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NPA 27 -  Eure

DECLARATION DE LA SECTION DE VERNON

30 Novembre 2005 , Rédigé par LCR-section de Vernon Publié dans #Comité NPA de VERNON

DECLARATION DE LA SECTION DE VERNON DE LA LCR

 

Après l’interpellation de 4 collégiens au collège C.Lemaître

 

Loin de nous l’idée de défendre le fait de s’y mettre à plusieurs pour harceler (et insulter) un élève de deux ans plus jeune, pour nous, c’est du même niveau que de brûler la voiture de sa voisine de palier pour marquer son rejet de la société. C’est indéfendable !

Pour autant, cela ne nous étonne pas, car contrairement aux grands responsables des fléaux d’une société basée sur l’injustice et la frustration, ceux qui se contentent plus modestement de défendre « l’ ordre  capitaliste » n’ont pas toujours les moyens de mettre leurs chérubins dans des établissements scolaires de haut standing, ni d’habiter des quartiers chics et d’entourer leur villa de hautes grilles, ou encore de se (faire) payer des gardiens. Non, il faut qu’ils mettent leurs enfants dans les mêmes écoles que les victimes du système. Il ne faut pas faire semblant de s’étonner que des frictions apparaissent.

Par ailleurs, l’interpellation puis la mise en garde à vue de gamins de treize ans paraît logiquement hallucinante à toute personne ayant encore les pieds sur terre, mais elle est effectivement parfaitement possible à l’heure du sarkozysme triomphant. Il y a même des gens qui étudient très sérieusement la détection (précoce) de délinquants dès la maternelle (ne rigolez pas, c’est authentique). En attendant, c’est le signe qu’il y a des gens dans le milieu scolaire qui ne font pas leur boulot pour qu’ils ne voient pas d’autre solution que d’appeler la police pour une banale querelle de cour de récré.

Il n’y avait d’ailleurs pas besoin de l’arsenal répressif actuel et de l’état d’urgence pour arrêter n’importe qui, de n’importe quel âge, pour n’importe quelle raison et à toute heure du jour et de la nuit. Puis le détenir sans preuve pendant de longues années. Des affaires comme celle d’Outreau sont suffisamment exemplaires pour le démontrer. Il n’y aurait pas eu moins de 70 professionnels de la répression qui ont eu leur mot à dire dans cette affaire … et qui n’y auraient vu que du feu. A ce niveau là, ce n’est plus de l’incompétence, c’est la concrétisation du fonctionnement d’un système pervers, servi par des individus mal recrutés, mal formés et mal encadrés. Quand par ailleurs des responsables du système scolaire paraissent trouver parfaitement normal de mettre en garde à vue, fouiller (à corps ?) des pré-ados il ne faut plus s’étonner de rien.

Ce qui s’est passé à Vernon, pas plus que ce qui s’est passé à Outreau n’est une « bavure » exceptionnelle. Notre société est de plus en plus injuste, son fonctionnement est basé sur la frustration du plus grand nombre, elle a donc besoin d’être de plus en plus répressive pour durer. A partir de là, il ne faut pas s’étonner que les « bavures » fassent partie du fonctionnement habituel de ses institutions.

 

Section de Vernon de la LCR

 contact 09 6-88016 08 65  lcr27@wanadoo.fr   site internet bulletindestravailleurs.over-blog.com

 

 

 

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réseau sortir du nucléaire

30 Novembre 2005 , Rédigé par RESEAU Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

   cliquer sur le logo pour aller au site

la LCR est partie prenante de la relance du réseau "sortir du nucléaire" dans le département. Une première réunion s'est tenue à Louviers le 5 décembre dans le but de préparer ensemble le rassemblement national du 15 avril à Cherbourg contre la relance du programme nucléaire.

 

27/10/2005



Privatisation d'EDF et crash suicide
sur le réacteur nucléaire EPR



C'est principalement pour financer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, de type EPR, que la privatisation d'EDF est aujourd'hui engagée. Certes, dans un premier temps, EDF et le gouvernement ont pris soin d'annoncer des investissements dans des secteurs moins sensibles, mais le projet annoncé de remplacer les centrales nucléaires actuelles, vieillissantes, nécessite des sommes colossales (1).

Il est d'ailleurs évident que la part des actions EDF vendues par l'Etat passera sous peu de 15 à 30 %, et que la limite de 30%, prétendument "gravée dans le marbre", sera remise en cause par une prochaine loi. Ensuite, comme pour France Télécom, la part de l'Etat dans EDF passera sous la barre des 50% sous prétexte que "L'Etat conservera une minorité de blocage". Enfin, l'Etat passera un jour discrètement sous la minorité de blocage comme ce fut le cas le 31 août 2005 pour France Télécom, dans l'indifférence absolue.

Il est donc aujourd'hui très clair que, pour empêcher la privatisation du service public de l'énergie, il faut s'opposer à la relance du nucléaire. Ce dernier est, de toute façon, la négation même du service public et de l'éthique citoyenne :

- décisions prises sans consultation ni consentement de la population ;
- construction des centrales à grands renforts de compagnies de CRS et de gaz lacrymogènes ;
- centralisation et vulnérabilité de la production (cf tempête décembre 1999, même si les agents EDF ont été admirables pour réparer), contrairement à une production décentralisée, au plus proche des usagers ;
- mainmise des centrales sur la vie locale par les taxes professionnelles et les subventions ;
- salariés (principalement intérimaires) irradiés lors des opérations de maintenance ;
- cinq fois moins d'emplois dans le nucléaire que dans les énergies renouvelables (pour un même investissement) ;
- surconsommation électrique délibérément organisée (chauffages et climatiseurs électriques en particulier) pour "justifier" la surproduction des centrales nucléaires ;
- investissements colossaux au détriment des énergies renouvelables ;
- néocolonialisme pour s'accaparer l'uranium dans les pays du Sud (cf Niger) ;
- rejets radioactifs et chimiques (souvent illégaux) dans l'air et l'eau ;
- factures incalculables laissées aux générations futures (démantèlement des centrales nucléaires en particulier) ;
- déchets nucléaires légués aux générations futures ;
- en cas d'accident nucléaire : contamination dramatique de millions de personnes et évacuation de régions entières pour des siècles ;
- mensonge permanent, comme pour le nuage de Tchernobyl ou la vulnérabilité des installations nucléaires à un crash suicide.
- etc.

La question démocratique mérite d'être approfondie car, justement, un supposé "Débat public" est supposé éclairer la nécessité ou non de construire un premier réacteur nucléaire EPR. Malheureusement, ce débat tourne à la parodie de démocratie :

- la contribution écrite du Réseau "Sortir du nucléaire" a été censurée car elle faisait référence à un document "Confidentiel défense" qui reconnaît que l'EPR ne résisterait pas à un crash suicide. Nous y reviendrons.
- le 24 octobre 2005, le Premier Ministre a déclaré sans rire : "Au vu des conclusions du débat public en cours, EDF construira le premier réacteur EPR à Flamanville." C'est d'autant plus stupéfiant que l'ouverture du débat "en cours" a été fixée au 3 novembre !
- EDF a d'ores et déjà lancé des appels d'offre dont les réponses doivent être revenues le 5 janvier 2006, alors que le "débat" cours jusqu'en février !

Il est donc clairement établi que le nucléaire ne porte pas seulement atteinte à l'environnement et aux êtres vivants, mais aussi au service public et à la démocratie. Mais il est tout de même nécessaire de dénoncer plusieurs faux arguments avancés par les tenants de l'atome :

- le nucléaire ne donne aucune indépendance énergétique : 100% de l'uranium, le combustible des centrales, est importé (en particulier du Niger où les populations locales sont exploitées et spoliées). On nous réplique que l'uranium n'est pas cher comparé au pétrole : or il ne s'agit alors plus là d'indépendance énergétique mais de coût du nucléaire. Et sur ce plan, l'atome est encore une mauvaise affaire.
- EDF a toujours perdu et perd aujourd'hui encore de l'argent avec les centrales nucléaires (99 millions d'euros de pertes en 2004). Ce sont les activités de transport et de distribution de l'électricité qui sont (très) rentables : 1002 millions d'euros en 2004 !
- malgré 58 réacteurs nucléaires, la France a été frappée par la canicule 2003, la sécheresse 2005, sans compter… celles à venir. Le nucléaire, qui représente une part infime (6%) et sur le déclin (moins de 5% en 2030) de l'énergie mondiale, est dans l'incapacité d'empêcher le réchauffement climatique. La seule solution tient en trois points : efficacité énergétique, économies d'énergie, énergies renouvelables.
- aucune solution n'existe pour les déchets nucléaires. Pire : la Cour des comptes a rendu en janvier 2005 un rapport édifiant sur "le démantèlement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs", montrant que le financement de ces opérations n'était pas assuré, particulièrement pour EDF qui ne dispose que d'un "embryon d'actifs dédiés par rapport à la masse à financer".

Enfin, rappelons que le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est procuré un document Confidentiel défense qui montre que le futur EPR n'est pas conçu pour résister à un crash suicide. C'est inacceptable pour un réacteur qui, s'il est construit, sera le premier réacteur "post 11 septembre 2001". Et c'est bien pour ça que le pouvoir entend censurer cette information cruciale.

L'argent de la privatisation d'EDF servira-t-il pour construire des réacteurs nucléaires d'ores et déjà dépassés ? Nous répondons non : non à la privatisation d'EDF, et non à l'EPR (2). Et nous disons oui à un plan de sortie du nucléaire mené conjointement à une ambitieuse politique d'efficacité énergétique, d'économies d'énergie, et de développement des énergies renouvelables. C'est la seule solution pour sauver la planète du nucléaire ET de l'effet de serre, le service public ET la démocratie.


(1) D'ailleurs, EDF n'a toujours pas fini de payer… le parc nucléaire actuel.
(2) Les 15 et 16 avril 2006, à l'occasion des 20 ans de Tchernobyl, le Réseau "Sortir du nucléaire" et de nombreux partenaires organisent un grand rassemblement international à Cherbourg, près du site de Flamanville désigné pour recevoir le réacteur EPR.

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FETE AGV-LCR-27

30 Novembre 2005 , Rédigé par AGV-LCR-27 Publié dans #FETE DEPARTEMENTALE AGV-LCR-27

Cher-e camarade, cher-e ami-e,
 
A Gauche Vraiment ! Louviers et la LCR 27 ont le plaisir de
t'inviter à la fête annuelle départementale cuvée 2006. Celle-ci
aura lieu le samedi 14 janvier 2006 au Moulin à Louviers.
Au programme :
-16h à 18h : les OGM
Qu’est-ce que c’est ? Quelles conséquences pour l’environnement,
la santé ? Comment arrivent-ils dans nos assiettes ? Quel enjeu
pour la société ?
Dominique Cellier, professeur à la faculté de sciences de Rouen,
membre de la LCR, nous aidera à mieux comprendre le phénomène
et animera le débat.
-18h à 18h15 : pause
-18h15 à 19h30 : Discussion autour de la situation politique
pour comprendre au mieux ce qui se passe, luttes et actions
syndicales en cours, la situation après le référendum du 29 mai
2005, la révolte des banlieues, élections en 2007, Quelles
perspectives ?
A partir de 19h30 : apéro offert
 
… puis nous partagerons le repas fait de tous les plats que
chacun-e aura confectionnés. Nous finirons la soirée avec nos
voix, des guitares et de la musique.
On vient à l’heure qu’on veut…
 
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RALSTON-Caudebec

30 Novembre 2005 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #EMPLOIS - LICENCIEMENTS

RALSTON: NON A LA FERMETURE DE L'USINE
INTERDICTION DES LICENCIEMENTS !
 
Les salariés de Ralston-Energizer (Caudebec-les-Elbeuf) luttent contre la fermeture de leur usine. « Jusqu’en 1998, nous fabriquions des piles, ici, à Caudebec-les-Elbeuf. Un plan social a laissé 334 camarades sur le carreau. Depuis, nous ne faisons que les emballages, et nous ne sommes plus que 132, avec 50 ans de moyenne d’âge et 20 ou 30 ans d’ancienneté », raconte une ouvrière. À l’époque, pendant sept mois, la lutte avait été animée par un comité de mobilisation, soutenu par la CFDT et la CGT, responsable devant l’assemblée générale.
 « Le comité central d'entreprise de Chatou doit nous permettre d'en savoir plus, ajoute Antonio De Abreu. Ce que nous allons marteler, c'est qu'au plan mondial, l'américain Energizer est l'un des deux grands fabricants de piles, l'autre étant Duracell. Energizer possède d'ailleurs les rasoirs Wilkinson depuis deux ans et demi. Une entreprise qu'il a bien fallu acheter ! Le chiffre d'affaire de notre groupe s'élève à 2,8 milliards de dollars, pour un résultat net de 267,4 M€. La programmation d'un arrêt du site de Caudebec est donc inacceptable au regard des résultats financiers de la société ».
 Déclaration du responsable CGT de l'entreprise à la presse.
 
En 98, de collectes en manifestations et opérations coup-de-poing, conclues par onze jours d’occupation, les salariés avaient popularisé les exigences d’interdiction des licenciements, d’ouverture des livres de comptes et d’arrêt des subventions au patronat. Le flambeau avait été ensuite repris par les De Carbon, dont la lutte de trois ans avait marqué la région... Faute d’une coordination durable des boîtes touchées, les capitalistes avaient quand même fini par arriver à leurs fins.
 
Aujourd'hui,il est encore trop tôt pour savoir si les salariés de Ralston reprendront la même voie mais, déjà, la production ne sort plus qu’à 50 %. Car la fermeture est inacceptable : Ralston-Energizer est l’un des deux grands fabricants de piles au monde (l’autre étant Duracell), avec 270 millions de dollars de bénéfices. Les dirigeants du groupe viennent de racheter les rasoirs Wilkinson pour 930 millions de dollars. Mais en quinze ans, une vingtaine de sites ont fermé.
Dans la presse locale:
Les salariés d'Energizer se demandent qui va bien pouvoir alimenter le marché France et Europe en blisters (300.000 millions de piles ainsi conditionnées) et en boîtiers d'éclairage. « Il y a bien l'usine suisse qui fabrique et conditionne des piles. Une réorganisation passerait-elle par cette usine ?, s'interroge le secrétaire du CE. En fait, c'est le grand flou. Comment répondre aux besoins des consommateurs ? Toujours est-il que nous vivons une stratégie de concentration de la part du groupe qui a dû fermer une vingtaine de sites en quinze ans ». Une stratégie qui passe mal, la plupart des salariés affichant la cinquantaine, avec vingt ou trente ans de maison. Sollicité hier, le directeur du site Pascal Franchet n'a pas souhaité faire de commentaire : « Je les réserve aux partenaires sociaux, à l'occasion du CCE de Chatou et d'un CE extraordinaire ce mercredi à 15 h ».                        
                                                                                                              in "Paris Normandie'
 
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BULLETIN des TRAVAILLEURS de BERNAY déc.2005

30 Novembre 2005 , Rédigé par section de Bernay Publié dans #Comité NPA de BERNAY

SECTION DE BERNAY - NUMÉRO 86 - DECEMBRE 2005

Villepin parle « d’égalité des chances » mais aggrave la misère !

DROIT À L’EMPLOI POUR TOUS,

INTERDICTION DES LICENCIEMENTS !

 

 

Le gouvernement a présenté son plan de mesures face à la crise des banlieues : l’état d’urgence est maintenu, il parle de réactualiser la loi anticasseurs et il ressort les menaces de suppressions des allocations familiales contre des parents qui ne « contrôleraient pas » leurs enfants. Toutes ces mesures sont accompagnées d’un baratin sur la responsabilité « individuelle », très sévère et culpabilisant contre les jeunes, les familles en difficulté, les salariés, les chômeurs, mais bien complaisant envers les chefs d’entreprises, les patrons voyous ou les grands délinquants financiers.

 Le gouvernement veut faire « de l’égalité des chances une réalité pour tous ». Il y a les effets d’annonce : ainsi, le gouvernement fera une campagne de « testing » pour contrôler que les entreprises, boîtes de nuit, agences immobilières n’ont pas de pratiques discriminatoires. Mais pas un mot sur les moyens et les contraintes. La politique du gouvernement ne vise pas à l’égalité : au contraire ! Comment expliquer autrement ses propositions de « mettre en oeuvre l’apprentissage dès 14 ans » ? Cela ne conduira qu’à la remise en cause de la scolarité jusqu’à 16 ans qui est un droit et surtout à l’expulsion de milliers de jeunes de l’école. Le gouvernement nous parle de relance des ZEP (zone d’éducation prioritaire) mais c’est une escroquerie lorsque l’on sait que chaque année, les budgets et les postes de l’Education nationale sont revus à la baisse.

 Comment parler « d’égalité des chances » lorsqu’on accroît la précarité de l’emploi avec le contrat nouvelle embauche qui concerne déjà des centaines de milliers de salariés ou lorsque, par MEDEF interposé, l’on veut réduire le montant et la durée d’indemnisation du chômage pour des millions de personnes ?

Ces dernières décennies, les inégalités se sont accrues. La précarité au travail est la principale source d’inégalité : 5 millions de chômeurs, 7 millions de personnes sous contrats fragiles, peu protégés, flexibles. Plus de 3 millions de personnes sont mal logées.

 Pour combattre ces inégalités, il faut s’attaquer au système capitaliste : satisfaire les besoins sociaux, pas les profits. Il faut imposer par nos mobilisations une autre répartition des richesses, assurer un emploi stable avec un salaire garanti pour tous (1 500 euros minimum), interdire les licenciements, augmenter tous les salaires et tous les minima sociaux de 300 euros, donner la priorité à l’école, la santé, la sécurité sociale.

A RALSTON COMME AILLEURS,

INTERDICTION DES LICENCIEMENTS !

Les salariés de Ralston-Energizer (Caudebec-les-Elbeuf) luttent contre la fermeture de leur usine. « Jusqu’en 1998, nous fabriquions des piles, ici, à Caudebec-les-Elbeuf. Un plan social a laissé 334 camarades sur le carreau. Depuis, nous ne faisons que les emballages, et nous ne sommes plus que 132, avec 50 ans de moyenne d’âge et 20 ou 30 ans d’ancienneté », raconte une ouvrière. À l’époque, pendant sept mois, la lutte avait été animée par un comité de mobilisation, soutenu par la CFDT et la CGT, responsable devant l’assemblée générale.

De collectes en manifestations et opérations coup-de-poing, conclues par onze jours d’occupation, les salariés avaient popularisé les exigences d’interdiction des licenciements, d’ouverture des livres de comptes et d’arrêt des subventions au patronat. Le flambeau avait été ensuite repris par les De Carbon, dont la lutte de trois ans avait marqué la région... Faute d’une coordination durable des boîtes touchées, les capitalistes avaient quand même fini par arriver à leurs fins.

Il est encore trop tôt pour savoir si les salariés de Ralston reprendront la même voie mais, déjà, la production ne sort plus qu’à 50 %. Car la fermeture est inacceptable : Ralston-Energizer est l’un des deux grands fabricants de piles au monde (l’autre étant Duracell), avec 270 millions de dollars de bénéfices. Les dirigeants du groupe viennent de racheter les rasoirs Wilkinson pour 930 millions de dollars. Mais en quinze ans, une vingtaine de sites ont fermé.

ARKEMA - SERQUIGNY EN GRÈVE

Les ouvriers du secteur “fab 2” en sont à plus d’un mois de grève à raison de 2h de grève par poste. Depuis le 3 novembre, Ils exigent notamment une prime mensuelle de 150 euros alors que le plan de “modernisation” “Serquigny demain” s’était soldé par une aggravation des conditions de travail.

La direction se dit prête à lâcher 30 à 40 euros. mais le compte n’y est évidemment pas! L’argent existe alors que les profits du groupe s’envolent à nouveau. Le groupe Total (dont Arkema est le secteur chimie) a enregistré une progression de +32% de son résultat net à 3,13 milliards d’euros au 3ème trimestre 2005 et de +36% pour le bénéfice net par action. Largement de quoi verser non seulement la prime exigée mais aussi une augmentation de salaire de 300 euros pour tous !

CONGRÈS DU PS : LA “SYNTHÈSE”

AUTOUR DU SOCIAL-LIBÉRALISME

Profondément discrédité, le PS a tenté de faire bonne figure en faisant taire le temps d’un congrès les rivalités personnelles qui le minent. Du coup, les pseudos clivages politiques s’écroulent. Fabius est rentré dans le rang pour sauvegarder ses chances d’être candidat aux prochaines présidentielles.

Le PS propose un SMIC à 1500 euros ...à l’horizon 2012 ! La belle affaire quand on sait qu’il finira par atteindre automatiquement cette somme à cette date en raison de l’inflation ! Le reste, ce sont des formules creuses comme la promesse d’une « action de l’Etat contre les licenciements boursiers » ou d’une « exigence renforcée » pour obtenir de l’Union européenne une action contre les délocalisations... Il y a bien la promesse d’abroger le CNE ou la loi Fillon sur les retraites. Mais comment croire le PS quand Hollande, s’exprimant devant les adhérents parisiens, le 18 octobre, déclarait : « On ne doit pas simplement abroger ou revenir à 2002. [...]  D’ailleurs, on aurait du travail si l’on avait à renationaliser ce que l’on a nous-mêmes privatisé. [...] On me demande si je suis pour le rétablissement de l’autorisation administrative de licenciement. Je n’y suis pas favorable [...]. Sur les retraites, Il est facile de dire qu’il ne nous reste qu’à abroger les décrets Balladur. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait lorsque nous étions au pouvoir ? On va faire croire aux Français que l’on peut revenir à 37,5 ans pour tous ? Je ne le leur ferai pas croire... ».

 

LE PLUS BAS SALAIRE GAGNE !

Lancé le 2 novembre, Jobdealer est un site internet français inspiré du modèle allemand (Jobdumping), qui propose aux chômeurs de trouver un emploi par enchères inversées. Les chômeurs entrent donc en compétition et enchérissent à la baisse, proposant de travailler pour un salaire dérisoire et inférieur à la proposition précédente, et les salaires baissent ainsi jusqu'à clôture des enchères ! Reste aux patrons à faire leur petit marché... aux esclaves !

CE N’EST PAS LE FROID QUI TUE,

C’EST LE CAPITALISME !

 

 

Un toit, c’est un droit et pour beaucoup c’est une question de survie. Expulsé de son logement, par injonction de la gendarmerie, juste avant la trêve hivernale, un homme de 35 ans est mort de froid à la lisière d’une forêt de Haute-Saône. Il vivait depuis trois semaines dans sa voiture. Et mercredi 23 novembre, la température de -5 degrés a été fatale à Sylvain. Ce travailleur précaire bossait dans des entreprises de ramassage d’ordures ménagères pour des salaires de misère. Il était comme un SDF sur 3 : son salaire lui permettait de survivre, mais plus de se loger.

Au lieu de s’attaquer à la pauvreté, le gouvernement s’attaque aux pauvres. Il y aurait, en France, 3,5 millions de travailleurs pauvres, gagnant moins de 600 euros par mois, alors que le prix des loyers explose à Paris mais aussi en province.

Des dizaines de milliers de logements restent vides mais les pouvoirs publics se refusent à les réquisitionner. Le prix du gaz augmente de façon scandaleuse. Pendant ce temps, le gouvernement n’hésite pas à faire des cadeaux fiscaux aux plus riches : 3,6 milliards d’euros vont leur être redistribués en 2007.

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CARTON ROUGE décembre 2005

28 Novembre 2005 , Rédigé par JCR-27 Publié dans #Jeunes NPA

  Journal des lycéen-ne-s des JCR / LCR de l’Eure - décembre 2005

 Il aura fallu plus de vingt nuits d'affrontements avec la police et d'actes de destruction rageurs et aveugles pour que les médias et les politiciens de tous poils fassent mine de découvrir la situation des quartiers pauvres et celle d’une jeunesse victime du racisme, des discriminations, des contrôles au faciès et des brutalités policières. Les insultes et les provocations de Sarkozy auront fait le reste.

    Privés d’avenir par un système scolaire inégalitaire, par le chômage et la précarité, tous  les jeunes des quartiers populaires ne peuvent qu’avoir la rage. Certains n’ont pas su l’exprimer autrement qu’en détruisant les biens d’aussi pauvres qu’eux, et c’est lamentable. Mais c’est bien l’« ordre républicain » de Chirac, Villepin, Sarkozy, qui organise la guerre sociale contre la jeunesse et les travailleurs qui fait régresser de façon dramatique toute la société. C’est bien leur politique, et celle des gouvernements qui les ont précédés, qui a créé une situation explosive dans des quartiers où la vie est devenue insupportable.

 Non à l’Etat policier !

 

 

Mais pour ceux qui sont au pouvoir, la seule solution à cette crise c’est la répression, avec une loi qui date de la guerre d’Algérie : état d’urgence pendant trois mois,  avec possibilité de décréter des couvre-feux et de suspendre les libertés individuelles, de censurer la presse et d’interdire les réunions et les manifestations.

Nous sommes tous visés par la machine répressive de l’Etat. Ce sont les mêmes flics et les mêmes juges qui ont réprimé le mouvement lycéen du printemps dernier et condamné des dizaines de lycéens à des peines de prison et à des amendes exorbitantes. Ce sont les mêmes qui répriment les salariés en lutte et traitent les militants syndicaux comme des criminels. Il y a 5 ans, Chirac se faisait élire contre Le Pen ; aujourd’hui il en reprend les idées et fait de la surenchère sécuritaire et raciste en annonçant l’expulsion de jeunes étrangers, même s’ils sont en situation régulière.

 

L'exploitation dès 14 ans pour les plus pauvres

Chirac parle « d’égalité des chances » et « d’idéal républicain » mais le peu d’argent et de moyens que le gouvernement donne aux quartiers, il les avait supprimés il y a un an !

Aux jeunes exclus par le système scolaire, le gouvernement répond par …moins d’école, avec l’apprentissage dès 14 ans. Dans le même temps, il supprime 4 500 postes d’enseignants à la rentrée prochaine.

Toutes ces mesures, comme l’ensemble de la politique du gouvernement qui préfère stigmatiser les parents et menacer les plus pauvres de sanctions financières pour « défaut d’éducation », ne peuvent que rendre la situation plus explosive encore.

La « fracture sociale »,

produit du système capitaliste

Il y a dix ans Chirac promettait de réduire la « fracture sociale ». Aujourd’hui il découvre « le poison que sont les discriminations ». Mais cette « fracture sociale » est le produit naturel du système capitaliste qui accumule les richesses à un pôle de la société et réduit la grande masse de la population, travailleurs, chômeurs, jeunes, à une pauvreté et une précarité de plus en plus grande.

 

Le feu couvera tant que nous n’en aurons pas fini avec un système qui détruit des familles, laisse le patronat licencier pour augmenter ses bénéfices au lieu de garantir un emploi à tous, qui démolit et privatise les services publics, baisse les salaires et augmente la précarité, qui fait passer la loi du profit avant les besoins du plus grand nombre.  

 

POUR NOUS CONTACTER : TÉLÉPHONE : 06 30 45 93 36 / E-MAIL : BriceGDA@aol.com

SITES INTERNET : JCR - http://jcr.lautre.net/          LCR - http://www.lcr-rouge.org/  blog de la LCR-27:bulletindestravailleurs.over-blog.com

« L’ÉgalitÉ des chances » façon villepin, c’est l’exploitation dÈs 14 ans !

Ils bradent l’école, suppriment massivement des postes d’enseignants,  cassent le service public d’éducation à coups de restrictions budgétaires, voilà désormais qu’ils n’hésitent plus à reprendre une mesure phare du programme du FN : l’apprentissage à 14 ans !

Lutter contre l’échec scolaire en excluant les jeunes en difficulté de l’école, il fallait y penser ! C’est la fin de la scolarité obligatoire jusque 16 ans, le grand retour du travail des enfants, une main d’œuvre bon marché jetée en pâture aux patrons pour les petits et les sales boulots.

STAGES, PETITS BOULOTS, INTÉrim… Marre de la

galère : UN VRAI BOULOT POUR TOUS LES JEUNES !

Décrocher un boulot, un vrai, cela relève du parcours du combattant pour les jeunes, systématiquement ballottés de stage en stage (800 000 jeunes stagiaires sont payés de 0 à 30 % du SMIC), de contrats d’intérim en CDD, quand ils ne pointent pas au chômage !

Le « plan d’urgence pour l’emploi » que leur propose le gouvernement, c’est toujours plus de précarité, jamais de vrais boulots. C’est, pour 2007, 20 000 jeunes insérés dans le dispositif « Défense 2e chance », 5 000 « cadets de la République », 15 000 CAE supplémentaires affectés dans les banlieues, 10 000 dans les associations ; tous sous contrats précaires d’une durée de 6 mois, tous sans perspective aucune, mais qui permettent au gouvernement de baisser les chiffres du chômage des jeunes !

la faute aux parents ?

Des enfants, mineurs, condamnés dans le cadre des violences urbaines ? C’est la faute aux parents, qu’on leur supprime les alloc’ pour les responsabiliser, clament des maires et des députés UMP ! Incapable de répondre à la détresse sociale autrement que par la répression, le gouvernement n’entrevoit que des sanctions pécuniaires pour sabrer un peu plus encore les parents les plus démunis, les familles les plus fragiles…

Un « service civil » pour mettre les jeunes au pas

Aux jeunes exclus, aux jeunes qui subissent la précarité, le gouvernement répond par de nouveaux contrats précaires ! 50 000 jeunes devraient être enrôlés en 2007, dans le cadre du service civil volontaire, pour effectuer des petits boulots dans l’armée, la police ou certaines associations, afin de faire « un apprentissage du respect de l’autorité » !

L’internat et le port de l’uniforme seront obligatoires pour être un « cadet de la République » ou intégrer le dispositif « Défense 2e chance » et ce pour  toucher respectivement 600 ou 300 euros par mois et obtenir, au terme d’un contrat de 6 mois renouvelable 1 fois, un misérable « brevet de service civil » !

CrÈches sous haute surveillance …

Un député UMP, Jacques-Alain Bénisti, vient de remettre à Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance en lycée, collège, maternelle…et dans les crèches, véritables pépinières de futurs incendiaires en couche-culotte ! Voilà le gouvernement prêt à agiter le spectre de hordes de bambins armés de biberons Molotov qu’il faudrait ficher dès le berceau …et garder à l’œil. Le délire sécuritaire n’a plus de limites ! 

La jeunesse sacrifiÉe en France en quelques chiffres

·         23 % des moins de 25 ans pointent à l'ANPE.

 ·         8 000 jeunes sont sans emploi dans l’arrondissement de Valenciennes (ils représentent environ 1/3 des sans emplois).

 

·         Dans les ZUS (zones urbaines sensibles), 36 % des garçons actifs et 40 % des filles actives de 15 à 25 ans sont au chômage.

·         Le taux de chômage des jeunes non qualifiés, 3 ans après leur sortie du système éducatif, atteignait 39 % en 2004.

·         Chaque année, près de 100 000 jeunes quittent l'école sans diplôme.

·         100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté.

·          80 % des étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études.

·         Selon une enquête du Céreq, "génération 2001", 1 jeune sur 8 estime avoir été au moins une fois victime de discriminations à l'embauche durant son parcours d'insertion.

 

Bavures policiÈres en direct

Une caméra était là et a filmé le tabassage en règle d’un jeune arrêté à la suite des émeutes en banlieue : à sa sortie du commissariat deux policiers s’acharnaient sur lui, à terre, sous les yeux de six collègues qui n’ont pas bougé le petit doigt.

Ces huit policiers là ont été suspendus, car pris en flagrant délit. Mais combien de fois cela se passe-t-il en dehors des caméras ?

Quelques jours après, la justice ordonnait la libération d’un de ces flics. Elle offre un chèque en blanc à tous les énervés de la matraque et de la gâchette : cognez, brutalisez, tirez, nous vous couvrons. Sarkozy avait prévenu : « La police n’est pas là pour jouer au football avec les jeunes »...

Les violences policières quotidiennes, que subissent les jeunes des cités, sont aussi responsables de leur révolte. Etat d’urgence ou pas, les provocations policières et les contrôles au faciès ont lieu, tous les jours.

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OLIVIER BESANCENOT

28 Novembre 2005 Publié dans #OLIVIER BESANCENOT

Le Point 17 novembre 2005


LCR - Olivier Besancenot : L’homme qui fait peur à la gauche


Le porte-parole de la LCR, qui a appelé à braver le couvre-feu dans les banlieues, n’a pas renoncé à changer le monde. A la veille du congrès du PS, portrait du véritable leader de la gauche de la gauche.

par Christophe Ono-dit-Biot


« C’est dégueulasse ! Là-dedans, il y a des cannibales, des violeurs, et même celui qui a tiré sur Chirac. A côté, Sainte-Anne, c’est la cour de récré, alors est-ce que c’est notre faute si on n’est pas assez nombreux ? » En cette matinée d’automne, l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud est sur les dents. Pendant que, à l’intérieur, cinq infirmiers défendent leur cas devant le conseil de discipline, leurs collègues grévistes sont rassemblés dans la cour autour de leurs leaders syndicaux. Il y a plusieurs semaines, un patient de l’unité Malades difficiles a fugué. Après avoir arraché à mains nues une porte-fenêtre et escaladé le mur d’enceinte avec l’aide d’un autre patient, il s’est retrouvé en pyjama dans le jardin mitoyen fréquenté par des enfants. Aidés par la police, les infirmiers sont parvenus à rattraper le psychopathe en vadrouille alors qu’il montait dans le bus, mais pour apprendre en rentrant qu’ils étaient accusés de « défaut de surveillance » par le directeur. Pour eux, c’est une injustice. Heureusement, voilà Besancenot.

Le nom a fusé comme une traînée de poudre parmi les blouses blanches. Encadré par trois trentenaires de la LCR, jean noir, sweat-shirt à capuche, il fend la foule et s’arrête au pied de l’estrade où s’époumone, en vain, un leader syndical que personne n’écoute. Tête baissée, Olivier attend son tour pendant que les infirmières le dévorent des yeux ou de l’objectif de leur appareil photo, et monte sur l’estrade en respirant un grand coup. La sono est mauvaise, mais sa voix est claire. En quelques phrases, il réveille l’auditoire et le vampe, évoquant la répression du gouvernement Villepin, la libéralisation à outrance et le dixième anniversaire des manifestations de l’hiver 1995. En quelques phrases, le combat des blouses rebelles de Villejuif est devenu national. Oubliez le postier, acclamez le leader !

Bonne bouille et boulot ad hoc.

Comment en est-il arrivé là ? Propulsé à 27 ans candidat de la LCR à la présidentielle de 2002, où il rafle 1 million de voix, relancé trois ans plus tard par le mouvement « noniste » au référendum, présent sur tous les fronts de la guerre sociale, de la SNCM aux émeutes de banlieue, Besancenot bénéficie aujourd’hui, à 32 ans à peine, d’une audience totalement disproportionnée par rapport à celle de son parti, dont le nombre d’adhérents culmine à 3 000. Entré début septembre au 38e rang des personnalités les plus aimées des français (classement Ifop-Le Journal du dimanche), il est d’ailleurs, avec Bernard Kouchner, la seule figure politique à y figurer. Et l’un de ceux, faut-il le rappeler, qui font le plus peur à la gauche. Son discours qui tranche, sa fameuse « bonne bouille » et son boulot ad hoc suffisent-ils à expliquer le succès de ce facteur dont la boîte aux lettres, disent ses amies, est « pleine de mots d’amour » ? Ou faut-il plutôt chercher dans son passé de militant pur et dur les raisons d’un succès politique ?

Car Besancenot - il suffit de s’asseoir deux minutes face à lui pour s’en apercevoir - n’a rien d’un rigolo. Et s’il paraît qu’il a beaucoup d’humour en privé, ce n’est pas du tout ce qui transparaît au premier abord chez cet « irrécupérable », comme il se définit lui-même. Dans le café arabe où il donne ses rendez-vous, au coeur du 18e arrondissement, où il vit, il expédie les phrases chocs avec une conviction désarçonnante : « La gauche se divise entre ceux qui veulent sortir de l’économie de marché et ceux qui s’en accommodent. Pour changer le monde avant qu’il ne nous écrase, on ne peut plus faire bisou bisou avec les actionnaires. Je ne suis pas réformiste, je suis révolutionnaire. » Semaine de 30 heures, défense et extension des services publics, droit à la santé gratuite et à l’éducation pour tous, mais aussi interdiction des licenciements, levée du secret bancaire, grève générale comme contre-pouvoir et autogestion socialiste des entreprises, voilà le programme. Autant dire qu’il n’a pas renoncé à l’idée d’une certaine violence pour rompre avec le capitalisme - il appelle ça l’« autodéfense » - et qu’il s’étonne qu’on s’en étonne. Parfaitement à l’unisson de son « coach », François Sabado (voir encadré), qui aime à prophétiser que « les révolutions se produisent quand les gentils facteurs deviennent radicaux ». Question de formation et de vécu, acquis en Normandie à la fin des années 80.

Louviers, 1988. Un élève de troisième pose sur le bureau de son professeur d’allemand le dossier qu’il vient de réaliser sur Saint-Just. Entre l’« Archange de la Terreur » et les déclinaisons allemandes, apparemment aucun rapport. Sauf pour le collégien, qui sait que ce professeur, animateur local et charismatique de SOS Racisme, dont l’adolescent porte fièrement au revers la petite main jaune, est aussi, accessoirement, membre de la Ligue communiste révolutionnaire. « Il voulait m’accrocher, explique aujourd’hui le professeur, Pierre Vandevoorde, qui ne tarit pas d’éloges sur cet adolescent espiègle. il se posait des questions, voulait agir vite. Après SOS Racisme, il cherchait quelque chose de plus radical sur la question des inégalités sociales. » Recruté par Vandevoorde, Olivier rejoint dès la classe de seconde les Jeunesses communistes révolutionnaires (l’organisation de jeunesse de la Ligue) et monte ses premières AG mégaphone à la main. Sur fond de hip-hop, l’apprenti révolutionnaire fait débrayer le lycée en réaction aux profanations de Carpentras, puis pendant la guerre du Golfe, et remplit des cars d’antiracistes pour les concerts de soutien à SOS Racisme. Aucun antécédent familial, pourtant, dans son appétit militant et tout-terrain. Son père est professeur de physique, sa mère psychologue scolaire, et Olivier vit dans un pavillon avec jardin. Au point de passer, aux yeux de son meilleur copain, Erim, pour un « petit-bourgeois ». D’origine kurde, Erim a un père ouvrier. Olivier n’aura de cesse de lui montrer qu’il est digne de son monde. C’est ça, l’histoire de Besancenot : celle d’un ado qui ne vient pas de la classe ouvrière mais qui, fasciné par la classe ouvrière, met les bouchées doubles pour y appartenir. De Renaud à Renault, dont le site de Cléon, à quelques kilomètres de Louviers, déclenche une grève de trois semaines en 1991. Olivier fréquente les piquets de grève et donne des cours de maths aux ouvriers qui, en retour, lui apprennent à coller des affiches. « il voulait en mettre partout, même sur celles des autres organisations de gauche. Je lui ai appris qu’il fallait les respecter », confie Gérard Prévaut, assembleur de boîtes de vitesses à Cléon, qui se souvient encore de la manie d’Olivier de chanter le répertoire révolutionnaire dans la voiture, en revenant des manifs. « Il était fasciné par les autodidactes qu’on lui faisait rencontrer, ajoute un autre ancien de la Ligue de Louviers. Notamment par un vieil antimilitariste qui avait fait du bagne, qui lui parlait de ses bagarres avec les Croix-de-Feu en 1934 et qui, pour lui, valait tous les Che Guevara ! »

Formation continue au militantisme.

A 18 ans à peine, le « petit-bourgeois » de Louviers s’est donc métamorphosé en petit militant. La suite est plus connue. Erim reste à Rouen, et lui s’inscrit en fac d’Histoire à Nanterre. Après en avoir occupé la tour pendant les grèves de 1995, monté une section CGT dans le Shopi où il décroche un petit boulot et une section SUD-PTT à la poste de Levallois, où il travaille depuis 1997, c’est sans surprise qu’il intègre, à 23 ans, le bureau politique de la LCR. « Le marxisme, il l’a eu à la petite cuiller sans s’en même rendre compte », explique Vandevoorde. « On a formé un leader », reconnaît fièrement Tonio, OS aux usines Wonder de Louviers.

Plus que sa bonne bouille et sa jeunesse, c’est donc de là que vient sa redoutable efficacité politique auprès des ménagères de gauche. Treize ans de militantisme en formation continue, ça marque son homme, même quand on n’en a que 30. Et les éléphants du PS ont beau ringardiser l’utopie de cette « taupe » (selon l’expression de Denis Pingaud), stigmatiser son « logiciel marxiste-léniniste des années 20 habillé sous des formes affriolantes » (Henri Weber), ou railler « le jeu politicien de ce révolutionnaire qui commence à s’imiter lui-même » (Jean-Christophe Cambadélis), il faut se rendre à l’évidence : ça cartonne. Dans un milieu où le métier s’apprend souvent en chambre ou en cabinet, Besancenot a l’avantage du terrain. Et bosse consciencieusement ses dossiers en ayant l’air, face à la caméra, d’être spontané et naturel. Son meilleur atout.

« Le meilleur de sa génération ».

On a souvent parlé du « marketing postal » inventé par Krivine. Et si le porte-parole historique de la Ligue avait, tout simplement, choisi le plus expérimenté, le plus radical, voire le « meilleur de sa génération », comme dit Sabado ? Au départ, pourtant, ce n’est pas au jeune facteur que les stratèges de la LCR avaient songé pour la présidentielle, mais à une jeune femme, incarnant la nouvelle génération de prolétaires précarisés, pour mieux ringardiser Arlette (Lutte ouvrière), qui vient de snober la Ligue en refusant sa proposition de candidature commune.

Malheureusement, ils sèchent, et ce n’est qu’ensuite qu’ils se tournent vers Besancenot, qui a pourtant le tort, à leurs yeux, d’appartenir à « Révolution », la tendance la plus radicale de la Ligue. « Un courant qu’on qualifiait, nous, de gauchiste », s’amuse François Sabado. Certes, mais ce « gauchiste » a pour lui l’avantage d’être altermondialiste, très tendance dans les années 2000, et surtout d’être facteur depuis 1997. Une profession traditionnellement vue par les Français comme l’un des liens sociaux les plus importants du pays, et d’ailleurs plutôt inattendue pour un licencié en Histoire qui « aime quand ça pète ». On comprend que pédaler défoule (c’est même un hobby très politique), mais pourquoi sous la casquette de la Poste, surtout quand on aime la boxe française, le hip-hop et la Commune de Paris ? « Je suis simplement atteint de ce que Dutreil appelle le "syndrome Besancenot" : vous êtes surqualifié, mais vous n’arrivez pas à trouver un boulot. J’ai vu de la lumière et je suis entré », se défend-il, balayant toute idée de stratégie lorsqu’on lui fait remarquer que non seulement il est postier, mais qu’en plus il l’est à Neuilly, fief droitier et symbolique s’il en est. « On aurait voulu le faire qu’on n’y serait pas arrivé ! » ajoute-t-il, oubliant de dire que c’est pourtant lui qui a demandé ce poste à son retour du Parlement européen de Strasbourg, où il était l’assistant parlementaire de Krivine. C’était en 2001, juste avant la présidentielle. Dans un café de Pantin, Sabado vend la mèche : « Pour faire de la politique, il faut un certain confort, et la sécurité de l’emploi y contribue. » On y est. Pour être révolutionnaire aujourd’hui, commencez par être fonctionnaire. Et, puisque la Ligue a toujours encouragé ses militants à aller là où se trouve la classe ouvrière et à défendre le service public, tout baigne. Olivier part en Guadeloupe pour réfléchir à la proposition présidentielle d’« A. K. », accepte le défi et négocie un temps de travail à 80 % pour rester disponible pour la cause. Résultat de l’opération : 4,25 % des voix. Comme une lettre à la poste.

Acclamé par des communistes !

Une sacrée réussite, donc, que ce leader élevé en plein air, et qui aujourd’hui a de l’or électoral entre les mains. « Voir les communistes acclamer quelqu’un de la LCR dans les meetings, je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais c’est plutôt marrant quand on connaît l’histoire de la gauche », en rit encore Alain Krivine dans les bureaux de Rouge, le journal de la LCR. Au rez-de-chaussée, près des rotatives, un gigantesque calicot de Mai 68 représente une jeune femme lançant un pavé. Sous le pavé, le slogan : « La beauté n’a pas quitté la rue ». Rassurant, inspirant même. Comme Besancenot. « Avec lui, les gens qui ont une idée caricaturale du trotskisme n’en ont plus peur, ajoute celui qui, en son temps, fut aussi populaire que son élève. On bénéficie des retombées de sa popularité. Et si l’on doit présenter un candidat de la LCR à la présidentielle, on serait vraiment con d’en prendre un autre. »

Certes, mais en a-t-il encore envie ? Interrogé l’an dernier par la revue Contretemps, le porte-parole vedette de la LCR se laissait aller à la confidence sur ses « regrets » d’avoir « donné dans l’activisme étudiant comme un con ». « Il est exclu que la Ligue fasse avec moi ce que LO a fait avec Arlette », expliquait-il, ajoutant que, « dans [s]a génération, on demande à pouvoir vivre tranquillement sa vie sans que le parti se permette de la juger ». Coup de gueule ? Coup de spleen ? La vérité, c’est que le militant pur jus, qui partage depuis deux ans la vie d’une jolie éditrice qui lui a donné un petit garçon, est en train d’évoluer politiquement. D’abord, il milite de plus en plus de ses propres ailes, notamment au sein du collectif Devoirs de mémoires (voir ci-contre) fondé avec son ami rappeur Joey Starr, et l’écologiste Stéphane Pocrain, ex-chroniqueur chez Ruquier. Ensuite, il est en train de faire évoluer la Ligue en y apportant le débat sur l’« individualisme », qu’il ne veut pas laisser à la droite, tout en essayant de lui faire abandonner ses références au trotskisme (« Je ne me revendique trotskiste que face à un stalinien », a-t-il l’habitude de dire). Une sacrée révolution qui pourrait faire de lui un candidat redoutable et « 100 % à gauche » en 2007, si du moins ce « grand parti à gauche de la gauche » que les « nonistes » veulent construire devient réalité, et s’ils ne lui préfèrent pas un notable du PC ou un chevalier blanc comme Bové ou Aguiton.

Fougue révolutionnaire.

Mais qu’on ne se méprenne pas. A en croire ses amis, le « meilleur de sa génération » a toujours autant de rêves dans la tête, et sa soif de « changer le monde », y compris par la révolution, est intacte. Ce qu’il confirmait d’ailleurs le 20 octobre, dans le lobby très design de l’hôtel Hilton de la rue de Courcelles. Son nouveau QG ? Non, mais la base arrière du président Chavez pendant sa visite en France. Flanqué d’Alain Krivine et de militants du Cercle bolivarien, Olivier, qui avait rendez-vous en tête à tête avec le nouveau messie rouge, semblait avoir retrouvé sa fougue révolutionnaire. « Chavez, c’est la preuve qu’un autre monde est possible en dehors du capitalisme », confiait-il, piaffant d’impatience en s’engouffrant dans l’ascenseur présidentiel. Il avait raison, Olivier. Pour une fois, c’est vrai, la révolution était au bout du couloir.

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Emplois détruits chez Carrefour

27 Novembre 2005 , Rédigé par LCR Publié dans #EMPLOIS - LICENCIEMENTS

Carrefour détruit l’emploi

La direction de Carrefour a annoncé la suppression de 1700 emplois sur 2 ans.
Pourtant le groupe se porte extrêmement bien. Au troisième trimestre 2005, son chiffre d’affaire a progressé dans le monde de 5,1% et en France de 2,4%.
Le bénéfice net du deuxième groupe mondial de la distribution est de 1,662 milliard d’euros en 2004. Somme, qui si elle était redistribuée à ceux qui ont créé, par leur travail, cette richesse, permettrait des augmentations des salaires de 400 à 600 euros par mois et par salariés, en France et partout où l’enseigne est présente dans la monde.
A Carrefour, comme dans toutes les entreprises qui font des bénéfices et qui licencient, il faut vraiment imposer l’interdiction les licenciements, mais aussi imposer une autre répartition des richesses.
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CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

24 Novembre 2005 , Rédigé par LCR Publié dans #DROITS DES FEMMES


La LCR APPELLE A PARTICIPER A LA MANIFESTATION UNITAIRE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES SAMEDI 27 NOVEMBRE A PARIS (14H PLACE DE LA BASTILLE)
Nous ne pouvons accepter que chaque année au moins 80 femmes meurent sous les coups de leur conjoint ( rien que cet été, 30 femmes ont été assassinées par un conjoint ou ex conjoint). La LCR dès la rentrée 2003 avait participé à la campagne violence initiée depuis plus d’un an par le collectif national pour les droits des femmes ( dont la LCR est partie prenante) en sortant un matériel de mobilisation contre les violences faites aux femmes. Il est intolérable que la lutte contre les violences à l’encontre des femmes ne devienne pas réellement une priorité gouvernementale. Nous avons juste droit à des discours et des effets d’annonce de Mme Hameline, ministre à l’égalité professionnelle, mais aucune politique d’envergure n’est mise en œuvre notamment en termes de moyens pour développer des lieux d’accueil, d’écoute et des hébergements d’urgences. Au-delà d’une politique de prévention et d’éducation non sexiste, d’une obligation de prise en compte par la police et la justice des femmes victimes de violences, il faut développer un grand service public contre les violences avec des lieux d’accueil et d’hébergement d’urgence - appartements, foyers avec soutien psychologique et matériel -. Aujourd’hui des femmes victimes de violences retournent sous le toit de leur conjoint car aucune solution ne leur est proposée. Nous soutenons le manifeste, issu de l’initiative des 6 heures contre les violences, organisée dimanche 21 novembre. La LCR manifestera pour revendiquer une loi cadre s’inspirant de celle que les espagnoles ont réussi à imposer à leur gouvernement : « une loi intégrale contre la violence de genre ». La LCR manifestera samedi pour en finir avec le silence et l’indifférence qui touchent les femmes victimes de violence.
 
Le 24 novembre 2005
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EDITORIAL du 23/11/2005

23 Novembre 2005 , Rédigé par LCR-27 Publié dans #EDITOS

Non à l’état d’urgence policier,
Tous ensemble pour l’urgence sociale et démocratique
 
     Le gouvernement a prolongé l’état d’urgence de trois mois et annoncé que les CRS resteraient dans les cités. Il continue sa politique du pire. Après avoir mis le feu aux poudres, il entretient délibérément les tensions. N’oublions pas que c’est la mort, à Clichy, de deux jeunes qui s’étaient réfugiés dans un transformateur EDF pour fuir la police alors qu’ils n’avaient rien fait de répréhensible qui a provoqué la révolte. Le terrain en avait été préparé par les contrôles policiers au faciès, le mépris, les provocations,  les insultes comme celles de de Sarkozy, qui ont offensé et blessé bien des personnes d’origine étrangère, comme l’a prouvé la réaction de joueurs de foot célèbres

De vrais boulots pour les jeunes !

     L’« ordre républicain » de Chirac, Villepin, Sarkozy c’est en fait la guerre sociale contre la jeunesse et les travailleurs ! Mais  c’est bien leur politique, et celle de ceux qui les ont précédés depuis 30 ans,  qui a créé une situation qui ne pouvait qu’exploser, dans des quartiers où la vie est devenue insupportable, avec le chômage, la pauvreté, la dégradation des conditions de logement et de vie…

Non à la répression, dehors ce gouvernement !

     Chirac, Villepin, Sarkozy parlent « d’égalité des chances », « d’idéal républicain », mais le peu d’argent et de moyens qu’ils donnent maintenant pour ces quartiers, ils les  avaient tout simplement retirés il y a un an  « pour faire des économies » ! Et de toute façon, quelle égalité des chances, quel idéal républicain alors que d’un côté de la société s’accumulent des fortunes et, de l’autre, pour la grande majorité la pauvreté, la misère, l’exclusion.
Si le gouvernement voulait offrir une chance à cette jeunesse, il aurait des gestes d’apaisement. C’est l’inverse. Les jeunes condamnés sont expulsés s’ils sont étrangers, même en règle. Et pour juger les jeunes interpellés, les condamnations à la prison ferme se multiplient, bien souvent sans preuves sérieuses, pour l’exemple.
Nous désapprouvons la violence aveugle, imbécile et sans issue de ceux qui brûlent les voitures de leurs voisins. Mais nous combattons la fuite en avant répressive et sécuritaire actuelle, qui ruine des centaines de vies et prive des centaines de jeunes de tout avenir.  

La solidarité, c’est la lutte

     Si le gouvernement a ressorti une loi de 1955, votée à l’époque de la guerre d’Algérie, ce n’est pas pour ramener le calme dans les banlieues, mais bien pour intimider les classes populaires et tous ceux qui luttent pour leurs droits. Ce n’est pas par hasard que les faucheurs d’OGM sont aussi durement sanctionnés par les tribunaux, et que la grève de la RTM à Marseille a été jugée illégale.
C’est donc l’urgence sociale et démocratique qui est à l’ordre du jour. Malgré la fatigue et les privations, les travailleurs de la RTM ont bravé le jugement du tribunal.  , ils ont eu raison. 
Parce qu’il faut maintenant construire un mouvement tous ensemble, nous sommes aux côtés des cheminots  des agents des impôts, des enseignants  en grève ces jours-ci..
                                                                                                                              
  le23 novembre 2005
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