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NPA 27 -  Eure

GREVE CHEZ NOVADIS: POURQUOI LA LOGISTIQUE NE PEUT ETRE UNE PERSPECTIVE DE "DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE"

11 Octobre 2020 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #Luttes Ouvrières, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

Depuis une semaine, les Novadis mènent avec détermination une grève pour les salaires et les conditions de travail (img: PN)

Depuis une semaine, les Novadis mènent avec détermination une grève pour les salaires et les conditions de travail (img: PN)

 
Alors que l'enquête publique sur l'extension de l'Ecoparc de Heudebouville est en cours et que le président de la CASE, Bernard Leroy, en a fait la tournée de promotion dans les communes concernées, notamment celle de Fontaine-Bellenger, une réflexion s'impose sur le type de « développement économique », selon la formule que la plupart des responsables politiques de droite comme de gauche ont sans cesse à la bouche, que ces installations incarnent.
Rien ou si peu n'y est produit, la grande partie de la surface dédiée l'étant à des plates-formes logistiques où ne font que transiter des marchandises, selon le principe capitaliste de gestion à flux tendu, puisque tout stock constitue en soi l'immobilisation de capital. Il est frappant d'y voir le faible ratio entre les surfaces occupées, anciennement agricoles et le nombre d'emplois créés.
« Créer des emplois »..., qui peut être contre, particulièrement dans un contexte où les plans sociaux s'enchaînent ? En raison de la baisse d'activité liée au covid certes mais aussi par un cynique opportunisme pour engager des restructurations. C'est par exemple le cas de l'usine de pneus Bridgestone du Pas-de-Calais ou pour l'enseigne de meubles Alinea qui après la liquidation voit (ce que permet une ordonnance du printemps) l'ancien propriétaire, la famille Mulliez, se porter candidat à la reprise de l'enseigne qu'il détenait il y a seulement quelques mois encore !
Difficile dans ces conditions de revendiquer pour les salaires ou les conditions de travail. C'est pourtant ce que font les salariés de Novadis, filiale de la multinationale Andros, implantée dans la première phase de développement de l'Ecoparc il y a 25 ans. Les grévistes tiennent un piquet de grève à l'entrée du site. Ce qu'ils décrivent de leur quotidien de travail, c'est une paye de misère (1200Eu pour les moins anciens pour faire les équipes), des changements de planning qui interviennent parfois à la pause et incitent les salariés (ou imposent selon l'appréciation de la situation) de rester une demi-heure, voire une heure de plus au delà de l'horaire normal ! Des années d'intérim avant d'obtenir un CDI (un salarié parle de 4 ans avant embauche), absence de primes de quarts, de prime panier, etc...
Il ne s'agit donc pas de se limiter au seul critère du nombre d'emplois conservés ou créés. D'ailleurs, le terme « création » peut être questionné, le cas Novadis en atteste : à discuter avec les salariés, c'est frappant de voir le nombre d'entre eux qui viennent des anciens sites du groupe à Moulineaux ou de Maromme. Ces groupes voient par exemple dans de nouvelles infra-structures, comme l' échangeur autoroutier complet de Heudebouville sur l'A13 qui tient à cœur au président de la communauté d'agglomération, l'opportunité ou d'incitations par les créations de zones franches, donc de cadeaux fiscaux. C'est exactement ce qui s'est passé pour l'usine de matelas Merinos de Perrier s/ Andelle délocalisée depuis plusieurs années au niveau de la sortie 20 sur l'A13, à Criquebeuf s/ Seine.
A défendre à tous crins l'extension de l'Ecoparc, Bernard Leroy se fait donc, par omission au moins, complice de ce type de siphonnage d'emplois et de la recherche de maximisation des profits par des mastodontes de l'agro-industrie ou de la logistique au détriment des salarié-e-s et de l'environnement. Ces plates-formes logistiques ne fonctionne d'ailleurs que grâce à une organisation du transport de marchandises centré autour du tout-camion. Ce « modèle économique » est dévastateur, pour l'environnement comme pour celles et ceux qui n'ont que leurs bras ou leur tête pour gagner leur vie, la majorité d'entre nous donc. Il est plus que temps de mettre au rebus ces logiciels dépassés et de mettre au cœur d'une politique pour l'emploi leur utilité sociale tout en prenant en considération la question écologique qui doit être maintenant servir de fil à plomb. Dans la santé, l'éducation, le bâtiment, l'agriculture paysanne, etc..., il y a des centaines de milliers d'emplois à créer, utiles à la société. Dans le même temps, des reconversions vont être indispensables dans des secteurs de « l'ancien monde » et toutes les garanties doivent être données aux salarié-és de ces secteurs sur le fait qu'il ne payeront pas, eux, pour des choix d'orientation dont ils ne sont aucunement responsables. C'est aussi dans ce sens que le NPA défend depuis des années une loi d'interdiction des licenciements, parce nos vies valent décidément plus que leurs profits. Tout cela est à construire et c'est uniquement par les luttes qu'on l'obtiendra. Le premier pavé sur cette voie est la mise sur pied d'une coordination nationale des entreprises en lutte et l'organisation d'une grande manifestation nationale pour l'emploi.
 
 
 
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