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NPA 27 -  Eure

PEU DE CAROTTE ET SURTOUT DU BÂTON !

15 Septembre 2021 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Covid, #Emploi

source img: France bleu

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15 septembre : c'est aujourd'hui l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale (au moins une dose et la seconde d'ici le 15 octobre) pour les salarié.e.s et personnels des établissements de soins, mais aussi pour les pompiers ou agents de la sécurité civile. Pour celles et ceux qui ne souhaiteraient pas s'y soumettre, celles et ceux qu'on désigne comme des « récalcitrants » pour mieux nier leur(s) motivation(s) légitime(s) à refuser l'injection, ils encourent mise à pied et sanctions financières, voire perte de leur emploi.

Localement, des foyers de résistance, sur le lieu de travail ou à l'extérieur, tentent d'organiser leur protection .

La menace et la contrainte sont décidément deux constantes dans l'exercice du pouvoir par Macron, principe qu'il entend également appliquer à la réforme de l'assurance chômage. Contraindre, rendre plus difficile l'accès à l'indemnisation, faire baisser son montant et sa durée pour « inciter à la reprise du travail ». Cette insupportable rhétorique repose sur le vieux mythe de la droite d'une assurance chômage trop généreuse et favorisant l'oisiveté. C'est une insulte aux privé.e.s d'emplois, la négation de l'angoisse que constitue l'incapacité à se projeter dans le lendemain, la négation de ce que la perte d'un emploi suite à un mal nommé PSE (Plan de Sauvegarde de l'Emploi) peut entraîner comme traumatismes et le parcours du combattant pour retrouver un emploi stable et correctement rémunéré, parce que, non, on ne trouve pas un travail simplement en traversant la rue !

Retoquée par deux fois par le conseil d'Etat, cette contre-réforme de l'assurance chômage n'est pour autant pas enterrée, au contraire. Il se prépare un tour de passe-passe : la signature d'un décret début octobre avec un timing calculé de sorte d'empêcher une riposte juridique par les syndicats. Déjà dans son allocution du 12 juillet, Macron en avait fait une priorité, un impératif. Sûrement pas pour servir l'intérêt général, mais, parce que le temps est compté pour lui : il lui faut répondre à la nécessité de donner des gages de crédibilité à la droite et à la bourgeoisie dans la perspective de sa réélection. Idem pour la réforme des retraites. Le prix à payer est la mise dans la panade de milliers d'allocataires de l'assurance chômage. Plus cynique, il n'y a pas.

La réalité est une raréfaction tendancielle du nombre d'emplois disponibles, même si certaines secteurs ont du mal à recruter. Aller chercher du côté de la pénibilité ou du faible niveau des salaires permettrait d'ailleurs de trouver un début d'explication...?n En Allemagne, la même logique a été poursuivie il y a une quinzaine d'année par le gouvernement social-démocrate de Gerhard Schröder. Résultat : la multiplication des mini-jobs et une paupérisation grandissante parmi le salariat le plus précaire et donc fragilisé. Avec quinze ans de recul et de crises successives, on peut vite arriver à la conclusion que cette contre-réforme de l'assurance chômage ne vise qu'à pressuriser encore plus les demandeurs d'emplois et à faire courber l'échine aux salarié.e.s à qui pourraient revendiquer de meilleurs salaires ou de meilleures conditions de travail, parce que aux portes des entreprises, l'armée de réserve du travail (les chômeurs) sera sur les rangs.

Le NPA, lui, milite depuis sa création pour une répartition du travail à travers la réduction du temps de travail jusqu'à l'éradication du chômage et pour une loi d'interdiction des licenciements avec continuité du salaire. Assez qu'une partie d'entre nous croule sous le boulot pendant que les autres n'en ont pas!

Dès fin Août, l'intersyndicale a fait le choix d'une journée de mobilisation interprofessionnelle le 05 Octobre pour coller au calendrier défini par le gouvernement. On aurait pu imaginer de lancer rapidement un mouvement dès septembre pour lier les questions du refus de la vaccination imposée qui a occupé l'été aux attaques contre les salarié.e.s. Un autre choix a été fait. Gageons que la colère bien présente dans la société se transforme en combativité, faisant de cette journée une réussite, et obligeant les centrales syndicales à poser rapidement dans le paysage autre chose que des journées d'action sans lendemain, sans efficacité. Une course de vitesse, dont la liquidation de la protection sociale est l'enjeu, est lancée d'ici le printemps 2022. Le mouvement social est prévenu.

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