat et le dénoncent pour ce qu’il est: un coup d’Etat. Il en s’agit d’un, en effet. Et cela même s’il ne s’agit pas tout simplement d’un putsch contre un gouvernement démocratiquement élu, mais d’un putsch contre un gouvernement élu démocratiquement mais qui est parvenu à se mettre à dos la vaste majorité du peuple égyptien. Les mobilisations contre Morsi ont atteint des niveaux jamais vus. C’était absolument sans précédent.

 

Quel est le rôle des Etats-Unis dans tout cela? Ils étaient parfaitement heureux de soutenir Moubarak pendant des décennies avec les militaires au pouvoir. Mais quel rôle ont-ils joué dans cette situation et quel rôle les Etats-Unis pourraient jouer dans la période qui vient?

Le mouvement d’opposition en Egypte, c’est-à-dire l’opposition à Morsi, a la forte conviction que Washington soutenait Morsi. Il y avait en effet de nombreux signes indiquant le soutien de Washington à Morsi, des mises en garde contre l’intervention des militaires, l’insistance sur la nécessité de suivre la voie constitutionnelle, de ne pas s’en écarter bien que la Constitution, celle qui existe aujourd’hui, a une légitimité tout à fait discutable. Cet immense mouvement, en effet, ne reconnaît pas cette constitution comme légitime mais comme imposée par les Frères musulmans. L’ambassadrice des Etats-Unis au Caire a fait une déclaration, au commencement des mobilisations contre Morsi, dans laquelle elle a dit qu’elles sont nuisibles à l’économie du pays. Cela est apparu comme une déclaration de soutien flagrant à Morsi. Il y a donc de nombreuses indications de cela.
Washington se trouve en réalité dans un véritable désarroi. Ceux qui soutiennent, et ils sont nombreux, en particulier sur Internet, toutes ces théories du complot selon lesquelles Washington est tout puissant et tire les ficelles de tout ce qui se passe dans le monde arabe sont complètement à côté de la plaque. Je veux dire que l’influence de Washington, des Etats-Unis dans la région en général, se trouve à un niveau très bas. C’est là le résultat de la défaite en Irak, car il s’agit là d’une défaite majeure pour le projet impérial des Etats-Unis. Il y a eu cette combinaison entre ce désastre pour la politique impériale des Etats-Unis et le renversement d’amis clés de Washington, tel Moubarak.
Washington a donc tenté de parier sur les Frères musulmans. En effet, au cours de la dernière période, depuis le commencement du soulèvement dans le monde arabe ou aussitôt après, Washington a choisi de parier sur les Frères musulmans. Ils ont renouvelé en fait leur ancienne alliance car ils ont travaillé étroitement avec les Frères musulmans au cours des années 1950, 1960, 1970 en fait jusqu’en 1990-91. Ils étaient en collaboration étroite avec les Frères musulmans. Ils ont renouvelé cette collaboration convaincus que dans les conditions actuelles du monde arabe, avec toutes ces mobilisations de masse – qui constituent le développement nouveau et majeur, depuis décembre 2010, janvier 2011 –ils ont besoin d’alliés disposant d’une réelle base populaire, avec une organisation réellement populaire. Ceux qui correspondaient évidemment à cette définition et qui étaient disposés à collaborer et à coopérer avec Washington étaient les Frères musulmans. C’est ce qu’ils firent et c’est ce qu’ils continuent de faire.
La situation a désormais atteint un point tel que Washington constate que les Frères musulmans ont échoué. Donc même du point de vue de Washington, parier sur eux n’est désormais plus possible. Ils ont échoué à rétablir l’ordre en Egypte. Ils ne sont pas parvenus à contrôler la situation. L’allié majeur de Washington en Egypte est bien entendu l’armée. L’armée a des liens très étroits avec Washington. Elle est en partie financée par Washington [depuis la fin des années 1970, soit à la suite de la conclusion d’un traité de paix avec Israël, l’armée égyptienne reçoit une aide financière annuelle; elle s’élève aujourd’hui à environ 1, 3 milliard de dollars]. Le gros des versements des Etats-Unis à l’Egypte, qui vient juste après Israël du point de vue des montants perçus, va à l’armée. La génération actuelle d’officiers a été entrainée aux Etats-Unis. Ils ont participé à des manœuvres militaires etc. L’armée est donc très liée à Washington. Et, bien entendu, il n’est pas envisageable que Washington prenne position contre l’armée. Je suppose qu’ils adopteront une position conciliatrice. Ce qui importe, c’est qu’ils ne dirigent pas la situation. Et quiconque pense que les Etats-Unis en sont les metteurs en scène est, comme je l’ai déjà dit, complètement à côté de la plaque.

 

Pouvez-vous maintenant nous faire part de ce qui arrivera en Egypte? Mohamed el-Baradei est une personnalité de l’opposition parmi les dirigeants qui ont rencontré l’armée aujourd’hui. Il semble que les dirigeants syndicaux n’ont pas rencontré l’armée. Pouvez-vous nous parler des implications possibles de cela? Enfin, en raison de la crise qui est apparue avec le gouvernement des Frères musulmans s’il devait y avoir une autre élection, pensez-vous que les Frères musulmans pourraient la gagner?

Je vais commencer par le dernier point. Non, je ne vois pas comment les Frères musulmans pourraient gagner des élections maintenant. Les prochaines élections seront des élections présidentielles selon la déclaration faite par le commandant en chef de l’armée [el-Sissi] lors de son discours. Si vous regardez ce qui s’est produit lors des élections précédentes, Morsi a été élu au second tour grâce à des votes qui n’étaient pas «pro-Morsi» mais plutôt contre Shafik, l’autre candidat, un ancien militaire qui était considéré comme un représentant de la continuité avec le régime Moubarak. Morsi n’a obtenu, même alors, que près de 25% des voix au premier tour. Et je ne suis pas du tout certain que les Frères musulmans obtiendraient à nouveau ces 25%. Donc, non, je ne pense pas que cela soit vraiment possible, sans même parler du fait que je peux difficilement imaginer l’armée organiser des élections pour que Morsi ou son équivalent revienne au pouvoir. C’est donc plutôt très improbable, pour le moins.
Ce qui va se passer, c’est exactement ce à quoi je faisais allusion lorsque je parlais de la question du candidat nassérien. Ce front d’opposition hétérogène se présentera-t-il ensemble aux élections avec un candidat unique? Si c’est ce qui se produit, ce candidat ne sera pas le nassérien mais plutôt quelqu’un comme Baradei, un libéral.
D’une certaine manière cela sera une autre étape, l’ouverture d’une nouvelle étape dans un processus révolutionnaire qui sera loin d’être achevé. Il continuera, et cela pour de nombreuses années, si ce ne sont des décennies, d’instabilité avant d’arriver à une situation où les choses changeront profondément avec des politiques sociales et économiques différentes. Pour aboutir à cela il est nécessaire que se produise un changement politico-social profond. C’est une chose qui n’est pas encore visible. Il est donc trop tôt pour faire des prédictions à ce sujet.
Ce que nous pouvons toutefois dire est qu’il est vraiment improbable que l’armée tente de répéter ce qu’elle a fait à la suite du précédent coup du 11 février 2011, lorsque, de la même façon, l’armée écarta Moubarak du pouvoir. Ils font cela maintenant avec Morsi. Ils ont gouverné longtemps le pays la première fois, avant l’élection de Morsi [entre février 2011 et fin juin 2012]. Je les vois difficilement faire la même chose parce qu’ils ont compris que cela leur était nuisible et qu’en fait le pouvoir en Egypte était aujourd’hui une patate chaude. C’est que… qui peut bien désirer faire face à tous les problèmes qui se trouvent devant nous, dont l’un, non des moindres, est maintenant constitué par les Frères musulmans eux-mêmes. Nous verrons bien ce qui va se passer. S’ils sont juste subjugués, s’ils capitulent tout simplement, ils le feront avec beaucoup de ressentiment et il y aura beaucoup d’opposition de la part des cercles islamiques à qui que ce soit qui viendra ensuite.
Il y a, d’un autre côté, une situation économique terriblement mauvaise, très préoccupante, avec un pays au bord de la banqueroute, au bord d’un profond désastre économique. La seule politique qui est mise en avant par le vaste éventail de forces qui va de Morsi à Baradei en passant par les militaires est le même agenda de mesures néolibérales que le FMI promeut en Egypte. C’est juste impensable à quel point le FMI est, comment dire, vraiment ce qu’il a été appelé il y a longtemps déjà, le fondamentalisme monétariste international. A quel point il est fondamentaliste dans la perspective néolibérale, d’engager l’Egypte, après tout ce que nous avons vu, dans rien que plus encore des mêmes politiques économiques qui ont été appliquées sous Moubarak et qui ont mené à cette profonde crise économique : pas de croissance et, en tout cas, très peu de création d’emplois, un immense chômage, en particulier un chômage des jeunes. Ils continuent de préconiser les mêmes politiques. Le FMI a exercé des pressions sur le gouvernement Morsi afin qu’il mette en œuvre des mesures d’austérité supplémentaires, des réductions supplémentaires aux subsides tels que ceux des prix de carburant et d’autres produits de base. Ils continuent de préconiser de telles politiques. Morsi ne les a pas mises en application, parce qu’il ne le pouvait pas. Il n’était pas suffisamment puissant politiquement pour le faire. Lorsqu’il essaya une fois de le faire, il fut confronté à un tel tollé qu’il annula immédiatement, sur sa page Facebook, les mesures qu’il avait annoncées. C’était vraiment ridicule.
Il s’agit donc d’une patate chaude. C’est pour cela, encore une fois, que ce à quoi nous assistons n’est rien d’autre qu’un épisode d’une longue histoire, qui se trouve en fait toujours dans sa phase initiale. Nous allons assister à de nombreux autres développements dans les années à venir en Egypte et dans le reste du monde arabe. (Traduction A l’Encontre)
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Traduction en français de la transcription d’une interview menée, le 3 juillet, par la chaine télévisée The Real News Network (TRNN) et diffusée en deux parties le 4 juillet.
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L'arnaque des "emplois d'avenir" selon "Gil" (La Dépêche, 28.06.12)

7 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EMPLOIS - LICENCIEMENTS

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Depuis les TUC de Fabius,  pour les jeunes, plus ça change et plus c'est pareil !
(Dessin de  Gil dans "La Dépêche" du 28 juin)

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NPA Seine-Eure: Tract du 02.07 "Votre conseiller municipal NPA rend compte".

4 Juillet 2013 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #NOTRE ELU NPA A LOUVIERS

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En direction du quartier des Acacias et des personnels des écoles


Au recto:

  CE QUE NOUS REVELE LE COMPORTEMENT DU MAIRE A L’ECOLE DE LA « SOURIS VERTE »
 

Au verso:
    -A LA MAIRIE DE LOUVIERS, LES EMPLOIS, ON LES AIME PRECAIRES.
     -LE MARITE, UN CAPRICE QUI NOUS COUTE CHER!
     -UN VENT DE MAI 68 SUR LA PLANETE ...
     -ENTENDEZ-VOUS LE BRUIT DES BOTTES ?
     -DEFENDONS LES LIBERTES DEMOCRATIQUES ET SOCIALES!
     -VOUS VOULEZ QUE CA CHANGE, SOUTENEZ LA CAMPAGNE DU NPA !

 

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