Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
NPA 27 -  Eure

A PROPOS DU BRAS DER FER ENTRE LES ELEVEURS ET LACTALIS

30 Août 2016 , Rédigé par NPA 27 Publié dans #AGRICULTURE, #ENVIRONNEMENT- ECOLOGIE

source image: la nouvelle république

source image: la nouvelle république

Le bras de fer est engagé entre la multinationale « Lactalis », leader mondial de la transformation laitière, et les producteurs de lait mobilisés à l’appel de la FNSEA.

D’un côté, la famille Besnier qui se gave sur un chiffre d’affaire annuel de 17 milliards d’euros, de l’autre les agriculteurs qui s’enfoncent chaque jour un peu plus dans le marasme. Le lait leur est payé aujourd’hui 257 euros/1000l, soit le prix d’il y a 30 ans, quand il faudrait qu’il soit porté à 350 euros/1000l pour couvrir les charges et dégager un salaire correct et mérité.

Depuis plusieurs années, les pertes financières enregistrées par les exploitations sur la vente du lait étaient compensées pour les producteurs investis en polyculture-élevage par les ventes des céréales. Hors cette année a vu une récolte misérable en grain, avec des prix de vente en très fort retrait. Il reste les prêts court-terme qui grève un peu plus les trésoreries tendues à l’extrême. Des dizaines de milliers de fermes (+ 30 000) sont menacées de faillite à très brève échéance si aucune remontée des prix n’est arrachée. Pour parachever cette situation terrible, les agriculteurs qui cessent dès aujourd’hui l’activité laitière vendent leurs bêtes en boucherie. Ces vaches qu’on retrouve en bœuf à l’étal des commerçants aggrave la situation des éleveurs spécialisés et très fragilisés. En effet, cette abondance de carcasses pèse très défavorablement sur les marchés, tirant les prix à la baisse.

Les premières négociations après le blocage du siège de Lactalis n’ont débouché que sur une augmentation de 15 euros/1000l, soit 1 ct/l. On mesure la brutalité du mauvais payeur !

Devant les astreintes journalières imposées par la justice pour blocage de site et l’acharnement des Besnier, le siège a été levé. La FNSEA changeant de stratégie pour s’attaquer aux réseaux de distribution et grandes surfaces.

Mais pourquoi donc la FNSEA ne s’attaque t-elle qu’à Lactalis quand presque toutes les industries de transformation, voire les coopératives, paient aussi peu cher le lait à la production ?

La réponse est dans la crainte que le syndicat majoritaire ne soit dépassé sur la défense des producteurs par l’APLI (association des producteurs de lait indépendants), une organisation qui se développe fortement dans l’ouest de la France et qui a mené par le passé des opérations très spectaculaires. La FNSEA, qui a conscience du malaise dans les campagnes a pris cette initiative symbolique pour continuer d’exister aux yeux de la profession, pour tailler des croupières aux autres formations concurrentes. Mais elle est mal à l’aise, le cul entre deux chaises. D’une part, son acceptation du système des marchés, du capitalisme, de l’autre la prétendue défense des victimes… Le discours de Xavier Beulin, secrétaire national, est révélateur. Eloge de l’agro-industrie, notamment en Europe du nord, de la capacité de modernisation de l’agriculture française, comme s’il suffisait de restructurer une nouvelle fois le secteur pour éteindre l’incendie, la course en avant…

La coordination rurale et la confédération paysanne étonnamment silencieuses sur ce thème auraient pourtant quelque chose à dire et à faire…

Une partie de la profession qui avait hurlé contre la mise en place des quotas laitiers en 1984 semble aujourd’hui les regretter. Et pourtant, ceux-ci avaient figé durablement les très grandes disparités de ce secteur. Ce sentiment abonde dans le sens d’une nouvelle régulation de ce système, en surproduction européenne, pour une juste répartition des volumes et des garanties de prix rémunérateurs. L’issue à cette crise ne pourra se faire sans une harmonisation des règles et des prix au niveau européen.

Une longue lutte s’impose contre les industries de transformation du lait qui prélèvent l’essentiel de la plus-value en spoliant les producteurs de matière première. Il faut envisager pour rétablir l’ordre de les nationaliser en les faisant passer sous le contrôle des producteurs et des consommateurs.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article