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NPA 27 -  Eure

A LA CROISEE DES CHEMINS: L'HEURE EST A SE REGROUPER.

25 Mai 2020 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE, #Environnement; Résistance, #Santé

Ce week-end a eu lieu une manifestation de soutien aux soignants devant le CHU de Caen. Syndicats, partis de gauches, associatifs et gilets jaunes se sont rassemblés malgré les restrictions. Déconfinons nos colères!

Ce week-end a eu lieu une manifestation de soutien aux soignants devant le CHU de Caen. Syndicats, partis de gauches, associatifs et gilets jaunes se sont rassemblés malgré les restrictions. Déconfinons nos colères!

La mise au ralenti de l'économie mondiale aurait fait reculer les émissions de CO2 de environ 9%, fait unique depuis la fin de la 2nde guerre mondiale Il n'est pas question ici de pousser des cris de joie, car la situation est dramatique et l'ampleur des conséquences encore difficiles à entrevoir, même si il paraît probable que des entreprises vont fermer et que le taux de chômage va flamber. Toutefois, on ne peut pas ne pas prendre en compte cette donnée pour envisager la suite : une telle baisse devra s'inscrire dans le long terme pour ne pas dépasser un réchauffement globale de +1,5°c. Un changement radical s'impose donc. Un changement des habitudes individuelles de consommation ou de transports, certes, mais surtout, les fondements du modèle économique sont à changer. Et la période doit y être propice, au risque que leur monde d'après ne soit au final qu'une copie de l'ancien avec plus de précarité, de violence sociale et de mise à mal de l'environnement.

Le confinement a par exemple révélé à quel point des métiers méprisés et mal payés sont indispensables au bon fonctionnement de la société. Les justement nommés « premiers de corvées » (soignants, caissières, électriciens-gaziers, rippers, etc...) n'ont que faire des d'une reconnaissance honorifique. Les médailles sont d'autant plus difficiles à avaler quand la France est par exemple classée 28e sur 32 pays sur l 'échelle des rémunérations des soignant-e-s. De plus, on ne veut pas de la charité, que « ceux qui le peuvent » face un petit geste comme l'ont suggéré plusieurs ministres, mais une organisation de la solidarité. On se trouve là au cœur de la question des ressources financières pour satisfaire les besoins de bases, et donc du partage des richesses. Sanofi, pas avare d'ignominie en annonçant – avant de finalement reculer - que les USA auraient le cas échéant la primeur d'un vaccin car le gouvernement fédéral promettait un beau magot, annonce aujourd'hui 4 milliards de dividendes aux actionnaires. 4 Milliards du fruit du travail dans les poches du capital. On pourrait en faire des choses avec une telle somme pour soutenir les petits. L'état d' urgence social voudrait que cet argent aille à ce qui est utile à la société. Mais ce gouvernement des riches est plus occupé à mettre le plus vite possible en miette le code du travail tant que court encore l'état d'urgence sanitaire que de faire voter une loi interdisant le versement de dividendes, appelés aussi « rémunération du risque » : En l'occurence, en ce moment, ce ne sont certainement pas les actionnaires qui en prennent le plus, contrairement aux salarié-e-s qu 'on somme de retourner produire quelques en soient les conséquences comme sur les chantiers du BTP ou a Renault Sandouville que le juge des référés à fait refermer car le protocole de reprise ne protégait pas suffisamment les salarié-e-s.

De l'argent, il y en a donc. Mais l'Etat n'a pas cru bon geler les traites ou les loyers des foyers, seuls ceux des entreprises l'ont été et il prête notre argent, creusant une dette que nous aurions à rembourser à coup d'austérité, et ce sans contre-parties, à tel point que Renault annonce sans vergogne la fermeture de quatre usines malgré l'obtention d'un prêt garanti par l'Etat à hauteur de 5 milliards. En réalité, le groupe automobile déjà en difficulté use du contexte pour mener à bien une restructuration jugée utile dans la compétition mondiale. Cet exemple montre bien où se situe le pouvoir et qu'il est temps de se le réaccaparer. Les usines en question doivent être réquisitionnée et la production réorientée vers les besoins de la société : plus de SUV mais du transport collectif, sans suppression d'emploi et avec maintien du salaire pour les salarié-e-s.

Bien entendu, de telles mesures, comme l'interdiction des licenciements, ne sont pas à attendre d'un tel gouvernement ou même de tout autre qui ne serait pas prêt à rompre avec la logique capitaliste. Les détenteurs du capital ne sans laisseront pas compter et atteindre un tel but ne sera envisageable qu'avec un soutien massif de la population. Nous y sommes pas, mais une aspiration à la solidarité s'est tout de même exprimée : symboliquement, avec les applaudissements chaque soir mais aussi et surtout très concrètement avec l'organisation spontanée, notamment dans les quartiers populaires ou en milieu rural, de panier repas pour les plus en difficulté.

Le système capitaliste est en soi indécent et ne répond aujourd'hui encore plus qu'hier plus aux enjeux sociaux et écologiques. A lui doit se substituer un autre modèle reposant sur une démocratie réelle et où l'utilité sociale et la compatibilité environnementale doivent être de nouveaux principes incontournables. C'est aujourd'hui ce modèle qu'il faut construire, avec une auto-organisation au local dégagée de la logique de profit. Satisfaire les besoins primaires de tou-te-s en faisant souffler la planète, voilà la nécessité absolue. Cela implique pour l'ensemble de celles et ceux qui ne voient en ce système capitalistes qu'une impasse économique, sociale et écologique de reprendre confiance en leurs forces de se regrouper.

Plusieurs appels ont émergé en ce sens, attestant de l'aspiration à autre chose que leur monde d'après. Les contours sont parfois flous: celui de N. Hulot redonne ses recettes, celui de la « gauche plurielle, PS, PCF, EELV » apporte des remèdes aux maux du capitalisme, sans s’attaquer à son ADN. Rien pour saper les bases-mêmes du système, le profit et l’exploitation. D’autres appels sont plus clairs sur la nécessaire rupture à engager. Venant d’organisations associatives et syndicales (1) ou des zadistes de Notre-Dame-des-Landes (2), ou encore l’appel « se fédérer » ils défendent d’autres modes de consommation et de production, mais surtout, attaquent les fondements du modèle économique actuel pour bâtir un autre modèle reposant sur une démocratie réelle, sur des « communs » inaliénables et publics (l’eau, la santé, l’énergie…) où l'utilité sociale et la compatibilité environnementale seront les principes. Si leur capacité d'influence est pour l'instant limitée, ils ont le mérite d'exister, d'être un marche-pied pour bâtir l'outil politique dont notre camp social a tant besoin. Avec d'autres, syndicalistes, associatifs, gilets jaunes, militants de l'écologie radicale, partout où cela sera possible, les militant-e-tes du NPA participeront à construire un tel outil à même de faire entendre haut et fort cette voix éco-socialiste et de peser.

 

 1-« plus jamais ça, préparons le jour d’après »,

2- « agir contre la réintoxication du monde »

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