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NPA 27   Comités NPA de l'Eure

Royal-Besancenot : un débat dans Marianne....

31 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Royal-Besancenot : un débat dans Marianne....

 

"Royal-Besancenot : enfin, ils se parlent...". Dans Marianne du 31 mai.

Marianne : Tout d’abord, pourquoi avez-vous accepté cette rencontre ? Est-ce parce que vous vous réclamez tous les deux du même camp ?

Ségolène Royal : J’ai accepté parce que c’est vous qui me l’avez proposée. Sinon, je n’en aurais peut-être pas eu l’idée ... Plus sérieusement, je trouve utile d’accepter votre proposition de dialogue avec Olivier Besancenot. Nous avons failli nous croiser à Gandrange sur le même piquet de grève. Tout débat avec ceux qui ont envie que le monde change est fructueux.

Et vous, Olivier Besancenot, est-ce parce que vous partageriez une culture commune avec Ségolène Royal que vous avez jugé cet échange utile ?

Olivier Besancenot : D’abord, c’est vous qui l’avez suscité, en effet. Nous avons été tous les deux candidats à l’élection présidentielle. Et il y a deux grandes orientations politiques à gauche qui se dessinent au fur et à mesure que les luttes avancent. La confrontation politique est donc toujours utile. De la confrontation, des idées peuvent jaillir ! Il y beaucoup d’électeurs de gauche qui se sentent orphelins de ce type de débat contradictoire où chacun assume ses orientations, fait la part de ce qu’il y a en commun et de ce qui nous sépare. Il y avait des désaccords au sein de la famille de la gauche sur la façon de changer le monde, entre ceux qui se disent réformistes et ceux qui se disent révolutionnaires. Au fur et à mesure que la mondialisation financière a avancé, on s’est rendu compte que les marges de manoeuvre pour obtenir des réformes s’étaient amoindries. A l’époque des Trente Glorieuses, les capitalistes cédaient quelques réformes, sur lesquelles il ne fallait pas cracher d’ailleurs, histoire d’acheter la paix sociale. Depuis le début de la contre-réforme libérale des années 80, ces espaces de compromis n’existent plus. Et à cette époque, en France, nous avions des gouvernements de gauche censés être réformistes, mais incapables de faire des réformes importantes. Soit on continue de vouloir changer le monde et on se donne les moyen de le faire, soit on pense que l’économie de marché, c’est-à-dire le capitalisme, est un horizon indépassable et on s’en accommode.

Vous avez employé les termes de « confrontation » et de « débat contradictoire », alors que Ségolène Royal n’a parlé, elle, que de débat. Dans « confrontation », il y a une idée de combat ?

O.B. : Non, non, je suis venu dans l’idée de débattre.

S.R. : Il est des confrontations créatrices ...

Ségolène Royal, vous auriez donc renoncé à changer le monde ?

S.R. : Au contraire. Je veux répondre aux désordres du monde et accéder au pouvoir pour peser sur les solutions à mettre en place pour l’épanouissement des femmes et des hommes. Moi, je suis entrée en politique par le féminisme. Lorsqu’on m’a dit : « Tu es une fille, tu ne feras pas d’études », ça m’a révoltée. Donc je suis partie, j’ai travaillé, et j’ai demandé une bourse parce que j’ai compris que c’était par l’école que j’échapperais au destin réservé traditionnellement à beaucoup de femmes. Je veux que l’école de la République reste un élément majeur d’émancipation pour tous. Cette bataille pour l’éducation est au coeur de la raison d’être des socialistes. Sans doute auraient-ils dû aller beaucoup plus loin sur la question éducative et sur d’autres. C’est pourquoi il y a des combats et des utopies réalisables et c’est pour cela qu’il faut accéder aux responsabilités. y compris pour mettre en place certaines réformes radicales !

La politique peut donc encore changer les choses ?

S.R. : L’enjeu de la politique, ce n’est pas seulement de corriger les inégalités a posteriori ; c’est de prendre à la racine les raisons qui font qu’il y a une destruction des valeurs humaines. La difficulté, c’est que nous souffrons aujourd’hui d’une terrible décrédibilisation de la parole politique ! Les gens ont été trompés par l’énergie de la parole de Nicolas Sarkozy qui disait : « Vous allez voir, votez pour moi et je vais tout résoudre parce que "je suis un surhomme !". Aujourd’hui, le désespoir par rapport à ces promesses risque de décrédibiliser, si l’on n’y prend garde, toutes les formes d’exercice du pouvoir. Moi, j’exerce des responsabilités territoriales, et, comme d’autres élus socialistes, je mets en application un certain nombre de réformes radicales. J’ai, par exemple, conditionné les aides publiques aux entreprises à l’interdiction de délocaliser ou de licencier si elles font des bénéfices ... Les luttes sont utiles quand le pouvoir politique demeure aveugle, mais la politique doit anticiper les problèmes pour que les gens, au bout du rouleau, dans la souffrance, n’aient plus à subir les conséquences des conflits. Quand je vois le mouvement désespéré des pêcheurs, la misère de certaines familles, auprès desquelles j’étais récemment, je dis que l’inertie politique est coupable et que les solutions existent.

Ségolène Royal vous interpelle lorsqu’elle dit qu’on ne peut se contenter des luttes et qu’il faut participer aux responsabilités quand on veut changer le monde ...

O.B. : Pour moi, prendre nos responsabilités, c’est d’abord faire preuve de constance. Nous avons toujours pris nos responsabilités. La France n’a jamais été aussi riche, la redistribution des richesses n’a jamais été aussi inégalitaire. Etre constant, quand on a un gouvernement qui tape fort comme celui-là avec 55 réformes qui ont une cohérence, c’est de résister. Il ne faut pas avoir simplement 2012 en tête. Sarkozy et son gouvernement préparent des mauvais coups sur la protection sociale, sur le contrat de travail, sur les services publics. La question de la responsabilité, ce n’est donc pas que « pouvoir ou pas pouvoir ». Nous avons vu récemment de curieux mercatos où, à force de vouloir mettre les mains dans le cambouis, certains vont dans un gouvernement de droite même lorsqu’ils se prétendent encore de gauche ... Le problème est donc de savoir ce qu’on fait du pouvoir. ridée que je me fais d’un bouleversement révolutionnaire, c’est que la politique ne fonctionne pas sans l’irruption d’une majorité de la population. Tant qu’elle se contentera de déléguer sa représentation à d’autres pour faire à sa place on ira dans le mur ...

Vous voulez en finir avec la démocratie représentative ?

O.B. : Il faut une combinaison de la démocratie directe et du suffrage universel. Je suis pour une démocratie qui permette le contrôle.

Vous êtes pour les jurys citoyens que proposait Ségolène Royal ?

O.B. : Non, pas les jurys citoyens. Sur la révocabilité des élus, les jurys citoyens s’arrêtaient au milieu du chemin. Pour la gauche anticapitaliste, l’autre société, c’est une majorité de la population qui se partage les richesses et le pouvoir. Moi, j’ai aimé citer Louise Michel, la communarde, l’anarchiste, pendant la campagne présidentielle : « Le pouvoir donnera des vertiges tant que le pouvoir ne sera pas partagé par tous. » Nous, nous militons pour que le pouvoir soit partagé par tous. Nous ne sommes pas contre le fait de participer aux institutions en tant que telles, nous avons déjà eu des élus, régionaux, européens, élus sur la base de notre indépendance. S’il y avait la proportionnelle, il y aurait 12 ou 13 députés de la LCR. Je ne dis pas que cela changerait tout, mais cela pèserait. Ce que nous contestons, c’est l’idée que la politique, ce serait pour les institutions, et le social, pour la rue. En Mai 68, il y a eu une augmentation des salaires de 30 %. En février 1968, les patrons expliquaient qu’augmenter les revenus de 30 % était impossible. Et, en juin, ils ont dû déchanter. Pourquoi ? Parce qu’il y a eu un rapport de force.

Mai 68, c’était aussi « Elections, pièges à cons »... De ce point de vue-là, est-ce que vous rejoignez Ségolène Royal sur l’idée de démocratie participative ou est-ce que vous considérez que ce n’est qu’un dérivatif ?

O.B. : Derrière « démocratie participative », on ne met pas forcément la même chose. La première référence qui me vient à l’esprit, c’est une ville du Brésil, Porto Alegre, où l’on a instauré des conseils de quartier qui estimaient leurs propres besoins : combien d’hôpitaux il nous faut, combien de routes, combien d’écoles, etc. Mais, à ces conseillers, on ne demandait pas simplement leur avis, ils avaient le droit d’élaborer et surtout de contrôler une partie du budget municipal. L’idée du contrôle, c’est aussi la révocabilité des élus. Une partie d’une circonscription, par voie pétitionnaire, pourrait juger que le mandat n’a pas été respecté et susciter un nouveau suffrage. Même chose sur la rémunération : il n’y a pas de raison qu’un élu gagne plus d’argent que ceux qu’il est censé représenter, c’est-à-dire plus que le salaire moyen de la majorité de la population. Quatre-vingt-cinq pour cent de la population en France vivent avec moins de 2 000 € par mois et les responsables politiques gagnent beaucoup plus ...

Sur la question de la démocratie, vous avez le sentiment, Ségolène Royal, qu’il y a des ponts entre la conception d’Olivier Besancenot et celle que vous avez développée pendant la campagne présidentielle ?

S.R. : La question démocratique est la question centrale, parce que c’est la question du pouvoir. La démocratie repose sur trois piliers :

- La démocratie parlementaire, qui mériterait d’être considérablement améliorée.

- La démocratie sociale. La France est parmi les pays industrialisés les plus en retard sur cette question. Il est plus que temps qu’en France, malgré les résistances et l’obstination du Medef, on progresse dans cette voie, absolument cruciale, notamment pour lutter contre les délocalisations. On voit apparaître en plus de nouveaux prolétaires qui sont les femmes au chômage partiel, les caissières des hypermarchés. Lorsqu’elles ont fait grève, des engagements ont été pris ; le silence est retombé parce que les caissières sont isolées, leur lutte n’a jamais vraiment été prise en considération, et seulement très récemment par les organisations syndicales.

- Enfin, il y a la démocratie participative. Comment organiser la prise de parole populaire entre deux mandats ? Comment peser pour qu’entre deux élections il ait des rapports de force pour que les décisions soient plus justes ? La proposition d’Olivier Besancenot est irréaliste. Moi,je suis par exemple favorable aux actions de groupe. Cela fait très peur au Medef et au gouvernement, car, une fois les consommateurs organisés en groupe de pression, ils ne sont plus isolés. Pourtant, ce serait très efficace pour faire baisser les prix, pour mettre fin aux abus des distributeurs d’eau ou des factures Internet. Je fais ce que je dis : je préside la seule région où a été mis en place un budget participatif. Par exemple, les lycéens décident ce qu’on va faire dans leur lycée avec 10 millions d’euros. Ce ne sont pas des miettes ... A un moment donné, il faut passer des discours aux actes. Quand je fais ça dans ma région, d’une certaine façon, je suis révolutionnaire ! J’ai également mis en place des jurys citoyens. Un élu l’est pour cinq ou six ans, mais il doit rendre des comptes pendant son mandat sur la façon dont il l’exerce. Il faut instaurer un contrôle populaire au bon sens du terme, non pas un jury d’assises qui coupe des têtes ou révoque les élus, mais des ateliers citoyens qui évaluent les politiques publiques et qui, devant l’opinion publique, disent : « Là, c’est formidable, mais là, ça va dans la mauvaise direction, etc. » Ce système est une aide à la décision publique. Le jury, avec des citoyens tirés au sort qui ne sont pas des spécialistes, aide à améliorer les décisions.

Olivier Besancenot, vous avez une conception différente puisque vous considérez que les élus doivent pouvoir être révoqués en cours de mandat ...

O.B. : Oui, par voix pétitionnaire. Il y a d’autres pays qui le font. C’est dans la Constitution bolivarienne de Chavez au Venezuela. L’opposition, soutenue par les Etats-Unis, avait convoqué un référendum avec 300 000 signataires. Au lieu d’attendre quatre ans, il y a eu une nouvelle élection au bout de deux ans. Et Chavez l’a remportée.

J’entends vos discours, Ségolène Royal, sur les luttes, c’est bien, mais, en moins d’un an, il y a eu la réforme des régimes spéciaux des cheminots, la loi d’autonomie sur l’université, le nouveau traité européen, autant d’échéances concrètes où l’on aurait pu résister ensemble au moment où la droite oppose à peu près tout le monde, le public au privé, les hommes aux femmes, les Français aux immigrés, les jeunes aux anciens, tout ce nouveau prolétariat qui n’a jamais été aussi nombreux...

Ségolène Royal évoque ce "nouveau prolétariat" et prône une certaine « radicalité »...

O.B. : Au-delà des mots, parlons concrètement : comment faire là où on est, avec nos divergences, pour aider à ce qu’un front solide, massif, majoritaire réponde aux attaques d’un gouvernement qui cherche à opposer les uns aux autres. Il y a eu un bon exemple, c’était le CPE, où toute la gauche, sociale et politique, était à peu près à l’unisson. Cela a eu un impact sur l’opinion. Voilà ce qui a manqué au moment des régimes spéciaux, de la loi d’autonomie de l’université, ou aujourd’hui sur l’éducation. Au-delà des mots, nous avons expliqué depuis des années qu’il fallait légiférer de façon efficace contre les licenciements en reprenant les subventions publiques qu’on avait données aux licencieurs. C’est bien de le dire, c’est mieux de le faire ! Il faut avoir le courage de dire que c’est incompatible avec l’économie de marché. Le capitalisme, même avec sa prétendue variante sociale et écologique, est inacceptable. De nouveaux droits démocratiques pour les salariés, cela passe, concrètement, par la publication des livres de comptes, et la levée du secret bancaire, commercial et industriel pour savoir où va l’argent. Nous pouvons avoir des propositions différentes, mais il faut d’abord résister aux 55 contre-réformes libérales de Sarkozy. Pour cela, on devrait être soudés et unis dans les mobilisations. Sans mauvais jeu de mots, ça devrait être le service minimum ... Nous n’avons pas été capables de le faire depuis plus d’un an ! Je refuse le tout ou rien, l’idée selon laquelle il faudrait absolument se mettre d’accord sur tout ce qu’on propose à gauche pour résister ensemble face à la droite.

Là-dessus, Ségolène Royal, vous pensez qu’on peut bâtir une opposition cohérente à Nicolas Sarkozy sans être d’accord sur toutes les solutions alternatives ?

S.R. : En effet, je ne crois pas à ces modèles où l’avant-garde éclairée déciderait pour tout le monde du bien et du mal. Je ne connais pas de système de ce genre qui ait fonctionné. Dites-moi, si votre droit de révocation existait à Cuba, sans doute que le peuple se serait débarrassé de Fidel Castro ! Moi, je regarde à quelles conditions garantir à chacun le progrès. Dire que nous vivons dans une économie de marché, c’est dire simplement qu’il y a un droit à la créativité qu’il faut puissamment encourager. La bureaucratie étatique sécrète elle-même ses propres profiteurs qui, ensuite, n’ont qu’un objectif : garder le pouvoir et maintenir le peuple dans l’ignorance. C’est dans les libertés, au sens large, que les peuples peuvent accéder à l’éducation, à la culture, à la créativité, au travail, au droit de réussir, etc. Qu’est-ce qui fait l’identité du socialisme ? C’est que ces libertés-là ne soient pas réservées à quelques-uns, aux bien nés ou aux enfants de la nomenklatura, mais garanties à tous. Il faut arrêter de se gargariser de formules sans en tirer toutes les conséquences, vous comme nous. Par exemple, pour l’égalité des chances à l’école, il faut passer de l’égalité théorique à l’égalité réelle. De même, ily a non seulement un recul mais de nouvelles inégalités entre hommes et femmes car le nouveau prolétariat, ce sont à 80 % des travailleuses pauvres et des femmes âgées pauvres. Il y a donc toujours des combats nouveaux à mener, sur des enjeux liés à l’émancipation individuelle garantie par des politiques publiques.

Tout cela au sein de l’économie de marché puisque vous avez dit : « Le marché doit nous être aussi naturel que l’air que l’on respire » ?

S.R. : A condition que cet air ne soit pas vicié, c’est -à-dire que l’économie de marché soit fermement encadrée en amont et en aval. En amont, parce qu’il ne suffit pas de corriger a posteriori la façon dont on répartit les richesses produites, mais également la façon dont on intègre le progrès écologique et le progrès social dans le processus de production. Quand les salariés sont bien payés, correctement formés, ont la sécurité sociale professionnelle, ils sont productifs pour l’entreprise qui a, dès lors, intérêt à la transparence et à ce que la répartition du profit entre capital et travail soit discutée entre les partenaires sociaux.

Olivier Besancenot, lui, veut sortir de l’économie de marché ...

S.R. : Tous les systèmes collectivistes ont échoué et ont fait le malheur des gens. Peut-être y a-t-il un système auquel on n’a pas encore pensé ; moi, je n’en vois pas. Mais je suis impatiente de connaître le vôtre ! Je pense que les libertés de créer, d’entreprendre, d’avancer, de réussir doivent être garanties, avec des conditions pour que les richesses soient non seulement équitablement partagées, mais permettent de financer l’accès aux biens humains fondamentaux : se nourrir, se loger et se soigner correctement, s’éduquer et avoir un travail. L’économie de marché régulée permet cela, pas une bureaucratie qui déciderait du bonheur des gens malgré eux.

Vous, Olivier Besancenot, vous ne pensez pas que l’économie de marché puisse être régulée, ni en amont ni en aval ?

O.B. : Je suis impatient que Ségolène Royal m’explique où ce système existe ! Mais je n’en connais pas .

S.R. : On va le construire .

O.B. : Il y a un point commun entre les ex-sociétés bureaucratiques de l’Est ou la Chine, et l’économie de marché où le marché fait la loi, c’est le despotisme. Dans ces deux systèmes, une minorité décide pour la majorité. A l’Est, c’était une couche privilégiée qui décidait pour ses propres intérêts de nomenklatura ; dans l’économie de marché, c’est 6 ou 7%de la population qui détient plus de la majorité du patrimoine. Je suis favorable à une troisième voie. Un modèle qui n’a pas existé ou qui a existé de façon ponctuelle : bien sûr, c’est daté et ça n’a pas duré longtemps, mais c’est la preuve que la démocratie directe et le suffrage universel ne sont pas contradictoires : c’est la Commune de Paris. Une expérience où le peuple s’est partagé le pouvoir et les richesses. Qui peut croire aujourd’hui que, même dans le système capitaliste, la liberté d’entreprendre existe ? Les entreprises restent toujours entre les mains de la même minorité.

Vous rejetez toute forme de propriété privée ?

O.B. : Le capitalisme a eu ce talent de mettre dans nos esprits sur un pied d’égalité la propriété individuelle à usage personnel ou familial (la voiture, la maison de campagne, etc.) et la propriété privée des grands moyens de production. Moi, je veux que le fruit du travail de tous revienne entre les mains de tous. Et ça implique la démocratie socialiste avec la révocabilité des élus et une économie dont on anticipe la satisfaction des besoins démocratiquement. On peut me dire que c’ est de l’utopie, mais je revendique ce droit à l’utopie ! Je pense que la gauche, ces trente dernières années, a crevé de ne plus être capable de faire rêver. Dire « On va réguler ! », « On va lui donner un visage humain ... » à ce sacré capitalisme, aujourd’hui il n’y a pas que la gauche traditionnelle qui le fasse ; Sarkozy aussi fait de grandes sorties lyriques pour opposer le méchant capitalisme financier et le gentil capitalisme industriel ! Comme s’il était concevable de séparer les deux ... Je conteste l’idée qu’au nom de la modernité, on va réguler le chaos ambiant avec une pincée de sel et une pincée d’environnemental : ça ne marchera pas ! On peut promettre des réformes radicales pour demain, il ne faut pas oublier qu’au cours des vingt cinq dernières années, il y a eu quinze ans de gouvernement de gauche ! Les socialistes ont été pris dans le cadre de l’économie de marché, de ses contradictions, dans l’urgence d’une société en crise, mondialisée, financiarisée. Et ils ont fini par dire : nous n’avons plus les marges de manoeuvre pour agir. .. Le PS ne pourra pas plus concrétiser demain ces promesses radicales avec la même stratégie de régulation.

Alors, comment être efficace ?

O.B. : Je revendique un droit à l’ingérence dans l’économie privée ! Quand on accumule les exonérations de cotisations sociales, les subventions publiques et les cadeaux fiscaux, c’est l’équivalent de 160 milliards d’euros qui partent de la poche de la majorité de la population pour une minorité de la population ... S’ils sont capables de nous le prendre, nous sommes capables de le reprendre, et ça augmenterait tous les revenus de 300 € net par mois. Aujourd’hui, ceux qui sont partisans de réformes « radicales », nous les invitons à construire un nouveau parti anticapitaliste ensemble.

Donc, Ségolène Royal, vous avez assassiné l’utopie et aggravé les inégalités ...

O.B. : Je n’ai pas dit que c’était Ségolène Royal personnellement. Et, sur l’utopie, je pensais tout autant au lourd bilan de ce qui s’est passé à l’Est. Le stalinisme a discrédité durablement l’idée même qu’une autre société que le capitalisme était possible.

S.R. : C’est aussi la responsabilité de la gauche de continuer à dessiner les voies d’une utopie réalisable. Mes modèles ne sont ni Chavez, ni Castro, ni la Commune de Paris. L’utopie, nous avons à l’inventer pour les temps d’aujourd’hui. Il ne faut pas mélanger les abus insupportables du capitalisme financier - qui, d’ailleurs, commence à s’auto détruire -, avec l’économie de marché en général. Et il n’y a aucune raison de baisser les bras en pensant que ce système serait incontrôlable. Je pense que la force créatrice des entrepreneurs aujourd’hui, en France, ce sont ces entreprises de taille moyenne où se créent 80 % des emplois. Et ces entrepreneurs font partie des victimes du capitalisme financier et du CAC 40. Quand on apprend que les patrons du CAC 40 ont augmenté leurs revenus de 58 % cette année pendant que certaines PME sous-traitantes sont en grande difficulté, je considère que ces entreprises-là sont victimes du capitalisme financier. C’est une erreur de mettre tout le monde dans le même sac. Mais il y a des réformes économiques draconiennes à faire sur les aides aux entreprises. Par ailleurs, un entrepreneur ne démarre pas avec l’idée qu’il va exploiter le salarié qu’il va embaucher. Je crois qu’il y a aussi une nouvelle génération d’entreprises à inventer et à accompagner. Je veux une gauche qui encourage ces nouvelles façons d’entreprendre.

Mais que peut-on encore réguler avec le développement du néocapitalisme ?

S.R. : Le problème de ce capitalisme financier, c’est que nous avons, d’un côté, des masses d’argent qui circulent à l’échelle de la planète à la recherche du rendement le plus juteux et, de l’autre, un système bancaire qui ne protège plus les particuliers et qui ne fait pas son travail pour les entreprises. Il faut une réforme en profondeur du système bancaire. Ne faut-il pas reposer, sans hésiter, la question de la renationalisation de certaines banques ? Quand on voit l’ampleur du scandale de la Société générale et que l’on constate que la banque continue aujourd’hui comme si de rien n’était, avec le même patron, les mêmes principes, les mêmes systèmes d’emprunt qui pressurent les petits, c’est inadmissible. Quand on voit de telles banques qui s’enrichissent sur le dos des pauvres et des plus fragiles et, dans le même temps, n’assument pas leurs devoirs pour alimenter une économie créatrice d’activités et de richesses ! Je suis favorable, d’une façon ou d’une autre, à la maîtrise par les pouvoirs publics d’un tel système financier pour orienter l’épargne, non pas vers des placements spéculatifs mais vers l’investissement dans l’innovation et la recherche. C’est là que le socialisme intervient : pour mettre des règles, définir un droit du travail respecté, poser des codes éthiques dans l’entreprise et imaginer un troisième secteur économique, l’économie sociale et solidaire, qui pourrait constituer un vaste champ d’action de créativité et d’emplois. Plutôt que de fermer, il vaut mieux encourager les entreprises à être reprises par les salariés en Scoop - j’en ai 11 dans ma région parce que j’ai proposé qu’à chaque fois qu’on reprend une entreprise en Scoop il y ait une subvention proportionnelle au nombre d’emplois sauvés. Voilà de l’économie de marché régulée, encadrée, et donc encouragée !

Une économie de marché qui réfute donc désormais ce libéralisme que vous jugez désormais incompatible avec le socialisme après avoir dit l’inverse il y a quelque temps ?

S.R. : Je n’ai jamais dit l’inverse. J’ai dit que la conquête des libertés et le socialisme démocratique sont indissociables. J’ai rappelé l’affirmation de Jean Jaurès : « Le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout ! ». En revanche, réhabiliter aujourd’hui le libéralisme, c’est prendre les mots et l’idéologie de l’adversaire politique. Cela sème la confusion et cela ne me semble pas judicieux.

Pour que la gauche gagne en 2012, la LCR est-elle prête à appeler à voter socialiste, voire à participer, au lendemain d’une victoire, à un gouvernement de gauche ?

O.B. : Moi, je ne suis pas obsédé par 2012. Nous contestons l’hégémonie du PS sur la gauche et nous revendiquons notre indépendance. Je me souviens d’un ministre communiste qui siégeait dans le gouvernement Jospin qui privatisait pendant que les militants communistes s’opposaient à ces privatisations dans les entreprises publiques. Moi, ce grand écart-là, je ne veux pas le faire ... D’autant plus que l’on sait que, dorénavant, François Bayrou est dans les bagages. Mais aller dans un gouvernement de gauche anticapitaliste, qui remette en cause l’économie de marché, je ne suis pas contre.

Mais ce qui m’importe, c’est la résistance dès maintenant, c’est d’être utile aujourd’hui et, dans les luttes, les socialistes sont absents.

S.R. : Les socialistes sont au combat, à l’Assemblée nationale, au Sénat. Ils ont même réussi à faire reculer, brièvement, le gouvernement sur la loi OGM. Le PS n’a pas de tentation hégémonique sur la gauche, mais il doit rassembler le plus largement possible pour bâtir une utopie réalisable.

Vouloir rassembler à la fois François Bayrou et Olivier Besancenot, ce n’est pas ça qui est utopique ?

S.R. : Lors de l’élection présidentielle, il a d’abord fallu rassembler la gauche. C’est bien ce qui s’est passé. C’est parce que la gauche était rassemblée entre les deux tours de la présidentielle que j’ai pris la responsabilité de tendre la main à François Bayrou pour battre Nicolas Sarkozy. Mais je sais que pour attirer d’autres forces vives, il faut un Parti socialiste très attractif. Je ne me satisfais pas d’un parti qui ait si peu d’adhérents. Tout le monde sera le bienvenu pour construire un autre monde. Mais si, plutôt que d’assumer les responsabilités du pouvoir, d’autres veulent rester dans les luttes, c’est leur choix et je le respecte.

O.B. : Rassurez-vous, nous ne nous résignons pas à n’être que dans les luttes. Nous voulons aussi construire un nouvel outil politique qui a vocation à être une alternative à la gauche qui se satisfait de l’économie de marché. Si vous aviez été élue présidente, votre gouvernement aurait eu une opposition politique à sa gauche qui aurait appuyé ce qui serait allé dans le bon sens et, qui, sur le restant, aurait agi suffisamment pour le faire avancer à coups de pied dans le derrière.

Propos recueillis par R.D. et N.D.

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NPA: tribune des Collectif antilibéraux et réponse de la LCR.

31 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

NPA : Tribune des Collectifs antilibéraux et réponse de la LCR

 

Pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti, « Rouge » ouvre ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques. Nous publions ici le point de vue des Collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme (Cual).

Oui, il faut du neuf

Nombre de vos déclarations l’affirment : la LCR n’est « plus l’outil politique le plus adapté à la situation actuelle ». Olivier Besancenot en fait sa campagne d’explication sur la nécessité d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA) : « Beaucoup de gens étaient dans la résistance [au gouvernement] mais se sentaient orphelins d’une structure de réplique globale. » Notre coordination de collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme s’adressait ainsi au dernier congrès de la LCR : « Un autre avenir est possible, si nous le voulons. Cette alternative ne peut venir que des forces convaincues de cette nécessité. Nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible […]. Où tou-tes puissent se retrouver, dans la diversité de leurs expériences, de leurs engagements, de leurs luttes. Cette diversité n’est pas un obstacle mais, au contraire, une formidable richesse si la volonté de travailler ensemble l’emporte sur celle d’imposer le point de vue de sa sensibilité, de son parti, de sa philosophie.

« Ce mouvement doit s’appuyer sur un projet politique pouvant recueillir un large soutien populaire. C’est la garantie de ne pas reproduire les erreurs des gouvernements de gauche à majorité socialiste, qui n’ont jamais remis en cause les intérêts des forces économiques et financières dominantes. »

Comme vous, nous refusons cette société de plus en plus inégalitaire, sécuritaire, régressive. Comme vous, nous voulons un monde solidaire, fondé sur le partage des richesses, l’égalité sociale, l’impératifécologique, la paix et la démocratie généralisée. Nos assises, tenues en décembre dernier, ont proposé à toutes les forces sociales, politiques, associatives, syndicales, qui s’opposent au libéralisme, de s’engager ensemble dans la construction d’un projet émancipateur qui allie justice sociale et écologie, démocratie et égalité, solidarité et liberté, féminisme, antiracisme, pacifisme, réponses concrètes pour demain et projets d’avenir.

Dans cette perspective, nous pensons nécessaire de créer un cadre qui permette d’agir immédiatement en commun, tout en poursuivant les débats qui nous traversent. Tant sur le projet de transformation sociale et écologique à défendre que sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir (formes d’organisation, rapports aux institutions, alliances, place et rôle des mouvements sociaux…).

D’où notre proposition de préparer et de réaliser unitairement, dès 2008, des états généraux de toutes les forces, groupes de militants, réseaux de mobilisation, courants, partis, qui refusent que la gauche continue d’être dominée par le social-libéralisme. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique laissant subsister, autant qu’ils le souhaitent, les divers courants, tant que l’expérience ne les conduit pas à fusionner ou à se dépasser. Un cadre inscrit dans la durée, fondé sur des engagements communs dès maintenant et, à terme, un rassemblement politique.

Vous nous avez, pour le moment, répondu par la négative : pour vous, rien n’est plus urgent que la constitution des comités d’initiative du NPA. Nous regrettons vivement cette réponse. Le NPA que vous vous proposez de construire sera sans aucun doute un élargissement de l’actuelle LCR, il représentera sans doute également une certaine ouverture par rapport à la tradition politique dont vous êtes issus. Nous nous réjouirions que ce soit effectivement le cas. Mais ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Notre conviction est qu’il y a plus que jamais urgence à regrouper les forces et les courants de la gauche de transformation sociale et écologique pour offrir ensemble une alternative au bipartisme tracé par la droite et le social-libéralisme. De ce point de vue, sans attendre, les prochaines élections au Parlement européen sont un rendez-vous à ne pas manquer : elles nous donnent l’occasion de manifester notre volonté de peser sur la situation et de ne pas laisser le terrain à gauche au social-libéralisme ou aux opérations d’enfumage, comme celle proposée par Cohn-Bendit sous couvert de rassemblement de tous les écologistes. Ce serait le meilleur complément à notre engagement commun dans les luttes. La LCR, et demain le NPA s’il voit le jour, a toute sa place à y prendre.

La coordination nationale des Cual


RÉPONSE DE LA LCR AUX COLLECTIFS ANTILIBÉRAUX

Avec ou sans le PS, il faut choisir

La contribution de la Coordination des collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme, parue dans Rouge la semaine dernière, met en évidence de nombreuses convergences avec les préoccupations de la LCR. Elle fait aussi apparaître des points de discussion voire de désaccord, sur les initiatives politiques à prendre.

L’ampleur et la violence des attaques menées par Sarkozy et son gouvernement ne font sûrement pas débat entre nous. L’effet des contre-réformes menées peut remodeler la société française et modifier les rapports de force en faveur des classes possédantes. Cela rend plus urgent que jamais l’émergence d’une force anticapitaliste. À attaque globale, réponse globale. Le désaccord entre nous n’est donc pas sur la nécessité d’une telle force, mais sur la possibilité de la réaliser dès maintenant et sur les délimitations qui la définissent.

Dans votre tribune, vous regrettez que nous ne nous inscrivions pas dans le projet que vous portez d’états généraux afin, « dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique ». Pour notre part, nous pensons qu’il est possible de commencer à construire d’ores et déjà ce nouveau parti. De ce point de vue, il est dommage que vous n’ayez pas rappelé votre décision et vos raisons de ne pas vous engager dans le processus du nouveau parti anticapitaliste (NPA), comme nous vous l’avions proposé lors de notre dernière réunion commune.

Ainsi, la motion adoptée à votre réunion des 29 et 30 mars indique, entre autres, que « les collectifs n’ont pas vocation à être, en tant que tels, partie prenante de la construction du NPA ». Vous écrivez : « Le projet de NPA, déjà lancé, ne correspond pas à notre démarche unitaire et de rassemblement, telle qu’elle a été définie lors de nos assises ». Plusieurs centaines de collectifs pour un nouveau parti, leur composition, le nombre de militants regroupés démontrent qu’il est temps d’avancer concrètement sur ce terrain. Les forces militantes déjà accumulées dessinent les contours d’une organisation qui ne sera pas simplement un « élargissement de l’actuelle LCR ». À cela, ajoutons que la radicalité sociale qui s’exprime dans ce pays ne peut se réduire à la réorganisation de ce qui existe. C’est le sens de notre formule, changer de gauche et non changer la gauche.

Ce n’est guère une nouveauté, mais parce que nous voulons construire un parti de rupture avec l’ordre existant, l’indépendance vis-à-vis du PS est une question essentielle. Le récent désastre italien, qui a vu le Parti de la refondation communiste (PRC) se faire laminer après son soutien au gouvernement Prodi, est venu conforter notre orientation de stricte démarcation par rapport à ce parti. Cette orientation n’est pas partagée par tous les partenaires que vous envisagez pour vos états généraux. C’est évidemment le cas du Parti communiste, qui a conclu des accords avec le PS, dès le premier tour, dans la plupart des municipalités.

À ces mêmes élections, si nous avons pu conclure de nombreux accords avec des collectifs antilibéraux, nous devons aussi constater que cette question de l’indépendance par rapport au PS demeure une question ouverte en votre sein. En témoignent les alliances, dès le premier tour, avec le PS, y compris dans de grandes villes comme Aix-en-Provence. Il en est de même pour certains courants politiques investis dans les collectifs : ainsi, à Nantes, la section locale des Alternatifs s’est retrouvée au premier tour sur la liste du Parti socialiste conduite par… le député-maire Jean-Marc Ayrault, dont on ne peut pas dire qu’il est à la gauche du Parti socialiste.

À la fin de votre contribution, vous évoquez les élections européennes de 2009. Pour notre part, nous aborderons cette élection avec une volonté d’ouverture, mais dans la clarté et la cohérence sur le fond politique. Il existe parfois, dans certains secteurs de la gauche antilibérale, un syndrome des années paires et impaires : années impaires, rassemblement antilibéraux, démarcation en paroles vis-à-vis du PS ; années paires, le temps des élus et des listes dès le premier tour avec ce même PS. Le calendrier électoral, souvent redoutable, est ainsi fait : les européennes de 2009 s’inscrivent entre les municipales de cette année et les élections régionales de 2010. On ne peut combattre le projet de construction européenne défendu par le Parti socialiste et gérer loyalement villes et régions avec ce même parti.

Léonce Aguirre et Guillaume Liégard

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Mouvement dans l'Education: capitulation des directions syndicales ?

31 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

Capitulation des directions syndicales ?

Alors qu'un mouvement durable s'est construit depuis 3 mois dans l'Education et que des départements comme la loire Atlantique, l'Isère , la Haute Garonne, la Guyane ou d'autres, ont connu une mobilisation exceptionnelle qu'il fallait relayer nationalement, les directions syndicales enseignantes ont décidé une pause... Et cela dans un contexte d'attaques générales du gouvernement contre l'Ecole et la fonction publique (droit de grève , casse du statut, restructurations et destruction massive de postes) et de ripostes dans d'autres secteurs qui montrent une volonté de résistance générale (Impôts, trésor, marins pêcheurs, agriculteurs, routiers,...). 


Education: suspension du mouvement contre les suppressions de postes


Plusieurs fédérations de l'Education -dont FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT- ont décidé mardi de suspendre le mouvement contre les suppressions de postes "pour la période des examens" et de se revoir la semaine précédant la rentrée pour une nouvelle action, a-t-on appris de sources concordantes.

"La période qui se prépare n'est pas propice à de nouvelles actions d'ampleur d'ici les grandes vacances, car c'est la période des examens. Nous suspendons donc le mouvement pour la période des examens", a déclaré à l'AFP Dominique Thoby, secrétaire nationale du SE-Unsa (2ème dans le primaire, 4ème dans le secondaire).

"Nous avons pris acte de toutes les mobilisations qui ont eu lieu cette année", notamment contre les 11.200 suppressions de postes inscrites au budget 2008 pour la rentrée prochaine. "Elles étaient réussies. Nous n'avons eu aucune réponse du gouvernement", a ajouté Mme Thoby.

"Il faut que le gouvernement entende que la colère et l'exaspération de la communauté éducative sont toujours là. C'est pourquoi, nous avons décidé de nous retrouver en août la semaine avant la rentrée scolaire pour préparer de nouvelles actions d'ampleur à la rentrée", a-t-elle poursuivi.

"Nous nous reverrons en août une fois les lettres-plafond (qui détermineront les grandes tendances du budget 2009 par ministère, ndlr) connues", a confirmé Frédéric Rolet, co-secrétaire générale du Snes-FSU (majoritaire dans les collèges et lycées).

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Nouvelle bavure policière à Paris

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #REPRESSION

Nouvelle bavure policière à Par

 30 mai 2008 PARIS

Deux policiers et quatre jeunes ont été placés jeudi en garde à vue suite à une fusillade dans le Xe arrondissement de Paris. Trois jeunes hommes d’une vingtaine d’années ont été blessés par balle dans la nuit de mardi à mercredi par des policiers en état d’hébriété avancée. Deux des jeunes sont blessés au niveau du dos et un autre au niveau des chevilles.

 

La Préfecture de Paris se limite à déclarer que "deux fonctionnaires hors service ont été impliqués cette nuit dans une altercation sur la voie publique, au cours de laquelle auraient eu lieu des tirs d'armes administratives".

Un témoin direct explique qu’il se trouvait avec un des jeunes touchés, dans une voiture, rue du Faubourg Saint-Denis, devant l’entrée de la cour des Petites Ecuries, lorsque "deux policiers éméchés ont frappé à la vitre de notre voiture", a déclaré un témoin. Il les accuse de les avoir "menacés avec une arme à feu tout en les insultant". Selon un autre témoin, "6 à 8 balles ont été tirées". Le policier qui à fait usage de son arme de fonction a "été ceinturé par des témoins".

La Ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie a indiqué jeudi que les deux brigadiers, appartenant à la police des réseaux ferrés, "ont été suspendus à titre conservatoire dans l'attente des conclusions et des résultats de l'enquête".

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Pour M. Besancenot : à gauche, "il n’y a plus de place pour le réformisme" Le Monde

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Pour M. Besancenot : à gauche, "il n’y a plus de place pour le réformisme"

 

Article Le Monde du samedi 31 mai.

La Ligue communiste révolutionnaire réinvestit la Mutualité vendredi 30 mai pour un meeting sur Mai 68. Alain Krivine et Daniel Bensaïd, figures symboles des "Journées de mai", seront aux côtés d’Olivier Besancenot, pour rappeler qu’il "y a la place pour un nouveau 68". Mais surtout pour affirmer l’urgence à construire le "nouveau parti anticapitaliste" (NPA) que la LCR veut créer avant la fin 2008. Et marteler que la "ligne de partage" à gauche passe entre elle et le PS.

Après avoir lancé, en janvier, son appel pour un nouveau parti, la direction de la LCR a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le passage de M. Besancenot dans l’émission "Vivement dimanche", le 11 mai, l’a installé dans le paysage médiatique comme "super opposant" à Sarkozy. Il faut maintenant marteler que la vraie gauche, c’est lui.

Dans un entretien au site MediaPart, le porte-parole de l’organisation trotskiste explicite la démarche politique qu’il a initiée avec ses camarades. "Pendant très longtemps, les organisations d’extrême gauche ont cru que pour pouvoir s’adresser aux salariés, il fallait passer par les partis ouvriers traditionnels", affirme M. Besancenot. C’en est fini : "On n’est plus dans cette phase où l’on ne pouvait pas exister seuls", continue-t-il. Désormais, la LCR se veut extérieure aux débats de la gauche traditionnelle et l’assume.

Le "reste de la gauche" est à ses yeux soit inexistant comme le PCF, soit devenue un adversaire, comme le PS : "Il n’y a plus des révolutionnaires face à des réformistes, mais des révolutionnaires face à des gestionnaires du système. Il n’y a plus de place pour les réformistes", assène M. Besancenot. Il insiste : "L’état de la gauche gouvernementale, ce n’est pas mon problème." Pour lui, l’enjeu est de réussir "un grand rassemblement des gens qui ont envie de lutter".

Le positionnement est malin, tirant les leçons du petit succès de la présidentielle - 4,08 % pour le candidat de la LCR. Comme le montre une étude de l’IFOP du 30 mai, "la popularité élevée (62 % au baromètre en mai) ne s’est pas construite ces dernières semaines". Cette poussée d’audience s’est opérée en trois étapes : lors du référendum sur la Constitution européenne, puis avec le conflit sur le CPE et enfin à la présidentielle. "Ce n’est pas une popularité bulle de savon mais un phénomène politique construit et durable", insiste Jérome Fourquet, directeur de l’institut.

La LCR espère en engranger les bénéfices lors du lancement du NPA et met les bouchées doubles. Semaine après semaine, elle lance de nouveaux appels : après celui des cheminots, il y eut celui des jeunes, des travailleurs de la chimie, des femmes, et même celui des LGBT (Lesbiennes, gays, bi et trans)... comme autant de signes que "ça mord". La direction affirme que son pari est en passe d’être gagné avec 270 comités créés et des projections qui verraient les effectifs - actuellement de 3 000 militants - multipliés par 2,5 à 3. "Pour le moment la dynamique dépasse nos attentes", affirme Pierre-François Grond, membre du bureau politique.

Sylvia Zappi

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Pour un gazole à 40 centimes d’euro. Déclaration d'Olivier Besancenot.

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Pour un gazole à 40 centimes d’euro.

 

Déclaration d’Olivier Besancenot.

Une fois de plus, les pêcheurs ont repris le chemin de la lutte, après avoir constaté, au vu de la hausse du prix du pétrole que le plan d’aide de 310 millions en trois ans de N. Sarkozy et de M. Barnier, ministre de la Pêche, présenté en janvier dernier, était déjà caduc. Aujourd’hui, le mouvement s’étend à plusieurs pays européens. Une exigence est commune à tous les pêcheurs : un gazole à 40 centimes d’euros. Revendication légitime en regard de l’augmentation spéculative du prix du pétrole brut et de l’importance de plus en plus grande que prend la facture en gazole qui absorbe maintenant au moins la moitié des recettes de ventes de poisson. La LCR est totalement solidaire de la lutte des marins-pêcheurs, en France et en Europe, pour un gazole plafonné à 40 centimes d’euros. En plus des hausses spéculatives qui se produisent sur le marché du brut, les profits monstrueux des compagnies pétrolières comme Total – qui a engrangé plus de 13 milliards d’euros de bénéfices en 2007 – et les taxes perçues par le gouvernement, qui représentent 50 et 60% du litre à la pompe, étranglent financièrement la pêche. Dans l’immédiat, il faut exiger la transparence, le contrôle sur les comptes des compagnies pétrolières qui fixent en toute opacité le prix des carburants, Ce qui veut dire que l’état et les compagnies pétrolières, cessent de prendre les consommateurs de carburant pour des vaches à lait.

 Le 30 mai 2008.

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Le PS cherche à contrer Olivier Besancenot "...

30 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #Nouveau Parti Anticapitaliste

Le PS cherche à contrer Besancenot "...

 

Article du Parisien du vendredi 30 mai. Par Eric Hacquemand .

Comment contrarier l’ascension du facteur ? Le PS s’interroge et peine à trouver une parade au phénomène Olivier Besancenot, qui tient ce soir un meeting à la Mutualité, à Paris, sur les 40 ans de Mai 68.

En coulisse, certains dirigeants socialistes commencent même à s’inquiéter de la montée en puissance du postier de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Et le futur parti anticapitaliste en cours de constitution, poussé par Besancenot, est aujourd’hui perçu comme une menace bien réelle.

Preuve que l’actuel porte-parole de la LCR est désormais pris au sérieux, Ségolène Royal a accepté pour la première fois de débattre avec lui. La rencontre s’est déroulée mardi après-midi dans les locaux de l’hebdomadaire « Marianne », qui publiera le compte rendu dans son prochain numéro. Selon les estimations du PS, la LCR peut aujourd’hui tabler sur un potentiel électoral d’au moins 10 %. Considéré dans les sondages comme la troisième personnalité de gauche la plus populaire, derrière Delanoë et Royal mais loin devant Hollande ou Fabius, l’admirateur du Che est ainsi en passe de réussir son pari : remplacer le Parti communiste et s’installer durablement comme « une alternative possible » au PS.

« Empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche »

Signe d’une certaine préoccupation, le premier secrétaire François Hollande a demandé à Daniel Vaillant, le député de Paris, de prendre la tête d’un « groupe de réflexion » réunissant quelques anciens trotskistes reconvertis : Julien Dray, Henri Weber ou encore Jean-Christophe Cambadélis. La lettre de mission est claire : « Trouver les moyens efficaces d’empêcher la construction pérenne d’une extrême gauche », selon Daniel Vaillant.

Pour l’heure, les socialistes en restent au stade de la dénonciation. « Olivier Besancenot est l’instrument d’une manoeuvre de la droite », assène Vaillant qui prône la fermeté : « Il faut démystifier Olivier Besancenot. Son ni ni bénéficie à la droite. » Une parade classique qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu, selon le secrétaire national Razzye Hammadi. « Il n’est ni ringard ni dépassé : Besancenot n’est pas l’idole des bobos mais il a pénétré les couches populaires », estime l’ancien président des Jeunes Socialistes, qui appelle son parti à ne pas minimiser « l’effet Besancenot » : « Tant que le PS ne se réappropriera pas le discours sur une meilleure répartition des richesses, le postier prospérera. »

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CGT et CFDT appellent à une journée de mobilisation sur les retraites et les 35 heures le 17 juin

29 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

CGT et CFDT appellent à une journée de mobilisation sur les retraites et les 35 heures le 17 juin

AP | 29.05.2008 | 20:18

La CGT et la CFDT ont appelé jeudi soir à une journée nationale de mobilisation, le 17 juin prochain, pour la défense des retraites et contre le projet du gouvernement sur le temps de travail, à l'issue d'une rencontre inter-syndicale à Paris.

La CGC et FO ont indiqué à la presse qu'elles consulteraient leurs instances "dans les prochains jours" avant de donner une réponse. La CFTC, pour sa part, n'a pas participé à cette réunion.

"Nous appelons, avec la CFDT, à une journée de mobilisation qui pourra s'accompagner de manifestations et d'arrêts de travail sur deux questions: les retraites et le projet gouvernemental sur les 35 heures parce que nous jugeons que cela est nécessaire", a déclaré le représentant de la CGT Jean-Christophe Le Duigou.

Jean-Louis Malys (CFDT) a tenu à préciser que "ces mouvements ne gêneront pas les personnes qui seront en examen à l'Education nationale", en référence notamment au baccalauréat. AP

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Marins pêcheurs, agriculteurs, chauffeurs routiers, la colère monte en Europe.

29 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

Marins pêcheurs, agriculteurs, chauffeurs routiers,... la colère monte en Europe.
TOUS ENSEMBLE, C'EST LE MOMENT !


Lu dans Actus humanite.fr 28-05-2008

Carburants : la colère s'élargit

Après les pêcheurs, agriculteurs et chauffeurs routiers protestent contre les hausses du gazole, tandis que la réponse du gouvernement se cantonne à des rustines. La même colère monte en Europe.

Au tour des agriculteurs : l’accès à un dépôt de carburant situé à Lespinasse, à une quinzaine de km au nord de Toulouse, a été bloqué mercredi matin par quelque 300 agriculteurs demandant des mesures d’urgence pour faire face à la flambée des prix du pétrole.

L’entrée du dépôt de la société Total, alimentant les stations-services dans un rayon de plus de 200 km autour de Toulouse, a été bloquée par des voitures d’agriculteurs qui ont immobilisé un camion-citerne sortant des installations. Peu avant le blocage du dépôt de carburant, ils ont distribué des tracts au péage autoroutier voisin de Saint-Jory, sur l’axe Toulouse-Bordeaux.

"Le revenu des agriculteurs est aujourd’hui largement menacé, étouffé entre une hausse générale des charges de production, aux premiers rangs desquelles les charges directes et indirectes liées à la flambée des prix du pétrole, et des prix de vente en berne pour de nombreuses filières", ont expliqué les Jeunes Agriculteurs de Midi-Pyrénées. La veille, 150 agriculteurs de l’Orne ont investi une station Total sur l’A28.

Au tour des transporteurs routiers

Le mouvement contre l’envolée des prix du gazole tend en outre à s’étendre à d’autres professions. Des ambulanciers ont ainsi bloqué mardi matin le périphérique de Caen.

Une organisation de routiers, représentant des PME françaises du secteur, menace d’engager des actions sur tout le territoire si le gouvernement ne répond pas d’ici jeudi soir" à ses revendications.

La colère monte particulièrement chez les transporteurs routiers, notamment de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

"Ces actions, qui seront d’abord locales et de sensibilisation, s’intensifieront jusqu’à un conflit dur si le gouvernement perdurait à faire la sourde oreille aux revendications des transporteurs", déclare-t-elle dans un communiqué.

L’OTRE précise avoir présenté lundi au secrétariat d’Etat aux Transports plusieurs demandes, dont la baisse du prix du gazole professionnel "à son niveau moyen du mois de janvier 2008" (0,98 euro HT le litre) "afin de stabiliser l’activité des PME-TPE pour 2008".

Parmi ses autres revendications, l’OTRE réclame un "versement immédiat de la ristourne TIPP" (taxe intérieure sur les produits pétroliers) du second semestre 2007 et, avec un mois d’anticipation sur les déclarations, du premier semestre 2008.

Marins-pêcheurs déterminés

Du port des ferries de Dunkerque (Nord) au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), les pêcheurs français ont encore mené mardi de nouvelles actions d’envergure contre le coût du gazole, encouragés par l’extension du mouvement en Europe, notamment l’Espagne, où plusieurs ports catalans sont touchés.La principale organisation patronale de la pêche, la Cepesca, a lancé un appel à une "grève illimitée" à partir de vendredi, tandis que des mots d’ordre étaient lancés en Italie et au Portugal. Un mouvement de protestation des chauffeurs routiers britanniques contre la hausse des prix du carburant s’est aussi déroulé à Londres.

La situation est notamment tendue sur les bords de la Méditerranée, où 200 pêcheurs réunis à Sète (Hérault) ont décidé de reconduire leur mouvement de grève pour une durée indéterminée.

Des pêcheurs des Bouches-du-Rhône ont tour à tour tenté de bloquer le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, puis une raffinerie à La Mède, mais ont dû y renoncer devant la présence de CRS. Ils ont ensuite mené une opération-escargot en revenant vers Fos-sur-Mer, provoquant d’importants embouteillages.

A Dunkerque, l’accès au port ferry a été bloqué par des pêcheurs décidés à mener une série d’actions notamment dans des supermarchés de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Le mouvement se poursuit également dans plusieurs ports importants de la façade Atlantique, comme Le Guilvinec (Finistère), Lorient ou La Rochelle. En revanche, les bateaux des ports des Pays-de-Loire ont repris la mer.

Nicolas Sarkozy, qui a vanté hier les qualités du plan gouvernemental d’aide aux pêcheurs de 310 millions d’euros, n’a pas convaincu les pêcheurs grévistes, en particulier de la base, qui expliquent ne plus avoir confiance "dans un gouvernement qui leur promet de l’aide depuis des mois sans que rien ne soit encore versé".

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Appels à la grève à la fonction publique et à la SNCF le 10 juin

29 Mai 2008 , Rédigé par LCR 27 Publié dans #RESISTANCE

Appels à la grève à la fonction publique et à la SNCF le 10 juin

D'après LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 29.05.08 |

Le mois de juin s'annonce aussi chargé que le mois de mai en matière de fronde sociale. Déplorant que le "mouvement massif de grève et de manifestations du 15 mai n'ait reçu aucune réponse si ce n'est l'annonce d'une inacceptable remise en cause du droit de grève", à savoir l'instauration du service minimum à l'école, trois syndicats de la fonction publique ont appelé, jeudi 29 mai, à une nouvelle journée de grève et de manifestations pour la défense de l'emploi et des retraites, mardi 10 juin.

CONTRE LA "CASSE" DE LA FONCTION PUBLIQUE

Dans un communiqué, la CGT, FSU et Solidaires, qui représentent plus de 40 % des agents, dénoncent le projet de loi sur la mobilité des fonctionnaires, qui sera examiné par l'Assemblée nationale les 11 et 12 juin, et comporte des "dispositions lourdes de conséquences pour les personnels, leur statut et le service public". Egalement en cause, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui facilite les "suppressions massives de postes" et constitue, selon eux, "un outil de casse sans précédent" de la fonction publique. A ces projets s'ajoutent "les pertes de pouvoir d'achat des personnels et le nouvel écrasement des carrières qui va résulter de la conjugaison du relèvement du smic et de l'insuffisante revalorisation du point d'indice", poursuivent les syndicats.

Concernant les 11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée dans l'éducation nationale, les syndicats n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un appel commun à une nouvelle journée nationale début juin lors d'une réunion mardi. Le mouvement mené par une vingtaine d'organisations a donc été suspendu, temporairement, pendant la période des examens et les grandes vacances pour reprendre à la rentrée.

GRÈVE RECONDUCTIBLE POUR LA CGT-CHEMINOTS

D'autres mots d'ordre ont suivi l'appel des syndicats de la fonction publique. La CGT-cheminots a proposé aux autres syndicats de la SNCF une grève nationale reconductible contre le volet social de la réforme du fret, à partir du mardi 10 juin. Une nouvelle réunion est prévue lundi, au cours de laquelle les autres syndicats devraient indiquer s'ils suivent ou pas cette proposition. SUD-Rail et FO sont apparus favorables au principe d'un préavis de grève reconductible, alors que la FGAAC (conducteurs, autonomes) a exclu la grève à ce stade.

Du côté des confédérations syndicales, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a déclaré mercredi que la CGT défendrait elle aussi le principe d'une action "courant juin", à la fois sur les retraites et les 35 heures, lors d'une réunion entre confédérations syndicales, jeudi soir.

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