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NPA 27 -  Eure

NOTRE-DAME DES LANDES, UN RECUL QUI EN APPELLE D'AUTRES

17 Janvier 2018 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #A la Une!

 

50 ans de lutte. 10 ans d'occupation. Des manifestions mémorables. Des dizaines de milliers de personnes – paysanEs, urbainEs, occupantEs, jeunes et moins jeunes, mobilisés à tant de reprises sur les'est battue site et ailleurs. Des rencontres, des jours et des nuits de fête. Des cultures diverses qui nourrissent les luttes. Des dizaines de comités locaux. Des menaces, des soutiens... Et finalement : la victoire ! Le gouvernement abandonne officiellement le projet d'aéroport.

Pour la première fois depuis longtemps, trop longtemps, une mobilisation a mis en échec le gouvernement, Vinci et les lobbys, en particulier du BTP.

Ce n'est pas simplement le succès de Notre-Dame-des-Landes. C'est un signal pour celles et ceux qui luttent, ici comme ailleurs, et en particulier contre tous les projets destructeurs : il est possible de gagner ! Ce ne sont pas toujours les multinationales et leurs flics qui l'emportent à la fin. Et rien que pour ça, l'abandon est une victoire historique contre l'aéroport et son monde, un encouragement pour toutes celles et ceux qui veulent que nos vies, la biodiversité, la terre, l’eau… passent avant les profits.

Le NPA soutient « les bases communes pour l’avenir de la ZAD établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire », pour que celles et ceux qui sont visés par une procédure d’expulsion ou d’expropriation puissent rester sur la zone et retrouver leurs droits, pour que celles et ceux qui sont venus habiter dans le bocage pour le défendre puissent continuer de cultiver librement les terres, d'expérimenter des formes différentes de travail, d’habitat, de vie et de lutte. C'est le mouvement anti-aéroport qui doit déterminer l’usage des terres pour de nouvelles installations, agricoles ou non, officielles ou non, pour « un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion ».

La menace d'une expulsion partielle plane toujours sur la ZAD et on a assisté ces dernières heures à une incroyable surenchère policière. La lutte continue pour que ce territoire reste un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

Le NPA appelle à répondre massivement à l'appel à converger le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la ZAD.

Communiqué du NPA
 

 
 
 
 
 

 

NOTRE-DAME DES LANDES,  UN RECUL QUI EN APPELLE D'AUTRES
NOTRE-DAME DES LANDES,  UN RECUL QUI EN APPELLE D'AUTRES

Conférence de presse NPA. (Seine-Eure)

B. Leroy content, ses objectifs atteints : développement économique et résidentiel. 700 habitants de plus en 2016, « beaucoup » en 2017. Combien on ne sait PAS.
Il dit « En termes de qualité de vie, nous avons réussi quelque chose d’extraordinaire ». Extraordinaire ? On attend avec impatience de savoir quoi. « Le projet de territoire » !  « Territoire à haute qualité de vie » « environnement préservé » « villes propres » « voieries en bon état » « haut niveau d’équipement pour les habitants » Quoi ? des crèches ? Des services publics ? Des médecins ? Des places pour les anciens ? Des lieux de vie pour les ados ? Des transports en commun accessibles et nombreux qui font dépérir l’usage de la voiture ?  Non ! « Une patinoire en construction ». Le tourisme n’est pas oublié, il a des projets pour la base nautique. On y reviendra.

Les chômeurs seront contents d’apprendre qu’ils vivent dans un territoire  « à haute qualité de savoir faire, de compétences dans le domaine économique, industriel »
Pour l’emploi, on se pose une question : comment peut-il encore y avoir des sans emploi sur un territoire aussi performant quand on lit : « on signe avec une entreprise, le lendemain on a un rendez vous avec Pôle emploi et l’entreprise qui explique les compétences dont elle va avoir besoin dans 6 mois, un an, deux ans. Et Pôle emploi met en place les formations et l’accompagnement pour que le jour où l’entreprise démarre le personnel qualifié soit sur place. » C’est nouveau, c’est merveilleux.
Ah bon, les entreprises ne sont pas venues d’un autre territoire attirées par des avantages offerts par la collectivité (une route, une clôture, l’assainissement ….) avec son personnel délocalisé ? On sait que les agglomérations se tirent la bourre pour attirer chez elles des boîtes qui viennent du territoire d’à côté « elle est belle, elle est belle ma subvention ! » écrivions-nous dans le journal municipal il y a quelques années. La politique de l’équipe Martin était la même à ce niveau là
On apprend aussi qu’il y a  « 4000 demandeurs d’emploi cat A, 2 800 cat B et C, 7 000 demandeurs d’emploi. » Leroy se réjouit d’avoir 200 chômeurs de moins. Pas plus ? « C’est bien mais il faut encore plus » Nous sommes d’accord M Leroy !!! M Leroy semble rejoindre Macron sur l’idée que les chômeurs sont des fainéants, quand il dit «  permet à des gens courageux de trouver du travail. »

Les salariés de Novandis en grève avaient révélé qu’il y avait des ententes entre les entreprises de logistique pour payer moins les gens. Là M Leroy botte en touche : «  ça concerne les entreprises et leurs représentants du personnel ». On aurait aimé que M Leroy si soucieux de l’emploi regrette au moins cette réalité. Pas question de critiquer les entreprises et leurs méthodes. Pourtant M Leroy ne fait pas de politique, ah ça non !
Il fait ressortir l’idée à plusieurs reprises que s’il est centriste, il n’est encarté nulle part, pas de chapelle partisane, il œuvre pour le bien commun. Le bien de tous et toutes n’a pas de couleur politique, c’est bien connu. D’ailleurs les élus l’ont bien compris « des élus de sensibilités différentes sont capables de travailler ensemble » « tout le monde a bien compris que ce qui compte c’est la qualité des projets et l’intérêt pour les habitants »
La tarte à la crème : « la diversité est un facteur réel de progrès. il salue la « capacité à inclure dans nos décisions des points de vue différents pour trouver les meilleures solutions, c’est magique » C’est pas beau ça ? On comprend bien l’intérêt de M Leroy l’œcuménique de prôner la paix avec son opposition. Mais une gestion de droite ce n’est pas pareil qu’une gestion de gauche. L’argent des budgets n’est pas mis aux mêmes endroits.

Les projets de M Leroy :
-  un écoparc 4 et la cité du numérique installée dans les locaux de Cinram : hall d’exposition, pépinières d’entreprises, salons, co-working, déploiement de la fibre numérique…  « on espère que 70 à 80 personnes pourront y travailler ». On espère ?
Au fait, y avait combien de salariés chez Cinram avant les licenciements ? Un peu plus de 100

- un échangeur complet à Heudebouville. Pour faire tourner les écoparcs (bientôt 4) il a besoin d’autoroutes. Pour M Leroy les autoroutes sont indispensables au développement économique. Tant pis si ça pollue et que 38000 décès prématurés par an sont enregistrés, tant pis si ça détruit des espaces naturels et menacent la biodiversité, tant pis si ça mange des terres agricoles, tant pis si ça contribue à l’érosion des sols, à l’accélération du ravinement de l’eau et provoque des inondations, tant pis si le bruit stresse de plus en plus les gens. Dans le cas présent, les travaux n'empièteront pas davantage sur les terres agricoles puisque tout est déjà bétonné. Par contre, la petite parcelle de bois à côté du préparateur de véhicule utilitaire est elle à coup sûr menacée. De plus, la forêt d'Ingremare a été amputée par la toute dernière extension de l'Ecoparc et les "entreprises" qui s'y installent sont en réalité pour la plupart des plates-formes logistiques dont le ratio surface préemptée/nombre d'emplois créés est ridicule. De plus, c'est à courte vue : les progrès de la robotique sont tels que des machines se substitueront dans un avenir proche aux manutentionnaires/préparateurs-trices de commande (cf. Amazon)
Le territoire est à valoriser en implantant des activités utiles à la collectivité, pourvoyeuses d'emplois et non délocalisables. Alors, pas besoin de nouvelles routes.
 Et si on en croit le gouvernement Macron Hulot, les voitures à essence, les voitures thermiques ne rouleront d’ici 2040. Alors pourquoi encore investir dans des autoroutes ?
Concernant la future autoroute A133-134, on aimerait bien connaître le résultat de l’étude financée par la case « étude poussée pour l’intégration paysagère et sonore pour que l’infrastructure soit la moins altérante possible ». Le résultat ? On ne sait pas.

- la ligne  Rouen Evreux est enterrée. Pas de train, ok, mais d’autres solutions ont-elles été sérieusement étudiées ? On sait que les 40 nouveaux trains commandés par la région ne s’arrêteront pas à VDR. Tout ça pour aller plus vite ! Où sont pris en compte les besoins des gens ordinaires ?

- « l’axe structurant va révolutionner la vie des gens », nous dit-on. Gros projet Mais M Leroy n’a  pas voulu répondre à la question posée lors d’une réunion d’information au public sur une étude de la mise en place de la gratuité des bus. Pourtant, c’est prouvé partout où elle existe, ça dope la fréquentation des bus, ça diminue l’utilisation de la voiture, et la pollution, la dégradation des routes, les embouteillages qui vont avec. Même pas étudiée. Est-ce bien raisonnable M Leroy pour un « manager » moderne ? Plus de 30 villes et agglomérations l’ont instaurée et ça marche.

- développement renforcé de la base de loisirs
On apprend que le département et la case vont investir pour un cœur de cible : « les parisiens  et l’île de France ». « des gens surbookés, surfatigués qui ont besoin de se ressourcer ». C’est bien connu, les gens ici respirent le bon air pur et pètent le feu ! M Leroy n’envisage pas un monde où les gens travailleraient moins, seraient moins soumis au stress des conditions de travail qui exigent toujours plus des salariés, un monde où licencier des hommes et des femmes comme des kleenex pour que l’entreprise rétribue toujours mieux ses actionnaires et verse de somptueux salaires à ses dirigeants. M Leroy n’envisage pas un monde où on travaillerait moins pour travailler toutes et tous, où les collectivités n’auraient pas besoin d’investir pour déstresser les salariés. La réduction massive du temps de travail est la seule façon aujourd’hui, comme hier, de lutter contre le chômage et tous les maux qui vont avec, mais aussi pour permettre une autre vie.

M Leroy, comme bien d’autres décideurs sont prisonniers des vieux schémas de développement. Pour eux, ce sont les entreprises qui créent les richesses, donc faut tout faire pour aider les entreprises. Tant pis si ça ne correspond pas à la réalité. Depuis le temps que les gouvernements de droite mais aussi de « gauche » aident les entreprises à coups de milliards chaque année, on aurait dû voir les effets positifs.
Même s’il ne fait pas de politique, M Leroy est en accord avec une certaine idéologie : la liberté d’entreprendre, la liberté de posséder, la liberté d’exploiter.
Ce monde-là est révolu car il mène la planète et ses occupants, à la ruine, au chaos.
La croissance, le toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus grand, toujours plus haut, ruinent les ressources de la Terre. Nous n’avons qu’une seule planète à disposition. Et elle est menacée par un réchauffement sans précédent. 15 000 scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme. Les élus n’écoutent pas, n’entendent pas. Ils continuent sur leur lancée : la croissance, les autoroutes, les camions, la concurrence libre et non faussée, le droit de polluer, le droit d’exploiter le sous sol sans retenue…
Tout est à rebâtir, sur d’autres bases que le profit et la concurrence acharnée, l’exploitation et la guerre. Le partage des richesses produites, le partage des savoirs et savoir faire, la mise en commun de biens publics exclus de la marchandisation, la gratuité (financée par les impôts) la collectivisation des grands secteurs de l’économie (banque, énergie…), la protection de l’environnement source de meilleure santé (mettre fin à la prolifération des cancers, avc, perturbations de l’organisme…), une agriculture paysanne et biologique pour nourrir correctement toutes les populations, des circuits courts de distribution… Le NPA est prêt pour élaborer avec d’autres un nouveau projet de société.

 

 

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