Tract distribué dans les lycées de l'Eure
Journal des jeunes des JCR / LCR de l’Eure - Décembre 2007
Loi Pécresse, suppressions de moyens, fin des BEP… Défendre
le droit
de
tous à l’éducation !
Etudiants, lycéens, tous concernés !
Après les facs, de nombreux lycées se sont mobilisés ces 15 derniers jours. Les lycéens l’ont bien compris, la loi Pécresse sur l’autonomie des universités les concerne tout autant que les
étudiants.
Cette loi vise à préparer le désengagement
de l’Etat des universités, en finançant de plus en plus l’université avec des fonds privés.
Nous savons que cette loi ouvre la voie à la
privatisation à terme des universités et que ce sont les lycéens d’aujourd’hui qui seront victimes de la hausse des frais d’inscription dans quelques années.
En clair il y aura de bonnes universités pour les riches et une fac au rabais pour les enfants de pauvres.
Ce qui se joue avec cette
loi, ce sont nos futures conditions de travail et la valeur de nos diplômes sur le marché du travail.
Le gouvernement, qui n’a pas
oublié notre victoire contre le CPE, est inquiet de notre mobilisation et multiplie les propos rassurants et des promesses qui n’engagent que ceux qui choisissent d’y croire. Rien n’est réglé,
bien au contraire.
Les lycéens ont aussi bien
des raisons de se mobiliser. Il suffit de regarder nos conditions d’études. Classes surchargées, disparitions d’options, suppressions de 11 200 postes de profs à la prochaine rentrée et
maintenant la disparition programmée des BEP (voir encadré ci-contre) !
La bataille continue !
Nous
ne pouvons pas faire comme si de rien n’était, alors que le gouvernement brade notre avenir comme il s’en prend à l’ensemble des classes populaires !
Car le gouvernement nous
attaque toutes et tous, jeunes, étudiants, salariés, chômeurs et retraités.
Sarkozy cherche à nous faire
revenir un siècle en arrière pour servir les intérêts des plus riches et du patronat.
Mais le gouvernement est
encore loin d’avoir gagné. C’est pour ça que nous allons continuer à nous mobiliser en cherchant à entraîner toujours plus de jeunes et de salariés contre la politique antisociale du gouvernement
et pour imposer notre droit à un avenir meilleur !
Comme le dit le slogan dans
les manifestations de ces dernières semaines : « étudiants, lycéens et salariés c’est tous ensemble qu’on peut gagner ! »
Les LP dans le collimateur du
gouvernement !
Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, a
annoncé une réforme surprise du baccalauréat professionnel. Il s’agit de la généralisation des diplômes Bac pro préparés en 3 ans, au lieu du cycle habituel BEP/Bac pro préparé en 4 ans. Cette
nouvelle attaque aura comme conséquence de supprimer les BEP dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles. Résultat : on fera en 3 ans la même chose qu’en 4 ans
précédemment ! 25 % de cours en moins pour les élèves et 25 % de profs en moins, on voit bien l’objectif de la mesure : faire des économies encore et toujours. Avec, à la clef, un tri
social renforcé puisque de nombreux élèves qui auraient pu décrocher un BEP auparavant renonceront à s’engager dans une filière plus longue et plus difficile. La suppression du BEP signifie donc
pour des centaines de milliers de jeunes la perspective de se retrouver sans aucun diplôme. Pas question d’accepter ce recul. Tous mobilisés contre l’école au rabais !
version pour les lycées et iut d'evreux, les lycées de louviers et de
vernon
IUT - Evreux :
Oui, il y a vraiment de quoi en faire un plat !
Comment
peut-on étudier correctement quand on ne peut pas se détendre et se nourrir d’un repas chaud et équilibré le midi ? Quand on n’a même pas une salle pour manger ce qu’il a fallu amener de
chez soi ? Alors qu’on nous rabâche que nous avons été accepté-e-s dans un établissement de pointe, il est incroyable qu’il n’y ait pas au moins une vraie cantine, sans même parler de
restaurant universitaire. Mais en fait, peut-être que la façon dont on nous traite pendant la pause méridienne est révélatrice : on nous forme pour être des technicien(ne)s performant(e)s
immédiatement adaptables aux besoins des entreprises locales. En haut lieu, on se dit peut-être que de si bons petits pions n’allaient quand même pas faire des histoires pour un peu d’inconfort
le midi ? Hé bien ils se sont trompés. A l’IUT aussi, les jeunes ont des droits à faire valoir.
BERNAY - FRESNEL :
Non à la répression contre les grévistes !
Les lycéens et lycéennes de Fresnel à Bernay, comme des milliers d'autres en France, se sont mobilisés contre la loi Pécresse, pour garantir leur droit d'accéder à l'université avec le bac. Ils
ont réuni une assemblée générale pour décider démocratiquement entre eux de ce qu'ils allaient faire. 700 élèves sur 1000 ont participé à un vote à bulletins secrets. Une majorité de 77% s'est
dégagée pour le blocage de l'établissement ! Mais la Proviseur, très démocrate, n'a pas du tout apprécié ce résultat qui ne lui convenait pas, et a insulté les grévistes, les traitant de
“guérilleros sanguinaires aux méthodes totalitaires de gauche”. Des propos qui qualifient surtout celle qui les tient.
Dès le début
du blocage, une intervention
musclée des forces de répression a entraîné l'arrestation de 12 animateurs et animatrices du mouvement, emmenés à la gendarmerie où ils ont été retenus toute la matinée. Ils sont depuis exclus
temporairement. Heureusement la protestation unitaire s'organise pour demander la levée des sanctions.
LOUVIERS - LES FONTENELLES :
Quand l’administration s’occupe de notre stress
Eh oui, cette année, grande nouveauté de la part de l'administration du lycée : elle reconnaît que nos chères études nous causent du stress. C'est bienvenu de sa part de considérer aussi ce côté
des choses, nos conditions de travail en quelque sorte, comme en entreprise. Elle a donc mis en place un module de quelques heures avec une sophrologue, en début d'année. Nul doute que ces heures
ont été utiles... pour ceux qui en ont bénéficié. Car le hic, et pas des moindres, c'est que cela n'a été réservé qu'aux seuls 1ères S. Nul ne conteste les besoins des lycéens scientifiques
d'avoir à apprendre à « gérer leur stress » . Mais les autres ? Eux aussi ont des conditions d'études qui nécessiteraient quelques heures de sophrologie. Alors pourquoi cette
discrimination ? Tout simplement parce que le système éducatif favorise toujours les filières scientifiques, creusant un peu plus chaque année les inégalités avec les autres
filières.
D'ailleurs,
entre nous, on se fiche pas mal de ces heures de sophro ! La vraie urgence pour nous lycéens est bien le rétablissement des
options supprimées, la fin des classes surchargées, des emplois du temps qui tiennent la route (et nous permettent de manger le midi). C'est donc la création de postes de profs pour remédier à
tout cela qui est nécessaire et pas quelques mesurettes de rentrée.
06 30 45 93 36 lcr27@wanadoo.fr
http://lcr-27.over-blog.com/
VILLIERS LE BEL :
La misère et les flash-balls!
Dès l'annonce de la mort de Moushin et
Larami, les jeunes de 15 et 16 ans, heurtés par une voiture de police, Olivier Besancenot et la LCR ont demandé la mise sur pied d'une COMMISSION D'ENQUETE INDEPENDANTE. Ce n'est pas du
luxe, puisqu'on a vu que l'inspection générale des services de police a prétendu que l'état du véhicule policier était dû à la violence des manifestants, alors qu'une vidéo prouve que c'est la
violence du choc qui est en cause... La rage qui a accompagné cette explosion rappelle que la situation des banlieues et des cités continue de se dégrader. Ce sont des images de guerre sociale
qu’ont montrées les médias : un millier de policiers, sur le pied de guerre, patrouillant dans les rues de Villiers le Bel, survolées par un hélicoptère… Pour contraindre la population
à la misère, l’Etat doit utiliser la violence. Mais il n’est pas question pour nous de justifier les actes aveugles de violence : brûler la voiture du voisin, une bibliothèque, un bus ou une
école ne fait qu’accentuer la détresse des habitants et des jeunes du quartier. Ces actes sont inexcusables et doivent être condamnés.
Mais cette violence ne tombe pas du ciel, elle se développe sur le terreau de la
misère. La répression ne règlera rien sur le fond, ni le mépris raciste et les discriminations… Sarkozy, l'homme de
la "racaille", continue à stigmatiser les jeunes des cités populaires en parlant de « voyoucratie ».
Sarkozy nie que cette révolte ait des causes sociales, mais il nie l’évidence !
Et l’évidence, elle est dans la rue
Après la grève des cheminots et
celle des étudiants, les lycéens ont pris le relais, en bloquant leurs lycées et en manifestant contre l’avenir qui leur est promis.
VERSION POUR LES LYCEES DE BERNAY ET PONT-AUDEMER
LE COURRIER QUI TUE !
Les parents des élèves exclus temporairement ont reçu de la principale, une lettre recommandée leur indiquant les motifs du renvoi. Parmi ceux-ci,
figure "intrusion en milieu scolaire", normal pour un lycéen, non ?
LES TIMBRES NE COUTENT PAS ASSEZ CHER !
Nouvelle lettre envoyée aux parents le 3 décembre. Les mots employés sont de nature à laisser croire que le lycée a été mis à sac par des
belligérants armés : "barricades, les insurgés, rébellion, dommages importants, débordements..." Tout cela n'a vraiment rien à voir avec la réalité. Le mouvement était revendicatif et pacifique.
Les outrances de langage n'ont jamais dépassionné une situation tendue, un vrai pédagogue aurait agi autrement !
UNE PRESSION, SVP !
Coups de téléphone, lettres d'information, lettres recommandées pour les bloqueurs... les parents d’élèves grévistes ont, eux aussi, pu
constater une certaine pression de l’administration. De ce côté, aucune restriction à la communication !
VA COUCHER AILLEURS !
Tu reviens de manif anti-Pecresse à Caen, tu souhaites rejoindre l'internat comme chaque soir. Tu es puni ! Il t'est répondu "...qu'ici, c'est
pas un hôtel !" On te prive de tes affaires et on te jette dehors... C’est petit et mesquin...
BIG BROTHER IS WATCHING YOU !
Une principale qui assiste à une assemblée générale d'élèves, c'est pas ordinaire... A l'interrogation de certains sur sa présence, elle répond
: "c'est dans l'établissement, tout le monde peut venir..." La vérité c'est qu'une AG de lycéens grévistes ou non, c'est avant tout réservé aux élèves !
77 %, SCORE ANTI-DEMOCRATIQUE !
Le vote à bulletins secrets, placé sous la haute autorité de Madame le Proviseur a décidé du blocage du lycée. 700 élèves sur 1000 ont voté. 77
% pour le blocage. A l'issue du scrutin les choses étaient devenues tout à coup anti-démocratiques pour Madame le Proviseur... Peut-être qu’un cour d’éducation civique lui serait
profitable...
BLEU, C'EST BLEU !
Un certain mercredi les bloqueurs ont goûté du fourgon policier avec sirène et gyrophare. L'opération un peu sportive des gendarmes en a
conduit quelques uns au poste, une autre à l'hôpital. Une matinée à la gendarmerie qui n’aura pas entamé nos convictions... Comme l'annonce de notre renvoi le même jour... C'est sûr, on nous en
veut !
ON ATTENDAIT MIEUX...
Une grosse quinzaine de profs ont appuyé physiquement les gendarmes dans une opération de canalisation d'élèves soutenant les bloqueurs. Ils
sont même allés jusqu'à dénoncer par leur nom, certains des élèves présents, aux agents des forces de “l'ordre” qui prenaient des photos. Il convient de noter par ailleurs l'usage curieux que
fait Madame le Proviseur de certains personnels de service... Nous pensions
que leur mission initiale n'était pas précisemment celle là...
SILENCE, ON FERME !
Même au plus fort de la lutte anti-CPE, il n'y avait pas eu de fermeture administrative du lycée. L'administration a décidé de faire feu de
tout bois : intervention policière, fermeture jeudi, sanctions et représailles. Autant d'énergie déployée en tous sens révèle d'une volonté de frapper fort et d'un brin de panique dans la gestion
du conflit...
JOURNEE AMENAGEE : BOURRAGE DE MOU !
Vendredi, une fois les trublions virés, le lycée tout entier peut se livrer aux cours aménagés. Administration et certains professeurs engagent
donc des discussions sur la "démocratie" et la légitimité du blocage. Cela a tourné le plus souvent au lynchage des grévistes... soutenus malgré tout par certains camarades, à qui cette
expérience de la journée aménagée donne la nausée ! Voilà une belle leçon de démocratie où les principaux visés sont absents,
privés de parole.
AUTREMENT DIT...
Un renvoi temporaire s'appelle "mesure conservatoire à l'encontre de l'élève..." Il est à discrétion du chef
d'établissement, autrement dit, ça dure aussi longtemps que Madame le Proviseur le souhaite. Même les parents des "pestiférés" ne sont pas plus
informés. Allez, hop ! tout le monde au piquet !
DEMANDEZ LA LISTE DES PROSCRITS !
La liste des élèves les plus actifs dans le mouvement a été affichée à plusieurs reprises dans les couloirs du lycée. Les noms des meneurs en
caractères gras. Une autre liste est quotidiennement placardée par la principale sur le tableau dans la rue... ce qui a fait dire à un vieux monsieur : "... que c'était des méthodes gestapistes
!"... C’est lui qui le dit...
NOMS D'OISEAUX...
Entendu par la bouche de Madame la Proviseur à l'encontre des grévistes "vous êtes une guérilla communiste, des guérilleros sanguinaires aux
méthodes totalitaires de gauche... vous êtes des maosstaliniens."... etc... En dehors du fait qu'il ne viendrait à l'idée de personne qui nous connaisse de nous caractériser de la sorte, ces
épithètes révèlent au moins une grande confusion et un certain penchant pour l’exagération... De notre côté, personne ne se serait permis de la traiter de “sarkozyste zélée” ou de “réactionnaire
butée”.
PEUT-ETRE LE BAGNE ?
Madame le Proviseur indique que des “commissions éducatives” seront réunies. Nul doute qu'elles seront
mises à profit pour sanctionner encore un peu plus les élèves déjà punis (avec des TIG par exemple). Pour notre part, nous proposons comme
châtiment à infliger aux irréductibles : la chaîne et le boulet au pied, le pain sec et l'eau, la relégation sur une île lointaine sans lycée et sans pingouins à convertir !
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