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NPA 27 -  Eure

L’USINE DES 1 000 VACHES, C'EST FINI !

22 Décembre 2020 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #Environnement; Résistance

Dans la Somme, en 2011, un magnat du BTP lançait le projet d'une usine pour
produire du lait et du biogaz, avec 1 000 vaches en stabulation : lait pour la vente
et lisiers pour le méthaniseur.
Mais, l'exploitant, fils du promoteur Michel Ramery décédé en 2016, a rencontré
une forte opposition de l'association de riverain·es Novissen (NOs Villages Se
Soucient de leur Environnement + de 3 000 adhérent.es), de la Confédération
paysanne, de partis dont le NPA.
Son arrêt est une victoire !

« FERME-USINE », UN MODELE POURRI

Dans une usine à bétail, le rythme intense imposé aux vaches laitières, raccourcit
leur espérance de vie productive. Elles sont généralement abattues après leur 3e
lactation. Or, une vache laitière peut vivre 20 ans. Bafouant le bien-être animal, ces
usines sont des univers concentrationnaires où les bêtes entassées, bourrées de
chimie ne voient ni le jour ni un brun d'herbe. Elles ne sont que des parts de
marchés et des mini-centrales à gaz.
Sans compter que les concentrations d'animaux favorise l'émergence de nouveaux
pathogènes : virus, bactéries résistantes...

DES NUAGES (DE LAIT) DANS LA SOMME

La crise de surproduction du lait et la fin des quotas ont rendu difficile l'écoulement
de la production. Les 880 vaches dopées de Ramery produisaient à plein régime.
Vendre le lait était d'autant plus compliqué que l'entreprise belge qui collectait le
lait s'était recentrée sur la Belgique. De plus, la préfecture avait limité à 500
vaches, en raison du manque de surface réglementaire pour l'épandage des
effluents. L'industriel qui passa outre fut condamné à des astreintes de 780€/jour et
une amende de 7 800€. Avec la limitation à 500 vaches, l'entrepreneur n'a pu se
rabattre sur la deuxième activité pour faire son beurre, produire du biogaz.

L’ABOUTISSEMENT MORTIFERE DE L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE

Plus que jamais la ferme devient une exploitation, le paysan un entrepreneur, les
bêtes des matières premières.
Le but exclusif est d'engranger les profits. Produire du lait n’est pas le but. si le
bétail malmené et les ouvriers agricoles exploités ne sont pas assez rentables il
faut diversifier. . Quoi de plus tentant que d'enfourcher le dada de l'énergie verte,
sans se soucier du comment, du pour quoi faire, pourvu que ça rapporte ?

MAIS LA METHANISATION INDUSTRIELLE CONTINUE


Peinant à vivre dignement de leur travail, des paysan·nes vendent leurs terres pour
implanter des méthaniseurs pour s'assurer un complément de revenu. De Le Maire
à Le Foll, de Guillaume à Travers, tous ont vanté la filière de la méthanisation sans
se préoccuper des conditions annexes : camions en plus, cultures de céréales,
digestat (résidu du processus) difficile à refourguer vu la concentration d'éléments
pathogènes nocifs (antibiotiques...).

Seules les grosses exploitations peuvent faire ces lourds investissements, capter les
subventions de L’État et un prix du kWh à la revente garanti jusqu'en 2021.
Avec l'essor des agrocarburants, les industriels ont flairé le filon, tout en prétendant
participer à « l'économie circulaire », nouveau sésame du capitalisme vert.
Valoriser les déchets de la ferme et de la collectivité est pertinent, mais cette
économie du bon sens est pervertie quand le recyclage à petite échelle est récupéré
par des industriels qui surdimensionnent les méthaniseurs qui nécessitent les
déchets de plusieurs fermes, un rajout de déchets ménagers des collectivités, de
boues des stations d'épuration et comble de l'absurdité du système, de céréales
appelées « cultures intermédiaires à vocation énergétique », les CIVE. Un
méthaniseur ne peut fonctionner uniquement avec des lisiers et déchets. Ces CIVE
sont cultivées pour alimenter les méthaniseurs, prennent la place de cultures
vivrières. C'est le productivisme capitaliste appliqué à l'agriculture, tout le contraire
de ce dont on a besoin.

UN AUTRE MODELE AGRICOLE, VITE !

L'agriculture est une réponse au défi climatique. Stocker le carbone, enrichir les
sols, favoriser la biodiversité, associer arbres, cultures et animaux sur une même
parcelle ...autant de pratiques d'une agroécologie paysanne incompatibles avec le
productivisme agricole actuel qui nécessite subventions publiques et surdosage
chimique. Consultez nos propositions* et réjouissons-nous de cette belle victoire :
l'usine des 1 000 vaches c'est fini !

* 4 pages NPA sur le site national
Commission nationale écologie

 

L’USINE DES 1 000 VACHES, C'EST FINI !
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