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NPA 27 -  Eure

LE MOULIN ETAIT ROUGE A LOUVIERS LE 21 JANVIER!

22 Janvier 2017 , Rédigé par NPA 27

LE MOULIN ETAIT ROUGE A LOUVIERS LE 21 JANVIER!LE MOULIN ETAIT ROUGE A LOUVIERS LE 21 JANVIER!

Pour sa fête annuelle, le NPA 27 avait choisi le thème « des paysans, pour quoi faire ? ». Notre camarade Thierry Martin, exploitant agricole à Broglie, a commenté les moments qui ont marqué l’agriculture. Le néolithique où l’accumulation d’excédents de cultures a permis d’entamer des échanges, de transformer la société. Le Moyen âge et le contrat « je te nourris, tu me protèges » passé entre suzerains et paysans. Puis la Révolution française de 1789, grande revanche de la bourgeoisie rurale et des paysans sur l'aristocratie terrienne et le clergé, la III République où un pacte républicain a permis à une catégorie de paysans de s’occuper de l’espace rural non bâti, confortant l’essor d’une petite bourgeoisie terrienne. La Première guerre mondiale a marqué les débuts de l’arrivée des tracteurs (construits sur le modèle des chars britaniques) et des engrais, donnant un nouveau débouché aux entreprises qui fabriquaient les gaz de combat pendant la guerre. Le plan Marshall après la Seconde guerre mondiale fut l’occasion de restructurer et de moderniser davantage les fermes. Les années 60 et la politique de M. Pisani qui a encouragé l’agrandissement des parcelles, l’augmentation de la productivité et l’exportation. Les années 70 marquées par le démarrage des industries agroalimentaires et de la grande distribution. Toutes ces évolutions ont été prédominantes, mais c’est surtout le système capitaliste appliqué à l’agriculture qui explique la situation d’aujourd’hui : concentration des exploitations, disparition des terres cultivables (l’équivalent d’un département comme le Var tous les 7 ans), élevages des fermes usines, utilisation massive de produits chimiques, pauvreté d’une partie des agriculteurs d’où la disparition importante de fermes, voire de paysans eux-mêmes (suicides), pollution des sols et des eaux, augmentations des maladies professionnels des paysans et mortalité importante.
 Pour illustrer les pratiques du capitalisme en agriculture, l'exemple a été donné de la crise du lait chronique et de son dernier épisode, l'an passé, quand les producteurs bloquaient le siège du numéro 1 mondial laitier et fromager Lactalis-Besnier, à Laval. Ils tentaient d'arracher au groupe agroalimentaire géant les quelques centimes qui leur permettraient de ne plus travailler à perte. Si le mouvement a permis d'aboutir à une augmentation graduelle des prix payés aux producteurs, ceux ci sont encore loin d'être satisfaisants.

    La volonté affichée des grands groupes capitalistes de l'agriculture de rétribuer au moins cher les paysans, cache difficilement leur envie de faire les plus gros bénéfices sur le dos de la profession, fournisseuse de matière première. En faisant disparaitre les paysans les plus fragiles de la filière, ils encouragent le grossissement des fermes restantes sur un modèle industriel. Le but étant d'avoir le moins d'acteurs possible à ce niveau, afin de pressurer plus encore les prix.

    Les paysans écrasés, en amont et en aval, par les banques, les assurances, les semenciers, les marchands de phytosanitaires et de matériel, les groupes de l'agroalimentaire et de la grande distribution, n'ont que peu de marge de manoeuvre.

    Le combat pour reprendre la main sur les grands groupes capitalistes sera long, mais indispensable. Malgré la situation difficile et préoccupante, Thierry a rappelé qu’une partie des paysans était toujours inscrite dans des logiques de solidarité et d'actions collectives
(mutualisme et coopératives, GFA, CUMA, GIE, etc ...) un bon socle sur lequel s'appuyer pour développer une politique de rupture avec l'individualisme et le libéralisme.

Une agriculture qui assure un vrai revenu aux paysans, nourrit correctement les populations, protège l’environnement, est possible. Le NPA défend un programme de sortie de l’agriculture industrielle capitaliste en 10 ans maxi. Comme l’a expliqué Thierry, seul un mouvement social global, général, pourra venir à bout du système capitaliste qui détruit, pollue, exclut, dans l’agriculture comme ailleurs.   

C’est autour de Philippe Poutou, candidat à la présidentielle, que les amis militants, sympathisants ou simples curieux, nous ont rejoints pour partager apéro et discussions. Avant que notre candidat n'intervienne devant une soixantaine de personnes, ce sont les jeunes du NPA Seine-Eure qui ont ouvert le meeting avec un point sur leur actu militante dans leur lycée. Suivis de leur camarade parti étudier à Rouen qui est lui aussi revenu sur son quotidien militant à la fac. Revenant sur les difficultés rencontrées avec les parrainages ou l'accès aux médias, Philippe a montré comment l'implication du NPA dans les secteurs où ça bouge justifie notre présence. S'en est suivi un échange avec la salle, où des thèmes aussi variés que l'international, le logement ou le revenu universel ont pu être abordés. Ce format a satisfait tous les présents.

La fête s’est terminée à table, avec plats cuisinés maison, guitares et chansons, à refaire le monde et à profiter de ce moment privilégié.

La Fédé NPA 27

 

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