Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
NPA 27 -  Eure

Le mot de Philippe Poutou

21 Juin 2021 , Rédigé par NPA 27

Salut à toutes et tous
Après les élections, il nous reste les souffrances, les urgences sociales et les luttes à construire
Bon voilà, encore des lendemains d’élection qui ne soulèvent aucun enthousiasme. Pas de déception non plus, c’est vrai aussi qu’il n’y avait rien à en attendre.
Les constats sont ceux prévus. L’extrême-droite même si plus basse qu’annoncée reste bien présente et réussit à capter une bonne partie du ras le bol. La droite refait surface. Et ce qu’on appelle encore la « gauche » s’en sort très bien. Reste que seulement 30% de la population a voté. Et encore ce doit être moins car les non-inscrit-es sur les listes électorales ne sont pas pris en compte dans ce pourcentage.
Donc confirmation d’une droitisation de la société d’une part et d’une abstention de plus en plus importante au fil des années et des élections, au fil de l’aggravation de la crise et de l’augmentation de la pauvreté comme de l’exclusion. Les pouvoirs et le système politique sont clairement discrédités. Car cette abstention traduit l’écœurement et le rejet comme la résignation des gens fasse à un monde injuste et brutal , notamment dans les milieux populaires (participation plus faible encore). Une abstention qu’on peut regretter mais surtout qui est très compréhensible tant on a été trompés et trahis par les partis au pouvoir, nationalement comme localement.
D’ailleurs, pour la forme, tous disent regretter l’énormité de cette abstention, c’est vrai que ça affaiblit leur légitimité, mais en réalité, ils s’en accommodent très bien, ils ont la place, ils gardent leur pouvoir, donc tout va bien finalement. Droite ou PS, ils vont pouvoir continuer leurs politiques libérales et antisociales, continuer à servir leurs amis possédants et écraser les plus pauvres. Tant que ça tient comme ça.
Mais jusqu’à quand ? On attend la prochaine élection puis les autres encore ? Sauf qu’il y a de moins en moins d’attente ou d’espoir dans un changement par le biais électoral. Mais du coup, il n’y a plus d’espoir, plus d’attente. Ou alors une sorte de frustration, d’écœurement, d’une colère confuse qui se tourne vers l’extrême-droite.
Ça fait bizarre de voir que la perspective de progrès social ou de perspective d’issue collective et solidaire s’efface. La gauche institutionnelle, le PS et tous des satellites ont tellement renié et trafiqué les idéaux de gauche, qu’ils en ont bousillé toute crédibilité du côté de la possibilité de combattre les inégalités et l’exploitation, du renversement du capitalisme.
Et notre problème n’est pas de constater toujours les dégâts mais semble être celui de reconstruire cette espoir à « gauche » si le terme peut avoir encore un sens. Pas reconstruire cette gauche droitisée et dangereuse ou une force électorale de gauche mais au contraire de reconstruire une gauche de combat, une gauche radicale, clairement anticapitaliste, de reconstruire une force sociale et politique sur le terrain des résistances et des luttes, en coordonnant les réseaux militants associatifs, syndicalistes, politiques, des collectifs, des gilets jaunes...
L’espoir ne peut venir que d’une colère sociale qui s’organise et qui converge, qui vient d’en-bas. C’est ce que nous avons essayé d’exprimer dans ces élections, aux régionales avec “On est là!” en Nouvelle-Aquitaine et “Occitanie Populaire” ou encore dans les départementales avec “Bordeaux En Luttes” sur les 5 cantons bordelais.
On a voulu faire entendre la colère contre un capitalisme destructeur, faire vivre une perspective autre que celle de subir, relayer les luttes sociales, écologiques, féministes, antiracistes, de soutien aux réfugiés, défendre l’idée qu’il nous faut faire le la politique nous mêmes, prendre nos affaires en mains...
On aurait aimé être plus visibles et plus entendus, on aurait aimé aussi avoir quelques élu-es (on avait un petit espoir) comme points d’appuis au delà de la campagne. Finalement on est soulagés d’obtenir les 5% qui assurent le remboursement des frais de campagne. Ce qui est déjà très bien de ne pas trinquer financièrement.
Mais on n’est pas seulement soulagés, on pense que notre présence dans les élections permet quand même de faire entendre des idées importantes, d’aider à reconstruire les mobilisations, de redonner un peu confiance dans notre camp social, en clair nous pensons que c’est utile pour la suite.
Et aussi, ce qui nous préoccupe c’est l’unité de notre camp. Car les listes FI-Npa-Luttes sont le résultat d’une bataille unitaire. On en a marre des divisions, des barrières, des sectarismes ou des boutiquiers. Nous sommes persuadé-es que nos différences et nos désaccords ne doivent pas empêcher de nous regrouper dès que c’est possible, dans la rue, dans les grèves, dans les mobilisations diverses mais aussi dans les élections pour défendre notre anticapitalisme. Nous devons mener la bataille unitaire sur tous les terrains, essayer de convaincre et d’influencer.
Alors après cette campagne c’est le bilan modeste mais réel que nous pouvons faire. Maintenant, il faut continuer dans cet esprit, pour aider à re-mobiliser, pour renforcer les liens militants, pour aider à faire converger les lutes existantes, pour préparer les combats sociaux incontournables.
Philippe
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le mot de Philippe Poutou
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article