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NPA 27 -  Eure

QUE FAIRE DE L'APPEL QUI CIRCULE SUR LES RESEAUX SOCIAUX A MANIFESTER LE 17 NOVEMBRE?

5 Novembre 2018 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #EDITOS

QUE FAIRE DE L'APPEL QUI CIRCULE SUR LES RESEAUX SOCIAUX A MANIFESTER LE 17 NOVEMBRE?

La colère qui s’exprime est légitime. Nous la partageons tous et toutes. Ras le bol de la politique du gouvernement Macron qui fait la vie si douce aux plus riches et qui plombe le budget d’une grande partie de la population.

 

En 2014, le prix du pétrole a fortement chuté et le ministre des finances d’alors, un certain Macron, en a profité pour relever le niveau des taxes, qui n’ont pas cessé d’augmenter depuis. Depuis un an, le prix du pétrole est remonté, du fait des spéculations boursières effrénées (la cargaison d’un tanker peut changer 700 fois de propriétaire durant sa traversée) sur fond de géostratégie (menaces américaines sur l’Iran et le Venezuela, destruction des capacités libyennes depuis l’intervention de l’OTAN et de la France, guerre économique annoncée entre USA et Chine…).

Si les familles payent aujourd’hui des taxes sur les carburants, c’est avant tout pour compenser les dizaines de milliards de cadeaux fiscaux faits aux entreprises et à la classe aisée. De nombreux financements de la protection sociale ont été remplacés par les impôts et taxes. Ils ne sont plus prélevés sur la création de valeur dans les entreprises (les cotisations sociales). Du coup, ce tour de passe-passe améliore les profits, et ce sont les contribuables qui payent !

L’alibi de la taxation écologique ne tient pas ! Si le gouvernement Macron-Philippe se souciait un minimum du climat, il annulerait tous les projets autoroutiers qui ne font qu’accroître la dépendance au tout-voiture, au tout-camion, qui alimentent la crise climatique, à commencer par l’autoroute A 133-134, faussement appelée contournement Est de Rouen.

 

 

Mais faut-il manifester avec nos ennemis de classe ?

Contrairement à ce que claironnent le RN de Le Pen, Dupont Aignan et toutes les droites réunies, il n’y a pas trop d’impôts en France. Les impôts financent les services publics dont nous avons tous et toutes besoin.

Il faut simplement revoir leur utilisation et, par exemple, supprimer le premier poste du budget de l’Etat qui sert à payer la dette publique, et d’abord à payer des intérêts aux banques et aux millionnaires, dont fait partie la famille Le Pen !

L’extrême droite et la droite extrême détournent la colère populaire pour marquer des points et chauffer leurs troupes avant les élections européennes. Ils se moquent bien du sort des classes populaires, des chômeurs, des sans papiers, des sans logis, des jeunes, de toutes celles et ceux qui n’ont jamais leur mot à dire, qui subissent les décisions qui permettent au système capitaliste de continuer à exploiter la Terre et les humains.

Marcher avec ces gens-là ne nous aidera pas à faire entendre nos revendications.

 

Alors, quoi faire ?

Les organisations syndicales et politiques ont une lourde responsabilité.

Après le frémissement de la grève générale du 9 octobre qui a mis des centaines de milliers de gens dans les rues, elles doivent organiser un mouvement large, unitaire, contre le gouvernement Macron, qui réponde à la colère généralisée qui existe et s’organise dans différents secteurs, dans différents endroits du pays et qui ne demande qu’à s’exprimer de façon massive et unie. Assez de coups brefs et inoffensifs portés au pouvoir dominant ! Nous avons besoin d’un mouvement qui gagne face à Macron, digne représentant de la finance, mais aussi face à Le Pen, Wauquier, Dupont Aignan… qui représentent les mêmes intérêts capitalistes.

 

Nous avons besoin d’une autre politique des transports

- arrêter tous les projets autoroutiers qui favorisent le tout-voiture et tout-camion, et détruisent les espaces naturels et agricoles.

- développer des transports en communs gratuits et publics pour diminuer l’utilisation de la voiture, pour permettre à chacun de se déplacer.

- augmenter et généraliser la contribution des employeurs au financement des transports publics, y compris le transport ferroviaire domicile-travail.

- favoriser le covoiturage en multipliant les sources non commerciales de contact entre personnes désirant le pratiquer (journaux locaux, affichage, affichages dans les commerces et les entreprises)

- des campagnes médiatiques pour la pratique de la marche à pied et du vélo.

- création de "pédibus" (trajets groupés d'enfants encadrés par des adultes) pour emmener les enfants à l'école.

- gratuité des vélos en libre-service

- investissements publics de recherche de moyens de transports écologiques sans combustibles fossiles ni nucléaire (véhicules à hydrogène ou à air comprimé)

- développer des pistes cyclables sécurisées

- généraliser des parkings à vélo dans les immeubles, entreprises, gares.

- redynamiser du transport par rail et réactivation des petites lignes délaissées ou abandonnées

 

Au-delà de ces mesures il faut :

- diminuer le temps de travail pour créer des emplois, donc baisser la pression du chômage et ainsi favoriser le choix d'un travail proche du domicile.

- diminuer les distances parcourues en rapprochant activités et domicile, tant en zone urbaine qu'en zone rurale. Ce qui implique la régression des métropoles au profit des villes moyennes et des petites villes.

La fiscalité sur les carburants doit changer

C’est un impôt injuste. Il touche des millions de travailleurs qui ont besoin de leur voiture pour se rendre à leur travail, vu le manque de transports collectifs. Ce qui est immédiatement possible c’est, par exemple, mettre en place une TICPE (ex-TIPP) flottante, comme en 2001, et envisagé en 2012, compensée par le relèvement, par exemple, du taux d’imposition des bénéfices des entreprises et des grands groupes, et l’augmentation de la tranche marginale (taux d’imposition des riches, bloqué à 45%). Il faut taxer le kérosène au même niveau que les autres produits pétroliers. Le prix des carburants doit être réglementé par l’Eta: prix identique partout, comme dans de nombreux pays, et en Outre-mer.

Nous avons besoin d’un autre projet de société

La crise écologique (réchauffement climatique, chute de la biodiversité) menace la vie humaine sur Terre. La prise de conscience par les populations se renforce. Les obstacles aux changements viennent du côté des capitalistes qui refusent de renoncer à leur modèle d’exploitation, du côté des riches qui détruisent la planète avec leur mode de vie.

La crise sociale mine les sociétés en marginalisant un nombre de personnes qui grossit au fur et à mesure des mesures prises par tous les gouvernements qui n’ont qu’une perspective en tête : sauver le système productiviste capitaliste.

Seul un mouvement massif, unitaire, déterminé arrivera à imposer notre volonté de sortir de ce système qui mène l’humanité à sa perte. « Un autre monde est possible » car nos vies valent plus que leurs profits.

 

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