Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
NPA 27 -  Eure

Bilan de la répression en Birmanie au 29-09-2007

30 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #REPRESSION

Des dizaines de tués, des centaines d'arrestations par la junte militaire.
Des protestations largement insuffisantes des pays de l'UE et des USA.

Au moins, plusieurs duzaines de morts, des centaines de blessés et des centaines d'emprisonnés. selon l'ambassadeur australien en Birmanie,  à la radio ABC, "des témoins ont affirmé avoir vu un nombre beaucoup plus important de corps sur le lieu des manifestations jeudi dans le centre de Rangoun". Le nombre de personnes tuées est "supérieur de plusieurs dizaines au chiffre donné par les autorités", selon lui. Un photographe japonais a été tué également par les forces aux ordres de la junte. 

Vendredi matin, la plupart des magasins et des commerces étaient fermés à Rangoun, la plus grande ville de Birmanie, où policiers et soldats étaient déployés en très grand nombre.

De nombreuses lignes d'autobus avaient interrompu leurs trajets habituels et des camions militaires circulaient dans les rues. L'activité économique était considérablement ralentie, beaucoup de salariés ayant décidé ou reçu l'instruction de ne pas se rendre au travail. Les axes menant à la célèbre pagode dorée Shwedagon étaient bloqués par des fils barbelés, ainsi que ceux conduisant à la pagode Sule, dans le centre-ville.

Par ailleurs, l'accès à Internet commence à devenir problématique dans le pays. La junte semble avoir suspendu les accès publics au web pour éviter la diffusion de documents liés à la répression du mouvement de contestation.

Les cybercafés ont été fermés et le service d'aide téléphonique du principal fournisseur internet local ne répond pas.

Depuis le début de la contestation, sans précédent depuis près de vingt ans, un grand nombre des images qui parviennent au monde extérieur sont le fait de manifestants ou de passants. Leurs images et leurs textes sont mis en ligne sur des réseaux sociaux. La presse dissidente utilise également internet pour faire sortir du pays les informations collectées par ses partisans.
Voir:
http://blogonautes.blogomaniac.fr/blogonautes-1248-des_blogueurs_temoignent_de_la_repression_en_birmanie.htm

Les pressions internationales sur la Birmanie sont insuffisantes pour parvenir à faire fléchir le régime militaire. Vendredi, la junte militaire a eu de nouveau recours à la force contre plusieurs milliers de personnes qui manifestaient dans le centre de Rangoun. La Chine et la Russie continue à soutenir activement la junte militaire  alors que les pays de l'UE et les Etats Unis se refusent à exercer des menaces sur ces deux pays

(A partir des dépêches d'agence)

 

Lire la suite

Le maire de Palaja (Aude) refuse l’inscription de trois roms croates. RESF s’insurge.

30 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #RESISTANCE

Trois enfants sans-papiers
privés de scolarité
NOUVELOBS.COM | 31.08.2007 | 10:03

Le maire de Palaja (Aude) refuse l’inscription de trois roms croates. RESF s’insurge.
Illustration (c) Reuters
 Le Réseau éducations sans frontières a annoncé, lors d’une conférence de presse jeudi 30 août, que trois enfants issus d’une famille rom croate sans-papiers n’avaient pas pu effectuer leur rentrée, à défaut d’inscription à l’école de la municipalité de Palaja, dans l’Aude.
"Monsieur le maire de Palaja refuse l’inscription scolaire des enfants de la famille (...) Nous refusons que le droit à l’éducation ainsi que le droit d’accès et l’égalité d’accès à l’école soit ainsi bafoués", a précisé Sabine Alberola, porte-parole du RESF 11.
Pour sa part, le maire, Alain Casellas, ainsi que le préfet Bernard Lemaire, ont refusé tout commentaire avant une rencontre prévue vendredi 30 après-midi, avec les représentants du réseau et des parents d’élèves.

Illustration (c) Reuters
"Droit de tout enfant à l’éducation"


Depuis leur arrivée à Carcassonne en 2003, la famille avait effectué des démarches en septembre 2006 pour scolariser leurs enfants, Roger, Zoran, et Emmanuel, âgés respectivement de 6 ans, 5 ans et 3 ans. "Mais elle a obtenu un refus pour manque de place dans l’école et stationnement sur une aire non appropriée", selon Sabine Alberola.
Début août, la mairie a rejetté à nouveau leur inscription malgré les démarches d’associations des droits de l’Homme et de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves. Elles ont adressé un courrier au maire resté sans réponse, rappelant que "ce refus constituait une violation du droit fondamental de tout enfant à l’éducation".

 

logoresf-1.gif 
vendredi 31 août 2007.
Lire la suite

Plus de 20 000 personnes contre les franchises médicales le 29 septembre 2007

30 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #RESISTANCE

Plusieurs milliers contre les franchises médicales le 29 septembre 2007
 
Plus de 20 000 personnes au total ont participé à cette première journée nationale de mobilisation. 55 collectifs au niveau national.

Composé d'associations d'usagers et de patients, d'organisations de professionnels de santé, de syndicats, de partis politiques, le Collectif national contre les franchises médicales a organisé, samedi 29 septembre, des rencontres et des manifestations dans une cinquantaine de villes. Plusieurs milliers  de personnes, pour une  première mobilisation avant une autre mobilisation prévue le 13 octobre.  

 

affiche-contre-les-franchises-m--dicales-copie-1.gifUn grand rassemblement s'est tenu au gymnase japy à  Paris (2 000 personnes).  Plusieurs centaines de personnes (500 ) se sont rassemblées à Toulouse, devant le Capitole, sous une banderole proclamant "les franchises, non, la solidarité oui ; accès aux soins pour toutes et pour tous", entre les stands de la fête annuelle des associations et la pyramide de chaussures contre les mines de Handicap International.

 

A Marseille,   500 personnes selon les organisateurs, s'étaient réunis près de la porte d'entrée de la Foire de Marseille pour sensibiliser le public aux "risques majeurs" que feraient peser les franchises aux plus pauvres. Des rassemblements analogues se sont tenus à Albi (300), Clermont-Ferrand (150), Nîmes (environ 200), Périgueux ( 150), Guéret et Limoges (300 ).  

(A partir de AP)

Lire la suite

Inégalités: Les 3500 familles les plus riches de France - article publié dans "Rouge"

28 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #DES CHIFFRES

Inégalités: Les 3500 familles les plus riches de France

(article paru dans "Rouge" hebdo de la LCR)

Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres : ce message est, malheureusement, plus que jamais d’actualité.

Ces dernières années, sociologues et éditorialistes ont consacré de très nombreuses études ou articles au déclin, voire à la « disparition de la classe ouvrière », ainsi qu’à la déprime des classes moyennes (Louis Chauvel, Les Classes moyennes à la dérive, La République des Idées-Seuil, 10,50 euros). En revanche, à l’exception de la publication annuelle du classement des grandes fortunes ou des rémunérations des PDG du CAC- 40, la haute bourgeoisie capitaliste semble susciter assez peu de curiosité. Il est vrai que personne ne songerait à s’interroger sur sa disparition ! Cela ne peut que renforcer l’intérêt de l’étude publiée, en juin dernier, par Camille Landais École d’économie de Paris/Paris school of Economics (sic) - sous le titre : « Les hauts revenus en France (1998-2006) : une explosion des inégalités ? » La lecture de cette analyse permet, assez rapidement, d’enlever le point d’interrogation du titre...

Elle s’appuie sur des sources fiscales, les déclarations de revenus. Sa principale force est d’avoir dépassé la méthodologie habituelle. Traditionnellement, les études sur les revenus et les inégalités s’intéressent à l’évolution par « déciles » : on compare, par exemple, la moyenne des revenus des 10 % de contribuables les plus riches et des 10 % les moins aisés. Et, comme il s’agit de moyennes portant sur plusieurs millions de personnes et recouvrant donc, au sein de chaque catégorie, de grandes disparités, on obtient une vision déformée, aplatie de la situation. Camille Landais s’est donc attaché à un découpage plus fin, en s’intéressant aux 1 % - et même aux 0,01 % ! - les plus riches. Et là, le résultat est décapant : pour la période considérée, « les 0,01 % des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42,6 %, contre 4,6 % pour les 90 % des foyers les moins riches ». Constat auquel l’auteur ajoute la remarque suivante : « Tous les éléments disponibles pour 2006-2007 laissent d’ailleurs penser que la tendance de croissance des hauts revenus et des hauts salaires se poursuit, voire s’amplifie. » La description d’une société où les riches sont de plus en plus riches (et de moins en moins nombreux) et les pauvres de plus en plus pauvres (et de plus en plus nombreux) va donc bien au-delà de propos polémiques de campagne.

Revenus financiers en hausse

Ainsi, on apprend que, en huit ans, le revenu moyen par foyer a connu une augmentation moyenne annuelle de 0,82 % et le revenu médian (50 % de la population au-dessus, 50 % au-dessous) de 0,6 %. Au-delà de leur évolution, leur valeur absolue est également significative. En 2005, le revenu moyen annuel par foyer fiscal - donc, en règle générale, avec deux revenus (sauf pour environ 1,6 million de familles monoparentales) - était de 24 574 euros et le revenu médian de 17 762 euros. Ces chiffres éclairent de manière crue les réactions indignées - venant de la droite, mais aussi des hiérarques sociaux-libéraux - qui avaient suivi les propos sur la fiscalité de François Hollande considérant - imprudemment ? - que l’on était « riche » à partir de 4 000 euros net mensuels par personne : à les en croire, il s’agissait rien moins que d’assassiner les « classes moyennes » ! On hésite sur l’explication : soit les dirigeants du PS n’ont pas la moindre idée des réalités de la société française, soit cette polémique était l’aveu redoutable que leur politique est désormais la défense des intérêts des 3 à 5 % de la population dont le revenu mensuel est supérieur à 3 500 euros...

Toujours est-il que la stagnation du revenu moyen et, encore plus, du revenu médian, contraste avec la croissance rapide des hauts revenus. Et surtout avec la croissance très rapide des très hauts revenus, qui résulte elle-même de deux facteurs : la croissance très rapide des hautes rémunérations, et la croissance nettement plus rapide des revenus du patrimoine (revenus fonciers, revenus des capitaux mobiliers et plus-values). Or, pour les plus riches, le revenu est composé d’une part importante de revenus du patrimoine. Pour l’ensemble des contribuables, ces revenus du capital représentent 9 % du revenu total, mais 23 % pour les 1 % les plus riches, 38 % pour les 0,1 % les plus riches et... 55 % pour les 0,01 % les plus riches ! Ainsi, contrairement aux fadaises en vogue - « valeur travail », « travailler plus pour gagner plus », etc. - pour devenir très, très riche, le moyen le plus simple est encore... d’être déjà très riche ! Ajoutons que, si la croissance des revenus fonciers renvoie à la bulle du marché immobilier (ventes et/ou locations), l’essentiel est l’envolée (+53 %) des revenus des capitaux mobiliers (les placements financiers). Par comparaison, pour la même période, l’évolution des salaires et des traitements nets n’a été que de 6,8 %.

Fiscalité injuste

Mais la croissance des revenus du patrimoine n’explique pas tout : l’évolution de la hiérarchie des salaires joue également beaucoup. Ainsi, « les salaires moyens des revenus composant les foyers les plus riches augmentent beaucoup plus vite que les salaires des autres foyers, occasionnant une modification de la forme de la distribution des salaires ». Concrètement, pour les top managers, les banquiers et les traders - car c’est bien d’eux que l’on parle -, cela se traduit à la fois par l’augmentation du salaire et celle des primes, de l’intéressement et des bonus. Dans certains secteurs (le secteur bancaire, par exemple), les masses d’argent concernées sont suffisamment significatives pour que le salaire moyen par tête « soit tiré fortement à la hausse ». Mais justement, cette moyenne n’a aucun sens, sinon de faire disparaître artificiellement les inégalités croissantes entre employés aux salaires stagnants et cadres supérieurs rémunérés proportionnellement aux profits réalisés. La société française est donc confrontée à des tendances lourdes - accroissement des inégalités et concentration de plus en plus importante des richesses -, qui constituent une rupture avec l’évolution observée auparavant.

Dans sa conclusion, Camille Landais ajoute que son étude ne prend en compte que l’évolution des revenus et pas de celle de la fiscalité... Et de préciser que la refonte du barème de l’impôt sur le revenu, la baisse des taux d’imposition sur les tranches supérieures, l’extension de l’abattement de 20 % sur le patrimoine, la mise en place du bouclier fiscal à 50 %, et la baisse des droits de succession « ne peuvent qu’avoir fortement amplifié au niveau des revenus disponibles la forte explosion des inégalités ».

Mais, de qui, précisément, parle-t-on ? Les 0,01 % de contribuables qui sont au cœur de cette étude représentent environ... 3 500 foyers fiscaux. En 1936, la révolte ouvrière avait notamment pris la forme d’une dénonciation du « règne des 200 familles ». 70 ans après, le combat pour une autre société a une cible clairement identifiée : 3 500 familles, une infime minorité qui, de plus en plus, accapare les richesses produites par le travail de l’immense majorité de la population qui n’en voit pas la couleur.

François Duval

Lire la suite

La LCR ne signe pas le texte du collectif "Riposte" - Communiqué de la LCR du 28-09-2007

28 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #COMMUNIQUES

La LCR ne signe pas le texte du collectif "Riposte"

Communiqué de la LCR

 logo-lcr1.jpgTrois réunions du collectif Riposte n’ont pas permis de déboucher sur un texte satisfaisant pour s’opposer, combattre et organiser la mobilisation contre la politique de destruction sociale de Sarkozy et du MEDEF. Un premier texte en date du 20 septembre ciblait clairement le MEDEF et dénonçait concrètement les attaques contre les salariés de N.Sarkozy. Mais, sans doute, sur pression du Parti socialiste, tout cela a disparu. Ainsi, aucune référence n’est faite à la grève du 18 octobre alors que celle-ci sera une première mobilisation contre la remise en cause des régimes spéciaux et au-delà pour s’opposer à l’allongement annoncé de la durée de cotisation, porté à 41 annuités, pour tous les salariés. Au fil des réunions, la tonalité du texte a considérablement régressé, s’est appauvrie et dans la dernière mouture, il n’y a plus aucune référence au MEDEF qui inspire et commande les décisions politiques du duo Sarkozy-Fillon. Il n’est pas exact d’écrire que la politique de Sarkozy est « totalement inefficace ». Bien au contraire, elle se révèle terriblement efficace pour les patrons. C’est pourquoi, en l’état, la LCR ne peut pas signer un tel texte. Une riposte unitaire reste totalement indispensable pour stopper les plans anti-sociaux du pouvoir. Il faut que les mobilisations annoncées du 29 septembre contre les franchises, du 13 octobre pour la protection sociale, du 18 octobre pour la défense des régimes spéciaux de retraite soient des succès et obligent les partis politiques de gauche à s’unir pour défendre les revendications des salariés et à prendre des initiatives de mobilisation, non pour « imposer de réelles négociations » mais pour contraindre le pouvoir actuel à renoncer à ses projets. 

Le 28 septembre 2007

Lire la suite

Ruiner les pays pauvres : un job lucratif ! Communiqué de la LCR du 28-09-2007

28 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #COMMUNIQUES

Ruiner les pays pauvres : un job lucratif !

Communiqué de la LCR

 Ainsi, Dominique Strauss-Kahn, membre éminent du parti socialiste français, ex-candidat à la candidature présidentielle, ancien ministre, a été désigné directeur du FMI par les grandes puissances qui pillent la planète. Le FMI - fonds monétaire international - est cet organisme mondial au service exclusif, sourcilleux et même dogmatique du libéralisme capitaliste qui a fait des ravages sociaux et économiques dans de multiples pays, notamment en Afrique ou en Amérique Latine. Utilisant le chantage au rééchelonnement de la dette des pays pauvres, il contraint leurs gouvernements à appliquer des « politiques d’ajustement structurel » : réduction des dépenses sociales, licenciements massifs de fonctionnaires, privatisation des services publics et des ressources naturelles au profit des multinationales occidentales, dislocation des systèmes de retraites, attaques massives contre les salaires et les acquis sociaux des couches populaires, etc. La mise en œuvre de ces « recettes » criminelles produit systématiquement les mêmes résultats : destruction des économies locales, augmentation de la précarité, ruine des populations, misère et famine. Qu’on se rassure : pour diriger ce sale boulot, le directeur « socialiste » du FMI touchera chaque mois l’équivalent de 400 SMIC* ! Décidément, cette « gauche » n’est pas la nôtre ! 

Le 28 septembre 2007

* Dominique Strauss-Kahn touchera un revenu de 500 000 euros par an en tant que directeur du FMI.

Lire la suite

Assurer le succès des 4 heures contre les franchises - Communiqué de la LCR du 28-09-2007

28 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #COMMUNIQUES

Assurer le succès des 4 heures contre les franchises

Communiqué de la LCR

 logo-lcr1.jpgA Paris et dans de nombreuses villes en régions, des rassemblements sur le thème « 4 heures contre les franchises » auront lieu. Il faut que ce soit le coup d’envoi d’une mobilisation prolongée contre les franchises médicales. Faire payer les malades à hauteur de 50 euros par malade c’est une rupture supplémentaire avec le principe de solidarité qui est à la base de la protection sociale. N.Sarkozy veut remplacer la garantie collective par un impôt ponctionné sur les malades. Taxer les malades, laisser filer à la hausse les exonérations de cotisations sociales, laisser les stocks-options et autres profits financiers de toute imposition : c’est la marque d’une gestion capitaliste de la sécurité sociale. La LCR est partie prenante de ces initiatives le 29 septembre, et appelle à y participer massivement. Pour contraindre le gouvernement à renoncer, il faudra amplifier la mobilisation, en étant présent dans la manifestation du 13 octobre pour commencer. 

Le 28 septembre 2007

Lire la suite

Solidarité avec les réfugiés à Cherbourg - Communiqué de la LCR du 27-09-2007

27 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #COMMUNIQUES

Solidarité avec les réfugiés à Cherbourg

Communiqué de la LCR

La fermeture du centre de Sangatte n’a rien résolu. Fuyant leur pays en proie à la guerre, fuyant les persécutions, des réfugiés irakiens, afghans, iraniens, somaliens errent à Cherbourg. Ils ont trouvé refuge dans un squat que le maire de Cherbourg veut faire évacuer, ce qui enfoncerait ces réfugiés encore davantage dans la précarité et rendrait plus difficile le travail des associations qui leur viennent en aide. C’est pourquoi, à l’appel du Collectif contre le racisme et les idées d’extrême-droite dont elle est partie prenante et d’autres organisations ou associations, la LCR participera au rassemblement vendredi 28 septembre, à Cherbourg, Place Charles de Gaulle, à 17h30 pour :
-  Réclamer le respect du droit d’asile et une solution politique aux problèmes des réfugiés ;
-  empêcher une évacuation du squat qui aggraverait la situation ;
-  exiger de l’Etat l’ouverture d’un dialogue avec les associations et les collectivités locales pour assurer un accueil digne aux réfugiés. 

Le 27 septembre 2007

Lire la suite

Total hors de Birmanie ! Communiqué de la LCR du 27-09-2007

27 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #COMMUNIQUES

Total hors de Birmanie !

Communiqué de la LCR

La répression des militaires au pouvoir contre le mouvement démocratique, s’est durcie en Birmanie, faisant plusieurs morts. Or, la France est particulièrement engagée en Birmanie. La multinationale tricolore Total a d’importants investissements dans le pays (équivalent à quelque 7% du budget de l’Etat !) et collabore depuis 1992 avec la junte militaire. En 2003, Bernard Kouchner avait publié un rapport, fort bien rémunéré, lavant de toute accusation le pétrolier français, mis en cause dans la surexploitation des travailleurs birmans. Devenu ministre des Affaires étrangères, il réaffirme, de New York, que Total doit rester en Birmanie. A Paris, après avoir reçu le Dr. Sein Win, Premier Ministre du gouvernement birman en exil, Nicolas Sarkozy a jugé que « les sociétés privées, Total par exemple » devraient faire « preuve de la plus grande retenue » en évitant d’effectuer de « nouveaux » investissement dans ce pays. Au moment où la répression risque de prendre des proportions massives, comme en 1988, ces déclarations ne sont pas à la mesure de la situation. Il faut mettre fin à toute forme de collaboration avec la junte birmane, une dictature militaire sans aucune légitimité. Total doit se retirer de Birmanie ! La LCR s’associe à toutes les formes de protestation contre la répression, à commencer par le rassemblement devant l’ambassade de Birmanie, aujourd’hui 27 septembre. LA LCR exige la libération de tous les prisonniers politiques et de toutes les personnes arrêtées à l’occasion des récentes manifestations. 

Le 27 septembre 2007
 

La junte birmane assiégée

(article paru dans "Rouge", hebdo de la LCR)

Après 45 ans de régime militaire, la junte au pouvoir en Birmanie se trouve dans l’œil d’un cyclone social. La récente hausse du prix des carburants a provoqué un renchérissement insupportable du coût de la vie : elle a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la dictature.

L’entrée en dissidence d’un nombre croissant de bonzes a ouvert une brèche dans laquelle la population s’est engouffrée. Les manifestations de rue ont pris une ampleur inégalée depuis 1988 rassemblant, selon des estimations de témoins, plus de 100 000 personnes (et jusqu’à 30 000 moines), notamment le 25 septembre 2007, à Rangoon et ses environs. Nourri par le malaise social, puis radicalisé par la répression, le mouvement a pris une dimension ouvertement politique : dimanche 23 septembre, les manifestants se sont arrêtés devant la demeure d’Aung San Suu Kyi, principale figure de l’opposition, assignée à résidence des années durant.

En 1988, face à une mobilisation de masse analogue, l’armée avait noyé le mouvement démocratique dans le sang (3 000 morts), envoyant des soldats déguisés en moines jouer les provocateurs dans les manifestations. Il est à craindre qu’aujourd’hui encore, les militaires n’usent de telles méthodes pour reprendre le contrôle de la situation - bien que le contexte international rende, actuellement, le recours à la force politiquement plus risqué qu’il y a vingt ans. En ces heures décisives, le mouvement démocratique birman doit pouvoir compter sur notre solidarité.

Lire la suite

Birmanie: la dictature réprime, TOTAL continue d'engranger ses bénéfices...

26 Septembre 2007 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #REPRESSION

Plusieurs personnes tuées, au moins une centaine de blessés, des centaines d'arrestations , à cette date- 20H - le mercerdi 26 septembre 2007. Les gouvernements des dites "démocraties" s'émeuvent, Sarkozy gesticule et menace. Mais le groupe français Total présent depuis 15 ans continue d'engranger ses bénéfices grâce à sa collusion avec le pouvoitr de la dictature et l'utilisation de la main d'oeuvre d'esclaves (voir l'article sur Kouchner Total et la Birmanie). Lire les positions de la LDH , de RSF et de la CGT.

Quatre manifestants tués,
200 arrêtés à Rangoun
NOUVELOBS.COM  et AFP
Trois moines bouddhistes ont été tués et une centaine de personnes ont été blessées par les forces birmanes. Des dizaines de milliers de protestataires ont à nouveau manifesté mercredi.
Au moins quatre personnes, dont trois moines bouddhistes, ont été tuées et cent autres blessées, dont 50 religieux, lors d'incidents avec les forces de sécurité qui ont réprimé mercredi 26 septembre des manifestations à Rangoun, ont annoncé à l'AFP des responsables birmans et des témoins.
Un civil a été tué par balle, a indiqué un responsable hospitalier. "La victime était décédée à son arrivée à l'hôpital", a dit ce responsable sous couvert de l'anonymat, car n'étant pas autorisé à parler à la presse.
Trois autres civils ont été blessés par des balles tirées par les forces de sécurité, a-t-il précisé.
Parmi ceux-ci figure une femme atteinte à la poitrine.
Dans des incidents distincts avec les forces de sécurité birmanes, au moins trois bonzes ont été tués, ont indiqué deux hauts responsables birmans à l'AFP.

Un bonze tués et deux battus à mort

"Selon les informations que nous avons reçues, au moins trois moines ont été tués", a déclaré un responsable birman sous couvert de l'anonymat.
Un bonze a été tué par un coup de feu alors qu'il tentait de désarmer un soldat et deux autres religieux ont été battus à mort, a dit cette source.
Ces informations ont été confirmées par un second responsable qui a précisé que le bilan pour les bonzes concernait des incidents qui se sont produits à la célèbre pagode Shwedagon à Rangoun, point de ralliement des moines qui ont pris la tête de défilés quotidiens depuis le 18 septembre contre le régime militaire.

Des dizaines de milliers de manifestants

Une centaine de manifestants, dont la moitié de bonzes, ont aussi été blessés, selon des témoins.
Par ailleurs, quelque 200 personnes ont été arrêtées, selon ces sources.
Parmi celles-ci se trouvent au moins une centaine de moines, a indiqué un diplomate étranger.
Selon des organes de presse birmans en exil et des militants, les tirs des forces de sécurité birmanes ont fait au moins cinq morts, dont des moines.
La junte militaire en Birmanie a commencé mercredi à réprimer un mouvement de protestation qui agite le pays depuis plus de cinq semaines. En dépit de mises en garde répétées et de mesures de restriction, des dizaines de milliers de protestataires sont encore descendus dans les rues mercredi.
Les forces de sécurité ont notamment chargé à coups de matraque, fait usage de gaz lacrymogènes et effectué des tirs de sommation pour tenter de disperser les défilés.
 (Avec AFP)

Que fait Total en Birmanie ?

 
Les associations
 
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme (LDH): "Nous dénonçons depuis des années les agissements de Total en Birmanie. Total a bénéficié de certaines pratiques de travail en accord avec le régime. L'entreprise est de mèche avec un régime qui ne respecte pas les droits de l'homme. Le traitement des travailleurs est inadmissible. Forcément, l'entreprise le sait. Total ne peut pas se maintenir en Birmanie les yeux fermés. Leur slogan à une époque était : "Vous ne viendrez pas chez nous par hasard". Avec l'exemple au Myanmar, "Total ne vient pas en Birmanie par hasard". Total, par ailleurs, n'est pas la seule entreprise multinationale qui trouve son compte dans des pays peu démocratiques mais c'est la plus grosse entreprise française." (Déclaration, mardi 25 septembre) 

Robert Ménard
, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF): Aung San Suu Kiy a répondu elle-même à cette question. Elle pense qu'un certain nombre d'entreprises font le jeu de la dictature, contrairement à d'autres pays qui disent qu'il ne faut pas mêler les affaires économiques et les affaires politiques. La question maintenant est de savoir comment témoigner d'une solidarité concrète avec le mouvement populaire birman. Nicolas Sarkozy doit recevoir le Premier ministre du gouvernement en exil. Il faut que la France, qui préside le Conseil de sécurité de l'ONU, soit à l'initiative d'une résolution. (Déclaration, mercredi 26 septembre)


Les syndicats
 
Charles Foulard, coordinateur CGT-Total: "Nous condamnons les liens entre Total et la junte militaire birmane. Tant que les conditions démocratiques ne sont pas remplies dans ce pays, nous estimons que Total n'a rien à y faire. Total doit rester si le pays respecte les droits de l'Homme. Il est d'ailleurs contradictoire que le groupe possède une charte éthique, puisqu'elle ne semble pas l'appliquer dans ce pays. Le Myanmar n'est pas le seul endroit où on est confronté à ce genre de problématique. Au Nigéria, près de 2.000 occidentaux ont été enlevés depuis le début 2007. Doit-on y rester ? De même, devions-nous être en Irak pendant le régime dictatorial de Saddam Hussein ?" (Déclaration, mardi 25 septembre)
 
 
05/01/2004 | Le Monde | BURMA |

ENQUÊTE : Kouchner, Total et la Birmanie

Erich Inciyan et Jean-Claude Pomonti

En acceptant d'effectuer une "enquête" pour le groupe pétrolier en Birmanie, l'ancien ministre s'est attiré les foudres des défenseurs des droits de l'homme, en conflit avec Total depuis plusieurs années.


Bernard Kouchner a blêmi. Nous sommes le 23 décembre 2003 et il vient d'apprendre que son rapport sur Total et la Birmanie a été utilisé - à son insu - dans le procès opposant le groupe pétrolier à des victimes de la dictature. Le fondateur de Médecins sans frontières, le héraut du "droit d'ingérence" humanitaire devenu consultant international accuse le coup. Total avait commandé une étude à sa société, BK Conseil, mais il ignorait que le pétrolier avait fait verser son rapport au dossier d'instruction ouvert au tribunal de Nanterre pour "crime de séquestration", traduction juridique de "travail forcé". Conséquence : l'affaire, déjà ancienne (les faits remontent à 1995), prend une nouvelle dimension et relance les interrogations sur le rôle de Total en Birmanie (Le Monde du 12 décembre 2003).

Pour M. Kouchner, cette histoire birmane débute en décembre 2002, quand il se rend pour la première fois dans ce pays d'Asie. Il accompagne alors son épouse, la journaliste Christine Ockrent, venue réaliser, pour le magazine Elle, un portrait de la dirigeante de l'opposition, Aung San Suu Kyi, alors libre de ses mouvements après des périodes de détention ou d'assignation à résidence imposées par la junte. "Nous devons refuser toute forme d'aide qui ne profiterait qu'à la clique au pouvoir", déclare le Prix Nobel de la paix (1991) au magazine féminin, en présence de M. Kouchner.

Au retour, ce dernier est sollicité par l'un des avocats de Total, Me Jean Veil, fils de son amie Simone Veil. La société BK Conseil se crée et M. Kouchner, son unique employé, se charge d'une "mission d'enquête" pour le compte du groupe pétrolier. "Jean Veil m'a demandé une enquête sur le volet médico-social de Total en Birmanie et j'ai accepté", confirme l'ancien ministre de la santé.

Du 25 au 29 mars 2003, il retourne donc dans ce pays. Il visite le site du gazoduc de Yadana, qui fait de Total le premier investisseur du pays. Rentré à Paris, il sait que la quasi-totalité des sociétés occidentales boycottent la dictature. Deux mois après la réincarcération d'Aung San Suu Kyi, fin mai, les Etats-Unis renforceront le mouvement avec des sanctions contre les entreprises américaines travaillant avec ce pays. En novembre, la British American Tobacco est aussi partie.

Daté de la fin septembre 2003 et vite publié sur le site Internet de Total, le rapport Kouchner blanchit le pétrolier. Il met en exergue le réel investissement social et sanitaire de la compagnie au service des habitants du secteur du gazoduc. Mais l'enquête s'arrête là et ne dit rien, par exemple, des retombées financières pour la dictature. Rémunéré 25 000 euros pour "deux mois et demi" de travail, M. Kouchner assure, après coup, qu'il ne modifierait pas une virgule à ses écrits. "Rien ne me laisse à penser que le groupe ait pu prêter la main à des activités contraires aux droits de l'homme", déclare-t-il au Monde. Sur les faits allégués de "travail forcé", il ajoute : "Je suis sûr à 95 % que les gens de Total ne sont pas capables de faire ça, ce ne sont pas des esclavagistes." M. Kouchner assure par ailleurs n'avoir "certainement pas fait ça pour de l'argent" ("Je gagne la moitié en une conférence !").

Du côté des pourfendeurs du groupe, on s'étonne de n'avoir pas été contacté. Figure des démocrates birmans en France, Htoo Chit regrette que "ce rapport biaisé cherche à faire croire que la présence de Total en Birmanie est positive". L'homme travaille de longue date avec les réfugiés birmans vivant le long de la frontière thaïlandaise, dont ceux qui ont fui la zone du gazoduc. "Pourquoi M. Kouchner ne les a-t-il pas visités ? s'indigne Htoo Chit. Pourquoi avoir refusé de voir la réalité du travail forcé, incluant celui d'enfants ? M. Kouchner a balayé du revers de la main la réalité de cet esclavage de centaines de Birmans avec un argument incroyable : les tuyaux du pipeline seraient trop lourds pour être portés par des enfants... Mais pourquoi ne pas avoir expliqué que le travail forcé avait été utilisé pour nettoyer le site du gazoduc, couper des arbres, creuser des tranchées et porter les équipements des ouvriers et des soldats ?"

Htoo Chit est bien connu de Total, puisqu'il joue le rôle de porte-parole de ses six compatriotes qui ont porté plainte, en France, à partir d'août 2002, contre le pétrolier. Une procédure suivie au plus près, car elle menace Thierry Desmarest, PDG du groupe et directeur de la division Exploration et production de la compagnie de 1989 à mai 1995. Le responsable opérationnel du projet en Birmanie au moment des faits dénoncés, Hervé Madéo, a déjà été entendu comme "témoin assisté" par le juge d'instruction Katherine Cornier.

Plaidant la prescription des faits et l'irrecevabilité de la plainte, les avocats de Total, Mes Daniel Soulez Larivière et Jean Veil, soulignent que cette procédure est "atypique" : aucun des plaignants n'est encore venu dans l'Hexagone et leurs plaintes ont été rapportées par Htoo Chit, seul Birman à avoir été entendu (comme témoin) par le juge. Selon eux, il serait de toute façon impossible de vérifier les faits, aucun accord d'entraide judiciaire ne liant les deux pays.

L'avocat des accusateurs de Total, Me William Bourdon, n'a pas davantage été consulté par M. Kouchner. Mais il a rencontré, en Thaïlande, les Birmans qui sont à l'origine de plaintes. Les deux premiers sont des villageois, âgés de treize et vingt-trois ans au moment des faits dénoncés, entre octobre et décembre 1995. Ils affirment avoir été réquisitionnés de force par l'armée birmane pour travailler sur le chantier du gazoduc.

Le plus âgé indique avoir participé, avec 300 villageois locaux non rémunérés, au nivellement du terrain sur le passage du gazoduc et à la construction de trois héliports de Total ; il précise avoir agi sous les ordres du bataillon 273 de l'armée. Un déserteur du bataillon 402, qui affirme avoir été affecté en mai 1996 à la sécurité de Total, a aussi témoigné que son unité avait réquisitionné une centaine de villageois, utilisés comme porteurs. Total a reconnu de son côté que, "fin 1995, il a fallu pousser un coup de gueule contre les pratiques des militaires birmans". C'est en tout cas ce qu'a indiqué au Monde, début décembre, à Bangkok (Thaïlande), Jean du Rusquec, chargé de mission de Total pour la Birmanie.

Cette affaire renvoie en fait le groupe pétrolier à la Birmanie de 1990. La junte de Rangoun subit alors un revers cinglant quand la Ligue nationale pour la démocratie, dirigée par Aung San Suu Kyi, remporte 85 % des voix aux élections. L'Assemblée nationale ainsi élue ne se réunira jamais. Mais les généraux ont plus que jamais besoin de renforcer leur main. Pour la première fois depuis trois décennies, ils ouvrent le pays aux capitaux étrangers. Arrestations et tortures ne s'arrêtent pas pour autant. Le "travail forcé" imposé aux civils, et depuis longtemps condamné par l'Organisation internationale du travail (OIT), reste généralisé. En 1994, l'Assemblée générale de l'ONU exhorte le régime birman à y mettre fin.

Dans ce contexte, Total commence par répondre, en 1990, à une offre de prospection. Le 9 juillet 1992, un contrat est même signé avec une société d'Etat birmane, la Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE). En 1993, la prospection du champ off-shore de Yadana se révèle juteuse. L'accord final se conclut le 8 février 1995, avec la MOGE, l'américain Unocal et le thaïlandais PTTEP pour la livraison de gaz à la Thaïlande. Total est le principal opérateur. Son investissement bénéficie d'une garantie Coface (la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur, c'est-à-dire de l'Etat français) dont une mission parlementaire jugera, en 1999, les conditions "opaques" et que l'association Les Amis de la Terre évalue à 2,4 milliards de francs de l'époque.

Entre-temps, l'armée birmane a renforcé sa présence dans la zone et intensifié, nettement plus au nord du couloir terrestre de 63 km prévu pour le gazoduc, ses opérations contre la guérilla des Karens, aujourd'hui à bout de souffle. Une clause du contrat prévoit que la protection de la zone de l'oléoduc est assurée par l'armée. Seul incident rapporté, une équipe de repérage de Total a été attaquée en mars 1995 (5 morts, tous birmans) et l'aménagement du territoire du gazoduc s'est amorcé dès octobre suivant.

Aux yeux des plaignants, le "travail forcé" n'a pas seulement accompagné la sécurisation du secteur, mais son aménagement et la construction même du gazoduc. De son côté, le pétrolier nie avoir profité de "travail forcé". Son partenaire américain Unocal, poursuivi depuis octobre 1996 sur plainte de citoyens birmans devant la justice de Californie, est moins catégorique. Dès janvier 1995, John Imle, président d'Unocal, avait ainsi admis : "Si l'on menace l'oléoduc, il y aura davantage de militaires. Et si le travail forcé va de pair avec les militaires, oui, il y aura davantage de travail forcé."

Le 16 mars 1995, dans un courrier adressé à son siège, le responsable d'Unocal en Birmanie, Joël Robinson, écrit : "Notre affirmation selon laquelle le Slorc -appellation de la junte, à l'époque- n'a pas étendu et amplifié ses méthodes habituelles autour du gazoduc à notre bénéfice ne pourra pas résister à beaucoup de vérifications." A la même époque, l'ambassadeur américain à Rangoun notait aussi : "Sur le problème général des étroites relations de travail entre Total/Unocal et les militaires birmans, M. Robinson n'a aucune excuse à faire. Il affirme fermement que les compagnies ont embauché les militaires birmans pour assurer la sécurité du projet et payent pour cela à travers la Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE)."

Total démentait tout soupçon de travail forcé relatif à son chantier. Dans un courrier du 1er février 1996 à Unocal (là encore révélé par la procédure américaine), un employé du groupe français, Hervé Chagnoux, relatait pourtant : "Quant au travail forcé utilisé par les troupes chargées d'assurer la sécurité de notre projet de gazoduc, admettons entre nous, Total et Unocal, que nous nous trouvons probablement dans une zone grise."

A l'été 2001, Total reconnaît publiquement, lors d'un débat organisé dans une Fnac parisienne, avoir indemnisé des Birmans. "Lorsqu'un cas de travail forcé est porté à notre connaissance, nous nous efforçons d'apporter une compensation", a alors admis le président du comité d'éthique dont le groupe s'est doté. Son système de défense continue d'évoluer, même s'il affirme, à l'unisson du rapport Kouchner, que de tels cas, découverts fortuitement, ont pu exister au début du chantier.

"Du travail forcé sur les chantiers ? Aucun sens", a également déclaré au MondeJean du Rusquec (groupe Total). Fin novembre, sur le site de Yadana, il avait précisé à l'AFP : "Il y a eu des problèmes au démarrage du chantier, strictement du travail forcé, vers décembre 1995, pour la construction des baraquements, du portage. Nous avons indemnisé les villageois, 400 environ." Les plaignants de la procédure française assurent, eux, n'avoir jamais été indemnisés.

Peu après la diffusion du rapport Kouchner, Le Figaro et Le Nouvel Observateur ont publié, le 18 décembre, un entretien avec un homme présenté comme le "chef de la sécurité de Total en Birmanie de 1995 à 2002". L'intéressé - "ancien capitaine de la Légion étrangère", dont seules les initiales étaient citées - assurait que "l'armée birmane forçait les villageois à marcher dans le corridor du gazoduc truffé de mines antipersonnel". "J'ai vu moi-même cinq paysans sauter sur des mines", affirme-t-il. Selon Me Jean Veil, le profil correspond à un ancien employé d'une société de sécurité qui a bien été sur le chantier. Mais le groupe "conteste formellement la réalité des faits rapportés" et annonce des poursuites.

Une dizaine d'années après l'arrivée de Total, la situation reste inchangée en Birmanie. L'armée refuse de partager le pouvoir, malgré des gestes - dernièrement, une "feuille de route" vers la démocratie, dépourvue de calendrier et ne mentionnant pas Mme Suu Kyi - destinés à calmer l'opprobre international. Sur ce plan, le rapport Kouchner recommandait à Total de se prononcer "clairement sur la nécessité démocratique" en Birmanie et d'exiger la "remise en liberté" de la célèbre prisonnière, qui aurait, de son côté, assoupli sa position à l'égard des pétroliers étrangers.

Reçu par le premier ministre birman, le général Khin Nyunt, le 21 novembre à Rangoun, l'actuel responsable de la division exploration et production de Total, Christian de Margerie, aurait tenu le discours suivant, selon M. du Rusquec : "Nous avons pris connaissance avec beaucoup d'intérêt de la "feuille de route" et nous souhaitons que son application intervienne le plus rapidement possible", avec "inclusion de Mme Suu Kyi dans le processus". La réponse du général n'est pas connue.

Au retour d'une enquête en Birmanie, le 22 décembre, Amnesty International a considéré que l'année 2003 y a été marquée par "un recul très problématique" des droits de l'homme. De son côté, la Fédération internationale des droits de l'homme "regrette que Bernard Kouchner ait prêté son nom à cette opération de relations publiques du groupe Total à un moment où le groupe doit enfin rendre des comptes à la justice".

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 > >>